Afghanistan : les enfants jetés par-dessus les barbelés « sont les visages du Christ », lance Roberto Benigni

Réalisateur du film « La Vie est belle », Roberto Benigni a lancé un vibrant appel à la solidarité avec le peuple afghan lors de la remise d’un prix le 28 août dernier.

Camille Dalmas – Publié le 30/08/21 – Mis à jour le 30/08/21

Le réalisateur de La Vie est belle a livré un témoignage très touchant lors d’une cérémonie de remise d’un prix spécial décerné par la ville italienne de Viareggio (Toscane), le 28 août dernier. Alors qu’on lui demandait si l’humour tendre employé dans son chef-d’œuvre pour raconter le drame de la Shoah pouvait s’appliquer aux drames d’aujourd’hui, il a répondu que le temps jouait un rôle important qu’on ne pouvait pas négliger. 

Il a souligné l’importance du travail de mémoire qui avait été effectué à l’issue de l’Holocauste et que l’actualité ne permettait pas. « J’ai raconté la Shoah avec ironie parce qu’il s’agissait d’une fiction médiatisée par l’art, tandis que les images provenant d’Afghanistan sont la réalité tragique qui ne peut pas encore être traitée avec ironie ». 

Nous vivons dans un monde de réfugiés.

Photo Asaad Hanna

Roberto Benigni a décrit les images de la fuite de Kaboul rapportées par les médias comme « insupportables ». « On ne peut avoir recours à l’ironie, parce que c’’est trop présent, cela a besoin de temps », a-t-il souligné. 

L’Italien a ensuite cité l’écrivaine juive Edith Bruck qui a survécu aux camps de concentration : « Nous vivons dans un monde de réfugiés ». Et a commenté, se référant aux images qui ont fait le tour du monde sur toutes les télévisions ces derniers jours : « Edith a raison et mon cœur est un réfugié de voir les mères qui jettent leurs enfants par-dessus les barbelés. Ce sont tous les visages du Christ et nous ne pouvons qu’aider ces personnes. Il n’y a rien d’autre à faire. »

Allons à l’essentiel…

La foi en Jésus Fils de Dieu notre Sauveur par une conversion réelle et profonde

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,


La parole de Dieu ce dimanche nous invite à aller à l’essentiel. Nous voyons Jésus qui s’attaque aux pharisiens et aux scribes qui restent accrochés à des pratiques extérieures sans se préoccuper d’une conversion réelle qui permet d’atteindre le cœur de Dieu pour vivre de et dans son amour. La garniture rend un plat attrayant mais l’essentiel demeure la saveur du menu. Si nous nous contentons des pratiques extérieures sans nous préoccuper de nous détourner des idoles du temps présent et des maux que souligne Jésus dans l’évangile : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure, notre foi ne nous servira à rien.

C’est l’essentiel du message de Jésus que Marc souligne fort bien au début de son évangile

Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.

Nous vivons parfois des querelles dans nos communautés qui nous séparent de l’essentiel qu’est Jésus venu nous révéler l’amour du Père.

Bonne semaine à tous

Le ministère d’été du Père Oscar s’achève.

« Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur »

Ps 115,12-13

Chers frères et sœurs,

      Je suis à la fin de mon ministère d’été dans le diocèse de Luçon, en terre vendéenne. Je retourne dans mon pays, la R. D. CONGO. Je suis très content de mon séjour. L’Église, famille des enfants de Dieu est une, sainte, catholique. Je l’ai remarqué par votre hospitalité. Vous m’avez bien accueilli. Merci.

Dans toutes les églises où je suis passé, les célébrations sont priantes. Tout le monde chante. L’Esprit de Dieu est à l’œuvre en pays vendéen. Il produit ses fruits : beaucoup de fidèles de tous les âges à la messe : adultes, femmes et hommes, jeunes et enfants. Beaucoup de baptêmes, …

Je loue la disponibilité et le dévouement des bénévoles du secours catholique de la paroisse Notre Dame de Lumière. Votre sensibilité, votre compassion, votre attention aux pauvres et aux démunis m’ont beaucoup touché. C’est très bien ce que vous faites, chers bénévoles. Mais comme l’a dit saint Paul : « Faites davantage ». Le même saint Paul a encore dit : « Quant à vous, frères, ne vous lassez pas de faire le bien » 2 Th 3,13.

Merci chers bénévoles pour votre charité vécue en actes !

Merci à tous les fidèles des deux paroisses, Notre Dame de Lumière et Saint Jacques du Val Graon. Un grand merci au père Verkys, curé des deux paroisses.

Quand l’occasion se présentera encore, je reviendrai chez vous. Vraiment je me suis senti comme chez moi, ici, chez vous. Je garde le contact avec vous. « Loin des yeux, près du cœur » dit-on.

A nous revoir une autre fois, si Dieu le veut.

Encore une fois, merci pour tout !

Salut à tous !

1er sept – 4 oct : le Temps pour la Création

L’Oikos (foyer) de Dieu, notre maison commune

Le Temps pour la Création se prépare : comme chaque année, il aura lieu dans le monde entier du mercredi 1er septembre au lundi 4 octobre et le thème pour 2021 est « Une maison pour tous ? Renouvellement de l’Oikos de Dieu ». 

Depuis 2015 les catholiques, protestants, orthodoxes sont invités à vivre dans le monde entier un “Temps pour la Création”. Le lancement de cette initiative coïncide avec la parution de l’encyclique Laudato Si. “Le dicastère romain pour le service du développement humain intégral invite les catholiques à rejoindre cette initiative en faveur de la maison commune à travers de nombreux temps de prière et d’action“.

L’évènement se déroule du 1er septembre au 4 octobre avec chaque année un thème qui sert de fil rouge. Cette année, en 2021, a été choisi le thème “Une maison pour tous ? Renouvellement de l’Oikos de Dieu“. L’Oikos en grec ancien, signifie le foyer, la maisonnée. 

AGIR ET S’ENGAGER POUR LA CRÉATION

Cette initiative mondiale oecuménique est “un temps pensé pour renouveler notre relation avec notre Créateur et avec toute la création en célébrant, en changeant et en nous engageant ensemble à agir.” précise de le label Eglise Verte.

La maison commune, la Terre, est symboliquement représenté par la tente d’Abraham et de Sarah. Ceux-ci ont accueilli trois étrangers, qui se sont avérés être des anges (Genèse 18). Ce passage de la Bible nous invite à une hospitalité envers les humains et toutes les créatures dans notre maison commune, le foyer de Dieu.

Chaque paroisse est libre d’organiser un programme en lien avec ce thème.

GUIDE POUR LES CÉLÉBRATIONS

Le pape François prie pour Haïti

Alors qu’un séisme dévastateur a frappé Haïti samedi 14 août, le bilan provisoire fait état de près de 1.300 morts essentiellement dans le sud-ouest du pays, épicentre du cataclysme. Quand le Premier ministre, Ariel Henry, décrétait l’état d’urgence pour une durée d’un mois, le pape François a apporté son soutien à la population haïtienne et demandé à la communauté internationale d’intervenir.

Lauriane Vofo Kana – avec I.Media – Publié le 16/08/21 – Mis à jour le 17/08/21

Haïti s’est réveillé ce lundi 16 août en comptant ses morts. Si les opérations de secours se poursuivent dans l’espoir de retrouver des survivants, le tremblement de terre survenu samedi 14 août vient affaiblir un pays déjà durement frappé. D’une magnitude de 7.2 sur l’échelle de Richter, le séisme a été ressenti jusqu’à Cuba. Le dernier bilan provisoire dénombre 1.297 morts et plus de 5.700 blessés. Dans le département de Nippes, au sud-ouest de l’île, les dégâts sont les plus visibles. C’est là que se trouve l’épicentre du séisme meurtrier.

Habitations, églises, commerces, des milliers de bâtiments n’ont pas résisté à l’onde de choc. La maison des évêques a également été durement touchée. Le cardinal Chibly Langlois, évêque des Cayes, qui s’y trouvait a été blessé. Des milliers de Haïtiens sont désormais sans abris.

La prière du pape François

Lors de l’Angélus dimanche 15 août, le pape François a apporté son soutien à la population haïtienne et demandé à la communauté internationale d’intervenir. Il s’est dit proche des « chères populations durement frappées » par la catastrophe. Le souverain pontife a terminé son intervention en invitant les pèlerins place saint-Pierre à réciter avec lui un “Je vous salue Marie” pour Haïti.

Puisse la solidarité de tous atténuer les conséquences de cette tragédie.

Pape François

Ce n’est pas la première fois que le pays des Caraïbes est durement touché de la sorte. En 2010, un autre tremblement de terre de force similaire avait entrainé la mort de 280.000 personnes. En 2018, un séisme plus faible avait touché la capitale Port-au-Prince, faisant cette fois-ci moins d’une vingtaine de morts. 

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, a également exprimé sa proximité à son homologue haïtien Mgr Launay Saturné. « Une fois de plus, votre pays est menacé par la violence de la nature, alors que celle des hommes continue ses ravages. Les évêques, tout spécialement, prient pour vous et vos confrères, appelés à porter une parole de vérité et d’espérance. »

La Perle des Antilles traverse par ailleurs une grave crise politique, exacerbée par l’assassinat de son président Jovenel Moïse le 7 juillet dernier. À cela s’ajoute une situation sanitaire critique et une crise sociale profonde. La tempête tropicale Grace et les pluies attendues dans les prochains jours font craindre des inondations qui compliqueraient le travail des secours.

Rentrée : le port du masque à nouveau obligatoire dès le CP

Si les plus optimistes formaient encore le secret espoir de voir les élèves de primaire exemptés du masque à l’école, le ministre de l’Education Nationale l’a fait s’évanouir dans un entretien au JDD publié ce samedi 21 août.

Mathilde de Robien – Publié le 22/08/21 – Mis à jour le 22/08/21

La rentrée se fera masquée, pour tous les élèves à partir du CP. Bien que les quatre scénarii prévus par le nouveau protocole sanitaire comprennent des mesures différentes selon le niveau de circulation du virus, « pour l’instant, les conditions de la rentrée seront identiques partout en métropole », a déclaré Jean-Michel Blanquer dans un entretien au JDD. Le ministre de l’Education nationale a dévoilé quel « niveau » du protocole sanitaire sera mis en application pour la rentrée scolaire le jeudi 2 septembre. Il s’agit du niveau 2, ou jaune, induisant le port du masque dès l’école primaire dans les espaces clos.

Une mesure qui divise psychologues et enseignants. Pour Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne et psychothérapeute, « masquer les enfants pour une maladie qui ne les concerne pas signifie notre défaite de la pensée et notre perte de dignité ». Dans une tribune au Figaro publiée en mai dernier, elle alertait sur les effets psychologiques dramatiques du port du masque sur les plus jeunes. « Le développement physique, neurologique, cognitif, émotionnel, social d’un enfant exige autre chose que des journées masquées », souligne-t-elle. Laurence, professeur de philosophie, confiait à Aleteia les difficultés de communication avec ses élèves. « Je ne vois pas leurs visages, donc je ne sais pas si mes élèves comprennent ! », déplorait-elle. « On a besoin du visage de l’autre tout simplement pour entrer en contact avec lui, et lui a besoin du nôtre aussi ».

Pragmatiques, Bernadette Lemoine et Véronique Lemoine-Cordier, psychologues et psychothérapeutes, invitent à préparer et informer son enfant. Si les plus grands sont habitués au port du masque toute la journée, les élèves de CP vont devoir en faire l’expérience cette année. Préparons-les en les informant qu’ils devront désormais porter un masque, soulignaient-elles auprès d’Aleteia. Rejoignons-les sur le côté désagréable, car il est vrai que le masque nous empêche d’être pleinement en relation avec l’autre, mais expliquons-leur que c’est une protection, que le virus n’est pas dangereux pour eux mais qu’il peut l’être pour les adultes. C’est aussi l’occasion de redonner de l’importance aux yeux, au regard. « Apprenez-leur à communiquer davantage avec les yeux, c’est très important ! Cela commence tout simplement par regarder dans les yeux son interlocuteur », précisent les spécialistes. Un point de vue qui rejoint celui de Cicéron qui a cette belle phrase dans son traité sur la rhétorique De Oratore : « Le visage est l’image de l’âme, et les yeux en sont l’emblème. Car c’est la seule partie du corps qui, à tous les mouvements de l’âme, puisse faire correspondre autant d’expressions changeantes ».

Vices et vertus à l’école du pape François : la charité et la jalousie

Dans un livre-entretien réalisé avec le prêtre Marco Pozza, aumônier de la prison de Padoue (Italie), le pape François revient avec justesse sur les sept vertus qui mènent au salut et les sept vices qui leur correspondent et qui aboutissent à la perdition. « Il y a des gens vertueux, il y a des gens vicieux, mais la majorité d’entre nous est un mélange de vertus et de vices », explique-t-il. « Certains sont doués pour une vertu, mais ont une faiblesse. Parce que nous sommes tous vulnérables ». Aujourd’hui, la charité et la jalousie. (6/7)

Agnès Pinard Legry – Publié le 21/08/21

Qu’est-ce que la charité ? La réponse est simple : elle est l’amour de Dieu pour ce qu’il est et l’amour du prochain. C’est un double mouvement qui n’en fait qu’un. « La charité est une merveilleuse vertu, mais ce n’est pas une prestation ou une aumône à faire pour apaiser sa conscience », met en garde le pape François dans le livre Vices et vertus. « La charité, c’est l’amour, et elle a son origine et son essence en Dieu lui-même : la charité, c’est l’étreinte de Dieu notre Père à tout homme, particulièrement à ceux qui ont une place spéciale dans son cœur, les derniers, les souffrants. »

Solidarité et altruisme sont de splendides vertus « humaines » ; mais la charité est une vertu « surnaturelle ».

Si nous considérions la charité comme une prestation, « l’Église deviendrait une agence humanitaire »», reprend-t-il. Mais l’Église n’est rien de tout cela, il s’agit de quelque chose de différent et de beaucoup plus grand : c’est, dans le Christ, le signe et l’instrument de l’amour de Dieu pour l’humanité et pour toute la création. « Solidarité et altruisme sont de splendides vertus « humaines » ; mais la charité est une vertu « surnaturelle » », conclut le souverain pontife.

À l’opposé de la charité se trouve la jalousie. Comme à son habitude, le Pape utilise un langage imagé pour la définir. « La jalousie et l’envie sont le vice « jaune », jaune comme la jaunisse, cette affection du foie qui fait que vous devenez jaune », avance-t-il. Pensons à toutes les bagarres nées de la jalousie, à toutes les calomnies fabriquées par la jalousie, car la jalousie n’a aucun scrupule. « Elle se débrouille toute seule et, si elle doit tuer, elle tue avec sa langue », affirme le pape François. « Si elle doit salir, elle salira toujours les autres pour qu’ils n’aient pas ce que j’ai, pour qu’ils ne grandissent pas ».

Après la conquête de l’Afghanistan par les talibans, prions pour ce pays et ses habitants

image par Françoise Foliot — Collection particulière Wikimédia France, Paris,

La conquête de l’Afghanistan par les talibans est une tragédie de plus dans l’histoire de ce pays et un événement politique majeur pour la paix dans le monde.
La Conférence des évêques de France invite les catholiques et plus largement, tous les hommes et les femmes de bonne volonté, à prier pour ce pays et ses habitants, en particulier pour celles et ceux qui seront le plus menacés par ce nouveau pouvoir et par l’idéologie qu’il porte. Nous pensons notamment aux femmes, aux jeunes filles, à tous ceux qui portaient, jusqu’à ce jour, la voix de la liberté, de la dignité humaine et des droits de l’homme, et aux chrétiens de ce pays. Nous prions pour que l’Afghanistan puisse se construire dans le respect des personnes, hommes, femmes et enfants et de leurs droits, en particulier celui de la liberté religieuse.
Nous nous réjouissons de l’engagement du Président de la République à ce que les Afghans ayant aidé la France et ses forces, soient accueillis sur notre sol national et qu’il leur soit offert de s’intégrer à notre nation autant qu’ils le souhaiteront.
Nous voulons nous souvenir tout spécialement des soldats français qui ont donné leur vie sur le sol afghan afin de protéger notre pays du terrorisme, mais aussi pour servir la paix auprès de la population afghane. Nous pensons particulièrement à leurs familles aujourd’hui.
La Conférence des évêques de France invite à ne pas oublier dans la prière les autres pays en guerre civile comme l’Éthiopie, si cruellement déchirée, le Liban, en recherche d’un nouveau système politique et en grande crise économique et sociale, et Haïti, qui a besoin de l’aide de tous.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort,
archevêque de Reims,
Président de la Conférence des évêques de France

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Ceci peut vous intéresser: Peur et incertitudes chez les Afghans après la chute de Kaboul

Le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan suscite la peur chez beaucoup d’Afghans, et principalement chez les femmes qui craignent le retour du carcan que les fondamentalistes leur avaient imposé entre 1996 et 2001, lors de leur première expérience au pouvoir. L’incertitude sur l’avenir et sur la manière dont les talibans vont gouverner est également très prégnante.

Vatican news Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Les Afghans sous le choc

De son expérience de dix années en Afghanistan, entre 2000 et 2010, Charlotte Dufour, consultante indépendante sur les systèmes alimentaires, qui collabora à l’époque avec différentes ONG et institutions internationales comme la FAO, a gardé de nombreuses amitiés dans le pays. Depuis plusieurs jours, elle est en contact permanent avec les hommes et surtout avec les femmes avec qui elle a notamment travaillé. Tous lui ont confié leurs peurs et leurs incertitudes quant à leur avenir et celui de leur pays.

Les Afghans sous le choc

«Certains sont menacés directement de par leur appartenance à une minorité ethnique ou religieuse, ou de par le fait que ce sont des femmes qui ont beaucoup œuvré pour l’amélioration des conditions de vie des femmes, confie Charlotte Dufour. D’autres sont résilients – enfin, ils sont tous résilients ! – gardent leur calme et disent ‘‘on reste, on essaie de construire sur l’existant’’. Je pense qu’il y a beaucoup d’interrogations : est-ce que les discours tenus par les Talibans seront réels ?» s’interroge-t-elle. Or, «la réalité sur le terrain est plus contrastée : on voit beaucoup de violence, de menaces».

Les contacts de Charlotte Dufour lui racontent avoir peur de voir «des voitures avec des talibans armés circuler sous leurs fenêtres», lui décrivent la ruée sur les banques pour retirer ses économies dans la crainte de ne plus y avoir accès. Ils lui expriment «le choc» de l’arrivée soudaine des fondamentalistes à Kaboul et préfèrent se cacher en attendant de voir comment la situation va évoluer.

Les risques pour les femmes

Les risques pour les femmes

Les femmes craignent «les intimidations, les représailles» mais ce qui domine, c’est la peur de l’inconnu et le sort des jeunes filles qui dans certaines régions du pays déjà sous la coupe des talibans sont mariées de force. Pour celles qui ont connu la domination des fondamentalistes entre 1996 et 2001, il y a «la peur de devoir rester chez elles, à ne plus avoir de mobilité, à ne plus avoir accès à l’éducation, à l’emploi». Lors de ce premier régime, Charlotte Dufour, qui était présente sur place, se souvient que la population vivait dans «la peur constante», y compris les hommes qui pouvaient se faire battre pour une barbe trop courte, ou pour être en retard à la prière à la mosquée.

Face aux risques qu’encourent les femmes et les jeunes filles, «la communauté va devoir être extrêmement présente, être vraiment là, à l’écoute, à leur côté ; les médias ont un rôle très important de témoins, de relais pour faire le maximum afin de préserver au mieux les acquis en matière de conditions de vie de la femme», estime la consultante.

Dans ce contexte, conclut Charlotte Dufour, «c’est important de penser et de prier pour les Afghans. L’Afghanistan est aussi un pays de lumière, les Afghans sont des personnes extrêmement courageuses, résilientes qui malgré tout, restent prêtes à agir et à être solidaires les uns envers les autres».

Entretien avec Charlotte Dufour, consultante alimentaire sur les femmes à Kaboul

«Se vacciner est un moyen de promouvoir le bien commun»

Dans un nouveau message vidéo, le Pape François lance un appel à se faire vacciner. Un message enregistré en particulier pour les populations d’Amérique Latine.

Vatican.news

Le Pape François invite une nouvelle fois à la vaccination face au Covid 19. Dans un message vidéo enregistré en espagnol, le Saint-Père s’adresse en particulier aux populations d’Amérique Latine, où de nombreuses personnes n’ont toujours pas reçu d’injection vaccinale. Le Pape s’associe en effet à un message conjoint lancé par plusieurs hautes personnalités de l’Église latino-américaine: les cardinaux Hummes, archevêque émérite de Sao Paulo, le cardinal Oscar Maradiagua, archevêque de Tegucigalpa, le cardinal Carlos Aguiar Retes archevêque de Mexico, le cardinal Rosa Chavez, évêque auxiliaire de San Salvador ainsi que Mgr Miguel Cabrejos archevêque de Trujillo au Pérou et actuel président du Celam.

«Dans un esprit fraternel, je m’associe à ce message d’espérance pour un meilleur avenir» explique le Pape dans ce message. «Grâce à Dieu et au travail de nombreuses personnes, nous disposons aujourd’hui de vaccins pour nous protéger du Covid-19. Ils donnent l’espoir de mettre fin à la pandémie, mais seulement s’ils sont accessibles à tous et si nous travaillons ensemble» poursuit le Saint-Père. 

Un acte d’amour

«Vacciner, avec des vaccins autorisés par les autorités compétentes, est un acte d’amour», souligne François, «Et contribuer à ce que la plupart des gens soient vaccinés est un acte d’amour». L’amour est également social et politique explique le Pape, «il est universel, toujours débordant de petits gestes de charité personnelle capables de transformer et d’améliorer les sociétés».

«Se vacciner est un moyen simple mais profond de promouvoir le bien commun et de prendre soin les uns des autres, poursuit le Souverain Pontife dans son message,  notamment des plus vulnérables». «Je demande à Dieu, conclut le Saint-Père, que chacun de nous puisse apporter son petit grain de sable, son petit geste d’amour. Aussi petit soit-il, l’amour est toujours grand. Contribuez par ces petits gestes à un avenir meilleur».

L’Afghanistan, encore une fois

Les talibans ont su maîtriser la guerre révolutionnaire, leur permettant de s’emparer de l’Afghanistan et d’infliger une humiliante défaite aux Américains. Mais loin d’être un retour à la situation de 2001, c’est une nouvelle page qui s’ouvre, pour l’Asie centrale et pour le monde musulman.

Jean-Baptiste Noé – Publié le 17/08/21 Aleteia.org

L’entrée des talibans dans Kaboul ravive les souvenirs d’il y a vingt ans : l’assassinat du commandant Massoud le 9 septembre 2001, les attentats du 11, deux jours plus tard, l’intervention militaire d’une vaste coalition en octobre ; le basculement dans un nouveau monde, le sentiment que le XXIsiècle venait de commencer et qu’il serait américain. Deux décennies plus tard, les Américains n’ont pas encore fini de rapatrier leurs personnels de Kaboul que les talibans sont déjà installés au palais présidentiel. Le gouvernement qu’ils ont maintenu en place et les forces de sécurité formées à coups de milliards ne comptent plus ; tout s’est envolé en quelques heures quand, la semaine dernière encore, beaucoup pensaient que les talibans ne prendraient pas la capitale.   

Ne voyons pas dans ce chassé-croisé un retour en arrière, comme si la situation afghane revenait à celle de 2001 : c’est bien l’histoire qui avance et nous ne sommes ni à Saïgon en 1975 ni face aux Twin towers en 2001. Effet de génération d’abord : les hommes de 2001 ont vingt ans de plus ; effet de la marche du monde enfin : les acteurs d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’hier.   

Talibans : une stratégie militaire rôdée et efficace  

Les talibans ont fait preuve d’un grand sens tactique, sachant se trouver des alliés sur la scène internationale et négocier avec les clans afghans. Leurs chefs ont réussi une prouesse militaire qui restera dans les annales de la guerre révolutionnaire, avec un budget et une qualité de matériel très faibles. Leur contrôle du pays a reposé sur une infiltration commencée dès leur départ en 2002. Ils ont su se reconstruire à l’abri de la protection pakistanaise, recruter et former des hommes, maintenir vivante la volonté de la conquête. Tout au long de la dernière décennie, ils ont créé des cellules dormantes qui ont été activées au bon moment quand ils ont commencé leur reconquête du pays. À Kaboul notamment, les talibans n’ont pas eu besoin de combattre pour entrer dans la ville, s’appuyant sur plusieurs dizaines de milliers d’agents « dormants » qui leur ont ouvert les portes de la ville. Une stratégie militaire remarquablement menée appuyée sur une volonté farouche et une foi inébranlable dans leur combat.

Face à eux, des Américains désireux de quitter un pays où ils ont englouti des milliards de dollars et des milliers de soldats morts et blessés, une armée afghane qui n’a pas levé le doigt pour combattre et un gouvernement corrompu qui a préféré fuir plutôt que de tenter de conserver son pouvoir. La volonté et la détermination des talibans expliquent en grande partie leur succès.

De nouveaux acteurs régionaux 

Avant de partir à l’assaut du pays, les talibans ont pris soin de négocier avec les clans afghans pour s’assurer de leur adhésion tacite et de leur non-intervention. Ils ont aussi négocié avec les Américains et les puissances régionales, dont la Chine et l’Iran, montrant ainsi qu’ils maîtrisent les rouages de la diplomatie mondiale.    

jeunes afghanes à l’école

Le paysage régional de 2021 n’a plus rien à voir avec celui de 2001. La Russie est de nouveau un grand acteur et la Chine affiche ses ambitions en plein jour. En 2001, les États-Unis étaient seuls et légitimes. Vingt ans plus tard, ils sont une puissance parmi d’autres et leur légitimité est écornée. La Russie a d’ores et déjà annoncé le maintien de son ambassadeur à Kaboul, preuve de sa bonne entente avec le nouveau régime. Le Pakistan soutient sans aucun complexe les talibans, espérant pouvoir s’appuyer sur eux dans leur lutte contre l’Inde. Quant à la Chine, elle ne tentera rien pour l’instant, mais envisage de faire de l’Afghanistan un pivot de sa route de la soie en Asie centrale. Loin d’être un tombeau des empires, l’Afghanistan aiguise leurs appétits.   

Quelles suites ? 

L’histoire est loin d’être finie. Ce qui s’écrit sous nos yeux depuis quelques jours peut conduire à des conséquences lourdes dans la décennie qui vient. Les talibans ont certes pris le pays, mais il leur reste désormais le plus dur : le tenir et le contrôler. L’Afghanistan est d’abord un territoire de peuples, de clans et de tribus avec lesquels il faut sans cesse composer. Mener une opération éclair est une chose, prendre le contrôle du pays en est une autre.   

L’Afghanistan produit près de 90% du pavot et de l’héroïne mondiale, une drogue qui est à la fois une arme contre l’Occident de par les ravages qu’elle provoque dans sa population et un carburant pour financer le combat militaire. Le contrôle de la production et de la vente de cette ressource essentielle sera l’un des enjeux des mois à venir. Autre enjeu, la place du Pakistan, puissance nucléaire, ennemi de l’Inde et allié tactique de la Chine. S’appuyer sur un gouvernement à Kaboul qui lui est favorable sera pour lui un moyen de peser dans la région.