Lettre Apostolique DESIDERIO DESIDERAVI 

Article publié dans le Bulletin Paroissial n° 161 de septembre 2022

Jean-Claude Hervé

Traditionis custodes :

Il n’est pas inutile de rappeler quel était le but de Traditionis custodes. En donnant son motu proprio (gardiens de la tradition, en latin), le pape François a surpris les milieux traditionalistes. Le texte pontifical estime que Summorum Pontificum, un motu proprio de Benoît XVI, promulgué en 2007 pour permettre l’usage de certains rites antérieurs à Vatican II, a été «exploité pour élargir les fossés, renforcer les divergences et encourager les désaccords qui blessent l’Église, bloquent son chemin et l’exposent au péril de la division». L’objectif de l’unité a ainsi été «gravement négligé», selon le pape, qui souhaite donc restreindre les libertés permises par son prédécesseur, ce que contestent des fidèles.

Les évêques, gardiens de la tradition :

Il n’est pas scandaleux qu’un pape souhaite se prononcer sur des problèmes dont on ne peut nier la gravité. Ce n’est pas pour rien que le document s’ouvre par des termes qui désignent les évêques, comme gardiens de la tradition. Le document de Benoît XVI avait dépossédé les évêques (et les curés) de toute autorité en la matière : ils étaient tenus d’obtempérer aux requêtes qui leur étaient adressées. État de choses sans précédents dans la tradition catholique. François rétablit une régulation, épiscopale, qui est de droit

Desiderio desideravi : (quelques réflexions sur la liturgie)

Le pape François a publié le mercredi 29 juin une lettre pour tous les fidèles au sujet de la liturgie. Laissons la parole au Pape François : «Très chers frères et sœurs, par cette lettre, je désire vous rejoindre tous – après avoir déjà écrit uniquement aux évêques après la publication du Motu Proprio Traditionis custodes – et je vous écris pour partager avec vous quelques réflexions sur la liturgie, dimension fondamentale pour la vie de l’Église. Le sujet est vaste et mérite d’être examiné attentivement sous tous ses aspects : toutefois, dans cette lettre, je n’ai pas l’intention de traiter la question de manière exhaustive. Je souhaite plutôt offrir quelques pistes de réflexion qui puissent aider à la contemplation de la beauté et de la vérité de la célébration chrétienne.»

C’est donc une longue méditation. Desiderio desideravi” est le début d’une parole du Christ avant la Cène : J’ai désiré d’un grand désir, manger cette pâque avec vous, avant de souffrir ! (Lc 22, 15). Le pape réfléchit profondément sur la liturgie qui doit amener à faire la paix autour des questions liturgiques Il nous demande d’abandonner nos polémiques «pour écouter ensemble ce que l’Esprit dit à l’Église». Il s’agit de se mettre en prière, de se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, de s’écouter aussi les uns les autres, d’essayer de se comprendre. Bref, comme le dit encore le Pape, de «sauvegarder notre communion». Il est normal et souhaitable que les fidèles s’expriment et que les pasteurs les écoutent. Mais il est également normal et souhaitable que, après avoir écouté chacun, les pasteurs décident.

Dans des articles à venir, nous relèverons «quelques pistes de réflexion» les plus saillants de cette longue lettre.