Réactions d’évêques face aux décisions du Gouvernement

Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg

Parmi la centaine d’évêques de France, la réaction de Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, mérite l’attention car cet ancien élève de Polytechnique raille particulièrement la sourde oreille gouvernementale : « Bien que n’ayant fait que l’École Polytechnique (X77), écrit-il dans un communiqué publié jeudi après-midi, je pensais savoir faire une règle de trois et appliquer une présence proportionnelle à nos immenses églises. J’apprends qu’il n’en est rien. »
Et avant d’annoncer un recours au Conseil d’État, il confie sa profonde déception : « Les annonces du président et celles du premier ministre concernant la reprise des cultes me laissent pantois, déconcerté et profondément déçu. La jauge de 30 personnes n’est pas une mesure sensée mais une précaution vexatoire. »

Bien que n’ayant fait que l’École Polytechnique (X77), je pensais savoir faire une règle de trois et appliquer une présence proportionnelle à nos immenses églises. J’apprends qu’il n’en est rien

Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg

L’archevêque de Strasbourg attaque ensuite les consultations sans suite du gouvernement : « L’habitude gouvernementale semble désormais bien prise de ne jamais tenir compte des propositions émanant de l’épiscopat français, propositions pourtant prudentes, intégrant l’extrême gravité de la crise dans laquelle nous sommes et en phase avec la détresse des personnes et des entreprises.
Ce qui ne doit pas rompre pour autant le dialogue : « La tradition de l’Église catholique reste de poursuivre inlassablement le dialogue avec le gouvernement tout en manifestant son profond désaccord par tous les moyens légaux et politiques. J’attends personnellement une rencontre entre nos représentants et le Premier ministre pour le faire le point sur une liberté de culte au bord de la rupture. »
Le tout dans un esprit « non de mauvaise humeur » mais de « réponse par le bien aux inconsistances administratives. » Cela dit il prévient : « Je ferai moi-même recours auprès du Conseil d’État contre des mesures que j’estime disproportionnées. »

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes

Sur le principe de l’autorisation de reprise des cultes, Mgr d’Ornellas souligne quà partir de ce samedi 28 novembre, « les prêtres peuvent donc reprendre la célébration publique de la Messe dans leur église. Chaque fidèle qui le souhaite peut venir dans l’église de sa paroisse pour participer à l’Eucharistie dès ce week-end des 28 et 29 novembre, premier dimanche de l’Avent préparatoire à la grande fête de Noël ».

Accueil des tous les fidèles « dans le strict respect des gestes barrières »

Quid de la jauge de 30 personnes maximum ? « Je ne peux pas demander aux prêtres d’effectuer une discrimination entre les fidèles, en autorisant certains à venir à la Messe et en l’interdisant à d’autres, assume Mgr Pierre d’Ornellas. C’est pourquoi, les prêtres n’ont pas à compter les fidèles dans le but d’en exclure, sous peine d’une grave discrimination contraire à l’affectation légale au culte des églises et contraire à la foi catholique. Ils accueilleront donc les fidèles qui viendront, en leur demandant le strict respect des gestes barrières ».