Jésus Christ, le seul avenir de l’homme

Un article proposé par Marc Vial, professeur de dogmatique à la faculté de Théologie protestante de Strasbourg.

Empêchés de vivre pleinement 

Tous, nous aspirons à vivre pleinement, et aucun de nous ne le peut. Le désir de vivre en plénitude est contrarié de multiples manières, d’abord par la mort, la nôtre pour commencer. Notre existence est également entachée de nombreuses souffrances. Nous sommes vulnérables, susceptibles d’être blessés : dans notre corps, dans notre esprit, dans nos relations avec les autres (lorsqu’ils nous quittent, en mourant ou en se détournant de nous). Qui plus est, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire du mal, volontairement ou non, même à ceux auxquels nous tenons le plus. Enfin, nous voulons à toute force nous réaliser par nous-mêmes. Même les croyants les plus convaincus n’arrivent pas à laisser Dieu guider entièrement leur vie. L’être humain, quel qu’il soit, se ferme à Dieu. Cette fermeture, la Bible l’appelle « péché ». En somme, la vie humaine est de toutes parts assaillie par des réalités qui tendent à l’anéantir et contre lesquelles nous ne pouvons rien. 

Jésus Christ crucifié : Dieu dans le néant de l’homme 

La foi chrétienne se distingue de toute autre forme de pensée et de croyance en affirmant que cette condition humaine a été pleinement assumée par Jésus Christ, jusqu’à la mort même. Il est mort, comme tant d’autres. Cette mort n’est cependant pas n’importe quelle mort. Elle n’est pas la mort de n’importe qui. C’est celle de cet homme crucifié qui s’est identifié à tout homme en tant que pécheur, fermé à Dieu. C’est aussi la mort de celui en qui la foi chrétienne reconnaît le vrai Dieu. Si bien qu’à travers la mort de Jésus, Dieu lui-même entre dans la mort. L’événement par lequel Dieu assume la condition humaine est la crucifixion de Jésus. En Jésus Christ, Dieu endure ces forces de souffrances et de mal qui tentent d’anéantir l’être humain.

Jésus Christ ressuscité : l’homme dans la vie de Dieu 

En assumant jusqu’au bout la condition humaine, Dieu la transforme. L’événement par lequel Dieu transforme la condition humaine est la résurrection de Jésus. La résurrection est retour à la vie. Il ne s’agit toutefois pas de n’importe quel retour à la vie. Ce retour à la vie n’est pas celui de n’importe qui. C’est le retour à la vie du Crucifié, c’est-à-dire de celui qui a pris fait et cause pour tout homme. La foi chrétienne reconnaît en Christ le vrai homme, correspondant pleinement au projet créateur de Dieu. En ressuscitant le Crucifié, Dieu confirme sa communion avec lui et, à travers lui, avec tous ceux auxquels Jésus s’est identifié. La résurrection du Crucifié a ainsi ouvert pour tous un accès à la vie en plénitude à laquelle ils aspirent.  

Car il n’y a qu’un seul Dieu, un seul médiateur aussi entre Dieu et les hommes, un homme : Christ Jésus.

LA BIBLE, PREMIÈRE LETTRE À TIMOTHÉE 2,5

Tout est accompli 

Aux yeux des chrétiens, le Christ est ressuscité : le projet de Dieu pour l’homme s’est accompli en lui – en lui seul. Jésus seul correspond, pour l’heure, au projet de Dieu pour le monde. De plus, par sa passion et sa résurrection, il ouvre une fois pour toutes l’accès à la vie en plénitude que personne ne peut atteindre par lui-même. Telle est la signification de l’un des principes fondamentaux de la foi chrétienne en sa version protestante : « solus Christus », « le Christ seul ».  

En conséquence 

Il y a dans nos vies de l’inéluctable : nous souffrons, nous faisons souffrir, nous nous détournons de Dieu, nous mourons. Personne n’y échappe. Mais rien de tout cela ne peut empêcher Dieu de vouloir un avenir avec lui pour l’être humain, un avenir pour tous les êtres humains. Même ceux qui souffrent, font souffrir, se détournent de Dieu et meurent, ont un avenir – avec Dieu.  

Telle est l’espérance chrétienne. Cette espérance n’est ni une fuite en avant ni un vœu pieux. Elle est indissociable d’une mission présente. Car quiconque espère vraiment est tenu de faire en sorte, par ses paroles et ses actes, que ceux dont il croise la route puissent croire que l’accès à la vie en plénitude, qui a été ouvert par le Christ, l’a été pour eux aussi.

Jésus dit : “Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi.« 


Quel avenir pour la foi ? Jean Duchesne

Le Pape invite les jeunes Européens à transformer le Vieux continent en nouveau

L’évêque de Rome a développé sa vision d’une éducation complète dans un message adressé aux jeunes Européens, participants à la Conférence européenne de la jeunesse de Prague, lundi 11 juillet, mémoire liturgique de saint Benoît, patron de l’Europe. Le Pape y prône une éducation au regard ouvert, à l’autre, à la Création et à la Vérité.

Le Pape a commencé son message aux participants à la Conférence européenne de la jeunesse par une vive exhortation: transformer le «Vieux continent» en un «nouveau continent». «Je sais que votre génération a de bonnes cartes à jouer:  vous êtes des jeunes attentifs, moins idéologisés, habitués à étudier dans d’autres pays européens, ouverts aux expériences de volontariat, sensibles aux questions environnementales», a relevé François avec espérance. «Si, par le passé, vos ancêtres sont allés sur d’autres continents, pas toujours pour de nobles intérêts, c’est maintenant à vous de présenter au monde un nouveau visage de l’Europe», a-t-il enjoint.

Europe, le regard au-delà, au large 

L’évêque de Rome est revenu sur l’étymologie encore incertaine du nom «Europe», relevant l’une des hypothèses la faisant remonter à l’expression grecque «eurús op», c’est-à-dire, «grand œil», «regard large», soit la capacité de regarder au-delà.

Europe, une figure mythologique qui rendait les dieux amoureux d’elle, était appelée «la jeune fille aux grands yeux». «Je pense donc aussi à vous, jeunes Européens, comme à des personnes au regard large et ouvert, capables de regarder au-delà», a lancé François, développant son propos autour du Pacte éducatif global lancé en septembre 2019.

L’évêque de Rome est revenu sur l’étymologie encore incertaine du nom «Europe», relevant l’une des hypothèses la faisant remonter à l’expression grecque «eurús op», c’est-à-dire, «grand œil», «regard large», soit la capacité de regarder au-delà.

Europe, une figure mythologique qui rendait les dieux amoureux d’elle, était appelée «la jeune fille aux grands yeux». «Je pense donc aussi à vous, jeunes Européens, comme à des personnes au regard large et ouvert, capables de regarder au-delà», a lancé François, développant son propos autour du Pacte éducatif global lancé en septembre 2019.

Écouter les enfants, les adolescents, les jeunes

«Cependant, étant donné que ce monde est dirigé par des adultes et des anciens, il semble que ce soit vous qui devriez peut-être éduquer les adultes à la fraternité et à la coexistence pacifique!», a-t-il glissé, affirmant que l’un des premiers engagements du Pacte éducatif est «d’écouter les enfants, les adolescents et les jeunes». C’est pourquoi, a encouragé l’évêque de Rome, s’ils ne vous écoutent pas, criez encore plus fort, faites du bruit, vous avez le droit d’avoir votre mot à dire sur ce qui concerne votre avenir.

«Je vous encourage à être entreprenants, créatifs et critiques: vous savez que lorsqu’un enseignant a dans sa classe des élèves exigeants, critiques et attentifs, il est stimulé pour travailler davantage et préparer de meilleures leçons», a ajouté le Successeur de Pierre, rappelant que «dans cette alliance», il n’y a pas d’«émetteurs» et de «destinataires», et invitant à ne pas craindre l’exigence.

«L’autre est un atout»

Le Pape a évoqué deux propositions du Pacte éducatif global.  D’abord, «s’ouvrir à l’accueil»: ne pas se laisser entraîner par des idéologies à courte vue qui veulent montrer l’autre, le différent comme un ennemi. L’autre est un atout, a insisté le Pape, citant le projet Erasmus.

«Être solidaire de tous, pas seulement de ceux qui me ressemblent, ou qui affichent une image de réussite, mais de ceux qui souffrent, quelle que soit leur nationalité ou leur statut social. N’oublions pas que des millions d’Européens ont dû, par le passé, émigrer vers d’autres continents à la recherche d’un avenir. Je suis moi aussi le fils d’Italiens qui ont émigré en Argentine», a rappelé le Souverain pontife.

Excellence pour tous

L’objectif principal du pacte éducatif est d’éduquer chacun à une vie plus fraternelle, basée non pas sur la compétitivité mais sur la solidarité, a-t-il remarqué, invitant les jeunes à aspirer aux expériences de solidarité «qui changent le monde», et non les expériences «exclusives (et excluantes)» des écoles d’élite. «L’excellence oui, mais pour tous, pas seulement pour certains», affirme François avant de formuler la seconde proposition: «Le soin de la maison commune» et les initiatives dont les jeunes sont capables.

Une vie digne et sobre

«Je dis que cette fois-ci est peut-être la bonne. Si vous ne parvenez pas à inverser cette tendance autodestructrice, il sera difficile pour les autres de le faire à l’avenir. Ne vous laissez pas séduire par les sirènes qui proposent une vie de luxe réservée à une petite partie du monde: ayez de « grands yeux » pour voir tout le reste de l’humanité, qui ne se réduit pas à la petite Europe; aspirez à une vie digne et sobre, sans luxe ni gaspillage, pour que tous puissent habiter le monde dignement», a lancé le Pape. «Il est urgent de réduire la consommation non seulement de combustibles fossiles mais aussi de nombreuses choses superflues; de même, dans certaines régions du monde, il convient de consommer moins de viande: cela aussi peut contribuer à sauver l’environnement».

Éduquer, donc, pour connaître non seulement soi-même et les autres, mais aussi la création.

Le modèle du bienheureux Franz Jägerstätter

Le Pape a ensuite évoqué la guerre en cours sur le continent européen. «Quelqu’un a dit que, si le monde était dirigé par des femmes, il n’y aurait pas tant de guerres, car celles qui ont la mission de donner la vie ne peuvent pas faire de choix de mort. De même, j’aime à penser que si le monde était dirigé par des jeunes, il n’y aurait pas autant de guerres: ceux qui ont toute la vie devant eux ne veulent pas la briser et la jeter, mais la vivre pleinement», a-t-il déclaré, conseillant de faire connaissance avec «la figure extraordinaire d’un jeune objecteur de conscience», d’un jeune Européen aux «grands yeux», qui a combattu le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale, Franz Jägerstätter, proclamé bienheureux par le Pape Benoît XVI.

Franz, jeune paysan autrichien qui, en raison de sa foi catholique, a fait en conscience objection à l’injonction de prêter allégeance à Hitler et de partir à la guerre. Franz était un garçon joyeux, sympathique et insouciant qui, en grandissant, grâce aussi à sa femme Francesca, avec qui il a eu trois enfants, a changé de vie et développé des convictions profondes. Lorsqu’il a été appelé aux armes, il a refusé, car il estimait qu’il était injuste de tuer des vies innocentes. Sa décision a déclenché de dures réactions à son égard de la part de sa communauté, du maire et même des membres de sa famille. Un prêtre a essayé de le dissuader pour le bien de sa famille. Tout le monde était contre lui, sauf sa femme Francesca qui, même si elle connaissait les énormes dangers, a toujours été aux côtés de son mari et l’a soutenu jusqu’au bout. Malgré les flatteries et les tortures, Franz préférait être tué que de tuer. Il considérait que la guerre était totalement injustifiée. Si tous les jeunes hommes appelés aux armes avaient fait comme lui, Hitler n’aurait pas été en mesure de réaliser ses plans diaboliques. Le mal a besoin de complices pour gagner, a raconté le Pape.

Chercher la Vérité

Et le Pape d’évoquer une quatrième dimension de l’éducation: après la connaissance de soi, des autres et de la création, il y a enfin la connaissance du début et de la fin de tout.

«Chers jeunes Européens, je vous invite à regarder au-delà, vers le haut, à toujours chercher le sens de votre vie, votre origine, votre fin, la Vérité, car vous ne pouvez pas vivre si vous ne cherchez pas la Vérité. Marchez les pieds fermement plantés sur la terre, mais avec un regard large, ouvert sur l’horizon, sur le ciel. La lecture de l’exhortation apostolique Christus vivit, adressée en particulier aux jeunes, vous y aidera. Et puis je vous invite tous à la Journée Mondiale de la Jeunesse de l’année prochaine à Lisbonne, où vous pourrez partager vos plus beaux rêves avec des jeunes du monde entier», a conclu le Saint-Père.

La pandémie de Covid-19 a accentué la faim dans le monde

La faim dans le monde augmente : 828 millions de personnes étaient concernées en 2021, soit 150 millions de plus par rapport à 2019, avant l’apparition de la pandémie de Covid-19. C’est ce qui ressort de l’édition 2022 de l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde publié par diverses agences de l’Onu.

Le monde s’éloigne de plus en plus de son objectif de mettre un terme à la faim, à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition sous toutes ses formes d’ici 2030. C’est ce que constatent la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ainsi que le FIDA, le Fonds international de développement agricole, l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, le PAM, le Programme alimentaire mondial, et l’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2021, 828 millions de personnes souffraient de la faim. C’est 46 millions de plus qu’en 2020, mais 150 millions de plus par rapport à 2019. Autrement dit, la pandémie de Covid-19, à ses débuts, a considérablement aggravé le sort des plus faibles et des plus exposés à la faim. À cela s’ajoutent les 2,3 milliards des personnes, soit près de 30 % de la population mondiale, qui se trouve en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave. Autre donnée, ce sont les femmes qui sont les plus touchées : elles sont 31,9 % contre 27,6 % pour les hommes. Là aussi, l’écart a augmenté ces deux dernières années.

Les enfants de moins de cinq ans, parmi les premières victimes, sont 45 millions à souffrir d’émaciation, la forme la plus mortelle de malnutrition, et 149 millions à présenter un retard de croissance et de développement alors que 39 millions sont en surpoids.

Quant aux perspectives, elles sont peu optimistes : à l’horizon 2030, 670 millions de personnes devraient toujours souffrir de la faim, même en cas de redressement économique mondial, soit autant qu’en 2015. On est bien loin de l’objectif de l’élimination complète en 2030. La guerre en Ukraine ne fait rien pour améliorer la situation globale, Kiev et Moscou étant les deux plus grands producteurs mondiaux de céréales de base, de graines oléagineuses et d’engrais.

Les politiques publiques en faveur de l’agriculture sont également à revoir selon le rapport. Elles se concentrent sur les échanges et le marché, et sous forme de subventions. Or, ce soutien «ne bénéficie pas à beaucoup d’agriculteurs, est néfaste à l’environnement et n’encourage pas la production des aliments nutritifs qui composent une alimentation saine» indique le texte onusien. Il faudrait alors réorienter le soutien à l’alimentation et à l’agriculture de façon à cibler des aliments nutritifs pour lesquels la consommation par habitant ne correspond pas encore aux niveaux recommandés dans le cadre d’une alimentation saine.

Nicaragua : Le douloureux exode des missionnaires de la Charité

Expulsées mercredi 6 juillet du Nicaragua, les missionnaires de la Charité ont été escortées par des agents du gouvernement et des policiers à un bus qui les a emmenées au Costa Rica, un pays voisin.

Pablo Cesio – Agnès Pinard Legry – publié le 08/07/22

La douleur d’un arrachement doublée de la tristesse de la séparation, c’est ce qu’ont ressenti les missionnaires de la Charité ce mercredi 6 juillet au moment de leur expulsion du Nicaragua par le gouvernement de Daniel Ortega. La décision, approuvée en urgence par les députés sandinistes, marque la fin de présence dans le pays de l’ordre fondé par Mère Teresa en 1950. D’après El Confidencial, média nicaraguayen, 18 missionnaires ont été expulsées dont sept religieuses originaires d’Inde, deux du Mexique, une d’Espagne, deux du Guatemala, une d’Équateur une du Vietnam, deux des Philippine et deux du Nicaragua.

Surveillées et harcelées ces derniers jours par le gouvernement, les religieuses ont vécu un douloureux exode les contraignant à laisser derrière elles celles et ceux qu’elles accompagnaient, les plus pauvres des plus pauvres, dans leur maison du Cœur Immaculé de Marie située à Granada, dans le sud-ouest du pays. D’après les informations d’El Confidencial, les missionnaires de la Charité « ont été transférés de Managua et Granada à la frontière avec le Costa Rica par la Direction générale de la migration et de l’immigration (DGME) et la police. » Sur des images, on les voit partir avec leurs affaires à la main.

Les religieuses ont été accueillies au Costa Rica par Mgr Manuel Eugenio Salazar, évêque du diocèse de Tilarán. Après un repas en toute simplicité à la frontière, l’évêque a pu échanger avec elles dans une paroisse locale. « Elles ont traversé des moments difficiles et menaçant, y compris pour leur intégrité physique », raconte-t-il. « Si cela n’avait tenu qu’à elles, elles seraient restées au Nicaragua. Elles aiment ce pays, le peuple nicaraguayen, et en particulier les plus pauvres et les plus nécessiteux ».

« Missionnaires de la Charité, bienvenue au Costa Rica », a-t-il par ailleurs déclaré dans un message diffusé sur les réseaux sociaux. « Nous sommes honorés de votre présence. En vous recevant, nous avons reçu Jésus-Christ (…). Dans un monde matérialiste où l’argent est au cœur de tout, vous enseignez la Parole du Christ dans la simplicité et témoignez sans cesse que cela vaut la peine d’aimer les pauvres. Comptez sur nous, nous sommes à votre service ».

L’hostilité du régime sandiniste de Daniel Ortega et son épouse, Rosario Murillo, se traduit par des vols, des menaces, des exils, des agressions mais aussi des campagnes de diffamation et des discours de haine.

Le Pape dément les rumeurs de démission et dit vouloir se rendre à Moscou et Kiev

Le Pape François a accordé un entretien à l’agence de presse Reuters. Il s’exprime sur divers sujets concernant son pontificat et l’actualité internationale, disant notamment «respecter» l’arrêt de la Cour suprême américaine sur l’avortement et réitérant sa condamnation de l’interruption de grossesse.

Vatican News

Le Souverain Pontife nie avoir l’intention de démissionner et dément les rumeurs selon lesquelles il serait atteint d’un cancer. Il redit également son désir de se rendre en Russie et en Ukraine dès que possible, peut-être en septembre. Il déclare respecter l’arrêt de la Cour suprême des États-Unis sur l’interruption de grossesse et réitère sa ferme condamnation de l’avortement. C’est en substance ce qui ressort de la longue interview accordée par l’évêque de Rome au correspondant de Reuters, Phil Pullella, samedi 2 juillet. L’entretien a duré environ 90 minutes, et il s’agit d’un premier compte rendu dont une partie du contenu a été publiée par l’agence.

Dieu seul le sait

Selon divers articles et commentaires dans les médias, certains événements récents ou prévus (du consistoire de la fin août à la visite à L’Aquila où est enterré Célestin V, qui a démissionné en 1294) suggéreraient l’intention du Pape de renoncer à sa charge. Mais François a démenti cette interprétation: «Toutes ces coïncidences ont fait croire à certains que la même ‘liturgie’ aurait lieu. Mais ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Pas pour le moment, pas pour le moment. Vraiment!», insiste-t-il. Le Pape a dans le même temps, comme il l’avait fait à plusieurs reprises par le passé, expliqué qu’il envisagerait la possibilité de démissionner, notamment après le choix fait par Benoît XVI en 2013, si sa santé devait rendre impossible la poursuite de son ministère. Mais à la question de savoir quand cela pourrait se produire, il a répondu: «Nous ne savons pas. Dieu le dira», dans des termes similaires à ceux utilisés le vendredi 1er juillet dans une interview à l’agence de presse argentine Telam.

Pas d’opération envisagée

En ce qui concerne ses problèmes de genou, François a parlé du report du voyage en Afrique et de la nécessité d’une thérapie et de repos. Il a déclaré que la décision de report lui avait causé «beaucoup de souffrance», notamment parce qu’il souhaitait promouvoir la paix en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud. Le Pape, note le journaliste, utilise une canne pour entrer dans la salle de réception du rez-de-chaussée de la Maison Sainte-Marthe. Il a ensuite donné des détails sur l’état de son genou, affirmant qu’il a subi «une petite fracture» lorsqu’il a fait un faux pas alors qu’un ligament était enflammé. «Je vais bien, je m’améliore lentement», a-t-il ajouté, expliquant que la fracture se résorbe, aidée par la thérapie magnétique et au laser.

Le Successeur de Pierre a ensuite démenti les rumeurs selon lesquelles un cancer lui avait été diagnostiqué il y a un an, lorsqu’il a subi une opération de six heures pour retirer une partie de son côlon en raison d’une diverticulite, une affection courante chez les personnes âgées. «L’opération a été un grand succès», a déclaré le Pape, ajoutant, sourire aux lèvres, qu’«on ne m’a rien dit» au sujet du prétendu cancer, qu’il qualifie de «ragots de cour». Il a ensuite déclaré à Reuters qu’il ne souhaitait pas se faire opérer du genou car l’anesthésie générale de l’opération de l’année dernière avait eu des effets secondaires négatifs.

Un voyage délicat

L’interview a ensuite abordé les questions internationales. Parlant de la situation en Ukraine, François a noté qu’il y avait eu des contacts entre le secrétaire d’État Pietro Parolin et le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov au sujet d’un éventuel voyage à Moscou. Les premiers signaux n’étaient pas bons. Il a été question de ce possible voyage pour la première fois il y a plusieurs mois, a déclaré le Pape, expliquant que Moscou avait répondu que ce n’était pas le bon moment. Il a toutefois laissé entendre que quelque chose avait peut-être changé. «Je voudrais aller en Ukraine, et je voulais d’abord aller à Moscou. Nous avons échangé des messages à ce sujet, car je pensais que si le président russe m’accordait une petite fenêtre pour servir la cause de la paix….. Et maintenant il est possible, après mon retour du Canada, que je puisse aller en Ukraine. La première chose à faire est d’aller en Russie pour essayer d’aider d’une manière ou d’une autre, mais je voudrais aller dans les deux capitales», a précisé le Pape.

Côté américain

Enfin, le Saint-Père a abordé la décision de la Cour suprême des États-Unis annulant l’arrêt historique Roe v. Wade qui établissait le droit des femmes à l’avortement. François a déclaré qu’il respectait la décision mais qu’il ne disposait pas de suffisamment d’informations pour en parler d’un point de vue juridique. Mais il a aussi fermement condamné l’avortement, le comparant – comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises – à «l’embauche d’un tueur à gages». «Je demande : est-il légitime, est-il juste, d’éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ?».

Le Souverain Pontife a également été invité à commenter le débat en cours aux États-Unis sur la question de savoir si un homme politique catholique, qui est personnellement opposé à l’avortement mais soutient le droit des autres à choisir, peut recevoir la communion. La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, par exemple, s’est vue interdire de recevoir l’Eucharistie par l’archevêque de son diocèse, San Francisco, mais communie régulièrement dans une paroisse de Washington, DC, et a reçu la semaine dernière la communion d’un prêtre pendant la messe à Saint-Pierre présidée par le Pontife.

«Quand l’Église perd sa nature pastorale, quand un évêque perd sa nature pastorale, cela provoque un problème politique», a commenté le Pape. «C’est tout ce que je peux dire».

En vacances, rapprochez-vous de Dieu

Au seuil de l’été, l’abbé Gaëtan de Bodard commente les lectures liturgiques du 14e dimanche du temps ordinaire (Is 66, 10-14c ; Ga 6, 14-18 ; Lc 10, 1-12.17-20). Voici le temps de goûter la proximité de Dieu, dans la joie et les peines, il est toujours là : faites-le savoir !

Gaëtan de Bodard – publié le 02/07/22

Je me trompe ou ce dimanche est le premier dimanche des vacances d’été ? Au moins pour les plus jeunes et les juillettistes ! Les derniers examens scolaires se terminent, cahiers et trousses sont relégués pour deux mois au placard et les sacs de vacances remplis de tongs et de vêtements d’été sont prêts à être calés dans le coffre de la voiture ou portés à bout de bras jusqu’à la gare. Ouf ! d’autant plus que nous en avons tous bien besoin, n’est-ce pas ? Allons donc jeter un coup d’œil sur les textes liturgiques de ce dimanche : peut-être auront-ils quelque chose à nous apporter ? peut-être même que nous pourrions glisser dans notre sac de voyage une ou deux bonnes idées ou résolutions. Qui sait ?

Se reconnecter avec le Bon Dieu

Les verbes à l’impératif de la première lecture résonnent de façon joyeuse : « Réjouissez-vous ! Soyez pleins d’allégresse ! » (Is 66, 10). J’imagine que c’est l’état d’esprit de beaucoup de ceux qui viennent de commencer leurs congés d’été ou qui les voient se profiler à l’horizon : « Vivent les vacances ! » Mais tâchons toutefois de dépasser cette approche un peu simpliste. La prophétie d’Isaïe évoque la « paix », la « consolation » promises par Dieu aux habitants de Jérusalem qui ont été chassés de la ville. La promesse est évidente : « Dieu est avec vous, Il est présent à vos côtés : Le remettre au centre de vos vies, c’est la garantie de la paix intérieure, de la consolation de vos tristesses. » Posons-nous la question, mes frères : peut-être que certains ont délaissé Dieu ces derniers mois, Lui ont laissé moins de place dans leurs vies. Si c’est le cas pour nous, pourrions-nous profiter de ces quinze jours, de ces trois semaines de vacances pour renouer avec Lui ? On se déconnecte un peu des réseaux, de la télé et des écrans — cela ne fera pas de mal ! En revanche, on reconnecte avec le Bon Dieu ! Alors, oui, la « joie », l’ « allégresse », la « consolation » mais avec le Seigneur, source de toute joie ! Que ce temps de vacances soit un temps avec Dieu !

Les petites croix des vacances

Ensuite, avec ce court passage de la lettre aux Galates entendu en deuxième lecture, nous sommes quand même ramenés à l’Essentiel : « Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté » (Ga 6, 14). Évidemment, une telle phrase, cela refroidit tout le monde ! Demain, sur les plages de France, certains rivaliseront d’élégance entre maillots de bain, serviette, fouta ou paréo, tee-shirt ou polo griffés. Que l’été soit un moment de détente, un moment pour se faire plaisir, très bien. C’est nécessaire ! Mais saint Paul se fait insistant : « Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. » Le message est clair : pendant les vacances, on ne met pas Jésus de côté. Je suis catholique pendant l’année ? Je suis aussi catholique l’été, que ce soit à la plage, à la montagne ou à la campagne.

Si je suis disciple du Christ, je ne peux pas faire autrement que de témoigner de Son amour pour les hommes. Et cela, c’est possible aussi en tenue de plage ou de randonnée !

Je me permets d’aller un peu plus loin : l’été, ce sont de belles occasions de partir, de souffler, de retrouver familles et amis, mais, disons-le aussi, les vacances peuvent être source d’agacements, d’oppositions, voire de conflits ouverts. Pas toujours simple de supporter une semaine d’affilée le cousin sans gêne, la belle-sœur toujours en retard, le vieil oncle maniaque… et je ne vous parle même pas de Belle-Maman ! Oui, la croix est — ou sera — bien présente pendant ces vacances : petits bobos de rien du tout et gros soucis bien lourds, retards et imprévus, incompréhensions et engueulades… Ces croix, petites ou grandes, acceptons-les : elles nous donnent la possibilité, si nous les recevons avec courage, de rester unis à Jésus qui a offert Ses souffrances pour nous sauver. Vous vous en souviendrez quand il y aura un petit couac ?

Annoncer son nom

Trois mots sur l’Évangile où, désolé ! nous sommes loin, très loin de l’esprit vacances : « La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux ! » (Lc 10, 2). Nous, nous voyons les blés blonds qui ondulent sous la brise. Mais le blé, l’orge et l’épeautre, il faut du monde pour le récolter, des hommes pour manier la faux et la faucille à l’époque de Notre Seigneur ou pour diriger les lourdes moissonneuses-batteuses de notre époque. Mais cette moisson, nous le comprenons bien, c’est aussi et surtout l’annonce de l’Évangile, l’engagement dans la vie du monde. Pour faire simple, Jésus nous dit « J’embauche : J’ai besoin de vous ! Engagez-vous ! » Et là, peut-être que vous avez envie de protester : « Seigneur, c’est un temps pour souffler, là, c’est l’été, ce sont les vacances… Relâchez la pression, s’il Vous plaît ! » Vraiment ? Parce que si c’est le cas, cela veut dire trois semaines, un mois, deux mois sans Jésus ! Et cela, c’est juste impossible quand on est catholique. Si je suis disciple du Christ, je ne peux pas faire autrement que d’annoncer Son Nom, de témoigner de Son amour pour les hommes. Et cela, c’est possible aussi en tenue de plage ou de randonnée !

En fait, vacances ou pas vacances, cotte de travail ou polo-bermuda, du boulot par-dessus la tête ou en mode plus light, je suis chrétien, je suis disciple de Jésus-Christ et cela imprègne toute ma vie : cette proximité qui me donne cette joie profonde inaliénable (c’est la première lecture), cette proximité qui me rend familier de la croix qui sauve, de la croix certes parfois lourde et rude mais qui est source de tant de grâce dans nos vies (c’est la lettre aux Galates), cette proximité qui fait que je ne peux pas faire autrement que de vivre du Christ et d’en témoigner !

NOMINATIONS & Nouvelles PAROISSES

La carte des 29 nouvelles paroisses du diocèse de Luçon a été dévoilée. Rappel : notre paroisse a dorénavant pour nom « Saint Jacques de Moutiers » et elle deviendra effective au 1 septembre 2022.

La diminution du nombre de prêtres a entraîné un certain nombre de changements qui ne sont pas tous négatifs. Un certain nombre de paroisses, souvent trop petites, ont été regroupées et cela donne des communautés plus vivantes. Certains groupes et mouvements vieillissants ont été remplacés par de nouveaux groupes plus dynamiques. La diminution du nombre des prêtres nécessite une certaine réorganisation du diocèse. Bien des prêtres cumulent plusieurs missions et beaucoup de responsabilités sont assurées maintenant par des laïcs. La situation actuelle a obligé à faire des choix.

Nominations au 1° septembre 2022

Églises en péril : le cri d’alarme de Stéphane Bern

Il n’a pas mâché ses mots devant les sénateurs. Fervent défenseur du patrimoine français, Stéphane Bern s’est montré très inquiet mercredi 29 juin quant à l’état de nombreuses églises en France « en déréliction ». « Les églises ne sont plus fréquentées et elles ne sont plus entretenues », a-t-il alerté.

Bérengère de Portzamparc – publié le 30/06/22 – mis à jour le 30/06/22

« J’ai l’impression d’être dans un bateau qui prend l’eau et d’écoper avec une cuillère à soupe ! », s’est exclamé Stéphane Bern devant les sénateurs de la Commission de la culture ce mercredi 29 juin. À la tête d’une Mission pour la sauvegarde du patrimoine depuis 2017, Stéphane Bern était entendu pour faire un état des lieux du patrimoine religieux en France. Et il en a profité pour lancer un véritable cri d’alerte. Car cet état des lieux est sombre : « J’ai été choqué par le nombre de petites églises de campagne en état de déréliction » qui « ne sont plus entretenues », faute de pratiquants et de moyens, a-t-il déclaré.

Comme explication, Stéphane Bern constate tout d’abord une déchristianisation réelle du pays, « les églises ne sont plus fréquentées donc plus entretenues », avant d’ajouter qu’il n’y a pas, non plus, de volonté politique. « Ce n’est plus un enjeu électoral d’être élu maire en disant “je vais sauver l’église du village” », mais plutôt en construisant « un stade ». Et pourtant quel dommage, s’insurge encore ce passionné du patrimoine. 

La culture et l’art accessible à tous

« L’église de campagne, c’est peut être la seule chose qui reste de culture dans un village, elle peut abriter un tableau, une sculpture, une architecture romane ou gothique, c’est le seul endroit où la culture et l’art sont encore disponibles et accessibles à tous, à proximité », a-t-il rappelé. Et d’ajouter : « C’est pourquoi je me bats contre ceux qui ne veulent plus les entretenir, car ce n’est pas une question de culte, mais de culture et de respect de notre histoire ». 

Stéphane Bern explique ainsi que les édifices religieux représentent 30% des dossiers qu’il reçoit à la Mission Bern, « une avalanche de projets », et qu’il est désolé de l’état des édifices qu’il découvre. « Les clochers sont effondrés, des pans entiers de murs sont tombés, on a tellement attendu que ces églises sont dans un état catastrophique, faute d’entretien régulier ». Le coût moyen d’une restauration d’église serait de 1,5 millions d’euros, indique encore l’animateur, impossible donc pour une petite commune d’en assurer le financement. « Il faut se mobiliser d’urgence », poursuit-il, d’autant qu’il s’agit d’un « non sens économique! »

La première chose que les gens vont voir quand ils visitent un village, c’est l’église !

« La première chose que les gens vont voir quand ils visitent un village, c’est l’église ! Qui est bel et bien au centre du village comme on disait autrefois”. « Il ne faut pas opposer les pierres aux hommes […] les pierres révèlent les hommes et les hommes réveillent les pierres […] », a-t-il repris. « Qu’on soit religieux ou qu’on ne le soit pas, ce patrimoine c’est notre histoire et on n’a pas le droit de l’abandonner. Aujourd’hui, il y a 45 000 emplois qui sont liés à ces métiers d’art et qu’on est en train de perdre pour certains ».

« Nous partageons l’essentiel de votre constat », a convenu le sénateur communiste, Pierre Ouzoulias, rapporteur d’une mission d’information sur l’état du patrimoine religieux dont le rapport sera présenté dans quelques jours. Ce dernier a chiffré à 100.000 le nombre d’édifices religieux dont 40.000 sont encore utilisés pour le culte. Seulement 15.000 seraient protégés et 2.000 à 3.000 édifices seraient en état d’abandon.