Un nouveau diacre dans le diocèse !

Emmanuel Montassier rejoint la communauté des diacres du diocèse de Luçon ! Ce médecin, âgé de 40 ans, marié à Cécilia et père de quatre enfants, a été ordonné samedi 16 octobre par Mgr François Jacolin, en l’église Saint Georges-de-Montaigu.  

diocèse de Luçon

La célébration, animée par le GAJ, le groupe d’animation des jeunes de la paroisse Saint Martin de Montaigu, était belle et recueillie, et une grande joie paisible se lisait sur le visage du nouveau diacre, tout au long de la célébration. Après la présentation d’Emmanuel par deux membres de son équipe d’accompagnement et le Père Patrice Boursier, responsable du service du diaconat permanent, et une fois Cécilia, l’épouse d’Emmanuel, ayant accepté cette nouvelle mission, Mgr Jacolin a prononcé ces mots : « Nous vous choisissons aujourd’hui pour l’ordre des diacres ». A l’issue des deux lectures, l’Évangile de Saint Jean a été proclamé, avec ces paroles fortes du Christ : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Je ne vous appelle plus serviteurs (….), je vous appelle mes amis ».  

Dans son homélie, l’évêque de Luçon a souligné que la vie d’Emmanuel et de son épouse était déjà marquée par le service de leurs frêres. « Le diacre est signe de la présence du Christ serviteur dans le monde. Vous l’êtes dans votre engagement professionnel, comme soignant à l’hôpital de Nantes, au service de vos patients, dans le respect de la dignité humaine. Par votre attention et votre accueil, en faveur des personnes en situation de précarité, des personnes migrantes, en situation d’urgence, vous suivez les paroles de Saint Paul : « Partagez avec les fidèles qui sont dans le besoin, pratiquez l’hospitalité avec empressement ». Mgr Jacolin a poursuivi : « Servir Dieu et les hommes est un magnifique programme de vie mais le Christ nous offre davantage en nous faisant entrer dans Son amitié. Cher Emmanuel, je vous souhaite ainsi de trouver votre joie à être l’ami de Jésus, Jésus le serviteur, Lui qui vous a choisi et établi comme diacre pour porter beaucoup de fruits dans l’Amour ».  

Etre proche de toute forme de pauvreté

Après l’engagement d’Emmanuel au diaconat, puis la litanie des saints et l’imposition des mains, Mgr Jacolin a prononcé la prière d’ordination. Puis Emmanuel s’est vu remettre l’étole des diacres et la dalmatique, par Nicolas Soullard et Philippe Cailleaud. Mgr Jacolin lui a ensuite remis l’Evangéliaire, avant que les diacres présents ne l’accueillent par un chant joyeux. Emmanuel rejoint ainsi la communauté des 55 diacres permanents du diocèse de Luçon. La liturgie de l’eucharistie s’est poursuivie, ponctuée par des beaux chants du répertoire de Glorious. A l’issue de la célébration, le Père Robert Daviaud, vicaire général, a lu la lettre de mission du nouveau diacre. « Votre travail et votre recherche pour une médecine plus humaine et moins brutale, ainsi que votre expérience, seront précieux pour notre diocèse ». Emmanuel Montassier va vivre sa nouvelle mission de diacre dans la paroisse Saint Martin de Montaigu, se rendant proche de « toute forme de pauvreté humaine et ayant une attention particulière pour donner une place aux jeunes dans l’Eglise ». Une joie pour ce père de famille qui a eu ces mots pour ses quatre enfants, à la fin de la célébration : « Je souhaite vous transmettre deux choses ; écouter de la bonne musique et aimer Jésus ! ».

 

(crédits : Diocèse de Luçon )

UNE EGLISE DE PÉCHEURS ET DE SAINTS (Mgr Jacolin)

Edito de Mgr JACOLIN pour Catholiques en Vendée

En ce jour où est révélé combien le péché a gangréné notre Eglise, du fait de crimes sexuels commis par des chrétiens, principalement des prêtres, sur des enfants innocents meurtris pour toute leur vie dans leur corps, dans leur cœur et dans leur esprit, comment fêter tous les saints ? Com­ment proclamer l’Eglise « une, sainte, catholique et apostolique » ?

Rappelons-nous que l’Eglise est sainte en ce sens que c’est l’Esprit Saint, l’Esprit sanctifiant, qui l’éclaire, l’anime et la conduit, mais que les hommes qui la composent peuvent, hélas, tomber dans le péché.

Rappelons-nous que les saints sont d’abord des pécheurs qui ont accueil­li dans leur vie la miséricorde du Seigneur ; une miséricorde qui donne le pardon, non pas à la manière d’une éponge qui efface les fautes, mais comme un feu qui purifie et transforme en lui-même ce qu’il touche pour nous entraîner à aimer comme Dieu, le seul Saint, nous aime.

Rappelons-nous que chacun d’entre nous est l’enjeu et l’acteur d’un com­bat spirituel entre le bien et le mal, entre le péché et la sainteté.

Si le mal est contagieux comme un virus, s’il ronge le corps de l’humanité comme un cancer qui utilise les puissances de la vie pour les retourner contre elle, la communion des saints est une force qui relie les hommes et les femmes du ciel et de la terre pour remporter la victoire à la suite du Christ, mort pour nous libérer de nos péchés et ressuscité pour nous entraîner sur le chemin de la sainteté.

Alors, selon l’exhortation de l’épitre aux Hébreux :

Entourés de cette immense nuée de témoins,

et débarrassés de tout ce qui nous alourdit

– en particulier du péché qui nous entrave si bien –

courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée,

les yeux fixés sur Jésus

qui est à l’origine et au terme de notre foi !

+ François JACOLIN
Evêque de Luçon

Nouvelle traduction du Missel : les dix choses qui changent pour les fidèles

Une nouvelle traduction du Missel romain doit entrer en vigueur le 28 novembre prochain, premier dimanche de l’Avent. Aleteia revient en détail sur les principaux changements qui vont affecter les fidèles.

Aleteia.org . Mathilde de Robien – Publié le 27/10/21

Un petit événement dans l’Eglise en France ! A partir du dimanche 28 novembre, tous les catholiques francophones entendront et useront de nouveaux mots pendant la messe tels que « consubstantiel au Père », « C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Vierge Marie », « Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ! », « Frères et sœurs »… L’entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Missel romain – le livre rassemblant toutes les prières récitées pendant la messe – n’apporte pas de grands changements dans la liturgie eucharistique, mais offre « l’occasion d’approfondir notre intelligence de la messe », souligne Mgr Guy de Kerimel, évêque de Grenoble et président de la Commission épiscopale française de liturgie et de pastorale sacramentelle (CELPS).

« La liturgie s’inscrit dans la tradition vivante de l’Eglise, l’Eglise est un corps vivant », ajoute-t-il. D’où la volonté de l’Eglise de faire évoluer le langage de sa prière, en ajustant les gestes et les formules, pour permettre la participation de tous. Pour Bernadette Mélois, directrice du Service national pour la pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS), cette nouvelle traduction invite à « vivre la messe de manière renouvelée, peut-être avec un peu plus d’intensité et d’attention ».

La nouvelle traduction du Missel romain émane de l’instruction du Vatican Liturgiam authenticam de 2001. La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a demandé aux conférences épiscopales de revoir la traduction dans un souci d’uniformisation pour « manifester l’unité du rite romain », explique à Aleteia David Gabillet, rédacteur en chef de la revue Magnificat. L’objectif était, entre autres, de se rapprocher du texte original latin. Un travail de traduction a donc été mené pendant quinze ans sous l’autorité de la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques (CEFTL). Il a réuni des experts de France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Canada, Afrique du nord et Monaco. Un travail soumis à la triple fidélité dont parle le pape François dans son motu proprio Magnum principium (2017) : fidélité au texte original, fidélité à la langue dans laquelle le texte est traduit, et fidélité à l’intelligibilité du texte par nos contemporains

La version initiale du Missel romain a été publiée en latin le 3 avril 1969. Elle est suivie de deux autres versions parues en 1975 et 2002. C’est cette dernière, désignée comme 3ème édition typique, qui est en vigueur aujourd’hui dans l’Eglise et qui a été traduite à nouveau. A partir du 28 novembre, les fidèles entendront et réciteront les textes de la nouvelle traduction. En plus de la révision d’un certain nombre de prières, préfaces et dialogues rituels, une plus grande place est donnée au silence et à la gestuelle. Autre évolution, les adresses sont désormais inclusives : « frères et sœurs » au lieu de « frères » auparavant – une volonté chère aux Eglises suisse et canadienne, et qui correspond au texte latin. Enfin, l’accent est mis sur l’eucharistie en tant que mystère. Vous trouverez ici en rouge les ajouts ou les modifications effectués.

1 SALUTATION DU PRÊTRE

Au début de la célébration, le prêtre accueille les fidèles en leur souhaitant la présence du Ressuscité. La nouvelle traduction souligne cela en utilisant le mot « Christ ».

La grâce de Jésus, le Christ, notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous.

2 ACTE PÉNITENTIEL

Le rite pénitentiel démarre désormais avec la mention « Frères et sœurs ». Une mention que l’on retrouvait déjà dans le missel latin. « Nous avons péché » remplace « nous sommes pécheurs », l’accent est donc mis sur l’acte plus que sur la personne. La Vierge Marie gagne le vocable de bienheureuse.

Frères et sœurs, préparons-nous à célébrer le mystère de l’eucharistie, en reconnaissant que nous avons péché.

Je confesse à Dieu tout-puissant, Je reconnais devant vous, frères et sœurs, que j’ai péché en pensée, en parole, par action et par omission. Oui, j’ai vraiment péché. C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Vierge Marie, les anges et tous les saints, et vous aussi, frères et sœurs, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

3 GLOIRE À DIEU

Attention, dans le Gloire à Dieu, la nouvelle traduction privilégie le pluriel « les péchés » au singulier.

Gloire à Dieu, au plus haut des cieux,
Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.
Nous te louons, nous te bénissons,
nous t’adorons,
Nous te glorifions, nous te rendons grâce,
pour ton immense gloire,
Seigneur Dieu, Roi du ciel,
Dieu le Père tout-puissant.
Seigneur, Fils unique, Jésus Christ,
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu,
le Fils du Père.
Toi qui enlèves les péchés du monde,
prends pitié de nous
Toi qui enlèves les péchés du monde,
reçois notre prière ;
Toi qui es assis à la droite du Père,
prends pitié de nous.
Car toi seul es saint,
Toi seul es Seigneur,
Toi seul es le Très-Haut,
Jésus Christ, avec le Saint-Esprit
Dans la gloire de Dieu le Père.

Amen.

4 JE CROIS EN DIEU

Dès les années 1970, le philosophe Jacques Maritain dénonçait déjà la traduction française du Je crois en Dieu qui affirme que le Christ est « de même nature que le Père » : « La traduction française de la messe met dans la bouche des fidèles, au Credo, une formule qui est erronée de soi, et même, à strictement parler, hérétique », critiquait-il. « Je suis de même nature que Monsieur Pompidou, je ne lui suis pas consubstantiel ». Il se serait donc réjoui car désormais, dans le symbole de Nicée-Constantinople, le terme « consubstantiel » remplace « de même nature », exprimant par-là l’identité de substance entre le Père et le Fils. Le symbole des Apôtres n’a quant à lui pas été modifié.

Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant,
créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible,
Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ,
le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu,
lumière, née de la lumière,
vrai Dieu, né du vrai Dieu
Engendré non pas créé, consubstantiel au Père,
et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut,
il descendit du ciel;
Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour,
conformément aux Ecritures, et il monta au ciel;
il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts
et son règne n’aura pas de fin.
Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie;
il procède du Père et du Fils.
Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire;
il a parlé par les prophètes.

Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.
J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.

Amen

5 LITURGIE EUCHARISTIQUE

Le renouvellement des formules de la préparation des dons et de la prière sur les offrandes manifeste que Dieu est à la source de ce que nous lui offrons sous la forme du pain et du vin.

Préparation des dons

Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers : nous avons reçu de ta bonté le pain que nous te présentons, fruit de la terre et du travail des hommes ; il deviendra pour nous le pain de la vie.

Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers : nous avons reçu de ta bonté le vin que nous te présentons, fruit de la vigne et du travail des hommes ; il deviendra pour nous le vin du Royaume éternel.

Nouvelle prière sur les offrandes

Priez, frères et sœurs : que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit agréable à Dieu le Père tout puissant.

Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute l’Église.

Anamnèse

Il est grand, le mystère de la foi : Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamonsta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire.

Acclamons le mystère de la foi: Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous annonçons ta mort, Seigneur ressuscité, et nous attendons que tu viennes.

Qu’il soit loué, le mystère de la foi : Sauveur du monde, sauve-nous! Par ta croix et ta résurrection, tu nous as libérés.

6 AGNEAU DE DIEU

Outre le pluriel réitéré des « péchés », l’Agneau de Dieu se clôt désormais par « Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau » au lieu de « Heureux les invités au repas du Seigneur ». Une invitation à la communion permettant d’exprimer le mystère de l’Alliance avec Dieu.

Agneau de Dieu qui enlèves les péchés du monde, prends pitié de nous.
Agneau de Dieu qui enlèvesles péchés du monde, prends pitié de nous.
Agneau de Dieu qui enlèves les péchés du monde, donne-nous la paix.

Voici l’Agneau de Dieu, voici celuiqui enlève les péchésdu monde.

Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau !

7 RITE DE CONCLUSION

Jusqu’à présent, le prêtre renvoyait les fidèles en disant : « Allez, dans la paix du Christ ». La nouvelle traduction offre trois autres formules possibles (au choix) :

Allez porter l’Evangile du Seigneur.

Allez en paix, glorifiez le Seigneur par votre vie.

Allez en paix.

8 LA PLACE DU SILENCE

« Une des nouveautés de cette traduction est la place importante laissée au silence », remarque Bernadette Mélois. Comme le rappelle la Présentation Générale du Missel Romain (PGMR), « le silence sacré fait partie de la célébration ». « Pendant l’acte pénitentiel et après l’invitation à prier, chacun se recueille; après une lecture ou l’homélie, on médite brièvement ce qu’on a entendu; après la communion, le silence permet la louange et la prière intérieure ». Le silence fait donc partie de l’action liturgique et offre la possibilité d’un accueil de la Parole de Dieu. Le nouveau missel indique ainsi un nouveau temps de silence après le Gloire à Dieu : « Tous prient en silence quelques instants, en même temps que le prêtre. Puis, le prêtre, les mains étendues, dit la prière d’ouverture ou de collecte ».

9 LA MISE EN AVANT DU CHANT

La nouvelle traduction rappelle également que la prière liturgique est une prière chantée. Elle accorde ainsi une certaine place au latin, en proposant de chanter dans cette langue le Gloria, le Credo ou encore le Pater Noster. Les préfaces chantées seront aussi publiées avec la nouvelle traduction.

10 L’IMPORTANCE DE LA GESTUELLE

À plusieurs endroits, le nouveau texte précise les gestes du prêtre et ceux de l’assemblée. Il vient par exemple renforcer l’invitation à s’incliner lors de l’évocation du mystère de l’incarnation dans le Je crois en Dieu, ainsi que dans le symbole de Nicée-Constantinople et le symbole des Apôtres. Dans ce dernier, il est demandé de s’incliner de « Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur » à « né de la Vierge Marie ». Dans le symbole de Nicée-Constantinople, l’assemblée est priée de s’incliner pendant la phrase : « Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme ». « Dans la liturgie, le corps participe à la prière de l’Église », explique Bernadette Mélois. « Ce n’est pas une prière intellectuelle, elle fait participer tout l’être et les gestes sont donc importants ».

La Création : 2 récits dans la Genèse

A regarder de plus près, on voit qu’il y a deux récits de la Création au début du livre de la Genèse? est-ce que Dieu a dû s’y reprendre à deux fois? pourquoi deux récits?

Quand on lit de près les deux premiers chapitres de la Genèse, on s’aperçoit qu’il y a deux récits de la Création. Un premier récit qui commence au chapitre 1 verset 1 et qui finit au début du chapitre 2: c’est le récit de la Création du monde en 7 jours et un second récit qui commence au début du chapitre 2 et qui met l’accent sur la Création d’Adam et Eve et le jardin d’Eden.
Allons voir chacun de ces récits d’un peu plus près.

Le premier récit de la Création

Ce premier récit de la Création, nous le connaissons tous… ou nous croyons bien le connaître tant il est riche. Ce récit parle de la Création de tout l’univers, une Création bien ordonnée.
Deux expressions, au début du récit, offrent une première énigme: “La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme » . En français, nous connaissons bien la première expression en hébreu : le “tohu bohu”. Alors, avant que Dieu ne crée, y avait-il quelque chose? le désordre, un abîme? Les commentateurs se sont déchaînés :
•    « Oui, il y avait quelque chose car l’univers est éternel. En créant, Dieu met en ordre ! »
•    « Non, pas du tout, c’est une expression standard dans le monde de l’orient ancien pour dire: il n’y a rien! ».
La tradition a plutôt retenu cette interprétation : Dieu crée à partir de rien. En fait, Dieu est bien là, son “esprit plane sur les eaux” et se prépare au grand acte créateur.
Le récit commence alors une série de 6 jours et chaque jour est construit sur le même modèle : « Et Dieu dit…il y eut un soir, il y eut un matin ».
Les trois premiers jours sont des jours où Dieu distingue pour créer un espace:
•    Le jour un : la distinction entre la lumière et les ténèbres permet de créer le temps
•    Le deuxième jour : la séparation des eaux permet de créer un espace où il y a de l’air. Les anciens pensaient que le ciel était un dôme et que les eaux d’en-haut étaient au-dessus de ce dôme.
•    Le troisième jour, la distinction entre les eaux et la terre, “le sec” dit l’hébreu permet de créer un espace habitable.
Les trois jours suivants, Dieu suit l’ordre de sa Création :
•    Le quatrième jour, Dieu crée le soleil et la lune qui correspondent à la lumière et aux ténèbres du premier jour. Dans la Création biblique, le soleil et la lune ne sont pas des dieux, seulement des luminaires, des lampes pour connaître le temps, les saisons et les fêtes religieuses.
•    Le cinquième jour, Dieu crée les poissons qui habitent dans les eaux d’en-bas et les oiseaux qui habitent dans les eaux d’en-haut: cela correspond à la création du deuxième jour.
•    Le sixième jour, Dieu crée les habitants de la terre sèche, celle du troisième jour : il parachève sa Création par l’Homme: la Création de l’Homme n’est pas seulement “bonne” comme les autres éléments de la Création, mais “très bonne”. L’homme est créé à la ressemblance et à l’image de Dieu et reçoit la bénédiction de la vie: croître et se multiplier.
Le 7ème jour est le jour de shabbat, le grand repos, nous y reviendrons dans une prochaine vidéo.

Le 2e récit : l’Eden

Le narrateur biblique, au chapitre 2, semble revenir sur le même acte de Création mais d’une manière différente. Le récit passe très vite, voire ignore, la création du cosmos, il se concentre sur la création de l’homme et sur le don qui est fait à l’homme.
D’ailleurs, on voit bien que c’est bien un autre récit car Dieu n’a pas le même nom : dans le premier récit, on parle de “Yahvé”; dans le second récit, on parle de “Yahvé Elohim/Yahvé Dieu”. On retrouve aussi dans ce second récit des éléments géographiques, des noms de rivières et de fleuves en partie connus des anciens, de la Mésopotamie.
Alors que le premier récit, selon la recherche, a été mis en forme par des prêtres qui voulaient voir dans le monde un grand temple pour louer Dieu, pour célébrer ses fêtes, ceux qui ont mis en forme le second texte s’intéressaient surtout à Adam et Eve qui sont ici nommés pour la première fois, au don fait à l’Homme qui va bientôt désobéir.


2 récits, pour quoi?


Ces deux récits nous apprennent que la Bible est traversée de plusieurs sources, complémentaires : le monde de la Bible, des Hébreux, est traversé par plusieurs courants qui éditent la Bible. Cependant, ces éditeurs de la Bible n’ont pas cherché à unifier mais bien plutôt à respecter ce qu’ils ont reçu, ce trésor de traditions. La Création du monde est un événement tellement complexe qu’il fallait bien des trésors d’interprétation pour tenter de la comprendre. L’acte créateur de Dieu est donc présenté de deux manières car c’était la seule manière pour l’Homme de toucher à ce mystère.

La Toussaint et Halloween🎃?

Comme son nom l’indique, la Toussaint est la fête de tous les saints. Chaque 1er novembre, l’Église honore ainsi la foule innombrable de ceux et celles qui ont été de vivants et lumineux témoins du Christ.

Si un certain nombre d’entre eux ont été officiellement reconnus, à l’issue d’une procédure dite de « canonisation », et nous sont donnés en modèles, l’Eglise sait bien que beaucoup d’autres ont également vécu dans la fidélité à l’Evangile et au service de tous. C’est bien pourquoi, en ce jour de la Toussaint, les chrétiens célèbrent tous les saints, connus ou inconnus.
Cette fête est donc aussi l’occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants ou inattendus, mais tous accessibles.

La sainteté n’est pas une voie réservée à une élite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ. Le pape Jean-Paul II nous l’a fait comprendre en béatifiant et canonisant un grand nombre de personnes, parmi lesquelles des figures aussi différentes que le Père Maximilien Kolbe, Edith Stein, Padre Pio ou Mère Térésa…

La vie de ces saints constitue une véritable catéchèse, vivante et proche de nous. Elle nous montre l’actualité de la Bonne nouvelle et la présence agissante de l’Esprit Saint parmi les hommes. Témoins de l’amour de Dieu, ces hommes et ces femmes nous sont proches aussi par leur cheminement – ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain -, par leurs doutes, leurs questionnements… en un mot : leur humanité.
La Toussaint a été longtemps célébrée à proximité des fêtes de Pâques et de la Pentecôte. Ce lien avec ces deux grandes fêtes donne le sens originel de la fête de la Toussaint : goûter déjà à la joie de ceux qui ont mis le Christ au centre de leur vie et vivre dans l’espérance de la Résurrection.

Toussaint et Halloween, est-ce la même chose ?

Chaque année, le 31 octobre, c’est Halloween, une fête d’origine celte. N’est-ce pas, pour les catholiques, une occasion à saisir pour redécouvrir la Fête de tous les saints

Cette cérémonie festive, en l’honneur de la divinité Samain (dieu de la mort), permettait de communiquer avec l’esprit des morts. Ce jour-là, les portes entre le monde des vivants et celui des morts s’ouvraient : selon la légende, cette nuit-là, les fantômes des morts rendaient visite aux vivants.Pour apaiser les esprits, les villageois déposaient des offrandes devant leurs portes.

Cette fête est conservée dans le calendrier irlandais après la christianisation du pays, comme un élément de folklore, de carnaval. Elle s’implante ensuite aux Etats-Unis avec les émigrés irlandais de la fin du XIXème siècle où elle connaît, aujourd’hui encore, un immense succès. Halloween traversera ensuite l’Atlantique et arrivera en France essentiellement pour des raisons commerciales.

La « vraie lumière »

Halloween est avant tout un prétexte pour « faire la fête » et oublier les longues soirées automnales, souvent pluvieuses et tristes. La Toussaint, elle, est une fête beaucoup plus recueillie, « intérieure ». L’Eglise nous libère de cette peur de la mort en insistant, au jour de la Toussaint, sur l’espérance de la Résurrection et sur la joie de ceux qui ont mis les Béatitudes au centre de leur vie. Elle recentre sur le Christ, vainqueur de la mort.

Quelques passages d’ Évangile peuvent d’ailleurs éclairer ce débat (Jn 1, 9 ; Mt 5, 14 ; Ps 139, verset 12).

Fête de la peur et communion

Halloween est une fête de la peur. Les enfants « s’amusent » à se faire peur (aux autres et à eux-mêmes).  La Toussaint, au contraire, est une fête de la communion, communion avec les saints, le 1er novembre, et avec les morts, le 2 novembre. Communion de tous par et avec un Dieu d’Amour. Être en communion de pensée, par la prière, c’est être en lien, en
relation, en sympathie avec les autres. A contrario, cultiver la peur, c’est s’éloigner des autres, s’isoler d’eux, se replier sur ses peurs.

Le nouveau missel

La sortie prochaine d’une nouvelle traduction du Missel Romain représente une opportunité pastorale pour nos églises diocésaines. Elle est l’occasion de déployer la richesse et le sens de la célébration de l’Eucharistie selon l’ordo missae de 1970 promulgué par le saint Pape Paul VI. Il importe d’accompagner la réception des nouveautés accompagnant cette traduction mais peut-être surtout de l’inscrire dans un projet plus vaste au service de l’édification d’un peuple de louange et d’adoration. Cette édification s’opère de manière privilégiée dans la liturgie « par laquelle, surtout dans le divin sacrifice de l’Eucharistie, “s’exerce l’œuvre de notre rédemption”, (ce qui) contribue au plus haut point à ce que les fidèles, en la vivant, expriment et manifestent aux autres le mystère du Christ et la nature authentique de la véritable Église » (SC 2).

Mgr Guy de Kérimel
Président de la Commission Épiscopale pour la Liturgie et la Pastorale Sacramentelle

La nouvelle traduction du texte de la messe

Pourquoi une nouvelle traduction ? Dans son introduction, Mgr Aubertin rappelle que la réforme liturgique initiée par le concile Vatican II a conduit à la promulgation du nouveau Missel romain en 1970. C’était il y a bientôt cinquante ans ! Depuis, la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a procédé à deux nouvelles éditions typiques en latin, en 1975 et 2002, chacune d’elles apportant de légères modifications ou des ajouts. La traduction de la dernière édition latine pour les pays francophones se préparait donc depuis des années. Après un long travail mené avec ses homologues, la conférence épiscopale française a reçu pour sa part la confirmatio le 1er octobre 2019. L’éditeur a entamé le long travail de mise en forme du texte et de réalisation de l’ouvrage..

Certes il ne s’agit pas d’un nouveau missel mais seulement d’une nouvelle édition. Le premier dimanche de l’Avent 2021, les fidèles et les pasteurs reconnaîtront sans peine le texte de la messe. Pourtant, certaines prières ou réponses auxquelles ils s’étaient habitués vont changer. Parmi les changements, certaines prières ou préfaces sont révisées. On insiste davantage sur le silence pour une réception fructueuse de la parole de Dieu. La mention du terme « consubstantiel » remplace « de même nature » dans le Credo. Les formules de la préparation des dons et de la prière sur les offrandes sont renouvelées : « Nous avons reçu de ta bonté le pain que nous te présentons », « Priez, frères et sœurs : que mon sacrifice, et le vôtre, soit agréable à Dieu le Père tout-puissant ». L’invitation à la communion est enrichie : « Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ».

Des éclairages sur la nouvelle traduction et le Missel

Sans pouvoir livrer l’intégralité des changements, le livret publié par l’AELF fait le choix de mettre en avant les plus significatifs à partir du texte même de la nouvelle traduction, en les signalant aux lecteurs par la couleur bleue. Et certains passages sont accompagnés de quelques brefs commentaires des rites dans des encadrés en italique.

Avant cette présentation, plusieurs articles brefs et pédagogiques, rédigés par des acteurs du projet, apportent un éclairage précieux sur plusieurs thèmes de fond : ce qu’est un missel ; mieux comprendre les grandes parties du Missel pour redécouvrir que la messe forme un tout ; la prière eucharistique comme prière de toute l’L’assemblée liturgique est le rassemblement du Peuple par Dieu et face à Dieu pour la célébration de l’Alliance.assemblée ; mais aussi bien sur des thématiques liées à la nouvelle édition : Pourquoi fallait-il traduire à nouveau ? ; Faire de la réception des changements une œuvre ecclésiale à l’image du travail de traduction lui‑même… Une annexe propose des pistes pour échanger en groupes sur ces thèmes.

Très accessible, ce petit livret de 120 pages, fera date. Sa publication inaugure par ailleurs ce qui va se passer partout dans l’Église qui est en France ou dans les autres pays francophones : la mise à disposition de multiples ressources – notamment bien sûr sur liturgie.catholique.fr – et la proposition de nombreuses initiatives pour découvrir la nouvelle traduction du Missel romain. Cette découverte offre l’occasion de progresser ensemble, ministres et laïcs, dans l’intelligence du mystère pascal qui s’actualise au cours de nos célébrations eucharistiques. Comme l’indique la finale de l’introduction, ce mystère de la présence du Christ « se dit dans les mots de notre quotidien, mais, pour les transfigurer et leur donner leur poids de vie éternelle. Puisse ce livret vous aider à appréhender la nouvelle traduction du Missel romain avec joie et reconnaissance ».

Un éclairage sur le Nouveau Missel Romain

Parcours Alpha. Invitation

C’est une série de rencontres ouvertes sur le monde. Le Parcours Alpha Classic permet de parler spiritualité, de ses propres questions et convictions sur le sens de la vie. Après un temps convivial, une question différente est abordée ouvrant sur une discussion en petit groupe. Ces parcours sont organisés dans plus de 700 lieux en France (cafés, églises, maisons,…). Il y en a forcément près de chez vous.

ALPHA : C’est quoi ?

C’est une série de rencontres ouvertes sur le monde. Le Parcours Alpha Classic permet de parler spiritualité, de ses propres questions et convictions sur le sens de la vie. Après un temps convivial, une question différente est abordée ouvrant sur une discussion en petit groupe. Ces parcours sont organisés dans plus de 700 lieux en France (cafés, églises, maisons,…). Il y en a forcément près de chez vous.

C’est une série de rencontres ouvertes sur le monde. Le Parcours Alpha Classic permet de parler spiritualité, de ses propres questions et convictions sur le sens de la vie. Après un temps convivial, une question différente est abordée ouvrant sur une discussion en petit groupe. Ces parcours sont organisés dans plus de 700 lieux en France (cafés, églises, maisons,…). Il y en a forcément près de chez vous.

C’est aussi une opportunité de comprendre et découvrir les bases de la spiritualité chrétienne.

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À Calais, le Secours Catholique dénonce la violence contre les migrants

Trois personnes dont l’aumônier du Secours Catholique sont en grève de la faim depuis le 11 octobre pour interpeller les pouvoirs publics sur la dégradation des conditions de vie des demandeurs d’asile. Ils demandent notamment la fin des démantèlements de campements durant la trêve hivernale.

Olivier Bonnel – Cité du Vatican

À Calais, dans le Nord de la France, la situation des migrants est de plus en plus préoccupante. La dégradation constante de leurs conditions de vie devient une préoccupation grandissante pour les acteurs sur le terrains, associations en tête. Le Secours Catholique Caritas France, au sein d’un collectif intitulé «Faim aux frontières» a lancé une pétition en ligne pour interpeller les pouvoirs publics, demandant la suspension des expulsions quotidiennes et des démantèlements de campements durant la trêve hivernale mais aussi l’arrêt de la confiscation des tentes et des effets personnels des demandeurs d’asile.

«Depuis plusieurs années, souligne le collectif des associatifs, des militants et des personnes exilées alertent sur la situation inhumaine qui s’inscrit dans le Calaisis» peut-on lire dans le texte de cette pétition qui dénonce formes quotidiennes de «violences psychologiques et physiques à l’encontre des personnes exilées». Celles-ci prennent des formes multiples, expliquent les associations d’aide aux migrants: expulsions toutes les 48h voire quotidiennes; confiscation et destruction des effets personnels; multiplication des arrêtés anti-distribution de nourriture et d’eau; humiliations; coups et blessures de la part des forces de l’ordre, etc.

Un dialogue de sourds avec les autorités

Le père Philippe Demeestere, (à droite), aumônier local du Secours catholique et un couple de Calais sont en grève de la faim.

Le Secours Catholique dénonce un dialogue impossible avec les autorités à tel point que trois personnes ont entamé une grève de la faim dans l’église Saint-Pierre de Calais pour se faire entendre. Parmi eux le père Philippe Demeestere, l’aumônier du Secours catholique de Calais. Le 14 juillet par exemple, le prêtre raconte qu’une demande de non-expulsion avait été formulée auprès de la sous-préfecture, demande restée sans réponse. Et les expulsions de demandeurs d’asile ont néanmoins eu lieu. 

Le père Demeestere se désole de faire face à une «mécanique devenue inhumaine» d’un État qui doit répondre à des considérations dictées par un agenda politique. Selon lui en effet, le climat de campagne électoral en France explique en partie cette réponse uniquement sécuritaire à un drame humanitaire. 

Entretien avec le père Philippe Demeestere

On s’est habitué à beaucoup de choses à Calais, à une maltraitance ordinaire des exilés, et il est important de dire de la part de citoyens que ça suffit! Les consciences sont commes anesthésiées par l’habitude, endormies par des prudences qui sont largement partagées, jusque dans nos églises, pour ne pas créer du désordre, et il est important de manifester à travers ce moyen d’expression. On ne veut pas que cela perdure. Nos revendications sont très simples: elles portent uniquement sur la période hivernale. Il s’agit simplement de faire droit à la plus simple humanité et de permettre ici aux exilés de ne pas être expulsés durant l’hiver, de ne pas se voir confisquer leurs tentes ou leurs effets personnels. Le gouvernement fait le minimum et le fait mal parce qu’il n’y a pas de véritable volonté d’accueil derrière. Il s’agit ici de dégoûter les gens, en leur pourissant la vie, de demeurer en France.

Vous dénoncez un dialogue de sourds avec les pouvoirs publics?

Si les Français ont accepté de mettre la frontière de la Grande-Bretagne en France, ce n’est pas simplement moyennant l’apport financier britannique pour bâtir des murs et des grillages sur la ville de Calais, mais c’est aussi que les exilés sont devenus prétexte à marchandage. Rien n’est mis sur la table et c’est cela qui fausse toutes les rencontres avec les autorités. En face de nous nous n’avons pas des gens qui sont libres. Les mots aussi sont détournés de leur sens. Le gouvernement prétend qu’il pratique une politique d’accueil et de fermeté, mais d’accueil il n’y a rien! Tout ce qui est pris en charge effectivement par le gouvernement ce sont des actions minimales telles qu’elles ont été ordonnées par les autorités judiciaires. C’est toujours avec le pied sur le frein et la marche-arrière enclenchée que le gouvernement fait le minimum et le fait mal, parce qu’il n’y a pas de vraie volonté d’accueil. Ce qui se passe ici n’a pas lieu dans un pays à 10 000 kilomètres, à propos duquel on pourrait dire « on ne peut rien faire ». L’abbé Pierre parlait « d’insurrection des consciences », il y a bien quelque chose de cela qui doit se produire. 

Pétition lancée, à signer sur le net

Le pardon, espace inviolable

La « querelle » du secret de la confession entre le ministre de l’Intérieur et le président de la Conférence des évêques de France « ébahit » notre chroniqueur. Même si les deux hommes ont calmé le jeu, Xavier Patier estime que le sanctuaire du pardon doit rester inviolable.

Xavier Patier – Publié le 18/10/21

Que les propos de Mgr de Moulins-Beaufort sur le secret de la confession aient surpris les médias, c’est cela qui est surprenant. Le journal Libération, laïque successeur de l’esprit chagrin de Port Royal, s’offusque ainsi des propos de l’archevêque de Reims. Il s’émeut dans son titre principal, du « dangereux calcul du chef des évêques », accusé de défendre le secret de la confession. Comme s’il y avait calcul, et comme si un danger quelconque venait de l’épiscopat ! Comment craindre les calculs d’un épiscopat souffrant, déconsidéré et démuni, qui assume comme il peut les scandales dont le rapport Sauvé a donné les détails ? Nous voyons bien que nos évêques n’en sont plus à calculer. Ils disent chacun à sa manière, au milieu de la tempête : « Sauve-nous Seigneur, nous périssons. »

Temporel et spirituel

Je croyais que, depuis 1905, l’Église et l’État étaient séparés en France. J’ai été, comme tout le monde, interloqué de voir qu’un ministre de l’Intérieur “convoquait” le président de la conférence des évêques comme un simple chef de bureau, et que ce dernier, comme au temps du Concordat, n’avait d’autre issue que de s’exécuter.

Je croyais qu’il existait deux ordres, le temporel et le spirituel, et qu’il était aussi vain, s’agissant de l’Église catholique, de discuter de la hiérarchie des normes entre le droit canonique et le droit séculier que de s’inquiéter du sexe des anges (lui aussi devenu incertain, il est vrai). J’ai été, comme tout le monde, ébahi de découvrir que le droit canon faisait partie de notre droit positif, à une place éminente ou non, bref à une certaine place nichée au milieu de notre arsenal juridique séculier. Ébahi de voir que le président de la Conférence des évêques se trouvait sous l’autorité hiérarchique d’un ministre, sur des sujets relevant de nos consciences.

Le dernier espace civilisé

Mais Libération n’y peut rien, c’est Mgr de Moulins-Beaufort qui a raison. Le danger n’est pas dans un supposé calcul dangereux du président des évêques, mais dans la confusion dangereuse du spirituel et du temporel, dont la séparation a fondé notre civilisation. Le droit canon de l’Église a vécu pendant des siècles dans des systèmes juridiques de toutes natures, sous des régimes de toutes espèces, sans avoir à s’y intégrer : car ces deux droits ne parlent pas de la même chose. Le secret absolu de la confession est indivisible de la réalité spirituelle. Il n’est pas séculier. Il est le dernier espace civilisé, dans un monde qui perd chaque jour un peu de sa civilisation.

S’il existe une civilisation chrétienne, ou plutôt s’il n’existera jamais de civilisation chrétienne au sens où les forts et les puissants l’entendent, c’est parce que le Royaume fondé par le Christ repose sur ce qui est le plus opposé au droit, le plus opposé à l’État, le plus opposé à l’ordre public, le plus opposé à l’institution judiciaire que tout ce qui se peut concevoir : le pardon. Le pardon est un espace inviolable. Il doit le rester. 

Bien sûr, il faut que les criminels se dénoncent, et il faut que chacun mette les faibles à l’abri des prédateurs. Mais s’il n’y a plus de secret de la confession, il n’y aura plus de confession du tout. Voulons-nous un monde dur, un monde impitoyable ? Renonçons au secret de la confession.

Xavier Patier, né 5 mars 1958 à Brive-la-Gaillarde, est un haut fonctionnaire et un écrivain français.Il est l’un des petits-fils de l’ancien ministre du Général de Gaulle, Edmond Michelet, chrétien et grand résistant,

Le Dimanche, un jour pour ne rien faire ?

Quand on pense au shabbat, dans le judaïsme, on pense à “ne rien faire”. La racine a donné naissance à de nombreux autres mots en hébreu moderne: faire la “SHeBiTa”, c’est faire la grève ! c’est s’arrêter de travailler. Alors, le samedi, on se tourne les pouces ?

Se souvenir du repos de la Création

Le récit biblique nous dit bien que Dieu “arrêta toute l’œuvre que lui-même avait créée”: le verbe est bien “arrêter” mais pour autant Dieu ne se tourne pas les pouces.
Le récit nous dit aussi qu’en ce jour, Dieu a tout achevé, c’est-à-dire a tout mené à sa perfection et surtout que Dieu “sanctifia” ce jour, lui donna un caractère sacré. Dans la pensée biblique juive, être sacré, c’est être “mis à part”. C’est donc un jour saint donc à part.
Et pourquoi l’homme, lui aussi, doit-il arrêter toute activité de création? Pour célébrer la Création, première alliance de Dieu avec les hommes, et contempler la beauté de cette dernière.
Ainsi donc, le Shabbat, on s’arrête de travailler pour se souvenir de l’Alliance. Le peuple qui garde le shabbat est à son tour un peuple qui devient saint.
« Vous observerez bien mes sabbats, car ce sera entre moi et vous, au fil des générations, un signe auquel on reconnaîtra que je suis l’Éternel qui vous considère comme saints. Vous respecterez le sabbat, car il est saint pour vous. » (Exode 31, 13–14)
Le shabbat, une expérience de libération
Mais l’Homme pécha, mit fin à cet éternel repos contemplatif du shabbat, celui du Paradis. Adam et Eve furent expulsés du repos paradisiaque et durent tout faire à la sueur de leur front, furent réduits en esclavage en Égypte.
Dieu décida alors de leur faire faire l’expérience du repos en les libérant du travail forcé et de l’esclavage. Dieu fit sortir son peuple d’Égypte grâce à Moïse et leur redonna le shabbat, ce jour du repos, sur le Mont Sinaï.
Pendant ce jour du shabbat, on se souvient de la libération, du salut et de la Rédemption que Dieu a accomplis en faveur de son peuple:


« Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu. Tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton esclave, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l’étranger qui habite chez toi, afin que ton esclave et ta servante se reposent comme toi. Tu te souviendras que tu as été esclave en Egypte et que l’Eternel, ton Dieu, t’en a fait sortir avec puissance et force. » (Deutéronome 5, 12–15)
De même, tous les 7 ans, on doit laisser la terre se reposer, la laisser en jachère. Tous les 7 fois 7 ans, c’est-à-dire tous les 50 ans, c’est l’année du jubilé où les terres sont redistribuées.
Ce jour de shabbat est donc celui de la célébration de la Création et de la célébration de la Rédemption. Un jour de joie et de délices:
« (…) si tu considères le sabbat comme un plaisir, le jour saint de l’Eternel comme digne d’être honoré, et si tu l’honores en ne suivant pas tes voies habituelles, (…) alors tu trouveras ton plaisir dans l’Eternel. » (Isaïe 58,13–14).
Le Shabbat, espace de temps rempli par la présence de Dieu, communique la vie de Dieu à qui le pratique. Dieu veut redonner ce repos de la Création aux hommes qui l’ont perdu, toute l’entreprise divine est de nous remettre dans l’état de la Création, avant le péché, ce péché qui défigure l’homme.
Et le dimanche ? nouveau shabbat ?
Jésus a commencé sa mission à la synagogue de Nazareth un shabbat pour annoncer une nouvelle ère de repos en Dieu. Plusieurs fois, les évangiles nous montrent Jésus qui renouvelle le sens du shabbat: Jésus est le maître du shabbat, c’est-à-dire que lui seul peut réellement rétablir l’ordre premier de la Création, nous ramener au repos perdu par le péché. Mais Jésus va encore plus loin…
Pendant le samedi saint, jour de shabbat, Jésus est au tombeau, recrée patiemment le monde et il sort de la tombe le dimanche, le 8ème jour, le jour de la Création nouvelle.
Le dimanche est le huitième jour, le jour du Messie : à la fois dernier jour de la semaine et premier jour de la semaine, il montre que nous vivons dans un temps nouveau : il annonce une fin définitive du temps. Nous en avons déjà l’avant-goût aujourd’hui et maintenant.

Ne pas travailler le dimanche, respecter un nécessaire arrêt du travail, c’est se rappeler que nous sommes appelés à nous souvenir de la Création, du Salut offert à Israël et de son accomplissement dans Jésus-Christ par sa Résurrection.
Nous avons besoin de ce jour spécial pour célébrer cette vie donnée en abondance par Dieu comme signe de sa sainteté mais aussi de la nôtre. Le dimanche nous rappelle ainsi que nous ne sommes pas esclaves du temps mais que c’est dans ce temps que nous sommes appelés à la vie, au salut, au vrai repos, ce vrai repos qui nous avait été donné au Paradis, lors de la Création.