Avec la lettre apostolique «In unitate fidei», Léon XIV appelle les chrétiens à être signe de paix

Peu avant de s’envoler pour son premier voyage apostolique en Turquie, où il commémorera le 1700e anniversaire du concile de Nicée, le pape Léon XIV a publié une lettre apostolique « In unitate fidei. » Le souverain pontife y souligne l’actualité du Credo, prière commune à toutes les confessions chrétiennes, et invite les églises à l’unité.

L’avion pontifical décollera ce jeudi 27 novembre pour trois jours en Turquie, avant de rejoindre le Liban. Un premier voyage hors d’Italie aux enjeux multiples, et surtout un anniversaire d’importance pour l’Église : en 325 se tint à Nicée (actuelle Iznik) le premier concile œcuménique de l’histoire du christianisme. Dans une lettre apostolique publiée le 23 novembre, Léon XIV fait mémoire de l’événement, et en souligne l’actualité.

Une histoire troublée

Le pape revient d’abord longuement sur l’histoire même du Concile, qui s’ouvrit alors que «les blessures des persécutions contre les chrétiens étaient encore vives». Si le christianisme était admis dans l’Empire romain depuis une vingtaine d’années, «disputes et conflits ont rapidement émergé au sein de l’Église.»

C’est d’ailleurs pour répondre au moine égyptien Arius, qui enseignait que le Christ n’était pas le Fils de Dieu, que s’est réuni le Concile. Comme le rappelle le pape, c’est à l’initiative de l’Empereur Constantin lui-même, qui voit la paix sociale et l’unité politique menacée par ces querelles théologiques, que se tient cette assemblée.

Des 318 « Pères » venus participer, une majorité provient d’Orient. Léon XIV s’arrête particulièrement sur la figure de Saint Athanase, diacre à Alexandrie et principal opposant d’Arius. Ce dernier insiste sur l’importance de la divinité du Christ : si Dieu se fait homme, c’est pour diviniser les hommes.

Un Credo pour la foi d’aujourd’hui

Tout l’enjeu pour le Concile est d’énoncer le contenu de la foi chrétienne. D’abord en un Dieu unique, Père, Fils et Esprit Saint. Ensuite en un Dieu qui «s’est fait proche de nous et est venu à notre rencontre en Jésus-Christ.» Enfin, en un Dieu «qui veut que nous ayons la vie, et que nous l’ayons en abondance», et qui pour ce faire a donné sa vie pour les hommes.

Léon XIV invite alors les chrétiens à s’interroger sur l’actualité de ce message millénaire dans leur vie de foi personnelle : «Avons-nous le sentiment qu’il concerne aussi notre situation actuelle ? […] Que signifie ce que nous disons pour notre vie ?». Et le pape d’avertir : «Le Credo de Nicée nous invite donc à un examen de conscience. Que signifie Dieu pour moi et comment est-ce que je témoigne de ma foi en Lui ?»

L’unité de l’Église

Le texte se clôt sur un appel à l’unité de l’Église, dont le Credo de Nicée est la pierre angulaire. «Nous partageons la foi en un seul et unique Dieu, Père de tous les hommes, nous confessons ensemble l’unique Seigneur et vrai Fils de Dieu Jésus-Christ et l’Unique Esprit Saint […]. Ce qui nous unit est vraiment bien plus grand que ce qui nous divise !» Pour le pape, il y a urgence à ce que les chrétiens se retrouvent autour de ce dépôt commun de la foi, pour devenir « signe de paix et instrument de réconciliation » au milieu d’un monde déchiré par les guerres.

Tout en évitant le double écueil d’un retour en arrière et d’un enlisement dans le statu quo, Léon XIV exhorte à regarder vers l’avenir, et à travailler à la réconciliation des églises par la voie «du dialogue, d’échange de nos dons et de nos patrimoines spirituels».

Les enjeux soulevés par le texte ne sont pas moindres. En Turquie, Léon XIV rencontrera le patriarche Bartholomée Ier, primat de l’Eglise orthodoxe de Constantinople. Dans ce pays comme au Liban, les chrétiens sont largement minoritaires. Pour eux, la venue du pape est un signe fort. 

article Par  Camille Dénecé, tiré du Pélerin

Le texte en français de « In unitate fidei. »

Dimanche des pauvres. Homélie du Père VERLYS.

MESSAGE DU SAINT-PÈRE pour la 9ème Journée Mondiale des Pauvres ( extrait)

Les pauvres ne sont pas une distraction pour l’Église, ils sont nos frères et sœurs les plus aimés, car chacun d’eux, par son existence et aussi par les paroles et la sagesse dont il est porteur, nous invite à toucher du doigt la vérité de l’Évangile. C’est pourquoi la Journée mondiale des pauvres veut rappeler à nos communautés que les pauvres sont au centre de toute l’œuvre pastorale. Non seulement en son aspect charitable, mais également en ce que l’Église célèbre et annonce. Dieu a pris leur pauvreté pour nous rendre riches à travers leurs voix, leurs histoires, leurs visages. Toutes les formes de pauvreté, sans exception, sont un appel à vivre concrètement l’Évangile et à offrir des signes efficaces d’espérance.

Homélie du Père Verkys

traditional religious painting in a church

Être saint pour permettre aux autres de le devenir

On oublie trop souvent de dire cette vérité essentielle : on devient saint parce qu’on veut permettre aux autres de le devenir. Non par ses propres forces, explique le père Benoist de Sinety, curé-doyen de la paroisse de Lille-centre, mais en laissant son cœur être dilaté par l’amour de Dieu.

Plusieurs religieux catholiques relatent de nombreuses exactions au Cameroun. Des miliciens étrangers qui tirent à balles réelles sur des jeunes et des femmes au Nord, à l’Ouest et dans la région du Littoral. De nombreuses personnes sont emmenées dans des lieux inconnus. Le père Ludovic Lado, sj, relate dans des vidéos facilement accessibles, la situation de nombreux adolescents qui sont arrêtés arbitrairement, blessés ou assassinés. Pour l’instant, mais pour combien de temps ? les résistants demeurent plutôt non-violents devant la violence d’un tyran de 92 ans qui s’accroche au pouvoir. Il suffirait de si peu pour que Paul Biya accueille cette vérité qu’il n’est plus souhaité par son peuple pour le conduire. Mais les enjeux sont si grands pour les puissances en place et pour les finances de quelques-uns…

Mort singée et mort subie

Élu pour la première fois en 1984, mais dans l’appareil politique de son pays depuis l’indépendance le 1er janvier 1960, celui qui a introduit le multipartisme contraint et forcé par les grandes puissances environnantes, ancien étudiant en Sorbonne et à l’Institut de Sciences politiques de Paris, n’hésite pas à continuer à se présenter comme le père de la nation. De l’avis de beaucoup d’observateurs, la situation ne cesse de se tendre et risque de devenir intenable si rien n’est fait pour faire entendre raison à l’autocrate. 

En croisant en cette veille de la Toussaint les étudiants joyeux, tout épris de la fête d’Halloween au point d’en revêtir les masques de mort et de peur, je pensais aux visages de ces jeunes Camerounais habités par le courage et par l’ambition de construire un pays plus juste. On est pris de vertige devant cette mort que l’on singe ici et que l’on subit là-bas. Il ne s’agit pas de stigmatiser ceux qui s’amusent, même si les mœurs importées d’outre-Atlantique ne sont pas des plus élégantes. Il s’agit de s’interroger : après tout n’est-ce pas le sens de ce 1er novembre ?

Désirer le meilleur pour les autres

Qu’est-ce en effet que la sainteté sinon de désirer avant toute autre chose que l’autre puisse y parvenir ? On a (trop) longtemps expliqué au baptisé qu’il lui fallait parvenir à cet idéal, en fait inatteignable par ses seules forces. On n’est pas saint à la force du poignet. Les confessionnaux débordent de jeunes gens désespérés de ne pouvoir y parvenir par le seul exercice de leur volonté et la pratique des vertus enseignées. On oublie trop souvent de leur dire cette vérité essentielle : on devient saint parce qu’on veut permettre aux autres de le devenir. C’est parce que l’amour peut transfigurer une vie au point de faire désirer le meilleur pour les autres avant de le revendiquer pour soi, que l’on accède à la sainteté. 

Au diable l’individualisme narcissique qui nous pousse à nous examiner sous toutes les coutures et mesurer avec anxiété si nous progressons ou pas ! Vouloir être saint c’est accepter de laisser son cœur être dilaté par l’amour de Dieu et apprendre à regarder l’autre comme un frère pour lequel on veut le meilleur, plutôt que de le voir comme un étranger ou un concurrent. Évoquer la situation tragique dans laquelle se trouve ce grand pays qu’est le Cameroun nous renvoie à cela. De même que les prières universelles de nos messes dominicales ne sont pas la récitation des grands titres du 20h : elles sont plutôt l’écho de ce désir que tout baptisé doit accueillir en lui que le monde progresse vers la paix et la justice afin que des hommes et des femmes de plus en plus nombreux puissent y découvrir et y goûter la puissance de l’Amour de Dieu.

La dévotion au Sacré Cœur

Plutôt que nous grimer avec les masques d’une mort que nous redoutons, nous devrions être attentifs à lutter autour de nous contre ce qui entraîne nos frères vers celle-ci. La dévotion au Sacré Cœur de Jésus ne nous invite pas à autre chose : ne pas garder pour nous ce que nous découvrons de ce fleuve de miséricorde et de bonté, mais nous y désaltérer pour à notre tour et là où nous sommes, le communiquer au monde, en actes et en vérité.

Les orientations de la nouvelle Année Pastorale :

Le Père Verkys a d’abord fait une annonce :
Abonnement à « Prions en Église » : Possibilité d’un tarif réduit via une commande groupée avant décembre : contact à prendre à la permanence de la paroisse.


Il a ensuite fixé le thème de l’année pastorale en nous donnant une devise et en précisant le sens :
Devise : « Aimer plus le Christ pour mieux aimer les autres ».


Sens : L’amour de Dieu est à la source de toute mission. L’évangélisation découle de cet amour vécu et partagé. La communauté doit grandir dans la communion, la foi et l’engagement
mutuel


Il a énoncé les temps forts de l’année :
Avent : « Messe des veilleurs » chaque semaine pour symboliser l’attente du Seigneur.
Carême : Conférences centrées sur l’encyclique Dilexit Nos (Il nous a aimés) et le Sacré-Cœur de Jésus.


Puis il a lancé un Appel à l’engagement :

  • Besoin de bénévoles (liturgie, chorale, catéchèse, prière…).
  • Importance de la relève par les plus jeunes.
  • Encouragement à créer des groupes de prière pour nourrir la vie spirituelle.
  • Invitation à l’unité entre les anciennes paroisses (La Tranche, Angles, Moutiers, Champ Saint Père).
  • Exemple : répétitions chorales communes.


Il a réaffirmé son attachement à la communauté malgré ses nouvelles fonctions diocésaines (pastorale du tourisme et des loisirs), souhaité une année placée sous le Signe de l’Amour et du Sacré-Cœur et fait un appel à rejoindre la chaîne d’adoration eucharistique « 24h pour le Seigneur ». Enfin, il a donné un message de fraternité : aimer sans distinction, vivre la charité au quotidien.

Conclusion :
Le Père Verkys a appelé les fidèles à s’unir autour du Christ, servir avec amour, faire grandir la foi
communautaire.
«Puisse le Sacré-Cœur de Jésus nous unir pour que cette Année Pastorale soit vraiment
une année de l’amour ».

Jean Pierre Gouirand

Bénédiction des cloches à Moutiers

La bénédiction et la remise des cloches de l’église de Moutiers auront lieu le vendredi 31 octobre à 19 heures. Vous êtes toutes et tous invités à la clôture du mois de rosaire ce jour-là à 18 heures à l’église de Moutiers les Mauxfaits. Nous prierons le chapelet et nous offrirons des cierges ou des fleurs à la Sainte Vierge suivi de la prière des vêpres solennelles de la veille de la Toussaint avant la bénédiction des cloches et leur remise en route. Un temps convivial sera offert aux participants

Veillée autour des reliques de Carlo Acutis, le Jeudi 23 octobre, 17h30, église de La Jonchère

Programme

Un temps de prière débutera à 16h45 jusqu’à 17h15 pour les enfants avec Christine Jorel.

Puis la veillée qui débutera à 17h30.

En voici le  programme : Environ tous les 15 mn

  • Un mot d’accueil du Père Verkys 
  • Un refrain tiré des chants d’adoration 
  • Un topo de Carlo Acutis sur 
  • Un temps de méditation 

La relique sera exposée de 16 à 20h (environ) . Elle quittera notre paroisse à l’issue de cette veillée.

Dilexi te, première exhortation apostolique du pape Léon XIV

Le pape Léon XIV a signé sa première exhortation apostolique, intitulée Dilexi te (« Je t’ai aimé »), le samedi 4 octobre 2025, jour de la fête de saint François d’Assise. Ce document, premier texte magistériel de son pontificat, porte sur l’amour envers les pauvres et s’inscrit dans la continuité de la réflexion de son prédécesseur, le pape François.

Le 4 octobre 2025, jour où l’Église célèbre la mémoire de saint François d’Assise, le pape Léon XIV a signé sa première exhortation apostolique, intitulée Dilexi te (Je t’ai aimé). Le titre de ce document rappelle Dilexit nos, la quatrième et dernière encyclique du pape François, publiée le 24 octobre 2024 et consacrée à « l’amour humain et divin du Cœur de Jésus-Christ ».

La signature de Dilexi te s’est déroulée dans la Bibliothèque privée du Palais apostolique, en présence de Mgr Edgar Peña Parra, substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’État.

Portant sur le thème de l’amour des pauvres, ce premier texte du pontificat de Léon XIV s’inscrit dans la continuité évangélique chère à saint François d’Assise : celle d’une Église simple, fraternelle et proche des derniers.

Publication de l’exhortation apostolique le 9 octobre 2025

Mgr Renauld de Dinechin nommé évêque de Luçon

Ce mardi 16 septembre, le pape Léon XIV a nommé Mgr Renauld de Dinechin évêque de Luçon. Jusqu’à présent évêque de Soissons, il succède à Mgr François Jacolin, qui, ayant atteint l’âge de 75 ans, avait présenté sa renonciation au Pape en avril dernier. La messe d’installation aura lieu le dimanche 14 décembre 2025 à 15h30 en la cathédrale de Luçon. Découvrez son portrait vidéo réalisé par KTO.

Le portrait vidéo de Mgr Renauld de Dinechin

Né en 1958 à Lille (Nord), Mgr Renauld de Dinechin s’est d’abord orienté vers des études de comptabilité-gestion, avant d’entrer à l’Institut d’études théologiques de Bruxelles. « À l’âge de 23 ans, je suis tombé sur un livre, un roman de Huysmans qui raconte la propre conversion de l’écrivain. Ce roman m’a percuté. En deux jours, le Christ est entré dans ma vie », se souvient Mgr Renauld de Dinechin au micro de KTO.

Son début de mission a été marqué par ses rencontres avec des adolescents, développant chez lui « une envie d’aller vers l’autre et une créativité ». Nommé ensuite curé de paroisse à Cergy-Pontoise, il côtoie au quotidien des « chrétiens d’origine migratoire » et « 50 nationalités différentes ». Devenu évêque en 2015 à Soissons, il dit avoir « beaucoup reçu » pendant 10 ans. « Je crois que je suis un peu plus chrétien à votre contact. Je pars avec de la gratitude, je vous dis bonne route et j’ai confiance que le Seigneur est avec vous », assure-t-il, s’adressant aux paroissiens de l’Aisne.

S’il dit « avoir tout à découvrir en Vendée », Mgr Renauld de Dinechin n’a pas peur de ce changement : « C’est très libérateur de partir par appel du Seigneur et j’arrive avec joie en Vendée. » L’homme de 67 ans voit son rôle d’évêque comme un « pont entre les personnes et les groupes ».

Sa devise épiscopale, « J’ai soif » (Jean 19, 28), lui vient de mère Teresa : « C’est elle qui m’a transmis cette parole et l’a inscrite dans ma destinée. Elle fait écho à la parole de Jésus à la Samaritaine : « Donne-moi à boire. » Elle dit la rédemption en Christ et l’aller vers les autres. »
 

Lettre de Mgr de Dinechin aux fidèles de Vendée

Les premières confidences de Léon XIV, un pape « propulsé au rang de leader mondial »

« Le rôle du Pape est certainement nouveau pour moi », a confié Léon XIV dans le premier entretien accordé depuis son élection en mai. Les premiers extraits ont été dévoilés ce 14 septembre, jour de son anniversaire.

Le rôle du Pape est certainement nouveau pour moi », a confié Léon XIV dans le premier entretien qu’il accorde depuis son élection le 8 mai dernier. Ce 14 septembre 2025, jour de l’anniversaire du pontife, paraissent des extraits de cet interview réalisée par la journaliste américaine Elise Ann Allen, qui figurera dans une biographie à paraître le 18 septembre prochain. L’agence I.Media en extrait les principales déclarations.

L’entretien dont sont tirés les extraits a été réalisé en juillet dernier lors de deux sessions d’une heure et demie, d’abord à Castel Gandolfo puis au Vatican. La journaliste qui l’a conduit, Elise Ann Allen, est une vaticaniste américaine travaillant pour le média catholique anglophone Crux – qui publie les extraits.

Le livre dans lequel figure l’entretien, León XIV : ciudadano del mundo, misionero del siglo XXI (« Léon XIV : citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle »), est édité en espagnol par Penguin Peru et sera disponible le 18 septembre prochain. Des éditions anglaise et portugaise sont prévues au début de l’année 2026.

Son apprentissage du métier de Pape

Interrogé sur sa compréhension de sa nouvelle mission, Léon XIV estime avoir encore « une énorme courbe d’apprentissage » devant lui. « Le rôle du Pape est certainement nouveau pour moi », reconnaît-il. Il estime néanmoins avoir intégré « sans trop de difficultés » la partie pastorale. « J’apprécie chacun, qui qu’il soit, ce qu’il vient me dire, et je l’écoute », assure-t-il.

En revanche, Léon XIV explique avoir dû se « jeter dans le grand bain très rapidement » concernant les questions diplomatiques, disant son étonnement de s’être retrouvé « propulsé au rang de leader mondial ». Assurant suivre l’actualité depuis toujours, il reconnaît que cette mission, qui implique de rencontrer des chefs d’État du monde entier, reste un défi pour lui, surtout « à une époque où la voix de l’Église a un rôle important à jouer ». « Je me sens très sollicité, mais pas submergé », affirme-t-il.

Enfin, il rappelle que la « partie la plus importante » de sa mission en tant que successeur de Pierre est de « confirmer les autres dans leur foi », une tâche qui dépend « seulement » de la « grâce de Dieu ». Selon lui, le Saint-Esprit est le « seul moyen d’expliquer » son élection. « En raison de ma foi, de ce que j’ai vécu, de ma compréhension de Jésus-Christ et de l’Évangile, j’ai dit oui », ajoute-t-il.

Sur les divisions du monde actuel

« Il semble que l’on reconnaisse généralement que les Nations unies, du moins à l’heure actuelle, ont perdu leur capacité à rassembler les gens sur des questions multilatérales », déplore le Léon XIV, qui explique s’être entretenu avec des responsables d’organisations internationales. Il s’interroge sur la nécessité de « privilégier le dialogue bilatéral pour tenter d’unifier », estimant que divers « obstacles » bloquent actuellement la « voie du multilatéralisme ».

Le problème, selon lui, se trouve dans la « polarisation » – une expression chère au pape François – qui est devenue « l’un des mots du jour » dans le monde actuel. « Elle n’aide personne », insiste le pontife, « ou très peu de gens lorsque tous les autres souffrent ».

Léon XIV estime que la polarisation qui divise le monde est partiellement liée à la pandémie de 2020, mais que ses origines profondes sont plus anciennes, notamment dans « la perte d’un sens plus élevé de ce qu’est la vie humaine » qui aurait « affecté les gens à de nombreux niveaux » dans certaines régions du monde. « Si nous perdons le sens de ces valeurs, qu’est-ce qui compte encore ? », demande-t-

Son espérance pour l’Ukraine

Le pape Léon XIV affirme que depuis le début du conflit en Ukraine, le Saint-Siège « a fait de grands efforts pour maintenir une position qui, aussi difficile soit-elle, n’est pas d’un côté ou de l’autre, mais véritablement neutre ». S’il reconnaît l’importance pour le Saint-Siège de faire entendre une voix en faveur de la paix et d’entretenir l’espérance, il juge « moins réaliste » la possibilité d’une médiation vaticane.

Tout en insistant sur le fait que « la paix est la seule réponse » au conflit, Léon XIV estime que la manière dont on interprète ses appels à la paix n’est pas « primordiale ». Pour lui, la solution au conflit arrivera quand « certains acteurs extérieurs » exerceront une « pression suffisamment forte pour amener les parties en conflit à dire que cela suffit ».

« J’ai de grands espoirs dans la nature humaine », assure le Pape, qui reconnaît néanmoins l’existence de « mauvais acteurs » et de « tentations ». « Quel que soit le point de vue, on peut trouver des motivations qui sont bonnes et d’autres qui ne le sont pas », poursuit-il, déclarant que ce qui peut faire la différence est d’encourager les parties « à regarder les valeurs supérieures, les vraies valeurs ».

Le premier pape américain et péruvien

Interrogé sur son identité en raison de sa double nationalité, Léon XIV ne tranche pas. « Je suis évidemment américain et je me sens vraiment américain, mais j’aime aussi beaucoup le Pérou, le peuple péruvien, cela fait partie de ce que je suis », explique-t-il. Rappelant son long ministère dans le pays andin et sa « connexion avec le pape François », il assure que la « perspective sud-américaine » lui est « précieuse ».

Le Pape estime d’ailleurs qu’en cas de match de football, il supporterait probablement le Pérou « en raison de liens affectifs », mais confie être aussi un « grand fan de l’Italie ». Il assure toutefois ne pas être « un de ces fans qui excluent l’autre côté », rappelant que, s’il est supporter de l’équipe de baseball des White Sox à Chicago, sa mère soutenait les Cubs, l’autre club rival, ce qui l’a poussé « à adopter une position ouverte, dialoguée, amicale et non pas compétitive, car nous n’aurions peut-être pas dîné si nous l’avions fait ! ».

La synodalité, « une attitude »

Héritant du Synode sur la synodalité, grand processus lancé par François pour rendre l’Église plus participative et moins cléricale, Léon XIV, qui a participé aux deux dernières assemblées à Rome, définit la synodalité comme « une attitude, une ouverture, une volonté de comprendre ». « Cela signifie que chaque membre de l’Église a une voix et un rôle à jouer », assure-t-il, considérant qu’il y a « de nombreuses façons de procéder ».

Le Pape reconnaît que certaines personnes dans l’Église « se sont senties menacées » par la synodalité, notamment des évêques ou des prêtres qui ont pu penser qu’on allait « leur retirer leur autorité ». « Ce n’est pas le but de la synodalité », assure-t-il, mettant cependant en garde contre une vision de l’autorité « quelque peu floue, erronée ».

La synodalité, affirme le Pape, ne signifie pas non plus « transformer l’Église en une sorte de gouvernement démocratique ». « Si nous observons de nombreux pays dans le monde aujourd’hui, la démocratie n’est pas nécessairement une solution parfaite à tous les problèmes », souligne-t-il.

Pour Léon XIV, la synodalité est une « grande opportunité » de bâtir « une Église dont l’objectif principal n’est pas une hiérarchie institutionnelle, mais plutôt un sentiment de “nous ensemble”, de “notre Église” » où chacun, avec sa vocation propre, travaille avec l’autre. « Il reste encore beaucoup à faire », assure-t-il.

I.Media – publié le 14/09/25

Angélus: professer la foi en mots ne suffit pas, elle doit être le critère de nos choix

Dans sa catéchèse précédant la récitation de l’Angélus, dimanche 24 août, le Pape Léon XIV a médité sur l’image «de la porte étroite» utilisée par Jésus dans l’Évangile du jour selon saint Luc. L’évêque de Rome y rappelle qu’il ne suffit pas de professer la foi en paroles, car «Dieu n’apprécie pas les sacrifices et les prières s’ils ne nous conduisent pas à vivre l’amour envers nos frères et à pratiquer la justice». Delphine Allaire – Cité du Vatican 

«Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas.» Devant des milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre, le Pape a rappelé combien cette image n’a pas pour mission de nous décourager, mais sert surtout «à ébranler la présomption de ceux qui pensent être déjà sauvés», de ceux qui pratiquent la religion et qui, par conséquent, «se croient déjà en règle». En réalité, ils n’ont pas compris qu’il ne suffit pas d’accomplir des actes religieux si ceux-ci ne transforment pas le cœur, a souligné Léon XVI, affirmant que «Dieu ne veut pas d’un culte séparé de la vie et n’apprécie pas les sacrifices et les prières s’ils ne nous conduisent pas à vivre l’amour envers nos frères et à pratiquer la justice».

Face à la voie du pouvoir, la porte étroite de la Croix

Le Pape qualifie donc de «belle provocation» cette image de l’Evangile, car elle remet en question la sécurité des croyants, alors que ceux-ci peuvent parfois jugés ceux qui sont éloignés de la foi. Il ne suffit pas de professer la foi avec des mots, de manger et de boire avec Lui en célébrant l’Eucharistie ou de bien connaître les enseignements chrétiens. «Notre foi est authentique lorsqu’elle embrasse toute notre vie, lorsqu’elle devient un critère pour nos choix», a-t-il précisé, ajoutant que Jésus n’a pas choisi «la voie facile du succès ou du pouvoir, mais, pour nous sauver, Il nous a aimés jusqu’à franchir la “porte étroite” de la Croix».

Des choix difficiles et impopulaires

«Il est la mesure de notre foi, Il est la porte que nous devons franchir pour être sauvés (cf. Jn 10, 9), en vivant son amour et en devenant, par notre vie, des artisans de justice et de paix», a assuré le Successeur de Pierre, expliquant que cela signifiait de faire parfois «des choix difficiles et impopulaires», «lutter contre son égoïsme et se dépenser pour les autres, persévérer dans le bien là où la logique du mal semble prévaloir, etc». Mais, une fois ce seuil franchi, a garanti Léon XIV, nous découvrirons que la vie s’ouvre devant nous d’une manière nouvelle et, dès à présent, nous entrerons dans le cœur immense de Dieu et dans la joie de la fête éternelle qu’Il a préparée pour nous.