« ils disent et ne font pas. »

Douzième jour de Carême

Lecture du livre du prophète Isaïe (1, 10. 16-20)

Écoutez la parole du Seigneur, vous qui êtes pareils aux chefs de Sodome ! Prêtez l’oreille à l’enseignement de notre Dieu, vous, peuple de Gomorrhe ! Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien : recherchez le droit, mettez au pas l’oppresseur, rendez justice à l’orphelin, défendez la cause de la veuve.
Venez, et discutons – dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. Si vous consentez à m’obéir, les bonnes choses du pays, vous les mangerez ; mais si vous refusez, si vous vous obstinez, c’est l’épée qui vous mangera.
– Oui, la bouche du Seigneur a parlé.

Psaume

Refrain: À celui qui veille sur sa conduite, je ferai voir le salut de Dieu.

« Écoute, mon peuple, je parle ;
Israël, je te prends à témoin.
Je ne t’accuse pas pour tes sacrifices ;
tes holocaustes sont toujours devant moi. R

« Vais-je manger la chair des taureaux
et boire le sang des béliers ?
Offre à Dieu le sacrifice d’action de grâce,
accomplis tes vœux envers le Très-Haut. R

« Qu’as-tu à réciter mes lois,
à garder mon alliance à la bouche,
toi qui n’aimes pas les reproches
et rejettes loin de toi mes paroles ? R

« Voilà ce que tu fais ; garderai-je le silence ?
Penses-tu que je suis comme toi ?
Qui offre le sacrifice d’action de grâce,
celui-là me rend gloire. » R

Évangile de Matthieu (23, 1-12)

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Méditons

Par cet épisode Jésus nous invite à vivre en toute vérité et fustige le contre témoignage que donnent les pharisiens. L’hypocrisie de ces derniers est ce que Jésus a toujours dénoncé. Ils disent et ne font pas . De plus ils cherchent à tirer profit de leur statut de maîtres et d’enseignants. Jésus met alors en garde : il ne faudrait pas que leur contre témoignage constitue pour les disciples un point d’achoppement qui les éloignent du message de salut qu’ils enseignent.

Non seulement que par là nous sommes invités à ne pas être un point d’achoppement pour les autres mais aussi à ne pas cesser de vivre en bons chrétiens à cause du contre témoignage de tel ou tel responsable dans l’église. Ce danger est grand. Il a fait partir des gens de l’Église. Que chacun de nous s’attache à Dieu et à son message plutôt qu’à une personne.

Prions pour les responsables dans l’Église afin qu’ils soient d’humbles serviteurs et de véritables témoins. Que tous nos services soient rendus sans recherche d’honneur ou de considération .

Donne-nous Seigneur d’être d’humbles et fidèles serviteurs.

Le carême, pour sortir de «notre léthargie intérieure»

Avec l’aide de l’Esprit-Saint, non par nos «propres forces»

Le temps fort du carême est « une opportunité », a souligné le pape François lors de l’angélus dominical. « C’est une période où Dieu veut nous réveiller de notre léthargie intérieure, de cette somnolence qui ne laisse pas l’Esprit s’exprimer ».

Avant la prière de l’angélus, dimanche 13 mars 2022, en présence de quelque 25 000 personnes, le pape François a commenté le récit de la Transfiguration de Jésus, tiré de l’évangile selon saint Luc.

Le pape a invité à s’interroger sur la « somnolence » des apôtres Pierre, Jacques et Jean à un moment aussi important de la vie de Jésus et de la leur. Il a rappelé que ce sont les mêmes trois apôtres qui s’endormiront à Gethsémani, au lieu de prier comme Jésus le leur avait demandé.

« Ce sommeil déplacé ne ressemble-t-il pas à tant de nos sommeils qui nous viennent pendant des moments que nous savons importants ? », a questionné le pape. Conscient de la difficulté à accorder du temps à la prière ou à la famille après une journée de travail, il a affirmé que « nous pouvons surmonter la fatigue du corps par la force de l’Esprit de Dieu », mais non par nos propres forces. Il est nécessaire de « demander à l’Esprit Saint de nous tirer de cette somnolence qui nous empêche de prier ».

Le pape François a également fait observer que c’est sans doute « la lumière de Jésus » transfiguré qui a réveillé les apôtres. Une invitation à se mettre « sous la lumière de Dieu » avant de s’endormir : « Donnons au Seigneur la possibilité de nous surprendre et de réveiller notre cœur » en « nous laissant étonner par la Parole de Dieu » qui « éclaire nos pas et embrase notre cœur » ou en contemplant dans le Crucifié « l’amour fou de Dieu ».

Voici notre traduction des paroles prononcée par le pape François en italien avant l’angélus.

Commentaire de l’Evangile du 2e dimanche de carême

Chers frères et sœurs, bonjour !

L’Evangile de la liturgie de ce deuxième dimanche de Carême raconte la Transfiguration de Jésus (cf. Lc 9, 28-36). Tandis qu’il prie sur une haute montagne, il change d’aspect, son vêtement devient d’une blancheur resplendissante et, dans la lumière de sa gloire, apparaissent Moïse et Elie qui parlent avec lui de la Pâque qui l’attend à Jérusalem, c’est-à-dire de sa passion, sa mort et sa résurrection.

Montés sur la montagne avec Jésus, les apôtres Pierre, Jean et Jacques, sont témoins de cet événement extraordinaire.  Nous les imaginons les yeux grands-ouverts devant ce spectacle unique. Cela s’est certainement passé ainsi. Mais l’évangéliste Luc note que « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil » et que, « restant éveillés », ils virent la gloire de Jésus (cf. v.32). Le sommeil des trois disciples détonne un peu dans ce contexte. Ces mêmes apôtres s’endormiront aussi plus tard, à Gethsémani, pendant la prière angoissée de Jésus qui leur avait demandé de veiller (cf. Mc 14, 37-41). Cette somnolence est surprenante à des moments si importants.

Mais si nous lisons avec attention, nous voyons que Pierre, Jean et Jacques s’assoupissent avant que ne commence la Transfiguration, c’est-à-dire précisément pendant que Jésus prie. C’est ce qui se passera à Gethsémani. Il s’agit évidemment d’une prière qui se prolonge, dans le silence et dans le recueillement. Nous pouvons penser qu’au début, ils ont eux aussi prié, jusqu’à ce que prévalent la fatigue et le sommeil.

Frères et sœurs, ce sommeil déplacé ne ressemble-t-il pas à tant de nos sommeils qui nous viennent pendant des moments que nous savons importants ? Peut-être le soir, lorsque nous voudrions prier, être un peu avec Jésus après une journée passée entre mille choses et engagements. Ou encore quand c’est le moment d’échanger quelques paroles en famille et qu’on n’a plus de force. Nous voudrions être plus éveillés, attentifs, participer davantage, ne pas perdre des occasions précieuses, mais nous n’y arrivons pas ou nous y parvenons peu d’une certaine façon.

Le temps fort du Carême est une opportunité en ce sens. C’est une période où Dieu veut nous réveiller de notre léthargie intérieure, de cette somnolence qui ne laisse pas l’Esprit s’exprimer. Parce que – souvenons-nous en bien – garder son cœur éveillé ne dépend pas seulement de nous : c’est une grâce et il faut la demander. Les trois disciples de l’Evangile nous le montrent : ils étaient courageux, ils avaient suivi Jésus sur la montagne, mais par leurs propres forces, ils ne parvenaient pas à rester éveillés. Cela nous arrive aussi. Mais ils sont réveillés précisément pendant la Transfiguration. Nous pouvons penser que c’est la lumière de Jésus qui les a réveillés. Comme eux, nous avons nous aussi besoin de la lumière de Dieu, qui nous fait voir les choses de manière différence ; il nous attire, nous réveille, ranime notre désir et notre force pour prier, pour regarder en nous-mêmes et consacrer du temps aux autres.  Nous pouvons surmonter la fatigue du corps par la force de l’Esprit de Dieu. Et quand nous ne réussissons pas à surmonter cela, nous devons dire à l’Esprit Saint : « Aide-nous, viens, Esprit-Saint. Aide-moi, je veux rencontrer Jésus, je veux rester attentif, éveillé ». Demander à l’Esprit Saint de nous tirer de cette somnolence qui nous empêche de prier.

En ce temps de Carême, après la fatigue de chaque journée, cela nous fera du bien de ne pas éteindre la lumière de notre chambre sans nous mettre sous la lumière de Dieu. Prier un petit peu avant de dormir. Donnons au Seigneur la possibilité de nous surprendre et de réveiller notre cœur. Nous pouvons le faire, par exemple, en ouvrant l’Evangile, en nous laissant étonner par la Parole de Dieu, parce que l’Ecriture éclaire nos pas et embrase notre cœur. Ou encore nous pouvons regarder le Crucifié et nous émerveiller devant l’amour fou de Dieu, qui ne se lasse jamais de nous et qui a le pouvoir de transfigurer nos journées, de leur donner un sens nouveau, une lumière différente, une lumière inattendue.

Que la Vierge Marie nous aide à garder notre cœur éveillé pour accueillir ce temps de grâce que Dieu nous offre.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera.

Onzième jour de Carême

Lecture du livre du prophète Daniel

Je fis au Seigneur mon Dieu cette prière et cette confession : « Ah ! toi Seigneur, le Dieu grand et redoutable, qui garde alliance et fidélité à ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements, nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. Nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes, qui ont parlé en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays. À toi, Seigneur, la justice ; à nous la honte au visage, comme on le voit aujourd’hui pour les gens de Juda, pour les habitants de Jérusalem et de tout Israël, pour ceux qui sont près et pour ceux qui sont loin, dans tous les pays où tu les as chassés, à cause des infidélités qu’ils ont commises envers toi. Seigneur, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi. Au Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous nous sommes révoltés contre lui, nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu, car nous n’avons pas suivi les lois qu’il nous proposait par ses serviteurs les prophètes. » 

Psaume

Refrain: Seigneur, ne nous traite pas selon nos péchés.

Combien de temps, Seigneur, durera ta colère ?
Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres :
que nous vienne bientôt ta tendresse,
car nous sommes à bout de force ! R

Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
pour la gloire de ton nom !
Délivre-nous, efface nos fautes,
pour la cause de ton nom ! R

Que monte en ta présence la plainte du captif !
Ton bras est fort : épargne ceux qui doivent mourir.
Et nous, ton peuple, le troupeau que tu conduis,
sans fin nous pourrons te rendre grâce. R

Évangile de Luc (6, 36-38)

« Pardonnez, et vous serez pardonnés »

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

Méditons

Nous implorons souvent la miséricorde de Dieu car son amour est sans mesure. C’est ce dont nous devons être convaincus. Et pour Lui ressembler nous sommes invités à ne pas mettre de limite ni de mesure à notre amour, au don de nous-mêmes. La mesure d’aimer est d’aimer sans mesure.

Cet évangile loin d’être un évangile de la réciprocité comme il peut se laisser entendre révèle la surabondance de l’amour de Dieu à qui aucun de nos actes de miséricorde n’échappe. Et puisque c’est Lui qui ordonne, c’est lui qui récompensera : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés… » Celui qui ne nous jugera pas, ne nous condamnera pas ou nous donnera, c’est bien Dieu. Quant aux bénéficiaires, ils peuvent nous réserver de l’ingratitude en nous payant en monnaie de singe.
N’attendons donc pas de retour de la part de ceux qui bénéficient de nos libéralités, sinon nous serons vite déçus et complètement découragés. C’est humain d’attendre de la reconnaissance ou de la valorisation mais Dieu nous appelle à regarder plus loin pour ne pas tomber dans le piège de la limitation ou de la circonscription de notre amour. Car ce que nous attendons c’est d’être dans l’amour infini du Père. Dieu nous invite donc à la gratuité dans tout ce que nous faisons.


Prière, Partage et Jeûne

Excellente semaine à toutes et à tous

Ukraine: «au nom de Dieu, arrêtez ce massacre !», implore le Pape

Au terme de la prière de l’Angélus, ce dimanche 13 mars, le Saint-Père a lancé un vibrant appel à la fin de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, alors que les bombardements se poursuivent sur le territoire ukrainien, faisant de nombreuses victimes, y compris parmi les civils.

Adelaide Patrignani – Cité du Vatican

Le visage grave, le Souverain Pontife a lancé un appel ferme depuis la fenêtre du palais apostolique, face à des milliers de personnes rassemblés sur la Place Saint-Pierre et aux abords.

«Au nom de Dieu, je vous le demande: arrêtez ce massacre !», a-t-il demandé, obtenant comme réponse immédiate les applaudissements de la foule.

«Frères et sœurs, nous venons de prier la Vierge Marie. Cette semaine, la ville qui porte son nom, Marioupol, est devenue une ville martyre dans la guerre déchirante qui ravage l’Ukraine, venait-il de déclarer auparavant. Face à la barbarie du meurtre d’enfants, d’innocents et de civils sans défense, il n’y a pas de raisons stratégiques qui tiennent la route: la seule chose à faire est de mettre fin à l’inacceptable agression armée, avant qu’elle ne réduise les villes en cimetières», a-t-il alerté.

«La douleur dans le cœur, je joins ma voix à celle du peuple qui implore la fin de la guerre. Au nom de Dieu, que les cris de ceux qui souffrent soient entendus et que les bombardements et les attaques cessent ! Que l’on se concentre réellement et résolument sur la négociation, et que les couloirs humanitaires soient efficaces et sûrs. Au nom de Dieu, je vous le demande : arrêtez ce massacre !», a imploré François.

À plusieurs reprises ces dernière semaines, notamment le 27 février dernier, le Pape a appelé à la fin du conflit en cours. 

Le Saint-Père a ensuite encouragé les fidèles à «l’accueil des nombreux réfugiés, en qui le Christ est présent». Il a aussi rendu grâce «pour le grand réseau de solidarité qui s’est formé». «Je demande à toutes les communautés diocésaines et religieuses de multiplier les moments de prière pour la paix. Multipliez les moments de prière pour la paix, a insisté le Successeur de Pierre. Dieu est seulement un Dieu de paix, il n’est pas un Dieu de guerre, et ceux qui soutiennent la violence profanent son nom. Maintenant, prions en silence pour ceux qui souffrent et pour que Dieu convertisse les cœurs à une ferme volonté de paix», a enfin demandé François, avant que les pèlerins ne se recueillent un instant.

Dans ce contexte douloureux, l’Église universelle célèbre par ailleurs aujourd’hui le neuvième anniversaire de l’élection du Pape François comme Successeur de Pierre.

Des dizaines de morts dans le bombardement d’une base militaire

Cet appel du Souverain Pontife intervient alors que les forces russes ont bombardé ce dimanche une base militaire située dans la région de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, près de la frontière polonaise, une zone jusque-là relativement épargnée par le conflit. Au moins 35 personnes ont été tuées et 57 blessées, selon les autorités locales. La base de Yaoriv était l’un des principaux centres servant aux exercices militaires conjoints avec l’Otan.

La ville de Marioupol, dans le sud-ouest, continue quant à elle d’être assiégée par les forces russes. Bombardée depuis près de deux semaines, la cité garde l’espoir de voir arriver un convoi d’aide humanitaire, dont la venue est prévue ce dimanche.

Toujours au sud et au bord de la mer Noire, la métropole d’Odessa se prépare à une offensive des troupes russes, qui se concentrent pour l’heure à une centaine de kilomètres à l’est, sur la ville de Mykolaïv. Les bombardements massifs ont notamment touché un centre de cancérologie et un hôpital ophtalmologique. Neuf morts ont été déplorés ce dimanche par le gouverneur de la région.

Le cardinal Konrad Krajewski, aumônier apostolique du Pape François, envoyé sur le terrain par le Souverain Pontife, est en ce moment sur la route du retour vers Rome. Il a passé près d’une semaine auprès de la population frappée par le conflit, d’abord en Pologne en se rendant dans des centres d’accueil pour réfugiés puis à la frontière avec l’Ukraine, et ensuite sur le territoire ukrainien, notamment près de Lviv. C’est là qu’il a célébré samedi une messe avec la communauté catholique locale. 

Selon un article de Vatican news

« Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »

Livre de la Genèse (15, 5-12. 17-18)

En ces jours-là, le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste.
Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage. » Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? » Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. » Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux. Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa.
Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes : « À ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d’Égypte jusqu’au Grand Fleuve, l’Euphrate. »

Psaume

Refrain: Le Seigneur est ma lumière et mon salut.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ? R

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. » R

C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours. R

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. » R

Lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (3, 17 – 4, 1)

Frères, ensemble imitez-moi, et regardez bien ceux qui se conduisent selon l’exemple que nous vous donnons. Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre.
Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir.
Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j’ai tant d’affection, vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés.

Évangile de Luc (9, 28b-36)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul.
Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

Méditons

En ce deuxième dimanche de carême, au regard des textes liturgiques je choisis de vous parler de la foi. L’évangile de la transfiguration avait pour objectif de renforcer la foi des disciples pour qu’ils ne tombent pas n’abandonnent pas  au moment de la passion. La foi suppose l’écoute, la confiance  et la persévérance.   Saint Paul nous dit que la foi naît de ce qu’on entend. Dieu par Moïse a appelé son peuple à l’écouter : « Écoute Israël ». Cette écoute nous permet de savoir quoi faire, quel chemin emprunter parmi tant de voix intérieures et extérieures qui nous sollicitent et nous assaillent. Dans cette écoute réside notre salut. En écoutant avec attention on aperçoit une lumière qui non seulement nous éclaire mais nous laisse entrevoir la vérité. Abraham a écouté le Seigneur et s’est mis en route. Au baptême de son Fils, Dieu a témoigné : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » et à la transfiguration le même message est délivré. L’écoute de la Parole de vie, d’un message d’espérance met en route, route qui se fait dans la confiance.

      Cette confiance peut être mise à l’épreuve du temps avec les aléas de la vie pas toujours faciles à vivre. Dans le cas d’Abraham, nous avons l’absence de fécondité en face de la promesse d’une grande descendance ; dans notre cas, nous avons la promesse du bonheur éternel pendant que nous cheminons sur cette terre dans une vallée de larmes. La terre promise n’a pas été atteinte facilement et rapidement. Celle qui nous est promise ( le Ciel) ne le sera pas non plus. Nous vivons à travers ombres et lumières, tantôt des joies, tantôt des souffrances. Mais à travers tout cela nous sommes invités à garder confiance, confiance qui se vit dans la prière, prière qui transforme profondément notre être et nous permet de persévérer.

            La persévérance est indispensable pour grandir dans la foi comme elle l’est pour toute évolution humaine, sociale et professionnelle. C’est pourquoi saint Paul dans la deuxième lecture nous invite à tenir bon dans le Seigneur. Ne nous laissons pas voler notre ciel par les joies de la terre . Elles pourraient nous faire oublier l’essentiel. La gloire que Jésus dévoile aux disciples est celle qui nous attend.

                Bonne journée dominicale. Persévérons dans la prière

Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur !

Dixième jour du Carême

Lecture du livre du Deutéronome 

Moïse disait au peuple d’Israël : « Aujourd’hui le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ces décrets et ces ordonnances. Tu veilleras à les pratiquer de tout ton cœur et de toute ton âme. Aujourd’hui tu as obtenu du Seigneur cette déclaration : lui sera ton Dieu ; toi, tu suivras ses chemins, tu garderas ses décrets, ses commandements et ses ordonnances, tu écouteras sa voix. Aujourd’hui le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration : tu seras son peuple, son domaine particulier, comme il te l’a dit, tu devras garder tous ses commandements. Il te fera dépasser en prestige, renommée et gloire toutes les nations qu’il a faites, et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, comme il l’a dit. »

Psaume

Refrain: Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur !

Heureux les hommes intègres dans leurs voies
qui marchent suivant la loi du Seigneur !
Heureux ceux qui gardent ses exigences,
ils le cherchent de tout cœur ! R

Toi, tu promulgues des préceptes
à observer entièrement.
Puissent mes voies s’affermir
à observer tes commandements ! R

D’un cœur droit, je pourrai te rendre grâce,
instruit de tes justes décisions.
Tes commandements, je les observe :
ne m’abandonne pas entièrement. R

Évangile selon St Matthieu (5, 43-48)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Méditons

C’est par l’amour que nous pouvons imiter Dieu. Lui n’a pas de préférence, il ne sélectionne pas. Dans cet évangile Jésus nous invite à dilater notre cœur pour pouvoir aimer tout le monde. La charité c’est cela ; elle va au-delà des dons que nous pouvons faire à telle ou telle personne pour devenir une disposition du cœur qui nous permette d’être ouvert à tous sans jugement.
« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent ». Il n’est pas rare de trouver autour de nous des gens qui ne nous apprécient pas du tout. Même si ceux-là ne sont pas en guerre ouverte avec nous, nous avons du mal à supporter leur agressivité ou leur mépris à notre égard. Commençons d’abord dans notre relation au Père de tous à prier pour eux et petit à petit notre regard va certainement changer. Notre prière peut aussi changer leur cœur et de véritables liens de fraternité peuvent s’installer. Ce que Jésus nous demande n’est certes pas facile mais c’est dans notre option de parvenir à la sainteté que
cela peut s’entendre. Nous pouvons l’entendre et nous y mettre quand faire la volonté de Dieu devient notre préoccupation première. Parfois nous disons que nous sommes des hommes alors que tout ce que Dieu nous demande, si nous nous y tenons, Il nous donne la grâce de le réaliser.
Cette page d’évangile nous demande de créer la différence et de sortir de l’anonymat du monde pour devenir lumière pour celui-ci et sel pour la terre.


Seigneur, donne-nous soif de vivre selon ta volonté. Aide-nous à briser nos résistances à l’amour pour tous.

« Va d’abord te réconcilier avec ton frère »

Neuvième jour de carême

Lecture du livre du prophète Ézékiel (18, 21-28)

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis, s’il observe tous mes décrets, s’il pratique le droit et la justice, c’est certain, il vivra, il ne mourra pas. On ne se souviendra d’aucun des crimes qu’il a commis, il vivra à cause de la justice qu’il a pratiquée. Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant – oracle du Seigneur Dieu –, et non pas plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive ? Mais le juste, s’il se détourne de sa justice et fait le mal en imitant toutes les abominations du méchant, il le ferait et il vivrait ? Toute la justice qu’il avait pratiquée, on ne s’en souviendra plus : à cause de son infidélité et de son péché, il mourra !Et pourtant vous dites : « La conduite du Seigneur n’est pas la bonne. » Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra. Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Il a ouvert les yeux et s’est détourné de ses crimes. C’est certain, il vivra, il ne mourra pas.

Psaume

Refrain: Si tu retiens les fautes, Seigneur, Seigneur, qui subsistera ?

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière ! R

Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne. R

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. R

Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes. R

Évangile de Matthieu (5, 20-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

Méditons

Dieu nous invite à imiter sa tendresse. C’est par l’amour que nous pouvons ressembler à Dieu. Ne pas avoir d’ennemi ni d’adversaire c’est ce que Jésus nous demande dans l’évangile . En se rapportant à la première lecture nous comprenons qu’avoir quelque chose contre son frère est un péché dont il faut se détourner. Si nous confessons la miséricorde de Dieu qui s’étend d’âge en âge, elle ne nous encourage pas du tout à ne pas faire d’effort de conversion. On entend parfois dire : « Dieu fera miséricorde ». Oui Dieu fera miséricorde, si nous nous tournons vers lui dans l’effort de changer de vie et de vivre surtout d’amour. Parfois nous nous réfugions derrière l’argument confortable de l’antipathie naturelle pour nous excuser de ne pas aimer untel ou unetelle. L’Évangile nous invite à un plus : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux ». Ne pas chercher à faire comme tout le monde mais comme Dieu veut. C’est un défi quotidien auquel nous sommes confrontés. Parfois sous prétexte de ne pas nous faire remarquer nous faisons comme tout le monde. Avons-nous donc peur d’être témoin ?

Seigneur, ouvre notre cœur à tous sans exception . Déracine en nous tout manque d’amour. Rends-nous attentifs pour déceler le mal-être du frère ou de la sœur.

Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel.

Lecture du Livre d’Esther

En ces jours-là, la reine Esther, dans l’angoisse mortelle qui l’étreignait, chercha refuge auprès du Seigneur. Se prosternant à terre avec ses servantes du matin jusqu’au soir, elle disait : « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, tu es béni. Viens à mon secours car je suis seule, et je n’ai pas d’autre défenseur que toi, Seigneur. Car je vais jouer avec le danger.Dans les livres de mes ancêtres, Seigneur, j’ai appris que ceux qui te plaisent, tu les libères pour toujours, Seigneur. Et maintenant, aide-moi, car je suis solitaire et je n’ai que toi, Seigneur mon Dieu. Maintenant, viens me secourir car je suis orpheline, et mets sur mes lèvres un langage harmonieux quand je serai en présence de ce lion ; fais que je trouve grâce devant lui, et change son cœur : qu’il se mette à détester celui qui nous combat, qu’il le détruise avec tous ses partisans. Et nous, libère-nous de la main de nos ennemis ; rends-nous la joie après la détresse et le bien-être après la souffrance. »

Psaume

Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel.

De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne. R

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force. R

Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour :
n’arrête pas l’œuvre de tes mains. R

Evangile de Matthieu (7, 7-12)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ? ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »

Méditons

« Seule une confiance absolue en Dieu et en son amour fait prier et fait persévérer dans la prière »
Cette confiance absolue que Dieu nous répondra nous permet non seulement de prier mais de continuer jusqu’à être exaucé. La succession des verbes demander, chercher , frapper montre bien cette idée de persévérance dans la prière, non pas que Dieu est sourd puisque nous avons bien lu avant-hier qu’il connaît tout ce dont nous avons besoin avant que nous l’ayons exprimé. La démarche de la prière et temps de la prière témoignent de la place que nous donnons à Dieu dans notre vie. C’est l’humble qui prie parce conscient de sa petitesse et de pauvreté. L’égoïsme de l’homme le mettra toujours en face de ses limites ( s’il se dit la vérité).
Nous prions et Dieu répond à son heure. Cette attente de la réponse de Dieu dilate notre cœur et creuse en nous le désir de Dieu. « Demandez, on vous donnera » montre bien la tendresse de Dieu qui ne ferme jamais son cœur même s’il ne répond pas tout de suite ou comme nous voudrions. Jésus a d’ailleurs enseigné à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager car Dieu fera justice à ses élus qui crient vers Lui jour et nuit. L’homme peut refuser de donner mais Dieu jamais.
Apprenons à accepter à durée de Dieu dans sa réponse à nos demandes. N’abandonnons jamais, ne jetons jamais l’éponge.


En ce temps de carême Dieu veut que nous tapions à la porte de son cœur . Il nous attend.

Lave-moi tout entier de ma faute, purifie moi de mon offense.

Lecture du livre du prophète Jonas (3, 1-10)

La parole du Seigneur fut adressée à Jonas : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. » Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac. La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre. Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront pas et ne boiront pas. Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence. Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas ! »En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

Psaume

Refrain: Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense. R

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint. R

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé. R

Évangile de Luc (11, 29-32)

Salomon recevant la Reine de Saba

En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »

Méditons

« Reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur ». Tels sont les mots qui nous ont été adressés le mercredi des cendres. Se convertir, encore se convertir, toujours se convertir. Oui on n’a jamais fini et on ne finira jamais tant que dure notre pèlerinage sur la terre. Le temps de carême répété chaque année est là pour nous le rappeler. Nous avons vite fait de nous réinstaller dans nos vieilles habitudes ou de nous complaire avec satisfaction de nos acquis spirituels. Notre Dieu nous invite à toujours aller de l’avant, ne
jamais s’arrêter sur la route tant que nous ne sommes pas réunis à Lui. Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus condamne l’endurcissement du cœur de ses contemporains qui ne sont pas des étrangers ni des lointains. Ce sont les filles et fils de l’alliance qui, malgré les signes que Jésus a multipliés devant eux, se refusent de le croire ou de se convertir à sa parole alors que les Ninivites, des païens se sont convertis au
message d’un «simple » prophète, Jonas. La reine de Saba venu des terres étrangères s’est laissée éprise par la sagesse du roi Salomon qui n’est qu’un élu de Dieu en dessous du Christ qui , Lui, est Fils de Dieu.
Il peut nous arriver nous aussi de devenir des habitués de la Parole de , de la communion fréquente à la recherche uniquement de grâces et de bénédictions et ne plus entendre résonner en nous l’appel pressant de la conversion.


Puisse ce temps de carême être pour chacun de nous un moment de grâce pour
découvrir les lieux où Dieu l’interpelle et que sa force nous aide à faire le pas.

Tenons bon dans la prière, le partage et le jeûne.

« Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens » (Matthieu 4)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »

Psaume

R/ De toutes leurs angoisses,
Dieu délivre les justes. (cf. 33, 18b)

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.

Le Seigneur entend ceux qui l’appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l’esprit abattu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu ((6, 7-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.


Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

Méditons

La prière est l’un des piliers du temps de carême . Mais comment prier ? Pour que notre prière ne soit pas factice Jésus invite à la simplicité dans notre prière. Un enfant devant son père est simple, sans artifice. Il ouvre son cœur et reste confiant dans la certitude que son père l’aime. Notre entrée en prière suppose cela. Pas de logorrhée. Devant Dieu notre Père, nous avons besoin d’ouvrir notre cœur et nous tenir devant lui dans un face-à-face pour nous remplir de sa présence. Reconnaître que seul son règne nous
assure la paix et que son nom est le seul digne d’adoration et que sa volonté fait notre joie et notre bonheur. Qu’Il nous aide à accomplir celle-ci. C’est après cela que nous lui présentons nos besoins : notre pain quotidien car un père ne laisse jamais son fils affamé ; la remise de nos fautes pour que nous soyons en paix ; et la force nécessaire pour la traversée de la vie. Si la prière du ‘’Notre Père’’ dévoile l’amour de Dieu et notre confiance en Lui, nous devons nous aussi montrer cet amour à nos frères. C’est une exigence divine.

Que le Seigneur nous donne la force de toujours pardonner quoiqu’il en coûte. « Tant qu’on aime on pardonne toujours »