« Va d’abord te réconcilier avec ton frère »

Neuvième jour de carême

Lecture du livre du prophète Ézékiel (18, 21-28)

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis, s’il observe tous mes décrets, s’il pratique le droit et la justice, c’est certain, il vivra, il ne mourra pas. On ne se souviendra d’aucun des crimes qu’il a commis, il vivra à cause de la justice qu’il a pratiquée. Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant – oracle du Seigneur Dieu –, et non pas plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive ? Mais le juste, s’il se détourne de sa justice et fait le mal en imitant toutes les abominations du méchant, il le ferait et il vivrait ? Toute la justice qu’il avait pratiquée, on ne s’en souviendra plus : à cause de son infidélité et de son péché, il mourra !Et pourtant vous dites : « La conduite du Seigneur n’est pas la bonne. » Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra. Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Il a ouvert les yeux et s’est détourné de ses crimes. C’est certain, il vivra, il ne mourra pas.

Psaume

Refrain: Si tu retiens les fautes, Seigneur, Seigneur, qui subsistera ?

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière ! R

Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne. R

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. R

Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes. R

Évangile de Matthieu (5, 20-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

Méditons

Dieu nous invite à imiter sa tendresse. C’est par l’amour que nous pouvons ressembler à Dieu. Ne pas avoir d’ennemi ni d’adversaire c’est ce que Jésus nous demande dans l’évangile . En se rapportant à la première lecture nous comprenons qu’avoir quelque chose contre son frère est un péché dont il faut se détourner. Si nous confessons la miséricorde de Dieu qui s’étend d’âge en âge, elle ne nous encourage pas du tout à ne pas faire d’effort de conversion. On entend parfois dire : « Dieu fera miséricorde ». Oui Dieu fera miséricorde, si nous nous tournons vers lui dans l’effort de changer de vie et de vivre surtout d’amour. Parfois nous nous réfugions derrière l’argument confortable de l’antipathie naturelle pour nous excuser de ne pas aimer untel ou unetelle. L’Évangile nous invite à un plus : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux ». Ne pas chercher à faire comme tout le monde mais comme Dieu veut. C’est un défi quotidien auquel nous sommes confrontés. Parfois sous prétexte de ne pas nous faire remarquer nous faisons comme tout le monde. Avons-nous donc peur d’être témoin ?

Seigneur, ouvre notre cœur à tous sans exception . Déracine en nous tout manque d’amour. Rends-nous attentifs pour déceler le mal-être du frère ou de la sœur.

Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel.

Lecture du Livre d’Esther

En ces jours-là, la reine Esther, dans l’angoisse mortelle qui l’étreignait, chercha refuge auprès du Seigneur. Se prosternant à terre avec ses servantes du matin jusqu’au soir, elle disait : « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, tu es béni. Viens à mon secours car je suis seule, et je n’ai pas d’autre défenseur que toi, Seigneur. Car je vais jouer avec le danger.Dans les livres de mes ancêtres, Seigneur, j’ai appris que ceux qui te plaisent, tu les libères pour toujours, Seigneur. Et maintenant, aide-moi, car je suis solitaire et je n’ai que toi, Seigneur mon Dieu. Maintenant, viens me secourir car je suis orpheline, et mets sur mes lèvres un langage harmonieux quand je serai en présence de ce lion ; fais que je trouve grâce devant lui, et change son cœur : qu’il se mette à détester celui qui nous combat, qu’il le détruise avec tous ses partisans. Et nous, libère-nous de la main de nos ennemis ; rends-nous la joie après la détresse et le bien-être après la souffrance. »

Psaume

Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel.

De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne. R

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force. R

Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour :
n’arrête pas l’œuvre de tes mains. R

Evangile de Matthieu (7, 7-12)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ? ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »

Méditons

« Seule une confiance absolue en Dieu et en son amour fait prier et fait persévérer dans la prière »
Cette confiance absolue que Dieu nous répondra nous permet non seulement de prier mais de continuer jusqu’à être exaucé. La succession des verbes demander, chercher , frapper montre bien cette idée de persévérance dans la prière, non pas que Dieu est sourd puisque nous avons bien lu avant-hier qu’il connaît tout ce dont nous avons besoin avant que nous l’ayons exprimé. La démarche de la prière et temps de la prière témoignent de la place que nous donnons à Dieu dans notre vie. C’est l’humble qui prie parce conscient de sa petitesse et de pauvreté. L’égoïsme de l’homme le mettra toujours en face de ses limites ( s’il se dit la vérité).
Nous prions et Dieu répond à son heure. Cette attente de la réponse de Dieu dilate notre cœur et creuse en nous le désir de Dieu. « Demandez, on vous donnera » montre bien la tendresse de Dieu qui ne ferme jamais son cœur même s’il ne répond pas tout de suite ou comme nous voudrions. Jésus a d’ailleurs enseigné à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager car Dieu fera justice à ses élus qui crient vers Lui jour et nuit. L’homme peut refuser de donner mais Dieu jamais.
Apprenons à accepter à durée de Dieu dans sa réponse à nos demandes. N’abandonnons jamais, ne jetons jamais l’éponge.


En ce temps de carême Dieu veut que nous tapions à la porte de son cœur . Il nous attend.

Lave-moi tout entier de ma faute, purifie moi de mon offense.

Lecture du livre du prophète Jonas (3, 1-10)

La parole du Seigneur fut adressée à Jonas : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. » Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac. La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre. Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront pas et ne boiront pas. Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence. Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas ! »En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

Psaume

Refrain: Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense. R

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint. R

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé. R

Évangile de Luc (11, 29-32)

Salomon recevant la Reine de Saba

En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »

Méditons

« Reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur ». Tels sont les mots qui nous ont été adressés le mercredi des cendres. Se convertir, encore se convertir, toujours se convertir. Oui on n’a jamais fini et on ne finira jamais tant que dure notre pèlerinage sur la terre. Le temps de carême répété chaque année est là pour nous le rappeler. Nous avons vite fait de nous réinstaller dans nos vieilles habitudes ou de nous complaire avec satisfaction de nos acquis spirituels. Notre Dieu nous invite à toujours aller de l’avant, ne
jamais s’arrêter sur la route tant que nous ne sommes pas réunis à Lui. Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus condamne l’endurcissement du cœur de ses contemporains qui ne sont pas des étrangers ni des lointains. Ce sont les filles et fils de l’alliance qui, malgré les signes que Jésus a multipliés devant eux, se refusent de le croire ou de se convertir à sa parole alors que les Ninivites, des païens se sont convertis au
message d’un «simple » prophète, Jonas. La reine de Saba venu des terres étrangères s’est laissée éprise par la sagesse du roi Salomon qui n’est qu’un élu de Dieu en dessous du Christ qui , Lui, est Fils de Dieu.
Il peut nous arriver nous aussi de devenir des habitués de la Parole de , de la communion fréquente à la recherche uniquement de grâces et de bénédictions et ne plus entendre résonner en nous l’appel pressant de la conversion.


Puisse ce temps de carême être pour chacun de nous un moment de grâce pour
découvrir les lieux où Dieu l’interpelle et que sa force nous aide à faire le pas.

Tenons bon dans la prière, le partage et le jeûne.

« Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens » (Matthieu 4)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »

Psaume

R/ De toutes leurs angoisses,
Dieu délivre les justes. (cf. 33, 18b)

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.

Le Seigneur entend ceux qui l’appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l’esprit abattu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu ((6, 7-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.


Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

Méditons

La prière est l’un des piliers du temps de carême . Mais comment prier ? Pour que notre prière ne soit pas factice Jésus invite à la simplicité dans notre prière. Un enfant devant son père est simple, sans artifice. Il ouvre son cœur et reste confiant dans la certitude que son père l’aime. Notre entrée en prière suppose cela. Pas de logorrhée. Devant Dieu notre Père, nous avons besoin d’ouvrir notre cœur et nous tenir devant lui dans un face-à-face pour nous remplir de sa présence. Reconnaître que seul son règne nous
assure la paix et que son nom est le seul digne d’adoration et que sa volonté fait notre joie et notre bonheur. Qu’Il nous aide à accomplir celle-ci. C’est après cela que nous lui présentons nos besoins : notre pain quotidien car un père ne laisse jamais son fils affamé ; la remise de nos fautes pour que nous soyons en paix ; et la force nécessaire pour la traversée de la vie. Si la prière du ‘’Notre Père’’ dévoile l’amour de Dieu et notre confiance en Lui, nous devons nous aussi montrer cet amour à nos frères. C’est une exigence divine.

Que le Seigneur nous donne la force de toujours pardonner quoiqu’il en coûte. « Tant qu’on aime on pardonne toujours »

« Tu jugeras ton compatriote avec justice »

cinquième jour de carême

Lecture du livre des Lévites (19, 1-2. 11-18)

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.
Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas, vous ne tromperez aucun de vos compatriotes. Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom : tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Tu n’exploiteras pas ton prochain, tu ne le dépouilleras pas : tu ne retiendras pas jusqu’au matin la paye du salarié. Tu ne maudiras pas un sourd, tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle : tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d’injustice ; tu n’avantageras pas le faible, tu ne favoriseras pas le puissant : tu jugeras ton compatriote avec justice. Tu ne répandras pas de calomnies contre quelqu’un de ton peuple, tu ne réclameras pas la mort de ton prochain. Je suis le Seigneur.
Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »

Psaume

Refrain: Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie.

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples. R

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard. R

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables. R

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ;
qu’ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur ! R

Évangile de Matthieu (23,31-46)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”  Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Méditons

« Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent » Ps 84,11
Les lectures de ce cinquième jour de carême focalisent notre attention sur l’amour du prochain. Cet amour dans la première lecture passe par la justice et la vérité dans notre relation avec les autres. Il ne peut avoir d’amour sans justice et vérité qui garantissent une paix profonde et une harmonie communautaire et sociale. L’amour dépasse le simple don de telle ou telle chose dans ce cas. Il devient tout mon comportement en face de l’autre et de la société.
Si le temps de carême nous invite à nous rapprocher de Dieu, c’est surtout pour l’imiter dans son amour. La première lecture nous dit que tu aimeras ton prochain comme toi-même et Jésus, lui nous invite à un plus : « aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés » Jn 13,34. Si la mesure d’aimer est d’aimer sans mesure , je crois pour ma part qu’il faut un supplément d’âme qui nous fasse transcender ce que nous pourrions déplorer chez les autres . Cela dépasse notre seule volonté et il faut en demander la grâce dans la prière. Seigneur, accorde-nous la grâce de nous décentrer de nous-mêmes pour donner aux
autres bien au-delà de leur caractère qui pourrait quelquefois nous choquer ou ne pas nous plaire.
Aujourd’hui je fais l’effort de poser au moins un des gestes d’amour proposés dans cet évangile.

Bon début de semaine et excellente journée à tous

« Sois avec moi, Seigneur, dans mon épreuve. » Premier dimanche de Carême

Lecture du livre du Deutéronome (26, 4-10)

Moïse disait au peuple : Lorsque tu présenteras les prémices de tes récoltes, le prêtre recevra de tes mains la corbeille et la déposera devant l’autel du Seigneur ton Dieu. Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur ton Dieu : « Mon père était un Araméen nomade, qui descendit en Égypte : il y vécut en immigré avec son petit clan. C’est là qu’il est devenu une grande nation, puissante et nombreuse. Les Égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté ; ils nous ont imposé un dur esclavage. Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions dans la misère, la peine et l’oppression. Le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte à main forte et à bras étendu, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges. Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel.
Et maintenant voici que j’apporte les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, Seigneur. »

Psaume

Refrain: Sois avec moi, Seigneur, dans mon épreuve.

Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut
et repose à l’ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! » R

Le malheur ne pourra te toucher,
ni le danger, approcher de ta demeure :
il donne mission à ses anges
de te garder sur tous tes chemins. R

Ils te porteront sur leurs mains
pour que ton pied ne heurte les pierres ;
tu marcheras sur la vipère et le scorpion,
tu écraseras le lion et le Dragon. R

« Puisqu’il s’attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
Il m’appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve. » R

Lettre de saint Paul apôtre aux Romains (10, 8-13)

Frères, que dit l’Écriture ? Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole, c’est le message de la foi que nous proclamons. En effet, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut. En effet, l’Écriture dit : Quiconque met en lui sa foi ne connaîtra pas la honte. Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n’y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l’invoquent. En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

Évangile de Luc (4, 1-13)

En ce temps-là, après son baptême, Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »
Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »
Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

Méditons

Ce dimanche qui est le premier de notre temps de carême nous présente le combat spirituel à partir de celui de Jésus, le Fils de Dieu Lui-même. Mais avant de parler du combat spirituel qui caractérise le temps de carême, je voudrais d’abord au regard de la première lecture parler de la spiritualité de l’action de grâce. La spiritualité de l’action de grâce découle de la ferme conviction que tout est grâce comme le dit sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes est un pur don gratuit de Dieu. Et comment ne pas rendre grâce du fait même de savoir qu’exister en tant que personne est un don gratuit ! Nous sommes voulus par Dieu gratuitement. Nous ne sommes pas créés par nécessité pour Dieu . C’est pourquoi notre propre respiration devrait être une permanente action de grâce. Nous sommes heureux de vivre et d’exister. Mais plus loin ce que nous avons est aussi un don de Dieu , nous l’avons grâce à sa bénédiction, sa protection. C’est pourquoi comme dans la première lecture nous sommes invités à donner les prémices de ce que nous avons au Seigneur. Là se pose la question de savoir si nous donnons spontanément et généreusement à Dieu ? Parfois, reconnaissons-le, nous sommes avares envers Dieu alors que comme le dit saint Paul : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? »1Co 4,7. Dans les Saintes Écritures abondent les exemples sur le fait que de donner à Dieu est source de bénédiction. Siracide dit par exemple : « L’eau éteint les flammes, l’aumône remet les péchés » Si 3,30 et le livre de Tobie de renchérir : « L’aumône sauve de la mort et elle purifie de tout péché. Ceux qui sont l’aumône sont rassasiés de jours » Tb 12,9 . Quand je donne à Dieu je sécurise mes biens. « Donnez plutôt en aumône ce que vous avez et tout le reste sera pur pour vous » Luc 11,41. Donner ou ne ne pas donner est aussi quelques fois un lieu de combat. C’est un combat contre l’égoïsme. Le combat spirituel ne peut pas se mener sans la prière. Pour plus d’efficacité, il faut ajouter le jeûne selon nos possibilités physiques, sachant que le jeûne n’est pas seulement une question de privation de nourriture. Jésus a réussi à passer les différentes tentations parce que déjà préparé par ces quarante jours où il vécu une forte intimité avec le Père. Toute tentation du diable est de nous couper de l’amour du Père. Jésus lui a chaque opposé les Saintes Écritures . « L’homme ne vit pas seulement de pain ». A Chaque fois Jésus lui cite ce que dit Dieu . Pour ne pas nous laisser ballotter à tous vents par des courants d’idées qui peuvent nous éloigner de Dieu ou ternir, embrouiller notre jugement, nous avons absolument besoin d’une claire connaissance des Saintes Écritures . Elles sont une force dans l’épreuve. La Parole réconforte, réchauffe et revitalise. Elle nous permet de ne pas accepter de fausses ou de semi-vérités. Elle fait vivre tout simplement.

Bon dimanche et du courage dans l’application dans nos résolutions de Carême

Montre-moi ton chemin, Seigneur, que je marche suivant ta vérité. (Ps 85, 11a)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur : si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi. Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais. Tu rebâtiras les ruines anciennes, tu restaureras les fondations séculaires. On t’appellera : « Celui qui répare les brèches », « Celui qui remet en service les chemins ».

Si tu t’abstiens de voyager le jour du sabbat, de traiter tes affaires pendant mon jour saint, si tu nommes « délices » le sabbat et déclares « glorieux » le jour saint du Seigneur, si tu le glorifies, en évitant démarches, affaires et pourparlers, alors tu trouveras tes délices dans le Seigneur ; je te ferai chevaucher sur les hauteurs du pays, je te donnerai pour vivre l’héritage de Jacob ton père. Oui, la bouche du Seigneur a parlé

Psaume

Montre-moi ton chemin, Seigneur, que je marche suivant ta vérité.

Écoute, Seigneur, réponds-moi,
car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, ô mon Dieu,
sauve ton serviteur qui s’appuie sur toi. R

Prends pitié de moi, Seigneur,
toi que j’appelle chaque jour.
Seigneur, réjouis ton serviteur :
vers toi, j’élève mon âme ! R

Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie. R

Évangile selon Saint Luc

En ce temps-là, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait.
Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »

Méditons

La miséricorde de Dieu vient au devant de tout pécheur. Cette leçon évangélique devrait retenir notre attention. Dans toute rupture de relation avec Dieu, il est le premier à en souffrir, c’est pourquoi il est toujours le premier à prendre l’initiative d’aller à la rencontre de l’homme qui s’éloigne. Il allume dans nos cœurs le désir de retrouver la paix, la sérénité, la sécurité. Ne restons pas sourds à son appel . Fort heureusement à plusieurs reprises dans la liturgie du temps de carême revient cette célèbre invitation : « Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur ». « Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent ». Cette parole de Jésus nous concerne tous car d’une manière ou d’une autre nous sommes des pécheurs. Si l’Église est une assemblée d’élus , elle l’est au titre d’hommes et de femmes pécheurs appelés à la sainteté . Dieu n’abandonne jamais définitivement le pécheur que parfois nous avons, nous, définitivement classé. Il nous arrive parfois de désespérer de la conversion de tel ou tel proche. Non , rien n’est fini pour l’amour de Dieu même jusqu’au dernier moment. En ce temps de grâce, laissons-nous saisir par la miséricorde divine et prions pour tout homme que nous pensons peut-être pécheur invétéré.

Que ce quatrième jour de carême nous fasse découvrir la grandeur de l’amour de Jésus pour nous .

Que cet amour excite le nôtre pour lui.
Seigneur donne-nous une grande soif de Toi.

« Est-ce là le jeûne qui me plaît ? » (Is 58, 1-9a) (Père Verkys)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que s’élève ta voix comme le cor ! Dénonce à mon peuple sa révolte, à la maison de Jacob ses péchés. Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n’abandonnerait pas le droit de son Dieu, ils me demandent des ordonnances justes, ils voudraient que Dieu soit proche : « Quand nous jeûnons, pourquoi ne le vois-tu pas ? Quand nous faisons pénitence, pourquoi ne le sais-tu pas ? » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien faire vos affaires, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous. Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poing sauvages. Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. Est-ce là le jeûne qui me plaît, un jour où l’homme se rabaisse ? S’agit-il de courber la tête comme un roseau, de coucher sur le sac et la cendre ? Appelles-tu cela un jeûne, un jour agréable au Seigneur ?Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »

Psaume

R/ Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. »

Méditons

Le jeûne est loin d’être du masochisme comme certains courants anti-chrétiens ont voulu à une époque le faire croire. Nous jeûnons pour creuser en nous la soif et la faim de Dieu , pour chasser nos appétits terrestres et les mettre au second plan.

Jésus est l’époux de son peuple et il donne sa vie pour son épouse. Le temps de sa présence avec les disciples, ceux-ci ne pouvaient donc pas jeûner car ils l’ont reconnu comme le Sauveur attendu. C’est le moment de la joie , heureux ceux qui ont vécu en sa présence. Après qu’il ait été élevé au plus haut des cieux, l’Église qui attend son retour dans la gloire peut alors jeûner. C’est pourquoi nous jeûnons encore même si le Christ toujours est présent parmi nous. Ce n’est pas encore le face-à-face. Nous l’attendons.
Notre jeûne creuse en nous la soif et la faim de Dieu. C’est un dépouillement de tout ce qui dans notre vie « vole » la priorité pour Dieu. Le jeûne nous permet de faire le vide et de demander aussi pardon pour nos péchés qui nous empêchent de vivre pleinement le cœur à cœur avec le Tout-Autre.

Courage à tous , ensemble cheminons dans la foi.

Belle Journée

2° jour de carême (P.Verkys)

Lecture du livre du Deutéronome (30, 15-20)

Moïse disait au peuple : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession. Mais si tu détournes ton cœur, si tu n’obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir, je vous le déclare aujourd’hui : certainement vous périrez, vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre dont vous allez prendre possession quand vous aurez passé le Jourdain. Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. » 

Psaume

Refrain: Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur.

Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit ! R

Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants. R

Mais ils sont comme la paille balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra. R

Evangile

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »

Méditons

Le carême, temps de grâce est un chemin de choix de vie que Dieu nous propose. Et cela Moïse nous le dit clairement dans la première lecture. La vie, la véritable vie c’est de ne pas s’éloigner de Dieu, non de ne pas être libre mais plutôt d’avoir Dieu pour boussole pour ne pas s’écarter du chemin du bonheur véritable car celui que le monde nous propose n’est que pour un moment . Dieu nous propose un bonheur éternel… Toutefois le choix de la vie, nous avertit Jésus, ne nous dispense pas des épreuves existentielles. Il ne nous souhaite pas les épreuves mais il nous demande de les accepter quand elles arrivent et si nous nous gardons en sa présence, Il nous aidera à les porter. Les épreuves dans la vie ne veulent pas dire que Dieu n’existe pas .

  Plusieurs s’éloignent de Dieu parce qu’ils ont connu de dures épreuves et ce faisant ils s’éloignent de la vie promise. Dans nos épreuves, tournons-nous vers Dieu et offrons-les lui pour qu’Il les assouplisse et les porte avec nous. Se faire aider sous un poids lourd soulage toujours. C’est ça la vie. En refusant l’aide par mon éloignement non seulement que je me fais du mal mais je grandis dans l’égoïsme qui m’éloigne de la vie éternelle car je refuse ma croix. Accepter sa croix n’est pas de la résignation mais une preuve de réalisme qui me permet  de mieux porter ma croix. Puisque personne ne choisit la croix, n’est-ce pas là que nous ne pouvons pas tout déterminer par nous-même et que nous avons besoin d’un plus fort que nous ?  Offrons nos croix au Seigneur.

     Que Dieu nous donne la grâce d’accepter la croix quand elle arrive et nous aide à la porter en sa présence puisque nous sommes sûrs qu’Il ne peut jamais nous laisser seul. La vie est un don.

            Le salut est dans la persévérance. Courage pour ce deuxième jour de carême

Premier jour de Carême (Père Verkys)

Chers frères et sœurs bien aimés,

Nous entamons ce mercredi 2 mars une marche de quarante jours qui nous conduit vers
Pâques.
Quarante jours pour nous aider à prendre conscience de la nécessité de changer de vie. Le
carême nous rappelle notre fragilité et nous appelle à nous tourner vers Dieu pour être
sauvé. C’est la question du salut qui est au cœur du carême, salut par la pénitence en me
détournant de tout ce qui me détourne ordinairement de Dieu, salut par la prière en
invoquant le secours et la grâce de Dieu pour mener notre vie sous son regard, salut par le
partage pour imiter Dieu dans son amour pour nous.


Comme dit dans la prière d’ouverture de ce mercredi des cendres : « Accorde-nous ,
Seigneur de savoir commencer saintement par le jeûne l’entraînement au combat spirituel :
que nos privations nous rendent plus forts pour luter contre l’esprit du mal
», le carême est
un temps d’efforts spirituels qui fait appel à notre volonté et à notre foi en Dieu. Vécu avec
foi, le carême nous sanctifie , nous rapproche de Dieu et nous fait grandir dans la foi. C’est
un temps de véritables grâces si nous nous y appliquons sans baisser les bras après les
premiers jours.

Dans l’évangile de ce mercredi la discrétion est fortement soulignée : « Ton Père qui voit ce que tu fais dans le secret te le revaudra ». Cela suppose que pour bien vivre notre carême nous avons forcément besoin d’une bonne dose d’humilité.


Que Dieu nous la donne aujourd’hui et toujours

,Abbé Verkys NONVIGNON, curé