« Toute une génération va désormais se battre pour la libéralisation de la messe »

Cinq mois après la publication du motu proprio Traditionis custodes encadrant la messe tridentine, le Vatican a publié, samedi 18 décembre, une « responsa ad dubia » insistant sur une lecture stricte du texte. « Il est difficile de ne pas voir dans cette suppression un dessein purement idéologique », explique à Aleteia l’historien et spécialiste du Vatican, Christophe Dickès

Christophe Dickès – publié le 30/12/21

L’incompréhension ne retombe pas après la publication, samedi 18 décembre, d’une « responsa ad dubia« . Ce document, répondant à des questions sur le motu proprio Traditionis custodes visant à encadrer la messe dite de saint Pie V et qui insiste sur une lecture stricte du motu proprio a profondément troublé les catholiques attachés à la messe tridentine. « Vous avez beau le prendre dans tous les sens, le pontificat actuel vient de supprimer les acquis d’un travail bienveillant et patient de trente années des deux papes Jean Paul II et Benoît XVI », détaille à Aleteia l’historien et spécialiste du Vatican, Christophe Dickès.

Aleteia : Avez-vous été surpris par la publication de cette « responsa ad dubia » quelques jours avant Noël ? Est-ce que cela arrive souvent que des précisions soient apportées après la publication d’un motu proprio ?


Christophe Dickès : Je n’ai pas été surpris dans la forme parce que les textes pontificaux, quand ils sont publiés, ne peuvent prendre en compte la réalité complexe de la vie ecclésiale. Des questions se posent donc au fur et à mesure de leur mise en pratique. Il est naturel que Rome réponde aux doutes ou aux interrogations. Ceux-ci permettent de préciser des points, de corriger ou d’amender. Parfois, Rome choisit de ne pas répondre aux dubia estimant que les textes se suffisent à eux-mêmes : les dubia des quatre cardinaux à propos d’Amoris Laetitia en 2016 est le dernier cas le plus emblématique.

Et dans le fond du texte, quelle a été votre réaction ?
Dans le fond, les réponses de la Congrégation pour le Culte divin affichent clairement la volonté de suppression de l’ancienne forme du rite romain, notamment par la suppression des sacrements (mariage, ordination, confirmation) de l’ancien rite en dehors des paroisses personnelles. Même le Concile de Trente, que l’on croit très dur en matière de discipline, n’a pas été aussi tranchant dans la suppression des formes rituelles. Jusqu’au XIXe siècle, il existait par exemple en France des formes régionales du rite romain

Comme je vous l’expliquais déjà cet été, il est difficile de ne pas voir dans cette suppression un dessein purement idéologique. Vous avez beau le prendre dans tous les sens, le pontificat actuel vient de supprimer les acquis d’un travail bienveillant et patient de trente années des deux papes Jean Paul II et Benoît XVI. Comme certains médias, on peut ainsi se poser la question de savoir si Rome souhaite programmer la mort des communautés traditionalistes.

En quoi s’agit-il d’une suppression des acquis des deux pontificats précédents?
Créée en 1988, le commission Ecclesia Dei avait pour objectif de « faciliter la pleine communion ecclésiale » des personnes (prêtres, séminaristes, communautés religieuses) qui avaient des liens avec Mgr Lefebvre et qui souhaitaient rester unis au successeur de Pierre. Ce document faisait suite à un indult (Qutatuor abhinc annos, 1984) c’est-à-dire une autorisation sur l’usage du missel romain de 1962.

Comme on le sait, ces deux textes ont été complétés et/ou remplacés en 2007 par le Motu proprioSummorum Ponificum de Benoît XVI, qui a créé deux formes du rite romain : une forme ordinaire, celle de la nouvelle messe ; une forme extraordinaire, celle de l’ancienne messe. Benoît XVI, dans une lettre aux évêques indiquait : « L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. » Or, en l’espace de deux ans, entre 2019 et aujourd’hui, le pape François a supprimé l’institution créée par Jean Paul II et a mis un point final à la libéralisation voulue par Benoît XVI. Objectivement, il est difficile de voir une continuité ici mais bien une rupture.

Les questions soulevées et les réponses apportées vous semblent-elles pertinentes ? Je pense notamment pour les diocèses français dont certains ont déjà pris des mesures il y a quelques semaines.
Depuis la publication du motu proprio Traditionis Custodes, et à la suite de différents entretiens entre les évêques et le Pape, on comprenait schématiquement que le pouvoir épiscopal reprenait la main au détriment de l’ancienne commission romaine Ecclesia Dei. Or, les dubia apparaissent pour le coup comme une reprise en main de Rome qui apporte davantage de restrictions.

À cet égard, on peut s’étonner que Rome se lance dans une forme de juridisme : n’est-ce pas le pape François lui-même qui ne cesse de dire qu’il faut privilégier l’esprit à la loi, selon les mots de saint Paul ? On voit d’ailleurs des personnes bien éloignées des milieux traditionalistes s’étonner d’une telle dureté romaine. Je vous renvoie aux propos publics du père Daniel Ange ou encore dernièrement de ceux de Jean-Pierre Denis, ancien patron de l’hebdomadaire La Vie.

Enfin, le problème est que les dubia posent aussi d’autres questions ! J’ai personnellement demandé à des canonistes si les anciennes communautés Ecclesia Dei (Fraternité Saint-Pierre, Institut du Christ Roi, Institut du Bon Pasteur, etc.), qui ont l’usage exclusif de l’ancien rite, étaient concernées par l’interdiction des sacrements. Aujourd’hui, je n’ai pas de réponse claire sur le sujet.

Un tel document comporte-t-il des risques de fracturation de l’Église ?
En adoptant une position stricte, toute une génération qui n’a pas connu la guerre liturgique des années 1960-1970, va désormais se battre pour la libéralisation de la messe, ceci en cas de conflits avec les autorités diocésaines. Chaque communauté va naturellement défendre son pré-carré parce qu’elle voit dans cette décision une profonde injustice. Or, comme l’expliquait dernièrement l’historien Guillaume Cuchet dans son livre Le catholicisme a-t-il encore un avenir en France ?, la transmission de la foi s’opère davantage dans ces communautés de fidèles qu’ailleurs. Ces communautés sont donc vivantes, donnent des vocations, ceci dans un monde ultra-sécularisé et qui ne cesse de se déchristianiser. Ces communautés, loin d’être isolées du monde, se reconnaissent dans les constats du pape Benoît XVI sur les minorités créative

Inévitablement aussi, d’autres retourneront dans la Fraternité Saint Pie X au regard de la considération qu’a suscité leur fidélité au siège romain. Plus grave, des vocations qui ont mûries au sein des communautés traditionalistes vont se retrouver en face d’un véritable choix de vie. C’est ici le plus terrible de cette affaire. Alors que vous avez grandi spirituellement dans un univers, votre avenir va être suspendu à une autorisation romaine et celle-ci pourra, possiblement, vous demander de renier votre propre cheminement dans la Foi et son expression liturgique. Des vocations risquent donc de se perdre ou, à tout le moins, de créer de graves cas de conscience.  

Dit autrement, les deux textes romains des six derniers mois créent une bombe à fragmentation que les évêques vont devoir gérer dans les mois futurs. Personnellement, je pense que l’église, souillée en son âme par les affaires de pédo-criminalités, a d’autres priorités et qu’elle ne peut se permettre le luxe d’une crise de ce genre.

Propos recueillis par Agnès Pinard Legry

En route vers le Synode

L’Iran octroie dix jours de liberté à ses prisonniers chrétiens

Fait aussi rare que surprenant, cette décision vise à permettre aux prisonniers concernés de célébrer “l’anniversaire de la naissance de Jésus-Christ”, rapporte le quotidien Asharq al-Awsat, citant le site officiel du pouvoir judiciaire iranien.


COURRIER INTERNATIONAL – PARIS

La justice iranienne a accordé dimanche 26 décembre aux prisonniers de confession chrétienne dans le pays dix jours de liberté pour passer les vacances en famille, dans un geste rare envers cette communauté minoritaire, rapporte le média panarabe Asharq al-Awsat.

Le chef du système judiciaire iranien, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, a pris cette décision pour “marquer le nouvel an 2022 et l’anniversaire de la naissance de Jésus-Christ”, selon le site officiel du pouvoir judiciaire iranien, Mizan Online, cité par Asharq al-Awsat.

Les autorités judiciaires n’ont pas précisé combien de prisonniers étaient concernés par cette décision ni les dates de ce congé de dix jours dont seront exclus les détenus ayant été condamnés pour atteinte à la sécurité nationale, crime organisé, enlèvements et vols à main armée, précise le quotidien.

Les chrétiens en Iran – principalement des Arméniens qui célèbrent Noël le 6 janvier, jour de l’Épiphanie – ne représentent que 1 % des 83 millions d’habitants du pays, pour la grande majorité des musulmans chiites, indique-t-il.

Selon Asharq al-Awssat, le guide suprême iranien Ali Khamenei accorde souvent l’amnistie aux prisonniers ou réduit leurs peines pour marquer les fêtes musulmanes, mais il est rare que les autorités iraniennes annoncent de telles mesures pour les membres de la minorité chrétienne ou d’autres minorités religieuses.

Autre fait rare concernant les chrétiens du pays cette année, le président iranien Ebrahim Raïssi s’est rendu la veille de Noël à Téhéran au domicile de la famille d’un “martyr” chrétien décédé lors de la guerre Iran-Irak de 1980-1988, rappelle le journal, citant l’agence de presse officielle Irna.

Les sœurs de Mère Teresa bientôt contraintes de quitter l’Inde ?

Le gouvernement indien a refusé de renouveler la licence de financement étranger des missionnaires de la charité, la congrégation fondée par Mère Teresa. Dépendant largement de dons étrangers, elle pourrait être contrainte, dans les prochains mois, de quitter l’Inde.

Agnès Pinard Legry – publié le 28/12/21 – mis à jour le 28/12/21 dans Aleteia

Les missionnaires de la charité vont-elles bientôt devoir quitter l’Inde ? C’est en tout cas ce que laisse craindre la dernière décision du gouvernement indien. Le ministère de l’Intérieur a confirmé, le jour de Noël, qu’il avait refusé de renouveler la licence de financement étranger de la congrégation fondée par Mère Teresa.

Une œuvre qui dépend essentiellement des dons étrangers

« Nous avons été informés que notre demande de renouvellement de la FCRA (Foreign Contribution Regulation Act) n’a pas été approuvée. Par conséquent, […] nous avons demandé à nos centres de ne gérer aucun des comptes sur lesquels se trouvent des financements étrangers jusqu’à ce que le problème soit résolu », a déclaré la supérieure générale de la congrégation, sœur Prema, dans un communiqué le 27 décembre. Cette licence est indispensable en Inde pour recevoir des dons étrangers, d’autant plus que les missionnaires de la charité dépendent largement des dons étrangers pour mener à bien leurs œuvres caritatives.

La congrégation supervise de nombreux projets en Inde tels que des écoles, des cliniques, des hospices, des maisons afin de recueillir les enfants abandonnés. Mais les nationalistes, partisans de la ligne dure hindoue, les accusent depuis longtemps d’utiliser ces projets, ces structures, pour convertir les gens au christianisme. Mi-décembre, dans l’ouest de l’Inde des missionnaires de la Charité ont ainsi été accusées d’avoir violé une loi pénalisant la conversion forcée. Les religieuses s’occupent en effet d’un foyer de jeunes femmes dans la ville d’Ahmedabad. Une plainte a été déposée par des membres d’un comité de protection de l’enfance qui accusent les sœurs de forcer les personnes recueillies à porter des chapelets, prier ou bien manger des aliments non végétariens. Des allégations niées en bloc par la congrégation dont la mission est d’être auprès des plus pauvres.

2% de la population chrétienne

Depuis plusieurs mois le gouvernement du Premier ministre, Narendra Modi, cherche à réduire le financement étranger des organisations caritatives et d’autres ONG basées en Inde. L’année dernière, des restrictions ont conduit au gel de comptes bancaires appartenant à Greenpeace et à Amnesty International. Selon des responsables religieux, la discrimination et les violences contre les minorités religieuses en Inde, où les hindous sont majoritaires, sont en hausse continue depuis l’accession au pouvoir en 2014 du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP) de Narendra Modi. Les deux principales minorités régulièrement persécutées sont les musulmans (qui représentent 14% de la population) et les chrétiens, qui représentent un peu plus de 2%.

Qui sont les missionnaires de la charité ? Le 10 septembre 1946, au cours d’un voyage en train de Calcutta à Darjeeling pour la retraite annuelle de sa communauté, mère Teresa reçoit son « inspiration », ce qu’elle nommera « l’appel dans l’appel ». D’une manière inexplicable, le désir d’étancher la soif d’amour de Jésus devient le moteur de toute sa vie. Au cours des semaines et des mois successifs, à travers des voix et des visions intérieures, elle comprend mieux le message de Jésus : il lui demande de fonder une congrégation religieuse, les Missionnaires de la Charité, vouée au service des plus pauvres. Près de deux ans d’épreuves et de discernement s’écoulent avant qu’elle commence son œuvre. Le 17 août 1948, elle porte pour la première fois le sari blanc à liserés bleus et quitte son couvent de Lorette pour entrer dans le monde des plus pauvres. Deux ans plus tard, le 7 octobre 1950, la congrégation des missionnaires de la charité est créée.

La fuite en Egypte de la Sainte Famille

Alors que l’Ancien Testament contient toute une série d’histoires dramatiques dont le point culminant sont des scènes de fuite, d’exode ou d’expulsion, le Nouveau Testament n’en propose qu’une seule mais qui s’est profondément inscrite dans la conscience historique des chrétiens et est devenue l’un des thèmes les plus populaires de l’art chrétien.

Il est paradoxal que cette histoire – la fuite de la Sainte Famille en Égypte – est rapportée de manière plutôt brève, alors qu’il s’agit de l’un des épisodes clés de la tendre enfance de Jésus-Christ.

L’évangéliste Matthieu raconte qu’à Bethléem, sous le règne du roi Hérode, Marie, femme de Joseph, mit au monde son fils Jésus, conçu de l’Esprit Saint, et que « les mages d’Orient » reconnurent en lui « le roi des Juifs ». Ils vinrent alors l’adorer et lui offrir des présents (Matthieu 1, 18-2, 12).
L’évangéliste poursuit : Les rois mages sont partis et après leur départ, voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; restes-y jusqu’à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode » (Matthieu, 2, 13-15).

Le roi Hérode comprit qu’il avait été trompé et craignant pour son pouvoir, il ordonna de tuer tous les enfants à Bethléem et dans les alentours. Joseph et sa famille restèrent alors en Egypte, jusqu’à ce que l’ange lui ordonnât, après la mort d’Hérode : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et mets-toi en route pour la terre d’Israël » (…) Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, et il entra dans la terre d’Israël. (Matthieu 2, 20-21)

C’est cet épisode tragique que l’évangéliste Matthieu rapporte sous le titre de « Massacre des Innocents » et qui occasionna la fuite en Égypte de la Sainte Famille. Ainsi la Sainte Famille connut-elle l’exode et l’exil dès la toute première enfance du Christ.

L’expression « l’enfant et sa mère », répétée cinq fois par l’évangéliste « évoque l’étroite communion de vie entre Marie et son fils. L’unité inséparable « l’enfant avec Marie sa mère » est le fil conducteur de l’image de Marie en Matthieu . »

Il n’est pas nécessaire d’être un connaisseur en histoire de l’art pour se rendre compte que la majorité des « Fuites en Égypte » telles que nous les connaissons dans l’art européen depuis le haut Moyen Age jusqu’à nos jours, diffère par la diversité des scènes représentées et la richesse de leurs détails, de la description austère de l’évangile de Matthieu. Parmi les apocryphes, les Évangiles de l’enfance, occupent une place importante.

Évangiles Apocryphes***

Le plus célèbre d’entre eux, l’Évangile du Pseudo-Matthieu s’inspire de sources écrites anciennes et décrit avec un sens des détails inhabituel, les conditions et le déroulement du voyage de la Sainte Famille en Égypte. Il fut écrit aux 8e et 9e siècles. Dans ce texte, on lit entre autre (chapitre 20) que le troisième jour, Marie souffrait de la fatigue, de la faim et de la soif. Elle s’assit alors à l’ombre d’un palmier. Mais l’arbre était trop haut pour que Joseph puisse atteindre les fruits, alors le petit Jésus dit : « Arbre, penche-toi et rafraîchis ma mère de tes fruits

A ces mots, le palmier s’inclina jusqu’aux pieds de Marie et ils cueillirent ses fruits, et tous se rafraîchirent. Quand ils eurent cueilli tous les fruits (…), Jésus dit : (…) « Fais jaillir entre tes racines la source qui y est enterrée et que l’eau coule, autant que nous voudrons. » Alors le palmier se souleva et entre ses racines se mit à couler une source d’eau fraîche et pure. Lorsqu’ils virent l’eau, ils furent remplis de joie et burent avec tous les animaux et les hommes présents, et ils remerciaient Dieu.

Dès le 9e siècle, le miracle du palmier et de la source fait partie des motifs iconographiques classiques associés à la fuite en Égypte. Sur les portes de Bonanus à Pise, le palmier semble s’incliner tout seul

C’est toujours l’Évangile du Pseudo-Matthieu (chapitres 22-24) qui relate que les trois d’exilés entrèrent dans le temple de Sotinen où « se trouvaient trois cent soixante-cinq statues que l’on vénérait chaque jour. »

Lorsque Marie entra avec l’enfant dans le temple, toutes les statues tombèrent au sol (…) montrant clairement qu’elles n’étaient rien (…) Lorsqu’on en informa Afrodisis, le souverain de la ville, il vint au temple (…), s’approcha de Marie et rendit hommage à l’enfant qu’elle portait dans ses bras (…) A cet instant, tous les habitants de la ville crurent en Dieu par Jésus-Christ.

APOCRYPHES : Écrits religieux d’origine juive ou chrétienne, proche des récits des Evangiles et fourmillant souvent de détails dont l’authenticité douteuse n’a pas été confirmée. Ils ne figurent donc pas dans le Canon des Ecritures.

« Votre conjoint a besoin de votre sourire », la lettre du Pape aux époux

« Prendre la main de l’autre, quand il est un peu en colère », échanger un « sourire complice ». Dans une lettre aux époux publiée le 26 décembre 2021 à l’occasion de l’année consacrée à la famille, le pape François prodigue des conseils pour que vivre ensemble ne soit pas une « pénitence » mais un « refuge

I.Media – publié le 26/12/21

Pour l’année spéciale « Amoris Laetita » inaugurée le 19 mars 2021 et qui se conclura le 26 juin 2022 par la Xe Rencontre mondiale des familles à Rome, le chef de l’Église catholique appelle celles-ci à un « courage créatif ». « Ne laissez pas un regard triste assombrir vos visages, recommande-t-il. Votre conjoint a besoin de votre sourire. Vos enfants ont besoin de vos regards qui les encouragent. »

Dans ce message écrit sur arrière-fond de la crise sanitaire où les familles ont connu « l’incertitude, la solitude, la perte d’êtres chers », le pontife exhorte les couples à ne pas se laisser décourager. « Que la force de l’amour vous rende capable de vous concentrer plus sur l’autre – votre conjoint, vos enfants – que sur votre propre fatigue », écrit-il.

Dans les différentes situations de la vie, constate encore l’évêque de Rome, l’engagement du mariage implique « le devoir d’abandonner ses inerties, ses certitudes, ses zones de confort ». Mais « vous n’êtes pas seuls ! » assure-t-il, « Dieu vous accompagne ». Et sa présence, ajoute-t-il, permet de « vivre ce qui semble impossible », de « trouver des solutions à bon nombre de vos problèmes ».

Les enfants sont un cadeau

Sous le regard de leurs enfants qui les « observent attentivement », le pontife argentin invite les parents à témoigner « d’un amour fort et crédible », à travers « de petits gestes qui sont plus éloquents que les mots ». « Les enfants sont un cadeau, toujours », affirme-t-il en souhaitant pour eux « une sécurité » qui les aide à avoir confiance « en la certitude de n’être jamais seuls, quoiqu’il arrive ». 

Pour que le foyer familial soit « un lieu d’accueil et de compréhension », de « tendresse et de bonté », le pape François exhorte les époux à ne pas avoir « honte » de s’agenouiller « devant Jésus présent dans l’Eucharistie pour trouver un moment de paix » ou de faire une courte prière ensemble, le soir avant de s’endormir.

« Chercher de l’aide »

la crise sanitaire. Les confinements ont rendu « insupportables » des problèmes conjugaux préexistants, note-t-il. « Ne cessez pas, cependant, de chercher de l’aide pour que les conflits puissent être surmontés d’une manière ou d’une autre et ne causent encore plus de souffrance entre vous et à vos enfants », encourage-t-il, avant d’affirmer que « le pardon guérit toutes les blessures ».

Adressant une pensée spéciale aux fiancés, le pontife les exhorte eux aussi à « ne pas se décourager » et à faire « toujours confiance à la Providence même si vous avez peu de moyens ». Il salue enfin les grands-parents isolés par la pandémie, assurant que la famille ne peut pas se passer de la génération qui représente « la mémoire vivante de l’humanité ».

Enfin, le Souverain pontife donne aux époux la mission « de transformer la société par (leur) présence dans le monde du travail et faire en sorte que les besoins des familles soient pris en compte ».

Lors de l’Angélus qu’il a célébré place Saint-Pierre au jour de la publication de cette lettre, le pape François l’a annoncée comme son « cadeau de Noël » aux époux. Il les a conviés à se préparer spirituellement à la prochaine Rencontre mondiale des familles (22-26 juin 2022), et à la vivre dans leurs diocèses.

Message pour la paix du pape François

Dans son message pour la 55e Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2022, le pape François nous invite à développer trois voies pour une paix durable : le dialogue intergénérationnel, l’éducation et le travail. Lire le message.

Dans le contexte mondial actuel marqué par « le bruit assourdissant des guerres et des conflits » et exacerbé par la pandémie, « entre l’indifférence égoïste et la protestation violente, une option est toujours possible : le dialogue. Le dialogue entre les générations » : telle est l’espérance que le pape François désire communiquer à travers son message pour la 55e Journée mondiale de la paix.

Le message du pape François pour la 55e Journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2022, a été rendu public ce mardi matin 21 décembre 2021. Il est intitulé « Dialogue entre générations, éducation et travail : des outils pour construire une paix stable ». Pour le pape, aujourd’hui encore, « le chemin de la paix, que saint Paul VI a appelé du nouveau nom de développement intégral, reste malheureusement éloigné de la réalité de beaucoup d’hommes et de femmes ».

Le pape François propose trois « voies », éléments indispensables à « l’élaboration d’un pacte social », fondement de tout projet de paix : « le dialogue entre les générations comme base pour la réalisation de projets communs. Deuxièmement, l’éducation en tant que facteur de liberté, de responsabilité et de développement. Enfin, le travail pour une pleine réalisation de la dignité humaine ».

La possibilité de construire ensemble des chemins de paix « ne peut être séparée de l’éducation et du travail qui sont des lieux et des contextes privilégiés pour le dialogue intergénérationnel », écrit encore le pape. L’éducation, explique-t-il, « fournit la grammaire du dialogue entre les générations, et c’est dans l’expérience du travail que des hommes et des femmes de différentes générations se retrouvent à collaborer, à échanger des connaissances, des expériences et des compétences en vue du bien commun ».

Traditionis custodes : l’incompréhension ne retombe pas

La publication samedi 18 décembre par le Vatican d’un document répondant à des questions sur le motu proprio Traditionis custodes restreignant la messe tridentine a suscité une vive incompréhension de la part des milieux traditionalistes mais aussi chez de nombreux fidèles.

Agnès Pinard Legry – publié le 21/12/21 – mis à jour le 21/12/21

Cinq mois après la publication de Traditionis custodes, le motu proprio encadrant strictement l’usage du rite extraordinaire, le Vatican a publié samedi 18 décembre une série de réponses concernant l’application du texte. Formulées par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en réponse à onze « dubia » (objections ou demandes d’éclaircissement formulées par des évêques), elles n’ont pas manqué suscité de l’incompréhension, du désarroi, de la tristesse… et de la colère.

Dans la foulée de la publication du document le cardinal Sarah, ancien préfet pour le culte divin, a publié sur Twitter une simple photo de trois prêtres célébrant la messe sous la forme préconciliaire. Une façon de montrer son attachement au rite extraordinaire.

« La publication des modalités d’application […] nous laisse sans voix », a dénoncé la Voie romaine dans un communiqué. « Au nom de l’unité, de l’amour de l’Église et du sacerdoce blessé de ces nombreux prêtres qui se sont engagés dans la voie qui leur a été ouverte par saint Jean Paul II et par Benoît XVI, nous vous invitons à témoigner massivement de la richesse infinie de cette liturgie indispensable à la vie de l’Église. »

Dans un esprit d’apaisement mais néanmoins clair, le père Pierre Amar a seulement repris les propos de Jean Paul II, « Laissez-les prier », prononcé alors qu’il passant en 1980 devant Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris. Un autre internaute, membre d’une communauté paroissiale qui ne célèbre pas la messe traditionnelle a néanmoins tenu à écrire une courte lettre à son évêque afin de soutenir les fidèles qui pratiquent cette forme liturgique.

D’autres fidèles ont témoigné plus vivement de leur incompréhension. « C’était quoi, déjà, les fameux quatre verbes du Pape ? « Accueillir, protéger, promouvoir, intégrer ». Pour tout le monde, SAUF les tradis », a réagi l’un d’entre eux. « La tyrannie continue », lance une autre. Un autre regrette aussi le moment choisi pour publier ce document, c’est-à-dire une semaine à peine avant Noël, connu pour être une période de paix par excellence. « La charité envers tout le monde, sauf envers les Tradis », s’indigne un autre.

Les douze principaux instituts traditionalistes qui avaient écrit aux évêques le 1er septembre dernier à propos de Traditionis custodes ne se sont pas encore fait entendre. Certainement dans un esprit d’apaisement à l’approche de Noël où l’Église célèbre la naissance du prince de la Paix. Mais le sujet pourrait rapidement revenir avec force au cœur des débats en début d’année prochaine.

Synode 2023: les Églises locales appelées à s’exprimer

 La phase diocésaine du synode sur la synodalité a débuté. Dans le monde entier, fidèles laïcs, clercs et personnes consacrées sont invités à se rassembler en paroisse pour échanger sur la mission de l’Église. Et comme le souhaitent certains, repenser ses modes de gouvernance.

Suivant un article de Vatican News

C’est une première : un synode universel dans les diocèses. Alors que le Pape François lançait les 9 et 10 octobre derniers le parcours synodal sur la synodalité, la première phase de réflexion diocésaine, d’une durée de 6 mois, est inaugurée ce weekend.

Le synode sur la synodalité, annoncé en mai dernier par le Saint-Père, veut inclure tous les fidèles dans une réflexion de fond sur les structures de l’Eglise. Cette phase diocésaine est ainsi une des trois étapes d’un parcours de réflexion de 2 ans, qui s’achèvera au Vatican en octobre 2023.

Interroger les modes de gouvernance de l’Église

Interroger les modes de gouvernance de l’Église

Mgr Raymond Poisson est évêque de Mont Laurier, au Québec. Il le redit à ses paroissiens comme à ses confrères: le synode sur la synodalité est une occasion de mieux «s’écouter pour comprendre comment, dans le monde et dans la vie de tous les jours, les baptisés sont les principaux missionnaires». Car les laïcs sont bien les premiers concernés par ce synode peu habituel.

Cette phase de réflexion diocésaine sera l’occasion pour les catholiques du monde entier de partager librement leurs questions. Et notamment: «Comment donner aux fidèles davantage de place dans la gouvernance de l’Eglise» aujourd’hui, pour leur permettre par exemple «d’avoir accès à des postes de décision?», questionne Mgr Poisson.

L’évêque canadien a d’ores-et-déjà organisé une après-midi de réflexion au sein de son diocèse, sur le thème de la synodalité. Une conférence et des groupes de partage entre paroissiens sont également au programme. «J’aimerais que nous invitions des personnes qui ne sont habituellement pas dans l’Eglise, comme des journalistes, des associations, des élus municipaux… Eux ici auraient surement quelque chose à dire sur l’Eglise», avance-t-il, enthousiaste.

La place des femmes et des jeunes au cœur des réflexions

La place des femmes et des jeunes au cœur des réflexions

Les enjeux pour l’Eglise sont nombreux, et la tâche immense. Car de ce synode, il ne s’agit rien de moins que «d’imaginer un futur différent pour l’Église et pour ses institutions, à la hauteur de la mission qu’elle a reçue», écrit le Secrétariat pour le synode, dans son document préparatoire.

A la veille de cette phase de consultation en diocèse, la théologienne libanaise Souraya Bechealany lance, depuis Beyrouth, un appel aux jeunes et aux femmes à prendre leur place dans le processus de réflexion. «Il ne faut pas attendre que l’institution ou la hiérarchie fasse appel (à nous). Il faut que l’on prenne au sérieux notre baptême et l’appel du Christ et de l’Esprit-Saint», affirme-t-elle. «Une fois que nous cheminerons spirituellement et prendrons notre place dans l’Eglise, les choses viendront d’elles-mêmes

Elle insiste: «Ce que je crois fermement, c’est qu’il doit y avoir une place plus sérieuse accordée aux jeunes et aux femmes», martèle la théologienne, par ailleurs enseignante à l’université Saint-Joseph de Beyrouth. «Je ne dis pas que seulement dans la participation et la communion, mais aussi dans la décision et le leadership. Car si l’Eglise veut être dans la complémentarité, la femme et le jeune doivent y être présents.»

Des questions tout aussi importantes que délicates, qui interrogent la capacité de l’institution à se réformer pour répondre aux attentes de ses fidèles. Un enjeu auquel réfléchit de son côté Mgr Poisson: «Quand on parle de réforme, on parle donc de règles. Or, les règles ou la structure font partie de la vie. Il faut commencer par regarder comment nous vivons, pour voir si ces règles sont bien adaptées. Et par définition, elles ne le sont jamais… car la vie change. Il faut donc mettre les règles à jour.»

Cette phase de réflexion diocésaine se terminera en avril 2022, et laissera place à une phase de consultation continentale puis universelle.

Noël des chrétiens

Noël, les chrétiens du monde entier célèbrent la naissance de Jésus Fils de Dieu. La Nativité de Jésus – Christ a eu lieu il y a plus de 2000 ans à Bethléem. L’Église catholique romaine, les Églises protestantes et les Églises chrétiennes évangéliques célèbrent Noël le 25 décembre du calendrier grégorien, actuel calendrier civil. Cette date marque l’entrée dans l’année liturgique. Les Églises orthodoxes et certaines Églises catholiques de rites orientaux célèbrent le 7 janvier. Si les fêtes de Noël sont aussi des festivités culturelles profanes en particulier en occident, réunissant les familles autour d’un sapin avec distribution des cadeaux, les chrétiens représentent dans une crèche avec des santons la naissance d’un Sauveur, qu’ils célèbrent en se rendant à la Messe

Origines et histoire de la fête de Noël

Aucun texte chrétien ne précisant le jour de la naissance de Jésus-Christ, c’est le pape Libère qui a christianisé en 354 la date du 25 décembre où dans l’Empire romain on célébrait le solstice d’hiver qui coïncidait avec les saturnales ( la fête du Sol Invictus ). Pour les chrétiens, après une période de trois semaines de préparation, ( l’Avent ) la fête de Noël (du latin natalis, « jour de la naissance »,) célèbre la naissance du Christ, le Fils de Dieu. Le récit de la naissance de Jésus, appelée aussi Nativité, est inscrit dans la Bible, dans l’Evangile selon St Luc (2,1-14).

Une jeune femme vierge nommée Marie est fiancée à un homme nommé Joseph. Dans une ville de Galilée appelée Nazareth, elle reçoit la visite de l’ange Gabriel. Celui – ci est le messager de Dieu et lui annonce l’incroyable : elle enfantera le Fils de Dieu. Confiante et disponible, la Vierge Marie acceptera le projet de Dieu et mettra au monde « Jésus », dont le nom signifie « Dieu sauve » en hébreux.

La venue du Messie, le Sauveur attendu, était annoncée par les prophètes. Cependant, le peuple attendait un roi tout-puissant, matériellement riche, détenteur de pouvoir et d’autorité. Or Dieu s’est fait homme, non sous les traits d’un prince, mais sous ceux d’un nouveau-né venu au monde à Bethléem, dans une étable couché dans une mangeoire, comme un être faible et dépendant, né pauvre parmi les pauvres. Les Rois mages eux-même ont reconnus sa Gloire sa puissance dans l’Amour en venant l’adorer, ( la fête de l’Epiphanie). De nombreuses oeuvres artistiques, tableaux, vitraux, statues architectures racontent l’histoire de la Nativité.

Le sens de la fête de Noël

A Noël, les chrétiens célèbrent une Bonne Nouvelle : Dieu s’est fait homme et il a partagé en tout la condition humaine. Les croyants ne fêtent pas seulement l’anniversaire de la naissance de Jésus.  C’est une fête qui célèbre un mystère : le mystère de l’Incarnation (du latin in, « dans », et caro, « chair »)Ils fêtent Dieu qui se donne, aujourd’hui encore, à tous les hommes. Ils croient que Dieu « s’incarne » en l’homme, il prend cette condition d’homme par amour pour lui. Dieu parle d’amour aux hommes, en entrant dans leur histoire humaine. Sous les traits d’un petit enfant nommé « Jésus », le Dieu puissant s’est fait tout petit.

On l’appelle aussi « Emmanuel » qui veut dire « Dieu avec nous ». Dieu a en effet un projet pour l’homme, sa créature. Il le souhaite à son image, dans une Alliance d’Amour. Ainsi, la nature humaine et la nature divine se trouvent unies en Jésus- Christ : il est simultanément « vrai homme et vrai Dieu ».

Mais surtout, Jésus est la Parole de Dieu qui s’est faite homme, ou le Verbe fait Chair, et pas seulement un prophète qui parle au nom de Dieu. Dans le Prologue de saint Jean, « le Verbe » ( en grec, « le Logos ») est ce que Dieu dit, et cette Parole vient prendre vie humaine, en Jésus. Le Verbe était actif dès la création de homme, comme le Souffle de Dieu était présent aussi. Jésus est la « lumière du monde ».

Dans la Foi chrétienne, à Noël, Dieu dit qu’il aime tant le monde qu’il vient se faire proche de chaque homme. Respectant sa liberté individuelle, il ne vient pas s’imposer, en toute discrétion. Il propose à chaque homme de partager sa condition, et de traverser avec lui les étapes de sa vie. Il éclaire l’homme en lui indiquant le chemin à suivre, celui de l’Amour ; si homme écoute sa Parole, s’il apprend à aimer, à pardonner, à accueillir l’autre, à le réconforter, alors l’homme avance vers un chemin de bonheur, donc vers la Lumière, vers la sainteté, vers le Royaume de Dieu. La fête de Noel inscrit les chrétiens dans ont une longue tradition. Elle est la joie d’une victoire certaine et pourtant toujours à conquérir.

Citations de textes en lien avec la fête de Noël

« Elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » (Luc 2, 7)

L’ange du seigneur s’adresse aux bergers, d’abord saisis d’une « grande crainte », (Luc 2-9) alors l’Ange leur dit «  ne craignez rien car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple » (Luc 2-10) : «  Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ». (Luc 2 – 11)

Le Credo -autrement appelé « Je crois en Dieu » -, récité au cours de chaque messe dominicale, résume ainsi cet événement :
« Pour nous les hommes et pour notre salut Il descendit du ciel.
Par l’Esprit Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme ».
« Au commencement était le Verbe…et le Verbe était Dieu » ( Prologue de Saint Jean 01 )
« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » ( Prologue de Saint Jean 14 )

Domitille BLANC TAVERNIER

La double maternité de Marie

« Voici ta mère ! »

Évangile selon saint Jean, chapitre 19, verset 27

Comme toutes les mères, Marie assure la croissance et l’éducation humaine et spirituelle de son enfant. Sur ses genoux, l’Enfant Jésus a appris à prier son Père.

La naissance d’un enfant révèle aussi la vie de sa mère. Et puisque la vie du Christ dévoile sa double nature humaine et divine, elle nous fait reconsidérer la maternité de Marie. Car cette étonnante maternité, elle aussi, est double.

« Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »* La salutation d’Élisabeth invite à contempler en Marie la béatitude et la grâce surabondante de la foi. 

« Voici ta mère ! »**. Du haut de sa croix, en la confiant à Jean, son disciple bien-aimé, Jésus nous donne Marie pour mère.

Le rôle de Marie a été souligné par le concile d’Éphèse. Il a confirmé Marie non seulement mère de Jésus, mais aussi Mère de Dieu. Présente avec les disciples à la Pentecôte, Marie accompagne les débuts de l’Église et sera également parée du titre de Mère de l’Église.

Mère de Jésus, Mère de Dieu et aussi Mère de l’Église, Marie reste active. Ce qui nous vaut cette réflexion de sainte Bernadette de Lourdes: « Il y a des moments de la vie où on est las, où on a besoin de repos… Marie, son cœur immaculé, sa douce mémoire, son souvenir maternel doivent être le repos, le gîte où l’on se retire… Ce que Notre Seigneur n’a pas accordé à sa Mère, il nous l’a donné à nous. Marie n’avait pas une autre Marie pour s’appuyer sur elle… Ah ! Heureuse l’âme qui a su trouver cet abri, ce refuge ! »

* Évangile selon saint Luc ch. 1, v. 45

** Évangile selon saint Jean ch.19, v.27