L’Eglise, maîtresse de prière

« Les changements dans l’Eglise sans prière ne sont pas des changements d’Eglise, ce sont des changements de groupe », a mis en garde le pape François à l’audience générale de ce 14 avril 2021.
« Quand l’ennemi, le Malin, veut combattre l’Eglise, a-t-il dit dans sa catéchèse, il le fait tout d’abord en cherchant à assécher ses sources, en les empêchant de prier ». Et le pape de citer « certains groupes qui se mettent d’accord pour effectuer des réformes ecclésiales, des changements dans la vie de l’Eglise… Mais la prière ne se voit pas, on ne prie pas… La proposition est intéressante… mais où est la prière? La prière est celle qui ouvre la porte à l’Esprit Saint, qui est celui qui inspire pour avancer ».
En direct vidéo de la bibliothèque privée du palais apostolique, le pape a expliqué que « l’habit de la foi n’est pas amidonné, il se développe avec nous; il n’est pas rigide, il grandit, également à travers des moments de crise et des résurrections… Et le souffle de la foi est la prière: plus nous apprenons à prier plus nous grandissons dans la foi ».
« Les saints, qui souvent comptent peu aux yeux du monde, sont en réalité ceux qui le soutiennent, non pas avec les armes de l’argent et du pouvoir, des moyens de communication et ainsi de suite, mais avec les armes de la prière », a aussi affirmé le pape François.
Il a invité à un examen de conscience : « Est-ce que je prie ?… Comment est-ce que je prie ? Comme des perroquets ou bien prions-nous avec le cœur ?… Je prie en étant certain d’être dans l’Eglise et je prie avec l’Eglise, ou est-ce que je prie un peu selon mes idées et je fais que mes idées deviennent prière ? Il s’agit-là d’une prière païenne, pas chrétienne. »
Voici la traduction de cette catéchèse proposée par le Vatican.

Catéchèse du Pape

Chers frères et sœurs, bonjour!

L’Eglise est une grande école de prière. Beaucoup d’entre nous ont appris à prononcer les premières prières assis sur les genoux de leurs parents ou de leurs grands-parents. Peut-être conservons-nous le souvenir de notre mère et de notre père qui nous enseignaient à réciter les prières avant d’aller dormir. Ces moments de recueillement sont souvent ceux pendant lesquels les parents écoutent leurs enfants faire quelques confidences personnelles et peuvent leur donner un conseil inspiré de l’Evangile. Ensuite, sur le chemin de la croissance, on fait d’autres rencontres, avec d’autres témoins et maîtres de prière (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, nn. 2686-2687). Cela fait du bien de les rappeler.

La vie d’une paroisse et de chaque communauté chrétienne est rythmée par les temps de la liturgie et de la prière communautaire. Nous nous apercevons que ce don que nous avons reçu dans l’enfance avec simplicité est un grand patrimoine, un patrimoine très riche, et que l’expérience de la prière mérite d’être toujours davantage approfondie (cf. ibid., n. 2688). L’habit de la foi n’est pas amidonné, il se développe avec nous; il n’est pas rigide, il grandit, également à travers des moments de crise et des résurrections; d’ailleurs, il ne peut pas grandir sans des moments de crise, car la crise te fait grandir: entrer en crise est une manière nécessaire pour grandir. Et le souffle de la foi est la prière: plus nous apprenons à prier plus nous grandissons dans la foi. Après certains passages de la vie, nous nous apercevons que sans la foi nous n’aurions pas pu y arriver et que la prière a été notre force. Pas seulement la prière personnelle, mais également celle de nos frères et sœurs, et de la communauté qui nous a accompagné et soutenu, des gens qui nous connaissent, des gens à qui nous demandons de prier pour nous.

C’est également pour cela que dans l’Eglise fleurissent sans cesse des communautés et des groupes consacrés à la prière. Certains chrétiens ressentent même l’appel à faire de la prière l’action principale de leurs journées. Dans l’Eglise, il y a des monastères, il y a des couvents, des ermitages, où vivent des personnes consacrées à Dieu, qui deviennent souvent des centres de rayonnement spirituel. Ce sont des communautés de prière qui font rayonner la spiritualité. Ce sont des petites oasis où l’on partage une prière intense et où l’on construit jour après jour la communion fraternelle. Ce sont des cellules vitales, non seulement pour le tissu ecclésial, mais pour la société elle-même. Pensons, par exemple, au rôle qu’a eu le monachisme dans la naissance et la croissance de la civilisation européenne, et également dans d’autres cultures. Prier et travailler en communauté fait avancer le monde. C’est un moteur.

Tout dans l’Eglise naît de la prière, et tout grandit grâce à la prière. Quand l’ennemi, le Malin, veut combattre l’Eglise, il le fait tout d’abord en cherchant à assécher ses sources, en les empêchant de prier. Nous le voyons par exemple dans certains groupes qui se mettent d’accord pour effectuer des réformes ecclésiales, des changements dans la vie de l’Eglise… Il y a toutes les organisations, il y a les médias qui informent tout le monde… Mais la prière ne se voit pas, on ne prie pas. «Nous devons changer cela, nous devons prendre cette décision qui est un peu forte…». La proposition est intéressante, elle est intéressante, seulement avec la discussion, seulement avec les médias, mais où est la prière? La prière est celle qui ouvre la porte à l’Esprit Saint, qui est celui qui inspire pour avancer. Les changements dans l’Église sans prière ne sont pas des changements d’Église, ce sont des changements de groupe. Et quand l’Ennemi – comme je l’ai dit – veut combattre l’Église, il le fait avant tout en cherchant à assécher ses sources, en les empêchant de prier, et [en la poussant à] faire ces autres propositions.  Si la prière cesse, il semble pendant un moment que tout puisse continuer comme toujours – par inertie – , mais peu de temps après, l’Eglise s’aperçoit qu’elle est devenue comme une enveloppe vide, qu’elle a égaré son axe central, qu’elle ne possède plus la source de la chaleur et de l’amour. Les femmes et les hommes saints n’ont pas une vie plus facile que les autres, au contraire, ils ont eux aussi leurs problèmes à affronter et, en plus, ils sont souvent l’objet d’oppositions. Mais leur force est la prière, qui puise toujours au «puits» intarissable de notre  mère l’Eglise. Par la prière, ils alimentent la flamme de leur foi, comme on le faisait avec l’huile des lampes. Et ainsi, ils avancent en marchant dans la foi et dans l’espérance. Les saints, qui souvent comptent peu aux yeux du monde, sont en réalité ceux qui le soutiennent, non pas avec les armes de l’argent et du pouvoir, des moyens de communication et ainsi de suite, mais avec les armes de la prière.

Dans l’Evangile de Luc, Jésus pose une question dramatique qui nous fait toujours réfléchir: «Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?» (Lc 18, 8), ou trouvera-t-il seulement des organisations, comme un groupe d’ «entrepreneurs de la foi», tous bien organisés, qui font de la bienfaisance, beaucoup de choses…, ou trouvera-t-il la foi?. «Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?». Cette question se trouve à la fin d’une parabole qui montre la nécessité de prier avec persévérance, sans se lasser (cf. vv. 1-8). Nous pouvons donc conclure que la lampe de la foi sera toujours allumée sur la terre, tant qu’il y aura l’huile de la prière. La lampe de la vraie foi de l’Eglise sera toujours allumée sur la terre tant qu’il y aura l’huile de la prière. C’est ce qui fait avancer la foi et qui fait avancer notre pauvre vie, faible, pécheresse, mais la prière la fait avancer avec sécurité. C’est une question que nous, chrétiens, nous devons nous poser: est-ce que je prie? Prions-nous? Comment est-ce que je prie? Comme des perroquets ou bien prions-nous avec le cœur? Comment est-ce que je prie? Je prie en étant certain d’être dans l’Eglise et je prie avec l’Eglise, ou est-ce que je prie un peu selon mes idées et je fais que mes idées deviennent prière? Il s’agit-là d’une prière païenne, pas chrétienne. Je le répète: nous pouvons conclure que la lampe de la foi sera toujours allumée sur la terre tant qu’il y aura l’huile de la prière.

Et il s’agit d’une tâche essentielle de l’Eglise: prier et éduquer à prier. Transmettre de génération en génération la lampe de la foi avec l’huile de la prière. La lampe de la foi qui illumine, qui arrange les choses vraiment comme elles sont, mais qui ne peut avancer qu’avec l’huile de la prière. Autrement, elle s’éteint. Sans la lumière de cette lampe, nous ne pourrions pas voir la route pour évangéliser, nous ne pourrions même pas voir la route pour bien croire; nous ne pourrions pas voir le visage de nos frères à approcher et à servir; nous ne pourrions pas éclairer la pièce où nous rencontrer en communauté… Sans la foi, tout s’écroule; et sans la prière, la foi s’éteint. Foi et prière, ensemble. Il n’y a pas d’autre voie. C’est pourquoi l’Eglise, qui est maison et école de communion, est maison et école de foi et de prière.

© Librairie éditrice du Vatican

Quatre pistes pour fortifier sa foi

La foi est un don, surnaturel et définitif, de Dieu. Il n’en demeure pas moins qu’il ne s’agit pas d’un don « magique ». Pistes pour la raffermir.

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Dieu, par amour pour nous, fait toujours appel à notre liberté : Il demande notre participation au développement des dons qu’Il nous accorde. Le don de la foi exige donc de la part de l’homme une réponse : l’assentiment à la vérité révélée. Cette adhésion de l’intelligence à la Révélation se réalise par un acte de foi, qui s’enracine dans la parole de Dieu telle que l’Église catholique nous l’enseigne. On reçoit ainsi le contenu de la foi par l’enseignement de l’Église. On l’exerce par la méditation. On conserve la foi par la mémoire. La foi est le roc sur lequel se fonde toute notre vie surnaturelle de baptisé. Elle nous donne d’expérimenter un avant-goût de la joie du Ciel. Là, la foi sera remplacée par la vision de Dieu. De ce point on peut tirer quatre conséquences.

Il nous revient de croire en notre foi et de douter de nos doutes

D’abord, la foi, perfectionnant l’intelligence humaine, peut dépasser cette intelligence, mais elle ne peut pas la contredire, car l’une et l’autre ont la même finalité : la connaissance de la vérité. Deuxièmement, puisque la foi a pour siège l’âme spirituelle, elle n’est donc pas dans le sentiment. Il ne s’agit pas de « ressentir » émotionnellement la foi, ni même l’amour ou l’espérance. Troisièmement, la foi est exercice, combat. La douce mais déconcertante pédagogie de Dieu consiste à laisser venir en nous des doutes afin que nous puissions exercer notre foi ! Il nous revient alors de croire en notre foi et de douter de nos doutes. Or, il arrive si souvent que, dans ces circonstances, nous accordions grand crédit à nos doutes et si peu de foi… à notre foi !

La foi est certitude. Personne, s’il est sensé, n’engagerait sa vie sur un doute ! C’est pourquoi l’obéissance à la vérité devient l’attitude la plus noble du croyant. Il en découle que l’on peut perdre la foi, par la négation ou le doute volontaire face à l’enseignement de l’Église, quand bien même l’objet n’en serait qu’un seul des articles proposés à notre croyance. Celui qui refuse opiniâtrement de donner son assentiment intérieur à l’un des points qui sont contenus dans la foi n’a plus la foi, fût-il un puits de science théologique ! À l’inverse celui qui ne croit pas explicitement à tout, mais qui est prêt à croire au fur à mesure que cette connaissance lui est accessible, possède la foi.

Enfin, quatrième conséquence, saint Jacques nous dit que la foi sans les œuvres est une foi morte (Jc 2, 20). Il faut donc, pour que notre foi soit vivante, qu’elle soit agissante « par la charité » (Ga 5, 6). Il faut oser confesser notre foi par notre bouche. Il faut oser en témoigner par notre agir. En parlant de la « mort de Dieu », le cardinal Ratzinger avait fait cette réflexion : « Qu’est-ce qui aurait pu désormais rendre Dieu plus problématique à notre monde athée, sinon le caractère interpellant de la foi et de l’amour de ceux qui croient en lui ? » Témoigner de l’amour de Dieu nourrit aussi notre foi.

Père Nicolas Buttet

« Un seul cœur et une seule âme »

Lecture du livre des Actes des Apôtres

La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.

Psaume

  R/ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
 Éternel est son amour !

 Oui, que le dise Israël :
 Éternel est son amour !
 Que le dise la maison d’Aaron :
 Éternel est son amour !
 Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
 Éternel est son amour !

 Le bras du Seigneur se lève,
 le bras du Seigneur est fort !
 Non, je ne mourrai pas, je vivrai
 pour annoncer les actions du Seigneur.
 Il m’a frappé, le Seigneur, il m’a frappé,
 mais sans me livrer à la mort.

 La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
 est devenue la pierre d’angle :
 c’est là l’œuvre du Seigneur,
 la merveille devant nos yeux.
 Voici le jour que fit le Seigneur,
 qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui. Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. Car tel est l’amour de Dieu :garder ses commandements ; et ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit :  « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses  péchés, ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de  nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Commentaires

Chers frères et sœurs bien-aimés
 
          Nous avons célébré dans la joie la messe ce dimanche de la Divine Miséricorde à laquelle dix enfants ont reçu pour la première fois la communion. La décision d’étendre la célébration du dimanche de la Divine Miséricorde au monde relève du saint pape Jean Paul II le 30 avril 2000 ; et cette célébration a eu lieu pour la première au niveau universel le 22 avril 2001. Tous les deuxièmes dimanches de Pâques sont depuis lors consacrés à la Divine Miséricorde. Cette demande a été faite par Jésus lui-même à sainte Faustine KOWALSKA lors des apparitions régulières dont elle a bénéficié. Dieu veut déverser sa miséricorde sur toute l’humanité. Quiconque confesse ses péchés et reçoit la communion ce jour-là est pardonné de tous ses péchés et peines.

    N’ayons pas peur de nous confesser car ce serait se fermer la porte de la Miséricorde Divine pourtant gratuite :« Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
      Ce sacrement qui est tombé en désuétude chez beaucoup de chrétiens dans certains milieux est pourtant l’océan de la Miséricorde Divine à laquelle il faut aller puiser avec joie ou s’y baigner pour retrouver la joie de l’âme. Tous depuis le pape jusqu’au nouveau venu nous y sommes conviés gracieusement. Cheminer dans la foi afin de renouer avec ce sacrement est mon souhait pour ceux qui s’en sont éloignés, afin de savourer la Bonté infinie de notre Seigneur.
      «  La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; » Je voudrais appeler chacun d’entre nous à réfléchir suffisamment sur comment réussir à faire communauté en essayant de vivre au mieux cette merveilleuse vertu d’ unité au sein de nos paroisses. Vivement que cette pandémie passe et que nous entamions une démarche collective de connaissance réciproque pour construire une communauté où chacun a envie de vivre et où chacun trouve sa place.
 
                     Excellente semaine à tous

« Cherche-le de tout ton cœur, prie, demande, crie, et tu le trouveras », écrit le pape à un jeune

« Cherche-le de tout l’élan de ton cœur, prie, demande, crie, et tu le trouveras, comme il l’a promis. « , écrit le pape François à un jeune dans son introduction au livre du cardinal Raniero Cantalamessa, « François, le jongleur de Dieu » (« Francesco il giullare di Dio« ), paru aux Editions franciscaines italiennes (Edizioni Francescane Italiane).

La lettre du Pape François

Ce livre a été écrit pour toi, mon jeune frère de recherche, et je voudrais t’initier à sa lecture en te donnant en cadeau des mots pleins de la grande estime et de la confiance que je place en toi et en tous les jeunes.

Peut-être as-tu ouvert les Évangiles et écouté ce que Jésus a dit un jour dans le célèbre Sermon sur la montagne: «Demandez, on vous donnera; cherchez, vous trouverez; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; à qui frappe, on ouvrira.» (Mt 7,7-8). Ce sont des paroles fortes, pleines d’une promesse grande et exigeante, mais nous pouvons nous demander: sont-elles à prendre au sérieux? Est-il vrai que si je demande au Seigneur, il écoutera ma requête, que si je le cherche, je le trouverai, et que si je frappe, il m’ouvrira?

Vous pourriez m’objecter: n’est-il pas vrai que, parfois, l’expérience semble démentir cette promesse? Que beaucoup demandent et n’obtiennent pas, qu’ils cherchent et ne trouvent pas, qu’ils frappent aux portes du ciel et que derrière, on n’entend que le silence? Alors peut-on faire confiance à ces paroles ou non? Ne seront-elles pas aussi, comme tant d’autres que j’entends autour de moi, source d’illusion et donc de déception?

Je comprends tes doutes et j’apprécie tes questions – malheur si je n’en n’avais pas ! – mais elles m’interrogent aussi et me font penser à un autre passage de l’Écriture qui, placé à côté des paroles de Jésus, me semble les éclairer dans toute leur profondeur. Dans le livre de Jérémie, le Seigneur dit par l’intermédiaire du prophète: «Vous me chercherez et vous me trouverez ; oui, recherchez-moi de tout votre cœur. Je me laisserai trouver par vous»  (Jérémie 29, 13-14). Dieu se laisse trouver, oui, mais seulement par l’homme qui le cherche de tout son cœur.

Ouvre les Évangiles, lis les rencontres de Jésus avec les personnes qui venaient à lui et tu verras comment, pour certaines d’entre elles, ses promesses se sont réalisées. Ce sont celles pour qui trouver une réponse était devenu une question essentielle. Le Seigneur s’est laissé trouver par l’insistance de la veuve, par la soif de vérité de Nicodème, par la foi du centurion, par le cri de la veuve de Naïm, par le repentir sincère du pécheur, par le désir de santé du lépreux, par le désir de lumière de Bartimée. Chacun de ces personnages aurait pu, à juste titre, prononcer les mots du psaume 63 : «Mon âme a soif de toi [Seigneur], ma chair a soif de toi, comme une terre aride sans eau».

Celui qui cherche trouve s’il cherche de tout son cœur, si pour lui le Seigneur devient vital comme l’eau pour le désert, comme la terre pour une graine, comme le soleil pour une fleur. Et ceci, si l’on y réfléchit bien, est très beau et très respectueux de notre liberté: la foi n’est pas donnée de manière automatique, comme un don indifférent de ta participation, mais te demande de t’impliquer en première personne et avec toute ta personne. C’est un don qui veut être désiré. C’est, par essence, l’Amour qui veut être aimé.

Tu as peut-être cherché le Seigneur et tu ne l’as pas trouvé, mais permet-moi de te poser une question: quel était ton désir pour Lui? Cherche-le de tout l’élan de ton cœur, prie, demande, crie, et tu le trouveras, comme il l’a promis. Le roi des vers, dont tu liras l’histoire dans les pages suivantes, aimait la vie et, comme tout jeune homme, désirait la vivre pleinement. Il était l’un des chanteurs les plus célèbres de son temps, et dans son impétueux désir de plénitude, il cherchait sans le savoir Celui qui seul peut remplir le cœur de l’homme. Il a cherché et il a été trouvé.

Cela nous montre une vérité encore plus profonde: le Seigneur désire que tu le cherches  pour qu’il te trouve. Deus sitit sitiri disait saint Grégoire de Nazianze, c’est-à-dire que Dieu a soif que nous ayons soif de lui, afin qu’en nous trouvant ainsi, il puisse enfin nous rencontrer. Celui qui nous invite à frapper, se présente en réalité le premier à la porte de notre cœur: «Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi» (Ap 3,20).

Frère François

Et s’il frappait à ta porte aujourd’hui? Le roi des vers a rencontré un jour frère François au monastère de Colpersito, à San Severino March ; il a été transpercé par sa parole et une nouvelle étincelle s’est allumée en lui. Peut-être lui est-il arrivé ce qui est arrivé à saint Paul sur le chemin de Damas, car la lumière de Dieu «a brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ» (2 Co 4, 6). Il a vu François dans la splendeur de sa sainteté et en lui il a entrevu la beauté du visage de Dieu. Ce qu’il avait toujours cherché, il l’a enfin trouvé, et il l’a trouvé grâce à un saint homme. Et, quant à saint Paul, les choses qui pour lui étaient des gains, il les considérait comme une perte, un déchet, devant la sublimité de la connaissance du Christ Jésus (cf. Ph 3, 7-9). Immédiatement, il a brisé toute hésitation: «Quel besoin d’en dire plus? Venons-en aux faits. Emmenez-moi loin des hommes et rendez-moi au grand Empereur!».

Lorsque le Seigneur nous appelle à Lui, il ne veut pas de compromis ou d’hésitation de notre part, mais une réponse radicale. Jésus disait: «Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts.»(Mt 8,22).

Ce jour-là, un nouvel homme est né, non plus Guglielmo da Lisciano, le roi du vers, mais Frère Pacifique, un homme habité par une nouvelle paix inconnue jusqu’alors. À partir de ce jour, il est devenu tout à Dieu, entièrement consacré à lui, l’un des plus proches compagnons de saint François, un témoin de la beauté de la foi.

C’est pourquoi, mon cher jeune, tout en remerciant le cher père Raniero pour le nouveau cadeau qu’il fait à l’Église avec les précieuses et sages pages de ce livre, avec la certitude qu’elles feront tant de bien à ceux qui les liront, je te souhaite une lecture fructueuse, et rappelle-toi: Dieu n’a pas cessé d’appeler, en effet, peut-être aujourd’hui plus qu’hier, il fait entendre sa voix. Si tu ne fais que baisser les autres volumes et augmenter celui de tes plus grands désirs, tu l’entendras clairement et nettement en toi et autour de toi. Le Seigneur ne se lasse pas de venir à notre rencontre, de nous chercher comme le berger cherche la brebis perdue, comme la femme de la maison cherche la pièce dispersée, comme le Père cherche ses enfants. Il continue à appeler et attend patiemment que nous répondions comme Marie: «Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole»(Lc 1, 38).  Si tu as le courage de quitter tes sécurités et de t’ouvrir à Lui, un nouveau monde s’ouvrira à toi et tu deviendras à ton tour une lumière pour les autres.

Merci de ton écoute. J’invoque le Saint-Esprit de Dieu sur toi, et toi aussi, si tu le peux, n’oublie pas de prier pour moi.

Ton Pape François

Prière de sainte Faustine pour avoir confiance en la miséricorde de Dieu

Ce dimanche 11 avril, les catholiques du monde entier célèbrent la fête de la Divine miséricorde. Pour vous y joindre, découvrez cette prière de sainte Faustine, porteuse du message de pardon et de consolation du Christ.
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Chaque année, les catholiques du monde entier célèbrent la fête de la Divine miséricorde, le premier dimanche après Pâques, pour clore l’Octave pascal. Un événement inspiré par sainte Faustine, une religieuse polonaise qui fut dans les années 1930 la destinataire de révélations privées de la part de Jésus.

Canonisée par Jean Paul II le 30 avril 2000, sainte Faustine a consacré sa vie entière à la Divine miséricorde. Le message dont elle est porteuse est intemporel : le Christ aime les hommes sans condamnation ni jugement. De façon absolue. C’est cet amour inconditionnel que sainte Faustine évoque dans cette belle prière :

Je recours à Ta miséricorde, Dieu clément, Toi qui seul est bon. Quoique ma misère soit grande et mes fautes nombreuses, j’ai cependant confiance en Ta miséricorde, car Tu es le Dieu de miséricorde, et dans tous les siècles on n’a pas entendu dire, le ciel ni la terre ne se souviennent, qu’une âme confiante en Ta miséricorde ait été déçue. Ô Dieu de pitié, Toi seul peux me justifier et Tu ne me rejetteras jamais, lorsque, contrite, je reviens à Ton Cœur miséricordieux qui n’a jamais refusé personne, même le plus grand des pécheurs.
Sainte Faustine (Petit Journal n° 1730)

Consignes diocésaines à propos des messes.

Chers frères et sœurs,

Nous sommes dans un 3ème pic épidémique qui touche particulièrement la Vendée. Nous ne sommes plus dans la période d’après Noël où une certaine latitude était possible parce que nous n’étions pas dans un confinement strict.

Pour l’instant nous avons toujours la possibilité de nous rassembler dans les églises pour célébrer la messe à condition de respecter les mesures sanitaires qui nous sont imposées et que nous appliquons volontiers car elles ont fait preuve de leur efficacité. Ne perdons pas cette possibilité par la faute de la négligence de certains.

Je rappelle ces consignes :

  • –     Respecter la distance requise aussi bien dans les déplacements (procession d’entrée et de sortie, file de communion…) que dans les places assises, ce qui impose de limiter le nombre de participants suivant la taille de l’église.
  • Porter le masque à l’intérieur et à l’extérieur de l’église. Les seules exceptions sont pour ceux qui viennent faire une lecture et le célébrant principal (mais qui doit porter le masque quand il circule dans l’église et quand il donne la communion).
  • Mettre à disposition de tous du gel et s’en enduire les mains pour ceux qui donnent la communion.
  • Recevoir l’hostie uniquement dans la main au cours de la messe.
  • Entrer et sortir rapidement de l’église sans s’attrouper.
  • Supprimer tout apéritif et pique-nique partagé.

L’épreuve est rude j’en ai conscience, mais j’ai confiance, chers frères et sœurs, dans votre sens du bien commun et votre esprit de communion pour que nous ayons à cœur de préserver la possibilité de participer à l’eucharistie et de communier pour tous ceux qui le désirent.

Prions afin que tous, nous vivions ce temps pascal semi-confiné dans la paix et la lumière du Christ ressuscité.

À Luçon, le 8 avril 2021.

* François JACOLIN
Évêque de Luçon

FRANÇOIS CONTRE LA PAUVRETÉ ET L’INÉGALITÉ

Dans son intention de prière d’avril, le Saint-Père plaide pour que tout être humain ait le droit de se développer pleinement, et il prie tout particulièrement pour ceux qui luttent au péril de leur vie pour les droits fondamentaux.

Zenit.org

(Cité du Vatican, 6 avril 2021) – La Vidéo du Pape, qui diffuse l’intention de prière que François confie à toute l’Eglise catholique à travers le Réseau Mondial de Prière du Pape, traite au mois d’avril des droits humains fondamentaux. Le Saint-Père veut mettre l’accent non seulement sur « la lutte active contre la pauvreté, l’inégalité, le manque de travail, de terre et de logement, de droits sociaux et du travail », mais aussi sur le fait que des personnes risquent quotidiennement leur vie pour défendre les droits humains fondamentaux dans des environnements conflictuels.

Les images de La Vidéo du Pape d’avril illustre l’accès à ces droits fondamentaux en montrant les mains d’innombrables hommes et femmes qui travaillent la terre, ouvrent des portes, soignent, se nourrissent, étudient… – et l’abus de ces mêmes droits, à travers les mains d’enfants exploités, souffrantes, de personnes emprisonnées sans jugement, entre autres situations critiques. Cette Vidéo est soutenue par la Mission permanente d’observation du Saint-Siège auprès des Nations unies.

Les droits humains fondamentaux sont les droits que nous avons tout simplement car nous existons en tant qu’êtres humains. Ces droits universels sont inhérents à nous tous, indépendamment de notre nationalité, sexe, origine nationale ou ethnique, couleur, religion, langue ou toute autre situation. La Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948, fut le premier document juridique visant à protéger universellement les droits fondamentaux de tout être humain.

L’enseignement de l’Église : les droits inhérent à la personne

Dans l’Église également, depuis le Pape Jean XXIII dans les années 1960, les droits humains sont au cœur de l’enseignement et de la pratique sociale catholiques. Ainsi qu’a pu l’écrire le Cardinal Michael Czerny S.J. dans un article récent : « Lorsque St Jean XXIII a énuméré les droits fondamentaux dans son encyclique Pacem in terris de 1963, il a commencé par ceux considérés aujourd’hui comme économiques : « Tout être humain a droit à la vie, à l’intégrité physique et aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente, notamment en ce qui concerne l’alimentation, le vêtement, l’habitation, le repos, les soins médicaux, les services sociaux ». Aujourd’hui, le Pape François reprend le même point, en insistant en particulier sur le droit au travail, au logement, à la terre et à la sécurité alimentaire : « une terre, un toit, un travail ».

Le P. Frédéric Fornos S.J., directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape rappelle que : « Ce n’est pas la première fois que le Pape François insiste sur l’importance des droits humains fondamentaux. Dans sa dernière encyclique, Fratelli tutti, il a dénoncé le fait qu’« alors qu’une partie de l’humanité vit dans l’opulence, une autre partie voit sa dignité méconnue, méprisée ou piétinée et ses droits fondamentaux ignorés ou violés » (FT,22). François nous demande ce mois-ci de prier « pour ceux qui luttent au péril de leur vie pour les droits fondamentaux sous les dictatures, les régimes autoritaires mais aussi dans les démocraties en crise ». C’est une invitation à se souvenir de ces hommes et femmes, dans tant de pays du monde, qui croupissent en prison ou affrontent des situations dangereuses, de ceux qui ont perdu la vie, pour beaucoup au nom de leur foi en Jésus-Christ. Ne les oublions pas, prions pour eux, pour elles. »

Prier pour ceux qui défendent les droits fondamentaux

Accompagnons dans la prière La Vidéo du Pape d’avril en soulignant le courage et la détermination de ceux qui luttent chaque jour pour que ces droits humains fondamentaux soient les mêmes pour tous, parfois au péril de leur vie

La fraternité, l’horizon de toute société

« La fraternité est l’horizon de toute société. Pâques le manifeste. Jésus, le Christ ressuscité, confie son message à une femme : « Va trouver mes frères et dis-leur… » Non pas mes serviteurs ni mes disciples, mais « mes frères ». Parole de fraternité et non de pouvoir !

Mgr d’Ornellas

Nous, évêques, comme nous l’avons écrit aux catholiques de France, nous reconnaissons que des prêtres ont manqué gravement à cette fraternité en blessant durablement des enfants par des abus sexuels. Nous voulons accompagner les personnes victimes – merci jà elles d’avoir parlé ! – et recevoir d’elles leur cri nous enjoignant de ne plus jamais dériver vers ce pouvoir mortifère qui engendre tant de mal et de souffrances. Pour ce mal commis qui nous fait honte, nous demandons pardon à Dieu qui veuf la fraternité entre tous les humains.

« La fraternité, repère intangible dans l’Église »

La fraternité est un repère intangible dans l’Église et dans nos sociétés : vivre humainement n’est véritable que dans le respect de la dignité de tout être humain considéré comme une personne, c’est-à-dire comme toujours plus grand que ce qu’on imagine. Nous, prêtres, ne devons jamais l’oublier !

Ce respect inspire des relations justes entre l’adulte et l’enfant, tous les deux ayant la même dignité d’être humain, chacun étant une personne. L’autorité que cherche implicitement l’enfant pour grandir n’est pas un pouvoir mais un service de sa liberté. Il a besoin d’une boussole pour ne pas sombrer dans le caprice qui est comme une aiguille folle sans Nord. Le service de l’autorité enfante un être libre, maître de lui-même et capable de relations pacifiques et respectueuses. Le caprice laisse l’enfant à ses désirs sans direction et fait de lui un être humain basant ses relations sur la violence de ses pulsions.

Cette fraternité sonne comme un appel quand des frères et sœurs vivent des situations de grande vulnérabilité, en particulier en fin de vie et quand ils sont atteints d’une maladie incurable. Vivre la fraternité consiste à les accompagner le mieux possible de telle sorte qu’ils ne souffrent pas.

Les soins palliatifs sont devenus une science et un savoir-faire remarquables, capables de s’adapter à chaque situation. Tout citoyen y a droit. Le 2 février 2016, la loi, prolongeant celle du 22 avril 2005, les a inscrits comme une obligation : interdiction de tout acharnement thérapeutique ; promotion .de l’accompagnement ; exigence de collégialité médicale, en dialogue avec la personne vulnérable ou son représentant, pour mettre en œuvre une sédation profonde et continue jusqu’au décès, quand c’est le seul moyen d’apaiser. La loi oblige à considérer ses directives anticipées pour sa fin de vie, si celles-ci ne comportent pas une contre-indication médicale. L’intention est uniquement l’accompagnement jusqu’à la mort naturelle. Il a un double but : permettre à la personne de réaliser encore des rêves et des projets, tant que cela est encore possible ; l’apaiser en lui évitant de souffrir.

Les soins palliatifs illustrent magnifiquement la fraternité grâce à laquelle chacun se sent respecter et vit en confiance car les soignants seront toujours là pour accompagner et apaiser toute douleur.

L’euthanasie, appelée « aide active permettant une mort rapide » dans la proposition de loi dont les députés vont débattre, a pour intention la mort, qui est une mort provoquée. Légaliser cette aide active manifesterait une méconnaissance de l’accompagnement tel qu’il est pratiqué chaque jour. Ce serait un recul de notre société dont la vocation est la fraternité. Comment un frère peut-il donnerla mort à un frère ?

Monseigneur Pierre d’Ornellas,

archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo.

Article O.F du 5 avril 2021, image Marc Ollivier

« Ne nous laissons pas voler notre joie pascale ! »

Oui, c’est la joie pascale ! De la mort, jaillit la vie ! L’amour qui se donne, et jusqu’au bout est vainqueur de la mort ! Avez-vous remarqué à qui Jésus ressuscité apparait ? A Pilate ? Non, aux soldats romains ? Non, pas plus à Hérode ! D’abord parce que Jésus n’est pas là pour prendre sa revanche et régler ses comptes ! Il apparait à ses amis, ceux qui l’ont suivi ! Il les rejoint chez eux ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Un point majeur de notre foi chrétienne. Il met le projecteur sur l’essentiel de nos vies : notre foi au Christ ressuscité souligne le sérieux de nos relations humaines. Nos relations familiales, nos amitiés, la fraternité que nous voulons vivre, nos relations de solidarité ont un poids d’éternité ! Nous ne sommes pas des individus isolés, perdus dans le vaste monde, et soumis à une mondialisation sauvage ; nous sommes des personnes faites pour la relation. C’est le geste de Jésus sur l’icône : il rétablit le lien. Sans relations avec nos proches, nous sommes morts ! C’est la grande œuvre de Jésus ressuscité : restaurer les liens avec lui et entre nous. Non, notre foi en la résurrection ne fait pas de nous des résignés, des fatalistes du style : le monde est contaminé vivement l’éternité ! Bien sûr, nous aspirons au Royaume de Vie, d’amour, mais nous agissons dès maintenant sur les lieux de fracture, de désespoir. Non, nous ne sommes pas des individus isolés, mais nous dépendons les uns des autres.

Et nos métiers, c’est pas seulement pour gagner de l’argent, c’est pour le service des autres : nous le redécouvrons en applaudissant les personnels soignants, mais aussi les caissières de nos magasins ou ceux qui s’occupent de la propreté de nos rues. Non, nous ne sommes pas des individus isolés, nous sommes solidaires des plus fragiles, des plus petits de nos frères. Voilà ce que nous dit le Christ ressuscité, voilà ce monde nouveau vers lequel il nous entraîne dans cette joie pascale. C’est la joie de croyants qui perçoivent la dure réalité de l’existence humaine, qui n’ont pas d’illusions sur les forces du mal, mais qui savent que la mort n’aura pas le dernier mot. Car le Christ l’a vaincue. Cultivons cette joie pascale entre nous, en renforçant, en restaurant, en développant les liens entre nous, entre voisins, entre proches. Et à vous frères et sœurs croyants, je propose pour ce temps pascal, trois points d’attention, un geste, des paroles, une prière. Un geste simple : le sourire, même si c’est un sourire triste, car il y a quelque chose de plus triste qu’un sourire triste, c’est la tristesse de ne pas sourire ; des paroles habitées par la vie du ressuscité, non pas à la recherche du bouc émissaire, mais des paroles de bienveillance, qui encouragent, qui réconfortent et commençons en familles : chers parents, quelle est la qualité de chacun de vos enfants ? Et vous chers enfants de vos parents ? Et étendons cela même à la belle-famille ! Et puis une prière : le merci au Seigneur, l’action de grâce pour sa présence, les signes du ressuscité. Oui, frères et sœurs, cultivons la joie pascale, proclamons le message pascal : le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Amen.

+ Jean-Paul James

Archevêque de Bordeaux

Évêque de Bazas

Une Semaine Sainte en temps de Covid

On ne le sait que trop, ce virus bouleverse toute notre vie, notre vie familiale et professionnelle, notre vie sociale et notre vie en Église. Cette année encore, il vient perturber la Semaine Sainte ; mais bien moins que l’an dernier. Souvenez-vous : interdiction de se rassembler dans les églises pour la messe chrismale, pour les offices du jeudi saint et du vendredi saint ; même pas pour la Veillée pascale ni pour le jour de Pâques.

Réjouissons-nous, car cette année, nous pourrons participer ensemble, en « présence réelle », à toutes ces liturgies. La seule restriction est dans le fait qu’elles ne pourront pas, pour la plupart, avoir lieu aux heures habituelles. La messe chrismale, les offices de la Cène et de la Passion devront se dérouler dans l’après-midi. Il ne nous sera pas possible de veiller dans les églises le jeudi saint au-delà de 18h, mais nous pourrons toujours prendre un temps de prière dans nos maisons pour accompagner le Christ au cours de son agonie nocturne.

La principale contrainte concerne la Veillée pascale qui ne pourra se célébrer que le dimanche matin à 6h15 ou à 6h30. En effet, elle perd son sens si elle ne se déroule pas dans la nuit, du moins dans sa première partie.

Oui, c’est tôt, mais retrouvons le chemin de la Veillée pascale après en avoir été privés l’an dernier. Sommet de toute l’année liturgique, elle nous fait entrer dans la résurrection du Christ Jésus comme accomplissement de sa mission salvifique pour le monde et dans le baptême comme source de la vie chrétienne. Après tout, il nous arrive de nous lever avant l’aurore quand nous sommes vraiment motivés, par exemple pour partir en vacances. Suivons le courageux exemple de Marie Madeleine, première témoin de la résurrection. Saint Jean nous le raconte : « Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin : c’était encore les ténèbres ».

Soyons présent avec elle pour accueillir l’aurore de la résurrection qui perce la nuit avec le cierge pascal et pour nous réjouir à sa lumière :
Exultez de joie, multitude des anges,
Exultez, serviteurs de Dieu,
Sonnez cette heure triomphale
Et la victoire d’un si grand roi.
Sois heureuse aussi notre terre,
Irradiée de tant de feux,
Car il t’a prise dans sa clarté
Et son règne a chassé ta nuit.
Réjouis-toi, mère Eglise,
Toute parée de sa splendeur,
Entends vibrer dans ce lieu saint
L’acclamation de tout un peuple.

Mgr François JACOLIN, Evêque de Luçon

Catholiques en Vendée, Editorial