Le vote de la loi bioéthique, un « échec » démocratique pour l’Église qui demande un moratoire

Mardi 29 juin en fin d’après-midi, l’Assemblée nationale a définitivement adopté à 326 voix contre 115 le projet de loi bioéthique. Y voyant un « échec qui blesse notre démocratie », l’Église de France demande un moratoire.

Agnès Pinard Legry – Publié le 29/06/21 – Mis à jour le 30/06/21

Sans grande surprise et sous un tonnerre d’applaudissements, les députés ont définitivement adopté ce mardi 29 juin le projet de loi bioéthique. Voté à 326 voix contre 115, le texte ouvre notamment la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. Il prévoit également une périlleuse réforme de la filiation et de l’accès aux origines, autorise l’autoconservation de gamètes pour des grossesses futures, assouplit considérablement la recherche sur l’embryon humain et ouvre enfin la possibilité de développer des chimères animal-homme.

Si certains ont salué la qualité des débats tout au long des deux dernières années et au cours des quatre lectures, d’autres ont dénoncé un passage en force du gouvernement et une loi particulièrement dangereuse. Le « large consensus » voulu par Emmanuel Macron sur ce texte semble est dans tous les cas écorné après le rejet pur et simple du projet de loi bioéthique, par le Sénat, en troisième lecture. La liberté de vote était de mise et la plupart des groupes politiques se sont partagés, même si la gauche s’est prononcée majoritairement pour, et la droite contre.

Cet échec est d’autant plus grave que la loi de bioéthique n’est pas une loi comme les autres.

« De façon claire, ce refus manifeste que deux manières de considérer l’être humain et sa dignité sont irréconciliables », a rappelé la conférence des évêques de France (CEF) par la voix de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes. « Cet échec est d’autant plus grave que la loi de bioéthique n’est pas une loi comme les autres, puisqu’elle concerne la conception qu’on se fait de la dignité humaine et du respect que celle-ci engage chez tous ».

Y voyant un « échec qui blesse notre démocratie », l’Église de France demande désormais un moratoire sur le texte afin de « donner du temps pour réfléchir collectivement en écoutant et en pesant les arguments des uns et des autres peut permettre l’émergence d’une pensée commune sur la dignité humaine, inséparable de la fraternité qui nous relie les uns aux autres car nous saurons ensemble que le plus petit comme le plus grand, le plus fragile comme le plus solide ont la même dignité du fait même qu’ils sont des êtres humains ». Il s’agit là d’un socle indispensable « qui refondera notre pacte social et notre capacité de vivre ensemble dans notre nouvelle société gorgée de techniques et grevée par le virus de l’individualisme ». Un recours auprès du Conseil constitutionnel de députés opposés à la loi pourrait retarder de quelques semaines sa promulgation.

Aleteia.org

« Ne crains pas, crois seulement »

« Ta foi t’a sauvée ».

Ces mots de Jésus à Jaïre retentissent de façon particulière aux oreilles du croyant. Ils appellent à la confiance totale en Dieu et à la quiétude. Ce n’était pas seulement la fille de Jaïre qui était à la dernière extrémité. Il y a bien Jaïre lui-même qui ne savait plus quoi faire sinon aller vers ce « Jésus » dont il a entendu parler. Celui-ci lui donne espoir en se mettant en route mais certainement pas au rythme qu’aurait voulu ou souhaité Jaïre. Il a pris le temps de s’attarder à s’adresser à une femme à qui il a procuré la guérison. Dieu qui est proche de nous et qui ne veut pas notre mort comme le dit la première lecture de ce dimanche prend à nos yeux parfois son temps. Le rythme de Dieu est souvent différent du nôtre : « Car vos pensées ne sont pas mes pensées, et mes voies ne sont pas vos voies, oracle de Yahvé. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sont élevées mes voies au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées » Is 55,8-9. Il nous faut parfois persévérance et patience pour voir la puissance de Dieu à l’œuvre.
C’est par la foi qu’on est sauvé. Jésus dit à la femme qui souffrait d’une perte de sang depuis douze ans sans trouver de remède : « Ta foi t’a sauvée ». Ce salut dont parle Jésus est tout aussi valable pour une intervention de Dieu dans nos que pour le salut éternel qui nous est réservé mais que nous ne pouvons obtenir sans la foi.

Prions pour nos proches et les membres de notre communauté en proie à la souffrance afin qu’ils s’accrochent fermement au Seigneur et trouvent soulagement et force.
Bonne semaine

Ballade musicale

Samedi 3 juillet 2021 à 20h30, sous les halles de Moutiers les Mauxfaits, vous pourrez apprécier cette magnifique Ballade Musicale que vont nous proposer les élèves du Conservatoire des Olonnes et de la Roche sur Yon.
Trombones et tubas vont s’unir pour nous interpréter des répertoires variés : renaissance, baroque, classique, jazz… L ‘effectif instrumental varie du trio jusqu’au grand ensemble d’une vingtaine de musiciens.
C’est avec beaucoup de bonheur que ces musiciens sont heureux de se donner publiquement après une période très difficile et que les Amis de Saint Jacques sont heureux de les accueillir et de vous offrir cette Ballade Musicale en ce lieu si magnifique.
Les contraintes en rigueur à cette date seront bien sûr respectées : masque obligatoire,  distanciation et gel hydro alcoolique …
Participation libre à ce moment musical.

Viens au Congrès-Mission !

Viens ! Tu n’as plus qu’un pas à faire, alors franchis le pas et entre dans la lumière,
c’est l’heure, il est grand temps que tu cesses de te taire, tu as au fond de ton cœur sa parole qui libère.

Donc viens parmi les tiens, bienvenue à la maison,
bienvenue chez les chrétiens, bienvenue au congrès mission !

Sois fier, tu es en piste pour l’aventure missionnaire.

Et pour annoncer le Christ à l’humanité entière. 3 jours pour t’enflammer et pour annoncer la foi.

C’est le moment où jamais, le monde a besoin de toi !

La genèse du Congrès Mission

Le Congrès Mission est né à l’initiative de Raphaël Cornu-Thenard, fondateur d’Anuncio. En partenariat avec plusieurs mouvements et communautés (initialement Alpha, Ain Karem et la Communauté de l’Emmanuel et chaque année de nouveaux partenaires) a été créé cet événement, lieu d’échange et de formation pour découvrir diverses manières de proposer la foi.
L’intuition du Congrès Mission ? Il est urgent que les catholiques proposent la foi autour d’eux… et cela nécessite de se former, d’échanger des bonnes pratiques, de créer un réseau missionnaire dense et fraternel. 
Depuis 2015, le Congrès Mission réunit chaque année le dernier week-end de septembre les chrétiens de France. Ils se retrouvent pour réfléchir ensemble à l’évangélisation de notre pays et échanger des moyens concrets de proposer la foi aujourd’hui. Le nombre croissant de participants est un signe de l’actualité brûlante de ce sujet. 

Le message de fraternité et de compassion du Pape pour les personnes âgées

Le message du Pape pour la première Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, qui se tiendra le dimanche 25 juillet, a été rendu public mardi. François, âgé de 84 ans, y délivre une réflexion très intime et personnelle sur son propre rapport à la vieillesse et invite à la vivre comme un temps offert au Seigneur, dans une dynamique d’amour et de relation.

Plus qu’un message institutionnel, le Pape a rédigé ce texte comme une lettre intime, pleine d’amour, de respect et de sensibilité, personnellement adressé à un «cher grand-père» ou à une «chère grand-mère».
Ce terme va ici bien au-delà de la seule définition biologique des grands-parents qui auraient eu une descendance, mais qui exprime plutôt un respect affectueux, englobant tous les anciens. D’une façon inhabituelle dans un texte pontifical, mais conformément à l’usage argentin et italien, François emploie le « tu » et le « je », se situant lui-même comme un homme éprouvé par sa vieillesse. 

Tirant sa réflexion de la promesse de Jésus dans l’Évangile de Matthieu, «Je suis avec toi tous les jours», le Pape de 84 ans assume aussi cette phrase comme engagement personnel: «“Je suis avec toi tous les jours” sont aussi les paroles qu’en tant qu’évêque de Rome, et en tant que personne âgée comme toi, je voudrais t’adresser à l’occasion de cette première Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées. Toute l’Église est proche de toi disons-le mieux, elle nous est proche–: elle a souci de toi, elle t’aime et ne veut pas te laisser seul!»

Le Pape évoque les douleurs liées à la pandémie, notamment la solitude des personnes âgées privées du contact physique avec leurs proches en raison des restrictions sanitaires. «La pandémie a été une tempête inattendue et furieuse, une dure épreuve qui s’est abattue sur la vie de tout le monde, mais qui a réservé un traitement spécial, un traitement encore plus rude à nous, les personnes âgées. Beaucoup d’entre nous sont tombés malades; nombreux ont perdu la vie ou ont vu mourir leur conjoint ou leurs proches; d’autres encore ont été contraints à la solitude pendant une très longue période, isolés», s’attriste François

Le Seigneur appelle à tout âge, même quand on se croit oublié

Mais le Seigneur «est aux côtés de ceux qui font l’expérience douloureuse d’être mis à l’écart», explique le Pape, qui évoque un récit d’un texte non retenu dans le canon biblique mais néanmoins étudié par des exégètes chrétiens, le Protoévangile de Jacques.

«Une tradition raconte que saint Joachim, le grand-père de Jésus, avait lui aussi été exclu de sa communauté parce qu’il n’avait pas d’enfants; sa vie, tout comme celle de sa femme Anne, était considérée comme inutile. Mais le Seigneur lui envoya un ange pour le consoler. Alors qu’il se tenait tout triste aux portes de la ville, un envoyé du Seigneur lui apparut pour lui dire: « Joachim, Joachim! Le Seigneur a exaucé ta prière insistante. » Giotto, dans l’une de ses célèbres fresques,semble situer l’épisode pendant la nuit, une de ces nombreuses nuits sans sommeil, pleines de souvenirs, de soucis et de désirs, auxquelles beaucoup d’entre nous sommes habitués», raconte François.

La promesse de Jésus, “Je suis avec toi tous les jours”, peut donc être actualisée dans la vie de chacun, et notamment de chaque ancien. «Il te le dit, il me le dit, il le dit à nous tous! Tel est le sens de cette Journée que j’ai voulu que l’on célèbre pour la première fois cette année, après une longue période d’isolement et une reprise encore lente de la vie sociale: que chaque  grand-père, chaque grand-mère, chaque personne âgée – en particulier les plus isolés d’entre nous – reçoive la visite d’un ange», écrit le Pape avec une espérance vibrante et une certaine poésie.

«Parfois, ils auront les traits de nos petits-enfants, d’autres fois, ceux des membres de notre famille, des amis de toujours ou que nous avons rencontrés pendant ces moments difficiles. Pendant cette période, nous avons appris l’importance des câlins et des visites pour chacun d’entre nous, et commeje suis attristé par le faitque dans certains lieux, ces gestes ne soient pas encore possibles!», s’impatiente François.

Trouver une inspiration dans la Parole de Dieu

Le Pape rappelle aussi que «le Seigneur nous envoie aussi ses messagers à travers la Parole de Dieu», invitant donc à lire chaque jour une page de l’Évangile, mais aussi les Psaumes ou encore les Prophètes. «Les Écritures nous aideront également à comprendre ce que le Seigneur attend de notre vie aujourd’hui. En effet, il envoie les ouvriers à sa vigne à toutes les heures de la journée, à chaque saison de la vie», écrit François, qui livre un témoignage personnel sur son élection au Siège de Pierre en mars 2013, à 76 ans, alors qu’il avait présenté sa démission comme archevêque de Buenos Aires depuis plus d’un an et avait organisé ses dispositions pratiques pour sa retraite.
«Je peux moi-même témoigner d’avoir reçu l’appel à devenir évêque de Rome au moment où j’avais atteint, pour ainsi dire, l’âge de la retraite et je ne pensais plus pouvoir faire grand-chose de nouveau. Le Seigneur est toujours proche de nous, toujours, avec de nouvelles invitations, avec de nouvelles paroles, avec sa consolation. Il est toujours proche de nous. Vous savez que le Seigneur est éternel et ne prend jamais sa retraite,jamais», insiste-il.
Le Pape insiste donc sur la mission des personnes âgées, jusqu’à la fin de leur vie: «Conserver les racines, transmettre la foi aux jeunes et prendre soin des plus petits.» Chaque personne âgée, même avec ses limites physiques et psychologiques, peut assumer ce rôle de transmission. «Peu importe ton âge, si tu travailles encore ou pas, si tu es resté seul ou si tu as encore une famille, si tu es devenu grand-mère ou grand-père très tôt ou plus tard, si tu es encore indépendant ou si tu as besoin d’assistance, car il n’y a pas un âge de retraite pour la mission d’annoncer l’Évangile, de transmettre les traditions aux petits-enfants. Il faut se mettre en chemin et, surtout, sortir de soi pour entreprendre quelque chose de nouveau», explique le Pape François.

Ouvrir son cœur aux appels de l’Esprit Saint

Malgré la solitude, la fatigue, le poids des routines quotidiennes, les personnes âgées ne doivent pas renoncer à la perspective de répondre aux appels du Seigneur. François évoque un récit tiré du 3e chapitre de l’Évangile de Jean. «Nicodème a posé une question similaire à Jésus lui-même lorsqu’il lui a demandé: « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? » Cela est possible, répond le Seigneur, en ouvrant son cœur à l’action de l’Esprit Saint qui souffle où il veut. L’Esprit Saint, en vertu de la liberté qu’il a, va partout et fait ce qu’il veut.»
Il ne faut donc jamais se décourager, et aujourd’hui, la reconstruction de nos sociétés meurtries par la pandémie, mais aussi, plus largement, par une certaine atomisation du lien social et intergénérationnel, passe par trois axes : «les rêves, la mémoire et la prière. La proximité du Seigneur donnera la force d’entreprendre un nouveau chemin, même aux plus fragiles d’entre nous, par les routes du rêve, de la mémoire et de la prière», explique François.

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« Une grande voix au service de l’Évangile ! »

La paroisse de LA GRIERE-LA TRANCHE/MER  est heureuse d’accueillir  Patrick RICHARD pour une grande veillée de chansons chrétiennes.
Cet ancien assistant social chante la vie, ses espoirs, mais aussi ses cris. Il chante un Dieu qui veut révéler la dignité de chacune et chacun. On chante, on danse, on écoute ….
En plus de trente ans, Patrick est devenu une des grandes voix au service de l’Évangile, par le chant.
 
Vivre un temps de rencontre avec Patrick RICHARD, ce n’est jamais un temps qui laisse indifférent, ni dans sa tête, ni dans son cœur, ni dans son corps.
Toutes ses rencontres se fondent toujours sur le choix d’’un répertoire adapté qui mêle joie, bonheur de chanter tous ensemble, catéchèse, réflexion et prière !
 Ce n’est pas une succession de chansons qu’il  « déroule », mais un chemin qui dévoile peu à peu le visage d’un Dieu proche et aimant. Un visage du Dieu de l’Evangile.
 
Que de chemins empruntés et de visages rencontrés depuis son célèbre «  Psaume de la Création » qu’il a écrit en 1984, traduit et chanté aujourd’hui sur tous les continents ! Combien d’autres chants écrits pour la catéchèse, la liturgie, les animations de mouvements d’enfants, de jeunes, d’adultes, les différentes pastorales nationales, les pèlerinages !
 Venez nombreux: seuls, en famille, entre amis… Pour un temps exceptionnel  de rencontre!
Libre participation aux frais. Vente de CD

Schuman ou le chemin escarpé de la politique comme voie de sainteté

Après avoir été plusieurs fois ministre des Affaires étrangères et président du Conseil, ce parlementaire catholique mosellan est devenu l’un des Pères de l’Europe. Le procès diocésain en vue de sa béatification a été clôturé le 29 mai 2004.

J’ai un jour surpris mon auditoire en affirmant, à propos de Robert Schuman, que l’engagement politique pouvait être chemin de sainteté. Je n’affirmais pas cela de moi-même, mais en m’appuyant sur l’enseignement abondant de l’Église catholique, notamment depuis le Deuxième Concile du Vatican.
Robert Schuman n’a pas eu à suivre les incitations de l’ambition personnelle. C’est l’évêque de Metz, Mgr Benzler, un allemand, qui, au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’engagea à entrer en politique pour défendre les intérêts des catholiques lorrains au sein d’une république réputée anticléricale.
Il s’acquittait de ses tâches comme d’un apostolat, note André Philip, député socialiste et plusieurs fois membre de gouvernement de la IVe République : « Ce qui m’a frappé en lui, c’était le rayonnement de sa vie intérieure ; on était devant un homme consacré… d’une totale sincérité et humilité intellectuelle, qui ne cherchait qu’à servir, là et au moment où il se sentait appelé… Il restera dans la mémoire de ceux qui l’ont connu comme le type du vrai démocrate, imaginatif et créateur, combatif dans sa douceur, toujours respectueux de l’homme, fidèle à une vocation intime qui donnait le sens à la vie. »
Un ancien collaborateur de Robert Schuman m’écrivait il y a peu : « En lisant l’évocation que donne l’exhortation apostolique Christi fideles laïci du chrétien engagé dans la politique, au n° 42, je retrouve tout entier Robert Schuman. »
La vie et l’action de Robert Schuman convergent vers le 9 mai 1950. C’est au cours d’une année sainte qu’il a posé l’acte politique parmi les plus audacieux du XXe siècle, cinq ans seulement après la fin de la plus sanglante des guerres. Ce projet, Schuman le nourrissait en lui depuis longtemps. Entre 1941 et 1943, il avait évoqué, à plusieurs reprises, devant des interlocuteurs stupéfaits, la nécessité de construire au lendemain de la guerre une réalité politique nouvelle qui lierait les nations européennes par leurs intérêts, et non plus seulement par des paroles et des pactes. La France et l’Allemagne, affirmait-il, devraient en être les moteurs. Ainsi, à un moment où les armées nazies écrasaient encore l’Europe par leurs victoires en série, Robert Schuman portait déjà en lui l’image d’une Europe réconciliée et communautaire.
Le 9 mai 1950, Robert Schuman a posé un acte majeur dans l’ordre de la concorde des nations. L’Europe occidentale lui doit plus d’un demi-siècle de paix.

Mgr Pierre Raffin
évêque émérite de Metz

Dieu est tout-puissant

Chers frères et sœurs en Jésus Christ,

Ce dimanche la liturgie nous montre la Toute-puissance de Dieu . Ce Dieu tout-puissant mais qui quelquefois se fait silencieux voire absent en apparence dans nos situations de tempête existentielles, familiales , sociales, économiques ou spirituelles. Et c’est devant cette Toute-puissance de Dieu et son silence que le croyant que nous sommes est appelé à confesser et à garder sa foi.

La Toute-puissance de Dieu est professée dans le premier article de notre confession de foi (credo). Mais dans la tempête de nos vies nous voudrions que cette Toute-puissance se manifeste de façon éclatante pour nous conforter dans notre foi et ce n’est toujours pas le cas. Mais comme les disciples dans la barque face à la tempête et aux flots des vagues, sachons recourir à lui en le dérangeant pour le sortir de son silence ou de « son sommeil »( Jésus dormait à l’arrière de la barque). Que déranger Dieu par nos prières ne soit pas pour nous occasionnel mais un rythme quotidien dans notre vie. Cela traduit notre confiance en lui et montre que nous sommes conscients que sans lui nous ne pouvons pas exister. Et s’il se tait comme se fuit longtemps le cas de Job qui a connu les pires souffrances, tenons fermes et gardons l’espérance. Nous ne pouvons pas intenter un procès à Dieu mais comme le dit saint Paul :
« Nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu’il a appelés selon son dessein » Romains 8,28

Bonne semaine à tous, je prie pour vous
Je veux compter sur vos prières

Lectures de dimanche (20 juin) : « La peur nous pousse vers l’Amour »

Le Christ apaise les tempêtes de nos vies

« Ce n’est pas la peur qui crée Dieu ; quand nous sommes en danger elle nous pousse vers l’Amour qui nous soutient ». C’est ce qu’écrit Mgr Follo dans sa méditation sur les lectures de dimanche prochain 20 juin 2021, XIIème dimanche du Temps ordinaire.

« Dans le danger nous nous tournons vers ceux qui nous aiment : vers le Christ qui apaise la mer de notre vie, la pacifie », fait observer l’observateur permanent du Saint-Siège à l’UNESCO, à Paris.


L’Evangile de ce dimanche nous parle de la tempête apaisée avec une certaine emphase qui se voit dans le geste et les paroles solennelles avec lesquelles le Rédempteur apaise la mer agitée. De cette manière, l’évangéliste Marc montre un signe clair de la seigneurie du Christ sur les forces de la nature et nous amène à reconnaitre à sa divinité : « Qui est-ce donc – se demandaient et effrayaient les disciples – que même le vent et la mer lui obéissent ? (Mc 4, 41).

Cependant, le récit évangélique présente quelques incohérences. Pourquoi, par exemple, parle-t-il « d’autres bateaux qui étaient avec lui » et ensuite ne dit rien de leur sort ? Et comment est-il possible qu’un homme puisse dormir paisiblement, alors que les vagues font rage et que l’eau a presque complètement rempli le bateau ?

De toute évidence, Saint Marc ne s’intéresse pas à l’exactitude factuelle, chronique de cet épisode de la vie du Christ. L’intention de l’évangéliste est plutôt contenue dans les deux questions qui l’articulent, l’une des disciples (« qui est-il donc celui-ci ? ») et l’autre de Jésus : pourquoi as-tu si peur ? Vous n’avez toujours pas la foi ?. La question des disciples naît de l’émerveillement devant la puissance de Jésus : sa parole calme la mer agitée. Il est juste de s’émerveiller de la puissance des miracles, mais la puissance du miracle ne suffit pas pour comprendre qui est Jésus. Les miracles révèlent la messianité de Jésus et son origine, mais ils ne sont pas en mesure de révéler complètement son identité, c’est-à-dire, son grand geste d’amour et de don. Pour cela, il faut attendre la Croix. Dieu se révèle en puissance, mais surtout dans l’amour : ce n’est qu’ici que Dieu peut être connu profondément, sans malentendu. Avec sa question (« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? ») Jésus change le sens de l’épisode. L’attention n’est plus tournée vers la puissance du miracle, mais vers la foi des disciples qui s’embarquèrent avec lui pour passer sur l’autre rive.

1) Aller au large pour passer sur l’autre rive

L’Evangile d’aujourd’hui décrit la tempête apaisée ; mais, c’est sur la phrase initiale de Jésus : « Passons sur l’autre rive » (Mc 4,35) que je désirerais avant tout attirer l’attention.

C’est une invitation que Jésus adresse aux siens après avoir parlé du Royaume des Cieux qui devient un grand arbre à partir d’une petite semence. Comme je l’ai déjà dit d’autres fois, « rester » avec le Christ est un verbe de mouvement parce qu’il implique nécessairement de se déplacer et de se mettre à sa suite.

C’est une invitation  faite quand le soir tombe, donc lorsque les disciples qui suivent Jésus, pensent être arrivés au bout du chemin de la journée et ont l’exigence juste et humaine de s’arrêter et de se reposer de la fatigue de « porter » l’évangile avec Jésus. Le premier moment de cet « aller au-delà » est de laisser la foule, de rester seuls avec Jésus pour s’éloigner avec Lui de la rive où ils étaient arrivés.

La barque représente notre vie qui avance avec le Sauveur. C’est un bois qui sillonne les vagues du temps et de l’espace et qui est capable de porter le Fils de Dieu. Jésus, vrai homme et vrai Dieu, est si puissant qu’il ne se préoccupe pas de la tempête. Il peut arriver que le vent souffle violement : ce sont toutes les voix qui s’agitent à l’intérieur et à l’extérieur de nous-même et qui se lèvent souvent avec une force telle que nos pas dérapent du sentier alors qu’ils étaient assurés quelques instants auparavant.

Les vagues se déversent  dans la barque : ce qui fait partie de nos journées et que nous pensons bien connaître se déverse contre nous. Certains imprévus nous saisissent et nous mettent dans les mains de l’inattendu à tel point que notre vie est remplie par la peur, même quand  pensons maîtriser les événements.

Aujourd’hui, Jésus nous donne une leçon claire sur  la manière d’affronter la mer de notre histoire personnelle et de ce monde : nous devons naviguer avec Lui, nous devons Le prendre à bord de notre barque, « comme il est », parce qu’Il  nous pilote vers l’autre rive, en nous sauvant des eaux orageuses

.Avec le Christ dont l’amour est plus fort que la force de la nature, nous pouvons arriver vers l’autre rive qui nous pouvons rejoindre grâce à notre abandon confiant en Lui. La tempête de la nature et celle du cœur humain, sont dangereuses et peuvent conduire à la mort. Au contraire, la « tempête du cœur de Dieu » conduit à la paix si nous disons comme les apôtres : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » (Ibid. v. 38).

2) Jésus dormait, mais son cœur veillait.

Uniquement dans ce passage de Saint-Marc,  Jésus est présenté pendant qu’il dort. Comment interpréter ce sommeil? Jésus est réellement fatigué. Après une journée de prédication dans laquelle il a dépensé beaucoup d’énergie, le Sauveur monte dans la barque et s’endort profondément. Nous pouvons constater ici la réelle humanité de Jésus. Il est toutefois utile ajouter quelques explications : Jésus a confiance en les siens comme «bons marins », il ne doute pas de leur responsabilité et capacité professionnelle. Nous aussi nous devons faire confiance au Seigneur comme « navigateur ».

Certes, son comportement est rempli de mystère : son sommeil tranquille signifie –à mon avis- la confiance sereine en Dieu, la confiance du Fils qui se sent protégé et aimé par le Père, entre ses bras, même dans la tempête furieuse de la mer et de la vie.

Nous devons faire nôtre ce comportement de Jésus, en priant le psaume 130 qui nous suggère une des plus belles images de notre abandon en Dieu, même dans l’épreuve : « Je tiens à mon âme égale et silencieuse. Mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère. » (Ps 130, 2).

3) Le Cœur de l’homme est une demande d’infini.

En plus de nous apprendre l’abandon total en Dieu, Jésus  Sauveur qui dort dans la barque sur la mer agitée, réveille le cri de notre foi. En effet, Jésus reproche aux siens : « Pourquoi avez-vous peur ? Vous n’avez pas encore la foi? ». Il exige de ses frères la foi pour réveiller la puissance de son amour.

Avec la question : « Pourquoi avez-vous peur ? », le Christ déplace l’attention de la puissance du miracle qui vient de se produire à la foi de ses disciples. Certes, ils viennent de se détacher du précédent travail, de la famille, de la foule, pour rester avec Jésus, en le suivant sur les rues du monde, mais ce n’est pas suffisant : ils sont appelés à croire en Lui dans l’abandon. Et Jésus, Maître et Ami, éduque cette foi en leur faisant comprendre qu’ils ne doivent pas prétendre à une présence et une puissance divine qui les éloigne de la fatigue de vivre. Il les éduque de plus à être courageux ( = agir avec le cœur) en éduquant le cœur.

Comment répondre au Christ qui nous demande : « Pourquoi avez-vous peur? ». En lui posant la même question que celle du premier des apôtres « Augmente en nous la foi, Seigneur » (Lc 17,5). Foi qui est un acte d’intelligence et d’abandon de la volonté.

Faisons de sorte que notre vie soit réellement cette ouverture de notre esprit et de notre cœur vers une foi chaque jour plus pure, vers une foi chaque jour plus grande. Prions pour que notre foi nous ouvre toujours davantage au don de Dieu. La foi mature est capable de nous rendre tranquilles même dans les difficultés et sereins même dans la persécution. Pensons à Saint-Pierre qui dormait sereinement en prison. Pensons aussi à la « petite » Sainte-Thérèse de l’enfant Jésus. Elle qui mourut à l’âge de 24 ans à peine, est la sainte de la simplicité et de l’amour. La Sainte de l’abandon confiant à la volonté de Dieu.
Si nous voulons grandir dans la foi, nous devons éduquer le cœur, en imitant « la petite » Sainte de Lisieux.

Eduquer notre cœur à percevoir Jésus. Que signifie Le percevoir ? : C’est faire passer notre cœur dans le cœur du Christ, et le cœur du Christ vers le nôtre. De cette façon nous pouvons non seulement ne pas avoir peur de la barque de la vie, mais aussi pacifier la mer de la vie avec et par le Christ.

Une façon significative de vie de percevoir le Christ est celle des vierges consacrées dans le monde. A travers la virginité, ces femmes éduquent leur cœur en le « construisant » dans celui du Christ qui aime et veut le bien de celui qui se donne à Lui.

Le style de vie de la Vierge consacrée dans le monde est celui de celui qui ne possède pas le prochain parce que son cœur est rempli de l’amour de Dieu. Riche de cet amour, elle en devient un signe limpide et pratique de la bienveillance qu’elle a reçu de Dieu ; elle le manifeste envers le prochain. En effet, la virginité est vocation à l’amour : elle rend le cœur libre d’aimer Dieu. Libre des devoirs de l’amour conjugal, le cœur vierge peut se sentir, donc, plus disponible pour l’amour gratuit des frères.

Certes, la virginité implique le renoncement à la forme d’amour typique du mariage. Mais le renoncement est accepté dans le but d’assumer plus en profondeur de dynamisme, inhérent à la sexualité, d’ouverture oblative envers les autres , en le transfigurant et en le rendant puissant moyennant la présence de l’ Esprit  qui apprend à aimer le Père et les frères comme le Seigneur Jésus.

Et le Pape émérite Benoît XVI, le 15 mai 2008, leur dit : «  Que votre vie soit un témoignage particulier de charité et un signe visible du Règne futur. (Rituel de la consécration des vierges, 30). Faites en sorte que votre présence irradie toujours la dignité d’être l’épouse du Christ exprime la nouveauté de l’existence chrétienne et l’attente sereine de la vie future. De cette façon, à travers votre vie, vous pouvez être des étoiles qui orientent le chemin du monde. Le choix de la vie virginale, en fait, est un appel à la fugacité des réalités de la terre et anticipation des biens futurs. La vierge consacrée, en fait, s’identifie à cette épouse qui, avec l’Esprit, invoque la venue du Seigneur : ‘ L’Esprit et l’épouse disent : ‘viens’ (Ap 22,17) ». (Discours aux participantes du Congrès de l’Ordo Virginum, n.6).

 Mgr Francesco Follo est ordonné prêtre le 28 juin 1970 puis nommé vicaire de San Marco Evangelista à Casirate d’Adda de 1970 à 1976. Il obtient un doctorat en Philosophie à l’Université pontificale grégorienne en 1984. De 1976 à 1984, il travaille comme journaliste au magazine Letture du Centre San Fedele de la Compagnie de Jésus (jésuites) à Milan. Il devient membre de l’Ordre des journalistes en 1978. En 1982, il occupera le poste de directeur-adjoint de l’hebdomadaire La Vita Cattolica. De 1978 à 1983, il est professeur d’Anthropologie culturelle et de Philosophie à l’Université catholique du Sacré Cœur et à l’Institut Supérieur des Assistant Educateurs à Milan. Entre 1984 à 2002, il travaille au sein de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, au Vatican. Pendant cette période il sera professeur d’Histoire de la Philosophie grecque à l’Université pontificale Regina Apostolorum à Rome (1988-1989). En 2002, Mgr Francesco Follo est nommé Observateur permanent du Saint Siège auprès de l’UNESCO et de l’Union Latine et Délégué auprès de l’ICOMOS (Conseil international des Monuments et des Sites). Depuis 2004, Mgr Francesco Follo est également membre du Comité scientifique du magazine Oasis (magazine spécialisé dans le dialogue interculturel et interreligieux). Mgr Francesco Follo est Prélat d’Honneur de Sa Sainteté depuis le 27 mai 2000.

A l’école du handicap pour sortir de la crise

L’Académie pontificale pour la vie réfléchit dans une note sur la condition des personnes handicapées en pandémie: leur condition nous met au défi d’accepter l’interdépendance, la responsabilité mutuelle et l’attention à l’autre comme un mode de vie.

L’Osservatore Romano – Cité du Vatican

«L’amitié avec les personnes handicapées: le début d’un nouveau monde. Tirer les leçons des expériences des personnes handicapées et de leurs soignants pendant la pandémie de Covid-19» est le titre de la nouvelle note de l’Académie pontificale pour la vie publiée mardi 15 juin.

Le document -préparé en collaboration avec la Commission Covid-19 du Vatican- fait suite aux notes « Pandémie et fraternité universelle » (30 mars 2020), « Humana Communitas à l’ère de la pandémie » (22 juillet 2020) et « La vieillesse, notre avenir« . (9 février 2021).

La nouvelle note affirme que «les personnes handicapées et leurs soignants ont besoin et méritent une attention et un soutien particuliers car la pandémie a eu un impact négatif disproportionné sur leur vie».

Elle souligne également la nécessité d’impliquer et de soutenir autant que possible les personnes handicapées «pour élaborer des plans de soins avancés et prendre des décisions en matière de santé à tout moment, y compris pendant les pandémies».

L’Académie pontificale pour la vie souligne, en particulier, trois préoccupations éthiques essentielles. Premièrement, l’urgence de «promouvoir des solutions pour les besoins spécifiques des personnes handicapées afin qu’elles bénéficient des politiques et des interventions de santé publique».

Considérer le handicap au-delà du biomédical

«Nous devrions impliquer ces personnes autant que possible dans le processus de planification et de décision». Elle insiste ensuite pour que, «dans le domaine de la santé publique, comme dans celui des soins de santé», nous allions «au-delà d’une conception du handicap uniquement en termes biomédicaux». Nous devons veiller à soutenir les personnes handicapées et leurs familles de manière coordonnée et intégrée, ce qui peut impliquer toutes les spécialités de la médecine, ainsi que d’autres disciplines et d’autres secteurs du gouvernement et de la société, exhorte l’Académie pontificale pour la vie.

Le troisième point comprend un engagement à «élaborer des cadres de santé publique fondés sur la solidarité et une voie rapide pour les pauvres et les personnes vulnérables au niveau local et mondial». De plus, les «leçons que les personnes handicapées peuvent nous enseigner, surtout pendant cette pandémie, sont provocantes. Elles nous mettent au défi d’adopter une nouvelle perspective sur le sens de la vie. Elles nous invitent à accepter l’interdépendance, la responsabilité mutuelle et l’attention portée à l’autre comme un mode de vie et comme un moyen de promouvoir le bien commun».

Un magistère du handicap, sept recommandations pratiques

Espérant qu’afin d’écouter les personnes handicapées, un véritable «magistère du handicap» sera créé, la note propose sept «recommandations pratiques». Et, en particulier, elle demande aux organisations catholiques de soins de santé de «prendre l’initiative de répondre aux besoins des personnes handicapées et de leurs familles pendant et après la pandémie». En outre, selon le document, «alors que le monde distribue des vaccins pour le Covid-19, nous recommandons que la priorité soit également accordée à ceux, tels que les personnes handicapées, sur lesquelles les mesures de santé publique génériques imposent des charges disproportionnées, telles que la perte de services de soins essentiels.»