Liturgie : le pape François publie une nouvelle lettre apostolique

En ce 29 juin, solennité des saints apôtres Pierre et Paul, le pape François invite dans une lettre apostolique les fidèles à continuer de « s’émerveiller de la liturgie ».

Valdemar de Vaux – publié le 29/06/22 – mis à jour le 29/06/22

Un an après la publication du motu proprioTraditionis custodes, le pape François prend la plume pour partager avec le peuple de Dieu « quelques réflexions » sur la liturgie, dont il dit qu’elle est une « dimension fondamentale pour la vie de l’Église ». La lettre, rendue publique en ce 29 juin, n’a pas pour objet de réglementer ou de revenir sur une quelconque décision, mais plutôt de rappeler la nécessaire formation liturgique et le soin qui doit y être apporté.

« Desiderio desideravi » : tels sont les premiers mots – et le titre – du texte, reprenant la parole du Christ avant le dernier repas avec ses disciples : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir ! » (Lc 22, 15). S’ensuit une longue méditation du pape François sur le sens de l’acte liturgique. Manifestant la présence, ici et maintenant, de Dieu, il est un lieu de rencontre entre le Créateur et l’Église, « sacrement du corps du Christ ». 

La Liturgie est, par sa nature même, l’antidote le plus efficace contre la mondanité spirituelle.

Le successeur de Pierre revient ensuite sur les bienfaits spirituels de la liturgie pour les chrétiens, en commençant par un sujet qui lui tient à cœur : « La Liturgie est, par sa nature même, l’antidote le plus efficace contre la mondanité spirituelle » qui prend la forme de deux “poisons”, le gnosticisme (une connaissance désincarnée) et le néo-pélagianisme (un désir de se sauver par des pratiques).

Le texte invite ensuite à une formation toujours plus approfondie des fidèles et des clercs en liturgie, pour toujours mieux s’associer au mystère pascal (la mort et la résurrection de Jésus) qui en est le centre. Mais cet « émerveillement » devant le mystère pascal doit prendre une forme très concrète : « chaque aspect de la célébration doit être soigné […] et chaque rubrique doit être observée »demande François. « Cette attention suffirait à éviter de voler à l’assemblée ce qui lui est dû, c’est-à-dire le mystère pascal célébré selon la modalité rituelle que l’Église établit ». 

Art de célébrer

Comme il le disait dans la lettre aux évêques accompagnant Traditionis custodes le 16 juillet 2021, le pape François rappelle dans un long développement comment l’art de célébrer est important et nécessite un soin toujours plus irréprochable. Avant de conclure : « Je voudrais que cette lettre nous aide à raviver notre émerveillement pour la beauté de la vérité de la célébration chrétienne, à nous rappeler la nécessité d’une authentique formation liturgique, et à reconnaître l’importance d’un art de célébrer qui soit au service de la vérité du Mystère Pascal et de la participation de tous les baptisés à celui-ci, chacun selon sa vocation. »

Pourquoi fête-t-on le Sacré Cœur ?

Nous devons cette dévotion à l’audace et la foi d’Angèle de Sainte Croix, une élève de Notre-Dame-des-Oiseaux, vers 1860. Le couvent de la rue de Sèvres à Paris (Chanoinesses de Saint-Augustin) avait une grande dévotion au Sacré-Cœur et Angèle eut l’intuition de demander à l’archevêque de Paris de consacrer le mois de juin au Sacré-Cœur, comme le mois de mai l’était pour Marie depuis longtemps déjà. Cela a été accepté par l’archevêque et institué quelques années plus tard par le pape pour l’Église universelle.

Si le mois de Juin est le mois du Sacré Coeur, la fête au départ était en février ! C’est le pape Clément XIII qui a institué officiellement la fête du Sacré-cœur le 6 février 1765. Finalement le calendrier liturgique issu du concile Vatican II place la célébration du Sacré-Cœur au rang des solennités. Et à ce moment-là la date est déplacée.

Ainsi le Sacré Coeur est fêté dans toute l’Église catholique romaine, dix-neuf jours après la Pentecôte soit un vendredi, au plus tôt le 29 mai, au plus tard le 2 juillet. Comment en France cette date n’est pas férié, on fête traditionnellement le Sacré Cœur le dimanche suivant. Elle marque la fin du temps liturgique de la Pentecôte et le retour au temps ordinaire.

Une grande dévotion

St Jean-Paul II, lors de son audience donnée le mercredi 20 juin 1979, a exprimé son amour du Cœur du Christ. « La liturgie de l’Église va célébrer, en esprit d’adoration et avec un amour particulier, le mystère du « Cœur du Christ ». […] On sait que le mois de juin est particulièrement consacré au divin Cœur, au Cœur sacré de Jésus. Nous lui exprimons notre amour et notre adoration par la litanie dont chacune des invocations a une richesse théologique particulièrement profonde.»

Dans l’Évangile, Jésus nous a promis qu’il serait avec nous jusqu’à la fin du monde. Qu’Il enverrait l’Esprit Saint consolateur pour nous soutenir et nous réconforter. Qu’Il nous prendrait avec Lui pour la vie éternelle. Le signe de cette Promesse, c’est le Cœur ouvert de Jésus sur la Croix.

Sainte Thérèse d’Avila aurait voulu rencontrer le divin cœur de Jésus partout où elle portait son regard et elle disait: « se réjouir de voir son portrait comme, dans le monde, on est heureux de considérer celui des personnes que l’on chérit

Comment vivre cette fête du Sacré Cœur ?

Le premier moyen est de communier au corps de Jésus souvent, au moins chaque dimanche avec foi, dévotion et amour sincère. La plus grande preuve de gratitude et d’amour que nous puissions donner à Celui qui se donne à nous, c’est de le recevoir, car Jésus est un foyer de tendresse.

Le deuxième moyen d’honorer le Cœur de Jésus, ce sont les visites fréquentes au Saint Sacrement. Aller contempler et adorer le corps, le sang, l’âme et la divinité du Dieu Sauveur dans le Sacrement de son amour est la plus belle preuve d’amour qu’on puisse lui témoigner.

Enfin un autre moyen de vivre ce mois du Sacré Coeur est de vénérer ses images. Et l’image de son cœur de chair couronné d’épines et surmonté d’une croix fut pour lui le moyen de montrer aux hommes de tous les temps combien il les a aimés sur terre au point de mourir pour leur salut et combien il continue de les aimer dans l’espérance de leur conversion et de leur reconnaissance de son amour infini pour le genre humain.

Article église en Vendée

Angélus : Ne soyez pas des « chrétiens à l’eau de rose »

Ne soyez pas des « chrétiens à l’eau de rose » mais des « chrétiens décidés », a exhorté le pape François lors de l’Angélus le 26 juin 2022.

Le pape François a fustigé les « chrétiens à l’eau de rose » qui font « le bien pour les applaudissements ». Au contraire, il a enjoint à être des « chrétiens décidés », c’est-à-dire des « personnes sereines, satisfaites du bien que nous avons fait sans rechercher l’approbation humaine ».

S’appuyant sur l’Évangile du jour (Lc 9,51), le pontife a rappelé aux nombreux pèlerins – présents en nombre place Saint-Pierre ce dimanche sous le soleil estival – comment les disciples, « pleins d’un enthousiasme encore trop mondain », avaient été pris par la colère quand Jésus n’avait pas bien été reçu dans un village. 

« Se laisser envahir par la colère dans l’adversité est facile et instinctif », a-t-il souligné. Il a mis en garde contre une tentation qui peut alors surgir, celle de brandir « la menace de châtiments célestes » contre ceux qui présentent « une porte fermée ». 

« Nous pensons parfois que notre ferveur est due à un sentiment de justice pour une bonne cause, mais en réalité, la plupart du temps, ce n’est rien d’autre que de l’orgueil, combiné à de la faiblesse, de la susceptibilité et de l’impatience », a mis en garde le pape François. Au contraire, a-t-il insisté, Jésus invite à suivre une autre voie qui « implique le calme, la patience, la longanimité, sans relâcher le moindre engagement à faire le bien ».

« Ce qui est difficile », a insisté le pape, « c’est de se maîtriser » comme le propose le Christ, « sans récriminations ». Face aux « fermetures » que peut rencontrer le chrétien dans la société, Dieu invite à se « réorienter pour faire le bien ailleurs, sans récriminations », a-t-il affirmé.

Alcool : quand s’arrêter? La juste limite de saint Thomas d’Aquin

La plupart d’entre nous aiment prendre un verre de temps en temps. Mais vous êtes-vous déjà demandé où il faut mettre la limite ? Saint Thomas d’Aquin répond.

Valentine Leroy – publié le 25/06/22 aleteia

Avec l’été revient le temps des apéros et ses incontournables cocktails, verres de vin ou pintes de bière. Mais où fixer la limite ? Comment profiter du plaisir de l’alcool tout en étant responsable ?

À première vue, il semble que l’Église ne réponde pas directement à cette question. Le Catéchisme de l’Église catholique est très vague sur le sujet, disant seulement que « la vertu de tempérance nous permet d’éviter toute sorte d’excès : l’abus de nourriture, d’alcool, de tabac ou de médicaments. Ceux qui, par l’ivresse ou l’amour de la vitesse, mettent en danger leur propre sécurité et celle des autres sur la route, en mer ou dans les airs, encourent une grave culpabilité. » (2290). L’Église invite donc à pratiquer la tempérance et ne pas boire au point de mettre en danger sa sécurité.

La leçon de Saint Thomas d’Aquin

Mais il y a plusieurs marches entre le « jamais d’alcool » et les « niveaux dangereux de consommation d’alcool ». Quand savoir qu’il est temps d’arrêter ? Il se trouve que le plus grand de tous les théologiens, saint Thomas d’Aquin, s’exprime avec sagesse sur le sujet. 

Il écrit : « Hinc bibere usque ad hilaritatem per se quidem non est illicitum« , ce qui signifie en français : « Boire jusqu’à l’hilarité n’est pas illicite en soi ». Il pose ici un concept très utile, celui d’ « hilarité » qui renvoie ici à la légèreté et à la joie de vivre. Boire « jusqu’à l’hilarité » n’est donc pas un mal en soi puisqu’il ajoute à la joie et à la chaleur d’une réunion. Mais lorsque le « point d’hilarité » est dépassé, la consommation d’alcool est alors excessive.

Nous pouvons garder la règle de saint Thomas d’Aquin à l’esprit lorsque nous prendrons un verre cet été avec des amis et redire sans complexe avec l’écrivain et militant catholique Hilaire Belloc :

« Partout où le soleil catholique brille,

il y a toujours des rires et du bon vin rouge ».

Du moins, c’est ce que j’ai toujours trouvé.

Benedicamus Domino !* »  

*Bénissons Dieu, ndlr

USA: les évêques saluent la décision de la Cour suprême sur l’avortement

Les juges américains ont aboli l’arrêt Roe v. Wade dans lequel la même Cour avait légalisé l’interruption de grossesse dans tout le pays en 1973. Les différents États seront désormais libres d’appliquer leurs propres lois en la matière. L’épiscopat applaudit la décision : « Pendant près de cinquante ans, l’Amérique a appliqué une loi injuste qui lui a permis de décider qui peut vivre ou mourir ».

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Au milieu d’une opinion publique fragmentée, au milieu d’opinions politiques divergentes, et alors que les évêques parlent d’un « jour historique« , la Cour suprême des États-Unis a aboli l’arrêt Roe v. Wade par lequel cette même Cour avait légalisé l’avortement aux États-Unis en 1973. Les différents États seront désormais libres d’appliquer leurs propres lois en la matière. « La Constitution ne confère pas un droit à l’avortement« , peut-on lire dans l’arrêt, rendu par une Cour divisée avec 6 voix pour et 3 contre. « L’avortement pose une profonde question morale. La Constitution n’interdit pas aux citoyens de chaque État de réglementer ou d’interdire l’avortement. » Cette décision a été prise dans l’affaire « Dobbs v. Jackson Women’s Health Organisation », dans laquelle les juges ont confirmé la loi du Mississippi interdisant l’interruption de grossesse après 15 semaines. L’appelant avait été la seule clinique de l’État à proposer des avortements.

Déclarations des représentants politiques

Cette décision a suscité des réactions mitigées, entre la présidente de la Chambre des représentants aux États-Unis, la démocrate Nancy Pelosi, d’une part, qui a parlé d’une décision « cruelle et scandaleuse » mettant en jeu les droits des femmes, et Mike Pence, vice-président du président Donald Trump, d’autre part, qui a déclaré : « La vie a gagné », et a exhorté tout le monde à travailler ensemble pour « la défense des enfants à naître et le soutien aux femmes enceintes en crise ».

La note des évêques catholiques

Pour sa part, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) – qui s’était divisée l’année dernière sur le débat de l’accès aux sacrements pour les politiciens catholiques qui promeuvent des politiques pro-choix – a parlé d' »un jour historique dans la vie de notre pays« . Dans une déclaration longue et articulée, l’archevêque José H. Gomez de Los Angeles et l’archevêque William E. Lori de Baltimore, président de la commission des activités pro-vie de l’USCCB, soutiennent: «Pendant près de cinquante ans, l’Amérique a appliqué une loi injuste qui a permis à certains de décider si d’autres peuvent vivre ou mourir ; cette politique a conduit à la mort de dizaines de millions d’enfants à naître, des générations privées du droit de naître».

« L’Amérique a été fondée sur la vérité que tous les hommes et les femmes sont créés égaux, avec le droit donné par Dieu à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur », souligne la note des évêques. « Nous prions pour que nos élus adoptent des lois et des politiques qui favorisent et protègent les plus vulnérables d’entre nous. »

Pensées pour les femmes et les enfants

La « première pensée », écrivent Gomez et Lori, est pour « les petits dont la vie a été enlevée depuis 1973« , mais aussi pour « toutes les femmes et tous les hommes qui ont souffert à cause de l’avortement« : « En tant qu’Église, nous devons servir ceux qui sont confrontés à des grossesses difficiles et les entourer d’amour« .

« Leur travail pour la cause de la vie reflète tout ce qui est bon dans notre démocratie, et le mouvement pro-vie mérite d’être compté parmi les grands mouvements pour le changement social et les droits civils dans l’histoire de notre nation« , écrivent-ils encore dans la note. Ils ajoutent: « Il est temps de commencer à construire une Amérique post-Roe. L’heure est venue de panser les blessures et de réparer les divisions sociales ; l’heure est à la réflexion réfléchie et au dialogue civil, et de se rassembler pour construire une société et une économie qui soutiennent les mariages et les familles, et où chaque femme dispose du soutien et des ressources dont elle a besoin pour mettre au monde son enfant avec amour. »

« Métro, boulot, dodo » : la vie de prêtre est-elle routinière ?

Alors que la saison des ordinations approche, le diocèse de Nanterre diffuse une série intitulée « Ils ont répondu oui » comprenant cinq épisodes d’environ six minutes. Dans cette deuxième vidéo, de jeunes prêtres détaillent leur quotidien. Alors, « Métro, boulot, dodo », la vie de prêtre ? (2/5)

Agnès Pinard Legry – publié le 17/06/22

« Métro, boulot, dodo », trois petits mots qui mettent sans ménagement une vie en boite, l’étiquetant d’un triste « ennuyeux et sans saveur ». Et quand est-il pour les prêtres ? « ‘Métro’ c’est raté parce que nous, les prêtres, nous avons la chance souvent de vivre sur notre lieu de travail », s’amuse le père Clément, prêtre à Saint-Cloud, dans le deuxième épisode de la web-série du diocèse de Nanterre sur les vocations consacré au quotidien de ces derniers.

Et le « boulot » alors ? « Effectivement on travaille mais est-ce que la vie d’un prêtre est un travail ? », s’interroge-t-il. « Oui et non parce que toute notre vie, on est prêtre. Et par toute notre vie, on donne la vie chrétienne aux personnes que l’on rencontre. C’est un travail particulier pas si répétitif que ça ! ». Pour le père Guillaume, prêtre à Rueil-Malmaison, « on n’est pas vraiment dans un métier quand on devient prêtre. C’est un état qui prend toute notre vie. » « Ce qui est sûr c’est qu’on ne s’ennuie pas un seul jour. On est dans la joie, la joie du don et puis la joie de la rencontre », résume-t-il.

Reste le « dodo ». « Je sais que ne me reposerai qu’au Ciel », reprend avec humour l’un des prêtres. « Alors il faut essayer de se reposer sur terre et dormir suffisamment, sinon on s’épuise mais enfin le véritable repos que j’attends ce n’est pas celui routinier de chaque jour mais celui de savoir que le travail qui m’a été confié a été accompli. Et ça je ne pourrai en profiter qu’à la fin de mes jours ! ».

La Fête-Dieu, fête du Saint-Sacrement

La Fête du Saint-Sacrement (2e dimanche après la Pentecôte) a été instituée au Moyen-Age pour commémorer la présence de Jésus-Christ dans le sacrement de l’eucharistie.

Description de la procession de la Fête-Dieu

Pendant la procession de la Fête-Dieu, le prêtre portait l’eucharistie au milieu des rues et des places richement pavoisées de draperies et de guirlandes. On abritait le Saint sacrement sous un dais somptueux porté par quatre notables. On faisait aussi une station à un reposoir, sorte d’autel couvert de fleurs. L’officiant encensait l’eucharistie et bénissait le peuple. On marchait sur un tapis de pétales de rose que des enfants jettent sur le chemin du Saint-Sacrement. Cela constituait un vrai spectacle

L’ostensoir

Un prêtre portait l’eucharistie dans l’ostensoir sous un dais souvent tenu par quatre personnes. Parfois l’ostensoir était sur un char tiré par deux chevaux. Au reposoir, l’officiant encensait l’eucharistie et bénissait le peuple avec l’ostensoir. L’ostensoir est un objet liturgique destiné à contenir l’hostie consacrée, à l’exposer à l’adoration des fidèles et à les bénir.

Le reposoir de la Fête-Dieu

Le reposoir de la procession de la Fête-Dieu est un temps fort de l’adoration du Saint-Sacrement. Le cortège de la Fête Dieu fait une station à un reposoir, sorte d’autel décoré ou couvert de fleurs. Au reposoir, l’officiant encense l’eucharistie et bénit le peuple avec l’ostensoir. Le reposoir peut être situé en plein air ou dans une salle. Sur le trajet il y en a parfois plusieurs. Après une station à un reposoir, on se rendait à un autre reposoir.

Les anciens, comme moi, ont connu ces processions….

Quel est le sens de la Fête du Corps et du Sang du Christ ?

Depuis la réforme liturgique du concile Vatican II, la Fête Dieu est appelée « Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ». La Fête du Corps et du Sang du Christ commémore l’institution du sacrement de l’eucharistie. Elle est un appel à approfondir le sens de l’eucharistie et sa place dans notre vie. Cette fête est la célébration du Dieu d’amour qui se révèle en donnant son corps et son sang, en se donnant à nous comme nourriture de vie éternelle. Le sens de la fête du corps et du sang du Christ est un peu différent de celui de la Fête Dieu qui était plus centrée sur l’adoration de la présence réelle du Christ.

Messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ

La messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ (fête de Corpus Christi) est dite en ornement blanc. La procession a presque complètement disparu. Au cours de la messe, on est habituellement invité à communier au corps et au sang comme le Jeudi saint. On fait souvent la première communion le jour de la Fête du Corps et du Sang du Christ

Le Pape réclame un document pastoral pour l’accompagnement des divorcés-remariés

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Par Hugues Lefèvre – Dans la préface d’un guide pastoral pour accompagner les jeunes couples publié le 15 juin, le pape François « souhaite ardemment » que ce premier document soit suivi « le plus rapidement possible » d’un autre portant sur l’accompagnement des couples qui « ont vécu l’échec de leur mariage et vivent une nouvelle union ou sont civilement remariés ». Le débat sur la communion accordée ou non aux personnes divorcées et remariées civilement avait agité les deux synodes sur la famille de 2014 et de 2015.

Un peu plus de six années après la publication de l’exhortation apostolique sur la famille, Amoris Laetitia, le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie propose un guide destiné à tous les acteurs impliqués dans la préparation au mariage et la pastorale des époux. Long d’une centaine de pages, il est publié en italien aux éditions Librairie éditrice vaticane.

Préfaçant le document, le Pape se réjouit de cette publication qui doit aussi aider les couples à traverser les crises et les moments de découragement. Mais il demande explicitement que ce premier manuel « soit suivi le plus rapidement possible d’un autre, qui indiquera des méthodes pastorales concrètes et d’éventuels itinéraires d’accompagnement spécifiquement dédiés aux couples qui ont vécu l’échec de leur mariage et vivent une nouvelle union ou sont civilement remariés ».

L’Église, assure François, veut être proche de ces couples « afin qu’ils ne se sentent pas abandonnés et puissent trouver dans les communautés des lieux d’accueil accessibles et fraternels, une aide au discernement et à la participation ».

Les personnes divorcées non remariées encouragées à communier

Dans ce manuel qui compte 94 paragraphes, il n’est fait mention qu’à la toute fin du cas des personnes divorcées et remariées civilement. Au paragraphe 93, le dicastère rappelle que, « malgré tout le soutien que l’Église peut offrir aux couples en crise, il existe cependant des situations dans lesquelles la séparation est inévitable« .

Cette solution de « dernier recours » doit être accompagnée pastoralement. « Il convient avant tout de saluer et de valoriser la souffrance de ceux qui ont injustement subi une séparation, un divorce ou un abandon, ou qui ont été contraints par la maltraitance de leur conjoint à rompre leur cohabitation », détaille le document qui invite ensuite à mettre en place une « pastorale de la réconciliation et de la médiation ». Celle-ci pourrait être portée par des centres d’écoute spécialement créés dans les diocèses

Des témoins de la fidélité conjugale

Le dernier paragraphe du manuel se consacre plus précisément au cas des personnes « divorcées mais non remariées ». Ces personnes sont « souvent des témoins de la fidélité conjugale » qui doivent être « encouragées à trouver dans l’Eucharistie la nourriture qui les soutient dans leur état« , expliquent les auteurs du texte.

Ils reconnaissent en outre que peu de lieux dans l’Église accordent une attention pastorale à ces personnes qui devraient pourtant être accompagnées avec sollicitude, « surtout lorsqu’elles ont des enfants ». Le document insiste : « Leur situation particulière, nourrie par le don de la fidélité au sacrement du mariage, peut en revanche être un témoignage et un exemple ».

Dès lors, les jeunes couples et les prêtres pourraient voir dans leur vie « la présence constante du Christ Époux » ou bien une foi présente malgré la solitude, « une solitude ‘habitée’, marquée par l’intimité avec le Seigneur et le lien avec l’Église », assure encore le dicastère.

Une réflexion déjà menée par des évêques

La délicate question doctrinale de la communion accordée ou non aux personnes divorcées et remariées civilement avait animé les débats lors des synodes sur la famille en 2014 et 2015. Le catéchisme de l’Église catholique assure qu’une personne mariée à l’Église qui divorce et se remarie civilement se trouve en situation d’adultère. Elle ne peut pas dès lors accéder à la communion eucharistique, « aussi longtemps que persiste cette situation ».

Dans le paragraphe 305 de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, le pape François avait écrit qu’un pasteur ne pouvait « se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations ‘irrégulières' ». Dans une note de bas de page, il évoquait alors une participation de ces personnes à la vie sacramentelle de l’Église « dans certains cas ».

Certaines conférences épiscopales ont d’ores et déjà donné des lignes directrices pour appliquer l’exhortation du pape sur la famille. Ainsi, début 2017, Mgr Scicluna, archevêque de Malte et l’alors évêque de Gozo, Mgr Grech – devenu depuis cardinal et secrétaire du Synode des évêques -, avaient publié une note à l’intention de leurs prêtres.

« Ne pas tomber dans les extrêmes »

« Dans l’exercice de notre ministère, nous devons veiller à ne pas tomber dans les extrêmes : dans l’extrême rigueur d’une part, et dans le laxisme d’autre part », pouvait-on lire dans ce document qui appelait les prêtres à manier « l’art de l’accompagnement ».

Les deux évêques maltais mettaient en garde les ministres ordonnés contre la tentation d’appliquer des schémas : « Notre rôle n’est pas simplement d’autoriser ces personnes à recevoir les sacrements, ou d’offrir des « recettes faciles », ou de se substituer à leur conscience. Notre rôle est de les aider patiemment à former et à éclairer leur propre conscience, afin qu’elles puissent elles-mêmes prendre une décision honnête devant Dieu et agir selon le plus grand bien possible ».

Longue d’une dizaine de pages, cette réflexion pratique était très certainement remontée jusque dans le bureau du pape François. Quelques jours après sa publication, L’Osservatore Romano, journal officiel du Saint-Siège, en faisait un bon écho dans ses pages.



À Lyon, les évêques de France à l’écoute de l’Esprit saint

À la demande du pape François, le synode sur la synodalité qui aura lieu à Rome en octobre 2023 est précédé d’un processus à chaque échelon de la vie de l’Église. Ce mercredi 15 juin, les évêques de France ont fait un point d’étape avant de communiquer les contributions françaises à Rome.

Valdemar de Vaux – publié le 15/06/22 – mis à jour le 15/06/22

L’assemblée plénière de la Conférence des évêques de France qui se finissait aujourd’hui, mercredi 15 juin était « extraordinaire ». D’abord parce qu’elle ne se réunit habituellement qu’après la Toussaint et avant les Rameaux. Mais pour évoquer le synode sur la synodalité, les évêques ont voulu y consacrer une journée et demie. Ensuite parce que, pour la première fois, les invités laïcs des évêques ont assisté à toutes les délibérations. Une manière de vivre concrètement ce que le mot « synode » signifie en grec : « marcher ensemble ». 

Depuis le mois d’octobre, le synode en est à sa première étape. Il s’agit de recueillir, dans tous les diocèses du monde, les contributions des fidèles dans les paroisses, les mouvements, les groupes, les communautés religieuses, pour que le plus grand nombre s’exprime sur les trois thèmes donnés par Rome : communion, participation et mission. 

Un compte-rendu détaillé

Ce travail étant terminé en France, chaque diocèse a désormais fait une synthèse des points saillants, sur le fond et la forme, relevés dans les rapports des groupes. Au niveau national, une équipe a ensuite, sous la houlette de Mgr Joly, évêque de Troyes, publié une « collecte » de toutes ces synthèses synodales le jeudi 9 juin. Le texte, qui se veut fidèle aux contributions diocésaines, laisse apparaître des désirs et des souffrances, notamment la volonté de remettre la Parole de Dieu au cœur de la vie chrétienne et le souci de beaucoup de femmes, investies dans l’Église mais qui ne s’estiment pas reconnues.

La collecte va être envoyée à Rome, comme la participation de l’Église qui est en France au chemin synodal universel voulu par le pape François. Mais les évêques ont voulu l’accompagner d’une lettre, écrite hier et aujourd’hui avec leurs invités. Non pas pour l’amender ou nier les questions qu’elle soulève, mais pour discerner, dans ce qui a été dit et vécu par 150.000 catholiques en France, quels signes l’Esprit saint donne à son Église aujourd’hui.

Des axes de travail prioritaires

Si la lettre note les limites de l’exercice, qui n’a mobilisé qu’à la marge les catholiques de moins de quarante ans qui sont pourtant l’avenir des diocèses, les évêques accueillent “avec gratitude” la collecte. Ils y lisent des motifs d’espérance, celle surtout de continuer à vivre dans l’Église cet esprit synodal. Les évêques notent aussi des perspectives comme autant d’ »axes de travail prioritaires »: sur le ministère des prêtres, la place des femmes ou les tensions autour de la liturgie. 

Reconnaissant que la mission, un des trois thèmes de travail, est peu présente dans les contributions, ils concluent en se réjouissant que la dimension fraternelle de l’Église ait été éprouvée et source de joie pour beaucoup. Puisque le synode sur la synodalité est loin d’être terminé, ils expriment enfin leur désir de « poursuivre ce chemin de conversion communautaire et personnelle » : « Une telle expérience dissipe les peurs qui éloignent des autres […]. Elle est source de joie : des chemins se sont ouverts en nos cœurs. » (Cf. Ps 83, 6)

Confession : l’absolution des péchés est-elle systématique ?

La confession est souvent un moment d’appréhension pour le fidèle venu présenter à Dieu ses fautes. Le prêtre qui le reçoit peut-il lui refuser le pardon de Dieu ? Explications.

Valdemar de Vaux – publié le 14/06/22

Aller voir un prêtre pour raconter ses forfaitures, voilà qui n’est déjà pas facile. Mais si, en plus, il pouvait éconduire ? Venu chercher le pardon de Dieu pour ses péchés, le pénitent le reçoit après l’aveu de ses fautes : le prêtre lui donne alors l’absolution. C’est-à-dire qu’il prononce les mots qui délivrent, par les mérites de la mort et de la résurrection du Christ, celui qui était venu bénéficier de la miséricorde du Père. 

Puisque cette miséricorde est infinie, l’absolution n’est en règle générale pas refusée. Encore faut-il que le pénitent fasse preuve de résipiscence. Au fond, Dieu est toujours prêt à pardonner mais sommes-nous toujours prêts à accepter son pardon ? L’Église demande donc à ceux qui s’approchent du sacrement de réconciliation de faire preuve de contrition et de vouloir fermement se détourner du péché. 

Discerner le regret du péché

Le confesseur, dans son dialogue avec le pénitent qui vient d’avouer ses fautes a donc pour mission de discerner si son interlocuteur regrette son péché et veut s’en écarter. Si la contrition n’est pas parfaite, au moins doit-il juger de la situation et provoquer un début de regret ou une prise de conscience de la faute. Le prêtre est aussi invité à ouvrir le pénitent à un chemin de conversion. Le pape François tout particulièrement, depuis le début de son pontificat, a remis au centre du sacrement de réconciliation la question du discernement. Toute personne doit pouvoir trouver une voie d’accès à la miséricorde de Dieu, aidée par le prêtre. 

Si, en revanche, aucune ouverture à la grâce du pardon n’est perceptible, par exemple si le pénitent affirme qu’il ne compte pas ou ne peut pas renoncer à une situation qui le met en état de péché, alors le confesseur peut refuser l’absolution. Non pas comme si Dieu ne voulait pas pardonner, mais parce que le pénitent lui-même ne veut pas que la grâce transforme sa vie. 

Une absolution qui peut être différée

Enfin, plus rarement, l’absolution est différée par le prêtre qui reçoit la confession. C’est le cas quand le fidèle est sous le coup d’une peine canonique, par exemple une excommunication. Qu’elle soit publique ou secrète, pour une apostasie, une offense au Saint-Sacrement ou d’autres fautes graves, la peine doit être levée avant que le pénitent ne puisse recevoir l’absolution. Dans ces cas-là, le prêtre demande au fidèle de revenir et demande aux autorités compétentes de lever la sanction s’il a discerné la conversion du pécheur. Une fois la peine levée, ce dernier peut recevoir l’absolution. 

Jusqu’en 2016, c’était notamment le cas pour les personnes impliquées dans un avortement, mais le pape, au moment du jubilé de la miséricorde, a décidé de permettre à tous les prêtres d’absoudre ce péché. Et, par souci de permettre à tous de rencontrer le juste Juge sans péché mortel sur la conscience, en cas de danger ou d’urgence, tout prêtre peut absoudre tout péché.