« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.)

Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

Méditons

Jésus ressuscite Lazare, un miracle qui montre que notre Dieu est le Dieu des vivants. Jésus fait ce miracle juste avant sa passion, mort et résurrection. Il manifeste ainsi son pouvoir sur la mort. La mort qui nous fait peur et nous désoriente.
Par ce miracle nous sommes appelés à l’espérance. L’espérance que Jésus donnera la vie à nos corps mortels par son Esprit qui habite en nous. Cette espérance de vie peut se vivre à trois niveaux différents dans notre vie d’homme et de croyant.
D’abord ne jamais désespérer quand nous sommes dans des situations difficiles de souffrance, de maladie, d’échec, de pauvreté, d’incompréhension ou autre. Dieu est attentif à notre situation et veut bien s’en servir pour manifester sa gloire. Il a bien exprimé sa compassion devant la mort de Lazare; il a pleuré. « Seigneur si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort» dirent Marthe et Marie à Jésus. Celui-ci dit: «Je te dis que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu». Marthe et Marie pensaient bien que Jésus n’a pas fait ce qu’il devrait faire, venir à temps pour guérir leur frère. Il nous arrive nous aussi de penser que Dieu n’a pas agi ou qu’il nous a abandonnés. Et bien non! Il est toujours présent et agit en son temps. Il nous demande juste de croire et de faire confiance.
Ensuite nous devons garder l’espérance que Dieu veut bien nous sortir de la mort du péché et ne jamais nous décourager devant notre faiblesse à nous améliorer mais tendre toujours vers le Seigneur. La vraie résurrection que Dieu veut pour nous sur cette terre, c’est de nous sortir du tombeau de nos péchés qui nous maintiennent en esclavage. En ce temps de carême, nous sommes invités à faire beaucoup d’efforts pour sortir de nos péchés comme nous en faisons tous les jours pour éviter les difficultés, les souffrances ou pour en sortir. Sans cela tout le reste n’est que vanité. «Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme?» Cet effort garantit la grande espérance que nous devons nourrir. Enfin l’espérance de la vie éternelle doit nous habiter et nous réjouir car c’est pour elle que nous nous sommes mis en route, que nous croyons. C’est le point d’orgue de notre foi chrétienne.Nous allons ressusciter : quelle espérance! Quelle beauté! Notre corps revêtira l’immortalité et nous verrons Dieu de nos yeux de chair et nous ne mourrons plus jamais, plus de souffrance, plus de larmes, plus de douleur mais la joie et la paix sans fin.

Je renouvelle ma foi en la résurrection des morts et à la vie éternelle.

Est-ce de Galilée que vient le Christ ? (Jn 7, 40-53)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 7, 40-53

En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »

Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

Méditons

L’oracle du vieillard Simon trouve ici bien son sens: «cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël». La foule est bien divisée au sujet de Jésus. Pour certains, il est le prophète annoncé et pour d’autres, il est le Christ. Ceux qui ont été envoyés pour arrêter Jésus, même s’ils n’ont pris Jésus pour qui il est réellement ont compris qu’il est différent de tous les hommes: «Jamais un homme n’a parlé de la sorte» Pour les chefs du peuple et les pharisiens, il est un imposteur sauf pour Nicodème. L’ignorance des récits de la naissance de Jésus conforte ses détracteurs. Jésus est né à Bethléem en Judée et non en Galilée. Ces derniers sont fermés à la vérité. Ni les œuvres de Jésus, ni ses paroles n’ont pas pu les éclairer. Ils sont restés repliés sur eux-mêmes, imbus de leur soi-disant connaissance des Écritures. Quant à nous, heureux sommes-nous de le savoir Fils de Dieu et de croire en lui. Ouvrons nos cœurs et demandons lui de nous conduire à la vérité tout entière en restant unis dans la confession de son saint Nom.

Jésus, nous croyons que tu es le Fils de Dieu venu nous sauver du péché et de la mort

« On cherchait à l’arrêter, mais son heure n’était pas encore venue » (Jn 7)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 7, 1-2.10.14.25-30

En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer. La fête juive des Tentes était proche. Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.

On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait. Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. » Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »

On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.

Nous pouvons dire avec raison que c’est l’ignorance de la vraie nature du Christ qui explique l’acharnement et l’opposition de ses adversaires. A une quinzaine de jours de Pâques, l’étau se resserre autour de Jésus. Il explique à ses auditeurs son origine, son identité mais leur aveuglement spirituel et leur orgueil ne leur permettent pas d’entendre et de comprendre Jésus, le Fils unique de Dieu. Ils ont une connaissance extérieure et civile de Jésus. Ils sont des praticiens de la religion mais pas des adorateurs de Dieu qui sont ouverts à son Esprit.
Nous aussi il peut peut-être nous arriver d’être des praticiens de la religion au lieu d’être des adorateurs qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu qui nous ouvre toujours vers un avenir où Dieu se révèle à nous davantage. Avoir une connaissance figée de Dieu, c’est méconnaître Dieu. Même s’il est le même hier, aujourd’hui et pour toujours (Hébreux 13,8), nous ne devons pas avoir une connaissance figée de lui car notre intelligence ne peut jamais finir de le découvrir. La nouveauté de Dieu en Jésus a échappé à ses détracteurs. C’est parce qu’il vient vient de Dieu qu’il a pu accomplir toutes les œuvres qu’il a faites. Et
pourtant, ils ne le croient pas

Malgré l’opposition, Jésus ne s’est pas rétracté, il poursuit sa mission jusqu’au bout. Quand l’heure aura sonné, ils pourront l’arrêter. Son amour ira jusqu’au bout.

Poursuivons jusqu’au bout notre démarche de conversion. Restons toujours ouvert sur Dieu

« Saint Joseph, humble et grand

Qui est saint Joseph dans la Bible ?

On sait peu de chose sur lui, mise à part, les sources parcellaires du Nouveau Testament, dans les Évangiles de Luc et Matthieu. Originaire de Bethléem, Joseph est un charpentier qui vit et travaille à Nazareth, en Palestine. Appelé « le Juste » (Matthieu 1, 19), il est un descendant du roi David (Luc 2, 1-7). À la demande de Dieu, il accepte d’épouser Marie, une jeune vierge, fille de Anne et Joachim, ayant grandi au Temple de Jérusalem, mais déjà enceinte

Qui est saint Joseph par rapport à Jésus ?

Après la naissance du Fils de Dieu, Jésus-Christ, dont il devint le père nourricier, il part en Égypte avec la Sainte Famille pour fuir le roi Hérode. Saint Joseph est mentionné pour la dernière fois lors de la fugue du Christ au Temple (Luc 2, 41-50).

Travailleur et charpentier appliqué, connu par la tradition pour sa douceur et son humilité, il était aussi très talentueux. On suppose que Joseph meurt juste avant le début de la vie de prédication publique de Jésus. Il aurait rendu l’âme aux côtés de la Vierge Marie et de son Fils, ce qui fait de lui le patron invoqué pour une aide divine à l’heure du décès, pour une mort apaisée auprès de ses proches.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit.

Pourquoi et comment prier saint Joseph ?

Saint Joseph est le saint de tous les jours. Il incarne cette sainteté simple, discrète, dévote et généreuse du quotidien. Par cela, il est devenu un modèle pour les personnes ordinaires, ceux appelés à vivre en simplicité par altruisme et honnêteté. Modèle des pères de famille, Joseph est, de même, l’exemple du travailleur. C’est pourquoi les chrétiens ont autant recours à lui par de nombreuses prières et neuvaines, notamment à l’approche de sa solennité de mars.

En Occident, sa dévotion remonte au Moyen Âge et beaucoup de miracles ont manifesté son intercession efficace. On peut le prier pour tous les petits et grands tracas du quotidien : travail, amour, famille, logement, santé, et y compris pour se protéger du Mal. Par tradition, à l’approche de sa fête, en tant qu’époux de la Vierge, beaucoup sont ceux à le prier grâce à une neuvaine avec la récitation du Je vous salue Joseph.

Ou bien par la récitation de diverses prières courtes, comme celle-ci qui date du XVIIIe siècle, dont le pape François se fait l’écho, dans sa lettre apostolique Patris Corde, fin 2020 :

Article tiré en partie du Pélerin

« Comme le Père relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils fait vivre qui il veut » (Jn 5, 17-30)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5, 17-30

En ce temps-là, après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat, Jésus déclara aux Juifs : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. » C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu.

Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui montrera des œuvres plus grandes encore, si bien que vous serez dans l’étonnement. Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé. Amen, amen, je vous le dis : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie.

« Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même ; et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme. Ne soyez pas étonnés ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ; alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés.

« Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d’après ce que j’entends, et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. »

Méditons

Jésus , devant l’opposition des juifs qui veulent le tuer parce qu’il viole le Sabbat et dit qu’il est le Fils et donc l’égal de Dieu, ne se dérobe pas. Il ne cache pas son identité. Il l’assume haut et fort en la révélant clairement et appelle ses détracteurs à croire en lui pour avoir la vie et échapper au jugement qui va venir.

N’ayons pas peur d’affirmer notre foi et notre identité de chrétiens

« Aussitôt l’homme fut guéri » (Jn 5, 1-16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5, 1-16

A l’occasion d’une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bethzatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades, aveugles, boiteux et impotents. Il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. » Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Et aussitôt l’homme fut guéri. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pied : « C’est le sabbat ! Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. » Il leur répliqua : « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : “Prends ton brancard, et marche !” » Ils l’interrogèrent : « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? » Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c’était ; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit.

Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. » L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.

Méditons

Nous assistons dans cet évangile à un récit de guérison où c’est Jésus qui prend l’initiative de guérir le paralytique qui attendait depuis très longtemps quelqu’un pour le plonger dans la piscine au moment opportun mais il n’en trouvait pas. Jésus le libère de sa paralysie par sa parole comme dans l’évangile d’hier. Le paralytique n’a pas hésité à obéir à la parole de Jésus qui lui demande de prendre son brancard et de marcher.
Il n’avait pas besoin d’être plongé dans la piscine. Jésus est la source d’eau vive qui donne la vie, qui guérit. Jésus en le faisant viole le sabbat aux yeux des Juifs. Dans un sens très significatif, il le libère des chaînes de la loi telle que conçue par les Juifs. Et Jésus donne son vrai sens au sabbat qui est un jour de libération et non d’oppression.
Nous comprenons mieux cela quand Jésus le revoit et achève en lui le processus de guérison qu’il avait commencé : il guérit son âme en le libérant de ses péchés qui sont pires que la paralysie physique. « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. »

Je me laisse toucher par Jésus qui veut me libérer de mes péchés

« Va, ton fils est vivant » (Jn 4, 43-54)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, après avoir passé deux jours chez les Samaritains, Jésus partit de là pour la Galilée. – Lui-même avait témoigné qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays. Il arriva donc en Galilée ; les Galiléens lui firent bon accueil, car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête de la Pâque, puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête. Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Or, il y avait un fonctionnaire royal, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla le trouver ; il lui demandait de descendre à Capharnaüm pour guérir son fils qui était mourant. Jésus lui dit : « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! » Le fonctionnaire royal lui dit : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! » Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant. Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux. Ils lui dirent : « C’est hier, à la septième heure (au début de l’après-midi), que la fièvre l’a quitté. » Le père se rendit compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.

Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu’il revint de Judée en Galilée.

MÉDITONS

Jésus revient là où il avait changé l’eau en vin, à Cana de Galilée. Cet fonctionnaire royal qui l’aborde, a déjà certainement entendu parler de Jésus ou peut-être qu’il était présent aux noces de Cana et avait vu ce que Jésus a fait.
Bien qu’il soit d’une autre classe sociale, il n’hésite pas à demander humblement à Jésus de guérir son enfant. Il est audacieux et courageux: « Seigneur,descend avant que mon enfant ne meure». Il a certainement confiance mais Jésus l’invite à faire un pas de plus dans la foi, dans l’inconnu: « Va, ton fils est vivant. ». Il crut à la parole de Jésus et voici que sur son chemin de retour, il reçoit la bonne nouvelle que son fils est guéri. Il reconnaît que cette guérison est l’accomplissement de la parole de Jésus. Il entraîne dans sa foi en Jésus tous les gens de sa maison. La parole de Dieu agit dans nos vies si nous y croyons. Faisons plus preuve de confiance nous aussi. Jésus est capable de transformer nos souffrances en joie.

Puissions-nous entraîner dans la foi les gens de notre famille, de notre maison.

« Il s’en alla et se lava ; quand il revint, il voyait » (Jn 9, 1-41)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

n ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : “Va à Siloé et lave-toi.” J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? » Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. » Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »

Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. » Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.

Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure. »

Méditons

Nous pensons parfois que nos malheurs sont les conséquences de nos péchés. Les disciples de Jésus n’échappent pas non plus à cette logique selon laquelle la souffrance serait une punition de Dieu. D’où ils posent cette question à Jésus : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». Ni lui, ni ses parents répond Jésus.

Jésus définit ainsi que Dieu ne peut être l’auteur du mal, ni de la souffrance. Il est venu en délivrer l’homme. L’auteur du mal est satan et ses anges. L’œuvre du Christ est de détruire les œuvres de satan. Il le fait en sortant cet aveugle de naissance de sa souffrance et des ténèbres qui l’empêchaient de voir. Dans cet épisode, Jésus se présente à nous comme la Lumière du monde. Il est venu nous sortir de nos ténèbres occasionnées par nos péchés et nous amener à la lumière du moins si nous nous laissons éclairer par Lui. En effet on peut choisir comme cet aveugle de se laisser éclairer ou comme ses pharisiens de rester dans nos ténèbres par le mensonge, l’injustice et le repli sur soi. L’aveugle a connu une grande évolution en se laissant toucher par Jésus. Il a vu le monde dans tous ses états et mieux il est arrivé à foi en Jésus. Pour lui, Jésus est d’abord un saint, un juste car « Dieu n’exauce pas les pécheurs ». Mais mieux, il vient à la foi véritable en croyant que Jésus est le Seigneur. Il a été plus audacieux que ses parents qui par peur des Juifs n’ont pas pu reconnaître et proclamer ce que Dieu a fait. Ils ont trahi la vérité. Mais le pire ce sont ces Juifs qui se sont obstinés dans leur refus de reconnaître que Dieu est à l’œuvre à travers ce que Jésus fait. Ils sont restés dans leur péché. Dans cet évangile, nous avons trois catégories de personnes qui ont choisi leur camp en face de Jésus : l’aveugle, ses parents, les pharisiens.

« Le publicain était devenu un homme juste, plutôt que l’autre »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18, 9-14

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Deux hommes arrivent au temple pour prier. L’un étale ses mérites, l’autre étale ses misères devant Dieu. L’un s’élève, l’autre s’abaisse. Jésus lui-même a dit : qui s’élève sera abaissé et qui s’abaisse sera élevé. Dans son cœur celui qui s’élève est sincère avec lui-même, de même que le publicain qui s’abaisse, est profondément conscient de ses péchés.

Ce qu’il faut savoir c’est que nul n’est juste devant Dieu. L’orgueil de ce pharisien le condamne déjà. C’est l’un des péchés capitaux qui éloignent de Dieu ; le péché principal de Satan qui a refusé de servir Dieu. Ce pharisien donc, non seulement devant Dieu, il accuse les autres mais surtout ce publicain qui rentre au temple au même moment que lui pour prier. Il jeûne deux fois, donne la dîme. Rien dans sa prière sa prière ne parle de son amour pour les autres qu’il discrimine, ni pour les pauvres et les humbles de Yahvé. Ses œuvres sont du pur pharisaïsme. Il vit dans l’autoréférentialité. Il est la mesure de la bonne conduite devant Dieu et tout le monde devrait faire comme lui.
A l’opposé le publicain s’humilie devant Dieu reconnaît ses péchés, ses misères et son indignité. Il implore la miséricorde de Dieu qu’il ne tardera pas à recevoir. Il est rétabli dans sa dignité de fils de Dieu, il est justifié.

« Le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur : tu l’aimeras »

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12, 28b-34

En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

Méditons avec les Carmes

Shema’Israël
Enfin un scribe capable de sympathie! Il l’est, en tout cas, dans l’Évangile de Marc, et tranche, par là, sur les précédents interlocuteurs de Jésus.
Dans son chapitre douzième, Marc a entrepris de présenter quelques thèmes de l’enseignement de Jésus à Jérusalem, et il le fait sous forme de questions disputées. La première, concernant l’impôt dû à César, a été posée par les Pharisiens et les Hérodiens. Une autre question-piège a été concoctée par les Sadducéens, à propos de la femme aux sept maris. Et voici notre scribe qui s’avance. « Il les avait entendus discuter, explique Marc, et voyait que Jésus leur avait bien répondu ». C’est donc parce qu’il se sent d’accord avec Jésus que le scribe l’aborde pour une vraie question: « Quel est le tout-premier commandement, celui qui passe avant tout ? »
Jésus répond, en somme: « Il y a un premier, et il y a un second ». Il faut donc bien admettre une hiérarchie des devoirs. Mais Jésus précise: « Le premier, c’est : Écoute, Israël… » La phrase est brusque, et seul Marc cite ainsi le Shema‘ Israël, l’exhortation venue du Deutéronome (6, 4), avant de continuer: « Tu aimeras ».
« Écoute, Israël… tu aimeras »: le précepte s’adresse à la fois au peuple et à chaque individu, à la personne au sein du peuple.
« Écoute, Israël : le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est unique! » C’est cette révélation, cette proclamation monothéiste et cette référence à Dieu comme notre Dieu qui vont légitimer le précepte: « Tu aimeras ». Le même appel adressé au peuple entrant dans la terre promise, sera repris, bien des siècles après, par le prophète Zacharie, annonçant les temps messianiques : « Le Seigneur deviendra Roi sur toute la terre: en ce jour-là le Seigneur sera unique et unique son Nom!  » (Za 14, 9).
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, et cet amour prendra tout ton être. Tu l’aimeras de tout ton cœur, qui rassemble tout ce qui est en toi compréhension, conscience, sentiment et vouloir. Tu l’aimeras de toute ton âme, avec tout ce qui en toi vit et veut vivre. Tu l’aimeras de toute ton intelligence, sans jamais te lasser de penser Dieu. Tu l’aimeras avec toutes les ressources de ta personne, sans crisper les mains sur ce que Dieu t’a donné. Tu l’aimeras parce qu’il est Dieu, parce qu’il est l’Unique, parce qu’il a parlé à son peuple et qu’il t’a parlé au sein de son peuple. Tu aimeras ton prochain en espérant pour lui ce dont tu rêves pour toi-même; et c’est d’un même élan que tu aimeras ton Dieu et ton frère. Il n’y a pas de précepte plus grand que ce double amour pour un même cœur.

« Maître, tu as dit vrai », répond le scribe; et, avec les mots des prophètes, il tire les conclusions ultimes de la pensée de Jésus pour sa foi de fils d’Israël : « Cela vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices ! »
La loyauté du scribe reçoit immédiatement sa récompense: il a reconnu comme vraie l’intuition de Jésus, il a fait sienne son interprétation libérante de la Loi ; Jésus, à son tour, loue sa sagesse et l’encourage: « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu! »; sous-entendu: « il te reste seulement à reconnaître son Envoyé. »
L’acquiescement d’un scribe au message de Jésus prend de court ses opposants. Aucun d’entre eux n’ose plus l’interroger, puisqu’un homme sorti de leurs rangs lui a donné raison.
La portée missionnaire de ce ralliement n’a pas échappé à l’évangéliste saint Marc : ce pas qu’un scribe de
Palestine a su faire vers la nouveauté messianique, pourquoi les croyants de la diaspora ne le feraient-ils pas?
En tout cas, vingt siècles après, l’adhésion de ce scribe à un programme de vie basé résolument sur l’amour vient contester nos lenteurs de disciples du Christ.
Qu’avons-nous soustrait, de notre cœur, de notre pensée, de nos ressources humaines, à l’amour du Maître qui devait tout prendre?
Mais aussi, de quels sacrifices rêvons-nous, de quelles prestations pour le Royaume, de quelles œuvres
mesurables, si nous avons cessé de rêver au bonheur du frère tout proche? Disciples du Christ, nous savons non seulement quel est le nom de Dieu, mais jusqu’où est allé pour nous l’amour du Dieu unique. Le commandement d’aimer nous parvient maintenant par la voix de Jésus, qui s’est livré pour nous. À chaque Eucharistie, c’est le Ressuscité qui nous réunit et qui dit à chacun: « Tu aimeras ; les paroles que je te prescris aujourd’hui resteront dans ton cœur ».
Frères et sœurs, la liberté et l’allégresse que nous apporte l’Esprit Saint doivent nous aider à réentendre le premier appel, la voix du Dieu Unique intensément présent à l’histoire, à notre histoire. Aujourd’hui encore, pour nous détacher des idoles de nos mains ou de notre cœur, le Seigneur nous redit ce qu’il proclamait par le prophète Osée: « C’est moi qui te réponds et te regarde, c’est moi qui te donne ton fruit !  » (Os 14, 9) Comment pourrions-nous faire attendre son amitié? Comment pourrions-nous rester loin du Royaume?

Aujourd’hui comme au premier jour un chemin nous est offert pour lui répondre: le sentier de la fidélité, que Saint-Paul, il y a un instant, résumait ainsi pour son cher Timothée:
« Efforce toi de te présenter devant Dieu comme un homme qui a fait ses preuves, comme un ouvrier qui n’a pas à rougir, et qui trace tout droit le chemin pour la parole de vérité » (2 Tim 2, 15).

Frère Jean Lévêque, o.c.d.