Temps communautaire et convivial : matinée du 25 juin

Depuis l’arrivée du Père Verkys et à cause de la crise sanitaire, les paroissiens n’ont pas vécu de temps communautaire et convivial. C’est pourquoi, à l’initiative du notre curé, une matinée complète a été proposée à tous les paroissiens. Quelques membres de l’Équipe d’Animation Pastorale (EAP) et en lien avec Christine Jorel, Laïque En Mission Ecclésiale (LEME) et Christine De Larocque, secrétaire, absentes et excusées toutes les 2, un power point des différents services de nos paroisses a été réalisé et a servi de support au déroulement.

La matinée a débuté par une eucharistie célébrée par le Père Verkys, le Père Demonchy et Roland Dreillard, diacre. S’en est suivie une projection sur grand écran étayée de témoignages de personnes engagées dans les services de nos églises locales. Merci à elles pour la qualité et l’authenticité de leurs écrits ! Pour terminer, un verre de l’amitié a été offert et a permis rencontres et échanges.

Les membres de l’EAP ont souhaité « relire » cette rencontre et ont relevé :

Quelques points positifs :

  •  L’évènement a démarré à l’heure et a réuni environ 90 personnes.
  •  L’animation avec un power point a été bien perçue.
  •  Les invités ont pu se rendre compte de l’ensemble des activités des paroisses même si tous les groupes n’ont pas été cités (groupes de prières, …).

Quelques points faibles :

  •  Peu de personnes non engagées au service de nos paroisses étaient présentes.
  •  Pas ou peu de personnes de La Tranche.
  •  Certains intervenants, pour la plupart issus de la paroisse St Jacques du Val Graon (Il aurait fallu solliciter plus largement), n’ont pas respecté les délais impartis à chacun et il y a eu d’assez nombreuses digressions. Les gens ont fini par se lasser.
  •  En choisissant de travailler sur les services, toutes les personnes engagées dans ces activités, n’ont pas été « re-connues », seuls tous les sacristains ont été nommés.

Les paroissiens présents s’entendent pour dire que globalement cette rencontre a été utile mais son organisation et sa forme doivent être revues pour l’améliorer. Sans doute faudra-t-il accorder plus de temps aux échanges entre les invités ? Tous ont été étonnés du nombre et de la diversité des activités dans lesquelles chacun peut s’engager et trouver sa place. 

Christine Vasseur

Article paru dans le bulletin paroissial n° 160 du mois d’août 2022

Loi confortant le respect des principes de la République : les Églises chrétiennes prennent acte de la décision du Conseil constitutionnel

Les Églises chrétiennes – catholique, protestantes et orthodoxes – prennent acte de la décision du Conseil constitutionnel datée du 22 juillet 2022. Elles se félicitent de ce que le Conseil constitutionnel ait reconnu, à travers deux réserves d’interprétation de dispositions importantes de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, l’existence de risques d’atteinte à la constitutionnalité. Elles regrettent que le Conseil constitutionnel ne soit pas allé jusqu’à la censure de ces dispositions et qu’il ait retenu, sous ces réserves d’interprétation, la conformité des articles visés aux droits et libertés que la Constitution garantit. Elles maintiennent leur inquiétude sur les effets de cette loi, demandent à nouveau une vraie concertation sur son application et expriment leur vigilance sur les suites qui seront données à cette décision.

Mgr Ravel

1. Le Conseil constitutionnel vient de rendre publique sa décision n° 2022-1004 QPC du 22 juillet 2022 relative à la question prioritaire de constitutionnalité que le Conseil d’État lui avait transmise à la demande conjointe de la Conférence des évêques de France, de la Fédération protestante de France, de l’Église protestante unie de France et de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France

Par cette démarche, les requérantes interrogeaient le juge constitutionnel sur l’inconstitutionnalité de plusieurs dispositions de la loi du 24 août 2021, qui introduisent un dispositif de contrôle et de contraintes des cultes. Elles regardaient ces dispositions comme contraires aux principes de liberté et de séparation qui sont les fondements du régime des cultes en France mis en place par les lois du 9 décembre 1905 et du 2 janvier 1907.

Le Conseil constitutionnel n’a pas pleinement accueilli les motifs d’inconstitutionnalité soulevés par les requérantes.

Il a néanmoins reconnu que ces dispositions étaient de nature à porter atteinte aux libertés en cause, tout en jugeant ces atteintes proportionnées, au regard de l’objectif de sauvegarde de l’ordre public, et il a assorti sa décision de deux réserves d’interprétation.

La première réserve concerne la clarification de la non-rétroactivité du retrait de la qualité de cultuelle. Elle vise à exclure toute restitution d’avantages dont l’association aurait bénéficié avant la perte de sa qualité cultuelle.

La seconde réserve invite le pouvoir réglementaire à veiller au respect des principes constitutionnels de la liberté d’association et du libre exercice des cultes dans la fixation des modalités de mise en œuvre des nombreuses obligations mises à la charge des associations par lesquelles l’exercice public d’un culte est assuré.

La reconnaissance des atteintes à la liberté d’association et à la liberté de culte et les réserves formulées par le Conseil constitutionnel légitiment, à elles seules, la démarche engagée par les Églises chrétiennes de France.

2. Les Églises chrétiennes de France persistent à regretter que le juge constitutionnel n’ait pas tiré les conséquences des atteintes aux libertés qu’il a reconnues en ne censurant pas les principales dispositions discutées :

  • D’une part, celles relatives à l’obligation de déclaration de qualité cultuelle : les requérantes maintiennent qu’au-delà de l’appellation de régime de déclaration, ces dispositions instaurent de fait un dispositif d’autorisation préalable des associations cultuelles. En l’absence de motivation explicite, les requérantes ne partagent pas l’affirmation du Conseil constitutionnel selon laquelle les dispositions ont pour seul objet d’instituer une obligation déclarative, sans autre effet.
  • D’autre part, celles relatives à l’imposition de contraintes nouvelles telles, pour les associations 1901 dites mixtes, que les activités cultuelles ne pourront plus s’y dérouler librement puisqu’elles s’exerceront sous la surveillance du Préfet et dans un cadre encore plus contraignant que celui des associations cultuelles.

Les requérantes sont pleinement conscientes des exigences légitimes de protection de l’ordre public. Elles peuvent d’autant moins les sous-estimer que parmi les victimes d’actes terroristes figurent aussi des chrétiens visés en tant que tels et des fidèles d’autres confessions. Les requérantes estiment néanmoins que ces exigences pouvaient être déjà satisfaites sans le recours à ces dispositions.

3.  Monseigneur de Moulins-Beaufort, Président de la Conférence des évêques de France, le Pasteur Krieger, Président de la Fédération protestante de France et Monseigneur Dimitrios, Président de l’Association des évêques orthodoxes de France ont déclaré :

exprimé des réserves quant à l’interprétation de cette loi. Nous regrettons que cette décision ne soit pas allée plus loin dans la remise en cause des atteintes portées aux libertés par la loi du 24 août 2021. Nous demeurons inquiets de constater que le régime de liberté mis en place par les lois de 1905 et de 1907 et confirmé par la jurisprudence depuis plus d’un siècle est profondément modifié. Nous maintenons que, de notre point de vue, ce régime a, depuis le 24 août 2021, cédé la place à un régime de contrôle et de contraintes, qui comporte beaucoup d’incertitudes, sources d’instabilité juridique à venir ».

La procédure de contestation des décrets d’application de la loi du 24 août 2021 va désormais se poursuivre. Les requérantes ne doutent pas que ces recours seront examinés avec le plus grand soin par le Conseil d’État, en considération des réserves exprimées par le Conseil constitutionnel.

Les instances chrétiennes de France, conscientes de leur rôle citoyen au cœur de la Cité, du rôle des autorités dans la défense de l’ordre public et de la paix sociale, et de la nécessité de conforter le respect des principes de la République, invitent les autorités de la République à un débat constructif sur les dispositions qui sont déjà sources de problèmes, afin d’éviter toute instabilité juridique dans le droit des cultes.

Article de l’Eglise Catholique de France, Publié le 22 juillet 2022

« Nous sommes les enfants d’une histoire à préserver » et « artisans d’une histoire à construire

Homélie du pape François lors de la messe au stade du Commonwealth à Edmonton

Aujourd’hui, c’est la fête des grands-parents de Jésus et le Seigneur a voulu que nous nous rencontrions si nombreux, précisément en cette occasion aussi chère à vous qu’à moi. Dans la maison de Joachim et Anne, le petit Jésus a connu ses ancêtres et a fait l’expérience de la proximité, de la tendresse et de la sagesse de ses grands-parents. Pensons aussi à nos grands-parents et réfléchissons à deux aspects importants. 

Le premier : nous sommes les enfants d’une histoire à préserver. Nous ne sommes pas des individus isolés, nous ne sommes pas des îles, personne ne vient au monde séparé des autres. Nos racines, l’amour qui nous a attendus et que nous avons reçu en venant au monde, les milieux familiaux dans lesquels nous avons grandi, font partie d’une histoire unique qui nous a précédés et engendrés. Nous ne l’avons pas choisie, mais reçue comme don ; et c’est un don que nous sommes appelés à préserver. Car, comme nous l’a rappelé le Livre du Siracide, nous sommes « la postérité » de ceux qui nous ont précédés, leur « bel héritage » (Si 44, 11). Un héritage qui, au-delà des prouesses ou de l’autorité de certains, de l’intelligence ou de la créativité des autres dans le chant ou la poésie, a son centre dans la justice dans la fidélité à Dieu, à sa volonté. Et cela nous a été transmis. Pour accueillir vraiment qui nous sommes et à quel point nous sommes précieux, nous devons prendre en charge ceux dont nous descendons, ceux qui n’ont pas seulement pensé à eux-mêmes, mais qui nous ont transmis le trésor de la vie. Nous sommes ici grâce aux parents, mais aussi grâce aux grands-parents qui nous ont fait expérimenter d’être les bienvenus au monde. Ce sont eux qui souvent nous ont aimés sans réserve et sans rien attendre de nous : ils nous ont pris par la main lorsque nous avions peur, rassurés dans l’obscurité de la nuit, encouragés lorsqu’au soleil nous devions affronter les choix de la vie. Grâce aux grands-parents, nous avons reçu une caresse de l’histoire qui nous a précédés : nous avons appris que le bien, la tendresse et la sagesse sont des racines solides de l’humanité. Dans la maison des grands-parents, nous sommes nombreux à avoir respiré, en plus de tout cela, le parfum de l’Évangile, d’une foi qui a le goût de la maison. Grâce à eux, nous avons découvert une foi familiale, domestique ; oui, parce que la foi se communique essentiellement ainsi, elle se communique « en dialecte », elle se communique à travers l’affection et l’encouragement, le soin et la proximité. 

Telle est notre histoire qu’il faut préserver, l’histoire dont nous sommes héritiers : nous sommes des enfants parce que nous sommes des petits-enfants. Les grands-parents ont imprimé en nous le cachet original de leur manière d’être, en nous donnant la dignité, la confiance en nous-mêmes et dans les autres. Ils nous ont transmis quelque chose qui ne pourra jamais s’effacer en nous et, en même temps, ils nous ont permis d’être des personnes uniques, originales et libres. Ainsi, avons-nous appris précisément des grands-parents que l’amour n’est jamais une contrainte, il ne prive jamais l’autre de sa liberté intérieure. C’est de cette manière que Joachim et Anne ont aimé Marie ; et c’est de cette manière que Marie a aimé Jésus, avec un amour qui ne l’a jamais étouffé ni retenu, mais qui l’a accompagné pour embrasser la mission pour laquelle il était venu dans le monde. Essayons d’apprendre cela en tant qu’individus et en tant qu’Église : ne jamais opprimer la conscience de l’autre, ne jamais enchaîner la liberté de ceux que nous avons en face de nous et, surtout, ne jamais manquer d’amour et de respect pour les personnes qui nous sont confiées, ces trésors précieux qui conservent une histoire plus grande qu’eux. 

Préserver l’histoire qui nous a engendrés – nous dit encore le Livre du Siracide – signifie ne pas obscurcir « la gloire » des ancêtres : ne pas en perdre la mémoire, ne pas oublier l’histoire qui a donné naissance à notre vie, nous rappeler toujours de ces mains qui nous ont caressés et tenus dans les bras, parce que c’est à cette source que nous trouvons une consolation dans les moments de découragement, une lumière dans le discernement, un courage pour affronter les défis de la vie. Mais cela signifie aussi de revenir toujours à cette école où nous avons appris et vécu l’amour. Cela signifie, face aux choix à faire aujourd’hui, de nous demander ce que feraient à notre place les personnes âgées les plus sages que nous avons connues, ce que nos grands-parents et nos arrière-grands-parents nous conseillent ou nous conseilleraient. 

Chers frères et soeurs, demandons-nous donc : sommes-nous des enfants et des petits-enfants qui savent garder la richesse reçue ? Faisons-nous mémoire des bons enseignements hérités ? Parlons-nous avec nos personnes âgées, prenons-nous le temps de les écouter ? Et encore, dans nos maisons, toujours plus équipées, modernes et fonctionnelles, savons-nous créer un espace digne pour conserver leurs souvenirs, un lieu réservé, un petit sanctuaire familial qui, à travers des images et des objets chers, nous permette aussi d’élever notre pensée et notre prière vers ceux qui nous ont précédés ? Avons-nous conservé la Bible et le chapelet de nos ancêtres ? Prier pour eux et en union avec eux, consacrer du temps à faire mémoire, préserver l’héritage : dans le brouillard de l’oubli qui envahit notre époque mouvementée, il est fondamental de cultiver les racines. C’est ainsi que l’arbre grandit, c’est ainsi que l’avenir se construit. 

Réfléchissons maintenant à un second aspect : en plus d’être fils d’une histoire à préserver, nous sommes artisans d’une histoire à construire. Chacun peut se reconnaître pour ce qu’il est, avec ses lumières et ses ombres, selon l’amour qu’il a reçu ou qui lui a manqué. Le mystère de la vie humaine est celui-ci : nous sommes tous enfants de quelqu’un, engendrés et façonnés par quelqu’un, mais en devenant adultes, nous sommes aussi appelés à être des personnes qui donnent la vie, des pères, des mères et des grands-parents de quelqu’un d’autre. Et donc, en regardant la personne que nous sommes aujourd’hui, que voulons-nous faire de nous-mêmes ? Les grands-parents dont nous provenons et les personnes âgées qui ont rêvé, espéré et se sont sacrifiés pour nous, nous posent une question fondamentale : quelle société voulez-vous construire ? Nous avons tant reçu des mains de ceux qui nous ont précédés : que voulons-nous laisser en héritage à notre postérité ? Une foi vivante ou « à l’eau de rose », une société fondée sur le profit des individus ou sur la fraternité, un monde en paix ou en guerre, une création dévastée ou une maison encore accueillante ? 

Et n’oublions pas que ce mouvement qui donne vie, va des racines aux branches, aux feuilles, aux fleurs, aux fruits de l’arbre. La vraie tradition s’exprime dans cette dimension verticale : de bas en haut. Prenons garde à ne pas tomber dans la caricature de la tradition, qui ne se meut pas en ligne verticale – des racines aux fruits – mais en ligne horizontale – en avant/en arrière – qui nous conduit à la culture de « faire marche arrière » comme en un refuge égoïste ; et qui ne fait rien d’autre que ranger le présent dans une boîte et le conserver dans la logique du « on a toujours fait ainsi ». 

Dans l’Évangile que nous avons entendu, Jésus dit aux disciples qu’ils sont bienheureux parce qu’ils peuvent voir et entendre ce que beaucoup de prophètes et de justes ont seulement pu désirer (Mt 13, 16-17). Beaucoup, en effet, avaient cru à la promesse de Dieu concernant la venue du Messie, ils avaient préparé son chemin et avaient annoncé son arrivée. Mais maintenant que le Messie est arrivé, ceux qui peuvent le voir et l’écouter sont appelés à l’accueillir et à l’annoncer. 

Frères et soeurs, cela vaut aussi pour nous. Ceux qui nous ont précédés nous ont transmis une passion, une force et un désir, un feu qu’il nous appartient de raviver ; il ne s’agit pas de garder des cendres, mais de raviver le feu qu’ils ont allumé. Nos grands-parents et nos personnes âgées ont désiré voir un monde plus juste, plus fraternel et plus solidaire, et ils ont lutté pour nous donner un avenir. Maintenant, c’est à nous de ne pas les décevoir. Soutenus par eux, qui sont nos racines, c’est à nous de porter du fruit. Nous sommes les branches qui doivent fleurir et introduire de nouvelles graines dans l’histoire. Et alors, posons-nous quelques questions concrètes : face à l’histoire du salut à laquelle j’appartiens et face à ceux qui m’ont précédé et aimé, moi, qu’est-ce que fais ? J’ai un rôle unique et irremplaçable dans l’histoire : quelle trace je laisse derrière moi, qu’est-ce que je laisse à ceux qui me suivent, qu’est-ce que je donne de moi ? Très souvent, on mesure la vie en fonction de l’argent qu’on gagne, de la carrière qu’on réalise, du succès et de la considération que l’on reçoit des autres. Mais ce ne sont pas des critères féconds. La question est : est-ce que je donne la vie ? Est-ce que j’introduis dans l’histoire un amour qui auparavant n’y était pas ? Est-ce que j’annonce l’Évangile là où je vis, suis-je au service de quelqu’un gratuitement, comme ceux qui m’ont précédé l’ont fait pour moi ? Qu’est-ce que je fais pour mon Église, ma ville et ma société ? Il est facile de critiquer, mais le Seigneur ne veut pas que nous soyons seulement des personnes qui critiquent le système, il ne veut pas que nous soyons fermés et « en faisant marche arrière », mais des artisans d’une histoire nouvelle, des tisseurs d’espérance, des constructeurs d’avenir, des artisans de paix. 

Que Joachim et Anne intercèdent pour nous : qu’ils nous aident à préserver l’histoire qui nous a engendrés et à construire une histoire féconde. Qu’ils nous rappellent l’importance spirituelle d’honorer nos grands-parents et nos anciens, de mettre à profit leur présence pour construire un avenir meilleur. Un avenir où les personnes âgées ne sont pas rejetées parce qu’elles « ne servent plus » de manière fonctionnelle ; un avenir qui ne juge pas la valeur des personnes seulement par ce qu’elles produisent ; un avenir qui ne soit pas indifférent à ceux qui, désormais plus âgés, ont besoin de plus de temps, d’écoute et d’attention ; un avenir où l’histoire de violence et de marginalisation subie par nos frères et soeurs autochtones ne se répète pour personne. C’est un avenir possible si, avec l’aide de Dieu, nous ne rompons pas le lien avec ceux qui nous ont précédés et si nous alimentons le dialogue avec ceux qui viendront après nous : jeunes et personnes âgées, grands-parents et petits-enfants, ensemble. Allons de l’avant ensemble, rêvons ensemble. 

Au Canada, le pape François « demande pardon pour le mal commis » contre les autochtones

Sur le site d’un ancien pensionnat pour autochtones au Canada, le pape François a renouvelé lundi sa demande de pardon pour le rôle joué par l’Église pendant plus d’un siècle dans les violences infligées à des générations d’enfants.

Le pape François a demandé, lundi 25 juillet, « pardon pour le mal commis » contre les autochtones au Canada, notamment dans les pensionnats pour enfants amérindiens gérés par l’Église, et a déploré que certains de ses membres aient « coopéré » à des politiques de « destruction culturelle ».

« Je suis affligé. Je demande pardon », a déclaré le pape devant des milliers d’autochtones à Maskwacis, dans l’ouest du Canada.

Évoquant une « erreur dévastatrice », il a reconnu la responsabilité de certains membres de l’Église dans ce système dans lequel « les enfants ont subi des abus physiques et verbaux, psychologiques et spirituels ».

Les paroles du pape, traduites en anglais, ont été accueillies par des applaudissements nourris après la demande de pardon.

« Blessures encore ouvertes »

Au total, le souverain pontife a demandé « pardon » à trois reprises, « avec honte et clarté », lors de ce premier discours très attendu, prononcé en espagnol sur le site de l’ancien pensionnat d’Ermineskin, en présence de nombreux survivants et membres des communautés autochtones (Premières Nations, Métis et Inuits).

« L’endroit où nous sommes maintenant fait résonner en moi un cri de douleur, un cri étouffé qui m’a accompagné ces derniers mois« , a-t-il insisté, évoquant les « traumatismes » subis par des générations d’autochtones et les « blessures encore ouvertes ».

Ces violences, qualifiées de « génocide culturel » par une commission d’enquête, ont fait au moins 6 000 morts entre la fin du XIXe siècle et les années 1990 et créé une onde de choc sur plusieurs générations, ravivée par la découverte de milliers de sépultures anonymes en 2021.

« Les politiques d’assimilation ont fini par marginaliser systématiquement les peuples autochtones (…). Vos langues et vos cultures ont été dénigrées et supprimées« , a encore affirmé François.

« Nous souvenir des expériences dévastatrices qui se sont déroulées dans les écoles résidentielles nous atteint, nous indigne et nous fait mal, mais cela est nécessaire », a-t-il ajouté.

Insistant sur la nécessité de « faire mémoire », le jésuite argentin de 85 ans a également affirmé que « les excuses (n’étaient) pas un point final » mais « seulement la première étape » sur la voie de la « guérison ».

L’Église insiste sur la « réconciliation »

Le gouvernement canadien, qui a versé des milliards de dollars en réparation à d’anciens élèves, s’est officiellement excusé il y a 14 ans d’avoir créé ces écoles mises sur pied pour « tuer l’indien dans le coeur de l’enfant ».

L’Église anglicane avait ensuite fait de même. Mais l’Église catholique, en charge de plus de 60 % de ces pensionnats, a toujours refusé de le faire. C’est désormais chose faite. 

Ces excuses sont « une première étape » mais « il reste beaucoup de travail à faire », a pour sa part réagi George Arcand Jr., grand chef de la Confédération des Premières Nations du Traité n. 6.

Dans l’après-midi, le pape s’est ensuite rendu en « ami » dans l’église restaurée du Sacré-Coeur des Premiers Peuples d’Edmonton, où il a insisté sur la « réconciliation ».

« Personne ne peut effacer la dignité violée, le mal subi, la confiance trahie. Et même notre honte à nous, croyants, ne doit jamais s’effacer », a-t-il affirmé, 

Mardi, le pape célèbrera une messe dans un stade à Edmonton et se rendra au lac Sainte-Anne, site d’un important pèlerinage annuel. Il rejoindra ensuite Québec mercredi avant une dernière étape vendredi à Iqaluit (Nunavut), ville du grand Nord canadien dans l’archipel arctique.

France 24 avec AFP

Le Pape François convoque les chrétiens à un mois de conversion écologique

Ce «Temps de la Création», annoncé dans un message ce 21 juillet, invite les catholiques et chrétiens des autres Eglises à une démarche de conversion intérieure et collective. Ce mois débutera le 1er septembre par la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création, et prendra fin le 4 octobre, jour de la Saint François.

Claire Riobé – Cité du Vatican

«Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures». Ce cantique de saint François d’Assise s’accompagne aujourd’hui d’un cri amer: celui de la Terre, qui nous supplie d’arrêter sa destruction, indique le Pape François dans son message, publié le 21 juillet. 

Le thème choisi pour ce temps oecuménique, «Écoutez la voix de la Création», veut mettre en lumière «une sorte de dissonance dans la voix de la création. D’un côté, elle est un chant doux qui loue notre Créateur bien-aimé; de l’autre, elle est un cri amer qui déplore nos mauvais traitements humains», considère François.Ce mois de conversion écologique rappelle ainsi que nous devons fonder notre spiritualité sur «la conscience amoureuse de ne pas être déconnecté des autres créatures, de former avec les autres êtres de l’univers une belle communion universelle». 

Une conversion intérieure et communautaire

L’état de dégradation actuel de la terre mérite la même attention que d’autres défis mondiaux, comme la pandémie ou les conflits armés, estime le Pape François. Car avec la terre, ce sont les plus pauvres d’entre nous qui crient, particulièrement victimes ces dernières semaines de la sécheresse, des inondations ou encore d’ouragans. Ce cri est également celui des peuples autochtones, dont les territoires sont dévastés par des intérêts économiques prédateurs, dénonce François, et de nos enfants, confrontés à l’effondrement des écosystèmes de la planète.

“«En entendant ces cris amers, nous devons nous repentir et changer les modes de vie et les systèmes nuisibles. Dès le début, l’appel évangélique « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche ! », qui invite à une nouvelle relation avec Dieu, implique aussi une relation différente avec les autres et avec la création.»”

Des plans climatiques plus ambitieux

Ce temps de la création souhaite également envoyer un message fort aux dirigeants internationaux, à quelques mois de la COP27, prévue en Égypte en novembre 2022. La réalisation de l’objectif de Paris, consistant à limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5°C, est un défi global, rappelle François. Il requiert la coopération responsable de toutes les nations, qui doivent mettre en place des plans climatiques plus ambitieux à un niveau national et régional.

Les chrétiens peuvent et doivent prendre part à ces objectifs, notamment en promouvant des valeurs de responsabilité, de prudence, de solidarité, et d’attention aux pauvres et aux générations futures. «Il s’agit de convertir les modèles de consommation et de production, ainsi que les modes de vie, dans une direction plus respectueuse de la création et du développement humain intégral de tous les peuples présents et futurs», écrit François.

Agir pour les générations futures

«Il est nécessaire d’agir, tous, avec détermination» car «nous sommes en train d’atteindre un point de rupture», exhorte le Sucesseur de Pierre, indiquant qu’il s’agit de converger ensemble vers des principes communs, pour arrêter l’effondrement en cours et sauver la biodiversité. L’appel final de François, qui fait écho à l’encyclique Laudato si’, s’accompagne de l’intention de prière pour le prochain temps de la Création: «Pleurons avec le cri amer de la création, écoutons-la et répondons par nos actes», a conclu François, «afin que nous et les générations futures, nous puissions encore nous réjouir au doux chant de vie et d’espérance des créatures.»

Le pardon vous libère: la leçon de Nelson Mandela

Les Nations Unies célèbrent, ce 18 juillet, la Journée internationale Nelson Mandela, en souvenir du leader sud-africain qui a combattu et vaincu l’apartheid. Pour le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, Mandela demeure une source d’inspiration contemporaine dans notre quête pour la paix. Le pardon était au cœur de la lutte civile de Mandela, un thème qui le met particulièrement en harmonie avec les enseignements du Pape François

Alessandro Gisotti – Cité du Vatican

«La seule façon légale de regarder une personne de haut en bas est lorsque vous lui tendez la main pour l’aider à se relever». Cette phrase, maintes fois répétée par le Pape François, décrit avec une efficacité particulière ce qu’a témoigné un grand homme de notre temps, dont aujourd’hui – le jour de sa naissance – les Nations Unies célèbrent la Journée internationale : Nelson Mandela.

A travers son combat pour la non-violence, à travers aussi son engagement de «rêveur qui n’a jamais abandonné» comme il aimait se décrire lui-même, Nelson Mandela a démontré qu’aucune personne n’était supérieure à une autre car nous disposons tous la même dignité. Et c’est précisément pour cette raison, selon l’expression chère à Jorge Mario Bergoglio, que «personne ne se sauve seul».

«Les vrais héros sont ceux qui font la paix et construisent»

Pour le dirigeant sud-africain, qui a payé de 27 ans de prison ses idéaux de justice et d’égalité, la domination blanche sur les personnes de couleur noire – et le contraire – était inacceptable. C’est pourquoi lorsqu’il est finalement redevenu un homme libre, le 11 février 1990, il fut élu président de son pays quelques années plus tard, et refusa radicalement toute tentation de vengeance de la part de la communauté noire. Nelson Mandela engagea au contraire un courageux processus de réconciliation et de guérison des profondes blessures que l’apartheid avait infligées au peuple sud-africain. Cet engagement lui a valu le prix Nobel de la paix et en fait encore aujourd’hui – neuf ans après sa mort – une des figures les plus inspirantes pour les nouvelles générations.

Comme l’a observé le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un message pour la journée internationale Nelson Mandela, le dirigeant sud-africain «a démontré que chacun de nous a les capacités – et la responsabilité – de construire un avenir meilleur pour tous». Pour tout le monde, et pas seulement une partie d’entre-nous. Car comme le rappelle l’une de ses déclarations les plus citées, «il est facile d’abattre et de détruire. Les vrais héros sont ceux qui font la paix et construisent». Mais qu’est-ce qui a permis à Mandela de résister à la privation de liberté pendant près de trente ans de sa vie, avant d’être ce bâtisseur de paix que le monde a admiré et continue d’admirer ? Le pardon.

Avec le pardon, la libération de l’âme

Il est certain que Madiba, comme on l’appelait dans sa tribu d’origine, n’a pas pardonné à ses tortionnaires sans effort. Lui-même savait que dans les premiers moments après sa sortie de prison, la colère prédominerait en lui. Mais c’est précisément dans ce passage clé de son existence (et de l’histoire de l’Afrique du Sud) que, comme il le raconta plus tard, il entendit cet avertissement du Seigneur : «Nelson, pendant que tu étais en prison, tu étais libre ; maintenant que tu es libre, ne deviens pas leur prisonnier». Mandela décida ainsi de ne pas être pris au piège dans le passé, de laisser partir l’amertume. Il était conscient que «le pardon libère l’âme, supprime la peur. C’est pourquoi le pardon est une arme puissante».

Le pardon comme droit fondamental

Makaziwe Mandela

Qui sait ce que dirait aujourd’hui Nelson Mandela devant l’affirmation du Pape François, demandant que le pardon soit considéré comme «un droit humain, parce que nous avons tous le droit d’être pardonnés» ? La fille Makaziwe nous a déjà donné une indication au fond, dans une interview aux médias du Vatican en décembre dernier. À notre question de savoir quel était le plus grand enseignement reçu par son père, elle répondait :

«Que personne ne naît en haïssant quelqu’un d’autre à cause de la couleur de sa peau, de sa culture ou de sa foi religieuse. On nous apprend à haïr, et si on nous apprend à haïr, il est aussi possible de nous apprendre à aimer, parce que l’amour vient naturellement à l’esprit humain».

Le Pape considère les médias numériques comme un moyen de promouvoir la paix

L’évêque de Rome invite les jeunes à utiliser leur sens critique dans leur usage des médias, à l’occasion d’un message adressé lundi 18 juillet aux participants du Congrès mondial Signis, qui se tiendra du 15 au 18 août à Séoul en Corée du Sud

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

En ces jours «marqués par de nouvelles flambées de violence et d’agression», il est nécessaire de promouvoir la paix également dans le monde numérique souvent lieu de «toxicité, de discours de haine et de fausses nouvelles». C’est une mission à accomplir dans le monde virtuel mais qui a de profondes répercussions dans la réalité d’aujourd’hui que le Pape François confie aux participants du congrès mondial Signis, l’association catholique mondiale pour la communication. La rencontre est prévue du 15 au 18 août à Séoul, en Corée du Sud, «une terre, écrit le Pape dans un message entièrement en anglais, dont l’histoire de l’évangélisation démontre la puissance de la parole imprimée et le rôle essentiel des laïcs dans la diffusion de l’Évangile». Il s’agit de l’histoire de saint André Kim et de ses compagnons martyrs, il y a 200 ans: leur histoire, souhaite François, «vous confirme dans vos efforts pour diffuser l’Évangile de Jésus-Christ dans le langage des médias contemporains».

Les médias numériques, puissants moyens de dialogue et de communion

Il ne s’agit pas d’une entreprise à sous-estimer, note le Pape: «La révolution des médias numériques de ces dernières décennies s’est révélée être un moyen puissant de promouvoir la communion et le dialogue au sein de notre famille humaine. En effet, pendant les mois de confinement dus à la pandémie, nous avons clairement vu comment les médias numériques peuvent nous unir, non seulement en diffusant des informations essentielles, mais aussi en comblant la solitude de l’isolement et, dans de nombreux cas, en unissant des familles entières et des communautés ecclésiales dans la prière et le culte».

De sérieuses questions éthiques

Dans le même temps, l’utilisation des médias numériques, en particulier des médias sociaux, a soulevé un certain nombre de «questions éthiques sérieuses» qui nécessitent «un jugement sage et discerné de la part des communicateurs et de tous ceux qui sont concernés par l’authenticité et la qualité des relations humaines». Parfois, en effet, «les sites des médias sont devenus des lieux de toxicité, de discours de haine et de fausses nouvelles», affirme le Pape François, qui y voit un véritable défi à relever par «l’éducation aux médias, la mise en réseau des médias catholiques et la lutte contre les mensonges et la désinformation.»

Éduquer au sens critique

Ces efforts que les communicateurs de Signis sont appelés à faire reçoivent le plein soutien du Pape, dit François lui-même, les invitant à accorder une attention particulière à «la nécessité d’aider les personnes, en particulier les jeunes, à développer un sain sens critique, en apprenant à distinguer la vérité du mensonge, le bien du mal, et à apprécier l’importance de travailler pour la justice, l’harmonie sociale et le respect de notre maison commune».

L’évêque de Rome n’oublie pas non plus «les nombreuses communautés de notre monde qui restent exclues de l’espace numérique»: pour elles aussi, nous devons retrousser nos manches, «faire de l’inclusion numérique une priorité» afin d’apporter «une contribution significative à la diffusion d’une culture de paix fondée sur la vérité de l’Évangile».

Écouter avec «l’oreille du cœur»

En conclusion du document, le Pape François rappelle son message pour la Journée mondiale des communications 2022, centré sur l’écoute comme «premier et indispensable ingrédient du dialogue et de la bonne communication». Une écoute à faire avec «l’oreille du cœur». C’est précisément cet «apostolat de l’écoute» qui revient aux communicateurs catholiques, écrit le Pape: «La communication, en effet, n’est pas seulement une profession, mais un service au dialogue et à la compréhension entre les individus et les communautés plus larges, dans la recherche d’une coexistence sereine et pacifique»

Une Église «plus symphonique»

L’écoute, affirme enfin François, est également «essentielle» pour le chemin synodal entrepris par toute l’Église ces dernières années. «S’écouter les uns les autres» et «grandir dans la conscience de participer à une communion qui nous précède et nous inclut», tel est le souhait du Pape. De cette façon, assure-t-il, il sera possible de «créer une Église de plus en plus « symphonique », dont l’unité s’exprime dans une polyphonie harmonieuse et sacrée».

Signis est une association non gouvernementale qui compte des membres dans plus de 100 pays du monde. En tant qu’Association catholique mondiale pour la communication, elle regroupe des professionnels de radio, télévision, cinéma, vidéo, éducation aux médias, internet et nouvelles technologies.

Existe-t-il de bonnes raisons de louper la messe pendant les vacances ?

Il peut être tentant de sauter la messe dominicale pour profiter d’un moment de détente sur la plage, mais les vacances d’été ne nous dispensent pas d’aller à l’église. (Philip Kosloski – publié le 16/07/22)

Lorsque l’on est en vacances loin de chez soi et que l’on profite d’un temps de détente en vacances, il peut être tentant « d’oublier » d’assister à la messe du dimanche. Nous désirons peut-être faire la grasse matinée ou encore, l’horaire ne convient pas du tout et nous ne voulons pas interrompre nos activités. Quel que soit le prétexte que nous trouvons, les vacances semblent beaucoup plus simples sans devoir gérer l’obligation dominicale. Cependant, Dieu ne voit pas les choses ainsi. 

Le Code de droit canonique actuel confirme l’obligation dominicale et déclare : « Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la messe » (CIC 1247). Cela signifie que tout catholique qui est en mesure d’assister à la messe doit faire tous les efforts possibles pour y participer. Il peut parfois y avoir des circonstances exceptionnelles qui peuvent dispenser une personne d’assister à la messe. Par exemple, lorsque dans la ville où vous vous trouvez, il n’y pas de paroisse catholique. Mais profiter de la plage n’est pas une raison légitime pour manquer la messe dominicale, si celle-ci est accessible. 

Du temps pour Dieu

Si l’Église insiste tant sur cette question, c’est parce que nous devons prendre du temps pour Dieu le dimanche, en l’adorant de la manière qu’Il a souhaitée. Dans sa lettre apostolique Dies Domini, saint Jean-Paul II a exhorté tous les catholiques à renouveler leur dévouement à l’Eucharistie dominicale.

Il est vraiment d’une importance capitale que tout fidèle soit convaincu qu’il ne peut vivre sa foi dans la pleine participation à la vie de la communauté chrétienne sans prendre part régulièrement à l’assemblée eucharistique dominicale. Si dans l’Eucharistie se réalise la plénitude du culte que les hommes doivent à Dieu, et qui n’a d’équivalent dans aucune autre expérience religieuse, cela s’exprime avec une efficacité particulière dans l’assemblée dominicale de toute la communauté, obéissant à la voix du Ressuscité qui la convoque pour lui donner la lumière de sa Parole et la nourriture de son Corps comme source sacramentelle permanente de rédemption. La grâce qui jaillit de cette source renouvelle les hommes, la vie, l’histoire.

S’il peut être plus facile de sauter la messe du dimanche quand on voyage, il faut savoir qu’on sacrifie ainsi la source de grâce que Dieu veut nous donner dans chaque eucharistie dominicale. Surtout, ne considérez pas l’obligation de la messe comme quelque chose que l’on vous imposerait, mais vivez-la plutôt comme une invitation à une relation plus profonde avec Jésus-Christ.

Pourquoi la lettre d’un évêque sera lue dans toutes les synagogues ce samedi ?

Afin de commémorer le 80e anniversaire de la rafle du Vel D’hiv ce samedi 16 juillet, le grand rabbin de France Haïm Korsia a demandé à ce que la lettre de Mgr Jules Saliège soit lue dans toutes les synagogues de France. L’occasion de rappeler le courage des chrétiens envers leurs frères juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Bérengère de Portzamparc – publié le 15/07/22 – mis à jour le 15/07/22
Cardinal Saliège

Pour les 80 ans de la commémoration de la rafle du Vel d’hiv, ce samedi 16 juillet 2022, le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a demandé à ce que soit lue dans toutes les synagogues, la lettre de Mgr Jules Saliège qui, dans un message limpide, « réveilla clairement les consciences chrétiennes », en août 1942.

En effet, quelques jours après la rafle du Vélodrome d’Hiver, à Paris, les 16 et 17 juillet, où près de 13.000 personnes (dont des familles entières) furent arrêtées « parce que juifs », Mgr Jules Saliège, alors évêque de Toulouse, rédigea une lettre sans équivoque pour s’indigner de la façon dont ces hommes et ces femmes étaient traités. Et il demanda à tous les prêtres de son diocèse de lire sa lettre, devenue célèbre, en chaire, lors des messes dites le dimanche 23 août 1942. 

LETTRE DE S.E. MONSEIGNEUR L’ARCHEVÊQUE DE TOULOUSE SUR LA PERSONNE HUMAINE

Mes très chers Frères,
Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits tiennent à la nature de l’homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.
Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.
Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe-t-il plus ?
Pourquoi sommes-nous des vaincus ?
Seigneur ayez pitié de nous.
Notre-Dame, priez pour la France.
Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante — l’expression a été remplacée par « émouvantes » après que Jules Saliège eut reçu des pressions — ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier.
France, patrie bien-aimée France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine, France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’es pas responsable de ces horreurs — pour la même raison, ce mot a été remplacé par « erreurs ».
Recevez, mes chers Frères, l’assurance de mon respectueux dévouement.
Jules-Géraud SALIÈGE
Archevêque de Toulouse
À lire dimanche prochain [23 août 1942], sans commentaire.

grand rabbin Haim Korsia

La lettre de Mgr Saliège, reprise et diffusée par la radio de Londres et par la presse clandestine de la Résistance, connaîtra un grand retentissement dans l’opinion. « Cela réveilla clairement les consciences chrétiennes », estime ainsi le grand rabbin Haim Korsia. D’où son souhait de faire lire cette lettre cette année, pour commémorer les 80 ans de la rafle. Ce sera d’ailleurs la première fois qu’un texte écrit par une autorité chrétienne est lu dans une synagogue, lors d’un office religieux. Mgr Saliège a reçu le titre de Juste parmi les Nations

« Vous n’aurez pas les enfants »

En 1942, d’autres évêques ont également pris la défense des juifs, de manière courageuse, comme Mgr Pierre-Marie Théas, l’évêque de Montauban, qui a fait lire dans les églises de son diocèse une lettre s’indignant ainsi : « des Juifs ont été traités avec la plus barbare sauvagerie »le 30 août 1942. 

À Lyon, le cardinal Gerlier fera également lire pendant l’homélie dans toutes les églises de la région, le dimanche 6 septembre 1942, un communiqué où il dénonce la traque honteuse des Juifs et enjoint les religieux à ouvrir leurs monastères, après avoir sauvé 108 enfants juifs avec son célèbre « vous n’aurez pas les enfants ».

C’est d’ailleurs grâce à la résistance de ces évêques, que Pierre Laval, alors chef du gouvernement de Vichy et partisan résolu de la collaboration, demandera en 1942 au le général SS Carl Oberg, alors chef supérieur des SS et de la police allemande en France, de ne plus formuler de nouvelles revendications sur la question juive, « à cause de la résistance sans pareille de l’Église ».

Le 14 juillet, à Jérusalem, on prie pour la France

Alors que la France célèbre en ce 14 juillet la fête nationale, la basilique Sainte-Anne de Jérusalem résonnera d’une prière pour la République. Une curiosité qui remonte à 1856. Explications.

Aleteia : Valdemar de Vaux – publié le 13/07/22

La loi de 1905 instaurant la laïcité, c’est-à-dire la neutralité cultuelle de l’État, n’a pas supprimé toutes les traditions. Même certaines qui pourraient paraître curieuses voire scandaleuses en métropole. Ainsi en est-il de la célébration du 14 juillet qui a lieu tous les ans à la basilique Sainte-Anne, au cœur de la Vieille ville de Jérusalem. Ce jour-là, on prie pour la République au milieu de la messe, et on encense même le Consul général, représentant de l’État.

Pour comprendre cette pratique, il faut remonter à François Ier. Voulant prendre son éternel ennemi Charles Quint à revers, le roi de France signe avec le sultan des Capitulations, traités d’échange et d’alliance, en 1536. Depuis lors, la France est protectrice des chrétiens latins en Orient. Un rôle diplomatique qui s’est maintenu sous tous les régimes, en France comme en Terre sainte, même s’il a eu plus ou moins de réalité sur place. 

Colline du mont des Oliviers Mosquée Al-Aqsa

Ce lien particulier de la France avec Jérusalem, manifestée par une présence continue d’un consulat dans la Ville sainte depuis 1838, s’est matérialisée au XIXe siècle dans la constitution d’un Domaine national. Première possession française : la basilique Sainte-Anne, donnée par le sultan ottoman à Napoléon III en 1856 en remerciement du soutien hexagonal lors de la guerre de Crimée. L’église romane, construite par les croisés au XIIe siècle sur le lieu supposé de la maison d’Anne et Joachim, parents de Marie, est entourée des vestiges de la piscine de Bethesda. C’est là que Jésus guérit un paralytique dans l’évangile de Jean, au chapitre 5.

Pour toutes ces raisons historiques, s’est maintenue dans la basilique, dont l’acoustique est réputée – un panneau à l’entrée indique d’ailleurs que l’on doit rester en silence…ou chanter ! – la traditionnelle messe consulaire pour la France. Le 14 juillet donc, le Consul général de France assiste au premier rang à la messe, entouré des Français de Terre sainte et des religieux d’origine française qu’il protège au nom de l’État. À la fin de l’office, avant qu’il ne prononce un discours, on prie le Domine, salvam fac rem publicam, chant qui s’adresse à Dieu : « Seigneur, sauve la République et exauce-nous lorsque nous t’invoquons. »

Une tradition ancienne dans l’Église

Répétée deux fois, cette invocation est héritée de l’Ancien régime – le Roi a été remplacé par la République – et s’est maintenue depuis. Cela dit, prier pour les nations et les gouvernements est une tradition ancienne dans l’Église, rappelée par saint Paul : « J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité » (1 Tm 2,1-2). 

Plus originaux sont les honneurs liturgiques rendus au représentant de l’État. Le consul vénère l’Évangéliaire avant la lecture de l’Évangile, mais est aussi encensé lors de l’offertoire. Sans compter qu’il est évidemment accueilli solennellement à l’entrée de l’église au début de la messe. Une manière de rappeler le rôle singulier de la France en Terre sainte, mais aussi de confier notre pays à Dieu qui, à la fin, en est le seul maître.