Le Père Verkys nous parle : la fausse sécurité

Dimanche dernier nous avons parlé de l’argent trompeur qui est en réalité un piège qui peut nous éloigner de Dieu si nous n’y prenons pas garde. Les lectures de ce dimanche vont dans le même sens en particulier la première et l’évangile. Ce que dit saint Paul dans la deuxième peut être un chemin ou un remède qui nous évite l’écueil que peut constituer la richesse : « Toi, homme de Dieu, recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur. Mène le bon combat, celui de la foi, empare-toi de la vie éternelle ! »

Quand on a l’argent on vit dans l’aisance et dans l’abondance et on peut être amené à se détourner de Dieu car on se croit en sécurité. C’est cela que dénonce le prophète Amos dans la première lecture : « Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Sion, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie ». Je ne veux pas dire que l’argent est une mauvaise chose et certainement le prophète ne le dit pas. Mais nous ne devons pas mettre notre confiance dans notre richesse mais en Dieu et en lui seul car « Au sein même de l’abondance, la vie d’un homme n’est pas assurée par ses biens »Lc 12,15 .
L’argent n’apporte ni sécurité, ni bonheur, donc apprenons à l’utiliser à bon escient. Avec les plaisirs qu’offrent l’argent nous pouvons devenir aveugles devant la misère des autres, être insensibles ou indifférents, comme c’est le cas pour ce riche dont nous parle l’évangile. Alors nous trouvons les bonnes excuses :

  • J’ai bossé dur pour gagner ce que j’ai… J’ai économisé toute ma vie, je n’ai jamais gaspillé …
  • -Ils n’ont qu’à aller travailler. Juste en allant de l’autre côté de la rue ils trouveront du boulot.
  • Je ne peux pas gérer toutes les misères du monde….

Nous nous faisons alors bonne conscience. En nous éloignant des pauvres, nous nous éloignons de Dieu . Le RSA ou l’allocation chômage ne doivent pas nous dédouaner de tout engagement pour les plus pauvres ou les personnes en difficultés. Nous avons aujourd’hui pour nous engager . On n’a qu’une vie. Demain ce sera trop tard. Nous percevons dans l’évangile l’urgence de la conversion ou de l’appel à sortir de l’indifférence car quand nous quitterons cette terre ce sera trop tard. Comblons dès aujourd’hui à notre petite échelle le fossé qui pourrait nous séparer définitivement des autres au dernier jour. N’attendons pas des miracles ou des événements particuliers pour nous mettre en route. Les Saintes Ecritures, l’eucharistie et les homélies que nous avons suffisent si nous voulons entendre l’appel de Dieu.

Seigneur donne-nous un cœur sensible à ton appel et un cœur sensible à la misère de ceux qui nous entourent

La gloire d’être inutile

Le goût de l’homme contemporain pour l’euthanasie s’inscrit dans une logique de consommation, rétive à toute inquiétude spirituelle. Ce sont pourtant les plus fragiles, montre le père Luc de Bellescize, qui nous donnent le sens de l’essentiel : ils sont aimés pour ce qu’ils sont et non parce qu’ils sont utiles.

Luc de Bellescize – publié le 22/09/22

Sans la partager, je comprends très bien la logique de l’euthanasie et l’écrasante majorité des sondages en sa faveur… Il faudrait voir les questions posées. S’il faut choisir entre la dégradation inéluctable d’une mort lente et une charmante infirmière qui vient vous endormir gentiment, le résultat sera unanime en faveur de la deuxième proposition. L’euthanasie constitue les dernières marches du tapis de sang de la culture de mort. Nous avons décidé depuis longtemps d’être les arbitres de la vie naissante et de choisir qui mérite de vivre ou de mourir, rien ne nous empêche donc d’être les arbitres de la vie finissante. La transgression majeure est déjà franchie depuis longtemps.

Une logique conforme à la paganisation

Dalida voulait « mourir sur scène au son des projecteurs ». Je puis comprendre que l’on se contente d’une « mort douce », selon l’étymologie du mot, dans un bon lit si possible, pourquoi pas dans une clinique en Suisse impeccablement propre sur un fond de musique commerciale relaxante, avant de finir saupoudré sur le lac Léman pour servir de nourriture bio-équitable aux carpes. Le bio équitable restant à prouver… Si nous considérons le corps humain comme un matériau biodégradable et non le mémorial d’une personne promise à la résurrection, ayons au moins pitié des carpes. 

Cette logique de « choisir sa mort », ou de la choisir pour ceux qui ne sont plus en état de le faire, dérive inéluctable que nous constatons dans les pays qui ont déjà légalisé la mise à mort des faibles, semble tout à fait conforme à la paganisation du monde. Le pater familias romain avait droit de vie ou de mort sur son enfant et Sparte éliminait ceux qui avaient la moindre tare. Si nous oublions le fondement chrétien de notre anthropologie occidentale, à savoir l’incarnation de Dieu dans notre chair et son entrée dans la souffrance et dans la mort, qui donne à tout homme, fût-t-il le plus disgracié ou le plus obscur, une incomparable noblesse, les vieux démons de l’avoir et du pouvoir nous rattraperont toujours. Car au fond, malgré les justifications humanistes et les sentiments larmoyants, et malgré les drames — hautement instrumentalisés — qui blessent notre terre de larmes, il s’agit aussi d’une question d’argent. Les soins palliatifs coûteront toujours plus cher qu’une piqûre d’injection létale.

Au fond, nous avons perdu la grande espérance, celle de la vie éternelle ; il ne reste plus alors que la terre qui se rétrécit comme une peau de chagrin et le temps laissé à sa propre finitude.

Au fond, nous avons perdu la grande espérance, celle de la vie éternelle ; il ne reste plus alors que la terre qui se rétrécit comme une peau de chagrin et le temps laissé à sa propre finitude. Pas d’autre perspective que la pendule de Brel « qui dit oui, qui dit non, qui dit : je vous attends ». Si l’homme est né du hasard et s’en va vers le rien, il devient le bateau ivre de Rimbaud qui n’est plus guidé par les haleurs et descend les fleuves impassibles. L’obsession de l’horloge a remplacé la patience de l’éternel. Le réflexe survivaliste consiste donc à éviter soigneusement toute inquiétude spirituelle. Il ne faut surtout pas réveiller l’appel enfoui d’un Dieu que l’on a lentement mis à mort, non sans mal, dans notre conscience émancipée. Nous sommes simplement conviés à consommer la vie tant qu’on peut en jouir, comme un hamster boulimique qui tourne frénétiquement dans la roue de sa cage, car chaque heure qui passe est un pas vers le néant. 

Telles sont les deux options qui s’offrent à l’athéisme pratique et irréfléchi, devenu l’air commun de l’homme occidental : excitation et dépression. Il suffit de transmuer la quête métaphysique du sens en obsession sanitaire et exaltation du bien-être, puis de prendre des antidépresseurs quand la diminution de nos capacités nous empêchera de jouir en rond. Le troisième acte consistera à demander « librement »la mort quand la société nous renverra l’image d’être un déchet coûteux. En réalité, ces choix se succèdent inéluctablement. Hemingway a brûlé sa vie de bars en bars et de femmes en femmes avant de se tirer une balle dans la tête quand il sentit venir l’impuissance, le diabète et la cécité. 

La fragilité, une fissure dans le blindage des cœurs

C’est la chanson de Starmania : « Nous, tout ce qu’on veut, c’est être heureux, être heureux avant d’être vieux », comme si « être vieux » était nécessairement être malheureux. Comme si le bonheur était le monopole de la jeunesse. Il se passe pourtant tant de choses belles au pied du lit des mourants. La fragilité fissure le blindage des cœurs. Pensons à la magnifique chanson d’Aznavour, La Mamma, où les enfants reviennent de loin, même ceux du sud de l’Italie, même le fils maudit, lui jouer doucement des airs de guitare et chanter des Ave Maria. Les nœuds de la vie se dénouent devant la mère qui meurt. Car les plus fragiles nous donnent le sens de l’essentiel et de la gratuité qui fait l’éminente dignité de notre vie humaine : celle de ne servir à rien. Celle d’être infiniment au-delà de l’utilitaire. Celle d’être une histoire sacrée. Nous sommes des serviteurs inutiles (Lc 17, 10). C’est là notre gloire. Mourir dans la dignité, c’est certainement bénéficier de soins qui apaisent les souffrances de l’esprit et du corps. Mais c’est aussi mourir en ne servant à rien, et en étant aimé quand même. Non pour ce qu’on a, mais pour ce qu’on est. 

Fin de vie : « Toute vie mérite d’être vécue ! »

Le Comité Consultatif National d’Ethique vient de publier son avis dans lequel il valide la possibilité d’un accès légal à une assistance au suicide. Le père François Bidaud nous explique comment réagir en tant que Chrétiens. 

Le vicaire général, le père François Bidaud, est notre invité cette semaine. Alors que le Comité Consultatif National d’Ethique vient de publier son rapport dans lequel il valide la possibilité d’un accès légal à une assistance au suicide, nous nous demandons comment réagir en tant que chrétien. « Il faut entrer en dialogue avec nos contemporains sur la base de notre raison » invite le père François.

« Nous avons des arguments de Foi pour dire notre choix d’être pour la vie jusqu’au bout […] et quand on ne peut rajouter des jours à la vie, rajouter de la vie aux jours » poursuit le vicaire en faisant le lien avec l’accompagnement en soins palliatifs. Il invite à faire appel à la conscience : « Qu’est-ce que cela veut dire de demander à quelqu’un d’autre de donner la mort ?«  A noter qu’une soirée conférence et table ronde aura lieu en novembre en Vendée au sujet de l’euthanasie (infos à venir).

La prière du matin de Jean XXIII

Découvrez le magnifique décalogue de saint Jean XXIII pour cultiver la paix de l’âme en cette période de rentrée : « Rien qu’aujourd’hui, j’essaierai de… ». Dix conseils simples que le pape Jean XXIII appliquait lui-même chaque jour.

La rédaction d’Aleteia 

1. Rien qu’aujourd’hui,  j’essaierai de vivre ma journée sans chercher à résoudre le problème de toute ma vie.

2. Rien qu’aujourd’hui, je prendrai le plus grand soin de me comporter et d’agir de manière courtoise ; je ne critiquerai personne, je ne prétendrai corriger ou régenter qui que ce soit, excepté moi-même.

3. Rien qu’aujourd’hui, je serai heureux sur la certitude d’avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l’autre monde mais également dans celui-ci.

4. Rien qu’aujourd’hui, je consacrerai dix minutes à une bonne lecture en me rappelant que, comme la nourriture est nécessaire à la vie du corps, de même la bonne lecture est nécessaire à la vie de l’âme.

5. Rien qu’aujourd’hui, je ferai une bonne action et n’en parlerai à personne.

6. Rien qu’aujourd’hui, j’accomplirai au moins une chose que je n’ai pas envie de faire, et si on m’offense je ne le manifesterai pas.

7. Rien qu’aujourd’hui, je me plierai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci cèdent à tous mes désirs.

8. Rien qu’aujourd’hui, j’établirai un programme détaillé de ma journée. Je ne m’en acquitterai peut-être pas entièrement, mais je le rédigerai. Et je me garderai de deux calamités : la hâte et l’indécision.

9. Rien qu’aujourd’hui, je croirai fermement — même si les circonstances attestent le contraire — que la Providence de Dieu s’occupe de moi comme si rien d’autre n’existait au monde. 

10. Rien qu’aujourd’hui, je n’aurai aucune crainte. Et tout particulièrement je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau et de croire à la bonté. Je suis en mesure de faire le bien pendant douze heures, ce qui ne saurait me décourager, comme si je me croyais obligé de le faire toute ma vie durant. Ainsi soit-il. 

Sœur Albertine, tout le monde la suit (sur les réseaux) !

Avec plus de 90.000 abonnés sur ses réseaux sociaux, la sœur Albertine Debacker a trouvé son public ! Qui est donc cette jeune femme de 27 ans qui affiche un grand sourire et une foi vivante ?

La rédaction d’Aleteia – publié le 17/09/22

Ils sont de plus en plus nombreux à venir sur les réseaux sociaux pour toucher les jeunes : des laïcs mais aussi des religieux, des prêtres. “Ils” car jusqu’à présent c’est vrai, il y avait surtout des hommes ! Et c’est notamment ce constat qui a incité sœur Albertine Debacker, membre de la communauté du Chemin Neuf, à venir à son tour sur les réseaux sociaux pour montrer un visage féminin de l’Église. 

Chaque semaine, sur TikTok ou Instagram, celle qui veut “rejoindre les jeunes là où ils sont”, parle avec les codes de sa communauté pour répondre aux questions diverses et variées sur sa vocation et son quotidien pas comme les autres : « À quoi ça sert une bonne sœur ? » « Comment a réagi ta famille ? » « Et le sexe dans tout ça ? » Albertine répond avec simplicité et bonne humeur, et surtout sans tabou. Les jeunes en redemandent ! Avec  57.000 abonnés sur TikTok, et plus de 35.000 sur Instagram, on peut dire qu’elle a trouvé son public, qui n’est pas forcément catho d’ailleurs, ce dont elle se réjouit. Une équipe de TF1 a même suivi son quotidien lyonnais.

Âgée de 27 ans, Albertine est originaire de Lille. Après des études de finances à Paris, elle vit désormais à Lyon depuis trois ans, au sein de la communauté du Chemin Neuf. En semaine, elle s’occupe de l’aumônerie du lycée Sainte-Marie (appelé communément les Maristes), et partage par ce biais le quotidien de jeunes qu’elle emmène durant l’année en pèlerinage à Lourdes, en mission aux Philippines l’été dernier ou aux JMJ de Lisbonne en 2023. Une foi rayonnante, une vie bien remplie, au service de Dieu, et tournée vers les jeunes, voila donc la sœur Albertine, la nouvelle influenceuse 2.0.

Mettre l’argent au service du royaume de Dieu (P.Verkys)

Les lectures de ce dimanche focalisent notre attention sur l’argent. L’argent est un piège et sa possession peut conduire à notre ruine ( c’est pourquoi Jésus parle de l’argent trompeur) tout comme si nous savons l’utiliser, il peut devenir pour nous un chemin, un moyen vers le royaume. On dit souvent que l’argent est un bon serviteur mais un mauvais maître.
Se pose alors la question sur la place de l’argent ou de toute richesse matérielle dans notre vie. Quand l’argent prend la première place dans notre vie non seulement que nous arrivons à mépriser les autres mais surtout nous arrivons à ignorer Dieu. Nous pouvons commettre des injustices pour nous enrichir, tous les jours on veut en gagner plus d’où même le dimanche il faut travailler, on piétine le sabbat et les jours consacrés au Seigneur comme nous l’avons entendu dans la première lecture : « Quand est-ce que la sabbat sera-t-il fini, pour que nous écoulions notre froment ? Quand l’argent prend la première place on profite de toutes les situations pour s’enrichir en méprisant le droit des pauvres et des faibles. Cela est le cas en ces moments de crises favorables pour faire toutes les spéculations financières.


Ce qu’on oublie c’est que nous allons laisser toutes ces richesses. Il n’ y a pas de riche au cimetière. Après que nous quitterons l’argent qui nous a été donné pour le bonheur de tous mais que nous avons confisqué pour nous seuls et nos proches et amis, si on en a, au mépris des pauvres, que deviendrons-nous ? Nous ne sommes pas éternels. Osons donc plus de solidarité et gardons le bon sens.


Méfions-nous de l’idolâtrie que peut constituer l’argent et qui nous fait oublier Dieu et son royaume. Heureux les riches en vue de Dieu.


Merci à celles et ceux qui ont une cagnotte dans leur budget pour les pauvres.

Bonne semaine. P. Verkys

Le Pape rend hommage à saint Pie V, réformateur de la liturgie de l’Église

Environ 1500 pèlerins italiens étaient rassemblés ce samedi 17 septembre en salle Paul VI pour une audience avec le Pape François. Aux pèlerins du diocèse d’Alessandria, le Saint-Père a parlé de l’actualité du Pape saint Pie V, originaire de cette région. Aux jeunes confirmands et confirmés du diocèse de Spoleto-Norcia, il a rappelé de l’importance du baptême, fondement de la vie chrétienne.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Né en 1504 à Bosco Marengo, sur le territoire de l’actuel diocèse d’Alessandria, Antonio Ghislieri était un petit berger gardant les moutons dans la campagne lombarde. Il entra dans l’ordre des prêcheurs à l’âge de 14 ans, fut plus tard nommé inquisiteur, et devint Pape en 1566. Il resta six ans sur le trône de saint Pierre, en ayant parmi ses fidèles collaborateurs l’archevêque de Milan, saint Charles Borromée.

Halte aux nostalgiques

Son pontificat fut consacré à l’application de la Réforme Catholique définie au Concile de Trente. Il fit notamment refondre le missel, achever et traduire en plusieurs langues nationales le catéchisme officiel, et rédiger le bréviaire. La messe tridentine fut quant à elle promulguée en 1570. Ces documents majeurs feront autorité jusqu’aux réformes liturgiques de Vatican II en 1965.

«Il fut un réformateur de l’Église, qui fit des choix courageux», a reconnu François. «Depuis lors, le style de gouvernance de l’Église a changé, a-t-il toutefois averti, et ce serait une erreur anachronique d’évaluer certaines œuvres de saint Pie V avec la mentalité d’aujourd’hui. De même, nous devons veiller à ne pas le réduire à un souvenir nostalgique et embaumé, mais à saisir son enseignement et son témoignage», a mis en garde le Saint-Père, faisant remarquer que «la colonne vertébrale» de la vie de ce Pape piémontais «était la foi».

Construire la communauté à partir de l’Eucharistie

Saint Pie V invite les catholiques d’aujourd’hui à «être chercheurs de la vérité», a poursuivi François. Concernant la liturgie à laquelle son prédécesseur du 16e siècle a beaucoup œuvré, «le plus grand engagement doit être pris pour que la célébration eucharistique devienne effectivement la source de la vie communautaire», a-t-il estimé. Comme l’a aussi expliqué le Souverain Pontife, «la liturgie, face aux carrefours du cheminement des communautés, comme aux croix de nos vies personnelles, nous insère dans le sacerdoce du Christ».  

Saint Pie V, a enfin rappelé le Pape, se fit aussi un ardent propagateur de la prière, en particulier celle du Rosaire.

Les fidèles du diocèse d’Alessandria ont également été encouragés par François dans leur parcours synodal qui «appelle à une croissance laborieuse mais fructueuse de la communion fraternelle, entre évêque, prêtres et laïcs».

Bâtir sa vie sur le roc

Le Saint-Père s’est ensuite tourné vers les jeunes du diocèse ombrien de Spoleto-Norcia. Le sacrement de la confirmation, a-t-il rappelé à ces adolescents qui l’ont déjà reçu ou s’y préparent, «fait revivre l’expérience des premiers disciples de Jésus». Il les a ensuite invités à se souvenir de la date de leur baptême, et même à célébrer ce jour. «La Confirmation confirme le Baptême. C’est pourquoi on l’appelle la Confirmation. La vie chrétienne est une maison construite sur le fondement du baptême. Toujours. A onze ans, à vingt ans, à quarante ans, à quatre-vingts ans. Le fondement est toujours le même : le baptême», a insisté le Pape.

Il a ensuite encouragé chaque jeune de ce territoire marqué par les tremblements de terre à devenir «une pierre vivante pour construire la communauté chrétienne (…) Être des pierres vivantes: cela est possible avec la puissance de l’Esprit Saint qui, dans la Confirmation, vous confirme comme baptisés, enfants de Dieu et membres de l’Église». «Allez de l’avant avec cela: construire la maison sur le rocher !», a-t-il conclu devant les confirmés et confirmands italiens.

Image : Sr Pie V chassant les hérétiques

L’euthanasie, « tuer n’est pas humain, point »

« Un manque de compréhension des valeurs » extrait de la Conférence de Presse dans l’avion, au retour du Kazakhstan

Marina Droujinina, Journalisme (Moscou & Bruxelles). Théologie (Bruxelles, IET). pour ZENIT

 » Si vous tuez avec motivation … vous finirez par tuer de plus en plus », a déclaré le pape François répondant à une question sur l’euthanasie. « Tuer n’est pas humain, point…Tuer, laissons cela aux animaux. »

Le pape a prononcé ces paroles fortes en répondant à la question du journaliste français, Loup Besmond de Senneville, pour La Croixlors de la conférence de presse dans l’avion Nour-Soultan-Rome à son retour du voyage apostolique au Kazakhstan, le 15 septembre 2022, indique Vatican News.

Le pape a parlé d’« un manque de compréhension des valeurs » en Occident, en ce moment : « Nous devons repartir des valeurs, des valeurs de l’Europe, des valeurs des pères fondateurs de l’Union européenne, les grands », a-t-il ajouté.

Le pape a soulevé les thèmes de « l’injustice sociale », de « l’hiver démographique », de la migration. Il a souligné que « l’Occident a pris de mauvais chemins », citant comme exemple « l’injustice sociale qu’il y a parmi nous ». « Nous ne sommes pas au plus haut niveau, nous occidentaux, pour aider les autres peuples, a-t-il noté, ne sommes-nous pas un peu en décadence? »

Il a dit que l’Occident a « besoin de gens », mais il oublie « d’accueillir ». En Espagne, en Italie, a-t-il poursuivi, « il y a des villages vides, seulement vingt vieilles femmes, et puis plus rien ». « Mais pourquoi ne pas faire une politique occidentale où les immigrants seraient inclus avec le principe que le migrant doit être accueilli, accompagné, promu et intégré? s’est-il demandé. C’est très important, intégrer, mais au lieu de cela, non, on laisse les choses vides. »

« Avec cet hiver démographique », a expliqué le pape, l’Occident « est un peu en perte de vitesse, il a perdu… »

Le pape a cité un exemple de son pays – l’Argentine – « qui compte aujourd’hui 49 millions d’habitants » et où il n’y a « qu’un pourcentage de moins d’un million d’aborigènes, et tous les autres sont issus de l’immigration ». « Tout le monde: Espagnols, Italiens, Allemands, Slaves polonais, d’Asie Mineure, Libanais, tout le monde… Le sang s’est mélangé et cette expérience nous a beaucoup aidés. »

Le pape François a affirmé « que la migration doit être prise au sérieux en ce moment, car elle augmente la valeur intellectuelle et cordiale de l’Occident ».

Revenant au thème des valeurs, le pape a souligné que « l’Occident a besoin de parler, de se respecter ». Il a également mis en garde contre le « populisme » : « Il y a le danger du populisme, a-t-il dit. Que se passe-t-il dans un tel état socio-politique? Il y a des messies qui naissent: les messies des populismes. »

Le pape a cité à ce propos un livre de Siegmund Ginzberg, Syndrome 1933: « Il raconte exactement comment naît le populisme en Allemagne après la chute du gouvernement de Weimar, a expliqué le pape François. C’est comme ça que naissent les populismes: quand il y a une moitié sans force, et que l’on promet le messie. »

Lettre Apostolique DESIDERIO DESIDERAVI 

Article publié dans le Bulletin Paroissial n° 161 de septembre 2022

Jean-Claude Hervé

Traditionis custodes :

Il n’est pas inutile de rappeler quel était le but de Traditionis custodes. En donnant son motu proprio (gardiens de la tradition, en latin), le pape François a surpris les milieux traditionalistes. Le texte pontifical estime que Summorum Pontificum, un motu proprio de Benoît XVI, promulgué en 2007 pour permettre l’usage de certains rites antérieurs à Vatican II, a été «exploité pour élargir les fossés, renforcer les divergences et encourager les désaccords qui blessent l’Église, bloquent son chemin et l’exposent au péril de la division». L’objectif de l’unité a ainsi été «gravement négligé», selon le pape, qui souhaite donc restreindre les libertés permises par son prédécesseur, ce que contestent des fidèles.

Les évêques, gardiens de la tradition :

Il n’est pas scandaleux qu’un pape souhaite se prononcer sur des problèmes dont on ne peut nier la gravité. Ce n’est pas pour rien que le document s’ouvre par des termes qui désignent les évêques, comme gardiens de la tradition. Le document de Benoît XVI avait dépossédé les évêques (et les curés) de toute autorité en la matière : ils étaient tenus d’obtempérer aux requêtes qui leur étaient adressées. État de choses sans précédents dans la tradition catholique. François rétablit une régulation, épiscopale, qui est de droit

Desiderio desideravi : (quelques réflexions sur la liturgie)

Le pape François a publié le mercredi 29 juin une lettre pour tous les fidèles au sujet de la liturgie. Laissons la parole au Pape François : «Très chers frères et sœurs, par cette lettre, je désire vous rejoindre tous – après avoir déjà écrit uniquement aux évêques après la publication du Motu Proprio Traditionis custodes – et je vous écris pour partager avec vous quelques réflexions sur la liturgie, dimension fondamentale pour la vie de l’Église. Le sujet est vaste et mérite d’être examiné attentivement sous tous ses aspects : toutefois, dans cette lettre, je n’ai pas l’intention de traiter la question de manière exhaustive. Je souhaite plutôt offrir quelques pistes de réflexion qui puissent aider à la contemplation de la beauté et de la vérité de la célébration chrétienne.»

C’est donc une longue méditation. Desiderio desideravi” est le début d’une parole du Christ avant la Cène : J’ai désiré d’un grand désir, manger cette pâque avec vous, avant de souffrir ! (Lc 22, 15). Le pape réfléchit profondément sur la liturgie qui doit amener à faire la paix autour des questions liturgiques Il nous demande d’abandonner nos polémiques «pour écouter ensemble ce que l’Esprit dit à l’Église». Il s’agit de se mettre en prière, de se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, de s’écouter aussi les uns les autres, d’essayer de se comprendre. Bref, comme le dit encore le Pape, de «sauvegarder notre communion». Il est normal et souhaitable que les fidèles s’expriment et que les pasteurs les écoutent. Mais il est également normal et souhaitable que, après avoir écouté chacun, les pasteurs décident.

Dans des articles à venir, nous relèverons «quelques pistes de réflexion» les plus saillants de cette longue lettre.