Ne nous enchaînons jamais dans des certitudes

Trente-deuxième jour de Carême

Livre du prophète Daniel (3, 14-20. 91-92. 95)

En ces jours-là, le roi Nabucodonosor parla ainsi : « Est-il vrai, Sidrac, Misac et Abdénago, que vous refusez de servir mes dieux et d’adorer la statue d’or que j’ai fait ériger ? Êtes-vous prêts, maintenant, à vous prosterner pour adorer la statue que j’ai faite, quand vous entendrez le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la harpe, de la lyre, de la cornemuse et de toutes les sortes d’instruments ? Si vous n’adorez pas cette statue, vous serez immédiatement jetés dans la fournaise de feu ardent ; et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main ? » Sidrac, Misac et Abdénago dirent au roi Nabucodonosor : « Ce n’est pas à nous de te répondre. Si notre Dieu, que nous servons, peut nous délivrer, il nous délivrera de la fournaise de feu ardent et de ta main, ô roi. Et même s’il ne le fait pas, sois-en bien sûr, ô roi : nous ne servirons pas tes dieux, nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as érigée. » Alors Nabucodonosor fut rempli de fureur contre Sidrac, Misac et Abdénago, et son visage s’altéra. Il ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’à l’ordinaire. Puis il ordonna aux plus vigoureux de ses soldats de ligoter Sidrac, Misac et Abdénago et de les jeter dans la fournaise de feu ardent.
Le roi Nabucodonosor les entendit chanter. Stupéfait, il se leva précipitamment et dit à ses conseillers : « Nous avons bien jeté trois hommes, ligotés, au milieu du feu ? » Ils répondirent : « Assurément, ô roi. » Il reprit : « Eh bien moi, je vois quatre hommes qui se promènent librement au milieu du feu, ils sont parfaitement indemnes, et le quatrième ressemble à un être divin. » Et Nabucodonosor s’écria : « Béni soit le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénago, qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs ! Ils ont mis leur confiance en lui, et ils ont désobéi à l’ordre du roi ; ils ont livré leur corps plutôt que de servir et d’adorer un autre dieu que leur Dieu. »

Psaume

Refrain: À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères :
R À toi, louange et gloire éternellement !

Béni soit le nom très saint de ta gloire :
R À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire :
R À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu sur le trône de ton règne :
R À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes :
R À toi, louange et gloire éternellement !

Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim :
R À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu au firmament, dans le ciel :
R À toi, louange et gloire éternellement !

Évangile de Jean (8, 31-42)

En ce temps-là, Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? »

Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu chez votre père. » Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. » Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. »

Méditons

Il n’ y a pas de contradiction en Dieu. Abraham est resté fidèle à Dieu et cela lui fut compté pour justice. Si les Juifs détracteurs de Jésus suivaient les pas de leur ancêtre Abraham ils ne se trouveraient pas en contradiction avec Jésus. De la manière s’ils étaient en harmonie avec Dieu, ils reconnaîtraient en Jésus son Envoyé. Jésus, par ses propos leur montre leur propre contradiction qu’ils ne sont pas prêts à reconnaître. Cette contradiction vient de leur enfermement dans leur manière de penser et de voir Dieu.
Il peut nous arriver nous aussi d’avoir des idées figées sur Dieu au lieu de nous laisser transformer par sa parole et de cheminer progressivement à la lumière de l’Esprit Saint vers la pleine connaissance de Dieu. Ne nous enchaînons jamais dans des certitudes. Puisse l’Esprit Saint nous libérer de nos enfermements grâce à notre fidélité à la parole du Christ.

Alors vous comprendrez que moi, JE SUIS…

Trent et unième jour de Carême

Livre des Nombres (21, 4-9)

En ces jours-là, les Hébreux quittèrent Hor-la-Montagne par la route de la mer des Roseaux en contournant le pays d’Édom. Mais en chemin, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. »

Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie ! 

Psaume

Refrain: Seigneur, entends ma prière : que mon cri parvienne jusqu’à toi !

Seigneur, entends ma prière :
que mon cri parvienne jusqu’à toi !
Ne me cache pas ton visage
le jour où je suis en détresse !
Le jour où j’appelle, écoute-moi ;
viens vite, réponds-moi ! R

Les nations craindront le nom du Seigneur,
et tous les rois de la terre, sa gloire :
quand le Seigneur rebâtira Sion,
quand il apparaîtra dans sa gloire,
il se tournera vers la prière du spolié,
il n’aura pas méprisé sa prière. R

Que cela soit écrit pour l’âge à venir,
et le peuple à nouveau créé chantera son Dieu :
« Des hauteurs, son sanctuaire, le Seigneur s’est penché ;
du ciel, il regarde la terre
pour entendre la plainte des captifs
et libérer ceux qui devaient mourir. » R

Évangile de Jean (8, 21-30)

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » Les Juifs disaient : « Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit : “Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller” ? » Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. » Alors, ils lui demandaient : « Toi, qui es-tu ? » Jésus leur répondit : « Je n’ai pas cessé de vous le dire. À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. » Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père. Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

Méditons

Cet évangile fait écho à la première lecture et présente Jésus comme principe de salut, comme le Dieu qui sauve. En disant aux Juifs qu’il est d’en haut et pas de ce monde Jésus parle de son origine divine car Dieu seul habite les hauteurs au-dessus de tous . Mieux il prend le nom «JE SUIS» que Dieu a révélé à Moïse. Il dit clairement qu’il est Dieu. C’est là un scandale énorme pour certains de ses auditeurs car Dieu est unique . Mais Jésus ne prend pas la place de Dieu mais il partage sa divinité ; il se présente comme l’envoyé qui dépend essentiellement de Dieu . C’est ce rapport intime avec Dieu qui le rend solide même devant l’hostilité de tous. Il n’est pas seul.
La solitude est ce qui peut parfois nous peser devant l’incompréhension ou l’adversité des uns et des autres ou à des moments particuliers de la vie. Comme Jésus , nous avons besoin de cette confiance de présence de Dieu avec nous qui fait renaître l’espoir et donne le courage. La force du croyant réside dans cet attachement à Dieu qui le porte par sa présence. Dieu veut être présent dans notre vie et il est là. C’est à nous de nous rendre présent à lui en faisant comme Jésus ce qui lui est agréable et en entretenant ce rapport constant avec lui dans la prière. Sentir la présence de Dieu dans notre vie change notre rapport au monde et nous donne la force d’avancer. Comme ceux qui en entendant Jésus ont cru en lui, faisons un véritable acte de foi pour passer de la mort à la vie. La foi c’est la recherche de la vie.

Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pêche plus

Cinquième dimanche de Carême

Livre du prophète Isaïe (43, 16-21)

Ainsi parle le Seigneur, lui qui fit un chemin dans la mer, un sentier dans les eaux puissantes, lui qui mit en campagne des chars et des chevaux, des troupes et de puissants guerriers ; les voilà tous couchés pour ne plus se relever, ils se sont éteints, consumés comme une mèche. Le Seigneur dit : « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides. Les bêtes sauvages me rendront gloire – les chacals et les autruches – parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour désaltérer mon peuple, celui que j’ai choisi. Ce peuple que je me suis façonné redira ma louange. »

Psaume

Refrain: Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie. R

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête ! R

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie. R

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes. R

Lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (3, 8-14)

Frères, tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ, et, en lui, d’être reconnu juste, non pas de la justice venant de la loi de Moïse mais de celle qui vient de la foi au Christ, la justice venant de Dieu, qui est fondée sur la foi. Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa Passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. Certes, je n’ai pas encore obtenu cela, je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, quant à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus.

Évangile de Jean (8, 1-11)

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »

Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Méditons : Espérance et miséricorde

Le prophète Isaïe rappelle la puissance de Dieu à un peuple en exil pour raviver son espérance. En effet certains étaient arrivés à se décourager . Mais le Seigneur qui a fait des merveilles pour son peuple en Égypte ne peut-il pas faire une chose nouvelle pour vous ? Cette chose germe déjà, ne la voyez-vous pas ? De fait le peuple connaîtra la fin de l’exil et retournera sur sa terre. C’est à cette libération que fait écho le psaume : incroyable !
C’est comme un rêve !Ces récits que la liturgie nous propose sont pour raviver notre espérance dans les diverses situations difficiles que nous pourrions rencontrer dans la vie. Il nous faut toujours actualiser la parole de Dieu dans notre propre vie. Et notre grande espérance, c’est la vie éternelle.
Cette vie qui commence dans le Christ et pour laquelle Paul abandonne tous ses privilèges du passé qu’il considère désormais comme des ordures. Saisir le Christ pour obtenir la vie éternelle grâce à la grande miséricorde de Dieu. La miséricorde de Dieu est plus forte que nos fautes .

Dieu ne condamne pas le pécheur mais il veut sa conversion : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pêche plus ». Apprenons de Dieu à ne pas condamner les autres mais à prier pour leur conversion et aussi la nôtre car ce passage de l’évangile met en évidence que nous sommes tous des pécheurs même si ce n’est pas sur les mêmes péchés. Nous confessons que Dieu est miséricordieux. Faisons le pas pour recevoir son pardon en ces jours qui nous mènent à Pâques.

L’essentiel est de faire acte de foi…

Vingt-huitième jour de Carême

Livre de la Sagesse (2, 1a. 12-22)

Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu’ils raisonnent ainsi en eux-mêmes : « Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation. Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme lui-même enfant du Seigneur. Il est un démenti pour nos idées, sa seule présence nous pèse ; car il mène une vie en dehors du commun, sa conduite est étrange. Il nous tient pour des gens douteux, se détourne de nos chemins comme de la boue. Il proclame heureux le sort final des justes et se vante d’avoir Dieu pour père. Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira. Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires. Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience. Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. »C’est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s’égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles. Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n’espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n’estiment pas qu’une âme irréprochable puisse être glorifiée.

Psaume

Refrain: Le Seigneur est proche du cœur brisé.

Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.
Le Seigneur entend ceux qui l’appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre. R

Il est proche du cœur brisé,
il sauve l’esprit abattu.
Malheur sur malheur pour le juste,
mais le Seigneur chaque fois le délivre. R

Il veille sur chacun de ses os :
pas un ne sera brisé.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge. R

Évangile de Jean (7, 1-2. 10. 14. 25-30)

En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer. La fête juive des Tentes était proche. Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.
On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait. Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. » Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »
On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.

Méditons

L’étau se resserre autour de Jésus, lui le juste par excellence qui n’a commis aucun mal. Fidèle au Père et à la tradition il va au Temple pour la fête juive des Tentes qu’il ne saurait manquer malgré l’hostilité de ses adversaires. Il vit sa mission en se mettant à enseigner publiquement, il ne prend pas la place d’auditeur. Il va jusqu’au bout des enseignements pour révéler la lumière sur sa personne, Fils de Dieu. Les gens s’attachent à son origine humaine et territoriale sans reconnaître sa provenance divine révélée maintes fois par sa naissance, son épiphanie, son baptême et tous les miracles qu’il a accomplis. Si nous, nous sommes Fils de Dieu par adoption , le Christ vient directement d’auprès de Père , engendré non pas créé, de même nature que le Père . Ce n’est pas un dogme, c’est une réalité . Mais en quoi cela dérange-t-il les Juifs qui n’ont cru pas en lui ? Simplement parce que cette révélation du Christ les bouscule. Ils sont restés attacher à leur tradition sans lire en profondeur les Écritures qui ont annoncé le Messie. Les signes accomplis par Jésus le confirment. Rappelons-nous la réponse de Jésus aux envoyés de Jean Baptiste : « Les aveugles voient ,les sourds entendent, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ». Si nous nous arc-boutons dans la foi, nous nous retrouverons en contradiction avec Dieu.
Malgré nos expériences, ils nous arrive de buter sur Dieu. Il est insaisissable et il ne finira jamais de nous échapper. L’essentiel est de faire acte de foi et d’avancer quelquefois même dans l’obscurité qui s’éclaire toujours de la lumière divine. Dieu vient à la rencontre de ceux qui le cherchent avec droiture.

L’homme n’est pas excusable d’ignorer Dieu

Vingt-septième jour de Carême

Livre de l’Exode (32, 7-14)

En ces jours-là, le Seigneur parla à Moïse : « Va, descends, car ton peuple s’est corrompu, lui que tu as fait monter du pays d’Égypte. Ils n’auront pas mis longtemps à s’écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre ! Ils se sont fait un veau en métal fondu et se sont prosternés devant lui. Ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : “Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte.” »
Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide. Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les exterminer ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. »
Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par ta grande force et ta main puissante ? Pourquoi donner aux Égyptiens l’occasion de dire : “C’est par méchanceté qu’il les a fait sortir ; il voulait les tuer dans les montagnes et les exterminer à la surface de la terre” ? Reviens de l’ardeur de ta colère, renonce au mal que tu veux faire à ton peuple. Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Israël, à qui tu as juré par toi-même : “Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel ; je donnerai, comme je l’ai dit, tout ce pays à vos descendants, et il sera pour toujours leur héritage.” »
Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.

Psaume

Refrain: Souviens-toi de nous, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple.

Souviens-toi de moi, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.
Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié. R

À l’Horeb ils fabriquent un veau,
ils adorent un objet en métal :
ils échangeaient ce qui était leur gloire
pour l’image d’un taureau, d’un ruminant. R

Ils oublient le Dieu qui les sauve,
qui a fait des prodiges en Égypte,
des miracles au pays de Cham,
des actions terrifiantes sur la mer Rouge. R

Dieu a décidé de les détruire.
C’est alors que Moïse, son élu,
surgit sur la brèche, devant lui,
pour empêcher que sa fureur les extermine. R

Évangile de Jean (5, 31-47)

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Si c’est moi qui me rends témoignage, mon témoignage n’est pas vrai ; c’est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu’il me rend est vrai. Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés. Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière. Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé. Et le Père qui m’a envoyé, lui, m’a rendu témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face, et vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous, puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé. Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez y trouver la vie éternelle ; or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! La gloire, je ne la reçois pas des hommes ; d’ailleurs je vous connais : vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu. Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; qu’un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous le recevrez ! Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ? Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? »

Méditons

Jésus se heurte au manque de foi de ses contemporains qui , malgré les œuvres qu’il a multipliées sous leurs yeux, ne veulent pas croire en lui. Ils ont le cœur endurci et l’intelligence bloquée. Ils prétendent croire ce que Moïse a dit mais c’est faux car s’ils croyaient Moïse ils reconnaîtraient Jésus; le Nouveau Testament étant l’accomplissement de l’Ancien. Comme le dit le livre de la sagesse, l’homme n’est pas excusable d’ignorer Dieu: « Ils sont foncièrement insensés, tous ces hommes qui sont venus à ignorer Dieu: à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est, en examinant ses œuvres , ils n’ont pas reconnu l’Artisan». Ces Juifs qui s’obstinent à ne pas croire en Jésus malgré les signes qu’il accomplit ont le cœur fermé. Ils scrutent les Écritures pour y voir ce qu’ils veulent voir et entendre ce qui leur plaît. Être toujours disposé à recevoir du neuf est l’attitude du bon disciple qui se laisse enseigner. Quand nous chantons: aujourd’hui ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur, c’est pour nous éviter cette tentation constante qui nous guette. Que l’amour de Dieu nous porte à plus d’ouverture de cœur pour discerner et comprendre sa présence et les signes qu’il ne cesse de nous donner.

Le Seigneur console son peuple ; de ses pauvres, il a compassion.

Vingt-sixième jour de Carême

Livre du prophète Isaïe (49, 8-15)

Ainsi parle le Seigneur : Au temps favorable, je t’ai exaucé, au jour du salut, je t’ai secouru. Je t’ai façonné, établi, pour que tu sois l’alliance du peuple, pour relever le pays, restituer les héritages dévastés et dire aux prisonniers : « Sortez » ! aux captifs des ténèbres : « Montrez-vous » ! Au long des routes, ils pourront paître ; sur les hauteurs dénudées seront leurs pâturages. Ils n’auront ni faim ni soif ; le vent brûlant et le soleil ne les frapperont plus. Lui, plein de compassion, les guidera, les conduira vers les eaux vives. De toutes mes montagnes, je ferai un chemin, et ma route sera rehaussée.
Les voici : ils viennent de loin, les uns du nord et du couchant, les autres des terres du sud. Cieux, criez de joie ! Terre, exulte ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car le Seigneur console son peuple ; de ses pauvres, il a compassion.
Jérusalem disait : « Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée. » Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas.

Psaume

Refrain: Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres. R

Le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés. R

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité. R

Évangile de Jean (5, 17-30)

En ce temps-là, après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat, Jésus déclara aux Juifs : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. » C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu.
Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui montrera des œuvres plus grandes encore, si bien que vous serez dans l’étonnement. Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé.
Amen, amen, je vous le dis : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie.
Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même ; et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme. Ne soyez pas étonnés ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ; alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés.
Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d’après ce que j’entends, et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. »

Méditons

Jésus affirme sa divinité et son unité avec son Père en même temps que sa fidélité à celui-ci. Il est également dépendant de son Père qui l’aime énormément. Ce passage de l’évangile offre aux Juifs qui lui en veulent encore un autre motif de condamnation outre la violation du jour de sabbat. Rien de tout cela n’arrête Jésus dans la révélation de sa vraie identité. Il n’a pas peur des menaces. La première attitude qui nous interpelle est cette audace à ne pas avoir peur de dire la vérité sur notre identité profonde et de la manifester dans un monde où il n’est pas toujours et et partout aisé de dire haut et fort sa foi. On peut même dans les circonstances actuelles que traverse l’Église avoir honte de montrer qu’on est chrétien. Jésus nous invite à aller au-delà de tous les clichés.
« Qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car il passe de la mort à la vie ». Cette écoute de Jésus aujourd’hui dans le flot d’informations qui déferle sur nous est importante. Avons-nous un peu de temps pour nous mettre à l’écoute de la parole de Dieu et de l’entendre nous parler. Puisse la parole de Jésus que nous entendons prendre le dessus sur nos idées et influencer nos sentiments afin de nous faire passer de la mort à la vie.

En ce temps de carême, posons-nous de temps à autre pour écouter la Parole.

L’amour vaut mieux que tous les sacrifices.

Livre du prophète Ézékiel (47, 1-9. 12)

En ces jours-là, au cours d’une vision reçue du Seigneur, l’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient.
L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel. L’homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte qui fait face à l’orient, et là encore l’eau coulait du côté droit. L’homme s’éloigna vers l’orient, un cordeau à la main, et il mesura une distance de mille coudées ; alors il me fit traverser l’eau : j’en avais jusqu’aux chevilles. Il mesura encore mille coudées et me fit traverser l’eau : j’en avais jusqu’aux genoux. Il mesura encore mille coudées et me fit traverser : j’en avais jusqu’aux reins. Il en mesura encore mille : c’était un torrent que je ne pouvais traverser ; l’eau avait grossi, il aurait fallu nager : c’était un torrent infranchissable. Alors il me dit : « As-tu vu, fils d’homme ? » Puis il me ramena au bord du torrent. Quand il m’eut ramené, voici qu’il y avait au bord du torrent, de chaque côté, des arbres en grand nombre.

Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l’orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent. Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. »

Psaume

Refrain: Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé.

Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé.
Quand j’ai crié vers toi, Seigneur.
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse. R

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant, sa bonté, toute la vie ;
avec le soir, viennent les larmes, mais au matin, les cris de joie. R

Et j’ai crié vers toi, Seigneur,
j’ai supplié mon Dieu.
Tu as changé mon deuil en une danse.
Que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce ! R

Evangile de Jean (4, 43-54)

En ce temps-là, après avoir passé deux jours chez les Samaritains, Jésus partit de là pour la Galilée. – Lui-même avait témoigné qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays. Il arriva donc en Galilée ; les Galiléens lui firent bon accueil, car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête de la Pâque, puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête. Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée, où il avait changé l’eau en vin.
Or, il y avait un fonctionnaire royal, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla le trouver ; il lui demandait de descendre à Capharnaüm pour guérir son fils qui était mourant. Jésus lui dit : « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! » Le fonctionnaire royal lui dit : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! » Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant. Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux. Ils lui dirent : « C’est hier, à la septième heure (au début de l’après-midi), que la fièvre l’a quitté. » Le père se rendit compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.
Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu’il revint de Judée en Galilée.

Méditons

Il n’y a ni de jour ni d’heure ni de lieux privilégiés pour faire le bien. Le bien nous réclame en tout temps et en tout lieu et il est urgent et impératif de l’accomplir. L’amour vaut mieux que tous les sacrifices. Toute prescription qui n’est pas mue par l’amour est inhumaine et indigne de Dieu. C’est ce que Jésus veut nous en enseigner dans l’évangile de ce jour. Cela, les Juifs qui en veulent à Jésus ne l’ont pas compris. Ils restent attachés aux prescriptions de la Loi de Moïse qui doivent amener l’homme à Dieu sans le détourner de son prochain. Tant que nous vivons un angélisme qui nous déconnecte de la souffrance du monde et de nos frères, nous nous éloignons de Dieu.

Hier nous avons parlé de la parole créatrice et libératrice, c’est bien ce qui se passe encore aujourd’hui. Le récit de cet évangile lève un point théologique très important. Jésus est le sacrement du Dieu. Il n’a pas besoin des éléments de la nature pour opérer et déverser les trésors de la grâce du Père sur l’homme puisqu’il est lui-même Dieu. Peut-on faire un procès à Dieu pour lui apprendre, ce qui est bon et ce qui ne l’est pas ? Il est la Bonté même et il ne peut rien faire de mal. C’est ne pas reconnaître Dieu en Jésus qui
amènent ses détracteurs à l’épier pour le prendre au piège.


Apprends-nous, Jésus à te suivre et apprendre de toi le vrai amour.

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu».

Vingt-quatrième jour de Carême

Livre du prophète Isaïe (65, 17-21)

Ainsi parle le Seigneur : Oui, voici : je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, on ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit. Soyez plutôt dans la joie, exultez sans fin pour ce que je crée. Car je vais recréer Jérusalem, pour qu’elle soit exultation, et que son peuple devienne joie. J’exulterai en Jérusalem, je trouverai ma joie dans mon peuple. On n’y entendra plus de pleurs ni de cris. Là, plus de nourrisson emporté en quelques jours, ni d’homme qui ne parvienne au bout de sa vieillesse ; le plus jeune mourra centenaire, ne pas atteindre cent ans sera malédiction. On bâtira des maisons, on y habitera ; on plantera des vignes, on mangera leurs fruits. 

Psaume

Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé.

Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé.
Quand j’ai crié vers toi, Seigneur.
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse. R

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant, sa bonté, toute la vie ;
avec le soir, viennent les larmes, mais au matin, les cris de joie. R

Et j’ai crié vers toi, Seigneur,
j’ai supplié mon Dieu.
Tu as changé mon deuil en une danse.
Que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce ! R

Evangile de Jean (4, 43-54)

En ce temps-là, après avoir passé deux jours chez les Samaritains, Jésus partit de là pour la Galilée. – Lui-même avait témoigné qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays. Il arriva donc en Galilée ; les Galiléens lui firent bon accueil, car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête de la Pâque, puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête. Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée, où il avait changé l’eau en vin.
Or, il y avait un fonctionnaire royal, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla le trouver ; il lui demandait de descendre à Capharnaüm pour guérir son fils qui était mourant. Jésus lui dit : « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! » Le fonctionnaire royal lui dit : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! » Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant. Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux. Ils lui dirent : « C’est hier, à la septième heure (au début de l’après-midi), que la fièvre l’a quitté. » Le père se rendit compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.
Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu’il revint de Judée en Galilée.

Méditons

L’homme à l’épreuve de la foi. «Si vous ne voyez pas des signes et des prodiges, vous ne croirez donc pas!» . Un homme cherche auprès de Jésus la guérison pour son fils malade. Sa démarche se base sur ce qu’il a entendu dire de Jésus : il guérit les malades. Il part donc à la recherche de celui-ci et lui pose sa demande. Il espère que Jésus pourrait faire quelque chose pour lui d’où son insistance.
Comme Dieu ne peut pas rester indifférent à la souffrance des hommes, Jésus prononce une parole créatrice : «Va, ton fils est vivant». Le père de l’enfant pose alors un acte de foi en n’insistant pas davantage. Il prend le chemin du retour. Sa foi en la parole de Jésus est confirmée par ses serviteurs qui viennent à sa rencontre : ton fils est vivant. Cet homme est parti de ce qu’il entendu dire de Jésus pour découvrir la foi au-delà de la guérison de son fils. Sa conversion au Christ est le grand et beau fruit de ce miracle.

Au-delà du soutien et des solutions à nos problèmes qui nous font recourir à Jésus non seulement parce nous avons appris mais parce que nous croyons, c’est à cette confiance que désormais il agit même à distance par sa parole créatrice que nous sommes appelés. « Heureux ceux qui croit sans avoir vu». Sous les espèces du pain et du vin nous croyons en sa présence réelle; par les paroles d’absolution du prêtre nous croyons en son pardon. Plus loin, nous croyons en toutes les paroles qui sont dites dans les Saintes
Écritures .
Intercédons pour tous ceux-là qui méconnaissent la puissance de guérison et de libération du Christ. Avec confiance, accrochons- nous davantage.

Partage-Prière-Pénitence

Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur!(cf. Ps 33, 9a)

Quatrième dimanche de Carême

Livre de Josué (5, 9a. 10-12)

En ces jours-là, le Seigneur dit à Josué : « Aujourd’hui, j’ai enlevé de vous le déshonneur de l’Égypte. » Les fils d’Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho. Le lendemain de la Pâque, en ce jour même, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés. À partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient des produits de la terre. Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan.

Psaume

Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête ! R

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre. R

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses. R

Deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (5, 17-21)

Frères, si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation. Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.

Évangile de Luc (15, 1-3. 11-32)

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

Méditons

C e dimanche, la liturgie nous montre la grandeur de la tendresse de Dieu pour l’homme. Cela implique de la part de l’homme deux attitudes fondamentales : imiter cette tendresse de Dieu et se laisser enrober par elle. C’est cette tendresse qu’Il déploie en libérant son peuple de l’esclavage. Pendant quarante ans dans le désert, ce peuple n’a manqué de rien. Il lui a donné la manne et l’eau à boire. Ses vêtements ne se sont pas usés. Par amour, Il nous réconcilie avec Lui par le Christ alors que nous étions encore pécheurs. Il n’a pas tenu compte de nos péchés. Il ne comptabilise pas nos péchés mais il déverse continuellement sur nous, sa tendresse. Ce qui se passe dans l’évangile en est un témoignage éloquent . Le fils qui décide de se séparer de son père est l’image de l’homme qui veut vivre sans Dieu. Mais dès que ce fils prend conscience de son égarement et de sa souffrance, il revient vers son père. Celui-ci ne le renie pas. Il ne l’accuse même pas. Il ne lui demande pas des explications. Il le couvre de baisers et organise la fête de son retour.
Dieu se réjouit ainsi de la conversion de tout homme.

A notre tour, nous sommes invités à imiter la tendresse de Dieu. Comme Lui , nous avons à nourrir ceux qui sont dans le besoin. Ouvrir les yeux sur leur pauvreté et leur souffrance est un appel et un devoir. Que notre égoïsme ne nous aveugle pas. Le temps de carême est propice pour nous éveiller au don et au partage. En plus de nous occuper des autres dans leurs besoins, les lectures nous appellent à ne pas accuser les autres. Souvent nous ouvrons les yeux pour accuser les autres. Nous ne voyons que leurs défauts à l’instar du fils aîné qui ne voyait que les péchés de son jeune frère au lieu de se réjouir de son retour, vivant. Laissons tomber les accusations et les critiques. Imitons Dieu qui ne nous accuse pas malgré nos fautes et laissons-nous embrasser par sa tendresse.

Saint Paul nous invite à nous laisser réconcilier avec Dieu. Comme le fils prodigue, prenons conscience de nos égarements, de nos péchés et revenons au Seigneur qui ne veut pas du tout tenir compte de nos fautes mais veut nous couvrir d’amour et de tendresse. Le pape demande aux prêtres, le 25 mars en la fête de l’Annonciation, d’habiter le confessionnal pour accueillir la foule des pénitents qui recherchent la tendresse du Père. En lisant cela, j’ai souri en me disant: mon cher Saint père, vous n’imaginez pas la réalité à certains endroits de l’Église . En effet beaucoup ont déserté le sacrement de la tendresse de Dieu chez nous. C’est une triste réalité. Car quand on découvre la beauté de ce sacrement qui nous fait baigner dans la tendresse de Dieu on y accourt très souvent. Laissons-nous réconcilier avec Dieu.

A quelques jours de Pâques, je nous invite à faire le pas pour vivre ou redécouvrir ce sacrement de la tendresse de Dieu en devenant véritablement une nouvelle créature de Dieu comme le saint Paul dans la deuxième lecture. Des temps pour cela nous sont proposés. Alors nous chanterons : « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ».

Bon dimanche à toutes et à tous

« Qui s’élève sera abaissé; qui s’abaisse sera élevé»

Vingt-troisième jour de Carême

Livre du prophète Osée (6, 1-6)

Venez, retournons vers le Seigneur ! il a blessé, mais il nous guérira ; il a frappé, mais il nous soignera. Après deux jours, il nous rendra la vie ; il nous relèvera le troisième jour : alors, nous vivrons devant sa face.
Efforçons-nous de connaître le Seigneur : son lever est aussi sûr que l’aurore ; il nous viendra comme la pluie, l’ondée qui arrose la terre.
– Que ferai-je de toi, Éphraïm ? Que ferai-je de toi, Juda ? Votre fidélité, une brume du matin, une rosée d’aurore qui s’en va. Voilà pourquoi j’ai frappé par mes prophètes, donné la mort par les paroles de ma bouche : mon jugement jaillit comme la lumière. Je veux la fidélité, non le sacrifice, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.

Psaume

Refrain: Tu veux la fidélité, Seigneur, non le sacrifice.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense. R

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé. R

Accorde à Sion le bonheur,
relève les murs de Jérusalem.
Alors tu accepteras de justes sacrifices,
oblations et holocaustes sur ton autel. R

Évangile de Luc (18, 9-14)

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Méditons

L’ humilité devant Dieu est la condition sine qua non pour lui être agréable. Dieu est ce qui manque à l’homme tant que celui ne sera pas en Lui. Un homme rempli ou imbu de lui même ne peut jamais plaire à Dieu et de toutes les façons, il n’a pas besoin de Dieu. Il se prend pour l’artisan de sa justice et de sa charité. Or c’est Dieu qui donne à des êtres fragiles de lui ressembler et de l’adorer. C’est pour cela que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus dit que tout est grâce. L’autosatisfaction est un péché d’orgueil. Notons que c’est l’orgueil qui amène toujours au péché ; le péché qui est un refus de l’homme de faire ce que Dieu veut pour se donner sa propre règle de conduite. Ce pharisien dont parle l’évangile de ce jour se contente de pratiques extérieures sans entrer dans une véritable relation d’amour qui lui fasse rencontrer le cœur de Dieu débordant d’amour pour reconnaître en Lui la source de tout don parfait. Il étale ses pratiques qui, en soi, ne sont pas mauvaises mais sont dénuées de vie.
A nous de nous demander si nos pratiques sont habitées par nous-mêmes dans un élan d’offrande aux autres et à Dieu ou les posons-nous pour obtenir la faveur de Dieu ? Dieu n’est pas un commerçant qui voudrait en échange de grâces nos bonnes pratiques mais Il attend de nous un amour vrai qui nous mette en route pour vivre selon ses préceptes.
L’amour et la gratuité sont indispensables pour rejoindre le cœur de Dieu. C’est en voyant la grandeur de cet amour divin que nous nous rendons compte que nous sommes loin de lui répondre convenablement.
Nous reconnaissons alors nos limites malgré nos bonnes œuvres et nous voyons notre pauvreté et notre misère. C’est alors que notre prière se fait humble devant Dieu puisque nous croyons en la grandeur de sa miséricorde.

En ce temps où l’Église nous invite à faire pénitence, penchons-nous sur nos limites et offrons-les à Dieu comme ce publicain qui est justifié par sa profonde humilité.