Léon XIV assistera à la présentation de Magnifica humanitas, son encyclique sur les enjeux de l’IA

Le Pape a signé ce texte très attendu, qui porte sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle. L’encyclique sera présentée le 25 mai prochain dans la salle du synode du Vatican, en présence du Saint-Père. Vatican News

Le Pape Léon XIV, s’apprête à promulguer sa première lettre encyclique, intitulée Magnifica humanitas, portant sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle. Une information confirmée ce lundi 18 mai par la Salle de presse du Saint-Siège. L’encyclique porte la signature du Saint-Père en date du 15 mai, jour du 135e anniversaire de la promulgation de l’encyclique Rerum Novarum du Pape Léon XIII.

La présentation du document aura lieu le 25 mai, à 11h30, dans la salle du Synode, en présence du Saint-Père, précise le communiqué du Saint-Siège. Participeront à cette conférence le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, le cardinal Michael Czerny, préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral, Anna Rowlands, professeure de théologie politique et de doctrine sociale de l’Église au département de théologie et de religion de l’université de Durham du Royaume-Uni, Christopher Olah, cofondateur d’Anthropic (États-Unis), responsable de la recherche sur l’interprétabilité de l’intelligence artificielle, ainsi que le Dr. Léocadie Lushombo i.t., professeur de théologie politique et de pensée sociale catholique à la Jesuit School of Theology de l’Université de Santa Clara en Californie. 

Lors de la présentation, une prise de parole et une bénédiction du Pape sont prévues. La conférence de presse sera conclue par le cardinal Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège.

Léon XIV se souvient de François: il a été un don pour l’Église

Dans l’avion entre l’Angola et la Guinée équatoriale, dernière étape de son voyage apostolique, le Pape a évoqué avec émotion la mémoire de son prédécesseur, un an après sa mort: «Il a beaucoup donné par sa vie et sa proximité avec les pauvres. Il a prêché le message de la miséricorde. Prions pour qu’il jouisse de la miséricorde du Seigneur.» Salvatore Cernuzio – À bord du vol Luanda-Malabo

«En ce premier anniversaire de sa disparition, je voudrais rendre hommage au Pape François, qui a beaucoup donné à l’Église par sa vie, son témoignage, ses paroles et ses actions. Pour ce qu’il a accompli, en vivant véritablement sa proximité avec les plus pauvres, les plus démunis, les malades, les enfants et les personnes âgées». Entre l’Angola et la Guinée équatoriale, dernière étape de son voyage apostolique en Afrique, au jour du premier anniversaire de la mort du Pape François, décédé à l’aube du 21 avril 2025, Léon XIV n’a pas manqué d’adresser une pensée personnelle à son prédécesseur, qu’il a partagée avec la soixantaine de journalistes qui l’accompagnaient. Cet anniversaire est commémoré avec ferveur à travers le monde.

Promouvoir la fraternité

Un souvenir empreint d’affection et de gratitude pour un pape qui, a dit Léon XIV, «a laissé beaucoup de choses à l’Église par son témoignage et ses paroles». On pourrait se souvenir de «beaucoup de choses» à propos de Jorge Mario Bergoglio, mais Léon XIV retient avant tout son exhortation incessante à la «fraternité universelle»: François cherchait véritablement à «promouvoir un respect authentique pour tous les hommes et toutes les femmes, en encourageant un esprit de fraternité, d’être frères et sœurs, tous ensemble, et en cherchant comment vivre le message que nous trouvons dans l’Évangile».

Le message de la miséricorde

L’autre «message» du Pape François que le pape Léon XIV évoque est celui de la «miséricorde», exprimé dès le premier Angélus, le dimanche suivant son élection, le 13 mars 2013, «mais aussi la messe qu’il a célébrée avant même l’inauguration de son pontificat, le 17 mars 2013», lorsqu’en la paroisse Sainte-Anne au Vatican, «il a prêché sur la femme adultère» et «a parlé avec ferveur de la miséricorde de Dieu, de ce grand amour, du pardon et de la générosité du Seigneur». François a voulu partager cet «esprit» «avec toute l’Église», a réaffirmé son successeur, rappelant également la «belle célébration d’un Jubilé de la Miséricorde extraordinaire».

Un don pour tous

«Prions pour qu’il jouisse déjà de la miséricorde du Seigneur», conclut Léon XIV, «rendons grâce au Seigneur pour le grand don de la vie de François à toute l’Église et au monde entier».

Christ est ressuscité, alléluia. Sa lumière a resplendi, alléluia, sur le peuple racheté par son sang.

Chers frères et sœurs en ce jour de Pâques, je voudrais souhaiter à tous joyeuses Pâques.
Pâques est la fête de L’espérance par excellence, où Dieu nous invite à aller plus loin. Les femmes témoins de la résurrection et les disciples de Jésus étaient abattus après la mort du Maître . Mais voilà que ressuscité des morts, il leur souhaite la paix et les envoie en mission. Sans sortir de nous-mêmes pour devenir des hommes nouveaux qui rayonnent de joie, parce que porteurs de cette espérance que le Dieu vivant nous appelle à sortir de nos tombeaux qui peuvent être soit des péchés, soit de la crainte, soit de la tristesse, soit des problèmes de la vie, nous ne pouvons pas être des témoins de la résurrection. Et comme le dit Saint-Paul : si le Christ vous a libérés ne prenez plus les chaînes de votre ancien esclavage. Il nous invite à nous débarrasser de tout ce qui nous paralyse de tout ce qui nous retient pour non seulement aller annoncer à notre monde L’espérance et la joie, mais surtout pour que désormais nous recherchions les réalité d’en haut là où est assis le Christ à la droite de Dieu, le Père .


Joyeuses Pâques

« Saint Joseph, humble et grand

Qui est saint Joseph dans la Bible ?

On sait peu de chose sur lui, mise à part, les sources parcellaires du Nouveau Testament, dans les Évangiles de Luc et Matthieu. Originaire de Bethléem, Joseph est un charpentier qui vit et travaille à Nazareth, en Palestine. Appelé « le Juste » (Matthieu 1, 19), il est un descendant du roi David (Luc 2, 1-7). À la demande de Dieu, il accepte d’épouser Marie, une jeune vierge, fille de Anne et Joachim, ayant grandi au Temple de Jérusalem, mais déjà enceinte

Qui est saint Joseph par rapport à Jésus ?

Après la naissance du Fils de Dieu, Jésus-Christ, dont il devint le père nourricier, il part en Égypte avec la Sainte Famille pour fuir le roi Hérode. Saint Joseph est mentionné pour la dernière fois lors de la fugue du Christ au Temple (Luc 2, 41-50).

Travailleur et charpentier appliqué, connu par la tradition pour sa douceur et son humilité, il était aussi très talentueux. On suppose que Joseph meurt juste avant le début de la vie de prédication publique de Jésus. Il aurait rendu l’âme aux côtés de la Vierge Marie et de son Fils, ce qui fait de lui le patron invoqué pour une aide divine à l’heure du décès, pour une mort apaisée auprès de ses proches.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit.

Pourquoi et comment prier saint Joseph ?

Saint Joseph est le saint de tous les jours. Il incarne cette sainteté simple, discrète, dévote et généreuse du quotidien. Par cela, il est devenu un modèle pour les personnes ordinaires, ceux appelés à vivre en simplicité par altruisme et honnêteté. Modèle des pères de famille, Joseph est, de même, l’exemple du travailleur. C’est pourquoi les chrétiens ont autant recours à lui par de nombreuses prières et neuvaines, notamment à l’approche de sa solennité de mars.

En Occident, sa dévotion remonte au Moyen Âge et beaucoup de miracles ont manifesté son intercession efficace. On peut le prier pour tous les petits et grands tracas du quotidien : travail, amour, famille, logement, santé, et y compris pour se protéger du Mal. Par tradition, à l’approche de sa fête, en tant qu’époux de la Vierge, beaucoup sont ceux à le prier grâce à une neuvaine avec la récitation du Je vous salue Joseph.

Ou bien par la récitation de diverses prières courtes, comme celle-ci qui date du XVIIIe siècle, dont le pape François se fait l’écho, dans sa lettre apostolique Patris Corde, fin 2020 :

Article tiré en partie du Pélerin

18 février : Mercredi des cendres – Sainte Bernadette

Ces cendres sur mon front, elles se voient comme le nez au milieu du visage ! De grâce, n’en effaçons pas la trace dès la sortie de la messe ! Portons bien haut le signe de notre condition pécheresse. D’ordinaire, évidemment, on arbore plutôt avec fierté ses médailles et ses titres de gloire. Mais nous, chrétiens, nous exhibons notre honte et notre humiliation. Des pharisiens font étalage de leurs mérites et de leurs vertus. Ils mettent leurs aumônes en vitrine, affichent leurs jeûnes, plastronnent et se pavanent en prière… Les disciples de Jésus, eux, loin de peaufiner la façade, laissent paraître leur misère. Ils se dépouillent de tous les masques de carnaval et de Mardi gras et se montrent enfin, tels qu’ils sont derrière les personnages qu’ils jouent : à savoir, misérables. Ils n’escomptent pas quelques applaudissements des hommes mais la
miséricorde de Dieu.

NOIR , c’est NOIR

Dans l’Église primitive les pécheurs ne se lavaient pas avant d’avoir achevé leur pénitence (qui pouvait durer dès mois ou même des années !) et reçu l’absolution.Pourquoi une telle coutume si peu hygiénique ? Afin que les pécheurs ne parussent pas plus propres extérieurement qu’ils ne l’étaient intérieurement. S’ils laissaient leur corps crasseux, c’était pour manifester la noirceur de leur âme. Ils ne voulaient pas entendre Jésus leur dire : « Sépulcres blanchis […] : à l’extérieur [vous avez] une belle apparence, mais l’intérieur est rempli d’ossements et de toutes sortes de choses impures » (Mt 23, 27).

BERNADETTE

Le 18 février est la fête de sainte Bernadette, une semaine après celle de Notre-Dame de Lourdes. Lors de ses apparitions, la Vierge immaculée avait invité à la conversion : « Pénitence, pénitence, pénitence » ; tel est le message central de Lourdes, qui consonne si naturel lement à celui du Carême. Le 25 février 1858, la belle Dame avait demandé à la petite bergère d’aller se laver à la fontaine. Bernadette avait gratté la terre et s’était retournée vers la foule qui l’entourait ce matin-là, le visage sali, maculé de boue, de l’herbe entre les dents, aussi immonde que les porcs qui fréquentaient ordinairement à Massabielle la grotte que l’on appelait précisément la « tute aux cochons »… Si la tout innocente jeune fille exhibait ainsi, à la demande de la belle Dame, des signes de déchéance et d’humiliation, combien plus les pécheurs doivent-ils ne pas rechigner à porter sur leur front la cendre, reflet de la noirceur de leur âme et en même temps porte d’entrée dans cette humilité qui attire sur elle la miséricorde de Dieu. Ce noir ostensible sur nos visages
est, en effet, comme le signe qui indique au Seigneur l’âm à visiter, car Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles de sa grâce (Jc 4, 6).

Père Guillaume de Menthière

Fraternité Saint-Pie X, la logique d’une rupture devenue existentielle

Comment expliquer l’intention de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) d’ordonner de nouveaux évêques ? Même si les discussions se poursuivent avec Rome, l’abbé Clément Barré, prêtre du diocèse de Bordeaux, y voit l’effet de la logique de rupture dans laquelle la Fraternité s’est structurée dès sa fondation.

Cela se murmurait depuis plusieurs mois, et a été officialisé ce 2 février. La décision de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) de procéder à l’ordination de nouveaux évêques sans mandat romain, semble marquer son refus persistant de retourner à la pleine communion avec Rome. Et ce n’est malheureusement pas une surprise. C’était annoncé, inscrit dans la logique même de son histoire, et d’une certaine manière inévitable. Au-delà des débats liturgiques ou théologiques qui ont souvent occupé le devant de la scène, c’est une question existentielle qui se pose ici, touchant au cœur de l’identité de cette fraternité.

Une logique de rupture

Fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, la Fraternité s’est construite sur un geste de refus : refus de certaines évolutions postconciliaires, vécu comme un devoir de fidélité. Il faut être juste : la Fraternité existait avant 1988. Mais les sacres épiscopaux de 1988, accomplis sans mandat pontifical, ont constitué un basculement. Ils ont fixé la Fraternité dans l’état où elle se trouve encore aujourd’hui, une réalité durablement structurée par une logique de rupture, au prix d’une condamnation alors immédiate : l’excommunication de l’archevêque et des évêques concernés. 

Dès lors, revenir sur le geste fondateur, ce ne serait pas seulement rouvrir un dossier historique : ce serait consentir à une remise en cause intérieure. Ce serait, au minimum, interroger la décision de Mgr Lefebvre ; mais surtout, c’est accepter de toucher à ce qui donne sens à l’existence même du groupe. À plus ou moins long terme, ce chemin impliquerait aussi une transformation radicale, et peut-être la disparition de la Fraternité telle qu’elle existe aujourd’hui. Puisque, pour ses membres, la défense de la tradition véritable ne peut passer que par la rupture avec « l’Église de Vatican II », sans la rupture originelle, quelle « raison d’être » subsisterait pour une structure qui se pense comme gardienne d’un trésor menacé ? Une institution, par réflexe de survie, peine à agir consciemment en vue de sa propre disparition. Ce réflexe est humain ; il rend aussi tout rapprochement plus ardu. C’est contre Rome que la FSSPX s’est construite et structurée, un ralliement à Rome ne pourrait signifier autre chose que son éclatement ou sa dilution. 

Recevoir son charisme de l’Église ?

En réalité, la situation de la FSSPX n’est pas inédite. Elle évoque celle que connaissent de nombreuses communautés nouvelles créées dans les décennies post-Vatican II comme réponse enthousiaste ou rétive à celui-ci et ayant, presque toute, connu des problèmes divers. Ces groupes partagent souvent des traits communs : une certitude absolue de détenir la voie authentique pour vivre la foi chrétienne, une culture du « nous contre eux » qui isole et protège, l’idée messianique de sauver l’Église de ses errements, et un culte marqué autour de la figure du fondateur. Pour ces communautés aux problèmes multiples, la sortie de la crise et la réconciliation avec l’Église passe par un chemin exigeant : rompre, quand c’est nécessaire, avec l’héritage idolâtré du fondateur, entreprendre un bilan critique honnête, et se déposséder de son charisme propre pour le recevoir pleinement des mains de l’Église. Or, dans le cas de la FSSPX, ce charisme même intègre un refus viscéral de l’autorité légitime, rendant ce processus non seulement difficile, mais apparemment insurmontable.

Une immense tristesse

Cette inévitable décision suscite avant tout une immense tristesse. Tristesse pour l’Église tout entière : une blessure de plus dans un corps déjà éprouvé. Tristesse pour les familles divisées, où certains vivent dans la Fraternité quand d’autres demeurent dans la vie paroissiale « ordinaire » : les liens se tendront, les incompréhensions grandiront, et l’on sait combien ces fractures sont intimes. Tristesse enfin pour les âmes nombreuses, souvent sincères, qui risquent d’être entraînées plus profondément dans un schisme, dont on aura beaucoup de mal à croire qu’il n’est pas pleinement consommé si les « sacres » ont bien lieu. Dans cette peine, les mots d’Origène résonnent avec une gravité intemporelle, comme l’avertissement tragique d’un père : « Que personne ne se fasse illusion, que personne ne se méprenne ; hors de cette maison, c’est-à-dire hors de l’Église, personne n’est sauvé. Si quelqu’un en sort il se rend responsable de sa propre mort. C’est là qu’est le signe du sang car c’est là qu’est la purification qui se fait par le sang » (Homélies sur Josué, III.5). Les discussions continuent avec Rome, prions et implorons l’Esprit d’unité : « Qu’ils soient u

Incendie de Crans-Montana : le pape Léon XIV adresse une lettre en français aux victimes et leurs proches

Un mois après le tragique incendie de Crans-Montana qui a fait 41 morts et 115 blessés, le pape Léon XIV a adressé une lettre en français aux victimes et proches de victimes. «C’est avec émotion que je m’adresse à vous tous qui êtes réunis dans la peine et la douleur (…) Vous avez perdu un être cher, ou bien l’un de vos proches souffre encore – peut-être pour longtemps – de ses blessures qui le marqueront pour la vie», a-t-il déploré en préambule.

Le souverain pontife explique ensuite vouloir «simplement» leur «manifester (s)a proximité et (s)a tendresse, avec celles de toute l’Église qui, par sa présence maternelle désire – autant qu’il est possible – porter avec vous le fardeau, et qui prie le Seigneur Jésus de soutenir votre foi dans l’épreuve». Pour les victimes et familles chrétiennes, le pape a formé le vœu qu’ils trouvent «auprès de (leurs) prêtres et de (leurs) Communautés chrétiennes les secours fraternels et spirituels que vous cherchez pour surmonter la peine et garder courage».

«Rien n’est fini»

Pour les aider à supporter leur douleur et surmonter le «sentiment d’abandon», Léon XIV affirme les confier «à la Vierge Marie, Notre-Dame-des-Douleurs»«(Elle) vous serre sur son cœur et vous invite à regarder avec elle la Croix, sur laquelle son Jésus bien-aimé a souffert lui aussi, et a donné sa vie». Le pape les invite à se reposer sur «l’espérance de revoir un jour ceux que vous avez perdus, l’espérance aussi que, dès ici-bas, se lèvera pour vous un jour nouveau, et que la joie reviendra dans vos cœurs».

«Soyez-en absolument certains, comme l’affirme saint Paul : ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l’avenir, ni les épreuves, ni la séparation, ni la souffrance… rien ne pourra, vous et vos êtres chers, vous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ (cf. Rm 8, 38). Et rien de ce que vous avez vécu de beau et d’heureux avec eux n’est perdu pour toujours ; rien n’est fini !», a-t-il insisté.

«Une affectueuse Bénédiction Apostolique»

Enfin, le souverain pontife confie prier pour que les victimes et leurs proches reçoivent «la force et le courage de persévérer» et demande «au Seigneur le repos de vos défunts et le soulagement de ceux que vous aimez»«Je vous donne de grand cœur une affectueuse Bénédiction Apostolique», conclut-il.

Quinze jours après l’incendie du Constellation, le pape américain s’était mobilisé pour soutenir les survivants et leurs familles. Il avait reçu en audience privée au Vatican une vingtaine de proches de victimes.

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« On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort « 

À l’approche de l’examen par le Sénat du projet de loi sur la fin de vie, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France prend la parole. Dans une tribune publiée le 14 janvier 2026, les évêques appellent à une réflexion profonde sur le sens du soin, de la solidarité et de la dignité humaine.

Dans les prochains jours, le Sénat examinera une proposition de loi instituant un « droit à l’aide à mourir ». Ce débat engage notre société dans ce qu’elle a de plus intime et de plus grave : la manière dont elle accompagne ses membres les plus vulnérables jusqu’au terme de leur vie.

Nous, évêques de France, voulons redire notre profond respect pour les personnes confrontées à la fin de vie, à la maladie grave ou incurable, à la souffrance et à la peur de dépendre des autres. L’Église a une longue expérience d’accompagnement des malades ou des personnes en situation de handicap, des aidants, des soignants, des aumôniers d’hôpitaux ou d’Ehpad, et nous entendons l’angoisse de celles et ceux qui redoutent la douleur, la solitude ou la perte de maîtrise. Nous rencontrons directement cette angoisse, quand des personnes proches, des membres de nos familles, des fidèles de nos diocèses, y sont confrontés et nous la partagent. Ces peurs sont réelles. Elles appellent des réponses humaines, fraternelles, médicales et sociales à la hauteur.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la France a fait un choix singulier et précieux : refuser à la fois l’acharnement déraisonnable et la mort provoquée, en affirmant à la fois le droit de ne pas souffrir et le devoir d’accompagner la vie jusqu’au bout. Les lois successives, jusqu’à la loi Claeys-Leonetti et, aujourd’hui, la nouvelle loi en cours d’élaboration pour l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs, dessinent une « voie française » cohérente, reconnue, fondée sur le développement de la culture palliative, la prise en compte de la parole du patient, les directives anticipées et la possibilité de la sédation profonde et continue, non pour donner la mort mais pour soulager la douleur.

Les soins palliatifs sont l’unique bonne réponse aux situations éprouvantes de la fin de vie et nous exprimons ici notre reconnaissance aux élus qui, par leur vote, soutiennent l’actuelle proposition de loi pour l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs. Beaucoup de soignants engagés dans cette voie témoignent que la prise en considération de la personne en fin de vie ou malade, dans sa dimension physique, mais aussi psychologique, relationnelle et, le cas échéant, spirituelle, telle que le proposent les soins palliatifs, entraîne quasiment toujours chez les patients en fin de vie la disparition des demandes à mourir. Car même derrière une demande de mort, c’est souvent le désir de vivre qui se dit. Pour permettre à tous d’accéder aux soins palliatifs, l’Église, qui est déjà présente dans le monde hospitalier et la pratique des soins, est prête à apporter sa contribution au développement de la culture palliative, en intensifiant son engagement sur le sujet.

Dès lors, une question s’impose : pourquoi une nouvelle loi ? Si l’« on meurt mal en France », comme on l’entend parfois, ce n’est pas parce que l’administration d’une substance létale aux patients n’est pas encore autorisée, mais parce que la loi existante est insuffisamment appliquée et que l’accès aux soins palliatifs demeure très inégal sur le territoire national. Aujourd’hui encore, près d’un quart des besoins en soins palliatifs ne sont pas couverts. Comment proposer la mort comme une option, quand l’accès effectif au soin, au soulagement de la douleur (les progrès médicaux permettent de venir à bout de quasiment toutes les douleurs réfractaires), à la présence humaine et à l’accompagnement n’est pas garanti pour tous ?

Légaliser l’euthanasie ou le suicide assisté changerait profondément la nature de notre pacte social. Derrière des mots qui se veulent rassurants se cache une réalité que le langage tend à dissimuler. Présenter l’euthanasie et le suicide assisté comme des actes de soin brouille gravement les repères éthiques. On détourne les mots de leur véritable sens pour mieux anesthésier les consciences : ce brouillage n’est jamais neutre. On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort.

Nous refusons en particulier l’instrumentalisation de notions essentielles telles que la dignité, la liberté ou la fraternité.

Nous rappelons avec force que la dignité d’une personne humaine n’est pas variable selon son état de santé, son autonomie ou son utilité sociale ; elle est inhérente à son humanité, jusqu’au bout. Elle est inaliénable.

La liberté, quant à elle, ne peut être pensée de manière abstraite, comme si la souffrance, la peur, la solitude ou la pression sociale n’avaient aucun impact sur le discernement.  La demande d’en finir avec la vie n’est-elle pas une demande d’en finir avec une vie qui ne correspond plus aux critères socialement normés : être en bonne santé, utile, valide et ne pas représenter un poids financier a priori lourd ? La liberté ainsi conçue risque de devenir une pression silencieuse, surtout pour les plus fragiles. La liberté de tout individu doit aussi être envisagée dans sa dimension relationnelle : nous sommes interdépendants et les choix des uns engagent les autres. Faire porter un choix de mort à un malade, à une famille, à une équipe médicale formée pour soigner et non pour tuer, c’est nier le mystère de communion qui nous lie les uns aux autres. Paul Ricoeur invitait à « penser à la responsabilité qu’on a des autres, qui sont confiés à notre soin et à notre garde, et pas seulement à la responsabilité qu’on a à l’égard de soi-même. » [1]

Enfin, évoquer une « loi de fraternité » quand il s’agit de faire mourir, de donner la possibilité de s’administrer une substance létale, ou d’inciter un soignant de le faire contre sa conscience, est un mensonge. La fraternité, valeur centrale de notre République, ne consiste pas à hâter la mort de ceux qui souffrent ou à forcer des soignants à la provoquer, mais au contraire à ne jamais abandonner celles et ceux qui vivent ces moments si difficiles et douloureux. La fraternité invite à refuser définitivement la tentation de donner la mort, et, dans le même temps, à s’engager résolument pour développer effectivement les soins palliatifs sur tout le territoire, à renforcer la formation des soignants, à soutenir les aidants, à rompre la solitude et à reconnaître que la vulnérabilité fait partie de la condition humaine.

Aussi, nous appelons solennellement les responsables politiques à mesurer la portée anthropologique, sociale et éthique de leurs débats et de leurs votes. Nous comptons sur la décision personnelle et courageuse de nos élus nationaux. La vie, à toutes ses étapes et jusqu’à la fin, n’est pas une cause que l’on porte comme une autre, avec des idées toutes faites et l’orgueil de nous croire tout-puissants, mais un mystère à accueillir, avec une écoute attentive de ceux que la souffrance transperce et avec humilité : il faut beaucoup d’humilité pour un peu d’humanité.

Notre motivation n’est pas d’abord ni exclusivement confessionnelle. Nous voulons donner un écho à l’inquiétude profonde exprimée par de très nombreuses personnes malades, personnes en situation de handicap, familles ou soignants. Avec cette proposition de loi, ces derniers seraient encore en première ligne et sommés de poser des actes contraires à l’éthique du soin et au pacte de confiance qui les lie aux patients et à leurs familles ou leurs proches. Le risque est grand de mettre à mal la relation de confiance entre le soignant, le soigné, son entourage proche.

Le vote qui se présente aux représentants de la Nation n’engage donc pas seulement un choix individuel, mais un choix de société. Car au-delà de « l’aide à mourir », c’est la question du sens de la vie, de la souffrance et de la mort qui se pose à nous. Une vie humaine, aussi affaiblie soit-elle, peut-elle décemment être considérée comme inutile au point de s’en débarrasser ? Sommes-nous des êtres parfaitement autonomes ou des personnes qui faisons alliance pour prendre soin les unes et les autres ? L’inquiétude humaine aux confins de la mort est-elle une absurdité à effacer ou une condition de notre existence, à soulager et à accompagner ?

Nous croyons qu’une société grandit, non pas lorsqu’elle propose la mort comme solution, mais bien lorsqu’elle se mobilise pour accompagner la fragilité et protéger la vie, jusqu’au bout. Le chemin est exigeant, certes, mais c’est le seul qui soit véritablement humain, digne et fraternel.

[1] Paul Ricoeur, Accompagner la vie jusqu’à la mort, Esprit, mars-avril 2006, p. 320

Les évêques du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF)

Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la CEF

Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise et vice-président de la CEF

Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours et vice-président de la CEF

Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque coadjuteur de La Rochelle

Mgr Sylvain Bataille, archevêque de Bourges

Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Nîmes

Mgr Alexandre de Bucy, évêque d’Agen

Mgr Jacques Habert, évêque de Bayeux et Lisieux

Mgr Alexandre Joly, évêque de Troyes

Mgr Laurent Le Boulc’h, archevêque de Lille

Mgr Luc Meyer, évêque de Rodez

Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Nancy

Mgr Didier Noblot, évêque de Saint-Flour

Mgr Laurent Percerou, évêque de Nantes

Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris

Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Sens-Auxerr

“Un langage à la saveur orwellienne” : la mise en garde de Léon XIV devant les diplomates

Devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, le pape Léon XIV a défendu les droits humains fondamentaux, qui ne doivent en aucun cas être restreints « au nom d’autres droits dits ‘nouveaux' ». Un discours de vœux sans détour, plaçant la défense de la vie au cœur des préoccupations du Pape pour l’année 2026.

Dans son premier discours de vœux de Nouvel an au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, ce 9 janvier 2026, Léon XIV a longuement défendu les droits humains fondamentaux – droit à la vie, droits d’expression, de liberté de conscience, de liberté religieuse. Il a aussi exhorté à soutenir l’institution de la famille et a appelé les États à donner la priorité aux politiques de soutien des naissances. Au fil de sa longue intervention de près de trois quarts d’heure devant les ambassadeurs du monde entier, le Pape a, comme le veut la coutume, brossé les contours des orientations diplomatiques du Saint-Siège, exprimant sa sollicitude à l’égard des conflits qui secouent le globe.

Après le discours d’introduction de l’ambassadeur chypriote George Poulides, doyen du Corps diplomatique, le Pape a pris la parole en anglais, s’inspirant des idées clés de l’ouvrage La Cité de Dieu de son maître spirituel saint Augustin pour sa réflexion. Ce dernier affirme que le chrétien, même s’il vise « la cité céleste », n’est pas étranger au monde politique et cherche à appliquer l’éthique chrétienne, inspirée des Écritures, au gouvernement civil.

À une époque « tellement troublée par un nombre croissant de tensions et de conflits », et par une « profonde réorganisation des équilibres géopolitiques et des paradigmes culturels « , le Pape s’est préoccupé de « la faiblesse du multilatéralisme sur le plan international ». Il a appuyé le rôle des Nations Unies, souhaitant qu’elles soient « plus orientées et efficaces dans la poursuite non pas d’idéologies, mais de politiques visant à l’unité de la famille des peuples ».

Le chef de l’Église catholique a longuement insisté sur le respect du droit international humanitaire qui « ne peut dépendre des circonstances et des intérêts militaires et stratégiques ». « Il doit toujours prévaloir sur les velléités des belligérants », a-t-il martelé en dénonçant leur « grave violation » dans la destruction d’hôpitaux, d’infrastructures énergétiques, ou encore d’habitations. Il a aussi condamné « toute forme d’implication des civils dans les opérations militaires ».

Redécouvrir le sens des mots

Léon XIV a vu dans le contexte social actuel « un véritable ‘court-circuit’ des droits humains ». « Le droit à la liberté d’expression, à la liberté de conscience, à la liberté religieuse et même à la vie subissent des restrictions au nom d’autres droits dits ‘nouveaux' », a-t-il dénoncé.

Il a diagnostiqué une perte de connexion entre les mots et la réalité dans la société actuelle, ainsi que l’existence d’une « ambiguïté sémantique », estimant que redécouvrir le sens des mots était « l’un des premiers défis de notre époque », afin que chaque terme soit ancré « dans la vérité ». Une orientation nécessaire pour garantir la liberté de parole et d’expression, a-t-il ajouté, constatant en Occident « un nouveau langage à la saveur orwellienne qui, dans sa tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’animent ».

« L’objection de conscience n’est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même.

Le propos de Léon XIV a aussi porté sur la liberté de conscience, laquelle « semble faire l’objet d’une remise en question accrue de la part des États, y compris ceux qui se déclarent fondés sur la démocratie et les droits de l’homme ». « L’objection de conscience n’est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même », a-t-il déclaré en citant le refus du service militaire au nom de la non-violence ou le refus de pratiques telles que l’avortement ou l’euthanasie pour des médecins et des professionnels de santé.

Autre droit que le Pape a vu comme menacé : la liberté religieuse. Condamnant à nouveau « toute forme d’antisémitisme », il a plaidé pour le « plein respect de la liberté de culte pour les chrétiens et les croyants de toutes les religions ». Léon XIV a protesté en particulier contre la persécution des chrétiens qui « reste l’une des crises des droits humains les plus répandues à l’heure actuelle », touchant un chrétien sur sept dans le monde. Il a mentionné le Bangladesh, la région du Sahel et le Nigeria, ainsi que le « grave attentat terroriste perpétré en juin dernier contre la paroisse Saint-Élie de Damas, sans oublier les victimes de la violence djihadiste à Cabo Delgado, au Mozambique ».

La défense de la vie, leitmotiv du discours

Léon XIV a consacré une longue partie de son discours à la protection du droit à la vie, « le fondement incontournable de tout autre droit humain ». « Une société n’est saine et avancée que lorsqu’elle protège le caractère sacré de la vie humaine et s’efforce activement de la promouvoir », a-t-il averti. Le principe de l’inviolabilité de la dignité humaine et du caractère sacré de la vie « compte toujours plus que tout intérêt national », a-t-il lancé à l’attention de la communauté internationale.

À ce propos, le Pape a pointé du doigt « une forme subtile de discrimination religieuse » en Europe ou en Amérique, qui consiste à limiter la possibilité des chrétiens « d’annoncer les vérités évangéliques […] en particulier lorsqu’ils défendent la dignité des plus faibles, des enfants à naître, des réfugiés et des migrants, ou lorsqu’ils promeuvent la famille ».

Soulignant la « dignité inaliénable de toute personne », le pontife américano-péruvien a défendu les migrants ou encore les détenus, souhaitant « que [leurs] peines soient proportionnées aux délits commis », qu’ils jouissent de conditions dignes et « que l’on s’efforce d’abolir la peine de mort ». Il a évoqué au passage la souffrance des détenus politiques « dans de nombreux États ».

Avortement, GPA, euthanasie, drogues

Le Pape s’est fait le héraut de l’institution familiale, s’inquiétant de la tendance internationale « à négliger et à sous-estimer son rôle social fondamental, ce qui conduit à sa marginalisation institutionnelle progressive ». Il a exhorté les États à « mettre les familles en mesure d’accueillir et de prendre pleinement soin de la vie naissante », en particulier « dans les pays qui connaissent une baisse dramatique du taux de natalité ».

Incitant à rejeter « catégoriquement » les pratiques « qui nient ou instrumentalisent l’origine de la vie et son développement », il a exprimé la « profonde préoccupation » du Saint-Siège face aux initiatives de financement de « la mobilité transfrontalière » pour accéder au « droit à l’avortement sûr ». Pour le Pape, il est « déplorable que des ressources publiques soient consacrées à la suppression de la vie, au lieu d’être investies dans le soutien aux mères et aux familles ».

Léon XIV a aussi émis ses critiques sur la maternité de substitution, « qui transforme la gestation en un service négociable » et « viole la dignité tant de l’enfant, réduit à un “produit”, que de la mère, en instrumentalisant son corps ». Quant aux malades et aux personnes âgées, le Pape a demandé aux États de proposer « des solutions à la souffrance humaine, comme les soins palliatifs, et en promouvant des politiques de solidarité authentique, plutôt que d’encourager des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie ».

Par ailleurs, l’évêque de Rome s’est soucié des jeunes confrontés à la dépendance aux drogues, souhaitant l’éradication de « ce fléau de l’humanité » et du trafic qui l’alimente. Il a plaidé pour « des politiques adéquates de désintoxication et des investissements plus importants dans la promotion humaine, l’éducation et la création d’emplois ».

Nouveaux appels pour la paix en Ukraine et en Terre sainte

Le Pape a ensuite fait un tour d’horizon des conflits en cours, assurant qu’à l’origine de chacun d’entre eux se trouve une « racine d’orgueil ». Il a en premier lieu dénoncé le « fardeau de souffrances » infligées à la population civile ukrainienne, insistant sur « l’urgence d’un cessez-le-feu immédiat ». Le Pape a lancé un appel à la communauté internationale pour lui demander de poursuivre ses efforts en faveur de solutions « justes et durables », assurant que le Saint-Siège est disponible pour « accompagner toute initiative favorisant la paix et la concorde ».

Se tournant vers la Terre sainte, Léon XIV a déploré que la population palestinienne soit toujours frappée par une « grave crise humanitaire » en dépit de la trêve annoncée en octobre dernier. Le Pape a assuré que le Saint-Siège suivrait avec attention les initiatives permettant aux Palestiniens de la bande de Gaza, mais aussi aux autres habitants de Terre sainte, d’avoir un avenir « sur leur propre terre ». Il a rappelé le soutien du Saint-Siège à une solution à deux États et dénoncé l’ « augmentation des violences en Cisjordanie » contre la population civile palestinienne.

Sortir des graves crises qui frappent le Venezuela et Haïti

Le Pape s’est ensuite inquiété de « l’aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du  Pacifique », plaidant pour des « solutions pacifiques » qui ne soient pas guidées par des « intérêts partisans ». Il a en particulier cité les « récents développements » du Venezuela, renouvelant son appel à « respecter la volonté du peuple vénézuélien » et à l’aider à « sortir de la grave crise qui  frappe le pays depuis de nombreuses années ». Sans citer spécifiquement le Venezuela, il s’est aussi alarmé du fait que le « principe établi après la Seconde Guerre mondiale, qui interdisait aux pays d’utiliser la force pour violer les frontières d’autrui », ait été « enfreint ».

Léon XIV a aussi rappelé la « situation dramatique » qui touche Haïti, évoquant les enlèvements, le trafic d’êtres humains et l’exil forcé d’une partie de la population. Il a demandé un « soutien concret » de la communauté internationale pour permettre au pays de « rétablir l’ordre démocratique » et de mettre fin aux violences.

Contre l’enlisement des conflits en Afrique et en Birmanie

Le chef de l’Église catholique a ensuite rappelé les « nombreuses victimes » dans la région des Grands Lacs en Afrique, estimant que ce conflit qui touche en particulier la République démocratique du Congo « a duré depuis trop longtemps ». Il a aussi évoqué la situation au Soudan, « transformé en un vaste champ de bataille » et mis en garde contre « l’instabilité politique qui persiste au Soudan du Sud ».

Le Pape a ensuite alerté contre » l’intensification des signes de tension  » en Asie orientale, encourageant les parties concernées – sans les nommer – à une « approche pacifiste et dialoguante ». Il a aussi mis en avant la « grave crise humanitaire et sécuritaire » qui touche actuellement la Birmanie, rappelant le tremblement de terre dévastateur qui a aggravé la situation en mars 2025, et plaidant pour la mise en place de « processus démocratiques ».

« Une ferveur guerrière se répand »

Léon XIV s’est ensuite plus largement élevé contre l’idée « que la paix n’est possible que par la force et sous l’effet de la dissuasion ». « La guerre est revenue à la mode et une ferveur guerrière se répand », s’est-il inquiété. Il a insisté sur le fait que la paix nécessite « un effort patient et constant » et mis en avant une « diplomatie qui promeut le dialogue et le consensus ».

Le Pape a mis en garde les pays dotés d’un arsenal nucléaire et a plaidé pour le renouvellement du traité russo-américain New START sur la réduction de ces arsenaux, qui était entré en vigueur en 2011 et prendra fin le 5 février prochain. Il a aussi mis en garde contre une éventuelle « course à la production » d’armes utilisant l’intelligence artificielle, plaidant pour la mise en place de « cadres normatifs » garantissant la responsabilité humaine.

Les efforts encourageants en Arménie, en Azerbaïdjan et au Vietnam

Plaidant pour une action politique guidée par « l’humilité de la vérité et le courage du pardon », Léon XIV a voulu mettre en avant les « signes d’une espérance courageuse » que propose aussi l’histoire diplomatique, rappelant notamment les accords de Dayton signés en 1995 qui avaient mis fin à la guerre en Bosnie-Herzégovine. Il a néanmoins reconnu la persistance de « tensions » dans la région. Le Pape a aussi salué la signature d’une déclaration commune de paix en août 2025 par l’Arménie et l’Azerbaïdjan, invitant les deux parties à résoudre les « problèmes encore en suspens ».

Le Pape a enfin salué « l’engagement dont ont fait preuve ces dernières années les Autorités vietnamiennes pour améliorer les relations avec le Saint-Siège et les conditions dans lesquelles l’Église opère dans le pays », y voyant des « germes de paix » à cultiver pour l’avenir. En juillet 2023, le Vietnam avait notamment accepté l’installation d’un représentant papal résident sur son territoire.

un article de Aleteia Access