C’est moi, le Seigneur ton Dieu,écoute ma voix.

Lecture du livre du prophète Osée

Ainsi parle le Seigneur : Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t’es effondré par suite de tes fautes. Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte ce qui est bon. Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres. Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : “Tu es notre Dieu”, car de toi seul l’orphelin reçoit de la tendresse. »

Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit, car ma colère s’est détournée d’Israël. Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban. Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban.
Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban. Éphraïm ! Peux-tu me confondre avec les idoles ? C’est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c’est moi qui te donne ton fruit. Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, mais les pécheurs y trébuchent

Psaume

 R/ C’est moi, le Seigneur ton Dieu,
 écoute ma voix.

 J’entends des mots qui m’étaient inconnus :
 « J’ai ôté le poids qui chargeait ses épaules ;
 ses mains ont déposé le fardeau.
 Quand tu criais sous l’oppression, je t’ai sauvé.

 « Je répondais, caché dans l’orage,
 je t’éprouvais près des eaux de Mériba.
 Écoute, je t’adjure, ô mon peuple ;
 vas-tu m’écouter, Israël ?

 « Tu n’auras pas chez toi d’autres dieux,
 tu ne serviras aucun dieu étranger.
 C’est moi, le Seigneur ton Dieu,
 qui t’ai fait monter de la terre d’Égypte !

 « Ah ! Si mon peuple m’écoutait,
 Israël, s’il allait sur mes chemins !
 Je le nourrirais de la fleur du froment,
 je le rassasierais avec le miel du rocher ! » 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
Et personne n’osait plus l’interroger.

Méditons

Le premier commandement, le plus grand est l’amour de Dieu sans condition et sans égal. Dieu premier aimé et premier servi. En relisant l’évangile avec référence à la première lecture on comprend qu’il faut éviter toute idolatrie qui est un grave péché qui nous retire l’amour de Dieu. Ne comptons que sur Dieu et non sur nos richesses, nos qualités ou tout autre chose qui sont aujourd’hui nos idoles. Non seulement que ces idoles détournent de l’amour de Dieu mais elles nous détournent aussi de l’amour de nos frères en nous plongeant dans l’égoïsme.

Dans le langage courant et la pratique de beaucoup de chrétiens on semble oublier que l’amour de Dieu précède celui des frères et sœurs . Finalement l’évangile est réduit chez de braves gens à l’amour des autres tout simplement. Danger ! Car c’est insuffisant.

Je mets Dieu au centre de mes préoccupations

Celui qui n’est pas avec moi est contre moi

Lecture du livre du prophète Jérémie

Ainsi parle le Seigneur : Voici l’ordre que j’ai donné à vos pères :« Écoutez ma voix : je serai votre Dieu, et vous, vous serez mon peuple ; vous suivrez tous les chemins que je vous prescris, afin que vous soyez heureux. » Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille,
ils ont suivi les mauvais penchants de leur cœur endurci ; ils ont tourné leur dos et non leur visage. Depuis le jour où vos pères sont sortis du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, j’ai envoyé vers vous, inlassablement, tous mes serviteurs les prophètes. Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont raidi leur nuque, ils ont été pires que leurs pères. Tu leur diras toutes ces paroles, et ils ne t’écouteront pas. Tu les appelleras, et ils ne te répondront pas. Alors, tu leur diras : « Voilà bien la nation qui n’a pas écouté la voix du Seigneur son Dieu, et n’a pas accepté de leçon ! La vérité s’est perdue, elle a disparu de leur bouche. »

Psaume

  Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
 mais écoutez la voix du Seigneur. 

 Venez, crions de joie pour le Seigneur,
 acclamons notre Rocher, notre salut !
 Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
 par nos hymnes de fête acclamons-le !

 Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
 adorons le Seigneur qui nous a faits.
 Oui, il est notre Dieu ;
 nous sommes le peuple qu’il conduit.

 Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
 « Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
 comme au jour de tentation et de défi,
 où vos pères m’ont tenté et provoqué. » 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et les foules furent dans l’admiration. Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. » D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons.
Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ?
Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges. En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous. Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement, auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. »

Méditons

Qui veut tuer son chien l’accuse de rage dit-on. Dans l’évangile de ce jour la vérité nous revendique. Saurons-nous reconnaître la puissance de Dieu à l’oeuvre en la personne du Christ ? Certains chrétiens ne croient pas aux miracles accomplis par le Christ rapportés dans les évangiles. Ils les considèrent juste comme des histoires racontées pour amener à la foi. Dieu continue de faire encore aujourd’hui des miracles dans nos vies. Jésus n’a-t-il pas dit à Marthe : « Je te dis que si tu crois tu verras la gloire de Dieu » ?S’il faut reconnaître que le diable fait des actions bouleversantes, on ne peut pas les confondre avec les merveilles de Dieu. Les actions de Dieu libèrent, celles du diable enchaînent et rend esclave. Accrochons-nous au Christ pour qu’il nous libère de nos pesanteurs

Je demande la grâce de ne jamais douter des œuvres de Dieu.

Glorifie le Seigneur, Jérusalem Célèbre ton Dieu, ô Sion

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple : « Maintenant, Israël, écoute les décrets et les ordonnances que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, vous entrerez, pour en prendre possession,
dans le pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères. Voyez, je vous enseigne les décrets et les ordonnances que le Seigneur mon Dieu m’a donnés pour vous, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays où vous allez entrer pour en prendre possession. Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces décrets, ils s’écrieront : “Il n’y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation !” Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de  nous chaque fois que nous l’invoquons ? Et quelle est la grande nation dont les décrets et les ordonnances soient aussi justes que toute cette Loi que je vous donne aujourd’hui ? Mais prends garde à toi : garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu ; ne le laisse pas sortir de ton cœur un seul jour. Enseigne-le à tes fils,
et aux fils de tes fils. »

Psaume

   Glorifie le Seigneur, Jérusalem !    
 Célèbre ton Dieu, ô Sion !

 Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
 Célèbre ton Dieu, ô Sion !
 Il a consolidé les barres de tes portes,
 dans tes murs il a béni tes enfants.

 Il envoie sa parole sur la terre :
 rapide, son verbe la parcourt.
 Il étale une toison de neige,
 il sème une poussière de givre.

 Il révèle sa parole à Jacob,
 ses volontés et ses lois à Israël.
 Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ;
 nul autre n’a connu ses volontés. 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

Méditons

La loi du Seigneur n’est pas d’époques anciennes. Elle est toujours actuelle et elle a été promulguée pour le bonheur de tous. Pourquoi ne passera-t- elle pas ? Tout simplement parce que Dieu même ne change pas et son projet sur l’homme est éternel , immuable. C’est le salut de celui-ci. Nous avons quantité de lois dans nos sociétés que nous respectons parfois scrupuleusement et pourquoi mépriser ou négliger les préceptes du Seigneur ?


                            Seigneur enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse

Lecture du livre du prophète Daniel

En ces jours-là, Azarias, debout, priait ainsi ; au milieu du feu, ouvrant la  bouche, il dit : À cause de ton nom, ne nous livre pas pour toujours et ne romps pas ton alliance. Ne nous retire pas ta miséricorde, à cause d’Abraham, ton ami, d’Isaac, ton serviteur, et d’Israël que tu as consacré.
Tu as dit que tu rendrais leur descendance aussi nombreuse que les astres du ciel, que le sable au rivage des mers.

Or nous voici, ô Maître, le moins nombreux de tous les peuples, humiliés aujourd’hui sur toute la terre, à cause de nos péchés. Il n’est plus, en ce temps, ni prince ni chef ni prophète, plus d’holocauste ni de sacrifice, plus d’oblation ni d’offrande d’encens, plus de lieu où t’offrir nos prémices pour obtenir ta miséricorde. Mais, avec nos cœurs brisés, nos esprits humiliés, reçois-nous, comme un holocauste de béliers, de taureaux, d’agneaux gras par milliers. Que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant toi, car il n’est pas de honte pour qui espère en toi.

Et maintenant, de tout cœur, nous te suivons, nous te craignons et nous cherchons ta face. Ne nous laisse pas dans la honte, agis envers nous selon ton indulgence et l’abondance de ta miséricorde. Délivre-nous en renouvelant tes merveilles, glorifie ton nom, Seigneur.

Psaume

 R/ Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse. 

 Seigneur, enseigne-moi tes voies,
 fais-moi connaître ta route.
 Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
 car tu es le Dieu qui me sauve.

 Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
 ton amour qui est de toujours.
 Dans ton amour, ne m’oublie pas,
 en raison de ta bonté, Seigneur.

 Il est droit, il est bon, le Seigneur,
 lui qui montre aux pécheurs le chemin.
 Sa justice dirige les humbles,
 il enseigne aux humbles son chemin. 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux de jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Méditons

  Dieu nous a pardonnés, à notre tour débordons de miséricorde. Le pardon est divin et ce n’est qu’en s’approchant véritablement de Dieu et en contemplant sa miséricorde que nous apprenons à aimer et à pardonner. Le pardon qui nous ouvre le cœur de Dieu, nous guérit aussi de la rancœur qui nous ronge ; il nous procure une paix profonde en même temps qu’il fait énormément du bien à l’offenseur et le libère.  Quelqu’un qui fait de très bonnes choses et qui pourtant refuse de pardonner peut se fermer ainsi la porte du paradis. Nous avons dans nos familles des situations de tension parfois difficiles à gérer. Profitons de ce temps de carême pour faire la paix.


Je demande dans mes prières la grâce de toujours pardonner.

Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant.

Lecture du deuxième livre des Rois

En ces jours- là, Naaman, général de l’armée du roi d’Aram, était un homme de grande valeur et hautement estimé par son maître, car c’est par lui que le Seigneur avait donné la victoire au royaume d’Aram. Or, ce vaillant guerrier était lépreux. Des Araméens, au cours d’une expédition en terre d’Israël, avaient fait prisonnière une fillette qui fut mise au service de la femme de Naaman .Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! si mon maître s’adressait au prophète qui est à Samarie, celui-ci le délivrerait de sa lèpre. » Naaman alla auprès du roi et lui dit : « Voilà ce que la jeune fille d’Israël a déclaré. » Le roi d’Aram lui répondit : « Va, mets-toi en route. J’envoie une lettre au roi d’Israël. » Naaman partit donc ; il emportait dix lingots d’argent, six mille pièces d’or et dix vêtements de fête. Il remit la lettre au roi d’Israël. Celle-ci portait : « En même temps que te parvient cette lettre, je t’envoie Naaman mon serviteur, pour que tu le délivres de sa lèpre. » Quand le roi d’Israël lut ce message, il déchira ses vêtements et s’écria : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? Ce roi m’envoie un homme pour que je le délivre de sa lèpre ! Vous le voyez bien : c’est une provocation ! » Quand Élisée, l’homme de Dieu, apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il lui fit dire : « Pourquoi as- tu déchiré tes vêtements ? Que cet homme vienne à moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. »

Naaman arriva avec ses chevaux et son char, et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée. Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette, tu seras purifié. » Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre. Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar ,ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? » Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait, n’est-ce pas ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi, et tu seras purifié.” » Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole de l’homme de Dieu ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Désormais, je le sais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! »

Psaume

 R/ Mon âme a soif de Dieu,
 le Dieu vivant. (41, 3ab)

 Comme un cerf altéré
 cherche l’eau vive,
 ainsi mon âme te cherche,
 toi, mon Dieu.

 Mon âme a soif de Dieu,
 le Dieu vivant ;
 quand pourrai-je m’avancer,
 paraître face à Dieu ?

 Envoie ta lumière et ta vérité :
 qu’elles guident mes pas
 et me conduisent à ta montagne sainte,
 jusqu’en ta demeure.

 J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu,
 vers Dieu qui est toute ma joie ;
 je te rendrai grâce avec ma harpe,
 Dieu, mon Dieu ! 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »

À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

Méditons

La foi nous ouvre les vannes de la grâce divine. Accueillir Dieu dans l’ordinaire de notre vie et lui faire entièrement confiance rend la vie plus agréable. Avec la foi, le salut nous atteint ; salut que Dieu destine à tous mais à la seule condition d’être réceptif à ce que Dieu commande. C’est la liberté de l’homme de s’ouvrir ou de se fermer. ‘’Fais-toi capacité et Dieu se fera torrent de grâce’’.

Je prend le temps de réfléchir sur le « Je crois en Dieu »

Troisième dimanche de Carême

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, sur le Sinaï, Dieu prononça toutes les paroles que voici : « Je suis le Seigneur ton Dieu,
qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ; mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur montre ma fidélité jusqu’à la millième génération. Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque en vain son nom.

Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils  contiennent,  m is il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.

Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu. Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. »

Psaume

 R/ Seigneur, tu as les paroles
 de la vie éternelle. (Jn 6, 68c)

 La loi du Seigneur est parfaite,
 qui redonne vie ;
 la charte du Seigneur est sûre,
 qui rend sages les simples.

 Les préceptes du Seigneur sont droits,
 ils réjouissent le cœur ;
 le commandement du Seigneur est limpide,
 il clarifie le regard.

 La crainte qu’il inspire est pure,
 elle est là pour toujours ;
 les décisions du Seigneur sont justes
 et vraiment équitables :

 plus désirables que l’or,
 qu’une masse d’or fin,
 plus savoureuses que le miel
 qui coule des rayons. 

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
alors que les Juifs réclament des signes miraculeux ,et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient juifs ou grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

Méditons

Les lectures de ce dimanche nous interpellent sur notre manière d’être chrétien. Que faisons-nous des dix paroles ou commandements que nous avons lus dans la première lecture? Un accent particulier est mis sur l’idolâtrie qui est un très grand péché contre lequel tous les prophètes se sont soulevés. L’idolâtrie  c’est tout ce qui prend la place de Dieu dans nos vies ou qui a plus d’importance que lui dans notre cœur. Un bon chrétien devrait garder ces dix paroles et s’y tenir. Un bon chrétien sait contempler la croix du Christ qui nous a valu le salut et peut à partir d’elle comprendre toutes les croix du monde et leur donner sens. Ainsi nous pouvons recevoir de Celui qui a vaincu la mort par sa croix grâce et réconfort pour mieux vivre et traverser nos épreuves. Cette réalité spirituelle nous concentre sur le Christ que nous respectons et vénérons chaque fois que nous rentrons dans une église au lieu de bavarder et de troubler ainsi la prière des autres. Ce respect du lieu sacré nous prépare à la rencontre du Christ lui-même le véritable sanctuaire que je retrouve forcément dans mon frère ou ma sœur

Je mets une croix dans ma maison
 
            Bon dimanche et prenez soin de vous et de vos frères et sœurs
 

Le Seigneur est tendresse et pitié

Lecture du livre du prophète Michée

Seigneur, avec ta houlette, sois le pasteur de ton peuple, du troupeau qui t’appartient, qui demeure isolé dans le maquis, entouré de vergers. Qu’il retrouve son pâturage à Bashane et Galaad, comme aux jours d’autrefois ! Comme aux jours où tu sortis d’Égypte, tu lui feras voir des merveilles !

Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime, pour passer sur la révolte comme tu le fais à l’égard du reste, ton héritage : un Dieu qui ne s’obstine pas pour toujours dans sa colère mais se plaît à manifester sa faveur ? De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde, tu fouleras aux pieds nos crimes, tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés ! Ainsi tu accordes à Jacob ta fidélité, à Abraham ta faveur, comme tu l’as juré à nos pères depuis les jours d’autrefois.

Psaume

 R/ Le Seigneur est tendresse et pitié.

 Bénis le Seigneur, ô mon âme,
 bénis son nom très saint, tout mon être !
 Bénis le Seigneur, ô mon âme,
 n’oublie aucun de ses bienfaits !

 Car il pardonne toutes tes offenses
 et te guérit de toute maladie ;
 il réclame ta vie à la tombe
 et te couronne d’amour et de tendresse !

 Il n’est pas pour toujours en procès,
 ne maintient pas sans fin ses reproches ;
 il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
 ne nous rend pas selon nos offenses.

 Comme le ciel domine la terre,
 fort est son amour pour qui le craint ;
 aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
 il met loin de nous nos péchés. 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs,mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite- moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer. Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il  répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres,et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit :“Toi, mon enfant, tu e s toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

Méditons

La miséricorde de Dieu est infinie toutefois il faut reconnaître ses péchés et humblement retourner vers lui comme l’enfant prodigue dans l’évangile de ce jour. On met  la miséricorde de Dieu dans toutes les sauces sans insister sur la nécessité de reconnaître véritablement ses péchés. De nos jours beaucoup ont abandonné le sacrement de réconciliation qui nous remet dans l’amitié de Dieu. Parfois c’est la honte d’y aller ou des suggestions du malin qui veut les garder dans ses chaînes pour son royaume

Je fais l’effort de me confesser pour fêter Pâques dans un état pur.

Souvenez-vous des merveilles que le Seigneur a faites.

Lecture du livre de la Genèse

Israël, c’est-à-dire Jacob, aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu’il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix. En voyant qu’il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité. Les frères de Joseph étaient allés à Sichem faire paître le troupeau de leur père. Israël dit à Joseph : « Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem ? Va donc les trouver de ma part ! » Joseph les trouva à Dotane. Ceux-ci l’aperçurent de loin et, avant qu’il arrive près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir. Ils se dirent l’un à l’autre : « Voici l’expert en songes qui arrive ! C’est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons-le dans une de ces citernes. Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré,
et on verra ce que voulaient dire ses songes ! »Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains. Il leur dit : « Ne touchons pas à sa vie. » Et il ajouta : « Ne répandez pas son sang : jetez-le dans cette citerne du désert, mais ne portez pas la main sur lui. » Il voulait le sauver de leurs mains et le ramener à son père. Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, la tunique de grand prix qu’il portait, ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne, qui était vide et sans eau. Ils s’assirent ensuite pour manger. En levant les yeux, ils virent une caravane d’Ismaélites qui venait de Galaad.

Leurs chameaux étaient chargés d’aromates, de baume et de myrrhe qu’ils allaient livrer en Égypte. Alors Juda dit à ses frères : « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère et à dissimuler sa mort ? Vendons-le plutôt aux Ismaélites et ne portons pas la main sur lui, car il est notre frère, notre propre chair. » Ses frères l’écoutèrent. Des marchands madianites qui passaient par là retirèrent Joseph de la citerne, ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites, et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.

Psaume

Souvenez-vous des merveilles
 que le Seigneur a faites.

 Cherchez le Seigneur et sa puissance,
 souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
 vous, la race d’Abraham son serviteur,
 les fils de Jacob, qu’il a choisis.

 Il appela sur le pays la famine,
 le privant de toute ressource.
 Mais devant eux il envoya un homme,
 Joseph, qui fut vendu comme esclave.

 On lui met aux pieds des entraves,
 on lui passe des fers au cou ;
 il souffrait pour la parole du Seigneur,
 jusqu’au jour où s’accomplit sa prédiction.

 Le roi ordonne qu’il soit relâché,
 le maître des peuples, qu’il soit libéré.
 Il fait de lui le chef de sa maison,
 le maître de tous ses biens.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un,
tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. » En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux. Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

Méditons

Dieu a créé l’homme libre et le laisse libre. Cette liberté doublée de confiance que Dieu donne à l’homme est visible dans cet évangile. Ce sont les hommes qui ont rendu leurs frères et sœurs esclaves. Toutefois cette liberté ne rend pas l’homme propriétaire de son souffle, de sa vie. C’est un don pour son bonheur sur terre mais après il doit retourner à son créateur. Que l’orgueil ne nous aveugle jusqu’au point où nous nous prendrons pour des maîtres absolus qui ont droit de vie et mort sur les autres. Dans cette parabole Jésus pointe du doigt l’insolence de l’homme qui le pousse à vouloir se couper de Dieu. Cela ne peut durer qu’un instant. Nous ne sommes maîtres de rien du tout même si nous allons sur Mars. Nous, nous recevons de Dieu et notre bonheur dépend de notre connexion à lui. Se tourner vers Dieu dès aujourd’hui pour ne pas subir son jugement demain car nous devons lui rendre compte

Je demande à Dieu d’imprégner ma vie par sa présence.

Mets ta confiance dans le Seigneur

Lecture du livre du prophète Jérémie

Ainsi parle le Seigneur : Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel, qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. Il sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur. Il aura pour demeure les lieux arides du désert,
une terre salée, inhabitable. Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. Il sera comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. Il ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert. L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude : il ne manque pas de porter du fruit. Rien n’est plus faux que le cœur de l’homme, il est incurable. Qui peut le connaître ? Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon sa conduite, selon le fruit de ses actes.

Psaume

R/ Heureux est l’homme
 qui met sa foi dans le Seigneur.

 Heureux est l’homme
 qui n’entre pas au conseil des méchants,
 qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
 ne siège pas avec ceux qui ricanent,
 mais se plaît dans la loi du Seigneur
 et murmure sa loi jour et nuit !

 Il est comme un arbre
 planté près d’un ruisseau,
 qui donne du fruit en son temps,
 et jamais son feuillage ne meurt ;
 tout ce qu’il entreprend réussira.
 Tel n’est pas le sort des méchants.

 Mais ils sont comme la paille
 balayée par le vent.
 Le Seigneur connaît le chemin des justes,
 mais le chemin des méchants se perdra.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.” Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit :“Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.”
Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

Méditons

« Mets ta confiance dans le Seigneur, il comblera les désirs de ton cœur ». La confiance en Dieu détermine notre rapport au matériel. Le matériel ne peut pas me donner le salut. Mais je peux m’en servir pour mon salut. Le temps de carême est aussi un temps de partage où nous sommes invités à être sensibles à la souffrance et à la misère de nos frères et sœurs. Regardons autour de nous pour voir ceux qui sont dans le manque et faisons un geste conséquent comme la veuve de l’évangile. Prenons sur notre nécessaire et non seulement sur notre superflu pour faire du bien aux personnes en situation de précarité. Le grenier du riche devrait être le ventre du pauvre. Préparons la vie éternelle par de petits gestes du quotidien qui donnent sens à l’existence de nos frères et sœurs.

Je me pose la question sur ce que je pense de la vie éternelle. Est-ce que je
la prépare ? Est-ce que je la demande ? Quelle importance a-t-elle dans mon
quotidien ?

Carême : comment encourager son enfant à poursuivre ses efforts ?

Durant les longues semaines de Carême, les enfants ont besoin d’être accompagnés pour ne pas abandonner les bonnes résolutions prises dans l’enthousiasme des premiers jours.

Aleeteia.org

Il peut arriver que, par inertie ou tout simplement parce que nous nous sommes laissé déborder par le temps, nous n’ayons pas encore pris sérieusement la route de Pâques. La tentation est grande de se dire : « Tant pis, nous ferons mieux l’année prochaine. » Aidons les enfants à découvrir qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et jamais trop tôt pour commencer.

UN CALENDRIER LUDIQUE POUR AVANCER VERS PÂQUES

Rappelons qu’un calendrier permet à l’enfant, en visualisant le temps qui passe, de mesurer sa progression, jour après jour, sur la route de Pâques. Si ce n’est déjà fait, il est donc possible de réaliser pour lui un calendrier du Carême sur lequel il collera chaque jour une gommette (ou coloriera une case). Pour bien montrer que le Carême est une progression, une ascension, il est important que la route vers Pâques soit figurée par un chemin qui monte ou un escalier (une marche par jour).

L’enfant peut marquer ses efforts sur ce calendrier ou sur tout autre support symbolique : une grande croix qu’il colorie ou sur laquelle il colle des gommettes, un puzzle qu’il reconstitue, etc. Même s’il n’a pas commencé au début du Carême, nous pouvons le lui suggérer maintenant, si nous sentons qu’il a besoin de ce moyen concret pour persévérer. Bien entendu, cette manière de procéder a ses limites : l’enfant étant son propre juge est tantôt trop indulgent, tantôt trop sévère, il y a parfois une sorte de (regrettable) compétition entre les frères et sœurs, et surtout la valeur du Carême ne saurait se limiter à la somme d’efforts fournis et de sacrifices consentis. Mais ces risques peuvent être palliés si les enfants sont soutenus et guidés par leurs parents qui sauront apaiser les scrupuleux, inviter les « m’as-tu-vu » à plus de discrétion et aider les uns et les autres à découvrir que le Carême est d’abord une démarche de Dieu vers chacun de nous. C’est son Amour qui est premier, qui précède nos efforts et nos renoncements.

NE PAS CHOISIR DES EFFORTS TROP AMBITIEUX

Lorsqu’on n’a pas le courage de persévérer dans l’effort, on se trouve souvent mille « bonnes excuses » du genre : « La résolution que j’avais choisie est trop difficile, ça ne sert à rien puisque je retombe toujours ». Il peut arriver que les enfants choisissent effectivement des efforts trop ambitieux. Dans ce cas, nous pouvons leur suggérer de définir plus précisément et plus modestement leur résolution. Au lieu de : « Je serai toujours de bonne humeur », décider : « Je ferai un effort pour être toujours souriant le matin ». De plus, l’enfant doit découvrir que ce qui est grave n’est pas de tomber mais de rester à terre. Car rester à terre c’est douter, non seulement de soi, mais surtout de Dieu et de sa miséricorde. Dieu ne nous demande pas d’avancer à pas de géants : il nous demande d’avancer, c’est tout. De faire un pas, si petit soit-il. Puis un autre. Et encore un autre.

Si certaines résolutions sont trop ambitieuses, d’autres peuvent ne pas l’être suffisamment. Pour relancer l’enthousiasme, ne pas craindre alors de « passer à la vitesse supérieure ». Dire à l’enfant : « Tu peux aller encore plus loin, tu en es capable ». Cela est vrai aussi sur le plan familial : on peut décider, au cours du Carême, de faire plus que ce qui avait été prévu au départ (en ce qui concerne la prière en famille, par exemple, ou le partage). En tout cas, il ne faut pas se scléroser ou se laisser enfermer dans les limites d’un « programme » établi une fois pour toutes. Le Carême, à l’image de toute la vie, doit toujours être vu comme une progression, une occasion de grandir.

ENCOURAGER LES PETITS MAIS AUSSI LES GRANDS

L’enfant a besoin de concret, de palpable. Or il ne voit pas Dieu, il ne L’entend pas. Mais Dieu se révèle à l’enfant à travers les parents. Il compte sur eux pour qu’ils soient attentifs aux efforts des uns et des autres, aux sacrifices, aux générosités pleines d’ardeur et qu’ils sachent, tantôt rester silencieux et discrets, tantôt redonner confiance, approuver. L’enfant a besoin d’entendre dire : « C’est bien ». Il a besoin de se sentir compris et encouragé. Il suffit souvent d’un regard, d’un sourire, pour signifier à l’enfant que nous avons remarqué son effort et que, tout en respectant la discrétion joyeuse avec laquelle il l’accomplit, nous voulons lui montrer que nous sommes fiers de lui.

Aider les petits est relativement facile mais les plus grands, eux aussi, ont besoin d’encouragements tout en exigeant que nous ne nous mêlions pas de leurs affaires. Il revient alors aux parents d’effectuer un difficile dosage entre une présence attentive et une discrétion pleine de respect. Il suffit qu’on dise publiquement à un adolescent : « Tu ne prends pas de beurre ? C’est à cause du Carême ? », pour qu’il renonce aussitôt à cette pénitence qu’il voulait secrète. Mais s’il fait des efforts, même minimes, pour rendre service et que personne ne le remarque, il risque de baisser les bras rapidement.


FAVORISER UNE ATMOSPHÈRE JOYEUSE

Le Carême n’est pas un temps de morosité. C’est un temps de conversion, donc de joie. De même qu’« un saint triste est un triste saint », « un Carême triste est un triste Carême ». Certes, la conversion implique la contrition et la pénitence. Pleurer ses péchés, avoir « le cœur brisé, broyé » à cause d’eux, est une des grâces du Carême. Mais ces pleurs n’excluent pas la joie, au contraire, car ils sont la porte qui ouvre vers le bonheur d’être sauvé.

La joie du Carême doit se traduire très concrètement, très quotidiennement, dans la vie familiale. Et cette atmosphère joyeuse est certainement un des plus sûrs moyens d’aider les enfants à persévérer jusqu’à Pâques.

Christine Ponsard