Portrait du Père Verkys Nonvignon

De sa vocation précoce au Bénin, Jusqu’à a sa mission en France

Lorsque le petit Verkys âgé de 8 ans, observant  au cours des messes, l’action généreuse et les gestes de ferveur en Dieu, du curé de la paroisse de son modeste village de Gomé au Benin, décide de devenir prêtre, il ne s’imagine pas être 39 ans plus tard missionnaire chez les paroissiens catholiques français : cette lointaine France dont il ignorait l’existence.

            Le jeune Verkys Nonvignon, né le 22 juin 1979, est élevé  dans une famille très chrétienne. Maman Gertrude, tout en exerçant son art de couturière, élève « comme un homme » seule,  ses TROIS fils , avec grande rigueur  et justice. (Le père s’étant absenté…)

Le jeune garçon assez intrépide craint les reproches « manuels » de maman, mais il fait tout ce qu’il peut pour lui faire plaisir. « Maman exigeait que nous assistions à l’une des messes dominicales – dont la première était à 6H du matin – et que nous lui prouvions notre présence,  car elle-même  arrivait longtemps avant la  cérémonie, afin de se recueillir. « C’est que chez nous, pas de messe, pas de déjeuner ! » évoque en souriant largement le Prêtre.

            Avec la perspective d’une vie difficile la scolarité  continue, et, que ce soit au niveau de l’école primaire ou au cours du cycle secondaire, la vocation de Verkys ne l’a  jamais quitté. « Avec la Foi en  Dieu on peut réaliser tous ses projets »

Le Père Verkys Nonvignon témoigne de sa foi profonde.

A 15 ans il entre au séminaire. A l’issue de 12 années de très brillantes études il est ordonné prêtre le 12 Août 2006 par Mgr. Antoine GANYE du diocèse de DASSA-ZOUME au Bénin.

De 2006 à 2008  Il est vicaire de paroisse,  devient Directeur de l’école catholique  de Saint Georges de KILIBO, puis  de 2008 à 2015 curé de la paroisse Saint Pierre d’ALAFIA, en même temps,  directeur de l’école catholique  et Aumônier diocésain des jeunes : ces fonctions comprennent toute la responsabilité personnelle, économique et administratives des paroisses. Aux termes de ces neuf années de vie sacerdotale au Benin sa soif d’étudier, apprendre, comprendre, lui donne envie de  poursuivre des études dogmatiques au Canada.

Partir en mission, en France.

C’est alors que, durant la nuit du 8 aout 2015, coup de téléphone de son évêque !

 Mgr François GNONHOSSOU demande « impérativement » au fougueux et  dynamique Père Verkys  de partir en mission en France !

Repéré pour ses actions de rassembleur de fidèles, constructeur d’églises, le Père Verkys agit avec foi, et confiance, et bien qu’il soit choisi pour une mission non désirée…il donne sa réponse immédiatement : «  Mon évêque me l’a demandé, qu’il soit fait selon sa volonté ! »

– Coup dur pour ma mère, qui croit  en une sanction : « mais qu’as-tu fait pour cela ? » Mais fierté pour ma famille bien que je ne sache ni ou, ni quand  a lieu le départ… »

            J’arrive à Nantes par une froide soirée du 30 octobre 2015. Une personne d’accueil me fournit une veste plus chaude que mes vêtements.  « Il faut faire confiance en Dieu, Dieu écrit droit sur des lignes courbes »

            Ces lignes courbes, notre Père Verkys allait les expérimenter lors de sa première nomination dès son arrivée, à Mouilleron le Captif en Vendée ou malgré sa fonction de prêtre coopérateur de 2015 à 2016, il n’a pu apaiser le conflit récurant qui y régnait lors de son arrivée.  Père Verkys Nonvignon était alors curé des paroisses du BON PASTEUR en pays Yonnais et Sainte Catherine sur  Yon depuis 2017. (Ndr )De grands articles rédigés à cette époque témoignent de la virulence de la situation : Sans doute l’évêque d’alors, Mgr Castet, a-t-il pensé que le nouvel arrivant pourrait trouver la clé pour démêler, avec sa spontanéité, une situation paroissiale  inextricable.

 C ’est alors que, le  29 avril 2020, Verkys Nonvignon est appelé par Mgr François JACOLAIN, nouvel évêque de Luçon (depuis le 29 mai 2018), à venir en la paroisse de Moutiers les Mauxfaits en remplacement du Jeune Père Olivier BLENEAU nommé dans les paroisses des ACHARDS, voisines du doyenné des Sables d’Olonne auquel Moutiers va être rattaché en 2021.

            «  C’est Jésus qui me parle, j’écoute avec ferveur »

Le nouveau Curé des paroisses Saint Jacques de Moutiers les Mauxfaits, et Notre Dame de Lumière à La Tranche sur Mer, Père Verkys, a pris connaissance du presbytère,  et de son appartement voisin le Jeudi 3 septembre 2020.

            Ce même jour s’éteignait dans la nuit du 3 au 4 septembre,  notre cher Père Bernard RICHARD, dont l’humilité et la bonne humeur donnait de la Foi en Dieu, une image dynamique et courageuse. (qui ne conserve du Père Bernard, entre autres souvenirs, l’anecdotique vision du cycliste qu’il était, casqué, pieds nus dans ses sandales, été comme hiver, pédalant énergiquement, afin d’aller célébrer les messes dans l’un des 12  clochers de la paroisse, depuis La tranche sur Mer..)

            Cette foi enthousiasmante et confiante,  notre nouveau prêtre béninois, Verkys NONVIGNON, désire lui aussi la communiquer, lui qui « a appris à connaitre et aimer les vendéens depuis cinq ans que je les ai découverts, et je désire rencontrer ceux des paroisses Saint Jacques de Val Graon, et Notre Dame de Lumière, dès qu’ils le désireront : ma porte et mon téléphone  06 75 90 96 84 leurs sont ouverts en permanence »  Actions qu’ il a déjà réalisées lors des rendez-vous dans chaque commune avec les paroissiens, ou avec les animateurs, organistes, psalmistes, sacristains, responsables des équipes paroissiales, et cela en seulement UN mois

Ceci est le témoignage d’une vocation bien ancrée chez un très jeune enfant ayant réalisé son rêve de devenir Prêtre…et devenu, jusqu’à présent, Prêtre et Missionnaire en France !« Grâce à une foi profonde et une confiance en Dieu. » «Dieu nous aime, nous guérit, nous libère : Il nous aide prions-le » affirme Père Verkys Nonvignon.     

 Texte et photos  Bernadette Matthijsse                                             

La France sous le choc après l’assassinat d’un enseignant

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce dimanche en France après la décapitation d’un professeur d’histoire dans une rue de Conflans-Sainte-Honorine, dans l’agglomération parisienne. Vendredi, l’attentat islamiste a provoqué une immense émotion en France. Cinq ans après la série d’attaques de 2015-2016, les fractures s’aggravent sur la question de l’articulation entre la laïcité et les identités religieuses.

Vatican News

La société française affronte un nouveau traumatisme, après l’attentat survenu vendredi en fin d’après-midi au cours duquel un Tchétchène de 18 ans, né à Moscou et de nationalité russe, a décapité un professeur de collège, Samuel Paty, qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet. L’assaillant a été aussitôt poursuivi et abattu par les forces de police. Cet attentat est survenu trois semaines après une autre attaque islamiste durant lequel un Pakistanais avait blessé à coups de hachoirs deux personnes qui se trouvaient devant les anciens locaux de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, dont l’attaque du 7 janvier 2015 fait actuellement l’objet d’un procès.

En plein débat sur le rapport entre la laïcité et les pressions communautaristes, l’assassinat de vendredi a provoqué une onde de choc. Ce dimanche à Paris, Lille, Lyon ou Nice, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans le calme, en mémoire de cet enseignant. Une minute de silence a été respectée.

Un hommage national sera rendu mercredi en coordination avec la famille de l’enseignant assassiné, a annoncé la présidence de la République sans en préciser le lieu.

Onze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue depuis le début de l’enquête vendredi soir. Il s’agit de proches de l’assaillant, mais aussi de parents d’élèves du collège du Bois d’Aulne dans la banlieue ouest de Paris. Plusieurs s’étaient plaints en effet de l’intervention de ce professeur.

«Nos enseignants continueront à éveiller l’esprit critique des citoyens de la République, à les émanciper de tous les totalitarismes et de tous les obscurantismes», a déclaré le chef du gouvernement sur Twitter. Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a lui adressé samedi matin un message vidéo aux enseignants : «Samuel Paty incarnait la République dans ce qu’elle a de plus noble : son école. Il a été lâchement assassiné par les ennemis de la liberté. Nous serons unis, fermes et résolus. (…) Votre métier est le plus essentiel, celui de transmettre à nos enfants les savoirs et les valeurs qui sont notre bien commun.»  

Le président Emmanuel Macron s’était lui rendu sur les lieux vendredi soir, qualifiant l’assassinat «d’ attentat terroriste islamiste caractéris黫Ils ne passeront pas. L’obscurantisme ne gagnera pas», a martelé le chef de l’État, dans un pays où les signes de tensions provoqués par les islamistes sont de plus en plus fréquents. Hors de France, la présidente de Commission européenne, Ursula von der Leyen, a notamment adressé ses «condoléances à sa famille et aux Français. Mes pensées vont aussi aux enseignants, en France et partout en Europe. Sans eux, il n’y a pas de citoyens. Sans eux, il n’y a pas de démocratie», a-t-elle écrit.

Les réactions des évêques de France

Sur Twitter, la Conférence des évêques de France «exprime sa profonde tristesse face à l’assassinat de M. Samuel Paty. Les catholiques prient pour lui et sa famille. La fraternité est une urgence.» Le porte-parole de la CEF, Vincent Neymon, a pour sa part tweeté: «Tristesse et horreur devant l’horrible crime contre Samuel Paty. Pensées et prières pour ses proches, sa famille, ses élèves, ses collègues. Notre pays deviendra-t-il une école de fraternité, seul rempart contre cette violence inouïe? Que votre mort, M. Paty, nous montre ce chemin!»

Le diocèse de Versailles, qui recouvre le département des Yvelines où est située la ville de Conflans-Sainte-Honorine, a diffusé un communiqué signé par l’évêque, Mgr Éric Aumonier, et son auxiliaire. Mgr Bruno Valentin. «L’assassinat de M. Samuel Paty, professeur de collège à Conflans-Sainte-Honorine, nous bouleverse comme tous les citoyens attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous le portons dans notre prière, avec sa famille, ses collègues, ses élèves, et tous ceux que cet acte révoltant blesse au plus profond d’eux-mêmes.»

En citant le passage de l’encyclique du Pape François Fratelli Tutti dédié aux valeurs qui sont inscrites dans la devise de la République française (“Liberté, Égalité, Fraternité”), ils rappellent que «la fraternité a quelque chose de positif à offrir à la liberté et à l’égalité. Que se passe-t-il sans une fraternité cultivée consciemment, sans une volonté politique de fraternité, traduite en éducation à la fraternité, au dialogue, à la découverte de la réciprocité et de l’enrichissement mutuel comme valeur ? Ce qui se passe, c’est que la liberté s’affaiblit.»

«Tous ensemble, croyants de toutes religions ou non-croyants, il est urgent de nous rassembler au service de cette éducation à la fraternité qui appartenait à la vocation de M. Paty. Nous invitons toutes les paroisses du diocèse à prier à cette intention lors des messes de ce dimanche», concluent-ils.

L’émotion est également vive dans le diocèse de Rouen, où ce nouvel assassinat ciblé réveille le souvenir de l’attentat contre le père Jacques Hamel, assassiné le 26 juillet 2016 dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray. «Le fanatisme a tué. Une fois de plus. C’est toujours aussi insupportable», écrit l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun dans un communiqué commun signé avec le délégué épiscopal à l’enseignement catholique, Laurent de Beaucoudrey, et le délégué diocésain aux relations avec les musulmans, le père Pierre Belhache. 

«La colère et la peur guettent les collèges après avoir touché les lieux de culte, les forces de l’ordre ou des symboles de la République. Le diocèse de Rouen continuera d’enseigner dans ses écoles, collèges et lycées les éléments fondateurs de la fraternité. Les dix commandements en sont la base : “Tu adoreras Dieu seul” et “Tu ne tueras point” sont pour nous inséparables. Puissent l’assassin et ceux qui nourrissent le fanatisme trouver la lumière dans une rencontre authentique de Dieu. Jamais, Dieu ne veut la mort, pas même celle du méchant. Il veut que l’humanité se détourne du Mal pour retrouver sa vocation à aimer», écrivent-ils.

Dimanche 18 octobre, à 15 h, les responsables des cultes se sont rassemblés devant la Stèle républicaine pour la paix et la fraternité dressée près de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray à la mémoire du Père Jacques Hamel.

Autres condamnations religieuses

«L’horreur … La mort donnée au nom de Dieu. C’est intolérable. Je prie au sanctuaire de Lourdes pour la victime et ses proches, pour les enseignants qui ont une si grande mission, pour que nous ne perdions jamais le courage de construire la fraternité», a écrit Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, le recteur du sanctuaire marial.

Le père Vincent Féroldi, directeur du Service National pour les Relations avec les Musulmans, a réagi vendredi soir sur Twitter avec ces mots : «Ce soir, la communauté éducative nationale est en deuil après l’horrible décapitation d’un professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine. Toutes mes pensées et ma prière vont vers sa famille, ses collègues et les élèves de son collège. La vie humaine est sacrée.»

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), interlocuteur privilégié des pouvoirs publics mais dont la représentativité fait débat au sein des communautés musulmanes, a immédiatement exprimé sa ferme condamnation de l’attentat : «Nous sommes profondément choqués par l’assassinat barbare d’un enseignant du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine. Nos pensées et prières vont vers sa famille et ses proches. Mobilisons-nous avec force contre l’obscurantisme, la haine et la violence.» Les membres du CFCM ont également ajouté, toujours sur Twitter: «Face à ceux qui cherchent une raison à ce crime ignoble en évoquant les caricatures du prophète de l’Islam, nous réaffirmons que rien, absolument rien, ne saurait justifier l’assassinat d’un Homme.»

(Avec AFP)

Soutien du Ministre de l’éducation Nationale

« La faim n’est pas une tragédie, c’est une honte »

 “La faim n’est pas une tragédie, c’est une honte »: le pape François demande à nouveau, dans un message à la FAO, la création d’un fonds mondial pour « éradiquer la faim » dont souffrent 821 millions de personnes dans le monde: chaque jour 25 000 personnes meurent de faim, dont plus de 10 000 enfants, selon l’ONU. Le pape a plusieurs fois dénoncé le scandale de la faim comme une autre « pandémie » à combattre mais dont on ne parle pas.

Le pape souhaite, comme il le disait déjà dans l’encyclique Fratelli Tutti la création d’un fonds pris sur l’argent destiné à l’armement.


Les 75 ans de la FAO, capture @ FAO

Trois fois

L’encyclique dit:  « Avec les ressources financières consacrées aux armes ainsi qu’à d’autres dépenses militaires, créons un Fonds mondial, en vue d’éradiquer une bonne fois pour toutes la faim et pour le développement des pays les plus pauvres, de sorte que leurs habitants ne recourent pas à des solutions violentes ou trompeuses ni n’aient besoin de quitter leurs pays en quête d’une vie plus digne » (n.262).

Dans un tweet, le pape François déclare pour la troisième fois : « Une décision courageuse? Destiner l’argent utilisé pour les armes à un « Fonds mondial » pour lutter contre la faim. Cela éviterait de nombreuses guerres, et l’émigration de tant de nos frères et sœurs des pays les plus pauvres. »

Il a aussi repris cet autre passage de son message à la FAO: « Pour l’humanité, la faim n’est pas seulement une tragédie, c’est une honte. Face à cette réalité, nous ne pouvons rester insensibles ou paralysés. Nous sommes tous responsables#JournéeMondialeAlimentation »

Dans son message vidéo, en espagnol, diffusé en ligne vers 14h30 le vendredi 16 octobre 2020, Journée mondiale pour l’alimentation, et pour les 75 ans de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le pape François salue les efforts déployés pour sauver des vies par la FAO en 75 ans d’existence: une mission « belle et importante ».

La faim, la paix et les migrations

Pourtant, c’est insuffisant. La crise actuelle montre, constate le pape, que « des politiques et des actions concrètes » sont nécessaires pour éradiquer la faim dans le monde: de fait, « malgré les efforts consentis au cours des dernières décennies, le nombre de personnes aux prises avec la faim et l’insécurité alimentaire augmente et la pandémie actuelle aggravera encore ces chiffres ».

Le pape demande maintenant une « décision courageuse », celle de « constituer, grâce à l’argent qui est utilisé pour des armes et d’autres dépenses militaires, un fonds mondial pour pouvoir vaincre définitivement la faim et aider au développement des pays les plus pauvres ».

Il souligne une autre conséquence importante – sur la paix et sur l’émigration – d’une telle décision: « De nombreuses guerres et l’émigration de tant de nos frères et de leurs familles contraints d’abandonner leurs foyers et leurs pays à la recherche d’une vie plus digne seraient évités. »

Le thème de cette Journée internationale est: «Cultiver, nourrir, préserver. Ensemble», relève le pape, pour souligner la nécessité « d’agir conjointement et avec la ferme volonté de promouvoir l’espérance de nombreuses personnes et de nombreux peuples ».Au cours de ces 75 années, insiste le pape, la FAO a appris qu’il ne suffit pas de « produire de la nourriture », mais qu’il est également « important de veiller à ce que les systèmes alimentaires soient durables et fournissent une alimentation saine et abordable pour tous »

.Appel à la créativité: du concret!

Le pape invite à la créativité: il s’agit en effet « d’adopter des solutions innovantes qui peuvent transformer la façon dont nous produisons et consommons les aliments pour le bien-être de nos communautés et de notre planète, renforçant ainsi la résilience et la durabilité à long terme ».

Pour le pape, la pandémie aggrave la situation: « Dans cette période de grandes difficultés provoquées par la pandémie de Covid-19, il est encore plus important de soutenir les initiatives mises en œuvre par des organisations telles que la FAO, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds international de développement agricole (FIDA) », de façon à promouvoir « une agriculture durable et diversifiée » qui contribue au « développement rural dans les pays les plus pauvres. »

C’est le défi d’une crise humanitaire à relever: « Nous sommes conscients que ce défi doit être relevé à une époque pleine de contradictions: d’une part, nous assistons à des progrès sans précédent dans les différents domaines de la science; d’autre part, le monde est confronté à de multiples crises humanitaires. »

Le pape épingle aussi les causes:  la « tragédie » de la faim est causée pour l’essentiel « par une distribution inégale des fruits de la terre, à laquelle s’ajoute le manque d’investissement dans le secteur agricole, les conséquences du changement climatique et l’augmentation des conflits dans différentes régions de la planète ».

En même temps, il déplore le fait que « des tonnes de nourriture sont jetées » et il rappelle la responsabilité et de chacun: « Face à cette réalité, nous ne pouvons pas rester insensibles ou rester paralysés. Nous sommes tous responsables. »

En conséquence, tranche le pape, des « actions concrètes » sont nécessaires pour éradiquer la faim et « les discussions dialectiques ou idéologiques nous mènent loin d’atteindre cet objectif, et nous laissons nos frères et sœurs continuer à mourir faute de nourriture ».

En conclusion, le Pontife donne sa bénédiction, avec l’espoir que le travail de la FAO « soit plus incisif et fructueux » et contribue à « que nous puissions tous vivre dans la dignité, le respect et l’amour ».

L’appel de Fratelli tutti à éradiquer la faim

Fratelli Tutti, le 4 octobre dernier, disait déjà cela: pour le pape en effet, « à l’égard de ces crises qui laissent mourir de faim des millions d’enfants, déjà réduits à des squelettes humains – en raison de la pauvreté et de la faim –, règne un silence international inacceptable » (n. 29).

Dans la même encyclique, le pape suggère: « Toutefois, on devrait au moins inclure la création d’organisations mondiales plus efficaces, dotées d’autorité pour assurer le bien commun mondial, l’éradication de la faim et de la misère ainsi qu’une réelle défense des droits humains fondamentaux » (n. 172).

Au n. 189, le pape insiste: « Nous sommes encore loin d’une mondialisation des droits humains les plus fondamentaux. C’est pourquoi la politique mondiale ne peut se passer de classer l’éradication efficace de la faim parmi ses objectifs primordiaux et impérieux. En effet, « lorsque la spéculation financière conditionne le prix des aliments, en les traitant comme une marchandise quelconque, des millions de personnes souffrent et meurent de faim. De l’autre côté, on jette des tonnes de nourriture. Cela est un véritable scandale. La faim est un crime. L’alimentation est un droit inaliénable ». Souvent plongés dans des discussions sémantiques ou idéologiques, nous permettons qu’il y ait encore aujourd’hui des frères et des sœurs qui meurent de faim ou de soif, sans un toit ou sans accès aux soins de santé. »

Les autres intervenants

La Journée internationale de l’alimentation a été instituée en 1979 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour sensibiliser les peuples du monde au problème alimentaire mondial et renforcer la solidarité dans la lutte contre la faim, malnutrition et pauvreté. Le jour coïncide avec la date de fondation de la FAO en 1945.

Cette année, la célébration du 75e anniversaire de la fondation de l’organisation internationale se déroule en ligne à cause de la pandémie. Les ambassadeurs spéciaux de la FAO, les chefs des agences des Nations Unies basés à Rome et d’autres orateurs principaux se joignent au Directeur général de la FAO, Qu Dongyu.

La rencontre en ligne a aussi permis des messages et des appels à l’action du pape François, du président de la République italienne, Sergio Mattarella, et du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, pour que tout le monde, partout, surmonte la pandémie et ait accès à une nourriture saine.

Pédocriminalité : un acte de repentance annoncé

Acte de repentance pour les victimes de pédophilie dans l’Eglise de Vendée

Le diocèse de Luçon a été contacté par de nombreuses personnes et a écouté la parole enfouie depuis longtemps pour beaucoup de ces victimes. L’évêque de Luçon a reconnu dès janvier 2020, que ces personnes « avaient été victimes d’agression sexuelle par des prêtres ou des religieux lorsqu’elles étaient enfants, principalement dans les années 60 et 70, dans des paroisses, dans des colonies, mais surtout dans le cadre de pensionnats, en particulier le petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers. »


Depuis deux ans le diocèse travaille à faire la lumière sur les actes de pédocriminalité commis par des prêtres et des religieux de Vendée. De nombreuses actions ont été engagées pour accompagner ces personnes d’une part, éviter que de tels agissements se reproduisent d’autre part : écoute des victimes et prise en compte de leurs témoignagesjournée de sensibilisation pour les acteurs du diocèse et pour le grand public, édition d’une fiche de prévention à l’attention des religieux et laïcs en mission, travail avec la CIASE  (Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Eglise).

Une conférence de presse le 23 octobre 2020

Dans le cadre de ce travail de mise en lumière, d’accompagnement et de prévention, Mgr Jacolin a souhaité qu’une reconnaissance officielle des faits et une repentance publique aient lieu. Elles seront exprimées lors d’une conférence de presse le 23 octobre 2020 à 15h à la Roche-sur-Yon.Le diocèse a partagé la préparation de cet événement avec des personnes victimes dans le respect de la position de chacun.

Mgr Jacolin s’exprimera sur les faits avérés et fera un acte de reconnaissance publique de la souffrance des victimes et de leurs proches. Des personnes victimes témoigneront également de ce qu’elles ont vécu et de leur parcours depuis lors.  

Semaine Missionnaire Mondiale

Le mois d’octobre est consacré aux Missions. Du 11 au 18 octobre, la Semaine Missionnaire Mondiale appelle les catholiques à la prière et au partage, pour soutenir la vie et la mission des Églises locales du monde. La quête du Dimanche de la Mission est le point culminant de la Semaine Missionnaire Mondiale. Elle a été instaurée par le pape Pie XI en 1926. Elle est dévolue aux Œuvres Pontificales Missionnaires.

Pauline Jaricot

Le point de départ est une jeune laïque, Pauline Jaricot (1799-1862). À l’âge de 17 ans, elle tourne le dos à sa vie mondaine et s’associe avec de jeunes ouvrières des usines de son père pour collaborer à la propagation de l’Évangile par la prière et l’animation missionnaire. Après trois années, prenant conscience des nécessités matérielles en « pays de mission », Pauline invente un système ingénieux de collecte. Elle convainc dix personnes de remettre un sou par semaine pour les missions, tout en recrutant dix autres donateurs qui, à leur tour, en trouvent dix chacun et ainsi de suite. L’entreprise fait boule de neige et amasse des sommes considérables pour l’époque.

Trois ans plus tard, la chaîne financière et spirituelle compte 500 membres. Elle devient officiellement l’Association de la Propagation de la Foi le 3 mai 1822. Sa croissance rapide à travers toute l’Europe attire l’attention du Saint-Siège, qui demande à l’accueillir dans ses offices. C’est ainsi que, un siècle après la fondation de l’Association de la Propagation de la Foi, le 3 mai 1922, l’œuvre de la Propagation de la Foi ainsi que deux autres, l’Enfance missionnaire et Saint Pierre Apôtre deviennent pontificales. La quatrième œuvre, l’Union pontificale missionnaire, sera déclarée pontificale en 1956. Les Œuvres Pontificales Missionnaires se retrouvent aujourd’hui dans plus de 140 pays.

Une Journée missionnaire mondiale en 1926

Pour amplifier le travail des Œuvres Pontificales Missionnaires, le pape Pie XI accepta de créer une Journée missionnaire mondiale en 1926 pour qu’elle soit « la fête de la catholicité et de la solidarité universelle ». Cet objectif rejoint l’intuition de départ de Pauline Jaricot : « De la part de tous, selon les possibilités, à tous, selon les nécessités ! ». La journée est fixée à l’avant dernier dimanche du mois d’octobre. Elle est désormais « célébrée le même jour dans tous les diocèses, dans toutes les paroisses et dans tous les Instituts du monde catholique… et pour demander l’obole pour les Missions » (S. Congrégation des Rites : 14 avril 1926).

En France, depuis plus d’une trentaine d’années, l’animation est étendue à une semaine pour donner plus de visibilité aux activités missionnaires dans les diocèses et permettre aux paroisses de vivre cette semaine, ou au moins cette journée, éventuellement le dimanche précédant le dimanche de la Mission, selon leurs possibilités.

Une quête véritablement universelle

L’argent collecté est comptabilisé à Rome, aux OPM internationales. La répartition de la somme récoltée chaque année est décidée par les directeurs nationaux des OPM dans leur réunion du mois de mai. Ainsi les 3 000 diocèses catholiques existant aujourd’hui viennent en aide à 1 200 d’entre eux pour les soutenir dans leur vie et leur mission d’évangélisation.

Le mois d’octobre est consacré aux Missions. La Semaine Missionnaire Mondiale appelle les catholiques à la prière et au partage, pour soutenir la vie et la mission des Églises locales du monde. La quête du Dimanche de la Mission est le point culminant de la Semaine Missionnaire Mondiale. Elle a été instaurée par le pape Pie XI en 1926. Elle est dévolue aux Œuvres Pontificales Missionnaires afin que tous les catholiques puissent soutenir, partout dans le monde, la mission universelle de l’Eglise.

Rôle des laïcs : le pape souhaite « un pas de plus »

Le pape François souhaite que soit fait « un pas de plus » dans le rôle des laïcs au sein de l’Eglise. En signant la préface d’un ouvrage du sous-secrétaire du Synode des évêques, Mgr Fabio Fabene, il appelle de ses vœux « une Eglise où le rôle de la femme est central ».

Par les laïcs, il faut « que l’Eglise soit présente là où l’homme vit et souffre pour faire resplendir de partout la lumière de l’Evangile », peut-on lire dans le texte publié par L’Osservatore Romano daté du 14 octobre 2020. Le pape y invite à faire « confiance à l’imagination créatrice » de l’Esprit Saint.

Il fustige aussi une nouvelle fois le cléricalisme « toujours nuisible pour l’Eglise » : il faut, écrit-il, que la vocation spécifique des laïcs « soit reconnue à tous les niveaux, en évitant par tous les moyens de les cléricaliser ».

« Le centre de la mission laïque, affirme-t-il encore, consiste à consacrer le monde selon le projet de Dieu », et les laïcs sont appelés à « être heureux dans le don d’eux-mêmes et dans la prière ».

Voici notre traduction de cette préface au livre « Symphonie de ministères. Une présence renouvelée des laïcs dans l’Eglise » (Sinfonia di ministeri. Una rinnovata presenza dei laici nella Chiesa, Libreria editrice vaticana – Edizioni San Paolo).

Préface du pape François

Toutes les époques ont leur nouveauté, c’est pourquoi nous pouvons dire que nous vivons une nouvelle époque. Il est temps que les laïcs fassent un pas en avant, un pas de plus. Et qu’ils trouvent dans l’Eglise l’espace nécessaire pour le faire, la façon de répondre à leurs vocations. En puisant au riche enseignement du Concile Vatican II, repris par le Synode des évêques et par mes prédécesseurs, ce volume offre une réflexion approfondie sur les ministères que le pape saint Paul VI a réformés, en les liant non plus au chemin de préparation au ministère ordonné, mais à la variété de vocations et de services laïcs que l’Esprit-Saint suscite dans l’Eglise.

L’Esprit est toujours actif au sein du Peuple de Dieu, en l’enrichissant de nouveaux dons à chaque fois, et nous devons être attentifs à ne pas l’arrêter (cf. 1 Ts 5, 19) et à ne pas le contrister (cf. Eph 4, 30). Hélas nous le faisons chaque fois que nous ne faisons pas confiance à son imagination créatrice, et que nous prétendons réduire son action à l’intérieur de nos schémas, sans laisser place au primat de la grâce et en courant le risque de devenir auto-référentiels.

Avec la Constitution Lumen gentium, Vatican II a été le Concile du Peuple de Dieu, un Peuple qui marche dans l’histoire poussé par le vent de la Pentecôte. Ce Peuple saint est continuellement enrichi de ministères et de charismes, enracinés dans le sensus fidei qui rend la totalité des baptisés infaillibles quand ils croient (in credendo). C’est une réalité de grâce que nous devons garder continuellement présente dans l’action pastorale, en dépassant le cléricalisme toujours nuisible pour l’Eglise, comme l’a rappelé aussi le Document Final du Synode dédié aux jeunes.

Le saint peuple de Dieu, oint par l’Esprit, est entièrement sacerdotal, en tant qu’il participe à l’unique sacerdoce du Christ. Les ministres ordonnés, qui agissent in persona Christi capitis, sont certes indispensables à la croissance de ce Peuple, puisque ce sont les seuls à pouvoir présider l’Eucharistie pour le nourrir et absoudre les péchés pour étendre en lui la miséricorde de Dieu. En même temps, si le cœur de l’identité du prêtre est de consacrer le pain eucharistique, le centre de la mission laïque consiste à consacrer le monde selon le projet de Dieu. Cette action fait tout un avec la coresponsabilité des laïcs dans l’édification de l’Eglise, comme l’a mis spécialement en lumière l’exhortation apostolique Christi fideles laici de saint Jean-Paul II. Les ministères institués remplissent cette double mission en faveur de l’Eglise et du monde, en rendant les laïcs (femmes et hommes) sujets actifs de l’évangélisation et de la mission.

Comme je l’ai écrit dans Evangelii gaudium, ils sont la très grande majorité du Peuple de Dieu et il faut que leur vocation spécifique soit reconnue à tous les niveaux, en évitant par tous les moyens de les cléricaliser. Nous devons vérifier si nous sommes fidèles à cette identité laïque, en faisant repartir l’horloge qui semble s’être arrêtée. C’est le moment. La mission des laïcs n’est pas le privilège de quelques-uns et elle implique un dévouement total… Aux laïcs, il est demandé d’être heureux dans le don d’eux-mêmes et dans la prière, de croire et d’agir au sein de la communauté chrétienne pour en partager et en soutenir le chemin, dans l’échange réciproque des dons suscités par l’Esprit. C’est cela la synodalité à laquelle Dieu nous appelle et qui nous demande de répondre aux divers appels ; de marcher ensemble, pasteurs et troupeau, sur les sentiers de l’histoire ; d’être un seul dans la diversité des charismes.

Certains nouveaux ministères laïcs ont été suggérés par les récents synodes dédiés à la famille, aux jeunes et à l’Amazonie. Ce sont des ministères pensés pour une Eglise plus synodale et en sortie, tendue vers les périphéries existentielles. C’est pour cela aussi qu’il est important que chaque évêque et chaque Eglise particulière puissent mener un discernement attentif sur les ministères dont leur territoire a concrètement besoin, afin que l’Eglise soit présente là où l’homme vit et souffre pour faire resplendir partout la lumière de l’Evangile. En effet, comme je l’ai écrit dans Querida Amazonia, « L’inculturation doit aussi se développer et se traduire dans une manière incarnée de mettre en œuvre l’organisation ecclésiale et la ministérialité. Si l’on inculture la spiritualité, si l’on inculture la sainteté, si l’on inculture même l’Évangile, comment ne pas penser à une inculturation de la manière dont les ministères ecclésiaux se structurent et se vivent ? » (85).

Il faut éviter le risque de transformer les ministères en formes de pouvoir, ce qui est une tentation toujours aux aguets. Les ministères répondent à une vocation, ils sont le fruit d’un discernement personnel et communautaire et ils s’expriment dans la diaconie (diakonia) du Peuple de Dieu. Une Eglise toute ministérielle manifeste un Peuple aux mille visages. C’est une Eglise où le rôle de la femme est central. C’est une Eglise perpétuellement fécondée par l’Esprit, qui « fait la jeunesse de l’Église et la renouvelle sans cesse, l’acheminant à l’union parfaite avec son époux » (Lumen gentium 4).

Traduction de Zenit, Anne Kurian-Montabone

Ecologie intégrale: il faut « agir », « pas demain, aujourd’hui »

« Le système économique actuel n’est pas viable »

Pape François

Le « compte à rebours » a commencé: il faut agir « pas demain, aujourd’hui », car « le système économique actuel n’est pas viable »: le pape François s’est adressé en ces termes dans un message vidéo adressé, samedi, 10 octobre 2020, aux participants d’un événement en ligne mondial  intitulé :«Countdown» (« Compte à rebours »), et organisé par TED en vue de solutions immédiates à la crise climatique.« Nous devons agir de toute urgence, renchérit le pape. Chacun de nous peut jouer un rôle précieux si nous nous mettons tous sur la route aujourd’hui. Pas demain, aujourd’hui. Parce que l’avenir se construit aujourd’hui, et se construit non pas seul, mais en communauté et en harmonie. »Il indique notamment que « la terre doit être travaillée et soignée, cultivée et protégée »: « Nous ne pouvons pas continuer à la presser comme une orange. Et nous pouvons dire que cela, prendre soin de la terre, c’est un droit de l’homme. »

l’objectif est clair: construire, au cours de la prochaine décennie, un monde où nous pourrons répondre aux besoins des générations présentes, en incluant tout le monde, sans compromettre les possibilités des générations futures.

Le pape propose trois lignes de solutions: « promouvoir, à tous les niveaux, une éducation au soin de la maison commune », « mettre l’accent sur l’eau et l’alimentation », développer la « transition énergétique. I l encourage notamment à récompenser les entreprises qui « font un effort concret dans cette phase de transition pour placer des paramètres tels que la durabilité, la justice sociale et la promotion du bien commun au centre de leurs activités ».

Climat, la nécessité de devoir choisir, 10 octobre 2020, Pape François

Message du pape François

Bonjour!

Nous vivons un moment historique marqué par des défis difficiles. Le monde est secoué par la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, qui met encore plus en évidence un autre défi mondial: la crise socio-environnementale.

Cela nous confronte tous à la nécessité d’un choix.

Le choix entre ce qui compte et ce qui ne compte pas. Le choix entre continuer à ignorer les souffrances des plus pauvres et à maltraiter notre maison commune, la Terre, ou s’engager à tous les niveaux pour transformer notre façon d’agir.

La science nous dit, chaque jour avec plus de précision, qu’il est nécessaire d’agir d’urgence – et je n’exagère pas, la science le dit – si nous voulons avoir une espérance d’éviter des changements climatiques radicaux et catastrophiques. Et pour cela, il faut agir de toute urgence. C’est un fait scientifique.

La conscience nous dit que nous ne pouvons pas être indifférents à la souffrance des plus pauvres, aux inégalités économiques croissantes et aux injustices sociales. Et l’économie elle-même ne peut se limiter à la production et à la distribution. Elle doit nécessairement tenir compte de son impact sur l’environnement et de la dignité de la personne. On pourrait dire que l’économie doit être créative en elle-même, dans ses méthodes, dans sa manière d’agir. La créativité.

Je voudrais vous inviter à faire un voyage ensemble. Un voyage de transformation et d’action. Fait pas tant de paroles, mais surtout d’actions concrètes et impossible à remettre à demain.

J’appelle cela un « voyage », car il nécessite un « déplacement », un changement! De cette crise, aucun de nous ne doit sortir pareil – nous ne pouvons pas en sortir pareils: d’une crise, nous ne sortons jamais pareils -; et il faudra du temps et des efforts pour en sortir. Il faudra y aller pas à pas, aider les faibles, persuader les sceptiques, imaginer de nouvelles solutions et s’engager à les mettre en œuvre.

Mais l’objectif est clair: construire, au cours de la prochaine décennie, un monde où nous pourrons répondre aux besoins des générations présentes, en incluant tout le monde, sans compromettre les possibilités des générations futures.

Je voudrais inviter tous les croyants, chrétiens ou non, et toutes les personnes de bonne volonté, à entreprendre ce chemin, [à partir] de sa foi ou, s’il n’a pas la foi, à partir de sa volonté, de sa bonne volonté. Chacun de nous, en tant qu’individus et en tant que membres de groupes – familles, communautés de foi, entreprises, associations, institutions – peut apporter une contribution significative.

Il y a cinq ans, j’ai écrit l’encyclique Laudato si’, consacrée au soin de notre maison commune. Il propose le concept d ‘«écologie intégrale», pour répondre ensemble au cri de la terre mais aussi au cri des pauvres. L’écologie intégrale est une invitation à une vision intégrale de la vie, partant de la conviction que tout dans le monde est connecté et que, comme la pandémie nous l’a rappelé, nous sommes interdépendants les uns des autres, et aussi dépendants de notre terre-mère. De cette vision découle la nécessité de rechercher d’autres manières de comprendre le progrès et de le mesurer, sans se limiter aux seules dimensions économique, technologique, financière et au produit brut, mais en accordant une importance centrale aux dimensions éthico-sociale et éducative.

Aujourd’hui, je voudrais proposer trois pistes d’action.

Ces trois propositions doivent être comprises comme faisant partie d’un vaste ensemble d’actions que nous devons mener de manière intégrée pour parvenir à une solution durable des problèmes.
Le système économique actuel n’est pas viable. Nous sommes confrontés à l’impératif moral, et à l’urgence pratique, de repenser beaucoup de choses: comment nous produisons, comment nous consommons, penser à notre culture du déchet, la vision à court terme, l’exploitation des pauvres, l’indifférence à leur égard, les inégalités croissantes et la dépendance vis-à-vis des sources d’énergie nocives. Autant de défis. Nous devons y réfléchir.
L’écologie intégrale suggère une nouvelle conception de la relation entre nous et la nature. Cela conduit à une nouvelle économie, dans laquelle la production de richesse est dirigée vers le bien-être intégral de l’être humain et vers l’amélioration – et non la destruction – de notre maison commune. Cela signifie également une politique renouvelée, conçue comme l’une des formes les plus élevées de la charité. Oui, l’amour est interpersonnel, mais l’amour est aussi politique. Il implique tous les peuples et il implique la nature.
Par conséquent, je vous invite tous à entreprendre ce voyage. Je l’ai donc proposé dans Laudato si’ et aussi dans la nouvelle encyclique Fratelli tutti. Comme le suggère le terme «compte à rebours», nous devons agir de toute urgence. Chacun de nous peut jouer un rôle précieux si nous nous mettons tous sur la route aujourd’hui. Pas demain, aujourd’hui. Parce que l’avenir se construit aujourd’hui, et se construit non pas seul, mais en communauté et en harmonie.

Le Pape souhaite “une présence féminine plus incisive” dans l’Église

Le Pape François souhaite voir plus de femmes laïques occuper des postes de responsabilité dans l’Église. Il confie ce désir à la prière de tous les catholiques du monde en ce mois d’octobre. Une participation qui s’enracine non pas dans des revendications liées à l’époque, mais dans le sacrement même du baptême car c’est là que s’inscrit le protagonisme des laïcs, et donc aussi des femmes, dans la vie ecclésiale et dans l’annonce de l’Évangile. «Personne n’a été baptisé prêtre ou évêque. Nous avons tous été baptisés en tant que laïcs. Les laïcs et les laïques sont les protagonistes de l’Église» affirme le Pape

Les femmes sont, le plus souvent, laissées de côté

Parmi les laïcs, ce sont les femmes qui se voient accorder encore trop peu de place. Parce que les «femmes sont généralement laissées de côté», le Pape estime qu’«aujourd’hui encore, il est nécessaire d’élargir les espaces pour une présence féminine plus incisive dans l’Église». Dans un message vidéo, François ne parle pas d’une présence quelconque: «Nous devons promouvoir l’intégration des femmes dans les lieux où se prennent les décisions importantes».

Il souhaite donc qu’en vertu du baptême, les fidèles laïcs et en particulier les femmes, participent davantage aux institutions de responsabilité de l’Eglise, mais «en évitantdes formes de cléricalisme qui annulerait le charisme des laïcs» souligne-t-il.

Plus de dirigeantes mais pas de quotas roses

Depuis le début de son pontificat, le Pape a plusieurs fois manifesté son souhait d’accorder plus de places aux femmes dans l’Église. Il a nommé plusieurs femmes à des postes de premier plan. D’ailleurs, le nombre de ‘dirigeantes’ n’a jamais été aussi élevé.  Huit femmes occupent actuellement des postes à responsabilité au Saint-Siège, au-dessus du dixième niveau de rémunération au Vatican. Il y a dix ans, il n’y en avait que trois.

Parmi elles, Linda Ghisoni, nommée par François sous-secrétaire pour les fidèles laïcs. S’exprimant sur le sens de cette vidéo, elle revient sur le fait que le Pape commence par parler du baptême. «C’est très important car cela nous permet de comprendre que le désir d’une plus grande participation des laïcs, et en particulier des femmes, dans les instances de responsabilité de l’Église ne doit pas être interprété comme une opération sociologique ou comme un désir de garantir des quotas roses pour une répartition du pouvoir entre les femmes et les hommes, entre les laïcs et le clergé» affirme-t-elle. Elle poursuit: «Si nous prenons conscience du sens de notre baptême, nous comprenons quelle est notre place dans l’Église qui, pour être universelle, ne peut renoncer aux apports spécifiques des laïcs, des femmes, qui par vocation en sont une partie constitutive».

Sainte Marie-Madeleine

Par ailleurs, le Réseau mondial de la prière rappelle ce geste symbolique du Pape François qui, en 2016, a élevé au rang de fête liturgique le jour de sainte Marie Madeleine, aujourd’hui définie dans la nouvelle préface de la messe comme «l’apôtre des apôtres». En prenant cette décision, «il a souligné l’importance de cette femme, la première à voir le visage du Ressuscité parmi les morts, la première que Jésus appelle par son nom, la première à recevoir de Jésus-Christ lui-même la mission d’annoncer sa résurrection».

Les revendications des droits légitimes des femmes, à partir de la ferme conviction que les hommes et les femmes ont la même dignité, posent à l’Église des questions profondes qui la défient et que l’on ne peut éluder superficiellement

«Beaucoup a été fait depuis 2013, mais il faut faire davantage» estime le père Frédéric Fornos S.J., directeur international du Réseau mondial de la prière du Pape. Il rappelle ces propos de François dans Evangelii Gaudium: «Les revendications des droits légitimes des femmes, à partir de la ferme conviction que les hommes et les femmes ont la même dignité, posent à l’Église des questions profondes qui la défient et que l’on ne peut éluder superficiellement.(EG104)». Dans Querida Amazonia, François avait là insisté sur le fait que dans de nombreuses régions du monde «de nombreuses femmes, animées par l’Esprit Saint, maintiennent l’Église debout avec un dévouement admirable et une foi ardente. Il est essentiel qu’elles participent de plus en plus à ses instances décisionnelles. Cela demande un profond changement de mentalité, notre conversion en fait, ce qui implique la prière»

Marie, vierge, mythe ou réalité ?

D’après la Tradition de l’Eglise, Marie est vierge. Même dans l’enfantement de son Fils. Pourquoi est-ce si important que non seulement Marie n’ait jamais eu de relation sexuelle, mais encore qu’elle demeure vierge physiquement en mettant au monde Jésus ?


La virginité de Marie, mythe ou mystère ?
Mystère et dogme : Les 4 grands dogmes sur Marie sont : la maternité divine de Marie (Marie mère de Dieu), la virginité perpétuelle (Marie n’a pas connu d’homme), l’Immaculée Conception (Marie préservée de tout péché), et l’Assomption (Marie monte au ciel corps et âme)., On va parler d’un sujet chaud : La virginité de Marie.


Dans l’Evangile : Marie, on l’appelle la Vierge. La sainte Vierge. Marie: est restée vierge toute sa vie, de cœur et d’esprit. Marie comme le dit la Bible n’a jamais connu d’homme
Lc 1:34   Mais Marie dit à l’ange : ” Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ? L’enfant qu’elle porte en elle vient du Saint-Esprit. C’est l’ange qui lui a dit.
Luc 1:35   L’ange lui répondit : ” L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu.
Et l’ange le dit même à Joseph :
Matthieu 1:20 : “Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint.”

Essayons d’approfondir cette vériténon pas pour la prouver mais pour en montrer la grandeur et la beauté. Pourquoi donc Marie est toujours vierge?
Premièrement, cela manifeste le dévouement total de Marie à sa mission et à son œuvre. En effet Marie a offert à Dieu tout son être, son cœur et son corps. Elle lui a réservé sa sexualité en renonçant à tout commerce charnel. Marie n’a jamais eu, ni avant le Christ ni après le Christ de relation sexuelle avec quiconque. Jésus n’a pas eu ni de grand frère, ni de petite sœur.
On le montre aujourd’hui : “les frères et sœurs de Jésus” (Mc 3.31) dans l’évangile désignent la parenté large du Christ: les cousins ou les oncles et tantes.
Deuxièmement, cela manifeste l’origine divine de son fils. En effet, l’enfant que Marie porte en elle, comme le dit l’Evangile, ne vient pas de la semence d’un homme. Ce n’est pas Joseph qui est le père de Jésus. C’est Dieu lui-même qui est le Père du fils qui s’incarne en Marie sous l’action de l’Esprit Saint.

Luc 1,30 : “Ne crains pas Marie, l’Esprit Saint viendra sur toi et il te couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’enfant qui naîtra de toi sera saint. Il sera appelé fils du Très-haut.”
Mais faisons un pas de plus. La virginité perpétuelle n’implique pas seulement que Marie soit vierge avant et après la naissance du Christ. Mais encore qu’elle soit vierge  pendant la naissance même de Jésus. Cette troisième virginité, c’est le plus incroyable, le plus mystérieux. C’est un deuxième miracle. En effet, la virginité perpétuelle de Marie implique aussi la  naissance du Christ sans défloration. C’est ce que dit très bien une oraison à la messe en l’honneur de Marie qui s’adresse au Christ: “O Christ, toi dont la naissance n’a pas altéré mais consacré la virginité de ta Mère.” Profond mystère que la virginité perpétuelle de Marie.
On est en droit de s’interroger sur sa signification. Cette virginité totale, est-ce le signe que la sexualité et la sainteté sont incompatibles ? La virginité ne met nullement en cause la sexualité humaine comme si elle était mauvaise. L’important, c’est le Christ.
La virginité même dans l’enfantement consacre définitivement la divinité du Christ. En effet, le fait que Marie soit totalement vierge manifeste totalement la divinité de Jésus. Puisque la conception et la naissance de Jésus sont virginales, et donc miraculeuses, alors Jésus ne peut pas venir de ce monde. Vraiment le Christ « n’est pas d’abord né de la chair et du sang mais de Dieu ». Il est « Dieu né de Dieu, lumière né de la lumière ». On comprend dès lors que la virginité perpétuelle de Marie n’est pas pour Marie, elle est pour le Christ. Elle signale cette vérité inimaginable, celle de l’irruption de l’éternité dans le temps. Nous sommes décidément loin d’une vision soit disant négative de la chair.


En résumé disons ceci : 1/ la virginité de Marie est un signe hyper fort de la divinité de Jésus. 2/ la virginité perpétuelle de Marie est l’expression d’une totale consécration de Marie à son fils et à sa mission.

frère Marie-Ollivier Guillou

Le frère Marie-Ollivier Guillou est dominicain depuis 10 ans. Professeur de théologie et aumônier militaire, il partage son temps entre l’enseignement, la prédication de retraite, et la mission auprès des marins d’état. Il a publié plusieurs ouvrages consacrés à la théologie et la spiritualité.

Carlos Acutis, un futur saint en jeans et basket…

Depuis le 30 septembre, le corps du vénérable Carlo Acutis, jeune adolescent de 15 ans mort d’une leucémie en 2006, est exposé à la vénération. Jusqu’au 17 octobre, les pèlerins pourront se presser dans le Sanctuaire de la spoliation d’Assise pour vénérer ce futur bienheureux du 21ème siècle.

Biographie

Carlo Acutis meurt très jeune, à 15 ans, à cause d’une leucémie foudroyante, en laissant chez tous ceux qui l’ont connu un sentiment de grand vide et une profonde admiration pour ce que fut son témoignage d’une vie authentiquement chrétienne, brève mais intense. Depuis qu’il a reçu la Première Communion, à l’âge de 7 ans, il n’a jamais manqué le rendez-vous quotidien à la messe. Il cherchait toujours, avant ou après la célébration eucharistique, à prier devant le Tabernacle pour adorer le Seigneur réellement présent dans le Saint Sacrement. La Vierge était sa grande confidente et il ne manquait jamais de l’honorer en récitant chaque jour le chapelet. La modernité et l’actualité de Carlo se conjuguaient parfaitement avec sa profonde vie eucharistique et avec sa dévotion mariale, qui ont contribué à faire de lui ce garçon tout à fait spécial, au point d’être admiré et aimé de tous.

Citons les paroles de Carlo : « Notre objectif doit être l’infini, non pas le fini. L’Infini est notre Patrie. Depuis toujours nous sommes attendus au Ciel ». La phrase qu’il aimait dire : « Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies ». Pour s’orienter vers cet Objectif et ne pas « mourir comme des photocopies », Carlo disait que notre Boussole devait être la Parole de Dieu, à laquelle nous devons constamment nous confronter. Mais, pour un Objectif aussi élevé, il faut des Moyens très spéciaux : les sacrements et la prière. En particulier, Carlo mettait au centre de sa vie le sacrement de l’Eucharistie qu’il appelait « mon autoroute vers le Ciel ».

Carlo était très doué pour tout ce qui se rapportait au monde de l’informatique si bien qu’autant ses amis que les adultes diplômés en informatique le considéraient comme un génie. Tous étaient stupéfaits de sa capacité à comprendre les secrets que recèle l’informatique et qui ne sont normalement accessibles qu’à ceux qui ont fait des études universitaires. Les intérêts de Carlo allaient de la programmation des ordinateurs au montage des films en passant par la création des sites internet, sans parler de la rédaction et de la mise en page, jusqu’à faire du volontariat pour les plus nécessiteux, avec les enfants et avec les personnes âgées.

​En somme, ce jeune fidèle du diocèse de Milan était un mystère. Avant de mourir, il fut capable d’offrir ses souffrances pour le Pape et pour l’Église.

« Être toujours uni à Jésus, voilà mon programme de vie ». Par ces quelques mots, Carlo Acutis, ce garçon mort de leucémie, définit le trait distinctif de sa brève existence : vivre avec Jésus, pour Jésus, en Jésus. (…) « Je suis content de mourir car j’ai vécu ma vie sans négliger une seule minute en choses qui ne plaisent pas à Dieu ». À nous aussi, Carlo demande la même chose : il nous demande de raconter l’Évangile par notre vie, afin que chacun de nous puisse être un phare qui éclaire le chemin des autres.

Son tombeau à Assises

« Pour la première fois dans l’histoire, vous verrez un homme béni vêtu d’un jean, de baskets et d’un sweat-shirt », s’est réjoui Mgr Sorrentino, évêque d’Assise, lors de la messe consacrant l’ouverture de la tombe du futur bienheureux le 1er octobre. Pour la toute première fois, (..) nous pouvons percevoir que la sainteté n’est pas une chose lointaine, mais à la portée de tous », a-t-il insisté. 

Béatifié le 10 octobre

Dans moins d’une dizaine de jour, le 10 octobre prochain, le geek de Dieu, dont la vie courte mais intense a bouleversé sa famille et ses amis, sera inscrit au registre des bienheureux. Carlo, a relevé le prélat italien, rappelle aux chrétiens que « le Ciel et la terre se touchent, ils s’entremêlent ». Le jeune Italien était « avide de Ciel au point que dans l’Eucharistie il avait trouvé son autoroute ». En mémoire du futur bienheureux, qui aimait les pauvres comme saint François, le prélat a enfin expliqué qu’une cantine pour les plus démunis devrait être inaugurée par le sanctuaire.

Prévue le 10 octobre prochain, la cérémonie de béatification devrait rassembler plus de 3.000 pèlerins