Peut-on être « croyant, non pratiquant » ?

Tous les vendredis, la philosophe Jeanne Larghero éclaire les petites et grandes questions de l’existence à la lumière de l’éthique chrétienne. Elle répond cette semaine à ces croyants qui ne pratiquent pas leur foi : croire en Jésus-Christ sans le suivre… est-ce le croire ?

Jeanne Larghero – publié le 14/01/22

Certaines distinctions ont la vie dure, alors qu’elles ne recouvrent pas vraiment la réalité. Faisons un sort à la ligne de partage qui séparerait le croyant (celui qui croit que Dieu existe) du non-croyant (celui qui ne croit pas à l’existence de Dieu, ou celui qui dit ne croire en rien). En réalité, l’athéisme est une croyance : je crois que Dieu n’existe pas, voilà plutôt la formulation qui lui convient. Il s’agit d’ailleurs d’une croyance matérialiste qui ne sera revendiquée qu’à partir de l’époque moderne.

Qu’en est-il des chrétiens qui se déclarent « croyant non-pratiquant » ? Ils sont plus nombreux que ceux qui se sentiraient tenus d’ajouter « pratiquant » lorsqu’ils se déclarent chrétiens. À l’évidence, nombreux sont ceux qui pensent qu’il y a un Dieu, mais qui ne ressentent pas le besoin d’aller à l’église : l’adhésion à une idée ne nécessiterait pas la pratique. On peut également se reconnaître dans les valeurs chrétiennes, et même en vivre, sans aller pour autant à la messe. On peut puiser une inspiration dans le message évangélique sans fréquenter de paroisse.


A.Larghero

Jésus ne nous invite pas à adhérer à un monde de valeurs morales, à l’idée générale d’un Dieu créateur : il nous invite clairement à le rejoindre, physiquement, en chair et en os.


Croire Jésus, c’est le suivre

Mais peut-on suivre et aimer le Christ sans éprouver le besoin de le rencontrer dans la prière ? Peut-on être uni au Christ sans le rejoindre dans ce pain consacré qu’il a choisi comme lieu même de sa présence physique ? Peut-on être convaincu des bienfaits du pardon donné par Dieu sans n’en jamais faire l’expérience concrète dans le sacrement ? Croire que Jésus dit vrai lorsqu’il affirme : « Je suis le Pain de vie », croire qu’il dit vrai lorsqu’il affirme : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang aura la vie éternelle » est profondément engageant. Jésus ne nous invite pas à adhérer à un monde de valeurs morales, à l’idée générale d’un Dieu créateur : il nous invite clairement à le rejoindre, physiquement, en chair et en os. Ainsi, lorsque nous nous éloignons de la pratique insensiblement, tout en nous définissant encore comme croyant, nous nous trompons sur ce que nous vivons. En réalité, c’est en premier notre foi qui est touchée, et qui vacille. 

Faire confiance

Autrement dit, et pour reprendre une expression célèbre, celui qui dit : « Je suis chrétien, mais je ne pratique pas », ressemble fort à quelqu’un qui dirait : « Je suis nudiste, mais je ne pratique pas. » Ou je suis footballeur, mais je ne pratique pas. En revanche, nous pouvons nous demander s’il ne nous arrive pas parfois de glisser dans la situation du pratiquant-non croyant : quand l’habitude remplace la ferveur, quand le conformisme fige l’élan du cœur. Faisons confiance au Christ qui savait ce qu’il faisait lorsqu’il a choisi des apôtre​s et institué des sacrements, c’est-à-dire lorsqu’il a fondé une Église : Il nous a donné le lieu où ceux qui l’aiment et croient en lui peuvent le rencontrer.

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens : 18-25 janvier 2022

Édito de Mgr Didier Berthet, évêque de Saint-Dié à propos du Documents épiscopat : ” La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens”.

Aucune œuvre pour Dieu ne peut être faite sans Lui, en qui elle trouve sa source, sa force et son accomplissement. Mais l’œuvre de Dieu passe toujours par la fidélité et la fragilité d’hommes qu’il choisit et appelle dans sa grande miséricorde.

Cette double dynamique s’est pleinement réalisée dans la vie et l’œuvre du P. Paul Couturier, humble prêtre lyonnais devenu prophète de l’Unité chrétienne. Le Seigneur a vraiment fait de lui un «instrument de choix» (Ac 9, 15) pour faire comprendre à tous les baptisés l’urgence de l’engagement pour l’Unité, et le primat de la prière pour que cette unité soit vraiment l’œuvre de Dieu. Avec bien d’autres personnalités, il a participé à l’avènement de l’idée œcuménique au milieu du XXe siècle, montrant que l’Unité dépassait le simple retour à l’union ecclésiastique, et qu’au-delà des questions dogmatiques et canoniques, elle était un mouvement de conversion et d’échange des dons spirituels.

Dans son intuition profonde, Paul Couturier a saisi qu’il s’agissait non pas seulement de rejoindre la prière du Christ pour l’unité de ses disciples (cf. Jn 17), mais finalement de Le laisser prier en nous. Comment, alors, ne pas être assurés que cette prière sera authentique et qu’elle rejoindra le cœur même de Dieu? Et comment douter encore que cette prière puisse transformer les disciples d’un même Seigneur en les rendant plus fidèles à l’Évangile?

À partir de l’œuvre du Père Couturier, Dieu a permis que les Églises du monde entier (l’oikouménè) soient désormais associées à ce vaste mouvement de la prière pour l’Unité, notamment par leur fidélité au rendez-vous de la Semaine annuelle de prière pour l’unité des chrétiens.

Mais la prière authentique se vérifie toujours dans l’engagement et la créativité qui ne manquent jamais lorsqu’on se met sous la motion de l’Esprit.

Ainsi le présent numéro de Document épiscopat nous offre une belle mosaïque d’initiatives qui illustrent bien l’actualité œcuménique en France. Il nous montre comment la Semaine de prière pour l’unité est au confluent d’une solide tradition, d’une riche actualité et d’un avenir prometteur; car c’est toujours le Christ qui prie en nous pour l’unité de ses disciples.

Mgr Didier Berthet, évêque de Saint-Dié

Deux ans après le début de la pandémie, l’amer constat du pape François

« Malheureusement, deux ans après le début de la pandémie, nous devons admettre que nous avons manqué de nombreuses occasions de changer », a déploré le pape François dans un message adressé aux participants d’une journée de réflexion organisée par la Commission vaticane Covid-19 et le réseau de cabinets d’audit et de conseil Deloitte.

De nouvelles injustices et inégalités sont apparues avec la pandémie, a constaté le pape dans son discours lu par le cardinal Michael Czerny, nouveau préfet par intérim du Dicastère pour le service du développement humain intégral. « L’entretien de notre maison commune, la distribution des vaccins, la lutte contre la faim, la pauvreté et le commerce des armes restent des priorités et des enjeux pour tous », s’est attristé l’évêque de Rome.

Il a rappelé à ces personnalités de la finance que le « monde de l’économie et de la finance a une responsabilité importante dans la promotion d’un changement de paradigme et dans la recherche de solutions créatives ». Il leur a en outre demandé de « ne pas faire de déclarations d’intention ou de messages sur les grands principes » mais de prendre des « engagements concrets », pour que l’économie et la finance soient au service des personnes et de la planète.

Le pape a enfin souhaité que le succès ne soit plus mesuré à partir des profits générés mais plutôt du « nombre de personnes qui sortent de l’extrême pauvreté, qui peuvent travailler décemment ». Intervenant directement lors de ce séminaire en ligne ayant pour thème “Préparer l’avenir, construire une économie durable, inclusive et régénératrice”, le cardinal Czerny a lui aussi plaidé pour une sortie de la « mentalité du “business as usual” » tournée unilatéralement vers le profit.

Aleteia , Par Hugues Lefèvre

Identité : le pape critique la « cancel culture », une « forme de colonisation idéologique »

La cancel culture (de l’anglais cancel, « annuler »), aussi appelée en français culture de l’effacement ou culture de l’annulation, est une pratique apparue aux États-Unis consistant à dénoncer publiquement, en vue de leur ostracisation, des individus, groupes ou institutions responsables d’actes, de comportements ou de propos perçus comme inadmissibles. (Wikipedia)

Le pape François critique « la cancel culture qui envahit de nombreux domaines et institutions publiques ». « Il s’agit d’une forme de colonisation idéologique qui ne laisse pas de place à la liberté d’expression, souligne-t-il, et qui, aujourd’hui, prend de plus en plus la forme de la cancel culture. »

Le pape a évoqué ce problème dans son long discours de début d’année devant le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le 10 janvier 2022, dans la Salle des Bénédictions.

Le pape explique qu’« au nom de la protection de la diversité, on finit par effacer le sens de toute identité, avec le risque de faire taire les positions qui défendent une idée respectueuse et équilibrée des différentes sensibilités ». Aujourd’hui, poursuit-il, « on assiste à l’élaboration d’une pensée unique – dangereuse – contrainte de nier l’histoire, ou pire encore, à la réécrire sur la base de catégories contemporaines, alors que toute situation historique doit être interprétée selon l’herméneutique de l’époque et non selon l’herméneutique actuelle ».

Le pape souligne que « le manque d’efficacité de nombreuses organisations internationales » est « dû à la vision différente qu’ont les différents membres des objectifs qu’ils devraient se fixer ». Souvent, « le centre d’intérêt se déplace vers des questions qui, par nature, sont clivantes et ne sont pas strictement liées à l’objectif de l’organisation ».

La « conséquence » de cette démarche est l’apparition « des agendas de plus en plus dictés par un mode de pensée qui nie les fondements naturels de l’humanité et les racines culturelles qui constituent l’identité de nombreux peuples ».

Dans son discours, le pape François invite à « retrouver le sens de notre identité commune en tant qu’unique famille humaine ».

Éducation: c’est « le premier vecteur du développement humain intégral », affirme le pape

IMAGE / Vœux Au Corps Diplomatique, Salle Des Bénédictions, 10 Janvier 2022, © Vatican Media

Discours devant le corps diplomatique

JANVIER 10, 2022 18:38 MARINA DROUJININAPAPE FRANÇOIS

L’éducation est « le premier vecteur du développement humain intégral parce qu’elle rend la personne libre et responsable », souligne le pape François rappelant aussi que « le processus éducatif » est « une expression éminente du dialogue ».

Dans son discours prononcé devant le corps diplomatique ce lundi 10 janvier 2022, le pape met en évidence les éléments qu’il considère « essentiels pour favoriser une culture du dialogue et de la fraternité » : l’éducation et le travail.

L’éducation occupe « une place particulière », affirme le pape : grâce à l’éducation « se forment les nouvelles générations, qui sont l’espérance et l’avenir du monde ». L’éducation « génère … la culture et construit des ponts de rencontre entre les peuples ».

Le pape François rappelle que l’Église « a toujours reconnu et valorisé le rôle de l’éducation dans la croissance spirituelle, morale et sociale des nouvelles générations ». Il dit que c’est « d’autant plus » « une cause de douleur » pour lui « de constater que dans divers milieux éducatifs … des abus sur mineurs ont eu lieu, avec de graves conséquences psychologiques et spirituelles pour les personnes qui les ont subis ». Le pape souligne qu’« il s’agit de crimes sur lesquels il faut avoir la ferme volonté de faire la lumière en examinant les cas individuels, afin d’établir les responsabilités, de rendre justice aux victimes et d’empêcher que de telles atrocités ne se reproduisent à l’avenir ».

Le pape soulève également la question de la dépendance des jeunes de « réalités virtuelles », surtout à l’époque de la pandémie qui « a empêché de nombreux jeunes d’accéder aux établissements éducatifs ». « Nombreux sont ceux » qui « ont trouvé refuge dans des réalités virtuelles qui créent des liens psychologiques et émotionnels très forts », dit le pape. Sans « nier » « l’utilité de la technologie et de ses produits », le pape souhaite « rappeler l’urgence de veiller à ce que ces outils ne remplacent pas les véritables relations humaines, au niveau interpersonnel, familial, social et international ». Il met en garde rappelant que « si l’on apprend à s’isoler dès le plus jeune âge, il sera plus difficile à l’avenir de construire des ponts de fraternité et de paix ».

Travail : « facteur indispensable pour construire et préserver la paix »

Le travail est « le deuxième élément » essentiel « pour favoriser une culture du dialogue et de la fraternité », affirme le pape. C’est un « facteur indispensable pour construire et préserver la paix ».

Le pape rappelle « combien la pandémie a mis à rude épreuve l’économie mondiale, avec de graves répercussions sur les familles et les travailleurs ». « Elle a mis encore plus en évidence les inégalités persistantes dans divers domaines socio-économiques », souligne le pape.

Dans le contexte actuel, estime-t-il, « la prise de conscience de la valeur du travail revêt une importance accrue, car il n’existe pas de développement économique sans travail ». Le pape François souligne « la valeur » du « travail humain » qui est « aussi une occasion de découverte de sa propre dignité, de rencontre et de croissance humaine ».

Le travail est également « un moyen privilégié par lequel chacun participe activement au bien commun et apporte une contribution concrète à la construction de la paix ».

Le pape appelle à « renforcer la coopération entre tous les acteurs au niveau local, national, régional et mondial, surtout dans les temps à venir ». « Les années à venir », explique-t-il, seront l’occasion « de faciliter l’accès à un travail digne et d’œuvrer au respect des droits humains et à des niveaux adéquats de rémunération et de protection sociale ».

Les Québécois bravent le froid et la neige pour assister à la messe

Privés de messe au Québec en raison de la hausse des contaminations liées au variant Omicron, les fidèles et les prêtres s’organisent. Au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, ils étaient plus de 100 ce dimanche à braver le vent et la neige pour suivre l’office en extérieur.

Agnès Pinard Legry – publié le 10/01/22 – mis à jour le 10/01/22

Ni la neige ni le froid n’auront eu raison de la détermination des Québécois à assister à la messe. Dimanche 9 janvier, ils étaient près de 120 fidèles rassemblés sur le parvis du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, au Québec, afin de suivre la messe. Un chiffre qui ne tient pas compte des autres paroissiens présents… mais dans leurs voitures ! La paroisse père le père Frédéric et le père Gilles Roberge sont à l’origine de cette belle initiative. « Nous sommes heureux d’avoir pu vivre cette belle célébration ensemble », s’est-il réjoui sur Facebook en partageant quelques clichés de ce moment de communion hivernale.

Afin de tenter d’enrayer la recrudescence des contaminations liées au variant Omicron, le Québec a annoncé une série de mesures restrictives qui sont entrées en vigueur le 31 décembre et pour une durée indéterminée. Parmi elles se trouve la fermeture des lieux de culte, dont les églises, sauf pour y célébrer des funérailles à 25 personnes. S’ils se tiennent en extérieur et dans le respect des mesures sanitaires, les offices peuvent être célébrés en extérieur.

«Blesser une femme, c’est outrager Dieu» (Pape François)

Après avoir délégué cette charge l’an dernier au cardinal-Secrétaire d’État Pietro Parolin, le Pape François a cette année présidé en personne la messe de la Solennité de Marie Mère de Dieu, célébrée chaque 1er janvier en la basilique Saint-Pierre, et marquant aussi la Journée mondiale de la Paix. Environ 2000 personnes ont pu assister à cette première célébration de l’année 2022. Dans son homélie, François a invité à s’inspirer de l’attitude de Marie lors de la naissance de Jésus.

Cyprien Viet – Cité du Vatican

«Pensons au trouble de la Mère de Dieu», qui a dû supporter «le scandale de la mangeoire», a demandé le Pape, invitant chacun à se mettre dans la psychologie de Marie lorsqu’elle a donné naissance à Jésus dans des conditions si éprouvantes. «Qu’y a-t-il de plus dur pour une mère que de voir son enfant souffrir de pauvreté? Il y a de quoi se sentir découragé. On ne pourrait pas reprocher à Marie de se plaindre de toute cette désolation inattendue. Mais elle ne se décourage pas. Elle ne s’épanche pas mais garde le silence. Elle choisit une attitude autre que la plainte», comme le montre ce passage de l’Évangile de Luc: «Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur».

Alors que les bergers et les autres visiteurs manifestent enthousiasme et étonnement, «Marie, par contre, semble pensive. Elle conserve et médite dans son cœur», ce qui marque l’expression d’une «foi mûre, adulte. D’une foi qui ne vient pas de naître, mais qui est devenue génératrice. Parce que la fécondité spirituelle passe par l’épreuve», a expliqué le Pape.

Apprendre à méditer sans se décourager

«Apprenons de la Mère de Dieu cette attitude : conserver en méditant. Parce qu’il nous arrive aussi de devoir vivre certains “scandales de la mangeoire”», quand certaines épreuves surviennent et que vient la tentation du découragement. La souffrance «est le chemin étroit pour arriver au but, la croix sans laquelle on ne ressuscite pas. C’est comme un enfantement douloureux qui donne vie à une foi plus mûre.»

Pour une vie lucide et pleine, toutes les épreuves doivent être intégrées, et non pas esquivées. «Marie conserve, c’est-à-dire qu’elle ne disperse pas. Elle ne rejette pas ce qui arrive. Elle conserve chaque chose dans son cœur, tout ce qu’elle a vu et entendu», y compris les choses difficiles, comme le «danger encouru d’être tombée enceinte avant le mariage», et «maintenant l’angoisse désolante de l’étable où elle a enfanté». Marie «accueille, elle ne cherche pas à camoufler, à falsifier la vie».

Et en méditant, elle «lie les choses belles et les mauvaises; elle ne les sépare pas, mais elle les unit. Et ainsi elle en saisit le plein sens, la perspective de Dieu». Et elle a gardé cette attitude jusqu’à la mort de son Fils sur le calvaire, a remarqué le Pape en sortant de son texte. Aujourd’hui aussi, dans le soin apporté à leurs enfants, de nombreuses femmes «réussissent ainsi à transformer les adversités en opportunités de renaissance et de croissance. Elles le font parce qu’elles savent conserver, elles savent maintenir ensemble les fils de la vie. Nous avons besoin de personnes capables de tisser des fils de communion, pour contrer les trop nombreux fils barbelés des divisions», a insisté François.

Prendre modèle sur l’attitude des femmes

«Les mères, les femmes regardent le monde non pour l’exploiter, mais pour qu’il ait la vie: en regardant avec le cœur, elles réussissent à tenir ensemble les rêves et le concret, en évitant les dérives du pragmatisme aseptisé et de l’abstraction. Et pendant que les mères donnent la vie et que les femmes gardent le monde, faisons tous en sorte de promouvoir les mères et de protéger les femmes», a insisté François en insistant sur la féminité et la maternité comme dimensions constitutives de l’Église elle-même. Il a aussi lancé un nouvel appel contre la violence. «Que de violence il y a à l’égard des femmes ! Assez! Blesser une femme, c’est outrager Dieu qui, d’une femme, a pris l’humanité», a martelé le Pape.

«Au début de la nouvelle année, mettons-nous sous la protection de cette femme, la Mère de Dieu qui est notre mère. Qu’elle nous aide à conserver et à méditer toute chose, sans craindre les épreuves, dans la joyeuse certitude que le Seigneur est fidèle et qu’il sait transformer les croix en résurrections», a conclu François, en invitant l’assemblée à invoquer à trois reprises la «Sainte Mère de Dieu», selon la tradition du Peuple de Dieu à Éphèse.

Parmi les concélébrants à l’autel figurait le cardinal canadien Michael Czerny, qui prend aujourd’hui ses fonctions de préfet ad interim du Dicastère pour le Service du Développement intégral.

Nos SAGES et les MAGES

 Dimanche 2 janvier 2022, deuxième  dimanche après NOÊL,était célébrée,en l’église Saint-Jacques de Moutiers les Mauxfaits,la Fête de l’Épiphanie signifiant « adoration des Mages »

          Cette fête célèbre la visite des « trois Mages venus d’Orient », venant rendre Hommage à Jésus Fils de Dieu  né  et disposé dans la mangeoire d’une modeste étable de Nazareth.

          Près  de Lui, veillent  sa Sainte Mère, Marie et Joseph. L’enfant Jésus est  réchauffé par l’âne et le bœuf . La scène est de tous temps  reconstituée ainsi, dans nos églises catholiques , nos foyers, souvent les vitrines commerciales et même dans les lieux administratifs… 

           Cette reconstitution de la crèche existe depuis1223, date à laquelle Saint-Francois d’Assise  organisa une scène vivante avant de célébrer la messe. Cette initiative Instaurée en Italie  fut rapidement reprise dans l’Europe entière, dont la France. Depuis le XIII siècle, on peut donc voir les trois Rois Mages (des scientifiques sans doute originaires de Perse ) s’approcher du modeste lieu de Naissance  de l’enfant Jésus fils de Dieu, guidés par UNE étoile et au long de leur route, par les Bergers.

Il s’agit de  Gaspard, le plus jeune,  Melchior et Balthazar. Ils viennent Le visiter et Lui offrir leurs cadeaux : l’encens, (hommage à la divinité). l’Or,( signifiant Royauté du Christ ) la  MYRRHE (évocation de la mort du fils).

Afin d’évoquer cet  heureux événement annuel, qui prend place traditionnellement place le 6 Janvier, on dispose  trois statues représentant les trois Mages, se dirigeant vers la Crèche.

Ce dimanche 2 janvier, nous a offert une célébration de l’ eucharistie  très émouvante : nous avons découvert les trois MAGES au pied de l’autel, en route vers la Crèche( créée par les bénévoles de la paroisse).

Le parallèle fait avec les célébrants a été trop marquant, pour qu’on n’ait pas envie de l’évoquer : en effet la messe a été concélébrée par TROIS prêtres que l’on pourrait nommer les SAGES.

Il s’agissait, (de gauche à droite sur la photo), Père Robert MARTINEAU, Père Guy DEMONCHY, et Père René JARION.

Tous trois  sont en retraite, mais disponibles pour certains services. ( Père Guy Demonchy a d’ailleurs bien précisé qu’il célèbre tous les jours la messe à La TRANCHE sur Mer, à 11H.)

SAINTE et HEUREUSE ANNEE 2022 a nos Sages ! et à vous tous.

Bernadette Matthijsse

Le Pape espère un «nouveau printemps missionnaire» dans l’Église

En cette solennité de l’Épiphanie, jeudi 6 janvier, a été rendu public le message du Pape François pour la Journée missionnaire mondiale, qui sera célébrée en octobre prochain. Le Souverain pontife revient sur les fondements de la vie et de la mission des disciples, sur lesquels s’appuyer aujourd’hui encore pour poursuivre l’annonce de l’Évangile. L’année 2022 marquera l’anniversaire de plusieurs organismes ecclésiaux liés aux missions.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

C’est autour d’un verset des actes des Apôtres que s’articule le message du Pape François pour cette édition 2022 de la Journée missionnaire mondiale: « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre» (Ac 1, 8). Le Saint-Père retient trois expressions fondamentales, correspondant à l’attitude intérieure et extérieure de tout disciple du Christ.

Témoigner en paroles et en actes

Témoigner en paroles et en actes

«Vous serez mes témoins»: François insiste d’abord sur le fait que «tout chrétien est appelé à être un missionnaire et un témoin du Christ». Ainsi, «l’identité de l’Église est d’évangéliser». L’évangélisation n’est pas un acte individuel ni individualiste. «La forme plurielle souligne le caractère communautaire-ecclésial de l’appel missionnaire des disciples». Tout missionnaire agit toujours en communion avec l’Église qui l’a envoyé. «D’où l’importance essentielle de la présence d’une communauté, même petite, dans la réalisation de la mission», rappelle le Saint-Père.

Le témoin de Jésus Christ doit également faire preuve de cohérence avec ce qu’il annonce, en vivant sa «vie personnelle dans une optique de mission». Tout son être doit signifier la vie, la passion, la mort et la résurrection du Fils «par amour du Père et de l’humanité». «Le témoignage de la vie évangélique des chrétiens est fondamental», souligne le Pape.

Élargir l’horizon de l’annonce de la Bonne Nouvelle

“L’exemple de la vie chrétienne et l’annonce du Christ vont ensemble dans l’évangélisation. L’un sert l’autre. Ce sont les deux poumons avec lesquels toute communauté doit respirer pour être missionnaire.”

Élargir l’horizon de l’annonce de la Bonne Nouvelle

«Jusqu’aux extrémités de la terre»: tel est le deuxième pilier de la mission évoqué par le Souverain pontife. Dans cette partie du message, François rend hommage aux chrétiens contraints de fuir leur terre pour un autre pays. «Nous sommes reconnaissants envers ces frères et sœurs qui ne s’enferment pas dans leur souffrance, mais témoignent du Christ et de l’amour de Dieu dans les pays qui les accueillent», écrit-il, invitant à «ne pas négliger» la pastorale des migrants.

Le Successeur de Pierre redit également l’importance d’une Église «toujours “en sortie” vers de nouveaux horizons géographiques, sociaux et existentiels, vers des lieux et des situations humaines “limites”, afin de témoigner du Christ et de son amour à tous les hommes et toutes les femmes de tout peuple, de toute culture et de tout statut social».

Demeurer relié à la «source divine»

Demeurer relié à la «source divine»

«Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous»: le Pape revient dans une troisième partie sur le rôle essentiel de l’Esprit Saint, affirmant qu’«aucun chrétien ne peut rendre un témoignage complet et authentique au Christ Seigneur sans l’inspiration et l’aide de l’Esprit». Il est le «véritable protagoniste de la mission», insiste François, encourageant à prier l’Esprit Saint dans les moments d’abattement et de tribulation. En lui se trouve la «source divine inépuisable des énergies nouvelles et de la joie de partager la vie du Christ avec les autres».

Cinq anniversaires et des encouragements pour l’avenir

Cinq anniversaires et des encouragements pour l’avenir

À la fin de ce message, le Souverain pontife mentionne plusieurs anniversaires missionnaires qui jalonneront l’année 2022. D’abord les 400 ans de l’institution de la Sacrée Congrégation de Propaganda Fide – aujourd’hui Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples, dont le préfet est le cardinal Luis Antonio Tagle. «Nous espérons que, comme au cours des quatre siècles passés, la Congrégation, avec la lumière et la force de l’Esprit, poursuivra et intensifiera son travail de coordination, d’organisation et d’animation des activités missionnaires de l’Église», écrit François en guise de vœux.

Ensuite les 200 ans de la fondation de l’œuvre pour la Propagation de la Foi – aujourd’hui Œuvres Pontificales Missionnaires -, par la française Pauline Jaricot, qui sera d’ailleurs prochainement béatifiée. Cette œuvre est à l’origine de la Journée Mondiale des Missions, et sa reconnaissance pontificale a eu lieu il y a 100 ans.

Centenaire de la reconnaissance pontificale également pour l’Œuvre de la Sainte enfance et l’Œuvre de Saint Pierre Apôtre, fondées respectivement par l’évêque français Charles de Forbin-Janson et madame Jeanne Bigard. La première a pour but de promouvoir la mission parmi les enfants, la seconde de soutenir les séminaristes et les prêtres en terre de mission.

Enfin, le Pape signale les 150 ans de l’Union Pontificale Missionnaire, instaurée par le bienheureux Paolo Mana pour sensibiliser et encourager à la mission les prêtres, les religieux et religieuses et tout le peuple de Dieu.

Reconnaissant devant le nombre et la fécondité de ces organismes ecclésiaux, François formule «le rêve d’une Église entièrement missionnaire et d’un nouveau printemps missionnaire des communautés chrétiennes». Il souhaite aussi à l’ensemble des fidèles d’être «ce que nous sommes déjà en vertu de notre baptême : des prophètes, des témoins, des missionnaires du Seigneur! Avec la puissance de l’Esprit Saint, et jusqu’aux extrémités de la terre. O Marie, Reine des Missions, priez pour nous !», conclut le Saint-Père.


Dix missionnaires français béatifiés au Laos, dont un vendéen

Le dimanche 11 décembre 2016, 17 martyrs du Laos, morts pour la foi entre 1954 et 1970, ont été béatifiés ensemble à Vientiane, la capitale de ce pays indépendant depuis 1953. Parmi eux, figurent dix Français dont quatre membres des Missions étrangères de Paris (MEP) et six oblats de Marie Immaculée (OMI).

P Noël TENAUD

Parmi ces 17 martyrs du XXe siècle, figurent dix Français. Le P. Noël Tenaud (MEP, originaire de Rocheservière 85) fut arrêté à Phalane, avec son fidèle catéchiste thaïlandais Joseph Outhay ; tous deux furent exécutés le 27 avril 1961. Le P. René Dubroux (MEP), né en 1914 à Haroué (Meurthe-et-Moselle), a été assassiné le 19 décembre 1959 à Palay. Les P. Marcel Denis (1919-1961) et Lucien Galan (1921-1968) étaient également membres des MEP.

Le baptême du Seigneur

Le baptême de Jésus, célébré le dimanche qui suit l’Épiphanie, est un des événements de la vie de Jésus les plus assurés historiquement. Les quatre évangélistes le mentionnent.

C’est la première manifestation publique du Christ. Lors de sa naissance à Bethléem, il n’avait été révélé qu’à quelques privilégiés. Aujourd’hui, tous ceux qui entourent le Baptiste, c’est-à-dire ses disciples et la foule venue aux bords du Jourdain, sont témoins d’une manifestation plus solennelle, que Jean soulignera d’ailleurs lui-même.

Elle comporte deux aspects : l’aspect d’humilité représenté par le baptême auquel le Seigneur se soumet. L’aspect de gloire représenté par le témoignage humain que lui rend Jean le Baptiste et le témoignage divin que le Père et l’Esprit rendent au Fils, la garantie que cet homme appartient bien à la Trinité divine.

Ces deux aspects sont à retenir dans l’histoire des hommes comme dans la vie intérieure et spirituelle de chaque homme. Les séparer, c’est commettre une erreur. Nous ne pouvons pas nous approcher du Christ glorifié sans nous approcher en même temps du Christ humilié, ni nous approcher du Christ humilié sans nous approcher du Christ glorifié.

Nous ne pouvons approcher et accueillir les hommes nos frères qu’en acceptant leur humble condition, leurs misères, leurs limites et, dans le même temps, de voir en eux des fils de Dieu, bien-aimés par le Père, appelés à partager la gloire du Royaume.

La grâce du baptême

Étant la plénitude de notre humanité, Jésus, en recevant le baptême johannique a fait plus qu’approuver et confirmer un rite. Il l’a transformé en consumant en Lui l’imparfait par le parfait. Lui qui était sans péché, il s’est fait porteur de nos péchés et c’est au nom de nous tous qu’il a fait ce geste public de repentance, nous enseignant dans le même temps la nécessité de la conversion et de la pénitence.

En évoquant cet événement de la vie du Christ, nous devons dépasser l’horizon du baptême johannique pour nous rappeler que nous avons été baptisés en Christ. Cette grâce baptismale que nous avons reçue, inconscients, dans notre enfance, nous avons à la confirmer chaque jour par un libre choix. L’Épiphanie est non seulement la fête du Baptême du Christ, elle est celle de notre baptême dont nous avons à raviver la grâce qu’il nous a conférée.

Saint Matthieu rappelle la mission de Jésus, le Messie, telle que le prophète Isaïe l’avait annoncée : »Pour ceux qui se trouvaient dans le sombre pays de la mort, une lumière s’est levée. » (Matthieu 12. 16) L’ancienne tradition grecque appelait d’ailleurs l’Epiphanie « la fête des lumières. » Elle nous apporte en effet non seulement une grâce de purification pas la repentance à laquelle nous sommes appelés par Jean-Baptiste et à laquelle Jésus nous invite par son exemple. Elle nous apporte une grâce d’illumination. La liturgie nous le signifie. C’est dans la lumière pascale qu’est donné le baptême, après l’éclipse du Vendredi Saint et la nuit du tombeau.

A nous de vivre cette lumière intérieure dans une absolue fidélité, sans laquelle la vie spirituelle ne serait qu’illusion ou mensonge, sans laquelle tout témoignage auprès de nos frères serait vain. Comme le Christ, nous sommes « lumière du monde » (Matthieu 5. 14) « Devenons fils de lumière » (Jean 12. 36) « Vivons en fils de lumière » (Ephésiens 5. 8)

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