« Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 5-42)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 4, 5-42

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, Je vois que tu es un prophète !… Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui.

Entre-temps, les disciples l’appelaient : « Rabbi, viens manger. » Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. » Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas : “Encore quatre mois et ce sera la moisson” ? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur. Il est bien vrai, le dicton : “L’un sème, l’autre moissonne.” Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ; d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié. »

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus.)

Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Méditons

Bien qu’on puisse voir cet évangile sous plusieurs angles spirituels et théologiques, je prends celui de l’audace de la rencontre que Jésus nous enseigne.
Les Juifs n’ont pas le droit de parler aux Samaritains qui sont considérés comme des païens, des impurs mais Jésus le fait et de plus il le fait avec une femme de mauvaise vie. Elle est en effet à son sixième mari. Jésus brise l’interdit, le défendu et engage le dialogue. Il demande à boire à cette femme mais en réalité c’est pour l’amener à la foi. C’est ça la vraie soif de Jésus. Il a soif de ce qu’elle boive à la Source d’eau vive qui est l’amour de Dieu qui fait qu’on ne court plus derrière les plaisirs mondains car on a trouvé l’essentiel : la perle d’or qui vaut plus que tous les plaisirs du monde. Cette femme a toujours cherché son
plaisir dans les hommes et elle n’a jamais été satisfaite. C’est impossible que les plaisirs du monde nous satisfassent. Notre soif de plaisir et d’amour véritable ne peut être comblée qu’en Dieu et en Dieu seul.


Jésus a osé la rencontre qui a calmé la soif inextinguible de cette femme ; elle a trouvé l’eau vive. Ne craignons pas d’aller à la rencontre des autres, Dieu nous y attend pour nous faire découvrir autre chose que nos préjugés, nos peurs. Cette rencontre peut nous enrichir ou enrichir l’autre qui recherche un amour véritable. Et c’est là notre mission de chrétiens : faire découvrir l’amour véritable à tant d’hommes et de femmes de notre société qui recherchent le vrai amour là où il n’est pas, dans les plaisirs mondains. Aidons-les à découvrir qu’ils ne peuvent pas calmer leur soif, leur anxiété…


Osons aussi la rencontre avec Dieu. Savoir prendre le temps pour discuter, parler avec le Seigneur pour qu’il nous conduise au cœur de son amour par le don suave de l’Esprit Saint. Il apaise, il console, il fortifie. Il nous plonge dans le cœur de Dieu pour y retrouver cette tranquillité qui nous fait relativiser beaucoup de choses après lesquels le monde court.

Seigneur, donne-moi en abondance ton Esprit Saint.

« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1-3.11-32

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.

« Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

Méditons

Dans cette parabole je remarque avec quelle facilité, mais non sans peine certainement, le père laisse partir son fils qui veut prendre sa liberté. Sans doute nous comprenons tous que ce père, c’est Dieu. Dieu nous laisse libres. Il ne nous contraint pas à rester près de lui. Mais loin de Dieu, il arrive à l’homme ce qui est arrivé à ce jeune : l’affliction, la perte de soi dilué dans les plaisirs qui jamais ne peuvent calmer notre faim d’un bonheur paisible sans tourmente. Choisir la fidélité à Dieu ou l’éloignement avec les clubs de copains pour des jouissances mondaines, libre à nous. En faisant le second choix l’homme est considéré comme perdu, mort. C’est ce que dira le père au fils aîné lorsque celui-ci s’est mis en colère du fait qu’il fête de retour du plus jeune : « car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé »
Celui qui est parti comme celui qui est resté, ils étaient tous deux libres sauf que l’aîné n’a pas reconnu sa liberté ni su en profiter. Il vivait en esclave. Savons-nous vraiment nous enivrer de la liberté que Dieu nous donne, nous croyants pratiquants ?

Dieu aime ses enfants et offrent à tous sa miséricorde si les égarés reviennent vers lui.

D’une manière ou d’une autre, nous nous éloignons de Dieu. Il nous attend. Posons un acte de vrai repenti.

« Voici l’héritier : venez ! tuons-le ! » (Mt 21, 33-43.45-46)

Évangile selon St Matthieu

n ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »

En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux. Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

Méditons

Dans cet évangile, Jésus décrit sa relation avec son peuple. Il savait qu’il n’était pas accueilli à commencer par les autorités juives et les notables du peuple. Dieu qui a choisi et mis à part Israël, attendait de son peuple des fruits de sainteté mais hélas ; il n’a pas écouté, il a rejeté successivement les prophètes
parce qu’ils voulaient vivre sans Dieu tout en se réclamant son peuple. Ils rejetteront aussi Jésus le Fils même de Dieu qu’ils vont tuer. Mais Dieu ne se décourage pas pour sauver l’homme. Ce que son peuple a rejeté sera donné aux païens qui par leur conversion reconnaîtront la sainteté de Dieu et de son Fils
Jésus-Christ. Ce travail a été possibles grâce aux apôtres qui, les premiers ont cru.

Grâce à ces derniers la porte de salut restera ouverte pour tous. S’ils reviennent vers le Seigneur ils seront sauvés. Sans le Christ cela n’aurait pas été possible, lui qui a pourtant été rejeté Nous sommes appelés aujourd’hui en tant qu’église à bâtir sur le Christ, à partir de Lui pour que toutes nos missions puissent porter du fruit.

Ce que je fais, je le fais sans ou avec le Christ ?

« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. » Luc 16, 19-31

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16, 19-31

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.” Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

Se détourner du pauvre, c’est se détourner de Dieu
Dans l’évangile de ce jour, nous percevons bien qu’il y a une vie après la mort et cette vie se prépare pendant que nous sommes vivants sur la terre par la culture de l’amour.
Dans un monde non seulement égoïste mais hédoniste où dans les pays développés, l’hédonisme bat son plein sournoisement même chez des chrétiens nous devons nous laisser interpeler au fond de nous-mêmes: «Est-ce que nous faisons assez pour les pauvres? Sommes-nous sensibles à leurs besoins profonds?». Pour se dédouaner, nous entendons dire que nous ne pouvons pas résoudre toutes les misères du monde. Et celles qui nous entourent, plus proches, que faisons-nous pour les soulager durablement? Nous pouvons nous offrir plusieurs voyages dans l’année voire des pèlerinages alors que nous avons plein de gens autour de nous qui ont des fins de mois difficiles. Rien ne peut justifier
notre inaction face à la pauvreté qui aujourd’hui devient croissante même en France. Est-ce que je donne à la hauteur de ce que j’ai reçu de Dieu?
Je pense peut-être à l’héritage à transmettre pendant que vivre aujourd’hui est pénible financièrement pour mon voisin? L’indifférence devant la misère ou la souffrance des autres ne restera pas sans réponse devant Dieu au jour du jugement. Pendant ce temps de carême, faisons le point sur notre degré de charité et revenons à l’essentiel qui est l’amour pour tous et un amour préférentiel pour les pauvres. Notre générosité ne restera pas sans récompense.


Je donne substantiellement à un pauvre sur mes économies.

« Ils le condamneront à mort » (Mt 20, 17-28)

Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu

n ce temps-là, Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les douze disciples et, en chemin, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera. »

Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Qui de nous n’a jamais pensé occuper une place de choix ? L’annonce de la passion-mort et résurrection de Jésus n’a pas fait reculer Jacques et Jean dans leur désir de siéger aux premières places dans son royaume. Ils sont même prêts à souffrir avec Jésus : très bonne réponse. Mais leur réponse n’a pas suffi pour que Jésus les rassure de l’exaucement de la demande de leur mère. Jésus leur dit que seul le Père donne les places dans le Royaume des cieux avant de leur donner une belle leçon ainsi qu’autres disciples sur l’essentiel.
Le plus important pour eux comme pour nous aujourd’hui c’est de travailler à l’avènement du Royaume de Dieu dans le service désintéressé auprès des plus pauvres, pauvres de toutes catégories, dans la pure gratuité, la plus grande humilité et la plus profonde discrétion. Nous savons que nous cherchons le Royaume de Dieu. Il passe par nos choix d’aujourd’hui dans le dévouement aux autres et une vie entièrement donnée.
Nous aimons bien dire « Il faut du temps pour toi » mais dans quelle proportion.

« Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 23, 1-12

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Méditons

Jésus dans cet évangile fustige les scribes et les pharisiens pour leur orgueil. Ce sont des gens qui veulent paraître et non être réellement. Ils disent et ne font pas. Ils connaissent ce qu’il faut faire mais ils le font par procuration. Ce qu’ils prétendent être devant les hommes ne correspond en rien à ce qu’ils sont devant Dieu. Dieu voit tout. On peut tromper les hommes mais Dieu jamais. Il voit au plus
profond des cœurs. Il les sonde et les pénètre.

Non seulement que Jésus nous invite à ne pas imiter les scribes et les pharisiens mais à savoir nous tenir petits, humbles devant les autres comme devant Dieu lui-même. Ne soyons pas à la recherche des honneurs et des reconnaissances mais simplement dans le service pour Dieu et les autres. C’est le Christ le véritable Maître qui ne peut jamais nous enseigner du faux ; lui qui dit et fait.

Je choisis l’humilité et j’en demande la grâce à Dieu

Pardonnez, et vous serez pardonnés » (Lc 6, 36-38)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6, 36-38

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

Méditons

Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. La barre est très haute apparemment irréalisable pour nous les hommes. Mais si c’était irréalisable, pourquoi Jésus nous y invite-t-il ? Tout ce que Dieu ordonne, il en donne la grâce. C’est de notre volonté d’imiter Dieu que naîtra la grandeur de cœur qui nous fera répandre l’amour et non la condamnation et la vengeance. Nous ne jugerons pas mais nous compatirons à la misère de l’offenseur qui ne se rend pas compte du désastre de son offense d’abord pour lui-même car tout acte mauvais handicape spirituellement son auteur car il brise l’harmonie entre les créatures.
C’est dans la proximité avec le Seigneur dans sa parole et dans la prière que grandissent les vertus de miséricorde et de pardon. Lui qui en retour nous pardonnera sans limite et nous donnera sans mesure si nous savons pardonner et donner généreusement aux autres sans attendre d’eux forcément une récompense ou une reconnaissance. C’est Dieu qui se charge de nous combler en retour.

Est-ce que mes dons sont vraiment désintéressés vis-à-vis de mes frères et sœurs ?

Dieu nous appelle et nous éclaire (2 Tm 1, 8b-10)

« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.

En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

Méditons

Dans le mystère de Transfiguration, Jésus manifeste sa gloire à trois de ses disciples qui vont d’ailleurs jouer un rôle majeur dès les débuts de l’Église. Il voulait les prémunir de la chute ou du doute devant le scandale de la croix. C’est pour les rassurer et les fortifier dans la foi.

Pierre voulait bien rester sur la montagne, y habiter pour toujours avec le Seigneur mais il oublie qu’ils ont laissé d’autres dans la plaine au bas de la montagne, dans le monde. Ils auront pour mission de descendre pour qu’au moment venu, ils encouragent leurs frères. Ce moment sera le temps de la crucifixion du Christ qui ébranlera beaucoup d’entre eux. Ce sera aussi le moment de la vraie manifestation de la gloire de Dieu. Car c’est sur la croix qu’Il révèle la grandeur de son amour pour nous tout comme pour dire que rien n’est plus resplendissant que l’amour qui se donne entièrement jusqu’au sacrifice suprême. Mais malheureusement peu comprendront ce langage. Pour le Christ, sa mort est chemin de vie pour nous car s’il avait refusé de mourir, nous ne pourrions pas avoir la vie éternelle. Dans les moments d’épreuves souvenons-nous des moments de gloire, de bonheur, de la manifestation de la présence et de la gloire de Dieu dans notre vie pour ne pas abdiquer ou nous décourager. Souvenons-nous toujours que la croix est chemin de vie et qu’il n’y a pas de vie sans croix et que malgré nos épreuves, Dieu ne nous abandonne pas. Seulement notre regard n’est pas assez pur pour découvrir sa présence agissante. Cet évangile nous appelle à l’espérance, à contempler en Jésus la gloire qui nous est réservée. Mais pour y parvenir il faut écouter le Fils bien-aimé du Père. C’est l’écoute du Christ qui nous transforme et nous transfigure. Sans cette écoute, pas de transfiguration possible.

Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent…Matthieu 5, 43-48

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

— Acclamons la Parole de Dieu.

Méditons

Nous disions hier que l’amour de nos ennemis est la perfection dans l’amour. C’est à cela que l’évangile d’aujourd’hui nous presse. Si tu veux être disciple du Christ c’est la conversion non négociable qui t’est demandée. Jésus ne veut pas de nous des chrétiens à peu près: «Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait».
Nous sommes donc invités à ne par faire de distinction entre les hommes mais que notre amour s’étende à tous. J’ai souvent dit que l’antipathie naturelle ne doit pas exister dans le vocabulaire du chrétien. Ce sont des excuses que le diable insinue dans notre esprit pour que nous restions dans le péché. Le cœur humain est fait pour aimer et il se porterait beaucoup mieux si la haine et mépris n’y trouvaient pas leur place. Nous n’avons qu’aujourd’hui pour aimer. Les fruits de l’amour profitent beaucoup mieux à celui qui en vit et le bonheur que l’amour laisse n’est en rien comparable à l’effort qu’il demande.

Notre bonheur c’est d’aimer : une porte ouverte sur le paradis.

« Va d’abord te réconcilier avec ton frère » (Mt 5, 20-26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 20-26

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

— Acclamons la Parole de Dieu.

Méditons

Ne laisse pas éclater ta colère. Saint Alfred dit que la perfection de l’amour est d’aimer ses ennemis. Si Jésus part du précepte de ne pas tuer pour en venir à rejeter même une colère ou une insulte contre son frère, c’est parce que dans l’une ou l’autre le meurtre prend sa racine. Et donc il faut éradiquer de nos vies tout comportement qui touche la dignité de l’autre. Et puisque Dieu habite tout homme, une colère ou une insulte contre quelqu’un est une colère ou une insulte contre Dieu. C’est pourquoi sans une réconciliation préalable avec le frère offensé nous ne pouvons pas présenter notre offrande au Seigneur. L’harmonie avec les autres est la base d’une prière exaucée. Beaucoup prient et n’obtiennent rien parce que leur vie est remplie de colère et de haine.

Je fais la paix avec tous