Avoir un cœur ouvert pour recevoir la nouveauté de Dieu.

Vingt et unième jour de Carême

Livre du prophète Jérémie (7, 23-28)

Ainsi parle le Seigneur : Voici l’ordre que j’ai donné à vos pères : « Écoutez ma voix : je serai votre Dieu, et vous, vous serez mon peuple ; vous suivrez tous les chemins que je vous prescris, afin que vous soyez heureux. » Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais penchants de leur cœur endurci ; ils ont tourné leur dos et non leur visage. Depuis le jour où vos pères sont sortis du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, j’ai envoyé vers vous, inlassablement, tous mes serviteurs les prophètes. Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont raidi leur nuque, ils ont été pires que leurs pères. Tu leur diras toutes ces paroles, et ils ne t’écouteront pas. Tu les appelleras, et ils ne te répondront pas. Alors, tu leur diras : « Voilà bien la nation qui n’a pas écouté la voix du Seigneur son Dieu, et n’a pas accepté de leçon ! La vérité s’est perdue, elle a disparu de leur bouche. » 

Psaume

Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur.

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le ! R

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit. R

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
où vos pères m’ont tenté et provoqué. » R

Evangile de Luc (11, 14-23)

En ce temps-là, Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et les foules furent dans l’admiration. Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. » D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges. En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous. Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement, auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. »

Méditons

Avoir un cœur ouvert pour recevoir la nouveauté de Dieu. On rencontre parfois des gens qui ont un esprit fermé et qui ne veulent rien comprendre ni rien entendre. Dieu ne peut habiter un cœur pareil. Car là où Dieu habite, sa présence change complètement les lieux et les personnes. Et puisque la nature à horreur du vide, dit-on, si son Esprit n’habite pas en nous , l’esprit mauvais prend la place de façon sournoise et nous empêtre dans toutes les occupations du monde en nous éloignant progressivement de Dieu.
On perçoit qu’on a pas le temps pour Lui et cela arrive à nous paraître normal et légitime puisqu’il faut bien vivre et de toutes les façons nous donnons du temps pour les autres. Dieu a bien sa place dans nos vies ! Le temps de carême est là pour nous rappeler qu’il faut nous rapprocher de Dieu. Il n’est point besoin de hurler ou de vivre des choses bizarres pour sentir que nous ne sommes pas avec Jésus et qu’il y a une présence maléfique. Faisons le point de tout ce qui nous occupe et évaluons la place que Dieu a dans notre vie. C’est le moment favorable pour le faire. Plus nous sommes avec Dieu plus le malin s’éloigne car il ne peut supporter la présence divine.

Ouvrons notre cœur à la Parole de Dieu et son Esprit. Que rien ne parvienne à le fermer.

L’amour du Seigneur, sans fin je le chante.

Seizième jour de carême

Lecture du deuxième livre de Samuel (7, 4-5a. 12-14a. 16)

Cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Nathan : « Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur : Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. »

Psaume

Refrain: Sa dynastie, sans fin subsistera.

L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge.
Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux. R

« Avec mon élu, j’ai fait une alliance,
j’ai juré à David, mon serviteur :
J’établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges. R

« Il me dira : Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !
Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle. » R

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (4, 13. 16-18. 22)

Frères, ce n’est pas en vertu de la Loi que la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham et à sa descendance, mais en vertu de la justice obtenue par la foi. Voilà pourquoi on devient héritier par la foi : c’est une grâce, et la promesse demeure ferme pour tous les descendants d’Abraham, non pour ceux qui se rattachent à la Loi seulement, mais pour ceux qui se rattachent aussi à la foi d’Abraham, lui qui est notre père à tous. C’est bien ce qui est écrit : J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations. Il est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas. Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations, selon cette parole : Telle sera la descendance que tu auras ! Et voilà pourquoi il lui fut accordé d’être juste.

Évangile de Matthieu (1, 16. 18-21. 24a)

Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.
Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit

Méditons

Aujourd’hui où nous fêtons saint Joseph au cœur de notre carême, méditons sur son silence. Il a su garder beaucoup de choses dans son cœur comme Marie son épouse l’a fait. Tout n’est pas rationnel et tout ne peut pas l’être. C’est normal de chercher à comprendre. Toutefois il faut savoir s’arrêter et
avouer quand ça nous dépasse. C’est ne pas reconnaître ses limites qui plonge l’homme dans l’orgueil et ferme la porte à toute possibilité d’accueillir Dieu dans sa vie.
Joseph nous apprend qu’il faut savoir prendre du recul devant certaines choses de la vie qui nous surprennent ou bouleversent notre vie ou nos calculs. En tant que croyant les offrir au Seigneur et demander sa lumière. Dans l’acte de Joseph d’écouter ce que l’ange lui a dit se trouvent cumuler les vertus d’humilité, d’obéissance, de sagesse et de foi. La foi nous amène au-delà de la raison et
nous établit dans l’abandon dans une totale ouverture à Dieu et à sa volonté. Seigneur, dans société où le bruit est omniprésent, donne-nous de savoir nous retirer dans le silence pour t’écouter, te rencontrer.

Bonne fête de saint Joseph

Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur

Quatorzième jour de carême

Livre du prophète Jérémie (17, 5-10)

Ainsi parle le Seigneur : Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel, qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. Il sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur. Il aura pour demeure les lieux arides du désert, une terre salée, inhabitable.
Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. Il sera comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. Il ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert. L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude : il ne manque pas de porter du fruit.
Rien n’est plus faux que le cœur de l’homme, il est incurable. Qui peut le connaître ? Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon sa conduite, selon le fruit de ses actes.

Psaume

Refrain: Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur.

Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit ! R

Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants. R

Mais ils sont comme la paille balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra. R

Évangile de Luc (16, 19-31)

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.” Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

Méditons

L’évangile de ce jour nous montre le malheur de l’indifférent devant la misère des autres. Le partage dont il est question pendant ce temps de carême est fort mis en relief pour jouir à la fin de notre passage sur la terre de l’amitié éternelle de Dieu. Ce qui a condamné cet homme riche c’est son indifférence devant la misère de son frère. Le mal c’est aussi le bien que nous n’avons pas fait et que nous aurions dû faire parce que nous le pouvions. Un de mes professeurs disait : « Le grenier du riche devrait être le ventre des pauvres » Si notre richesse n’est que pour nous-mêmes et nos plus proches sans que les pauvres aient leur part, nous sommes les plus à plaindre.

Que Dieu nous rende sensibles à la misère des autres

Une Semaine Sainte en temps de Covid

On ne le sait que trop, ce virus bouleverse toute notre vie, notre vie familiale et professionnelle, notre vie sociale et notre vie en Église. Cette année encore, il vient perturber la Semaine Sainte ; mais bien moins que l’an dernier. Souvenez-vous : interdiction de se rassembler dans les églises pour la messe chrismale, pour les offices du jeudi saint et du vendredi saint ; même pas pour la Veillée pascale ni pour le jour de Pâques.

Réjouissons-nous, car cette année, nous pourrons participer ensemble, en « présence réelle », à toutes ces liturgies. La seule restriction est dans le fait qu’elles ne pourront pas, pour la plupart, avoir lieu aux heures habituelles. La messe chrismale, les offices de la Cène et de la Passion devront se dérouler dans l’après-midi. Il ne nous sera pas possible de veiller dans les églises le jeudi saint au-delà de 18h, mais nous pourrons toujours prendre un temps de prière dans nos maisons pour accompagner le Christ au cours de son agonie nocturne.

La principale contrainte concerne la Veillée pascale qui ne pourra se célébrer que le dimanche matin à 6h15 ou à 6h30. En effet, elle perd son sens si elle ne se déroule pas dans la nuit, du moins dans sa première partie.

Oui, c’est tôt, mais retrouvons le chemin de la Veillée pascale après en avoir été privés l’an dernier. Sommet de toute l’année liturgique, elle nous fait entrer dans la résurrection du Christ Jésus comme accomplissement de sa mission salvifique pour le monde et dans le baptême comme source de la vie chrétienne. Après tout, il nous arrive de nous lever avant l’aurore quand nous sommes vraiment motivés, par exemple pour partir en vacances. Suivons le courageux exemple de Marie Madeleine, première témoin de la résurrection. Saint Jean nous le raconte : « Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin : c’était encore les ténèbres ».

Soyons présent avec elle pour accueillir l’aurore de la résurrection qui perce la nuit avec le cierge pascal et pour nous réjouir à sa lumière :
Exultez de joie, multitude des anges,
Exultez, serviteurs de Dieu,
Sonnez cette heure triomphale
Et la victoire d’un si grand roi.
Sois heureuse aussi notre terre,
Irradiée de tant de feux,
Car il t’a prise dans sa clarté
Et son règne a chassé ta nuit.
Réjouis-toi, mère Eglise,
Toute parée de sa splendeur,
Entends vibrer dans ce lieu saint
L’acclamation de tout un peuple.

Mgr François JACOLIN, Evêque de Luçon

Catholiques en Vendée, Editorial

Je ne ferme pas mon cœur à la grâce

Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi !
          Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

Psaume

 R/ Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi ;
 c’est l’heure de ta grâce. 

 C’est pour toi que j’endure l’insulte,
 que la honte me couvre le visage :
 je suis un étranger pour mes frères,
 un inconnu pour les fils de ma mère.
 L’amour de ta maison m’a perdu ;
 on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

 L’insulte m’a broyé le cœur,
 le mal est incurable ;
 j’espérais un secours, mais en vain,
 des consolateurs, je n’en ai pas trouvé.
 À mon pain, ils ont mêlé du poison ;
 quand j’avais soif, ils m’ont donné du vinaigre.

 Mais je louerai le nom de Dieu par un cantique,
 je vais le magnifier, lui rendre grâce.
 Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
 « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
 Car le Seigneur écoute les humbles,
 il n’oublie pas les siens emprisonnés. 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres  et leur dit: «Que voulez-vous me donner, si je vous le livre?» Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.

 Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus: «Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque?» Il leur dit: «Allez à la ville, chez untel, et dites-lui: “Le Maître te fait dire: Mon temps est proche; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.”» Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.

 Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara: «Amen, je vous le dis: l’un de vous va me livrer.» Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour: «Serait-ce moi, Seigneur?» Prenant la parole, il dit: «Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer.  Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là!» Judas, celui qui le livrait, prit la parole : «Rabbi, serait-ce moi?» Jésus lui répond: «C’est toi-même qui l’as dit!»

Méditons

Judas va jusqu’au bout de la trahison bien qu’il ait bénéficié de tous les enseignements de Jésus et certainement. Il est passé à côté des grâces qui émanaient du Christ. C’est là toute la liberté de l’homme qui choisit durablement Dieu ou choisit de se concentrer sur lui-même et ses intérêts. La grâce de Dieu peut couler à flots, sans une ouverture et un accueil de notre part aucun bénéfice n’est possible.
          De plus Judas s’imagine que Jésus ne sait pas que c’est lui le livrerait puisqu’il ose demander : « Rabbi, serait-ce moi?» Dieu nous connaît plus que nous-mêmes mais il respecte tellement l’homme qu’il n’a pas dit directement à tous que Judas est celui qui va le livrer. On parlerait de la délicatesse de Jésus. Il est dit du Serviteur souffrant qu’il brisera le roseau cassé, et il n’éteindra point la mèche qui faiblit.
 
                                  Je ne ferme pas mon cœur à la grâce

Ma bouche annonce ton salut, Seigneur

Lecture du livre du prophète Isaïe

Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.  Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois. Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. »
 Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu.
 Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force.   Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

Psaume

 R/ Ma bouche annonce ton salut, Seigneur.
  
 En toi, Seigneur, j’ai mon refuge :
 garde-moi d’être humilié pour toujours.
 Dans ta justice, défends-moi, libère-moi,
 tends l’oreille vers moi, et sauve-moi.

 Sois le rocher qui m’accueille,
 toujours accessible ;
 tu as résolu de me sauver :
 ma forteresse et mon roc, c’est toi !

 Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
 Toi, mon soutien dès avant ma naissance,
 tu m’as choisi dès le ventre de ma mère ;
 tu seras ma louange toujours !

 Ma bouche annonce tout le jour
 tes actes de justice et de salut ;
 Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse,
 jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles. 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce  témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait.  Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.  Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »  Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote.  Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela.  Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt.  

Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.  Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.  Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »  Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. »  Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas
avant que tu m’aies renié trois fois. »

Méditons


Trahison et reniement. L’un va trahir, l’autre reniera . Nous connaissons la suite, d’autres s’enfuiront . Mais ils reviendront. Entre trahison, reniement, fuite et retour , ainsi se déroule souvent notre vie de foi. Jésus s’approche de son heure , l’heure de la souffrance et de la mort mais en même temps l’heure de la rédemption . Puisse-t-elle être pour nous l’heure de retour.
        Vivons cette semaine sainte tout près de Jésus dans la reconnaissance et une foi profonde.
 
              J’essaie de ne pas être dispersé durant ces jours saints.


Le Seigneur est ma lumière et mon salut.

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton,
il ne fera pas entendre sa voix au-dehors.  Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité.  Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois. »

 Ainsi parle Dieu, le Seigneur, qui crée les cieux et les déploie, qui affermit la terre et ce qu’elle produit ;il donne le souffle au peuple qui l’habite, et l’esprit à ceux qui la parcourent :  « Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ;   je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations :  tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »

Psaume

  R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut.   

 Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
 de qui aurais-je crainte ?
 Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
 devant qui tremblerais-je ?

 Si des méchants s’avancent contre moi
 pour me déchirer,
 ce sont eux, mes ennemis, mes adversaires,
 qui perdent pied et succombent.

 Qu’une armée se déploie devant moi,
 mon cœur est sans crainte ;
 que la bataille s’engage contre moi,
 je garde confiance.

 J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
 sur la terre des vivants.
 « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
 espère le Seigneur. » 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts.
On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus.

 Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum.  Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »

Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Méditons


Marie nous enseigne la sincérité par son attitude. Elle n’arrête pas l’élan de son cœur au regard de ce que les autres peuvent penser ou dire. Elle va à l’essentiel sans se laisser intimider. C’est une femme de cœur qui sait sentir le juste geste ou la juste attitude au juste moment. Elle sait honorer le Seigneur en s’asseyant à ses pieds pour l’écouter plutôt que de se livrer à autre chose. Ici elle parfume les pieds du Maître qu’elle essuie de ses cheveux non seulement pour dire son amour mais aussi et surtout pour dire sa petitesse et son admiration en face du Sauveur.
          Soyons sincères dans notre amour pour Dieu sans nous laisser intimider ou bloquer par le regard ou le jugement des autres. Sachons offrir de belles choses pour honorer notre Seigneur.
 
                       Je cherche à poser un geste de cœur avant Pâques pour dire ma foi et ma reconnaissance au

« Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté « 

Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute.  Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.

Psaume

R / Mon Dieu, mon Dieu,
 pourquoi m’as-tu abandonné ? 

 Tous ceux qui me voient me bafouent,
 ils ricanent et hochent la tête :
 « Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
 Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

 Oui, des chiens me cernent,
 une bande de vauriens m’entoure.
 Ils me percent les mains et les pieds ;
 je peux compter tous mes os.

 Ils partagent entre eux mes habits
 et tirent au sort mon vêtement.
 Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
 ô ma force, viens vite à mon aide !

 Tu m’as répondu !
 Et je proclame ton nom devant mes frères,
 je te loue en pleine assemblée.
 Vous qui le craignez, louez le Seigneur. 

Lecture de la lettre de Saint Paul apôtre aux Philippiens

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect,il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Evangile selon St Mars

Extrait de l’évangile de la passion

Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure.  Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : X  « Éloï, Éloï, lema sabactani ? »,  ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »  L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : « Voilà qu’il appelle le prophète Élie ! » L’un d’eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée, il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire, en disant : « Attendez ! Nous verrons bien si Élie vient le descendre de là ! »  Mais Jésus, poussant un grand cri, expira.

Méditons

                                                 La célébration de la fête des rameaux nous invite à l’humilité. Jésus nous en donne l’exemple. Mais quand on parle d’humilité on pense souvent aux relations avec les autres. Il faut voir l’humilité de façon horizontale et verticale. Humilité de l’homme devant Dieu comme créature se recevant de lui en permanence et qui sait qu’elle ne peut pas se réaliser sans lui. L’humilité de l’homme en face de Dieu met celui-ci en position d’écoute. Comme le serviteur souffrant il écoute sans se rebiffer . Malheureusement l’homme veut à tout prix se passer de Dieu. C’est le plus grave péché de l’humanité actuellement.

 L’épître aux Philippiens nous parle si bien de comment Jésus qui était l’égal de Dieu n’a pas revendiqué le rang qui l’égalait à Dieu mais il s’est abaissé devenant en tout semblable aux hommes, obéisssant jusqu’à la mort. L’humilité nous permet de nous adresser à Dieu comme celui qui peut nous aider et que nous ne pouvons rien sans sa grâce. Pierre comptant sur sa propre force à échouer dans son vœu de ne pas renier Jésus. Jésus sait que rien n’est impossible à son Père. L’humilité nous fait vivre une foi profonde. L’humilité en face de Dieu nous permet réellement d’être humble devant nos frères. Car si on sait qu’on se reçoit d’ailleurs et que tout ce qu’on, on l’a reçu, pourquoi s’enorgueillir ?

Demandons la grâce de l’humilité