Fête de la Sainte-Trinité: « L’unité est essentielle pour le chrétien »

La Sainte Trinité d’après l’icône de Roubaïev

« L’unité est essentielle pour le chrétien », explique le pape François qui a évoqué la fête de la Sainte-Trinité, célébrée ce dimanche, 30 mai 2021, avant la prière de l’angélus de midi, depuis la fenêtre du bureau qui donne Place Saint-Pierre.
« Et cette unité, j’ose dire qu’elle est essentielle pour le chrétien: ce n’est pas une attitude, une façon de dire, non, elle est essentielle, parce que c’est l’unité qui naît de l’amour, de la miséricorde de Dieu, de la justification de Jésus-Christ et de la présence de l’Esprit Saint dans nos cœurs. »

Paroles du pape François avant l’angélus

Chers frères et sœurs, bonjour!
Dans cette fête nous célébrons Dieu: le mystère d’un Dieu unique. Et ce Dieu est le Père
et le Fils et le Saint-Esprit. Trois personnes, mais Dieu est un! Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l’Esprit est Dieu. Mais ce ne sont pas trois dieux: c’est un seul Dieu en trois personnes. C’est un mystère que Jésus-Christ nous a révélé: la Sainte Trinité. Aujourd’hui, nous nous arrêtons pour célébrer ce mystère, parce que les Personnes ne sont pas un qualificatif de Dieu, non. Ce sont des Personnes réelles, diverses, différentes; ce ne sont pas – comme le disait un philosophe – des « émanations de Dieu », non, non! Ce sont des Personnes. Il y a le Père, que je prie par le Notre Père; il y a le Fils, qui m’a donné la rédemption, la justification; il y a l’Esprit Saint qui habite en nous et habite dans l’Église. Et cela parle à notre cœur, car nous le trouvons résumé dans cette expression de saint Jean qui résume toute la Révélation: «Dieu est amour» (1 Jn 4, 8,16). Le Père est amour, le Fils est amour, l’Esprit Saint est amour. Et en tant qu’il est amour, Dieu, tout en étant un et unique, n’est pas solitude mais communion, entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Parce que l’amour est essentiellement don de soi, et dans sa réalité originelle et infinie, est Père celui qui se donne en générant le Fils, lequel se donne à son tour au Père et leur amour réciproque c’est l’Esprit Saint, lien de leur unité. Ce n’est pas facile à comprendre, mais on peut vivre ce mystère, nous tous, on peut tellement le vivre.

Ce mystère de la Trinité nous a été révélé par Jésus lui-même. Il nous a fait connaître le visage de Dieu en tant que Père miséricordieux; il s’est présenté lui-même, vrai homme, comme Fils de Dieu et Verbe du Père, Sauveur qui donne sa vie pour nous; et il a parlé de l’Esprit Saint qui procède du Père et du Fils, Esprit de Vérité, Esprit Paraclet – dimanche dernier, nous avons parlé de ce mot «Paraclet» – c’est-à-dire Consolateur et Avocat. Et quand Jésus est apparu aux apôtres après la résurrection, Jésus les a envoyés évangéliser «tous les peuples, en les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit» (Mt 28, 19).
La fête d’aujourd’hui nous fait donc contempler ce merveilleux mystère d’amour et de lumière d’où nous venons et vers lequel s’oriente notre chemin sur terre.
Dans l’annonce de l’Évangile et dans toute forme de la mission chrétienne, on ne peut ignorer cette unité à laquelle Jésus appelle, entre nous, en suivant l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint: on ne peut ignorer cette unité. La beauté de l’Évangile demande à être vécue – l’unité – et témoignée par la concorde entre nous, qui sommes si différents! Et cette unité, j’ose dire qu’elle est essentielle pour le chrétien: ce n’est pas une attitude, une façon de dire, non, elle est essentielle, parce que c’est l’unité qui naît de l’amour, de la miséricorde de Dieu, de la justification de Jésus-Christ et de la présence de l’Esprit Saint dans nos cœurs.
La Très Sainte Vierge Marie, dans sa simplicité et dans son humilité, reflète la Beauté du Dieu Un et Trine, parce qu’elle a pleinement accueilli Jésus dans sa vie. Qu’elle soutienne notre foi, qu’elle nous aide à devenir adorateurs de Dieu et serviteurs de nos frères.

Traduction de Zenit, Anita Bourdin

Très chères mamans : merci, merci !


Lors d’une audience, il y a quelques années, le Pape François faisait ce bel éloge des mères :
 
Les mères sont l’antidote le plus fort à la diffusion de l’individualisme égoïste… Le choix de vie d’une mère est le choix de donner la vie. Et cela est grand, cela est beau.
 
Les mères – déjà habituellement présentes sur tous les fronts à la fois – ont vu leur charge s’alourdir encore en cette période de pandémie : elles ont eu à soutenir mari et enfants, déstabilisés par cette situation éprouvante et souvent confinés à longueur de journée à la maison.
 
 
Alors cette année, plus encore que d’habitude – au-delà des déclarations émues du jour de la fête des mères – sachons leur exprimer notre reconnaissance à travers des gestes concrets ; et cela tout au long de l’année :
 
• Reconnaissance pour leur sourire, leur patience, leur écoute, leur courage, pour leur capacité de « voir avec les yeux et avec le cœur »,
 
• Reconnaissance et action de grâce pour ce qu’elles apportent d’irremplaçable à la vie de l’Eglise – en union avec Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Eglise,
 
• Reconnaissance et action de grâce pour leur tendre attention aux plus petits, pour leur témoignage de foi auprès des enfants, pour leur joie de se donner au service de tous.
 
• Reconnaissance et action de grâce pour être au milieu de nous image de Dieu, source de toute vie, de tout amour, de toute tendresse.
 
 
Avec notre Pape François, sachons leur dire chaque jour :
 
Très chères mamans, merci, merci pour ce que vous êtes dans la famille et pour ce que vous donnez à l’Eglise et au monde !

✠ François JACOLIN,

Évêque de Luçon

Marjorie, le témoignage d’une famille portée par la foi

La famille de Marjorie, jeune fille d’origine martiniquaise poignardée vendredi 14 mai à Ivry-sur-Seine (Val de Marne) par un adolescent de 14 ans, a prononcé un discours empreint de paix et d’espérance chrétiennes lors d’une marche « jaune » ce samedi 22 mai.

Il n’est pas habituel d’entendre des « Je vous salue Marie » ni des chants de louange s’élever dans les airs à l’occasion de marches blanches. Celle-ci était « une marche jaune », le jaune étant la couleur préférée de Marjorie, jeune fille de 17 ans poignardée par un garçon de 14 ans suite à une bagarre à cause de propos grossiers échangés sur Snapchat au sujet de la petite sœur de la victime. Et pourtant, devant plusieurs centaines de personnes rassemblées sur les lieux du drame ce samedi 22 mai pour rendre un dernier hommage à la jeune fille, la famille n’a pas hésité à réciter un « Je vous salue Marie », avant de proposer d’écouter « les chansons préférées de Marjorie » dont les paroles étaient explicites : « Seigneur, je prie en Dieu », « Rendez grâce au Seigneur »…

Une foi qui transperçait également à travers les paroles de la mère de famille : « Aimons-nous les uns les autres », a-t-elle clamé, qui ne sont pas sans faire référence aux propres paroles du Christ : « Aimez-vous les uns les autres » (Jn 15, 12). Elle a ensuite prononcé un vibrant plaidoyer en faveur de l’éducation et du rôle des parents, avant d’affirmer sa croyance en la vie éternelle : « Je m’adresse tout particulièrement aux parents. Aimez vos enfants, parlez avec vos enfants, aimez-les, dansez avec eux. Je dansais avec Marjorie. Faites des réunions avec vos enfants, discutez avec eux, cherchez à savoir ce qu’ils font dans la vie, soyez auprès d’eux, embrassez-les, dites-leur que vous les aimez, car cette parole je n’ai pas eu le temps de la dire à Marjorie une dernière fois. Là où elle est je pense qu’elle m’entend. Marjorie, je t’aime. »

Une des grandes sœurs de la victime, Cynthia Gentil, a quant à elle appelé à la paix : « Aujourd’hui nous sommes dévastés, mais nous voulons la paix et ne jamais céder à la vengeance. Nous savons que cet état d’esprit aurait été celui de Marjorie ». Une amie de la famille, Maeva, 15 ans, interrogée par nos confrères du Figaro a confié : « Nous sommes ici avant tout pour la famille. Ils sont très croyants, c’est grâce à la religion qu’ils tiennent ».

Mathilde de Robien – Publié le 23/05/21 – Mis à jour le 23/05/21

Aleteia. org

«la prière n’est pas une baguette magique»

Lorsque l’on prie, «pourquoi semble-t-il parfois que Dieu n’écoute pas ?» : c’est à cette délicate question que le Pape François a tenté de répondre lors de l’audience générale de ce 26 mai, qui s’est déroulée dans la Cour Saint-Damase. Le Souverain Pontife s’est notamment appuyé sur des épisodes de l’Évangile qui invitent à garder foi et espérance face au silence de Dieu.

C’est un cas de figure qui peut pousser à la «contestation radicale de la prière» ou à crier au scandale: «nos prières semblent parfois ne pas être écoutées», alors même que le mobile en était «noble» et désintéressé. Le Pape a notamment évoqué les guerres interminables qui font souffrir des nations entières, comme au Yémen ou en Syrie. Une question surgit: «pourquoi le Père, qui a promis de donner de bonnes choses à ses enfants qui les lui demandent, ne répond-il pas ?».

Prier humblement

Le Pape, se référant au Catéchisme de l’Église catholique, y voit une mise en garde «contre le risque de ne pas vivre une authentique expérience de foi». Nous voulons être servis par Dieu, et formulons alors «une prière qui voudrait orienter les événements selon notre dessein». Jésus au contraire nous apprend à demander «que se réalise non pas notre projet», mais la volonté du Père. «La prière n’est pas une baguette magique: c’est un dialogue avec le Seigneur», a résumé le Saint-Père.

Saint Paul quant à lui «nous rappelle que nous ne savons pas ce qu’il convient de demander». La prière nécessite avant tout de l’humilité de la part de l’orant, et de demeurer en Dieu. «Dans la prière, c’est Dieu qui doit nous convertir, ce n’est pas nous qui devons convertir Dieu», a souligné François, invitant à Lui demander «ce qui sera le meilleur pour [notre] santé spirituelle».

Attendre avec confiance la victoire du Ressuscité

Cependant l’interrogation demeure, lorsque la prière est sincère et qu’elle demande un bien correspondant au Règne de Dieu, par exemple, lorsqu’une mère prie pour son enfant malade. L’Évangile contient de nombreux épisodes ou des personnes demandent au Seigneur d’être guéries. Or nous voyons parfois Jésus tarder à répondre, a fait remarquer le Saint-Père. En effet, «le temps de Dieu n’est pas notre temps». Il ne résout pas toujours immédiatement le problème mais demande la foi à celui qui le sollicite, comme dans le cas de la guérison de la fille de Jaïre. «C’est la foi qui soutient la prière», a insisté le Pape.

La prière de Jésus lui-même à Gethsémani ou sur la croix ne semble pas être entendue du Père, et «le Fils doit boire jusqu’à la lie le calice de la passion». Mais la Résurrection constitue le véritable dénouement, la réponse éclatante après le silence du Samedi Saint. «Le Mal est le seigneur de l’avant-dernier jour» jamais «du dernier», a expliqué le Souverain Pontife. Le moment de la nuit où l’obscurité est la plus profonde survient toujours «avant l’aurore». Ainsi après le temps des souffrances, le dernier mot reviendra toujours à Dieu, «le jour où s’accompliront toutes les aspirations humaines de salut».

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Denier : une vidéo Brut de décoffrage et déjà culte

Dans le cadre de sa nouvelle campagne pour le denier de l’Église, le diocèse d’Angers vient de diffuser une courte vidéo mettant en scène des prêtres obligés d’avoir un emploi « alimentaire » en plus de leur ministère. Une fiction savoureuse qui donne envie de donner.

Imaginez un monde où le denier de l’Église n’existe plus et où les prêtres, contraints d’avoir un emploi alimentaire en plus de leur ministère, doivent jongler entre les sacrements des fidèles et les inventaires du supermarché. C’est cette fiction qu’a voulu décrire le diocèse d’Angers dans une courte vidéo de lancement de la campagne du denier qui s’inspire des codes du média vidéo Brut.

On y voit des scènes savoureuses à l’instar de ce curé caissier qui, au moment de scanner des bouteilles d’eau minérale, les bénit discrètement à la demande de la cliente. On le retrouve plus tard contraint de reporter un sacrement de réconciliation car il est de permanence le soir au magasin. Que l’on n’esquisse qu’un sourire en coin ou que l’on rit à gorge déployée une chose est sûre, cette campagne donnera – enfin ! – envie aux jeunes et moins jeunes de donner au denier !

La rédaction d’Aleteia – Publié le 25/05/21

Lancement de la plateforme Laudato Si’, sept ans pour la maison commune

Au terme de l’année Laudato Si’, destinée à mobiliser l’attention sur la protection de la Création, le Pape François annonce le lancement d’une nouvelle initiative: la plateforme Laudato Si’, qui permettra de mettre en valeur les initiatives concrètes mises en œuvre pour cette conversion à l’écologie intégrale dont dépend la survie de la planète et de l’humanité.

Vatican News

Ce nouvel outil mis en place par le Dicastère pour le Service du Développement humain intégral s’inscrit en continuité avec les différentes initiatives qui ont émergé depuis la publication de cette encyclique en 2015, et plus particulièrement durant cette Année Laudato Si’ lancée en mai 2020 et qui vient d’arriver à son terme le week-end dernier. L’objectif est d’ouvrir un processus sur le temps long, sur sept ans, afin de recueillir les expériences mises en œuvre tout autour du monde, dans différentes réalités de l’Église et de la société, afin de convertir les pratiques pour diminuer le gaspillage, la pollution, l’exploitation des ressources naturelles, les inégalités et trouver donc le chemin de l’écologie intégrale.

Dans un message vidéo rendu public ce mardi matin, François rappelle que son objectif lors de la publication de Laudato si’ en 2015 était d’inviter «les personnes de bonne volonté à prendre soin de la Terre, qui est notre maison commune. Depuis quelque temps, cette maison qui nous accueille souffre des blessures que nous provoquons à cause d’une attitude prédatrice, qui nous fait sentir maîtres de la planète et de ses ressources et nous autorise à un usage irresponsable des biens que Dieu nous a donnés», rappelle le Pape avec fermeté.«Des mains de Dieu, nous avons reçu un jardin; à nos enfants, nous ne pouvons pas laisser un désert», insiste François, en soulignant la responsabilité de chacun vis-à-vis des nouvelles générations.

L’actualité a accéléré la prise de conscience. «La pandémie actuelle a mis en lumière de manière encore plus forte le cri de la nature et celui des pauvres qui en subissent le plus les conséquences, soulignant que tout est interconnecté et interdépendant et que notre santé n’est pas séparée de la santé de l’environnement dans lequel nous vivons.» L’humanité, et en premier lieu l’Église catholique, doit donc assumer «une nouvelle approche écologique», en reliant les défis environnementaux et l’écoute du «cri des pauvres».

Sept défis à relever dans sept réalités spécifiques

François annonce donc le lancement de la Plateforme d’action Laudato Si’«un parcours de sept ans qui verra nos communautés s’engager de différentes manières à devenir totalement durables, dans l’esprit de l’écologie intégrale». Ce défi concerne particulièrement sept réalités: les familles, les paroisses et les diocèses, les écoles et les universités, les hôpitaux, les entreprises et les exploitations agricoles, les organisations, les groupes et les mouvements, et les institutions religieuses. Il s’articule autour de sept défis: la réponse au cri de la Terre, la réponse au cri des pauvres, l’économie écologique, l’adoption d’un style de vie simple, l’éducation écologique, la spiritualité écologique et l’engagement communautaire.

«L’espérance est là. Nous pouvons tous collaborer, chacun avec sa culture et son expérience, chacun avec ses initiatives et ses capacités, afin que notre mère la Terre retrouve sa beauté originelle et que la création brille à nouveau selon le dessein de Dieu», insiste le Pape.

«Que Dieu bénisse chacun de vous, et qu’il bénisse notre mission de reconstruire notre maison commune», conclut François.

Pentecôte : le temps de la « miséricorde », pas des « normes »

« Le Paraclet dit à l’Eglise qu’aujourd’hui c’est le temps de la consolation… C’est le temps où il faut ttémoigner de la miséricorde plutôt que d’inculquer des règles et des normes », a affirmé le pape François dans son homélie pour la messe de Pentecôte qu’il a célébrée ce 23 mai 2021.

« L’’Esprit nous demande de donner corps à sa consolation », a souligné le pape dans son homélie depuis la basilique Saint-Pierre : « Comment ? Non pas en faisant de grands discours, mais en nous faisant proches ; non pas avec des paroles de circonstance, mais avec la prière et la proximité… C’est le temps de la joyeuse annonce de l’Evangile plus que de la lutte contre le paganisme. C’est le temps d’apporter la joie du Ressuscité, non pas de se plaindre du drame de la sécularisation. C’est le temps de reverser l’amour sur le monde, sans épouser la mondanité. »

A l’assemblée d’un millier de fidèles – masqués et assis à distance les uns des autres – le pape a donné les trois conseils de l’Esprit Saint : “Habite le présent” ; “Cherche le tout” ; “Mets Dieu avant ton moi”.

Homélie du pape François

« Viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père » (Jn 15, 26). Avec ces paroles, Jésus promet aux disciples l’Esprit Saint, le don définitif, le don des dons. Il en parle en utilisant une expression particulière, mystérieuse : Paraclet. Accueillons aujourd’hui ce mot, pas facile à traduire car il contient plusieurs significations. Paraclet, en substance, veut dire deux choses : Consolateur e Avocat.
1. Le Paraclet est le Consolateur. Nous tous, spécialement dans les moments difficiles, comme ceux que nous traversons avec la pandémie, nous cherchons des consolations. Mais souvent nous recourons seulement aux consolations terrestres, qui s’estompent aussitôt. Jésus nous offre aujourd’hui la consolation du Ciel, l’Esprit, le « Consolateur souverain » (Séquence). Quelle est la différence ? Les consolations du monde sont comme les anesthésiants : elles donnent un soulagement momentané, mais elles ne soignent pas le mal profond que nous portons à l’intérieur. Elles détournent, distraient, mais ne guérissent pas. Elles agissent en superficie, au niveau des sens et non du cœur. Parce que seul celui qui nous fait sentir aimés tels que nous sommes donne la paix du cœur. L’Esprit Saint, l’amour de Dieu, fait ainsi : il descend à l’intérieur, car l’Esprit agit dans notre esprit. Il visite « jusqu’à l’intime le cœur », comme « hôte très doux de nos âmes » (ibid.). Il est la tendresse même de Dieu, qui ne nous laisse pas seuls ; parce que rester avec celui qui est seul c’est déjà consoler.
Sœur, frère, si tu sens l’obscurité de la solitude, si tu portes à l’intérieur une pierre qui étouffe l’espérance, si tu as dans le cœur une blessure qui brûle, si tu ne trouves pas la sortie, ouvre-toi à l’Esprit Saint. Saint Bonaventure écrivait, « où il y a une plus grande affliction il apporte une plus grande consolation, non pas comme le fait le monde qui dans la prospérité, console et flatte mais, dans l’adversité, se moque et condamne » (Sermon entre l’octave de l’Ascension). Ainsi fait le monde, ainsi fait surtout l’esprit ennemi, le diable : d’abord il nous flatte et nous fait sentir invincibles, ensuite il nous jette à terre et fait sentir que nous sommes mauvais. Il fait tout pour nous abattre, alors que l’Esprit du Ressuscité veut nous relever. Regardons les apôtres : ils étaient seuls et perdus, se tenaient enfermés, vivaient dans la crainte et avaient devant les yeux toutes leurs fragilités et leurs échecs. Les années passées avec Jésus ne les avaient pas changés. Puis ils reçoivent l’Esprit et tout change : les problèmes et les défauts restent les mêmes, et pourtant ils ne les craignent pas, ils ne craignent même plus ceux qui veulent leur faire du mal. Ils se sentent consolés intérieurement et veulent reverser extérieurement la consolation de Dieu. Auparavant apeurés, ils ont maintenant peur de ne pas témoigner l’amour reçu. Jésus l’avait prophétisé : l’Esprit « rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage » (Jn 15, 26-27).

Nous aussi, nous sommes appelés à témoigner dans l’Esprit Saint, à devenir des paraclets, des consolateurs. Oui, l’Esprit nous demande de donner corps à sa consolation. Comment ? Non pas en faisant de grands discours, mais en nous faisant proches ; non pas avec des paroles de circonstance, mais avec la prière et la proximité. Le Paraclet dit à l’Eglise qu’aujourd’hui c’est le temps de la consolation. C’est le temps de la joyeuse annonce de l’Evangile plus que de la lutte contre le paganisme. C’est le temps d’apporter la joie du Ressuscité, non pas de se plaindre du drame de la sécularisation. C’est le temps de reverser l’amour sur le monde, sans épouser la mondanité. C’est le temps où il faut témoigner de la miséricorde plutôt que d’inculquer des règles et des normes. C’est le temps du Paraclet !

2. Le Paraclet, ensuite, est l’Avocat. Dans le contexte historique de Jésus, l’avocat ne remplissait pas ses fonctions comme aujourd’hui : au lieu de parler à la place de l’accusé, il était généralement à ses côtés et lui suggérait à l’oreille les arguments pour se défendre. Le Paraclet fait ainsi, « l’Esprit de vérité » (v. 26), qui ne prend pas notre place, mais nous défend contre les mensonges du mal en nous inspirant des pensées et des sentiments. Il le fait avec délicatesse, sans nous forcer : il se propose mais ne s’impose pas. L’esprit de mensonge, le malin, fait le contraire : il cherche à nous contraindre, il veut nous faire croire que nous sommes toujours obligés de céder à ses suggestions mauvaises et aux pulsions des vices. Essayons donc d’accueillir trois conseils typiques du Paraclet, de notre Avocat. Ce sont trois antidotes fondamentales contre plusieurs tentations, aujourd’hui répandues.

Le premier conseil de l’Esprit Saint est : “Habite le présent”. Le présent, pas le passé ou l’avenir. Le Paraclet affirme la primauté d’aujourd’hui, contre la tentation de nous laisser paralyser par les amertumes et par la nostalgie du passé, ou de nous concentrer sur les incertitudes de demain et nous laisser obséder par les craintes pour l’avenir. L’Esprit nous rappelle la grâce du présent. Il n’y a pas de temps meilleur pour nous : maintenant, là où nous sommes, c’est le moment unique et irremplaçable pour faire du bien, pour faire de la vie un don. Habitons le présent !

Puis le Paraclet conseille : “Cherche le tout”. Le tout, pas la partie. L’Esprit ne façonne pas des individus fermés, mais nous fonde en tant qu’Eglise dans la variété multiforme des charismes, dans une unité qui n’est jamais uniformité. Le Paraclet affirme la primauté du tout. Dans le tout, dans la communauté l’Esprit préfère agir et apporter la nouveauté. Regardons les Apôtres. Ils étaient très différents : parmi eux, par exemple, il y avait Matthieu, un publicain qui avait collaboré avec les Romains, et Simon, dit le Zélote, qui s’opposait à eux. Il y avait des idées politiques opposées, des visions du monde différentes. Mais quand ils reçoivent l’Esprit, ils apprennent à ne pas donner la
primauté à leurs points de vue humains, mais au tout de Dieu. Aujourd’hui, si nous écoutons l’Esprit, nous ne nous concentrerons pas sur conservateurs et progressistes, traditionnalistes et innovateurs, droite et gauche : si les critères sont ceux-là, cela veut dire que dans l’Eglise on oublie l’Esprit. Le Paraclet pousse à l’unité, à la concorde, à l’harmonie des diversités. Il nous fait voir comme parties du même Corps, frères et sœurs entre nous. Cherchons le tout ! (…)

Enfin, le troisième grand conseil : “Mets Dieu avant ton moi”. C’est le pas décisif de la vie spirituelle, qui n’est pas une collection de nos mérites et de nos œuvres, mais l’humble accueil de Dieu. Le Paraclet affirme la primauté de la grâce. C’est seulement si nous nous vidons de nousmêmes que nous laissons l’espace au Seigneur ; c’est seulement si nous nous confions à lui que nous nous retrouvons nous-mêmes ; c’est seulement en étant pauvres en esprit que nous devenons riches d’Esprit Saint. Cela vaut aussi pour l’Eglise. Nous ne sauvons personne, et même pas nous-mêmes par nos forces. S’il y a d’abord nos projets, nos structures et nos plans de réformes nous tomberons dans le fonctionnalisme, dans l’efficience, dans l’horizontalisme et nous ne porterons pas de fruit.

L’Eglise n’est pas une organisation humaine, elle le temple de l’Esprit Saint. Jésus a apporté le feu de l’Esprit sur la terre et l’Eglise se réforme avec l’onction de la grâce, avec la force de la prière, avec la joie de la mission, avec la beauté désarmante de la pauvreté. Mettons Dieu à la première place ! Esprit Saint, Esprit Paraclet, console nos cœurs. Fais de nous des missionnaires de ta consolation, paraclets de miséricorde pour le monde. Notre Avocat, doux Inspirateur de l’âme, rends-nous témoins de l’aujourd’hui de Dieu, prophètes d’unité pour l’Eglise et l’humanité, apôtres fondés sur la grâce, qui crée et renouvelle tout.

Librairie éditrice du Vatican

Agence zenit.org

Nomination d’un prêtre dans la paroisse.

Par décision de Mgr François JACOLIN, évêque de Luçon, à partir du 1er septembre 2021

Monsieur l’abbé Guy Demonchy [curé à la paroisse St Michel l’Abbaye]est nommé prêtre auxiliaire dans les paroisses St Jacques du Val Graon (Moutiers les Mauxfaits) et Notre-Dame de Lumière (La Tranche sur Mer). Il résidera au presbytère de La Tranche sur Mer.

Autres nominations en Vendée

Aller sur le site du diocèse de Luçon (Clic)

Ce qui change à compter du 19 mai 2021

  • Les déplacements hors de notre domicile peuvent se faire jusqu’à 21 h 00 (nouveau horaire de couvre-feu)
  • Les salles à usage multiple en configuration assis (salles des fêtes, salles polyvalentes…) ERP de type L peuvent de nouveau ouvrir avec une jauge de 35 % de l’effectif autorisé. La restauration en intérieur reste pour l’instant interdite.
  • Le respect des gestes barrières reste toujours en vigueur (masques, gel, désinfection des tables…)

Pour la maison du diocèse

  • Ouvre de nouveau ses portes au public :
    • Ouverture de l’accueil de 9 h 00 à 12 h 30 et de 14 h 00 à 17 h 00
  • Accueille les groupes en réunions dans ses salles avec une jauge de 35 % de l’effectif autorisé,
    • soit35 personnes pour la grande salle de réunion
    •   7 ou 11 personnes pour les autres salles de l’étage de l’espace Réunions
  • Maintient la restauration fermée aux groupes jusqu’au 8 juin prochain

Pour les paroisses

  • Peuvent de nouveau accueillir du public (gestes barrières maintenus)
  • Peuvent organiser des réunions  (en position assis) dans leurs salles dans la limite de 35 % de l’effectif autorisé.
  • Les repas, verres de l’amitié… restent toujours interdits
  • Pour les lieux de culte, la règle est de de 1 emplacement sur 3 et en quinconce pour les cérémonies religieuses (voir calendrier préfectorale du 19 mai, page 3)

Une mise à jour de l’information sera faite pour le 9 juin, date à laquelle des évolutions sont envisagées. Vous pouvez retrouver les perspectives (à confirmer par le gouvernement) pour le 9 juin prochain et le 30 juin prochain sur le site de la préfecture de Vendée.

La Pentecôte : les dons de l’Esprit-Saint

Recevoir l’Esprit Saint, qu’est-ce que cela change ? Que recevons-nous en recevant l’Esprit ? Déjà l’hymne très ancienne Veni Creator Spiritus demandait à l’Esprit de donner « les sept dons de son amour ». Mais c’est surtout Thomas d’Aquin qui, par sa réflexion théologique, a formalisé une liste de sept dons de l’Esprit :

  • La sagesse : elle fait goûter la présence de Dieu, dans un plus grand compagnonnage avec lui, et un plus grand dynamisme missionnaire. C’est le don contemplatif par excellence.
  • L’intelligence : elle aide à entrer dans le mystère de Dieu, à comprendre de l’intérieur la foi, les Écritures, à distinguer l’erreur de la vérité. Par ce don, chaque chrétien peut devenir un authentique théologien.
  • La science : elle permet de reconnaître Dieu à l’oeuvre dans la nature et dans l’histoire, de recevoir le monde comme un don de Dieu. Elle donne le sens de la précarité de l’univers.
  • La force : elle donne la persévérance dans l’épreuve, le courage du témoignage. Elle soutient les martyrs mais aide aussi au quotidien à accomplir son devoir d’état et à vivre le combat spirituel. C’est l’héroïsme de la petitesse.
« Ma grâce te suffit, dit le Seigneur, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9)
  • Le conseil : c’est le don du discernement spirituel. Il ajuste ce qu’il convient de faire ou d’éviter, de dire ou de taire. Il dispose à voir clair en soi et dans les autres.
  • La piété : elle fait entrer dans l’expérience de la paternité de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse. Elle nous donne la confiance de l’enfant. Elle nous rend proche aussi des autres.
  • La crainte : ce n’est pas la peur de Dieu mais le sens de sa grandeur. La conscience de l’infinie distance entre le Tout-Autre et nous, ses créatures. Ce don suscite une attitude d’humilité et d’émerveillement.

La Pentecôte et les 7 dons de l’Esprit Saint en 2 minutes,
avec le diocèse de Moulins