Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
« Amen, je vous le dis :
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays… » Cette parole fait écho à ce que nous lisons dans le prologue de Jean : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu… » Jésus est victime de ce que vit tout homme qu’on prétend bien connaître, on n’attend plus de lui quelque chose d’extraordinaire parce qu’on a fait tout le tour : on sait d’où il vient, on connaît son histoire, ses capacités intellectuelles, spirituelles, morales et financières. Cette personne passe dans l’ordinaire de nos vies.
Au-delà de ce que nous voyons, l’homme reste un mystère et ce n’est pas rare d’entendre qu’on a été surpris qu’un tel ait fait ceci ou dit cela. Car il y a en tout homme une partie qui échappe aux regards et même aux algorithmes. Si cela est vrai pour l’homme combien l’est-il davantage pour l’homme-Dieu, le Christ ?
Celui dont le comportement intriguait déjà son père et sa mère dès son enfance et qui avait fait tressaillir Jean Baptiste alors qu’il était dans le sein de sa mère. Les habitants du village de Jésus ont manqué l’opportunité de la visite de Dieu. Etant habitués aux parents de Jésus qui ne vivaient rien d’extraordinaire dans leur vie quotidienne, ils se méprennent sur Jésus et ne prennent pas au sérieux son message qui d’ailleurs les énerve car ils n’espèrent et n’attendent rien de Lui.
Ainsi en va-t-il de nous les habitués de la grâce. Dieu ne parvient plus à faire entendre sa voix au creux de l’ordinaire tellement nous sommes devenus familiers à sa Parole. Nous sommes habitués aux prières que nous faisons tous les jours, presque toujours les mêmes et nous manquons chaque fois le passage de Dieu dans bien des rencontres qui auraient pu être pour nous des chances inouïes pour vivre et nous abreuver dans la source d’amour qui jaillit en abondance chaque fois que Dieu se donne ou qu’il passe. Nous pouvons assister à la messe sans y être réellement parce que nous y sommes si habitués.
