le pape François a accepté la démission Mgr Michel Aupetit Voici le message de Mgr Aupetit

Alors que le pape François a accepté la démission Mgr Michel Aupetit ce jeudi 2 décembre, l’archevêque de Paris a adressé un message aux fidèles de son diocèse.

La rédaction d’Aleteia – publié le 02/12/21 – mis à jour le 02/12/21

Le pape François a accepté la démission de Mgr Michel Aupetit ce jeudi 2 décembre. L’archevêque de Paris avait remis sa charge « entre les mains du Saint-Père » la semaine dernière après des révélations parues dans la presse sur sa gouvernance et sa vie privée. Mgr Georges Pontier, archevêque émérite de Marseille, est nommé administrateur apostolique de Paris. Voici le message adressé par Mgr Aupetit aux fidèles de son diocèse après avoir pris connaissance de la décision du souverain pontife.

« Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris.
Que le Nom du Seigneur soit béni ! »
Cette phrase de Job m’habite, au moment où je reçois cette acceptation de la remise de ma charge de la part du Saint Père. Les événements douloureux de la semaine passée, sur lesquels je me suis déjà exprimé, m’avaient amené à remettre ma mission dans les mains du Pape François pour préserver le diocèse de la division que provoquent toujours la suspicion et la perte de confiance.
J’ai reçu cette lourde charge du diocèse de Paris en essayant de m’en acquitter avec ferveur et dévouement. Je rends grâce à Dieu, qui m’a fait depuis toujours le don d’un regard bienveillant sur mes semblables et d’amour des personnes, qui m’avait conduit dans un premier temps à l’exercice de la médecine. Prendre soin est quelque chose de profondément ancré en moi et les difficultés relationnelles entre les hommes ne l’entament pas.

Je suis heureux d’avoir servi ce diocèse avec des équipes magnifiques, clercs, laïcs, consacrés, totalement dévoués au service du Christ, de l’Église et de leurs frères. Il y a trop de personnes à remercier pour que j’en fasse une liste exhaustive.
Le jour de mon entrée au séminaire, j’ignorais totalement où cela allait m’entraîner, mais la confiance en Jésus-Christ qui m’habitait alors, continue de me rendre totalement disponible, pour le suivre où il voudra.
J’ai, bien sûr, été fortement troublé par les attaques dont j’ai été l’objet. Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu d’avoir le cœur profondément en paix. Je remercie les très nombreuses personnes qui m’ont manifesté leur confiance et leur affection depuis ces huit jours. Je prie pour ceux qui, peut-être, m’ont souhaité du mal comme le Christ nous a appris à le faire, lui qui nous aide bien au-delà de nos pauvres forces. Je demande pardon à ceux que j’aurais pu blesser et vous assure tous de mon amitié profonde et de ma prière, qui vous seront toujours acquises.
Le diocèse de Paris est habité d’un profond dynamisme. Il est en route pour une nouvelle façon de vivre la fraternité à partir de notre baptême commun, dans une synodalité sans posture entre les différents états de vie. J’ai une totale confiance dans ce qui a été initié avec les vicaires généraux et les différents conseils qui m’entourent. Cet élan ne retombera pas et je demande à tous d’œuvrer pour que s’accomplisse, dans le souffle du Saint Esprit, ce qui a été commencé.
Je vous reste totalement uni et marche avec vous vers l’accomplissement du Salut.
Je ne peux que redire le message de ma toute première homélie : « Ne regardez pas l’archevêque, regardez le Christ ! ».
Michel Aupetit

Recommander de ne plus utiliser le mot « Noël » ? Le Vatican s’inquiète

« Effacer Noël n’est pas la façon de lutter contre la discrimination », affirme le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, réagissant à la sortie d’un document interne de la Commission européenne qui invite à ne pas utiliser certains termes, dont « Noël ».

aleteia.org I.Media – publié le 30/11/21 – mis à jour le 30/11/21

Un document commandé par Helena Dalli, commissaire européenne à l’Égalité, suggère de privilégier en interne, au nom de l’inclusivité, certaines expressions. Selon le document – dont le média italien Il Giornale s’est fait l’écho -, il serait ainsi préférable d’utiliser les termes « période de vacances » à ceux de « période de Noël ». De même, il faudrait éviter lors d’une réunion d’employer les mots “Mesdames et Messieurs” pour préférer une formule neutre : “Chers collègues”. Ces révélations ont suscité une vive réaction du côté du Vatican. Le secrétaire d’État du Saint-Siège a signifié sa désapprobation dans une courte vidéo diffusée en italien sur le portail Vatican News.

Reconnaissant d’abord que le « souci d’effacer toute discrimination est juste », le cardinal Pietro Parolin a déploré la méthode employée par la Commission européenne pour y parvenir : « Effacer Noël n’est pas la façon de lutter contre la discrimination », affirme-t-il. Pour le haut prélat italien, ces préconisations effacent les différences et tendent vers l’uniformisation. Plus encore, elles vont selon lui à l’encontre de la réalité.

« Puis il y a l’annulation de nos racines, notamment en ce qui concerne les fêtes chrétiennes, la dimension chrétienne de notre Europe », a-t-il ajouté. Pour lui, cette tendance qui détruit la différence et les racines signifie au final « détruire la personne  ».  

La commissaire européenne va revoir sa copie

Sur son compte Twitter, la commissaire Helena Dalli a tenu à réagir aux « inquiétudes » concernant ses “Lignes directrices sur la communion inclusive” en fin de matinée. Elle a promis de les examiner et de mettre à jour son document prochainement. 

Un texte de l’Académie catholique critique la méthodologie du rapport Sauvé

 Huit membres de l’Académie catholique ont dénoncé la « méthodologie défaillante », les « carences sérieuses » et les recommandations « discutables » de la commission sur la pédocriminalité dans l’Eglise (Ciase), ce dont s’est défendu son président Jean-Marc Sauvé.

Publié début octobre, le rapport de la commission a causé une onde de choc dans l’institution en estimant à 330.000 le nombre de personnes de plus de 18 ans ayant fait l’objet de violences sexuelles depuis 1950, quand elles étaient mineures, de la part de clercs, de religieux ou de personnes en lien avec l’Église

Solidaires des victimes quand même

Plus d’un mois après, huit des quelque 200 à 250 membres de cette Académie, qui réunit des intellectuels catholiques, ont remis en cause ces conclusions dans un texte de 15 pages révélé par La Croix. Parmi les signataires figurent le président de l’Académie Hugues Portelli, professeur émérite à l’université Paris-II, Philippe Capelle-Dumont, professeur de théologie à l’université de Strasbourg, ou encore le philosophe Pierre Manent.

Les auteurs précisent que leur texte n’engage pas l’Académie – dont Jean-Marc Sauvé est membre – et qu’ils « entendent être solidaires des victimes ». Ils dénoncent d’abord la « méthodologie défaillante et contradictoire » de la Ciase, en particulier le chiffre de 330.000 victimes, issu d’un sondage Ifop et exploité par une équipe de l’Inserm. Il existe à leurs yeux « un gouffre entre cette estimation » et les autres chiffrages obtenus (2.738 avec l’appel à témoignages, et 4.832 à 27.803 via le travail sur les archives).

Des chiffres et des peut-être

« La fonction d’un tel chiffre est de clore la discussion », regrettent les signataires, jugeant que « l’esprit qui préside à l’analyse des causes et à la formulation des recommandations semble a priori idéologique ». Le rapport de la Ciase présente en outre des « carences sérieuses dans les domaines théologiques, philosophique et juridique », ajoutent-ils. Les signataires regrettent par exemple, que le rapport ne mentionne que les évangiles « et semble ignorer les autres textes canoniques du Nouveau Testament ».

Selon eux, les 45 recommandations sont « discutables dès lors que leurs prémisses le sont ». Formulées par une « Commission sans autorité ecclésiale ni civile », elles « ne peuvent être qu’indicatives pour guider l’action de l’Eglise et de ses fidèles. Certaines pourraient s’avérer ruineuses pour l’Eglise », mettent-ils en garde. De manière générale, « c’est à l’Eglise seule (…) qu’il revient d’entreprendre librement (…) les réformes nécessaires », disent-ils.

« Mises en cause aussi graves qu’indigentes »

Jean-Marc Sauvé a jugé ces « mises en cause aussi graves qu’indigentes ». Aucune « n’est de nature à remettre en cause nos analyses ». « Je répondrai de manière circonstanciée à toutes (ces) allégations », a-t-il promis, en invitant l’Académie catholique « à mener une étude scientifique avec toutes les garanties scientifiques nécessaires, sur les violences sexuelles dans l’Eglise catholique, comme dans notre société, de telle sorte qu’elle puisse étayer ou non ses soupçons ».

« Je suis prêt à tout moment à débattre publiquement avec Hugues Portelli », a-t-il encore dit. Selon lui, « il ne suffit pas d’insinuer et de dénigrer ou encore de dénoncer de graves biais ou manquements déontologiques et méthodologiques. Il faut de la clarté (…) du débat contradictoire et, pour nos détracteurs, des preuves, ce qui implique de leur part un indispensable travail qui, en réalité, n’a pas vraiment commencé. »

Née en 2008, l’Académie catholique de France réunit des intellectuels catholiques notamment pour « faire avancer la réflexion sur des thèmes choisis, d’actualité intellectuelle ou sociale ».

L’article est tiré du journal 20 minutes