« Afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11, 45-57

En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.

À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples. Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! » Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter.

Méditons

Caïphe a prophétisé sans le savoir. Il ne croyait pas si bien dire. Sa prophétie se réalise même pour nous aujourd’hui. Jésus est mort pour que nous soyons sauvés. Cette mort du Christ, témoignage de son amour pour nous, nous ouvre les portes du paradis.
Après l’intervention de Caïphe, les ennemis de Jésus ont décidé de le faire périr. Ceux-ci pensaient éliminer Jésus pour régner sans concession sur le peuple élu mais leur homicide libérait le peuple. Une vie nouvelle s’offre à lui. A l’exemple de Jésus qui se donne par amour, son peuple renouvelé par sa Passion, Mort et Résurrection entre dans une vie nouvelle d’amour qui le libère du pesant fardeau de ses maîtres hypocrites. La mort de Jésus provoquera l’effet contraire de ce qu’ils attendaient.
Jésus va jusqu’au bout de sa mission. Il se retire proche du désert non pas parce qu’il craignait de mourir mais parce que l’heure voulue par le Père n’était encore venue. Quand celle-ci sera venue, il se laissera tuer par ses ennemis qui ont refusé de s’ouvrir à l’amour de Dieu qui leur demandait juste de changer de vie.

Je prends conscience que Jésus est mort pour moi. Aide-moi à ne pas rendre vaine ta mort, Seigneur Jésus. Donne-moi d’accepter la conversion que tu me demandes.

J’ai dit : Vous êtes des dieux (Méditation avec les Carmes)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 31-42

En ce temps-là, de nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? » Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. » Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ? Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu.” Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains.

Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui.

Méditer avec les Carmes

Dans sa réponse à ceux qui veulent le lapider, Jésus fait passer un enseignement très profond sur sa personne et sa mission.
« Toi qui n’es qu’un homme, tu te fais Dieu »: tel est le reproche que l’on fait à Jésus, un reproche de blasphème. Jésus répond en citant cette parole de Dieu dans l’Écriture: « J’ai dit : Vous êtes des dieux ! »

Dans le psaume cité (Ps 82, 6), Dieu s’adresse aux mauvais juges, pour leur rappeler qu’ils sont des êtres fragiles : « Moi, j’avais dit : Vous êtes des dieux, des fils du Très-Haut, vous tous. Mais non! Comme tout homme vous mourrez ! ».
Pourquoi les juges sont-ils comparés à des fils du Très-Haut ? Parce que leur fonction, en fait, est une fonction divine (Ex 21, 6; 22, 9; Dt 1, 17; 19, 17) et que le jugement appartient à Dieu seul. On comprend dès lors la réponse et le raisonnement de Jésus : si déjà on appelle des juges « fils du Très-Haut » parce que leur sentence transmet en quelque sorte une parole de Dieu, à plus forte raison Jésus mérite-t-il le titre de Fils de Dieu, puisqu’il est lui-même toute la parole de Dieu!

On ne peut abolir les Écritures, insiste Jésus. Cette parole du psaume doit trouver son accomplissement ; et justement, c’est lui qui l’accomplit, lui, le juge suprême, lui, l’Envoyé de Dieu.
Jésus ajoute: « Je suis celui que le Père a consacré« ; et cette parole prend tout son sens dans le cadre de la Dédicace, fête qu’on célébrait alors à Jérusalem.
L’évangile de Jean (ch. 5-10) présente successivement le sabbat et toutes les grandes fêtes du Temple, soulignant à chaque fois l’accomplissement apporté par Jésus.
À propos de l’aveugle-né et du sabbat (ch. 5), Jésus se défendait en disant : Je fais simplement, en tant que Fils, ce que le Père lui-même continue de faire le jour du sabbat : donner la vie et juger ceux qui retournent à lui.
Dans le cadre de la Pâque (ch. 6), Jésus a remplacé la manne de l’Exode en multipliant les pains, lui, le pain vivant venu du ciel.
À la fête des Huttes (ch. 7), où avaient lieu les rites du puisage de l’eau a Gihôn et l’illumination des parvis du Temple, Jésus s’est présenté solennellement comme la source de l’eau vive et la lumière du monde.
Et maintenant, lors de la fête de la Dédicace (ch. 10), où l’on célébrait la consécration de tous les temples qui s’étaient succédé à Jérusalem, Jésus proclame qu’il est lui-même celui que le Père a consacré comme le nouveau Temple (1, 14) et comme le Saint de Dieu (6, 69).

À nous aussi la parole de Dieu a été adressée, et nous aussi sommes fils et filles du Très-haut. À quelques jours du grand anniversaire du passage pascal de Jésus à son Père, nous comprenons toute la force de la parole de saint Jean: « Voyez quel grand amour le Père nous a montré: que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes » (1 Jn 3, 1).

Nous le sommes, et nous savons à qui nous le devons : nous sommes fils dans le Fils, filles dans le Fils, et c’est vers le Fils que nous nous tournons dans la foi, pour lui dire, au cœur de cette Eucharistie:
« Oui, Seigneur, tu es celui que Dieu a consacré et envoyé dans le monde; tu fais encore aujourd’hui les œuvres du Père; tu es dans le Père et le Père est en toi ; tu es le Fils de Dieu ».

Frère Jean Lévêque, o.c.d.

« Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour » (Jn 8, 51-59)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8, 51-59

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? » Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”, alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde. Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. » Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, Je suis. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.

Méditons

Notre Dieu est un Dieu vivant et de vie qui nous appelle constamment à la vie. « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort ». Cette affirmation de Jésus déconcerte ses auditeurs et surtout ses détracteurs qui le traitent tout de suite de possédé. Pour eux Abraham est bien mort et les prophètes aussi. Les civilisations les plus brillantes meurent, les rites meurent avec leur époque. Nous voyons tant de choses qui disparaissent autour de nous et nous disons le plus simplement possible qu’ainsi va la vie. Nous avons vu des parents, des amis, des jeunes et des enfants mourir. Et ces morts nous dévastent, nous découragent pour ne pas dire nous anéantissent au point que pour certaines nous avons du mal à nous en relever.

En réalité Jésus et ses auditeurs ne parlent pas de la même chose, ils ne sont pas au même diapason. Jésus parle de la vie en Dieu et eux parlent de la vie dans la chair. La vie en Dieu ici-bas dans l’esprit en gardant sa parole connaîtra juste son prolongement après la mort physique. C’est pourquoi nous disons que la vie éternelle a déjà commencé. Si tu ne vis pas en Dieu maintenant et tu ne sens pas Dieu vivre en toi, alors là, tu ne peux jamais comprendre ce dont parle Jésus. Nous constatons que certains meurent sereinement avec même parfois un désir ardent de rejoindre l’au-delà que nous ne comprenons pas trop. C’est qu’ils ont entrevu ce prolongement de vie éternelle qui les réjouit. Cette vie en Dieu n’est possible que si nous nous convertissons réellement pour embrasser la vie de Dieu dans sa parole et ses sacrements tous les jours. Alors nous comprendrons mieux les Écritures et ce qui nous attend après la vie sur cette terre.

Je crois que Dieu vit en moi. Donne- moi Seigneur de vivre totalement toi

« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » (Lc 1, 26-38)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-38

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »

Alors l’ange la quitta.

Méditation

Regardons les choses le plus simplement possible. Nazareth, le lieu où tout commence n’est qu’une petite bourgade. L’ange a été envoyé à une jeune fille vierge inconnu du public, fiancé à un charpentier. Je voudrais souligner la simplicité du lieu en même temps que celle des personnages. L’extraordinaire de Dieu se manifeste dans l’ordinaire, l’ordinaire de nos vies, l’ordinaire de nos chemins. N’allons pas espérer de grandes manifestations comme au mont Sinaï quand nous invoquons Dieu. Espérons et attendons Dieu dans la plus grande discrétion, la simplicité et l’humilité. Probablement que nous avons manqué beaucoup rendez-vous auxquels nous attendions Dieu sans le voir se présenter alors qu’il était là. Combien de fois avons-nous manqué des grâces qui jaillissent du cœur plein d’amour de Dieu !
Les choses n’ont pas été aussi simples. Marie a été bouleversée mais puisqu’elle est une croyante, elle s’est laissée aller à la volonté de Dieu. Celle-ci ne correspond pas toujours à nos attentes, à nos projets bien ficelés. Au-delà d’une réponse de foi il s’agit pour nous d’être flexible comme l’argile dans les mains du potier. A vouloir tout maîtriser et tout gérer par nous-mêmes, il n’y a plus de place pour l’inattendu de Dieu qui vient toujours à point nommé. Aurons-nous le regard assez pur et l’esprit assez éveillé pour saisir notre chance, notre bonheur au passage de Dieu? Si nous restons dans la fidélité à l’évangile et dans une foi pleine d’espérance, oui.

Donne-nous Seigneur d’être des gens simples

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS » (Jn 8, 21-

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8, 21-30

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » Les Juifs disaient : « Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit : “Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller” ? » Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, Je suis, vous mourrez dans vos péchés. » Alors, ils lui demandaient : « Toi, qui es-tu ? » Jésus leur répondit : « Je n’ai pas cessé de vous le dire. À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. » Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père. Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je suis, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

Méditons

Jésus déclare ouvertement son identité en s’attribuant le nom même de Dieu, celui par lequel Dieu s’est révélé à Moïse : « Je SUIS ». C’est inédit, qu’une personne se présente comme Dieu lui-même s’est présenté à son peuple. On comprend que les auditeurs de Jésus soient dans l’incompréhension totale de son enseignement. Et il ajoute : En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. » C’est la foi en Jésus qui nous sauve de nos péchés. Nous pouvons nous demander si nous croyons vraiment en Jésus et si nous le laissons nous révéler vraiment son identité dans un lien profond avec Lui. En effet pour croire en Jésus et rester attaché solidement à lui, il faut le connaître, le découvrir vraiment. Cela n’est possible qu’en cultivant notre foi dans la recherche et la prière fréquente avec Jésus. Nos messes de dimanche ne suffisent pas pour nous faire découvrir Dieu. C’est un leurre. « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » L’évangile précise que sur ses paroles de Jésus beaucoup crurent en lui. La fidélité et l’attachement de Jésus à son Père sont sources de foi pour ses auditeurs. Son don total sur la croix dessillera les yeux de beaucoup d’incroyants.

Qui est Jésus pour moi vraiment ?

Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre » (Jn 8, 1-11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8, 1-11

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Méditons

Cet évangile met chacun de nous devant nos contradictions intérieures. Jésus prend ses adversaires à leur propre piège. Ils veulent condamner une femme pour son péché d’adultère tout comme s’ils étaient des saints. Jésus ne leur dit pas de ne pas lapider la femme. Pour ne pas aller lui-même contre la loi de Moïse, il leur dit de la lapider à une seule condition, s’ils sont sans péché. Mais aucun d’eux n’a osé le faire car devant le miroir de leur conscience, ils reconnaissent ce qu’ils sont. Seul celui qui est saint peut condamner les autres or aucun d’eux n’est saint. L’Écriture ne dit-elle pas que nul n’est juste devant Dieu? Le seul Juste et le seul Saint, c’est Dieu lui-même.
Et voilà que Dieu en la personne de Jésus ne condamne pas la pécheresse accusée par les scribes et les pharisiens, il la libère en lui remettant ses péchés. Mais il ajoute : «Va, et désormais ne pèche plus. Si Dieu est prêt à nous pardonner, il nous invite toujours à la conversion.

Donne-moi, Seigneur, le bonheur de me convertir

« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.)

Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

Méditons

Jésus ressuscite Lazare, un miracle qui montre que notre Dieu est le Dieu des vivants. Jésus fait ce miracle juste avant sa passion, mort et résurrection. Il manifeste ainsi son pouvoir sur la mort. La mort qui nous fait peur et nous désoriente.
Par ce miracle nous sommes appelés à l’espérance. L’espérance que Jésus donnera la vie à nos corps mortels par son Esprit qui habite en nous. Cette espérance de vie peut se vivre à trois niveaux différents dans notre vie d’homme et de croyant.
D’abord ne jamais désespérer quand nous sommes dans des situations difficiles de souffrance, de maladie, d’échec, de pauvreté, d’incompréhension ou autre. Dieu est attentif à notre situation et veut bien s’en servir pour manifester sa gloire. Il a bien exprimé sa compassion devant la mort de Lazare; il a pleuré. « Seigneur si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort» dirent Marthe et Marie à Jésus. Celui-ci dit: «Je te dis que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu». Marthe et Marie pensaient bien que Jésus n’a pas fait ce qu’il devrait faire, venir à temps pour guérir leur frère. Il nous arrive nous aussi de penser que Dieu n’a pas agi ou qu’il nous a abandonnés. Et bien non! Il est toujours présent et agit en son temps. Il nous demande juste de croire et de faire confiance.
Ensuite nous devons garder l’espérance que Dieu veut bien nous sortir de la mort du péché et ne jamais nous décourager devant notre faiblesse à nous améliorer mais tendre toujours vers le Seigneur. La vraie résurrection que Dieu veut pour nous sur cette terre, c’est de nous sortir du tombeau de nos péchés qui nous maintiennent en esclavage. En ce temps de carême, nous sommes invités à faire beaucoup d’efforts pour sortir de nos péchés comme nous en faisons tous les jours pour éviter les difficultés, les souffrances ou pour en sortir. Sans cela tout le reste n’est que vanité. «Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme?» Cet effort garantit la grande espérance que nous devons nourrir. Enfin l’espérance de la vie éternelle doit nous habiter et nous réjouir car c’est pour elle que nous nous sommes mis en route, que nous croyons. C’est le point d’orgue de notre foi chrétienne.Nous allons ressusciter : quelle espérance! Quelle beauté! Notre corps revêtira l’immortalité et nous verrons Dieu de nos yeux de chair et nous ne mourrons plus jamais, plus de souffrance, plus de larmes, plus de douleur mais la joie et la paix sans fin.

Je renouvelle ma foi en la résurrection des morts et à la vie éternelle.

Est-ce de Galilée que vient le Christ ? (Jn 7, 40-53)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 7, 40-53

En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »

Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

Méditons

L’oracle du vieillard Simon trouve ici bien son sens: «cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël». La foule est bien divisée au sujet de Jésus. Pour certains, il est le prophète annoncé et pour d’autres, il est le Christ. Ceux qui ont été envoyés pour arrêter Jésus, même s’ils n’ont pris Jésus pour qui il est réellement ont compris qu’il est différent de tous les hommes: «Jamais un homme n’a parlé de la sorte» Pour les chefs du peuple et les pharisiens, il est un imposteur sauf pour Nicodème. L’ignorance des récits de la naissance de Jésus conforte ses détracteurs. Jésus est né à Bethléem en Judée et non en Galilée. Ces derniers sont fermés à la vérité. Ni les œuvres de Jésus, ni ses paroles n’ont pas pu les éclairer. Ils sont restés repliés sur eux-mêmes, imbus de leur soi-disant connaissance des Écritures. Quant à nous, heureux sommes-nous de le savoir Fils de Dieu et de croire en lui. Ouvrons nos cœurs et demandons lui de nous conduire à la vérité tout entière en restant unis dans la confession de son saint Nom.

Jésus, nous croyons que tu es le Fils de Dieu venu nous sauver du péché et de la mort

« On cherchait à l’arrêter, mais son heure n’était pas encore venue » (Jn 7)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 7, 1-2.10.14.25-30

En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer. La fête juive des Tentes était proche. Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.

On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait. Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. » Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »

On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.

Nous pouvons dire avec raison que c’est l’ignorance de la vraie nature du Christ qui explique l’acharnement et l’opposition de ses adversaires. A une quinzaine de jours de Pâques, l’étau se resserre autour de Jésus. Il explique à ses auditeurs son origine, son identité mais leur aveuglement spirituel et leur orgueil ne leur permettent pas d’entendre et de comprendre Jésus, le Fils unique de Dieu. Ils ont une connaissance extérieure et civile de Jésus. Ils sont des praticiens de la religion mais pas des adorateurs de Dieu qui sont ouverts à son Esprit.
Nous aussi il peut peut-être nous arriver d’être des praticiens de la religion au lieu d’être des adorateurs qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu qui nous ouvre toujours vers un avenir où Dieu se révèle à nous davantage. Avoir une connaissance figée de Dieu, c’est méconnaître Dieu. Même s’il est le même hier, aujourd’hui et pour toujours (Hébreux 13,8), nous ne devons pas avoir une connaissance figée de lui car notre intelligence ne peut jamais finir de le découvrir. La nouveauté de Dieu en Jésus a échappé à ses détracteurs. C’est parce qu’il vient vient de Dieu qu’il a pu accomplir toutes les œuvres qu’il a faites. Et
pourtant, ils ne le croient pas

Malgré l’opposition, Jésus ne s’est pas rétracté, il poursuit sa mission jusqu’au bout. Quand l’heure aura sonné, ils pourront l’arrêter. Son amour ira jusqu’au bout.

Poursuivons jusqu’au bout notre démarche de conversion. Restons toujours ouvert sur Dieu

« Saint Joseph, humble et grand

Qui est saint Joseph dans la Bible ?

On sait peu de chose sur lui, mise à part, les sources parcellaires du Nouveau Testament, dans les Évangiles de Luc et Matthieu. Originaire de Bethléem, Joseph est un charpentier qui vit et travaille à Nazareth, en Palestine. Appelé « le Juste » (Matthieu 1, 19), il est un descendant du roi David (Luc 2, 1-7). À la demande de Dieu, il accepte d’épouser Marie, une jeune vierge, fille de Anne et Joachim, ayant grandi au Temple de Jérusalem, mais déjà enceinte

Qui est saint Joseph par rapport à Jésus ?

Après la naissance du Fils de Dieu, Jésus-Christ, dont il devint le père nourricier, il part en Égypte avec la Sainte Famille pour fuir le roi Hérode. Saint Joseph est mentionné pour la dernière fois lors de la fugue du Christ au Temple (Luc 2, 41-50).

Travailleur et charpentier appliqué, connu par la tradition pour sa douceur et son humilité, il était aussi très talentueux. On suppose que Joseph meurt juste avant le début de la vie de prédication publique de Jésus. Il aurait rendu l’âme aux côtés de la Vierge Marie et de son Fils, ce qui fait de lui le patron invoqué pour une aide divine à l’heure du décès, pour une mort apaisée auprès de ses proches.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit.

Pourquoi et comment prier saint Joseph ?

Saint Joseph est le saint de tous les jours. Il incarne cette sainteté simple, discrète, dévote et généreuse du quotidien. Par cela, il est devenu un modèle pour les personnes ordinaires, ceux appelés à vivre en simplicité par altruisme et honnêteté. Modèle des pères de famille, Joseph est, de même, l’exemple du travailleur. C’est pourquoi les chrétiens ont autant recours à lui par de nombreuses prières et neuvaines, notamment à l’approche de sa solennité de mars.

En Occident, sa dévotion remonte au Moyen Âge et beaucoup de miracles ont manifesté son intercession efficace. On peut le prier pour tous les petits et grands tracas du quotidien : travail, amour, famille, logement, santé, et y compris pour se protéger du Mal. Par tradition, à l’approche de sa fête, en tant qu’époux de la Vierge, beaucoup sont ceux à le prier grâce à une neuvaine avec la récitation du Je vous salue Joseph.

Ou bien par la récitation de diverses prières courtes, comme celle-ci qui date du XVIIIe siècle, dont le pape François se fait l’écho, dans sa lettre apostolique Patris Corde, fin 2020 :

Article tiré en partie du Pélerin