« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » (Lc 11, 14-23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et les foules furent dans l’admiration. Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. » D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges. En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous. Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement, auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. »

Méditons

«…Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ;
celui qui ne rassemble pas avec moi disperse».

Jésus fait un miracle qui déclenche la division chez ceux qui l’observent. Certains s’en réjouissent mais d’autres en profitent pour le dénigrer en attribuant son action au diable avec qui il aurait lié un pacte. En effet le diable est capable de faire des choses qui émerveillent. Sauf que le diable ne peut pas se dresser contre lui-même. Le mal sous toutes ses formes est attribué au diable. Donc Jésus en dévirant cet homme muet, agit contre le diable. Il le vainc et le met dehors. Jésus démontre l’incohérence de ses détracteurs. Dieu est à l’œuvre en Jésus. En lui et avec lui, nous pouvons vaincre le mal.
Jésus nous invite à choisir clairement notre camp. Sommes-nous pour ou contre lui? Nous ne pouvons pas être neutres car ne pas choisir, c’est trahir. Celui qui n’aide pas positivement Jésus, travaille déjà à disperser le troupeau. Celui qui n’œuvre pour l’unité déchire la communauté. Nous ne devons pas nous taire ni faire semblant.
Soyons heureux et fiers de travailler avec Jésus par l’annonce explicite de l’évangile et notre témoignage de vie.

Je prie pour ceux qui sont dans les liens du diable

« Celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.

Méditons

« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :je ne suis pas venu abolir, mais accomplir… ». Dieu est cohérent et il n’y a pas de rupture en lui, même si sa parole nous invite à opérer des ruptures dans nos vies afin de rejoindre sa logique à lui. Car ses pensées ne sont pas nos pensées ni ses chemins les nôtres. Ces paroles de Jésus pourraient peut-être rassurer ses auditeurs et ses détracteurs que ses paroles et ses actes bousculent régulièrement car il donne une nouvelle interprétation de la Loi et des Prophètes qui est bien différente à maints endroits de celle des scribes et des pharisiens. Mais en réalité il est venu mettre de l’ordre dans le désordre créé par les intendants de la Loi. Il remet les choses à leur place tel que Dieu l’a voulu. Par sa nouvelle approche, il est celui qui accomplit parfaitement la Loi et les Prophètes. C’est pourquoi il dit par ailleurs qu’il est le chemin et aussi le bon pasteur en précisant que ceux qui sont intervenus avant lui sont des voleurs et des bandits.
La Parole de Dieu est donc la même, elle ne change pas et ne changera pas comme certains le souhaitent sous prétexte qu’elle soit plus accessible. Jésus nous dit qu’elle ne changera pas jusqu’à la fin des temps. C’est à nous de nous adapter à cette parole, d’en vivre et mieux, de l’enseigner. Et pour l’enseigner, il faut la connaître.

Je fais l’effort de lire la parole de Dieu quotidiennement et de la méditer

« C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous nepardonne pas à son frère » (Mt 18, 21-35)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

« Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

« C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Méditons

Dans l’évangile de ce jour Jésus dépasse toutes les normes établies et même nos attentes en matière de l’appel au pardon. Les Rabbins du temps de Jésus demandaient de pardonner une, deux, trois fois mais pas quatre fois. Pierre, en demandant à Jésus s’il peut pardonner jusqu’à sept fois, fait déjà œuvre d’une
grande miséricorde. Mais Jésus l’invite et nous invite à aller plus loin, à ne pas donner de limite à notre pardon, à la bonté de notre cœur.
Cette parabole met en relief la grande bonté de Dieu qui est ici le roi. Il entend la demande de son serviteur qui lui devait une somme faramineuse:“Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Le roi va au-delà de la demande de son serviteur. Il lui remet toute sa dette. Il ne veut pas être remboursé car nous ne pouvons pas rembourser Dieu. Il n’a rien à faire de nos comptes. Soulignons tout de même l’attitude ce serviteur: tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait… Il a fait preuve d’humilité et apparemment de sincérité. Mais ce qui est étonnant et surprenant, c’est son attitude envers un de ses compagnons. Celui-ci a eu envers lui la même supplication, les mêmes mots qu’il avait eu devant le roi alors que la dette ici est presque insignifiante. Il n’écoute pas. Il n’a pas tiré leçon de la magnanimité de son Maître, le roi. Il jette son compagnon en prison. Nous ressemblons souvent à ce débiteur impitoyable. Nous sommes trop durs pour nos frères en ne pardonnant pas. Il y a parfois des rancunes qui sont transmises de génération en génération, des offenses entre frères et sœurs que nous avons de la peine à pardonner, que ressassons et qui malheureusement nous rongent et nous sortent de l’amour de Dieu.
Chaque fois que nous refusons de pardonner, nous nous condamnons nous-mêmes: «…C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Je pardonne à tous ceux qui m’ont offensé.

Jésus, comme Élie et Élisée, n’est pas envoyé qu’aux seuls Juifs (Luc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4, 24-30

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »

À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

Méditons

« Amen, je vous le dis :
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays… » Cette parole fait écho à ce que nous lisons dans le prologue de Jean : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu… » Jésus est victime de ce que vit tout homme qu’on prétend bien connaître, on n’attend plus de lui quelque chose d’extraordinaire parce qu’on a fait tout le tour : on sait d’où il vient, on connaît son histoire, ses capacités intellectuelles, spirituelles, morales et financières. Cette personne passe dans l’ordinaire de nos vies.

Au-delà de ce que nous voyons, l’homme reste un mystère et ce n’est pas rare d’entendre qu’on a été surpris qu’un tel ait fait ceci ou dit cela. Car il y a en tout homme une partie qui échappe aux regards et même aux algorithmes. Si cela est vrai pour l’homme combien l’est-il davantage pour l’homme-Dieu, le Christ ?
Celui dont le comportement intriguait déjà son père et sa mère dès son enfance et qui avait fait tressaillir Jean Baptiste alors qu’il était dans le sein de sa mère. Les habitants du village de Jésus ont manqué l’opportunité de la visite de Dieu. Etant habitués aux parents de Jésus qui ne vivaient rien d’extraordinaire dans leur vie quotidienne, ils se méprennent sur Jésus et ne prennent pas au sérieux son message qui d’ailleurs les énerve car ils n’espèrent et n’attendent rien de Lui.

Ainsi en va-t-il de nous les habitués de la grâce. Dieu ne parvient plus à faire entendre sa voix au creux de l’ordinaire tellement nous sommes devenus familiers à sa Parole. Nous sommes habitués aux prières que nous faisons tous les jours, presque toujours les mêmes et nous manquons chaque fois le passage de Dieu dans bien des rencontres qui auraient pu être pour nous des chances inouïes pour vivre et nous abreuver dans la source d’amour qui jaillit en abondance chaque fois que Dieu se donne ou qu’il passe. Nous pouvons assister à la messe sans y être réellement parce que nous y sommes si habitués.

Done-nous Seigneur de faire chacune de nos rencontres avec toi, une nouvelle rencontre, une découverte.

« Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 5-42)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 4, 5-42

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, Je vois que tu es un prophète !… Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui.

Entre-temps, les disciples l’appelaient : « Rabbi, viens manger. » Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. » Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas : “Encore quatre mois et ce sera la moisson” ? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur. Il est bien vrai, le dicton : “L’un sème, l’autre moissonne.” Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ; d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié. »

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus.)

Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Méditons

Bien qu’on puisse voir cet évangile sous plusieurs angles spirituels et théologiques, je prends celui de l’audace de la rencontre que Jésus nous enseigne.
Les Juifs n’ont pas le droit de parler aux Samaritains qui sont considérés comme des païens, des impurs mais Jésus le fait et de plus il le fait avec une femme de mauvaise vie. Elle est en effet à son sixième mari. Jésus brise l’interdit, le défendu et engage le dialogue. Il demande à boire à cette femme mais en réalité c’est pour l’amener à la foi. C’est ça la vraie soif de Jésus. Il a soif de ce qu’elle boive à la Source d’eau vive qui est l’amour de Dieu qui fait qu’on ne court plus derrière les plaisirs mondains car on a trouvé l’essentiel : la perle d’or qui vaut plus que tous les plaisirs du monde. Cette femme a toujours cherché son
plaisir dans les hommes et elle n’a jamais été satisfaite. C’est impossible que les plaisirs du monde nous satisfassent. Notre soif de plaisir et d’amour véritable ne peut être comblée qu’en Dieu et en Dieu seul.


Jésus a osé la rencontre qui a calmé la soif inextinguible de cette femme ; elle a trouvé l’eau vive. Ne craignons pas d’aller à la rencontre des autres, Dieu nous y attend pour nous faire découvrir autre chose que nos préjugés, nos peurs. Cette rencontre peut nous enrichir ou enrichir l’autre qui recherche un amour véritable. Et c’est là notre mission de chrétiens : faire découvrir l’amour véritable à tant d’hommes et de femmes de notre société qui recherchent le vrai amour là où il n’est pas, dans les plaisirs mondains. Aidons-les à découvrir qu’ils ne peuvent pas calmer leur soif, leur anxiété…


Osons aussi la rencontre avec Dieu. Savoir prendre le temps pour discuter, parler avec le Seigneur pour qu’il nous conduise au cœur de son amour par le don suave de l’Esprit Saint. Il apaise, il console, il fortifie. Il nous plonge dans le cœur de Dieu pour y retrouver cette tranquillité qui nous fait relativiser beaucoup de choses après lesquels le monde court.

Seigneur, donne-moi en abondance ton Esprit Saint.

« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1-3.11-32

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.

« Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

Méditons

Dans cette parabole je remarque avec quelle facilité, mais non sans peine certainement, le père laisse partir son fils qui veut prendre sa liberté. Sans doute nous comprenons tous que ce père, c’est Dieu. Dieu nous laisse libres. Il ne nous contraint pas à rester près de lui. Mais loin de Dieu, il arrive à l’homme ce qui est arrivé à ce jeune : l’affliction, la perte de soi dilué dans les plaisirs qui jamais ne peuvent calmer notre faim d’un bonheur paisible sans tourmente. Choisir la fidélité à Dieu ou l’éloignement avec les clubs de copains pour des jouissances mondaines, libre à nous. En faisant le second choix l’homme est considéré comme perdu, mort. C’est ce que dira le père au fils aîné lorsque celui-ci s’est mis en colère du fait qu’il fête de retour du plus jeune : « car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé »
Celui qui est parti comme celui qui est resté, ils étaient tous deux libres sauf que l’aîné n’a pas reconnu sa liberté ni su en profiter. Il vivait en esclave. Savons-nous vraiment nous enivrer de la liberté que Dieu nous donne, nous croyants pratiquants ?

Dieu aime ses enfants et offrent à tous sa miséricorde si les égarés reviennent vers lui.

D’une manière ou d’une autre, nous nous éloignons de Dieu. Il nous attend. Posons un acte de vrai repenti.

« Voici l’héritier : venez ! tuons-le ! » (Mt 21, 33-43.45-46)

Évangile selon St Matthieu

n ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »

En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux. Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

Méditons

Dans cet évangile, Jésus décrit sa relation avec son peuple. Il savait qu’il n’était pas accueilli à commencer par les autorités juives et les notables du peuple. Dieu qui a choisi et mis à part Israël, attendait de son peuple des fruits de sainteté mais hélas ; il n’a pas écouté, il a rejeté successivement les prophètes
parce qu’ils voulaient vivre sans Dieu tout en se réclamant son peuple. Ils rejetteront aussi Jésus le Fils même de Dieu qu’ils vont tuer. Mais Dieu ne se décourage pas pour sauver l’homme. Ce que son peuple a rejeté sera donné aux païens qui par leur conversion reconnaîtront la sainteté de Dieu et de son Fils
Jésus-Christ. Ce travail a été possibles grâce aux apôtres qui, les premiers ont cru.

Grâce à ces derniers la porte de salut restera ouverte pour tous. S’ils reviennent vers le Seigneur ils seront sauvés. Sans le Christ cela n’aurait pas été possible, lui qui a pourtant été rejeté Nous sommes appelés aujourd’hui en tant qu’église à bâtir sur le Christ, à partir de Lui pour que toutes nos missions puissent porter du fruit.

Ce que je fais, je le fais sans ou avec le Christ ?

« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. » Luc 16, 19-31

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16, 19-31

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.” Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

Se détourner du pauvre, c’est se détourner de Dieu
Dans l’évangile de ce jour, nous percevons bien qu’il y a une vie après la mort et cette vie se prépare pendant que nous sommes vivants sur la terre par la culture de l’amour.
Dans un monde non seulement égoïste mais hédoniste où dans les pays développés, l’hédonisme bat son plein sournoisement même chez des chrétiens nous devons nous laisser interpeler au fond de nous-mêmes: «Est-ce que nous faisons assez pour les pauvres? Sommes-nous sensibles à leurs besoins profonds?». Pour se dédouaner, nous entendons dire que nous ne pouvons pas résoudre toutes les misères du monde. Et celles qui nous entourent, plus proches, que faisons-nous pour les soulager durablement? Nous pouvons nous offrir plusieurs voyages dans l’année voire des pèlerinages alors que nous avons plein de gens autour de nous qui ont des fins de mois difficiles. Rien ne peut justifier
notre inaction face à la pauvreté qui aujourd’hui devient croissante même en France. Est-ce que je donne à la hauteur de ce que j’ai reçu de Dieu?
Je pense peut-être à l’héritage à transmettre pendant que vivre aujourd’hui est pénible financièrement pour mon voisin? L’indifférence devant la misère ou la souffrance des autres ne restera pas sans réponse devant Dieu au jour du jugement. Pendant ce temps de carême, faisons le point sur notre degré de charité et revenons à l’essentiel qui est l’amour pour tous et un amour préférentiel pour les pauvres. Notre générosité ne restera pas sans récompense.


Je donne substantiellement à un pauvre sur mes économies.

« Ils le condamneront à mort » (Mt 20, 17-28)

Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu

n ce temps-là, Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les douze disciples et, en chemin, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera. »

Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Qui de nous n’a jamais pensé occuper une place de choix ? L’annonce de la passion-mort et résurrection de Jésus n’a pas fait reculer Jacques et Jean dans leur désir de siéger aux premières places dans son royaume. Ils sont même prêts à souffrir avec Jésus : très bonne réponse. Mais leur réponse n’a pas suffi pour que Jésus les rassure de l’exaucement de la demande de leur mère. Jésus leur dit que seul le Père donne les places dans le Royaume des cieux avant de leur donner une belle leçon ainsi qu’autres disciples sur l’essentiel.
Le plus important pour eux comme pour nous aujourd’hui c’est de travailler à l’avènement du Royaume de Dieu dans le service désintéressé auprès des plus pauvres, pauvres de toutes catégories, dans la pure gratuité, la plus grande humilité et la plus profonde discrétion. Nous savons que nous cherchons le Royaume de Dieu. Il passe par nos choix d’aujourd’hui dans le dévouement aux autres et une vie entièrement donnée.
Nous aimons bien dire « Il faut du temps pour toi » mais dans quelle proportion.

« Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 23, 1-12

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Méditons

Jésus dans cet évangile fustige les scribes et les pharisiens pour leur orgueil. Ce sont des gens qui veulent paraître et non être réellement. Ils disent et ne font pas. Ils connaissent ce qu’il faut faire mais ils le font par procuration. Ce qu’ils prétendent être devant les hommes ne correspond en rien à ce qu’ils sont devant Dieu. Dieu voit tout. On peut tromper les hommes mais Dieu jamais. Il voit au plus
profond des cœurs. Il les sonde et les pénètre.

Non seulement que Jésus nous invite à ne pas imiter les scribes et les pharisiens mais à savoir nous tenir petits, humbles devant les autres comme devant Dieu lui-même. Ne soyons pas à la recherche des honneurs et des reconnaissances mais simplement dans le service pour Dieu et les autres. C’est le Christ le véritable Maître qui ne peut jamais nous enseigner du faux ; lui qui dit et fait.

Je choisis l’humilité et j’en demande la grâce à Dieu