Une porte s’ouvre…

Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. 

Livre de l’Apocalypse, chapitre 3, verset 20
Le frère se présente

L’année s’achève, une porte se ferme, une autre s’ouvre. Nous voici au seuil.

Alors que je devais annoncer à mes colocataires que j’entrais dans la vie religieuse, que j’allais devenir dominicain, c’était une telle joie, j’étais habité d’un tel enthousiasme que tout autour de moi me semblait étriqué et mesquin. Y compris d’ailleurs l’espace de notre appartement commun, vraiment trop étroit. Alors un matin, sans prévenir, je n’ai rien trouvé de mieux que de rouvrir à coup de masse, devant mes colocs bouche bée, une ancienne porte depuis longtemps condamnée. Une manière de dire – de façon un peu musclée, certes ! – que j’avais besoin d’air, que j’aspirais à de plus vastes horizons. Comme je finissais des études d’architecture, ils m’ont pardonné le procédé, et rassurez-vous, je ne m’exprime habituellement pas à coups de masse.

Au cours de l’année écoulée, chacun de nous en a vu et s’en est pris, des portes ! Certaines ont claqué à cause de nos incompréhensions ou de nos colères, quand nous sommes sortis de nos gonds, pour de bonnes ou moins bonnes raisons. Et heureusement, des portes se sont refermées sur nos penchants mauvais, notre péché. Des portes ont aussi cédé, face à notre détermination à plus de justice, à plus de fraternité. Et puis il y a ces portes qu’on a osé ouvrir vers l’espérance : ces portes entrebâillées laissent la lumière de Dieu largement pénétrer.

L’année s’ouvre, comme une naissance. Quelle porte dois-je ouvrir encore ?

Mgr Aupetit, archevêque de Paris, aurait remis sa démission au pape

L’archevêque de Paris a annoncé vendredi 26 novembre avoir « remis sa charge entre les mains » du pape François, après la publication d’une enquête du Point évoquant des erreurs de gestion matérielles ou humaines, un diocèse « à feu et à sang », mais aussi l’existence d’une « relation intime » avec une femme. Il a dénoncé un article « virulent » à son égard et avoir « subi un choc en le lisant ». 

Etonnement et soutiens

« Je suis profondément désolé du trouble grave des fidèles qui ont subi tant d’épreuves », a déclaré l’archevêque rappelant l’incendie de Notre-Dame de Paris, le Covid-19 ou le rapport de la Ciase sur la pédocriminalité dans l’Église. Concernant la relation prétendument entretenue avec une femme 10 ans auparavant alors qu’il n’était que prêtre, Mgr Michel Aupetit a reconnu avoir « mal géré la situation avec une personne qui se manifestait à de nombreuses reprises auprès de moi » et que l’autorité ecclésiastique avait été mise au courant. Il a répété qu’il ne s’agissait pas d’une relation « intime ». « Je n’entretenais pas une double vie », précise l’homme d’église.

Quant aux  témoignages évoquant des négligences, il a expliqué s’être « demandé s’il y avait réellement autant de personnes qui souhaitaient [son] départ » du diocèse de Paris. Et de préciser avoir reçu le soutien « de très nombreux prêtres de Paris ». « Ceux qui travaillent à mes côtés m’ont dit être choqués » par ces accusations, a-t-il ajouté au micro de Radio Notre-Dame.


« J’avoue que moi-même, j’ai subi un choc en le lisant et je me suis demandé s’il y avait réellement autant de personnes qui souhaitaient mon départ… »


« Je remercie ceux qui m’ont aidé à tenir la barre ces derniers jours… »


A propos d’une relation présumée : « Ceux qui travaillaient avec moi à l’époque savent que je n’entretenais pas une double vie… »


En attendant la décision du pape, il dit trouver le refuge « dans la prière ».

Messages d’auditeurs

Mgr Aupetit : la probité dans la recherche de l’information

Chaque semaine, l’abbé Pierre Vivarès, curé de la paroisse St-Paul à Paris dans le Marais, commente l’actualité avec son regard de pasteur. Souvent sollicité par des journalistes désireux d’obtenir des informations, il donne des conseils d’honnêteté et de prudence : « Vais-je dire quelque chose sur quelqu’un que je ne pourrais pas lui dire en face ? »

Père Pierre Vivarès – published on 28/11/21

Il y a quinze jours je reçois le « texto » d’une journaliste qui rédige un article sur l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit. Elle me propose de parler librement, « évidemment en off », en me promettant que mon nom ne serait pas cité car, m’écrit-elle, « la liberté de parole semble si limitée » que le « off » est indispensable. Elle me donne en fait un blanc-seing pour baver librement. Je n’ai pas répondu et, devant son insistance le lendemain matin, je lui écris que je ne suis pas intéressé car les témoignages anonymes sont comme les lettres anonymes : on les jette sans en tenir compte.

Un article est ensuite sorti dans Le Point, entièrement à charge, comportant des erreurs et des points de vue univoques. Visiblement cette journaliste n’a pas manqué d’informateurs anonymes, certainement prêtres, pour raconter des événements et en tirer des conclusions hâtives. Un autre journaliste, du Parisien cette fois-ci, m’appelle après la parution de cet article pour que je confirme ou infirme les faits cités et que je révèle qui — à mon avis — a révélé tout cela. Je suis resté longuement au téléphone avec lui et nous avons parlé de la méthode et de l’objectif de ce genre d’article à scandale sans entrer dans les faits sur lesquels il voulait mon avis qu’il pensait éclairé.

Un devoir d’honnêteté

Le travail de journaliste est bien trop important dans une société de l’information pour être pris à la légère. Il existe un devoir d’honnêteté, un sérieux travail en amont, une qualité de rédaction, une vérification des sources, un équilibre de la pensée et une remise en perspective nécessaires pour que ce soit véritablement un travail de qualité. Pour ceux qui sont approchés par les journalistes qui recherchent des informations, il est nécessaire que la même probité soit en place et on doit l’attendre de chrétiens, de prêtres et en particulier de prêtres diocésains au sujet de leur évêque. Vais-je dire quelque chose sur quelqu’un que je ne pourrais pas lui dire en face ? Si je ne peux pas lui dire en face, est-ce par peur, par carriérisme, par jalousie ou parce qu’aucune instance de dialogue n’existe ? Lorsque cette journaliste m’écrit que la « liberté de parole semble si limitée », de quoi parle-t-elle ?

Depuis vingt-cinq ans et trois archevêques que je sers je n’ai jamais eu de problèmes pour leur dire ce que j’avais à leur dire et nous n’étions pas forcément d’accord. Je n’ai jamais demandé un rendez-vous sans être reçu et écouté. Ensuite, chacun accomplit son travail du mieux qu’il peut et laisse les autres à la tâche pour laquelle ils ont été nommés. Les instances de dialogue existent, ceux à qui il appartient de juger assument leur responsabilité et il est inévitable que dans ce microcosme de vieux garçons célibataires et cultivés, les langues soient pendues, fourchues et vénéneuses : l’humaine nature sera toujours présente. Cependant si tous ceux qui ont quelque chose à dire le disaient à qui de droit, à bon escient et pour faire grandir, ne serait-ce pas l’occasion d’avancer de manière plus claire, sereine et efficace, et puis peut-être un peu plus évangélique aussi ? 

Être soi-même dans le sérieux

J’ai proposé à ce journaliste du Parisien qu’il rédige un article sur la gouvernance de l’Église de Paris depuis 1981 — ou même 1968 — jusqu’à aujourd’hui, pour noter les évolutions mises en place, les continuités et les ruptures, l’adaptation au monde qui a tellement changé en cinquante ans. Si je sens que le travail sera sérieux, cela ne me gênera pas de témoigner nommément. S’il désire s’étonner, donner quelques coups de canifs, souligner des incompréhensions ou s’étonner des divers caractères des personnalités en place, il ne manquera pas de matière car aucun corps social n’est parfait et sa gouvernance l’est encore moins. Mais ce serait un travail intelligent, source d’une véritable information et il pourrait questionner non pas en off mais nommément les acteurs du diocèse sans devoir promettre un anonymat source de violences. 

Il est toujours facile d’accuser les journalistes : ils ne racontent que ce dont on leur fait part et si l’on veut que ce travail soit de qualité encore faut-il être soi-même dans le sérieux des prises de paroles. Si je livre ces échanges avec des journalistes, ce n’est pas pour prendre la défense de Mgr Aupetit qui n’a aucunement besoin de moi : il agira comme il l’entend et le Saint Père est seul habilité à prendre des décisions pour le siège de Paris. Ma liberté de parole n’est limitée que par ma conscience. Mais avant de s’engouffrer dans des révélations et des inductions faciles, n’oublions jamais de passer au tamis de notre discernement ce qui nous est donné, pourquoi cela nous est donné et par qui. Et lorsque nous sommes sollicités pour témoigner, demandons-nous pourquoi nous acceptons de témoigner, de parler, de révéler ou de nous taire.

Avent : un chemin de quatre semaines

L’Avent invite le croyant à simplifier sa vie à l’image du nouveau-né de la crèche. la symbolique de la lumière est importante dans cette période de l’année où les nuits sont les plus longues. Mais aussi l’esprit d’enfance, à l’image de leur saint protecteur qu’est saint Nicolas, fêté le 6 décembre.

Rédaction Croire, le 22/03/2012 à 17:11 Modifié le 26/11/2021 à 06:00

L’Avent, c’est d’abord un chemin proposé durant quatre semaines. Comme l’indique l’origine du mot lui-même, elle annonce une « venue », un « avènement », qui marque l’histoire de l’humanité. En l’occurrence celle du « Prince de la Paix » dont parle le prophète Isaïe, de « l’Agneau de Dieu » tel que le désigne Jean-Baptiste…

Autant de figures prophétiques pour annoncer la « venue » du Christ incarné qui se laisse reconnaître humblement par les bergers et les mages sous les traits d’un nouveau-né pauvre. Cette simplicité donne le ton de l’Avent qui laisse le temps au croyant de relire ainsi toute l’histoire du salut chrétien. Tout comme le temps de Carême propose un chemin de pénitence pour monter vers la fête de la Pâque du Christ, l’Avent invite, à sa manière, le croyant à simplifier sa vie à l’image du nouveau-né de la crèche.

Comme le rappelle aussi la fête de sainte Lucie, le 13 décembre, la symbolique de la lumière est tout particulièrement importante dans cette période de l’année où les nuits sont les plus longues. Mais aussi l’esprit d’enfance, à l’image de leur saint protecteur qu’est saint Nicolas, fêté le 6 décembre, ancêtre chrétien de la figure imaginaire du Père Noël à redécouvrir.

Qu’avons-nous fait de nos frères ?

Migrants : Communiqué des évêques du Nord et du Pas-de-Calais

Mgr Laurent ULRICH, Mgr Vincent DOLLMANN, Mgr Olivier LEBORGNE, Mgr Antoine HEROUARD

Communiqué de presse, le 25 novembre 2021

Alors qu’au moins 27 migrants ont péri ce mercredi 24 novembre 2021 au large de Calais en tentant de rejoindre l’Angleterre, les évêques de Lille, Arras et Cambrai expriment leur émotion et leur indignation.

Une fois encore des enfants, des femmes et des hommes, qui ont tout quitté à la recherche d’un monde meilleur, ont été broyés par la mer. Comment ne pas les pleurer ? Comment ne pas en avoir le cœur brisé ? Comment ne pas nous révolter contre l’ignominie de ceux qui profitent de leur fragilité et de leur espérance en une vie meilleure pour leur famille et eux-mêmes, pour les détrousser avant de les envoyer dans de fragiles embarcations vers une mort certaine ? Comment penser que la fermeture des frontières et le renforcement de la sécurité puissent résoudre de façon durable cette crise migratoire ?

Dans la communauté catholique, comme dans les autres communautés chrétiennes mais aussi les associations qui œuvrent à leurs côtés, l’émotion est vive. Nous voulons redire notre présence et notre disponibilité à l’accueil et au soutien de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes.

Les défis migratoires contemporains sont certes complexes, et nous aussi catholiques, sommes tout petits devant cela. Mais avec le pape François, nous croyons à la réponse «de la solidarité et de la miséricorde » ; « une réponse qui ne fait pas trop de calculs mais qui exige un partage équitable des responsabilités, une honnête et sincère évaluation des possibilités et une gestion avisée »1. Une réponse qui doit aussi soutenir le développement des pays du sud pour leur laisser entrevoir un avenir meilleur dans leur propre pays. Personne ne se déracine ainsi s’il sait un avenir possible sur sa terre natale !

L’Europe peut relever ce défi : elle a les instruments pour mettre la dignité humaine au centre du débat et donner les moyens de cette solidarité internationale. Elle ne veut pas laisser la Méditerranée ni la Manche devenir un cimetière pour toutes ces personnes en exil.

Nos pensées et nos prières se tournent vers nos frères, vers ces personnes disparues, celles qui ont survécu, vers leurs familles et tous ceux qui les aideront à surmonter ce drame.

Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Lille

Mgr Vincent DOLLMANN, archevêque de Cambrai

Mgr Olivier LEBORGNE, évêque d’Arras

Mgr Antoine HEROUARD, évêque auxiliaire de Lille

Traditionis custodes : le cardinal Sarah défend le motu proprio

Le but du pape François « n’est absolument pas de supprimer la liturgie ancienne », a indiqué le cardinal Robert Sarah dans un entretien accordé au Figaro, faisant référence au motu proprio « Traditionis custodes ».

Agnès Pinard Legry – published on 24/11/21 – updated on 24/11/21

e motu proprio Traditionis custodes n’en finit plus de faire réagir. Dans un entretien au Figaro accordé à l’occasion de la sortie de son livre Pour l’éternité, le cardinal Robert Sarah, ancien préfet de la Congrégation pour le culte divin, s’est à nouveau exprimé sur le texte du Pape. « Je crois que le pape François a clairement expliqué son intention dans les diverses visites ad limina des évêques français et polonais », a-t-il rappelé. « Son but n’est absolument pas de supprimer la liturgie ancienne. Il est conscient que de nombreux jeunes et des familles y sont intimement attachés. Et il est attentif à cet instinct de la foi qui s’exprime dans le peuple de Dieu. »

Et il le rappelle : « Le Pape a demandé d’appliquer ce texte avec souplesse et sens paternel. Il sait bien que ce qui a été sacré pour tant de générations ne peut du jour au lendemain se trouver méprisé et banni. » Le pape François attend ainsi « que la liturgie actuelle s’enrichisse de ce que la liturgie ancienne a de meilleur. De même, il attend clairement que la liturgie ancienne soit célébrée dans l’esprit de Vatican II, ce qui est parfaitement possible. » Selon lui, « elle n’est pas et ne doit pas devenir un prétexte pour les contestataires du concile ».

François: la beauté de Noël élargit le cœur à la gratuité

Le Pape François a dressé les louanges de la beauté humble et chaleureuse de la fête de la Naissance du Christ lors d’une audience avec des jeunes participants à un concours de Noël, de la Fondation pontificale Gravissimum Educationis et des missions Don Bosco.

En recevant les participants au concours de Noël de la Fondation pontificale Gravissimum Educationis et Missioni Don Bosco Valdocco, le Pape François a délivré des vœux de Noël particulièrement adressés aux jeunes, lundi 22 novembre.

S’introduire à Noël et son Mystère

«Je suis heureux de vous rencontrer, maintenant au seuil de l’Avent, la période qui, chaque année, nous introduit à Noël et à son Mystère. Cette année encore, ses lumières seront assombries par les conséquences de la pandémie, qui pèse toujours sur notre époque. Raison de plus pour que nous soyons appelés à nous remettre en question et à ne pas perdre espérance. La fête de la Naissance du Christ n’est pas en décalage avec l’épreuve que nous traversons, car elle est par excellence la fête de la compassion, de la tendresse. Sa beauté est humble et pleine de chaleur humaine», a assuré le Souverain pontife.

La beauté de Noël transparaît dans le partage de petits gestes d’amour concret, a rappelé le Pape. «Elle n’est pas aliénante, elle n’est pas superficielle, évasive; au contraire, elle élargit le cœur, l’ouvre à la gratuité, au don de soi, et peut aussi générer des dynamiques culturelles, sociales et éducatives», soutient-il.  

C’est dans cet esprit que «nous avons donné vie au Pacte éducatif global», une vaste alliance éducative «pour former des personnes mûres, capables de surmonter les fragmentations et les oppositions et de reconstruire le tissu des relations pour une humanité plus fraternelle».

La beauté des visages et des histoires

Pour atteindre ces objectifs, il faut du courage: «Le courage de mettre la personne au centre» et de «se mettre au service de la communauté». Courage et créativité, insiste l’évêque de Rome, citant les paroles de saint Paul VI: «Ce monde dans lequel nous vivons a besoin de beauté pour ne pas tomber dans le désespoir».  Quelle beauté? Pas la fausse, faite d’apparences et de richesses terrestres, qui est vide et génère du vide, a relevé le Pape, mais celle d’un Dieu qui s’est fait chair, celle des visages, des histoires; celle des créatures qui composent notre maison commune et qui -comme nous l’enseigne saint François- participent à la louange du Très-Haut.

«Merci, chers jeunes, artistes et sportifs, de ne pas oublier d’être les gardiens de cette beauté, que le Noël du Seigneur fait briller dans chaque geste quotidien d’amour, de partage et de service. Merci et meilleurs vœux à vous et à vos familles!», a-t-il conclu.

POUR UNE ÉGLISE SYNODALE :

COMMUNION, PARTICIPATION ET MISSION

«  Le chemin de la synodalité est le chemin que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire. Ce que le Seigneur nous demande est déjà pleinement contenu dans le mot « synode » : Marcher ensemble. » 

Pape François

En convoquant ce Synode, « le Pape François invite toute l’Eglise à réfléchir sur un thème décisif pour sa vie et sa mission : « C’est précisément ce chemin de synodalité que Dieu attend de l’Eglise du troisième millénaire » (Discours pour la cérémonie commémorative du 50e anniversaire de l’institution du Synodes des évêques (17 octobre 2015)) » peut-on lire dans le Vademecum accompagnant cette démarche. En réfléchissant ensemble au chemin parcouru, les membres de l’Eglise pourront apprendre des expériences passées et perspectives d’avenir, guidé par l’Esprit Saint.

L’objectif de ce Synode est d’être « en mesure de discerner les processus pour rechercher la volonté de Dieu et de poursuivre les voies auxquelles [Il] nous appelle ». Le mot « synode » signifie « marcher ensemble » et il fait directement référence au chemin que Dieu nous invite à suivre, lui qui est en son Fils Jésus-Christ, « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). Ainsi le Peuple de Dieu se rassemble et chemine ensemble pour proclamer l’Evangile. « La synodalité permet à tout le Peuple de Dieu d’être à l’écoute de l’Esprit Saint », pour participer à la mission de l’Eglise, et de se mettre en marche comme un pèlerin et missionnaire.

« L’Eglise reconnaît que la synodalité comme partie intégrante de sa nature même. ». Les conseils œcuméniques, les synodes des évêques ou diocésains, les conseils diocésains et paroissiaux : autant de formes de synodalité déjà existantes. « Pourtant, être une Eglise synodale ne se limite pas à ces institutions existantes » rappelle le Vademecum. « En effet, la synodalité n’est pas tant un événement ou un slogan qu’un style et une manière d’être par lesquels l’Église vit sa mission dans le monde. La mission de l’Église exige que le Peuple de Dieu tout entier soit en chemin ensemble, chaque membre jouant son rôle crucial, uni aux autres. ».

Ce Synode sur la synodalité est donc là pour répondre à une question fondamentale : Comment ce cheminement ensemble se déroule-t-il aujourd’hui à différents niveaux (du niveau local au niveau universel), permettant à l’Eglise d’annoncer l’Evangile ? Et quelles étapes l’Esprit nous invite-t-il à franchir afin de croître en tant qu’Eglise synodale ?

Le mot de l’évêque

Le Christ, roi de l’Univers

La fête du Christ Roi a été créée en 1925 par le pape Pie XI dans le but d’affirmer la royauté du Christ. Elle a pris un sens différent avec la réforme du calendrier liturgique demandée par le Concile du Vatican II.
Elle n’est plus le dernier dimanche d’octobre, mais le dernier dimanche de l’année liturgique : elle devient ainsi comme le couronnement de l’année liturgique. Elle porte le titre de Solennité du Christ Roi de l’Univers.

Elle se trouve enrichie de lectures qui explicitent le sens et l’objet de la célébration. Elle nous donne l’occasion de revenir sur l’année écoulée pour nous demander si et comment le Christ a mieux régné dans nos vies et nous relance pour une nouvelle année.

En cette fête, la liturgie nous donne de contempler Jésus en croix exerçant sa royauté au profit du bon larron qui l’implore. Jésus, fils de David, est venu apporter la paix. « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature et le premier-né d’entre les morts ». Il a en tout la primauté, car il a voulu tout réconcilier en faisant la paix par le sang de la croix. « Le Seigneur est Roi », chante le psalmiste. Il donne son pouvoir à un Fils d’homme, dit le prophète Daniel. Jésus Christ est le souverain de la terre, proclame le visionnaire de l’Apocalypse. « Ma royauté ne vient pas de ce monde », dit Jésus dans l’Evangile de Jean.

En ce jour, adorons le Christ, Roi de l’Univers, venu rendre témoignage à la vérité. Rendons grâce avec toute la Création pour toutes les facettes de son mystère qu’Il nous a laissé découvrir au long de l’année liturgique. Demandons-Lui pardon de ne pas l’avoir assez mis au centre de nos existences au long de l’année écoulée. Et donnons-nous à Lui pour que l’année qui s’ouvre nous aide à reconnaître sa puissance et le glorifier sans fin.

« Recours à l’aide alimentaire : une faim de dignité (Rapport Pauvreté)

Véronique Devise, 56 ans, a succédé, le mardi 15 juin à Véronique Fayet à la présidence du Secours catholique. Originaire du Pas-de-Calais, cette assistante sociale de formation est réputée pour son écoute et son efficacité.

«  La gastronomie française S’exporte dans le monde entier. Les émissions culinaires rassemblent des générations devant leur poste de télévision. La France est un pays où l’on mange bien, dit-on.

Mais, pour beaucoup, comme pour Caroline, c’était « compliqué » en 2020. Alors à la recherche d’un emploi, elle et son conjoint ont pris peur, jusqu’à se résoudre à demander une aide pour se nourrir : « Il n’était pas question qu’eux [leurs enfants] ne mangent pas.»

Les besoins d’aide alimentaire sont un révélateur de précarité. Notre rapport statistique 2021 est sans équivoque. Sans surprise, cette demande a augmenté en 2020, pour concerner 54 % des ménages rencontrés. 22 % étaient sans ressources quand, pour d’autres, des budgets trop serrés ou trop contraints font de l’alimentation la variable d’ajustement. Le niveau de vie médian des personnes rencontrées était de 537 € ! Dans ces conditions, comment vivre dignement et se nourrir convenablement ?


« Des millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire »


La moitié des ménages accueillis compte des enfants et la part de familles monoparentales a encore augmenté. La situation sanitaire ainsi que son impact, ont fragilisé des ménages par une perte d’emploi, la fermeture des cantines ou l’arrêt de l’économie informelle.

Mais la pandémie a surtout aggravé l’intensité d’une pauvreté déjà vécue.

Les filets de sécurité et les aides d’urgence de l’État ont limité les dégâts. Cependant, la situation reste grave. 27 % des  ménages auxquels nous avons remis des aides d’urgence subissent, aujourd’hui, une insécurité alimentaire grave : il leur arrive
régulièrement de ne prendre aucun repas de la journée !

Pour eux, c’est la double peine. Plus les budgets sont serrés, plus la qualité nutritionnelle est contrainte. Les personnes en précarité sont les premières victimes de maladies liées à l’alimentation : diabète, obésité, maladies cardiovasculaires, etc.

Elles n’en sont pas dupes : 83 % des ménages interrogés sont préoccupés par les effets de l’alimentation sur leur santé, Mais la moitié se déclare dans l’incapacité d’agir dessus pour raisons financières.

Les conséquences s’étendent en matière de santé mentale (stress, anxiété), jusqu’à des ruptures sociales, qui tracent la voie de l’exclusion. Elles touchent à la dignité des personnes, qui nous partagent leur honte de demander de l’aide pour se nourrir ou nous disent simplement que « payer » et « choisir » leur permettrai de « rester dignes »

Ce scandale doit tous nous interpeller, quand on sait que 5,5 à 7 millions de personnes ont eu recours à l’aide alimentaire en 2020 ! Alors que notre pays doit bientôt opérer des choix politiques importants, rappelons la nécessité que chacun puisse être
acteur des choix individuels et collectifs sur l’alimentation. Face à des pauvretés déjà installées et à l’ampleur des défis écologiques, sortons des réponses d’urgence et faisons preuve de prospective !

Pour une vie digne, aujourd’hui et demain, commençons par garantir un revenu minimum, à un niveau décent, plutôt que d’égrener les aides ponctuelles ou d’institutionnaliser la distribution de denrées à grande échelle. Préférons également le droit à un logement décent à l’hébergement ou aux nuitées hôtelières et multiplions les projets territoriaux de création d’emplois pour la
transition écologique et solidaire !

La crise sanitaire a rappelé combien notre pays est capable de solidarité, de générosité et de fraternité. Celle-ci, inscrite dans notre devise, nous invite à faire bien plus que mettre des pansements sur la pauvreté.

Et si on essayait pour 2022 ?

Véronique Devise

Rapport Pauvreté 2021