A.G. des Amis de St Jacques

Cette invitation s’adresse à toute personne intéressée par des projets culturels liés au patrimoine religieux.

Bonjour à chacun(e),

Vous êtes invité(e)s à l’Assemblée Générale Ordinaire des Amis de Saint Jacques qui aura lieu le Jeudi 19 mars 2020 à 20 h au collège St Jacques 9 rue de l’Ermitage à Moutiers les Mauxfaits. Vous trouverez en pièces jointes l’ordre du jour et l’appel à candidature. Les Amis de Saint Jacques recherchent des personnes intéressées par la préservation et la sauvegarde du patrimoine religieux. C’est une association loi 1901 qui propose de réfléchir, échanger, développer, mettre en place…  des projets culturels liés au patrimoine religieux.

D’avance merci de votre intérêt.

Pour le Président Bernard Martineau

Supplique aux « pauvres pécheurs » !

A vous, mères célibataires, femmes et filles enceintes ou garçons de la rue… ; à vous, divorcés et leurs conjoints ; à vous, couples non-mariés ou personnes seules qui, ruptures après échecs, connaissez des relations épisodiques… ; à vous, non pratiquants ; à vous, hommes ayant des piercings ou de longs cheveux et femmes habillées avec des vêtements trop courts ou des maquillages abondants… ; à vous, adeptes du « carnaval-malélevé », amis de l’occulte et du monde… ; à vous, pères absents et géniteurs fantômes ; à vous, personnes homosexuelles… ; à vous tous qui avez été jugés ou vous êtes vous-mêmes cru indignes ou exclus de la communauté chrétienne, j’ai une bonne nouvelle pour vous… Voici bientôt le Carême !

C’est le temps où aucun chrétien ne peut ni ne doit se sentir « mieux » que les autres. La plus pratiquante des dames patronnesses et le plus « bien-comme-il- faut » des hommes d’Eglise, s’ils sont honnêtes avec eux-mêmes et avec Dieu, ont plus que jamais le devoir de vous regarder comme des frères très chers dans le Seigneur (Philémon 16), des prophètes de la Miséricorde qui seront devant dans le Royaume de Dieu (Mt 21,31).

C’est le moment où chaque croyant entre dans le temple, comme publicain ou comme pharisien (Lc 18,10-14), et ce n’est pas le pharisien spécialiste de la
Bible et des pratiques religieuses qui sera justifié, mais bien le pauvre publicain si conscient de son péché et de sa misère. C’est lui, dans son humiliation, qui attirera la bénédiction de Dieu. Voilà pourquoi, au cours du Carême, toute l’Eglise se tourne vers vous, et, pour se débarrasser de tout orgueil (car c’est l’orgueil, et l’orgueil seul, qui ferme la porte de ciel), vous supplie de nous montrer le chemin : comment garder la confiance lorsqu’on se sent loin de Dieu ? Pourquoi continuer à croire en son amour, à ne vivre que de sa miséricorde, à ne pas douter du salut éternel et à ne pas baisser les bras, lorsqu’on a fait tant de « bêtises », commis tant de fautes et que des vices et des addictions nous enchaînent dans des fers ?

Bonne nouvelle : pendant le Carême, l’Eglise ne se contentera pas de se tourner vers vous, pour admirer votre persévérance comme un modèle, mais elle vous demande pardon.

L’église vous demande pardon !

Pardon pour les jugements, réels ou ressentis, pour lesquels personne en ce bas monde n’a autorité.

Pardon pour tant d’attitudes et de discours péremptoires sous les clochers ou dans les « case-manman », dans lesquels vos proches, parfois, vous ont condamnés, « malparlé », méprisés, humiliés, rejetés… Jésus n’aurait jamais fait ça !
Pardon parce que, sous prétexte de religion et de lois, on ne vous a pas montré que la vraie vie, la réconciliation, vient de l’amour du Christ, et non pas des efforts humains.

Pardon pour cette incapacité à vous dire et à vous montrer que nous sommes tous fils et filles du Père Miséricordieux et que cela ne dépend pas de la rectitude morale, de la façon de s’habiller, des actes commis, mais du désir de suivre Jésus et d’accepter son amour.

Pardon parce que, à cause de tout cela, tant d’entre vous n’avez plus remis les pieds à l’église, que vous ne vous sentez plus à l’aise dans cette communauté qui est la vôtre et qui a besoin de vous…

Pardon parce que, quand bien même vous seriez des « brebis perdues », le premier devoir des pasteurs et des « bons chrétiens » était de partir à votre recherche, de se mettre à votre écoute et de vous mettre sur leurs épaules pour vous ramener tendrement au bercail…

Pardon parce que, si vous êtes des « fils prodigues », vous devriez ressentir notre impatience de votre retour à la maison, notre hâte de courir à votre rencontre pour vous accueillir, tels que vous êtes, sans un reproche, pour faire la fête et vous honorer…

Tel est l’objet de cette supplique. Revenez vite, nous avons besoin de vous !

Mercredi des Cendres

Le Mercredi des cendres, premier jour du Carême, est marqué par l’imposition des cendres : le prêtre dépose un peu de cendres sur le front de chaque fidèle, en signe de la fragilité de l’homme, mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu. En 2020, il est fêté le mercredi 26 février.

On trouve déjà le symbolisme des cendres dans l’Ancien Testament. Il évoque globalement la représentation du péché et la fragilité de l’être. On peut y lire que quand l’homme se recouvre de cendres, c’est qu’il veut montrer à Dieu qu’il reconnaît ses fautes. Par voie de conséquence, il demande à Dieu le pardon de ses péchés : il fait pénitence.

Un symbole de renaissance

Tous, nous faisons l’expérience du péché. Comment s’en dégager ? Jésus nous apprend que nous serons victorieux du péché quand nous aurons appris par l’Evangile à remplacer le feu du mal par le feu de l’Amour. Car le feu qui brûle ce jour détruit d’abord mais, en même temps, ce feu éclaire, réchauffe, réconforte, guide et encourage.

La cendre est appliquée sur le front pour nous appeler plus clairement encore à la conversion, précisément par le chemin de l’humilité. La cendre, c’est ce qui reste quand le feu a détruit la matière dont il s’est emparé. Quand on constate qu’il y a des cendres, c’est qu’apparemment il ne reste plus rien de ce que le feu a détruit. C’est l’image de notre pauvreté. Mais les cendres peuvent aussi fertiliser la terre et la vie peut renaître sous les cendres.

Tout en le marquant, le prêtre dit au fidèle : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». L’évangile de ce jour est un passage de saint Matthieu – chapitre 6, versets 1 à 6 et 16 à 18 – qui incite les fidèles à prier et   agir, non pas de manière orgueilleuse et ostentatoire, mais dans le secret de leur cœur :

Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que te donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais en secret.
Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret.
Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement du Père qui est présent dans le secret.

Les évêques de France au Salon de l’Agriculture 2020

Que des évêques se rendent au Salon de l’Agriculture, voilà qui peut apparaître très sympathique, voire un peu folklorique. Nous ne sous-estimons pas le caractère festif de ce rassemblement et nous sommes heureux d’y participer, mais l’enjeu est en réalité bien plus profond.



LE MOT DE MONSEIGNEUR HABERT

Depuis plusieurs années, évêques de France, nous prenons la mesure des évolutions du monde rural et du monde agricole. Ces évolutions nous intéressent en tant que pasteurs de diocèses ruraux. En ce domaine les défis sont importants à relever. Nous serons heureux en cette journée d’approfondir certains enjeux de la vie des agriculteurs, de pouvoir les rencontrer et dialoguer avec eux. Nous serons aussi amenés à nous rendre dans les stands de nos régions respectives. Dans ce monde se mélangent créativité et enthousiasme, mais aussi angoisse et désarroi.

À travers les agriculteurs, c’est aussi une vision du monde rural que nous rencontrons. Les enjeux pastoraux sont immenses en ce domaine. Des questions sérieuses sont posées : comment imaginer l’occupation du territoire, comment lutter contre les déserts médicaux, comment accompagner la fragilité de beaucoup ? Des questions aussi positives : comment accueillir les nouveaux arrivants, comment valoriser le patrimoine culturel, naturel, historique ?

Toutes ces évolutions nous intéressent aussi en tant qu’observateurs de notre société. Les questions « d’écologie intégrale », portées par beaucoup de nos contemporains, croisent en effet bien des intuitions profondes de la vie chrétienne et de la révélation.

Au mois de novembre dernier, à l’initiative de notre président l’archevêque de Reims Mgr Eric de Moulins-Beaufort et du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, nous avons vécu deux journées passionnantes sur ce sujet. Ces questions seront au centre de bien des choix de société dans les années qui viennent. Nous n’oublions pas non plus combien les débats sur les lois de bioéthique entrent dans le champ de la réflexion. L’écologie intégrale ne se limite pas à la dimension environnementale.

Notre participation au Salon de l’Agriculture sera enrichie, lors de notre prochaine Assemblée plénière en mars. Chaque évêque est en effet invité à venir à Lourdes avec une personne spécialement concernée par les problématiques du monde agricole. Quelques semaines plus tard, nous vivrons le grand rassemblement Terres d’Espérance dans le diocèse de Valence. Un rassemblement de trois jours où les diocèses enverront une délégation pour des temps de partages, de réflexions, de formations sur la place de l’Église dans le monde rural.

On le voit, les évêques de France se mobilisent, notre présence au Salon de l’Agriculture en est un signe visible.

+Mgr Jacques Habert
Évêque de Séez
Accompagnateur de la Mission en monde rural de la Conférence des évêques de France

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Comprendre et agir en chrétien

Thomas Ailleret, père de 3 enfants, cadre dans une grande entreprise industrielle de Vendée, vient de publier « Vivre en chrétien, quésaco ? » aux éditions du Cerf. Un livre qui aborde la question de la doctrine sociale de l’Eglise dans notre quotidien. Il s’agit de son premier ouvrage.

« Lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de la doctrine sociale de l’Eglise, je suis tombé de ma chaise ! » Thomas Ailleret découvre à ce moment-là que l’Eglise peut aussi bien parler d’amour que d’économie, de solidarité que de politique. Dans son livre «Vivre en chrétien, quésaco?» paru le 13 février dernier, on y retrouve le fruit d’une longue réflexion mûrie pendant de nombreuses années sur la doctrine sociale de l’Eglise, ou comment vivre en chrétien dans la vie réelle.
Que penser des Gilets jaunes? Du Brexit? De l’accueil des migrants? De la protection de l’environnement ? Que faire lorsque aucun candidat à une élection ne nous convient? « L’Eglise ne nous donne pas de procédures ou de solutions, mais elle donne les clés d’une lecture chrétienne sur tous ces sujets ». À travers un panel d’exemples issus de la vie quotidienne, Thomas Ailleret révèle ici comment la foi chrétienne éclaire d’une même lumière nos engagements en famille, au travail, dans l’économie et dans la société.
Alors est-il encore possible d’agir en chrétien dans la société actuelle ? Eléments de réponses le 3 février lors de la conférence
«Eglise et société» avec Thomas Ailleret.

Rencontre diocésaine « catéchuménat des adolescents »

Rencontre diocésaine « catéchuménat des adolescents » 
jeudi 5 mars de 9h30 à 16h30  
à la maison du diocèse saint Paul .

Inscription obligatoire sur
https://forms.gle/7LmhVVhq2wveF79Q7
Comment les accompagner à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne ?En présence de Joëlle ELUARD (catéchèse et catéchuménat des adolescents au SNCC) 

Extrait : Édito de Monseigneur Christophe Dufour, Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles, membre du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes.

Enjeux éducatifs

La sortie de l’enfance est l’occasion d’un nouveau champ de connaissances et d’expériences pour les adolescents. Quels adultes rencontreront-ils sur leur chemin pour les conduire sans qu’ils se perdent dans ces nouvelles explorations? Exploration de soi, de leur liberté, d’un monde merveilleux, enthousiasmant, mais aussi dangereux. Deux domaines éducatifs sont particulièrement mis en évidence aujourd’hui.

L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, pour apprendre à aimer

Apprendre la relation juste à son corps et aux autres. S’émerveiller devant son corps et découvrir qu’il est fait pour la vie. S’émerveiller devant son corps et découvrir qu’il est fait pour la vie. S’émerveiller devant la sexualité et découvrir qu’elle est faite pour aimer et donner la vie. Souvent l’éducation sexuelle consiste à apprendre à se protéger parce que, dirait-on, la sexualité, c’est dangereux. L’éducation sexuelle telle que nous la concevons est d’abord l’apprentissage de l’émerveillement devant la beauté des corps, beauté remplie d’un mystère caché qui suscite le respect.

L’éducation à la liberté, pour apprendre à choisir

Que de conditionnements aujourd’hui dans les comportements ! Et les adolescents, à un âge de crise et de recherche d’identité, y sont particulièrement exposés. La tâche de l’éducation sera de leur apprendre à se libérer de ces conditionnements et de leur donner des repères pour construire leur personnalité et discerner les enjeux de leurs actes.

Service Évangélique des Malades

Une belle et humble mission

Le dimanche 9 février c’était le Dimanche de la Santé. Dans la foulée le mardi 11 février est quant à lui la Journée mondiale des Malades. L’occasion d’évoquer les réalités et défis du Service évangélique des malades en Vendée. Un service qui se vit dans toutes les paroisses du diocèse.

De très nombreux bénévoles vont visiter les personnes malades, isolées ou grabataires qui se signalent ou qui peuvent être connues de la paroisse. D’autres s’investissent dans l’accompagnement des malades lors d’événements diocésains et pèlerinages (notamment Lourdes). Une belle mission, humble et discrète dont les acteurs ont besoin de se renouveler afin qu’elle puisse perdurer. C’est le message du père Jean Bondu. Interviewé par RCF Vendée il “lance un appel à ceux qui voudraient rejoindre cette belle et humble mission“. Une mission qui permet de sortir les malades d’un certain isolement, plus particulièrement ceux qui n’ont pas de proches ou ceux dont les familles sont loin. “C’est une ouverture offerte aux malades et la prise en compte de leurs souffrances“. 

Deux soucis se présentes actuellement : le renouvellement des accompagnants. “Ils nous faut des forces neuves” explique le père Bondu “Et il y a des formations de prévues“. Et la signalisation des malades. Une équipe paroissiale n’a pas forcément connaissance des malades qui pourraient avoir besoin de visites et de soutien. “La visite d’un malade se fait dans la discrétion la plus absolue” insiste l’abbé Bondu. 

Jésus, cet inconnu…

De la foi à la raison

Ce que nous tenons aujourd’hui pour certain de Jésus se réduit à peu de chose : juif, il a été crucifié par les Romains vers l’an 30 de notre ère, avant que sa prédication ne fournisse la base d’une nouvelle religion issue du judaïsme antique. Ce dernier est à distinguer du judaïsme contemporain, rabbinique, dont on peut dire qu’il s’est constitué parallèlement au christianisme.

Il semblerait que l’historien sérieux ne puisse aller au-delà de ces quelques affirmations. Si nous sommes raisonnablement sûrs aujourd’hui que Jésus a eu une existence factuelle, il serait en revanche plus que périlleux de défendre qu’il a voulu fonder une nouvelle religion.

Thomas d’Aquin insiste sur la nécessité de distinguer ce que l’on sait par la raison de ce que l’on affirme par la foi,

Triduum Pascal

J’ai pris cette décision afin de préserver nos prêtres plus âgés. Je vous rappelle leur âge 78 et 83 ans. Présider les célébrations du Triddum le soir demande de l’énergie.

Père Olivier

Nouvelle organisation

Il a été supprimé des célébrations du soir. L’église d’Angles, grande et située en bonne place au centre des lieux de culte a été choisie pour des cérémonies du soir.

Un prêtre aîné témoigne
P. Jacques Meunier

J’ai la chance que ma santé n’ait pas encore été interpellée par de gros pépins. Si bien que je ne me sens pas forcément vieillir. Mais, autour de moi, les autres le sentent probablement… Un certain nombre de mes facultés fatiguent : j’entends moins bien, je lis plus difficilement les petites lettres ou les panneaux de circulation, mes pas ralentissent leur rythme, je ne maîtrise rien des outils de communication à la mode. En même temps, même si ça grince dans la “carcasse” et que les articulations se coincent davantage qu’avant, je reste prêtre, habité depuis 50 ans par une passion, celle de la mission.

Depuis bientôt quatre ans, je n’ai plus la responsabilité d’une paroisse. J’y ai été heureux ! …

Ce qui s’est transformé par rapport à avant, c’est qu’il me faut apprendre à devenir dépendant, et à y consentir dans ma tête et dans mon cœur. C’est sans doute la même difficulté que rencontrent beaucoup de retraités ayant été habitués à porter des responsabilités : je ne suis plus dans les lieux de décisions. C’est certainement plus dur à vivre, plus dur à accepter intérieurement, lorsque les décisions prises, ici ou là, ne sont pas celles que j’aurais choisi de prendre. Mais l’Église ne m’appartient pas ! Et je suis appelé à faire confiance. L’apprentissage de la dépendance, c’est aussi l’acceptation du vieillissement, avec ses limites physiques et intellectuelles ; et la perspective d’une entrée en maison de retraite ou en EHPAD. J’imagine que c’est plus facile à écrire qu’à vivre… La vieillesse est une école d’humilité ! 

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Extrait d’un témoignage du Père Jacques Meunier, prêtre aîné à Romainville

Les «grands rêves» de François pour l’Amazonie

“EN PORTANT SON REGARD SUR LA RÉGION, LE PAPE TRACE DES CHEMINS CONCRETS POUR UNE ÉCOLOGIE HUMAINE QUI PRENNE EN COMPTE LES PAUVRES, POUR LA VALORISATION DES CULTURES ET POUR UNE ÉGLISE MISSIONNAIRE À VISAGE AMAZONIEN.”

Andrea Tornielli – Cité du Vatican

«Le rêve est un lieu privilégié pour la recherche de la vérité. Et même Dieu a choisi bien des fois de parler en rêve». Ces mots, prononcés par François en décembre 2018 au cours d’une homélie lors de la messe à la Maison Sainte-Marthe faisant référence à saint Joseph, un homme silencieux et concret, nous aident à comprendre le regard du Pape sur l’Amazonie à travers l’exhortation post-synodale. Un texte écrit comme une lettre d’amour, où les citations de poètes abondent, aidant le lecteur à entrer en contact avec la beauté merveilleuse de cette région, mais aussi avec ses drames quotidiens. Pourquoi l’évêque de Rome a-t-il voulu donner une valeur universelle à un synode limité à une région spécifique ? En quoi l’Amazonie et son destin nous concernent-ils ?

La réponse émerge en parcourant les pages de l’exhortation. D’abord parce que tout est lié : l’équilibre de notre planète dépend aussi de l’état de santé de l’Amazonie. Et puisque l’on ne peut séparer le salut des personnes du salut des écosystèmes, nous ne pouvons pas rester indifférents devant la destruction de la richesse humaine et culturelle des peuples indigènes, ni devant la dévastation et les politiques de surexploitation qui détruisent les forêts. Mais il y a un autre élément qui rend l’Amazonie universelle. D’une certaine manière, les dynamiques qui s’y manifestent anticipent des défis devenus proches de nous : les effets sur la vie des êtres humains et sur l’environnement d’une économie mondialisée et d’un système financier de plus en plus insoutenable ; la coexistence de peuples et de cultures profondément différents ; les migrations ; la nécessité de protéger la Création, qui risque d’être irrémédiablement blessée.

«Querida Amazonia», protagoniste de la lettre d’amour de François, représente avant tout un défi pour l’Église, appelée à trouver de nouveaux chemins d’évangélisation, en annonçant le cœur du message chrétien, ce kérygme qui rend présent le Dieu de la miséricorde qui a tant aimé le monde qu’il a sacrifié son Fils sur la croix. L’homme, en Amazonie, n’est pas la maladie à combattre pour guérir l’environnement. Les peuples originels de l’Amazonie doivent être préservés avec leurs cultures et leurs traditions. Mais ils ont aussi droit à un témoignage évangélique. Ils ne doivent pas être exclus de la mission, de l’attention pastorale d’une Église bien représentée par les visages brûlés sous le soleil de nombreux missionnaires âgés, capables de se déplacer pendant des jours et des jours en canoë uniquement pour rencontrer des petits groupes de personnes et leur apporter la caresse de Dieu ainsi que le réconfort régénérateur de ses sacrements.

Avec son exhortation, le pape François témoigne d’un regard qui va au-delà des diatribes dialectiques qui ont fini par représenter le Synode presque comme un référendum sur la possibilité d’ordonner prêtres des hommes mariés. La question est débattue depuis longtemps et pourra l’être encore à l’avenir, car «la continence parfaite et perpétuelle» n’est «certainement pas requise par la nature même du sacerdoce», comme l’a déclaré le Concile œcuménique Vatican II. Une question à laquelle le Successeur de Pierre, après avoir prié et médité, a décidé de répondre sans prévoir de changements ou de nouvelles possibilités de dérogations par rapport à celles déjà prévues par la discipline ecclésiastique actuelle, mais en demandant de repartir de l’essentiel : d’une foi vécue et incarnée, d’un élan missionnaire renouvelé, fruit de la grâce. Autrement dit, il s’agit de laisser place à l’action de Dieu, et non à des stratégies de marketing ou des techniques de communication des influenceurs religieux.

«Querida Amazonia» invite à une réponse «spécifique et courageuse» en repensant l’organisation et les ministères ecclésiaux. Elle appelle toute l’Église catholique à la responsabilité, afin qu’elle puisse ressentir les blessures de ces peuples et les difficultés de ces communautés dans l’impossibilité de célébrer l’Eucharistie dominicale, et y répondre avec générosité, par l’envoi de nouveaux missionnaires, en valorisant tous les charismes et en se concentrant davantage sur les nouveaux services et les ministères non ordonnés, à confier de manière stable et reconnue aux laïcs et aux femmes. En citant précisément l’apport irremplaçable de ces dernières, François rappelle qu’en Amazonie la foi s’est transmise et a été maintenue debout durant des décennies grâce à la présence de femmes «fortes et généreuses» sans «qu’un prêtre ne passe les voir».