Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole».

Fête de l’Annonciation

Livre du prophète Isaïe (7, 10-14 ; 8, 10)

En ces jours-là, le Seigneur parla ainsi au roi Acaz : « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. » Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. » Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel, car Dieu est avec nous. »

Psaume

Refrain: Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté.

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, 
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j’ai dit : « Voici, je viens. R


« Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
ta loi me tient aux entrailles. » R

J’annonce la justice
dans la grande assemblée ;
vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais. R

Je n’ai pas enfoui ta justice au fond de mon cœur,
je n’ai pas caché ta fidélité, ton salut ;
j’ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée. R

Lettre aux Hébreux (10, 4-10)

Frères, il est impossible que du sang de taureaux et de boucs enlève les péchés. Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second. Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

Évangile de Luc (1, 26-38)

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

Méditons

« Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole». Comme la sainte Vierge à l’école de son Fils qui en entrant dans le monde dit : « Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté» ; nous aussi, nous sommes invités à vivre une telle disponibilité dans nos rapports avec Dieu. Ce qui est arrivé à Marie était inattendu de sa part. C’est vraiment l’inattendu de Dieu dans la vie d’une jeune fille. Même s’il faut reconnaître qu’aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années il y a là l’effet de surprise qui change radicalement le cours d’une vie .

Dans notre société, dans nos agendas, où nous programmons tout de manière minutieuse, l’inattendu de Dieu peut-il changer quelque chose à moins que cela ne s’impose à nous? Encore faut-il d’abord le reconnaître et ne pas l’assimiler à un cauchemar ou à un trouble psychiatrique . Pour rejoindre les projets de Dieu, il faut être un homme de prière et de la Parole. Si un terrain n’est pas fertile comment peut-il y germer quelque chose de bon ? Marie est issue d’une famille où Dieu est aimé, adoré et respecté.
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu» Si elle a trouvé grâce auprès de Dieu suite à sa prédisposition, demandons-lui de nous aider à notre tour à être proche de Dieu pour trouver grâce et miséricorde au temps voulu.

« Vous garderez mes décrets, vous les mettrez en pratique »

Vingtième jour de Carême

Livre du Deutéronome (4, 1. 5-9)

Moïse disait au peuple : « Maintenant, Israël, écoute les décrets et les ordonnances que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, vous entrerez, pour en prendre possession, dans le pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères. Voyez, je vous enseigne les décrets et les ordonnances que le Seigneur mon Dieu m’a donnés pour vous, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays où vous allez entrer pour en prendre possession. Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces décrets, ils s’écrieront : “Il n’y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation !” Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l’invoquons ? Et quelle est la grande nation dont les décrets et les ordonnances soient aussi justes que toute cette Loi que je vous donne aujourd’hui ? Mais prends garde à toi : garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu ; ne le laisse pas sortir de ton cœur un seul jour. Enseigne-le à tes fils, et aux fils de tes fils. » 

Psaume

Refrain: Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion !

Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
Célèbre ton Dieu, ô Sion !
Il a consolidé les barres de tes portes,
dans tes murs il a béni tes enfants. R

Il envoie sa parole sur la terre :
rapide, son verbe la parcourt.
Il étale une toison de neige,
il sème une poussière de givre. R

Il révèle sa parole à Jacob,
ses volontés et ses lois à Israël.
Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ;
nul autre n’a connu ses volontés. R

Evangile de Matthieu (5, 17-19)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

Méditons

« Apprends-moi, Seigneur, tes commandements que je les observe de tout cœur ». Un peuple sans loi est un peuple sans direction et sans avenir. Dieu ayant voulu donner un avenir à son peuple, lui a donné des préceptes à vivre pour son bonheur. Le psalmiste dit que les commandements du Seigneur sont justes et vraiment équitables, ils réjouissent le cœur . Les lois ne réjouissent que le cœur du sage, celui qui découvre leur pertinence, leur justesse.

C’est à cause de leur pertinence et de leur sagesse que Jésus dit qu’il n’est pas venu abolir la Loi ni l’enseignement des prophètes. Ils sont édictés pour notre salut ; et enseigner autre chose à quelqu’un c’est le précipiter vers sa ruine. Des questions se posent : Connaissons-nous les commandements du Seigneur ; ne serait-ce que les dix commandements donnés à Moïse ? Quel rapport avons-nous avec ces
commandements ? Sont-ils surannés ? Les observons-nous de tout cœur ? En pensant à certains courants idéologiques qui veulent la réécriture des Saintes Écritures pour les remettre au goût du jour je me dis que notre humanité veut tout simplement se libérer des préceptes du Seigneur pour se forger ses propres règles qui vont l’enliser dans le péché. Comme le veut Nietzsche c’est proclamé la mort du Dieu immortel et se fabriquer ses propres dieux.

Je nous propose aujourd’hui de revisiter les dix commandements donnés à Moïse :


• Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras par-dessus tout.
• Tu prononceras le nom de Dieu avec respect.
• Tu sanctifieras le jour du Seigneur.
• Tu honoreras ton père et ta mère.
• Tu ne tueras point.
• Tu ne commettras pas d’adultère.
• Tu ne voleras pas.
• Tu ne mentiras pas.
• Tu n’auras pas de désir impur.
• Tu ne désireras pas injustement le bien des autres.

Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu.

Dix-septième jour de carême

Deuxième livre des Rois (5, 1-15a)

En ces jours-là, Naaman, général de l’armée du roi d’Aram, était un homme de grande valeur et hautement estimé par son maître, car c’est par lui que le Seigneur avait donné la victoire au royaume d’Aram. Or, ce vaillant guerrier était lépreux. Des Araméens, au cours d’une expédition en terre d’Israël, avaient fait prisonnière une fillette qui fut mise au service de la femme de Naaman. Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! si mon maître s’adressait au prophète qui est à Samarie, celui-ci le délivrerait de sa lèpre. » Naaman alla auprès du roi et lui dit : « Voilà ce que la jeune fille d’Israël a déclaré. » Le roi d’Aram lui répondit : « Va, mets-toi en route. J’envoie une lettre au roi d’Israël. »
Naaman partit donc ; il emportait dix lingots d’argent, six mille pièces d’or et dix vêtements de fête. Il remit la lettre au roi d’Israël. Celle-ci portait : « En même temps que te parvient cette lettre, je t’envoie Naaman mon serviteur, pour que tu le délivres de sa lèpre. » Quand le roi d’Israël lut ce message, il déchira ses vêtements et s’écria : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? Ce roi m’envoie un homme pour que je le délivre de sa lèpre ! Vous le voyez bien : c’est une provocation ! » Quand Élisée, l’homme de Dieu, apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il lui fit dire : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Que cet homme vienne à moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. »

Naaman arriva avec ses chevaux et son char, et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée. Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette, tu seras purifié. » Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre. Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? » Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait, n’est-ce pas ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi, et tu seras purifié.” » Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole de l’homme de Dieu ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Désormais, je le sais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! »

Psaume

Refrain: Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant.

Comme un cerf altéré
cherche l’eau vive,
ainsi mon âme te cherche,
toi, mon Dieu. R

Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant ;
quand pourrai-je m’avancer,
paraître face à Dieu ? R

Envoie ta lumière et ta vérité :
qu’elles guident mes pas
et me conduisent à ta montagne sainte,
jusqu’en ta demeure. R

J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu,
vers Dieu qui est toute ma joie ;
je te rendrai grâce avec ma harpe,
Dieu, mon Dieu ! R

Évangile de Luc (4, 24-30)

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin

Méditons

Approchons-nous de Dieu chaque jour avec un cœur toujours nouveau pour recevoir la nouveauté qu’il veut nous donner. « Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays ». Cela est vrai sous tous les cieux. Tout simplement parce qu’on le connaît dans ses racines ; on se dit qu’il est comme nous. Nous sommes tous héritiers d’une même histoire, d’une même culture. Il ne peut rien nous apprendre de nouveau. Si cela peut être vrai sur le plan humain, avec Dieu c’est tout autre chose. Ayant choisi le mode de l’humilité, c’est souvent dans ce qui semble banal qu’il se révèle et se donne. Nous avons pour exemple tous les sacrements dans l’Église dont les éléments ne sont pas des choses extraordinaires mais les signes de tous les jours auxquels nous très habitués. Nous avons ainsi l’eau , le vin, le pain, l’huile et de simples gestes mais qui sont pourtant des vecteurs de grâces divines infinies. Jésus a dit et répété que si nous ne devenons pas petits nous ne pouvons entrer dans le royaume de Dieu. Si nous perdons toute capacité d’humilité, d’étonnement, de questionnement et d’émerveillement devant les petits signes de Dieu tous les jours, il nous sera difficile de bénéficier de tout ce qu’il veut nous donner.

Les grâces de Dieu se communiquent tous les jours par milliers et par myriades. Seuls ceux qui ont le cœur ouvert et une disposition permanente d’esprit en profitent. Dieu se révèle aux petits et aux humbles.

Donne- nous, Seigneur, de ne jamais devenir les habitués de tes signes et tes grâces ni de ta présence.

Bonne semaine à toutes et à tous

Le Seigneur est tendresse et pitié

Troisième dimanche de Carême

Livre de l’Exode (3, 1-8a. 10. 13-15)

En ces jours-là, Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t‑il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays ruisselant de lait et de miel. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. » Moïse répondit à Dieu : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : “Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.” Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS.” » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob.” C’est là mon nom pour toujours, c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en d’âge. »

Psaume

Refrain: Le Seigneur est tendresse et pitié.

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits ! R

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse. R

Le Seigneur fait œuvre de justice,
il défend le droit des opprimés.
Il révèle ses desseins à Moïse,
aux enfants d’Israël ses hauts faits. R

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour.
Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint. R

Lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (10, 1-6. 10-12)

Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer que, lors de la sortie d’Égypte, nos pères étaient tous sous la protection de la nuée, et que tous ont passé à travers la mer. Tous, ils ont été unis à Moïse par un baptême dans la nuée et dans la mer ; tous, ils ont mangé la même nourriture spirituelle ; tous, ils ont bu la même boisson spirituelle ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher, c’était le Christ. Cependant, la plupart n’ont pas su plaire à Dieu : leurs ossements, en effet, jonchèrent le désert. Ces événements devaient nous servir d’exemple, pour nous empêcher de désirer ce qui est mal comme l’ont fait ces gens-là. Cessez de récriminer comme l’ont fait certains d’entre eux : ils ont été exterminés. Ce qui leur est arrivé devait servir d’exemple, et l’Écriture l’a raconté pour nous avertir, nous qui nous trouvons à la fin des temps. Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu’il fasse attention à ne pas tomber.

Évangile de Luc (13, 1-9)

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?” Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t‑il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »

Méditons

En ce troisième dimanche de carême la conversion est la thème central de notre liturgie. Cet appel à la conversion est motivé par la tendresse éternelle de Dieu qui veut libérer l’homme du joug de l’esclavage du péché et lui donner sa vie. Cette conversion nécessite une confiance absolue en Dieu qui ne veut pas notre mal. Il ne fait pas advenir le malheur pour punir l’homme.
Cette tendresse de Dieu est clairement mise en relief dans la première lecture:« J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays,vers un pays, ruisselant de lait et de miel ». Mais face à la tendresse débordante de Dieu l’homme n’a pas toujours su faire confiance pour se laisser conduire. Pour preuve, dans le désert beaucoup d’entre les fils d’Israël ont récriminé contre Moïse et contre Dieu. Cela a conduit à la mort bien de gens comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture de ce jour. Pour tourner dos au passé il faut résolument faire confiance en l’avenir. Ce passé d’esclavage duquel Dieu a voulu arracher son peuple a été regretté par certains qui n’ont pas assez fait confiance en Dieu dans les épreuves du désert : « Pourquoi nous laisser mourir dans le désert, l’Égypte manquerait-elle de tombeaux pour notre sépulture ? » Si saint Paul donne la désobéissance de ces gens en exemple aux Corinthiens c’est pour les inviter à faire confiance en Dieu qui les appelle à abandonner leurs comportements du passé. Car sans confiance en Dieu, en sa Parole et en ses promesses, on ne perçoit pas ce qu’on gagne en abandonnant nos péchés qui sont parfois nos lieux de confort, de plaisir et de sécurité.
L’urgence de la conversion réside dans le fait que même si Dieu n’autorise pas les catastrophes naturelles ou la méchanceté des hommes pour châtier , ceux-ci vont nous emporter en l’état s’ils adviennent. D’où se convertir aujourd’hui est nécessaire et urgent. Et même si ceci ou cela arrive, je serai en paix. Notre première conversion réside dans la confiance absolue en Dieu.


Seigneur donne-nous de te faire assez confiance pour suivre le chemin que Tu nous traces.

Bon et joyeux dimanche Abbé Verkys NONVIGNON, curé,

Souvenez-vous des merveilles que le Seigneur a faites. (104, 5a)

Quinzième jour de Carême

Livre de la Genèse (37, 3-4. 12-13a. 17b-28)

Israël, c’est-à-dire Jacob, aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu’il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix. En voyant qu’il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité.
Les frères de Joseph étaient allés à Sichem faire paître le troupeau de leur père. Israël dit à Joseph : « Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem ? Va donc les trouver de ma part ! » Joseph les trouva à Dotane. Ceux-ci l’aperçurent de loin et, avant qu’il arrive près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir. Ils se dirent l’un à l’autre : « Voici l’expert en songes qui arrive ! C’est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons-le dans une de ces citernes. Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré, et on verra ce que voulaient dire ses songes ! » Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains. Il leur dit : « Ne touchons pas à sa vie. » Et il ajouta : « Ne répandez pas son sang : jetez-le dans cette citerne du désert, mais ne portez pas la main sur lui. » Il voulait le sauver de leurs mains et le ramener à son père.
Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, la tunique de grand prix qu’il portait, ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne, qui était vide et sans eau. Ils s’assirent ensuite pour manger. En levant les yeux, ils virent une caravane d’Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés d’aromates, de baume et de myrrhe qu’ils allaient livrer en Égypte. Alors Juda dit à ses frères : « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère et à dissimuler sa mort ? Vendons-le plutôt aux Ismaélites et ne portons pas la main sur lui, car il est notre frère, notre propre chair. » Ses frères l’écoutèrent. Des marchands madianites qui passaient par là retirèrent Joseph de la citerne, ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites, et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.

Psaume

Cherchez le Seigneur et sa puissance,
souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis. R

Il appela sur le pays la famine,
le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme,
Joseph, qui fut vendu comme esclave. R

On lui met aux pieds des entraves,
on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur,
jusqu’au jour où s’accomplit sa prédiction. R

Le roi ordonne qu’il soit relâché,
le maître des peuples, qu’il soit libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison,
le maître de tous ses biens. R

Évangile de Matthieu (21, 33-43. 45-46)

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »
En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux. Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

Méditons

Le plan de salut de Dieu pour l’humanité va se réaliser envers et contre tout. La vigne c’est le peuple de Dieu, les vignerons se sont les responsables. L’héritier c’est Jésus Lui-même. Les fruits que Dieu, Maître de la vigne attend, ce sont des fruits de sainteté, de justice, de paix et d’amour. Mais les responsables à qui Jésus s’adressait n’ont pas œuvré pour que grandisse la sainteté du peuple de Dieu. Ils enseignent des préceptes humains à la place de l’authentique message du salut ; ils tirent simplement profit du peuple et cela n’est pas seulement au temps de Jésus. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Père l’a envoyé.
Puisque le message de Jésus contrecarre leurs intérêts, ils cherchent à le tuer. C’est cela que Jésus annonce. Mais Il les prévient .Dieu n’abandonnera pas son peuple dans leurs mains. Sans Jésus le royaume de Dieu ne peut se construire. Les disciples qui l’ont compris prendront la relève et en son nom ils annonceront le message de salut non seulement au peuple juif mais à toutes les nations. Et alors beaucoup verront le salut de Dieu.

Aujourd’hui, cherchons-nous à faire avec Jésus où sans Lui ? Quand ses propos nous dérangent, que faisons-nous ? Sommes-nous prêts à le laisser nous transformer ou bien nous nous livrons à nos propres instincts pour parvenir à nos fins ? Laissons-le nous aider à porter des fruits de sainteté pour notre salut et celui de nos frères. Ne faisons jamais barrage à la Parole de Dieu qui nous appelle et nous interpelle.

Que Dieu nous entende.

Chemin de croix au Givre et à la Jonchère à 15 heures.

Histoire de Joseph racontée aux pour enfants

« Je suis sûr de toi, Seigneur »

Treizième jour de Carême

Livre du prophète Jérémie (18, 18-20)

Mes ennemis ont dit : « Allons, montons un complot contre Jérémie. La loi ne va pas disparaître par manque de prêtre, ni le conseil, par manque de sage, ni la parole, par manque de prophète. Allons, attaquons-le par notre langue, ne faisons pas attention à toutes ses paroles. »Mais toi, Seigneur, fais attention à moi, écoute ce que disent mes adversaires. Comment peut-on rendre le mal pour le bien ? Ils ont creusé une fosse pour me perdre. Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence pour te parler en leur faveur, pour détourner d’eux ta colère.

Psaume

Refrain: Sauve-moi, mon Dieu, par ton amour.

Tu m’arraches au filet qu’ils m’ont tendu ;
oui, c’est toi mon abri.
En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité. R

J’entends les calomnies de la foule :
de tous côtés c’est l’épouvante.
Ils ont tenu conseil contre moi,
ils s’accordent pour m’ôter la vie. R

Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
je dis : « Tu es mon Dieu ! »
Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
des mains hostiles qui s’acharnent. R

Évangile de Matthieu (20, 17-28)

En ce temps-là, Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les Douze disciples et, en chemin, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera. »
Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Méditons

Jésus annonce sa passion-mort-résurrection à ses disciples. Comme par négation de cette annonce apparaît la demande de la mère de Jacques et de Jean : que ceux-ci siègent à la gauche et à la droite de Jésus dans son royaume. Dans sa réponse Jésus leur montre que ce n’est pas cela l’essentiel. L’essentiel réside dans le fait de l’imiter, de mettre leurs pas dans ses pas, de devenir serviteur comme lui. La place de grandeur passe par le service et l’humilité. C’est ce que Jésus veut nous enseigner. En ce temps de carême qui nous mène à Pâques Jésus nous entraîne sur le chemin qu’il a lui-même emprunté, celui de l’humilité et du service. La récompense est certaine mais le labeur n’est pas facile ; il faut s’y engager comme Jésus qui, résolument, prend le chemin de Jérusalem. Dans le service de nos frères, nous pouvons rencontrer des difficultés et peut-être même des souffrances.

Que le Seigneur nous donne le courage et la grâce de persévérer.

« ils disent et ne font pas. »

Douzième jour de Carême

Lecture du livre du prophète Isaïe (1, 10. 16-20)

Écoutez la parole du Seigneur, vous qui êtes pareils aux chefs de Sodome ! Prêtez l’oreille à l’enseignement de notre Dieu, vous, peuple de Gomorrhe ! Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien : recherchez le droit, mettez au pas l’oppresseur, rendez justice à l’orphelin, défendez la cause de la veuve.
Venez, et discutons – dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. Si vous consentez à m’obéir, les bonnes choses du pays, vous les mangerez ; mais si vous refusez, si vous vous obstinez, c’est l’épée qui vous mangera.
– Oui, la bouche du Seigneur a parlé.

Psaume

Refrain: À celui qui veille sur sa conduite, je ferai voir le salut de Dieu.

« Écoute, mon peuple, je parle ;
Israël, je te prends à témoin.
Je ne t’accuse pas pour tes sacrifices ;
tes holocaustes sont toujours devant moi. R

« Vais-je manger la chair des taureaux
et boire le sang des béliers ?
Offre à Dieu le sacrifice d’action de grâce,
accomplis tes vœux envers le Très-Haut. R

« Qu’as-tu à réciter mes lois,
à garder mon alliance à la bouche,
toi qui n’aimes pas les reproches
et rejettes loin de toi mes paroles ? R

« Voilà ce que tu fais ; garderai-je le silence ?
Penses-tu que je suis comme toi ?
Qui offre le sacrifice d’action de grâce,
celui-là me rend gloire. » R

Évangile de Matthieu (23, 1-12)

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Méditons

Par cet épisode Jésus nous invite à vivre en toute vérité et fustige le contre témoignage que donnent les pharisiens. L’hypocrisie de ces derniers est ce que Jésus a toujours dénoncé. Ils disent et ne font pas . De plus ils cherchent à tirer profit de leur statut de maîtres et d’enseignants. Jésus met alors en garde : il ne faudrait pas que leur contre témoignage constitue pour les disciples un point d’achoppement qui les éloignent du message de salut qu’ils enseignent.

Non seulement que par là nous sommes invités à ne pas être un point d’achoppement pour les autres mais aussi à ne pas cesser de vivre en bons chrétiens à cause du contre témoignage de tel ou tel responsable dans l’église. Ce danger est grand. Il a fait partir des gens de l’Église. Que chacun de nous s’attache à Dieu et à son message plutôt qu’à une personne.

Prions pour les responsables dans l’Église afin qu’ils soient d’humbles serviteurs et de véritables témoins. Que tous nos services soient rendus sans recherche d’honneur ou de considération .

Donne-nous Seigneur d’être d’humbles et fidèles serviteurs.

Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera.

Onzième jour de Carême

Lecture du livre du prophète Daniel

Je fis au Seigneur mon Dieu cette prière et cette confession : « Ah ! toi Seigneur, le Dieu grand et redoutable, qui garde alliance et fidélité à ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements, nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. Nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes, qui ont parlé en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays. À toi, Seigneur, la justice ; à nous la honte au visage, comme on le voit aujourd’hui pour les gens de Juda, pour les habitants de Jérusalem et de tout Israël, pour ceux qui sont près et pour ceux qui sont loin, dans tous les pays où tu les as chassés, à cause des infidélités qu’ils ont commises envers toi. Seigneur, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi. Au Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous nous sommes révoltés contre lui, nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu, car nous n’avons pas suivi les lois qu’il nous proposait par ses serviteurs les prophètes. » 

Psaume

Refrain: Seigneur, ne nous traite pas selon nos péchés.

Combien de temps, Seigneur, durera ta colère ?
Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres :
que nous vienne bientôt ta tendresse,
car nous sommes à bout de force ! R

Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
pour la gloire de ton nom !
Délivre-nous, efface nos fautes,
pour la cause de ton nom ! R

Que monte en ta présence la plainte du captif !
Ton bras est fort : épargne ceux qui doivent mourir.
Et nous, ton peuple, le troupeau que tu conduis,
sans fin nous pourrons te rendre grâce. R

Évangile de Luc (6, 36-38)

« Pardonnez, et vous serez pardonnés »

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

Méditons

Nous implorons souvent la miséricorde de Dieu car son amour est sans mesure. C’est ce dont nous devons être convaincus. Et pour Lui ressembler nous sommes invités à ne pas mettre de limite ni de mesure à notre amour, au don de nous-mêmes. La mesure d’aimer est d’aimer sans mesure.

Cet évangile loin d’être un évangile de la réciprocité comme il peut se laisser entendre révèle la surabondance de l’amour de Dieu à qui aucun de nos actes de miséricorde n’échappe. Et puisque c’est Lui qui ordonne, c’est lui qui récompensera : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés… » Celui qui ne nous jugera pas, ne nous condamnera pas ou nous donnera, c’est bien Dieu. Quant aux bénéficiaires, ils peuvent nous réserver de l’ingratitude en nous payant en monnaie de singe.
N’attendons donc pas de retour de la part de ceux qui bénéficient de nos libéralités, sinon nous serons vite déçus et complètement découragés. C’est humain d’attendre de la reconnaissance ou de la valorisation mais Dieu nous appelle à regarder plus loin pour ne pas tomber dans le piège de la limitation ou de la circonscription de notre amour. Car ce que nous attendons c’est d’être dans l’amour infini du Père. Dieu nous invite donc à la gratuité dans tout ce que nous faisons.


Prière, Partage et Jeûne

Excellente semaine à toutes et à tous

« Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »

Livre de la Genèse (15, 5-12. 17-18)

En ces jours-là, le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste.
Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage. » Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? » Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. » Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux. Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa.
Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes : « À ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d’Égypte jusqu’au Grand Fleuve, l’Euphrate. »

Psaume

Refrain: Le Seigneur est ma lumière et mon salut.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ? R

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. » R

C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours. R

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. » R

Lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (3, 17 – 4, 1)

Frères, ensemble imitez-moi, et regardez bien ceux qui se conduisent selon l’exemple que nous vous donnons. Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre.
Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir.
Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j’ai tant d’affection, vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés.

Évangile de Luc (9, 28b-36)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul.
Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

Méditons

En ce deuxième dimanche de carême, au regard des textes liturgiques je choisis de vous parler de la foi. L’évangile de la transfiguration avait pour objectif de renforcer la foi des disciples pour qu’ils ne tombent pas n’abandonnent pas  au moment de la passion. La foi suppose l’écoute, la confiance  et la persévérance.   Saint Paul nous dit que la foi naît de ce qu’on entend. Dieu par Moïse a appelé son peuple à l’écouter : « Écoute Israël ». Cette écoute nous permet de savoir quoi faire, quel chemin emprunter parmi tant de voix intérieures et extérieures qui nous sollicitent et nous assaillent. Dans cette écoute réside notre salut. En écoutant avec attention on aperçoit une lumière qui non seulement nous éclaire mais nous laisse entrevoir la vérité. Abraham a écouté le Seigneur et s’est mis en route. Au baptême de son Fils, Dieu a témoigné : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » et à la transfiguration le même message est délivré. L’écoute de la Parole de vie, d’un message d’espérance met en route, route qui se fait dans la confiance.

      Cette confiance peut être mise à l’épreuve du temps avec les aléas de la vie pas toujours faciles à vivre. Dans le cas d’Abraham, nous avons l’absence de fécondité en face de la promesse d’une grande descendance ; dans notre cas, nous avons la promesse du bonheur éternel pendant que nous cheminons sur cette terre dans une vallée de larmes. La terre promise n’a pas été atteinte facilement et rapidement. Celle qui nous est promise ( le Ciel) ne le sera pas non plus. Nous vivons à travers ombres et lumières, tantôt des joies, tantôt des souffrances. Mais à travers tout cela nous sommes invités à garder confiance, confiance qui se vit dans la prière, prière qui transforme profondément notre être et nous permet de persévérer.

            La persévérance est indispensable pour grandir dans la foi comme elle l’est pour toute évolution humaine, sociale et professionnelle. C’est pourquoi saint Paul dans la deuxième lecture nous invite à tenir bon dans le Seigneur. Ne nous laissons pas voler notre ciel par les joies de la terre . Elles pourraient nous faire oublier l’essentiel. La gloire que Jésus dévoile aux disciples est celle qui nous attend.

                Bonne journée dominicale. Persévérons dans la prière

Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur !

Dixième jour du Carême

Lecture du livre du Deutéronome 

Moïse disait au peuple d’Israël : « Aujourd’hui le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ces décrets et ces ordonnances. Tu veilleras à les pratiquer de tout ton cœur et de toute ton âme. Aujourd’hui tu as obtenu du Seigneur cette déclaration : lui sera ton Dieu ; toi, tu suivras ses chemins, tu garderas ses décrets, ses commandements et ses ordonnances, tu écouteras sa voix. Aujourd’hui le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration : tu seras son peuple, son domaine particulier, comme il te l’a dit, tu devras garder tous ses commandements. Il te fera dépasser en prestige, renommée et gloire toutes les nations qu’il a faites, et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, comme il l’a dit. »

Psaume

Refrain: Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur !

Heureux les hommes intègres dans leurs voies
qui marchent suivant la loi du Seigneur !
Heureux ceux qui gardent ses exigences,
ils le cherchent de tout cœur ! R

Toi, tu promulgues des préceptes
à observer entièrement.
Puissent mes voies s’affermir
à observer tes commandements ! R

D’un cœur droit, je pourrai te rendre grâce,
instruit de tes justes décisions.
Tes commandements, je les observe :
ne m’abandonne pas entièrement. R

Évangile selon St Matthieu (5, 43-48)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Méditons

C’est par l’amour que nous pouvons imiter Dieu. Lui n’a pas de préférence, il ne sélectionne pas. Dans cet évangile Jésus nous invite à dilater notre cœur pour pouvoir aimer tout le monde. La charité c’est cela ; elle va au-delà des dons que nous pouvons faire à telle ou telle personne pour devenir une disposition du cœur qui nous permette d’être ouvert à tous sans jugement.
« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent ». Il n’est pas rare de trouver autour de nous des gens qui ne nous apprécient pas du tout. Même si ceux-là ne sont pas en guerre ouverte avec nous, nous avons du mal à supporter leur agressivité ou leur mépris à notre égard. Commençons d’abord dans notre relation au Père de tous à prier pour eux et petit à petit notre regard va certainement changer. Notre prière peut aussi changer leur cœur et de véritables liens de fraternité peuvent s’installer. Ce que Jésus nous demande n’est certes pas facile mais c’est dans notre option de parvenir à la sainteté que
cela peut s’entendre. Nous pouvons l’entendre et nous y mettre quand faire la volonté de Dieu devient notre préoccupation première. Parfois nous disons que nous sommes des hommes alors que tout ce que Dieu nous demande, si nous nous y tenons, Il nous donne la grâce de le réaliser.
Cette page d’évangile nous demande de créer la différence et de sortir de l’anonymat du monde pour devenir lumière pour celui-ci et sel pour la terre.


Seigneur, donne-nous soif de vivre selon ta volonté. Aide-nous à briser nos résistances à l’amour pour tous.