Votre enfant prépare sa première communion ? Aidez-le à votre façon !–

L’exemplarité, aller à l’adoration, regarder des dessins animés sur l’Eucharistie, offrir un livre… Voici des suggestions concrètes pour aider un enfant à préparer sa première communion.

Cecilia Pigg – publié le 16/04/24

Les premières communions approchent à grands pas et peut-être que cette année, votre enfant sera concerné par cette grande fête où il recevra le corps du Christ pour la première fois. Vous souhaitez tout préparer dans les moindres détails, mais encore plus, vous souhaitez préparer son cœur à ce grand évènement, pour que cette journée reste gravée dans sa mémoire à jamais. Comment le préparer au mieux ? Voici quelques idées.

1. L’EXEMPLARITÉ 

Votre exemple est le moyen le plus convaincant de montrer à votre enfant l’importance de l’Eucharistie. Si l’enfant comprend que pour vous, aller à la messe et recevoir Jésus est fondamental, ce le sera pour lui aussi. Allez donc à la messe ensemble, parlez-lui de l’Eucharistie, de comment Jésus est véritablement présent dans le Saint Sacrement et de ce que cela signifie pour vous. Partagez aussi les souvenirs de votre propre première communion et expliquez-lui également ce que vous auriez aimé savoir à l’époque.

2. L’ADORATION

Pensez également à aller à l’adoration ensemble. Trouvez une chapelle où le Saint Sacrement est exposé et où vous pourrez adorer ensemble, ou une adoration animée dans le cadre d’un groupe de prière. Passer du temps devant Jésus Eucharistie transforme toute vie. Expliquez aussi à votre enfant votre expérience personnelle, transmettez-lui à quel point l’adoration est importante dans votre vie et à quel point elle est désirable pour vous. Aidez votre enfant à avoir une relation personnelle avec le Seigneur, véritablement présent devant Lui, dans le Saint Sacrement.   

3. DES DESSINS ANIMÉS 

Vous pouvez aussi regarder des dessins animés sur l’Eucharistie. Dans la catéchèse de Frère François, disponible sur le site de Saje, plusieurs épisodes comme celui sur la communion (ép. n°3) et celui sur la messe (ép. n° 2) expliquent ce sacrement avec des mots simples et sont un excellent moyen de préparer son enfant à la première communion. Vous pouvez également visionner en famille Le Grand Miracle, un dessin animé qui raconte l’histoire de trois personnes, conduites mystérieusement par leur ange gardien à la messe, et qui vivront la liturgie comme jamais auparavant.

4. DES LIVRES DÉDIÉS

De nombreux saints concevaient un amour particulier pour l’Eucharistie. Raconter la vie ou offrir des livres sur lex bienheureux Imelda Lambertini, Joan Roig Diggle ou encore Carlo Acutis est une bonne manière de sensibiliser un enfant sur le mystère de l’eucharistie. D’autres livres sont spécialement conçus pour accompagner un enfant qui se prépare à la première communion. Le livre de ma communion, récemment édité chez Mame, aide à comprendre ce que signifie être ami avec Jésus, et comment faire grandir sa relation avec lui. Le jour de ma première communion (Mame) rassemble les réponses de Benoît XVI à des questions d’enfants sur la communion. Enfin, les amateurs de mangas se laisseront séduire par Miko et les 5 trésors de la communion (Mame), et découvriront ainsi tous les trésors que recèle la communion.

L’enseignement privé est-il malmené ?

Affaire Oudéa-Castéra, mise en place de groupes de niveau sauf dans le privé, contrôle du financement, mixité sociale… Les polémiques qui visent l’enseignement catholique se multiplient ces derniers mois. À tel point que le secrétaire général de l’Enseignement catholique a pris la parole pour défendre un modèle d’éducation malmené, parce que mal compris.

Anne-Sophie Retailleau – publié le 29/02/24

Un mois après le tourbillon médiatique autour de l’affaire du lycée parisien Stanislas, l’Enseignement catholique sort enfin du silence. Son secrétaire général, Philippe Delorme, s’est exprimé dans deux entretiens accordés à Ouest-France et au Monde, ce mardi 27 février. Il est revenu sur les polémiques qui ont secoué l’enseignement privé sous contrat, dont 95% des établissements sont catholiques. « L’Enseignement catholique a été caricaturé », a-t-il déclaré à Ouest-France, faisant référence à la polémique du lycée Stanislas. Un feuilleton médiatique de plusieurs semaines qui aura finalement conduit la ministre de l’Éducation, fraîchement nommée, à quitter la rue de Grenelle. Le 15 janvier dernier, alors que cette dernière déclenche une tempête en justifiant maladroitement la scolarisation de ses enfants au Collège Stanislas, Mediapart publie le contenu d’un rapport d’inspection présenté comme accablant pour l’établissement parisien. Taxé d’élitisme, accusé de « sexisme », de « propos homophobes » ou encore de discours « anti-IVG », Stanislas devient en quelques jours le symbole des dérives idéologiques et financières supposées de l’enseignement privé.

La cristallisation d’une méfiance

Car l’affaire Stanislas a en réalité cristallisé la méfiance grandissante et un sentiment de suspicion d’une partie de la classe politique et médiatique à l’égard de l’enseignement catholique. Un procès injuste pour Philippe Delorme qui, sans nier l’existence de dysfonctionnements à la marge, dénonce « les généralisations » appliquées à un enseignement catholique « mal compris ». A propos de Stanislas, « la conclusion du rapport académique, c’est qu’il n’y a ni dérive homophobe, ni sexiste ou autoritaire, comme cela a pu être écrit », insiste-t-il auprès de Ouest-France. Mais la méfiance est telle que certains ne s’embarrassent même plus du respect de la loi, à l’instar de la Ville de Paris, qui dans la foulée de la publication du rapport par Mediapart, n’avait pas hésité à suspendre ses subventions à Stanislas, pourtant d’obligation légale. 

Au-delà de l’affaire de l’établissement parisien, l’enseignement privé est fréquemment pointé du doigt, accusé d’être élitiste et riche. En mai 2023, l’Enseignement catholique a ainsi signé un protocole d’accord avec l’Etat sur la mixité sociale et scolaire, à la demande du ministre de l’époque, Pap Ndiaye. Non contraignant, il est censé encourager les établissements privés à augmenter la part des élèves boursiers dans leurs effectifs, et à proposer des frais d’inscription proportionnels aux revenus des familles. Pour Philippe Delorme, cette vision d’une école privée riche et bourgeoise est totalement erronée. « Les réalités ne sont pas les mêmes d’un territoire à l’autre, explique-t-il. La Bretagne, où près de 40 % des élèves sont scolarisés dans le privé, ce n’est pas la région parisienne avec, c’est vrai, quelques établissements huppés. Il y a une plus grande mixité sociale dans nos établissements de l’Ouest. » Dénonçant par ailleurs l’idée fausse selon laquelle l’Enseignement catholique serait très riche, il assure au contraire que ses moyens financiers sont faibles. Car si l’enseignement privé est financé à hauteur de 75% par des fonds publics, le reste est en partie à la charge des familles qui ne bénéficient pas des mêmes aides que celles dont les enfants sont scolarisés dans le public.

Une guerre scolaire ? 

Autre signal de méfiance envoyé à l’enseignement privé, la publication prochaine d’un rapport parlementaire sur le contrôle des subventions à l’école privée est attendue en mars. Co-rapporteur de cette mission d’information sur le financement public de l’enseignement privé sous contrat, le député La France Insoumise (LFI) Paul Vannier, s’est d’ores et déjà félicité de « la fin d’une omerta politique qui aura duré près de quarante ans »… 

Privilégiée, bourgeoise, élitiste… Mais d’où viennent ces conceptions peu flatteuses de l’école privée ? Faudrait-il parler de « guerre scolaire », que disent observer certains ? Philippe Delorme réfute quant à lui cette expression.  « Régulièrement, depuis la loi Debré de 1959 [qui garantit l’existence de l’école privée, ndlr], l’enseignement catholique est attaqué. Certains n’acceptent pas notre existence, tout simplement », considère-t-il. Mais pour la majorité, le malentendu vient de ce que l’enseignement privé est « mal compris ». « Certains pensent que notre association avec l’Etat devrait nous obliger à faire les mêmes choses que le public. Mais c’est bien pour être différents que nous existons, explique Philippe Delorme. Cela ne veut pas dire qu’on ne respecte pas les règles ou les programmes. »

Mêmes règles et mêmes programmes. Tout comme l’enseignement public, l’école privée doit aussi appliquer les réformes de l’Éducation nationale. Mais la dernière réforme initiée par Gabriel Attal sur la création des groupes de niveau pourrait ne pas être pleinement appliquée dans l’enseignement privé. Cette réforme prévoit que les élèves de 6e et de 5e seront regroupés selon leur niveau pour les cours de maths et de français. Elle nécessite plus d’enseignants, en raison de la nécessité d’avoir des classes aux effectifs réduits pour les niveaux plus faibles. Qui dit réforme, dit aussi moyens pour l’appliquer, et dans ce cas, l’État a d’ores et déjà donné des enveloppes à plusieurs académies pour leur permettre de recruter des enseignants. Problème : dans la distribution des dotations, l’État semble avoir laissé l’école privée sur le banc. Pour appliquer la réforme, elle ne pourra compter que sur 370 emplois en plus. Soit quasiment rien. « L’enseignement catholique n’a reçu aucun moyen supplémentaire pour la mise en place [de la réforme], sous prétexte que nous accueillons des élèves moins défavorisés que dans le public. Seule la suppression d’une heure de cours en sixième nous permet de récupérer 370 emplois ». Ce préjugé risque donc de rendre impossible la mise en œuvre des mesures annoncées en décembre dans les écoles privées, qui accueillent pourtant pas moins de 20% des élèves français. 

Article tiré de ALETEIA

Prions pour la famille

ONU : Débats autour du statut de la famille Les pays pauvres défendent l’héritage de saint Jean-Paul II FÉVRIER 22, 2024

New York, 19 février 2024

Les États membres de l’ONU ont célébré le 30e anniversaire de l’Année internationale de la famille, mais dans une résolution adoptée par la Commission annuelle du développement social de l’ONU, les pays du Sud se sont opposés aux pays du Nord sur le langage de la famille. La résolution réaffirme les accords antérieurs déclarant que la famille est « l’élément naturel et fondamental de la société », une définition qui fait référence au mariage entre un homme et une femme en tant que fondement de la société. « Comme indiqué il y a plus de trente ans dans la première résolution sur l’Année internationale de la famille (résolution 44/82), l’objectif de cette célébration était de sensibiliser les gouvernements, les décideurs politiques et le public à la famille en tant qu’unité naturelle et fondamentale de la société. Aujourd’hui, des forces puissantes tentent activement d’effacer cette prise de conscience », a déclaré un délégué du Nigeria. « Je tiens à souligner que toute référence à la famille et à la politique familiale dans cette résolution doit être comprise en fonction de cet objectif », a-t-il insisté, soulignant que les efforts visant à s’opposer à la famille naturelle fondée sur le mariage entre un homme et une femme vont à l’encontre de ce que les accords des Nations Unies et le droit international contraignant disent depuis longtemps au sujet de la famille. Au cours de la deuxième semaine de février, des représentants de l’Union européenne et d’autres pays occidentaux avaient demandé la reconnaissance de « diverses formes de famille » ou la suppression des références à la famille dans la résolution. En réponse, la délégation du Saint-Siège s’est dite « profondément préoccupée par le fait que la famille est de plus en plus minimisée, voire dénigrée, dans les forums internationaux », dans une déclaration officielle. À l’issue de la réunion de la commission, un délégué du Saint-Siège a remercié la commission d’avoir dûment reconnu l’anniversaire dans la résolution et a appelé les pays à travailler ensemble pour promouvoir les politiques familiales dans les années à venir. L’Année internationale de la famille, instituée en 1989 et célébrée pour la première fois en 1994, est l’une des nombreuses initiatives en faveur de la famille lancées par saint Jean-Paul II et le Synode du Vatican sur la famille de 1980. Les enseignements de Jean-Paul II ont incité toute une génération d’universitaires et d’hommes politiques catholiques à promouvoir des politiques favorables à la famille. L’intérêt particulier du Saint-Siège pour la politique familiale a été relayé
par des délégations du monde entier, particulièrement en Afrique. Un délégué du Cameroun, s’exprimant au nom des 54 États membres du groupe africain, a déclaré : « Le point de vue du groupe africain est que le caractère central et indispensable de la famille en Afrique en tant qu’unité fondamentale de la société
doit être renforcé et protégé afin qu’elle puisse jouer un rôle important. » Les mêmes pays traditionnels qui ont salué la reconnaissance de l’Année internationale de la famille dans la résolution se sont plaints des tentatives visant à imposer la reconnaissance des questions liées à l’homosexualité et au transgenre au cours des négociations. « Ma délégation reste préoccupée par la tentative de plusieurs délégations d’imposer un langage et des références qui ne correspondent à aucune réalité avec laquelle nous pourrions travailler au niveau national », a déclaré un délégué de l’Égypte. Il a ajouté qu’il était « vraiment
regrettable » que les délégations occidentales se soient autant concentrées sur les « formes intersectionnelles de discrimination » (faisant par là référence aux questions relatives aux homosexuels et aux transsexuels) plutôt que sur des questions faisant l’objet d’un large consensus. Le délégué égyptien a mis en cause la délégation américaine. Le délégué américain s’est plaint que la résolution comprenait une mention sur le « droit au développement » et a déclaré que les résolutions de l’ONU n’étant pas contraignantes, elles ne modifiaient pas le droit international. « Je me demande pourquoi nous siégeons dans ce contexte pour négocier le langage que nous adopterons » a répondu le délégué égyptien. Le
Qatar, la Malaisie, la Libye, l’Iran, Djibouti, le Nigeria, le Mali et le Sénégal partagent les réticences de l’Égypte à l’égard des « formes intersectionnelles de discrimination ».

Est- ce que j’accepte de me convertir ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5, 27-32

En ce temps-là, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait. Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »

— Acclamons la Parole de Dieu.

Méditons

Cet évangile nous montre que Jésus n’exclut pas les pécheurs. Et notre Église est appelée à faire de même, n’exclure personne. Mais comme le Christ qui a le courage d’appeler à la conversion, peut-elle le faire aujourd’hui dans le contexte actuel ? C’est de ce courage qu’elle a besoin.
Nous sommes tous appelés à faire des ruptures comme Matthieu. Il profitait certainement de l’argent détourné mais a accepté de rompre avec cette pratique pour suivre le Christ. Le péché parfois nous profit quand nous tirons tel plaisir ou avantage et il n’est pas aisé de toujours rompre. C’est un choix à faire pour ou contre Dieu. Puisse ce temps de carême nous aider à travers nos prières et nos efforts à opérer les ruptures qui s’imposent pour devenir véritablement disciples.

 « À travers le désert Dieu nous guide vers la liberté ».

Message du Saint-Père pour le Carême 2024 

Chers frères et sœurs !

Lorsque notre Dieu se révèle, il communique la liberté : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage » (Ex 20, 2). C’est ainsi que s’ouvre le Décalogue donné à Moïse sur le mont Sinaï. Le peuple sait bien de quel exode Dieu parle : l’expérience de l’esclavage est encore gravée dans sa chair. Il reçoit les dix consignes dans le désert comme un chemin vers la liberté. Nous les appelons « commandements », pour souligner la force de l’amour avec lequel Dieu éduque son peuple. Il s’agit en effet d’un appel vigoureux à la liberté. Il ne se réduit pas à un seul événement, car il mûrit au cours d’un cheminement. De même qu’Israël dans le désert conserve encore en lui l’Égypte – en fait, il regrette souvent le passé et murmure contre le ciel et contre Moïse – de la même façon, aujourd’hui, le peuple de Dieu garde en lui des liens contraignants qu’il doit choisir d’abandonner. Nous nous en rendons compte lorsque nous manquons d’espérance et que nous errons dans la vie comme sur une lande désolée, sans terre promise vers laquelle tendre ensemble. Le Carême est le temps de la grâce durant lequel le désert redevient – comme l’annonce le prophète Osée – le lieu du premier amour (cf. Os 2, 16-17). Dieu éduque son peuple pour qu’il sorte de l’esclavage et expérimente le passage de la mort à la vie. Comme un époux, il nous ramène à lui et murmure à notre cœur des paroles d’amour.

L’exode de l’esclavage vers la liberté n’est pas un chemin abstrait. Pour que notre Carême soit aussi concret, la première démarche est de vouloir voir la réalité. Lorsque, dans le buisson ardent, le Seigneur attira Moïse et lui parla, il se révéla immédiatement comme un Dieu qui voit et surtout qui écoute : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel » (Ex 3, 7-8). Aujourd’hui encore, le cri de tant de frères et sœurs opprimés parvient au ciel. Posons-nous la question : est-ce qu’il nous parvient à nous aussi ? Nous ébranle-t-il ? Nous émeut-il ? De nombreux facteurs nous éloignent les uns des autres, en bafouant la fraternité qui, à l’origine, nous liait les uns aux autres.

Lors de mon voyage à Lampedusa, j’ai opposé à la mondialisation de l’indifférence deux questions de plus en plus actuelles : « Où es-tu ? » (Gn 3, 9) et « Où est ton frère ? » (Gn 4, 9). Le parcours de Carême sera concret si, en les écoutant à nouveau, nous reconnaissons que nous sommes encore sous la domination du Pharaon. Une domination qui nous épuise et nous rend insensibles. C’est un modèle de croissance qui nous divise et nous vole l’avenir. La terre, l’air et l’eau en sont pollués, mais les âmes sont elles aussi contaminées. En effet, bien que notre libération ait commencé avec le baptême, il subsiste en nous une inexplicable nostalgie de l’esclavage. C’est comme une attirance vers la sécurité du déjà vu, au détriment de la liberté.

Je voudrais souligner, dans le récit de l’Exode, un détail qui n’est pas sans importance : c’est Dieu qui voit, qui s’émeut et qui libère, ce n’est pas Israël qui le demande. Le Pharaon, en effet, anéantit même les rêves, vole le ciel, fait apparaître comme immuable un monde où la dignité est bafouée et où les relations authentiques sont déniées. En un mot, il réussit à enchaîner à lui-même. Posons-nous la question : est-ce que je désire un monde nouveau ? Suis-je prêt à me libérer des compromis avec l’ancien ? Le témoignage de nombreux frères évêques et d’un grand nombre d’artisans de paix et de justice me convainc de plus en plus à devoir dénoncer un défaut d’espérance. Il s’agit d’un obstacle au rêve, d’un cri muet qui monte jusqu’au ciel et touche le cœur de Dieu et ressemble à ce regret de l’esclavage qui paralyse Israël dans le désert, en l’empêchant d’avancer. L’exode peut prendre fin : autrement, on ne pourrait pas expliquer pourquoi une humanité qui a atteint le seuil de la fraternité universelle et des niveaux de développement scientifique, technique, culturel et juridique capables d’assurer la dignité de tous, tâtonne dans l’obscurité des inégalités et des conflits.

Dieu ne s’est pas lassé de nous. Accueillons le Carême comme le temps fort durant lequel sa Parole s’adresse de nouveau à nous : «  Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage » (Ex 20, 2). C’est un temps de conversion, un temps de liberté. Jésus lui-même, comme nous le rappelons chaque année à l’occasion du premier dimanche de Carême, a été conduit par l’Esprit au désert pour être éprouvé dans sa liberté. Pendant quarante jours, il sera devant nous et avec nous : il est le Fils incarné. Contrairement au Pharaon, Dieu ne veut pas des sujets, mais des fils. Le désert est l’espace dans lequel notre liberté peut mûrir en une décision personnelle de ne pas retomber dans l’esclavage. Pendant le Carême, nous trouvons de nouveaux critères de jugement et une communauté avec laquelle nous engager sur une route que nous n’avons jamais parcourue auparavant.

Cela implique une lutte : le livre de l’Exode et les tentations de Jésus dans le désert nous le disent clairement. À la voix de Dieu, qui dit : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » (Mc 1, 11) et « Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi » (Ex 20, 3), s’opposent en effet les mensonges de l’ennemi. Les idoles sont plus redoutables que le Pharaon : nous pourrions les considérer comme sa voix en nous. Pouvoir tout faire, être reconnu par tous, avoir le dessus sur tout le monde : chaque être humain ressent en lui la séduction de ce mensonge. C’est une vieille habitude. Nous pouvons nous accrocher ainsi à l’argent, à certains projets, à des idées, à des objectifs, à notre position, à une tradition, voire à certaines personnes. Au lieu de nous faire avancer, elles nous paralyseront. Au lieu de nous rapprocher, elles nous opposeront. Mais il y a une nouvelle humanité, le peuple des petits et des humbles qui n’a pas succombé à l’attrait du mensonge. Alors que les idoles rendent muets, aveugles, sourds, ou immobiles ceux qui les servent (cf. Ps 114, 4), les pauvres en esprit sont immédiatement ouverts et prêts : une silencieuse force de bien qui guérit et soutient le monde.

Il est temps d’agir, et durant le Carêmeagir c’est aussi s’arrêter. S’arrêter en prièrepour accueillir la Parole de Dieu, et s’arrêter comme le Samaritainen présence du frère blessé. L’amour de Dieu et du prochain est un unique amour. Ne pas avoir d’autres dieux, c’est s’arrêter en présence de Dieu, devant la chair de son prochain. C’est pourquoi la prière, l’aumône et le jeûne ne sont pas trois exercices indépendants, mais un seul mouvement d’ouverture, de libération : finies les idoles qui nous alourdissent, finis les attachements qui nous emprisonnent. C’est alors que le cœur atrophié et isolé s’éveillera. Alors, ralentir et s’arrêter. La dimension contemplative de la vie, que le Carême nous fera ainsi redécouvrir, mobilisera de nouvelles énergies. En présence de Dieu, nous devenons des frères et des sœurs, nous percevons les autres avec une intensité nouvelle : au lieu de menaces et d’ennemis, nous trouvons des compagnons et des compagnes de route. C’est le rêve de Dieu, la terre promise vers laquelle nous tendons une fois sortis de l’esclavage.

La forme synodale de l’Église, que nous redécouvrons et cultivons ces dernières années, suggère que le Carême soit aussi un temps de décisions communautaires, de petits et de grands choix à contre-courant, capables de changer la vie quotidienne des personnes et la vie d’un quartier : les habitudes d’achat, le soin de la création, l’inclusion de celui qui n’est pas visible ou de celui qui est méprisé. J’invite chaque communauté chrétienne à faire cela : offrir à ses fidèles des moments pour repenser leur style de vie ; se donner du temps pour vérifier leur présence dans le quartier et leur contribution à le rendre meilleur. Quel malheur si la pénitence chrétienne ressemblait à celle qui attristait Jésus. À nous aussi, il dit : « Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent » (Mt 6, 16). Au contraire, que l’on voie la joie sur les visages, que l’on sente le parfum de la liberté, qu’on libère cet amour qui fait toutes choses nouvelles, en commençant par les plus petites et les plus proches. Cela peut se produire dans chaque communauté chrétienne.

Dans la mesure où ce Carême sera un Carême de conversion, alors l’humanité égarée éprouvera un sursaut de créativité : l’aube d’une nouvelle espérance. Je voudrais vous dire, comme aux jeunes que j’ai rencontrés à Lisbonne l’été dernier : « Cherchez et risquez, cherchez et risquez. À ce tournant de l’histoire, les défis sont énormes, les gémissements douloureux. Nous assistons à une troisième guerre mondiale par morceaux. Prenons le risque de penser que nous ne sommes pas dans une agonie, mais au contraire dans un enfantement ; non pas à la fin, mais au début d’un grand spectacle. Il faut du courage pour penser cela » ( Rencontre avec les jeunes universitaires, 3 août 2023). C’est le courage de la conversion, de la délivrance de l’esclavage. La foi et la charité tiennent la main de cette « petite fille espérance ». Elles lui apprennent à marcher et elle, en même temps, les tire en avant [1].

Je vous bénis tous ainsi que votre cheminement de Carême.

Rome, Saint-Jean-de-Latran, le 3 décembre 2023, 1er dimanche de l’Avent.

FRANÇOIS

François: L’Église n’a pas assez écouté la voix des femmes

Nous publions la préface du Pape François au livre «Démasquer l’Église?», une confrontation critique au livre «Principes» de Hans Urs von Balthasar (Edizioni Paoline) paru ces derniers jours. Le volume rassemble les interventions de trois théologiens, la religieuse salésienne Linda Pocher, Lucia Vantini et don Luca Castiglioni, qui ont participé à la réunion du Conseil des cardinaux des 6 fet 7 février afin de réfléchir sur le rôle des femmes dans l’Église.

Pape François

La présence et la contribution des femmes à la vie et à la croissance des communautés ecclésiales par la prière, la réflexion et l’action sont des réalités qui ont toujours enrichi l’Église, et qui constituent même son identité. Pourtant, nous nous sommes rendu compte, en particulier au cours de la préparation et de la célébration du Synode, que nous n’avons pas suffisamment écouté la voix des femmes dans l’Église et que l’Église a encore beaucoup à apprendre d’elles.

Nous devons nous écouter les uns les autres pour «démasculiniser» l’Église, car l’Église est une communion d’hommes et de femmes qui partagent la même foi et la même dignité baptismale. En écoutant vraiment les femmes, nous, les hommes, écoutons quelqu’un qui voit la réalité sous un angle différent et nous sommes ainsi amenés à revoir nos projets, nos priorités. Parfois, nous sommes déconcertés. Parfois, ce que nous entendons est si nouveau, si différent de notre façon de penser et de voir, que cela semble absurde et que nous nous sentons intimidés. Mais cette perplexité est saine, elle nous fait grandir.

Il faut de la patience, du respect mutuel, de l’écoute et de l’ouverture pour vraiment apprendre les uns des autres et avancer comme un seul peuple de Dieu, riche de ses différences, mais marchant ensemble.

C’est précisément pour cette raison que j’ai voulu demander à une femme, une théologienne, de proposer au Conseil des cardinaux un chemin de réflexion sur la présence et le rôle des femmes dans l’Église. Le point de départ de ce parcours est la réflexion de Hans Urs von Balthasar sur les principes marial et pétrinien dans l’Église, une réflexion qui a inspiré le magistère des derniers pontificats dans l’effort de comprendre et de valoriser la présence ecclésiale différente des hommes et des femmes.

Le point d’arrivée, cependant, est entre les mains de Dieu. Prions l’Esprit de nous éclairer et de nous aider à comprendre, à trouver un langage et une pensée efficaces pour nous adresser aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui, dans l’Église et dans le monde, afin que grandissent la conscience de la réciprocité et la pratique de la collaboration entre hommes et femmes.

Je me réjouis qu’à travers cette publication, les réflexions que Lucia Vantini, Luca Castiglioni et Linda Pocher ont offert au Conseil des cardinaux puissent être mises à la disposition de ceux qui souhaitent participer au dialogue synodal et approfondir le thème des relations ecclésiales entre les hommes et les femmes, qui me tient particulièrement à cœur. Il s’agit de réflexions qui tendent à ouvrir plutôt qu’à fermer, qui provoquent la réflexion, invitent à chercher, aident à prier.

C’est ce que je souhaite à ce stade du processus synodal: que nous ne nous lassions pas de marcher ensemble, parce que ce n’est qu’en marchant que nous sommes ce que nous devons être, le corps vivant du Ressuscité en marche, allant à la rencontre de nos frères et sœurs, sans peur, dans les rues du monde. Que Marie, mère de la foi, nous accompagne sur ce chemin !

Cité du Vatican, 8 décembre 202

Traduction de la version originale en italien

Intelligence artificielle : le cri d’alerte du pape François contre un « nouvel esclavage »

 « C’est à l’homme de décider s’il veut devenir la nourriture des algorithmes ou nourrir son cœur de liberté« , a déclaré le pape François dans son message pour la 58e Journée mondiale des communications sociales, célébrée le 24 janvier. Dans une longue réflexion sur l’intelligence artificielle et ses effets sur la communication et la société, il met en garde contre le « spectre d’un nouvel esclavage » et contre la « possibilité que quelques-uns conditionnent la pensée de tous ».

Le 1er janvier dernier, dans son message pour la Journée mondiale de la paix, le pontife s’était déjà attaqué à la problématique de l’intelligence artificielle, exhortant les gouvernements à réguler son utilisation au niveau international par le biais d’un traité. Tout en renouvelant cet appel, il affirme que « la réglementation ne suffit pas » dans un nouveau texte de quatre pages, publié en cette solennité de la Saint François de Sales, patron des journalistes et des communicants.

Dans cette méditation philosophique, le Pape note que la « diffusion accélérée » d’inventions rattachées à l’intelligence artificielle est en train de modifier radicalement l’information et la communication et, à travers elles, « certains des fondements de la cohabitation civile« . Il insiste sur le fait que ce changement « touche tout le monde« , en ce qu’il concerne l’avenir de l’humanité et sa nature même.

Le Pape met cependant en garde contre les « effets paralysants » qu’une lecture catastrophiste du phénomène pourrait entraîner. Il invite donc à ne pas se « raidir contre le nouveau« , mais plutôt à « orienter dans le bon sens la mutation culturelle en cours« .

Notre époque, estime le pape François, est « riche en technique et pauvre en humanité« , et pourtant la réflexion sur l’intelligence artificielle doit partir « du cœur de l’homme« . Contrairement aux machines, cette « sagesse du cœur« , inspirée par « l’Esprit saint », permet de « tisser ensemble le tout et les parties, les décisions et les conséquences, les hauteurs et les fragilités, le passé et l’avenir, le ‘je’ et le ‘nous’ », insiste-t-il.

François reconnaît la supériorité des technologies d’apprentissage automatique sur le plan de la mémorisation des données et leur traitement, « mais c’est à l’homme et à lui seul qu’il revient d’en décrypter le sens« , assure-t-il. Et, prévient-il, « il ne s’agit pas d’exiger que les machines semblent humaines« .

« Les algorithmes ne sont pas neutres »

Le Pape met en garde contre « l’hypnose » de l’homme, critiquant « son délire de toute-puissance » quand il essaye « de surmonter sa vulnérabilité par tous les moyens« . Cette « tentation originaire de devenir Dieu sans Dieu« , que le Pape relie au récit de la Genèse, consiste à « vouloir conquérir par ses propres forces ce qui devrait au contraire être accueilli comme un don de Dieu« .

« Les algorithmes ne sont pas neutres« , insiste le successeur de Pierre qui juge important de pouvoir les « comprendre, appréhender et réguler » pour ne pas courir le risque de les voir tomber « entre de mauvaises mains« . Il alerte en particulier sur le risque de « pollution cognitive » que permet l’intelligence artificielle dans le domaine de la communication et de la presse.

Car ces technologies permettent aux hommes de « communiquer dans des langues qui leur sont inconnues », mais peuvent aussi faciliter la désinformation avec de « fausses nouvelles » – ou des « hyper trucages » audio ou visuels. Le Pape confie d’ailleurs avoir été l’objet de ces images trompeuses – deep fake – générées par l’IA.

Le Pape met aussi en garde contre le phénomène des « chambres d’écho« , un mécanisme qui enferme les personnes dans un « marécage anonyme, au service des intérêts du marché ou du pouvoir » en ne lui donnant accès qu’à une information stéréotypée. « Il n’est pas acceptable que l’utilisation de l’intelligence artificielle conduise à une pensée anonyme, à un assemblage de données non certifiées, à une déresponsabilisation éditoriale collective« , insiste-t-il. Il avertit que l’absence de réaction face à ces réalités fait planer le « spectre d’un nouvel esclavage » en ouvrant à la « possibilité que quelques-uns conditionnent la pensée de tous« .

L’information est relation

Le Pape insiste sur le fait que l’information ne doit pas être coupée de sa dimension « relationnelle » qui « implique le corps, l’être dans la réalité » et doit permettre de relayer non seulement des données, mais aussi « des expériences ». Il oppose alors les effets pervers de la « guerre parallèle » de la désinformation menée par certaines entités et les « reportages de guerre » qui permettent aux personnes de « toucher la souffrance » des victimes des conflits. Il rend d’ailleurs hommage aux nombreux journalistes morts ou blessés sur le terrain.

Sans apporter de réponse définitive, le Pape conclut son texte en listant plusieurs grandes questions auxquelles doit répondre l’humanité concernant l’intelligence artificielle : la protection du professionnalisme des métiers de l’information, la responsabilisation des entreprises développant des plateformes concernant ce qu’elles y diffusent, la durabilité sur le plan écologique de cette technologie « extrêmement énergivore » et sa diffusion dans les pays en voie de développement. Le Pape demande aussi plus de transparence sur les algorithmes des plateformes et des moteurs de recherches (notamment sur la façon dont sont indexées et désindexées les données), sur les processus d’information et contre l’anonymat.

Répondre à ces questions, assure le Pape, pourrait permettre d’ « aligner même les systèmes d’intelligence artificielle sur une communication pleinement humaine« . « C’est à l’homme de décider s’il veut devenir la nourriture des algorithmes ou nourrir son cœur de liberté, sans laquelle on ne grandit pas en sagesse« , conclut-il.

Par Camille Dalmas:

Marie, la bien-aimée de la liturgie

L’année civile commence avec une solennité de la Vierge Marie, honorée le 1er janvier comme « Mère de Dieu ». Le début d’un long chapelet de fêtes consacrées à la mère de tous les croyants. Combien sont-elles, au juste ?

Valdemar de Vaux – publié le 26/01/24

Peut-on vraiment donner une réponse définitive à la question de savoir combien de fois est fêtée la Vierge Marie dans l’année liturgique ? Impossible pour l’homme, mais Dieu doit bien le savoir, lui pour qui « rien n’est impossible » (Lc 1, 37), comme le rappelle l’ange Gabriel à Marie, justement. Dans son ouvrage La Vierge Marie fêtée par l’Église, le bénédictin dom Guy Oury, qui fut moine de Solesmes, en explique treize. Plus d’une par mois, donc, même si ni mars ni avril n’honore la mère des croyants.

Pourtant, les choses ne sont pas si simples. D’abord parce que deux fêtes du Seigneur sont intimement liées à Notre-Dame. Le 2 février, fête de la « Présentation du Seigneur », fut jusqu’à la réforme conciliaire celle de la « Purification de la Vierge Marie ». Le mystère du Christ contemplé alors ne change pas, mais la primauté est accordée au Fils, bien que Marie, en offrant son nouveau-né à Dieu, offre aussi son âme « traversée d’un glaive » d’après la prophétie d’Anne. Quant au 25 mars, solennité du Seigneur commémorant l’Annonciation, il met à l’honneur l’Incarnation, qui unit les chairs filiale et maternelle. 

L’œuvre de Dieu pour l’humanité au cœur de la liturgie

Ce mystère de l’Incarnation est d’ailleurs, d’après dom Oury, ce qui permet de comprendre « la fonction capitale de Notre-Dame : Marie a mis au monde le Fils de Dieu, lui donnant un corps semblable au nôtre, tiré de sa chair virginale, et a rendu possible par là son insertion dans la famille humaine. […] Notre-Dame est donc l’assise toute première de l’édifice surnaturel que l’Église vient réaliser sur terre ; sans Marie, l’Église n’aurait pu naître, Dieu en ayant ainsi disposé. »

L’Église, dont la Vierge Marie est la figure et qui a pour acte de naissance le fiat de la « servante du Seigneur », rend donc à la mère du Sauveur le culte qui lui est dû, mais qui est toujours ordonné à Jésus lui-même, selon l’adage spirituel de saint Louis-Marie : « à Jésus, par Marie ». Du 1er janvier (Mère de Dieu) au 8 décembre (Immaculée conception), en passant par le 11 février (Notre-Dame de Lourdes), le lendemain du Sacré-Cœur (Cœur immaculé), le 31 mai (la Visitation), le 16 juillet (Notre-Dame du Mont-Carmel), le 5 août (Dédicace de sainte Marie Majeure), le 15 août (l’Assomption), le 22 août (Marie Reine), le 8 septembre (la Nativité), le 15 septembre (Notre-Dame des Douleurs), le 7 octobre (Notre-Dame du Rosaire) et le 21 novembre (Présentation de Marie au Temple), c’est l’œuvre de Dieu pour l’humanité qui est au cœur de la liturgie. 

De nombreuses apparitions de Marie

La constitution conciliaire sur la liturgie l’explicite ainsi : « En célébrant le cycle annuel des mystères du Christ, la sainte Église vénère avec un particulier amour la bienheureuse Marie, mère de Dieu, qui est unie à son Fils dans l’œuvre salutaire par un lien indissoluble ; en Marie, l’Église admire et exalte le fruit le plus excellent de la Rédemption, et, comme dans une image très pure, elle contemple avec joie ce qu’elle-même désire et espère tout entière. » (Sacrosanctum concilium, §103)

Et, si le nombre de fêtes qui honorent Notre-Dame est innombrable, c’est aussi à cause de la multitude des lieux où la Vierge est apparue, de celle des sanctuaires qui lui sont dédiés et de celle des endroits où la tradition la prie depuis des siècles entiers : du Mexique (Guadalupe, le 12 décembre) à la Terre sainte (Palestine, le 25 octobre), en passant par la Mongolie (Mozishan, le 2 août) ou le Rwanda (Kibeho, le 28 novembre). Rien qu’en France, la Mère du Sauveur est apparue dans dix-huit lieux reconnus par l’Église… terre bénie où la patronne n’est autre que Notre-Dame de l’Assomption.

Dans la vigne comme dans la vie, respect et humanité sont indispensables

À l’agenda du Pape François ce lundi 22 janvier, une rencontre avec le monde du vin italien. Le Saint-Père a livré un discours sur les valeurs du travail de la terre, inspiré de saint François d’Assise.

Vatican News

Ils étaient une centaine en salle du Consistoire devant le Pape dans la matinée du 22 janvier, tous participants à une conférence sur «L’économie de François et le monde du vin italien». Le Poverello d’Assise est justement un exemple à suivre pour ces travailleurs de la vigne et de la terre, a expliqué l’évêque de Rome tout au long de son discours.  

Œnologues, vignerons ou commerçants…. «Pour un produit de qualité, l’application des techniques industrielles et de la logique commerciale ne suffit pas, leur a dit François, la terre, la vigne, les processus de culture, de fermentation et de maturation exigent de la constance, de l’attention et de la patience.»D’ailleurs, l’Ecriture Sainte elle-même parle de ces questions, par exemple dans la Lettre de Jacques, citée par François: «Regardez le cultivateur: il attend avec constance le précieux fruit de la terre, jusqu’à ce qu’il ait reçu la première et la dernière pluie».  Ainsi, a continué le Pape, «Le respect, la persévérance, la capacité de tailler pour porter du fruit sont des messages précieux pour l’âme, qui sont bien appris des rythmes de la nature, de la vigne et du travail de la terre.»

Respect et humanité

Dans l’utilisation de la terre comme dans la gestion du travail, le respect et l’humanité sont des valeurs décisives, a continué le Saint-Père en citant Laudato si’ et invitant à considérer «l’impact causé par chaque action et chaque décision personnelle en dehors de soi.» 

Enfin, a conclu le Souverain pontife, «le vin, la terre, les compétences agricoles et l’activité entrepreneuriale sont des dons de Dieu, mais n’oublions pas que le Créateur nous les a confiés, à notre sensibilité et à notre honnêteté, afin que nous en fassions, comme le dit l’Écriture, une véritable source de joie pour « le cœur de l’homme »».