Pollution plastique

La question qu’on se pose aujourd’hui : quelle est l’ampleur de le pollution par les matières plastiques ? On produit chaque seconde dans le monde 10 tonnes de matières plastiques à usage unique ou limité dans le temps, sous la forme de bouteilles, de sacs, d’emballages, de gobelets, de flacons ou de textiles. Une très grande partie de ces objets est rapidement jetée, sans être recyclée. Parfois à notre insu, car comment imaginer que le simple fait de laver en machine 6 kg de textiles synthétiques provoque la libération dans les eaux de rinçage de quelque 500 000 fibres de polyester et 700 000 fibres d’acrylique ? Depuis 1950, 300 millions de tonnes de ces plastiques se sont déversées dans les océans, essentiellement via les fleuves Niger, Nil, Indus, Gange, Yangzi Jiang, Mékong et Amour, mais pas l’Amazone qui ne traverse aucune zone urbanisée d’importance. 90% des ces déchets tombent au fond des océans, où, à l’abri de la lumière et de l’oxygène, ils mettront des millions d’années à se décomposer. Le reste flotte à la surface de l’eau. 88% de la surface des océans est dorénavant impactée, y compris les zones les plus reculées. Il existe dans l’océan Pacifique un « septième continent », vaste décharge de la taille de trois fois la France constituant un vortex, autrement dit un tourbillon poussé par les courants marins. Quatre autres vortex, de plus petite taille, ont également été localisés dans le monde. Le plastique, on le sait, n’est pas biodégradable, et met des siècles à disparaître : 450 ans pour les sacs et les bouteilles plastiques en polyéthylène, matériau néanmoins 100% recyclable, et 1 000 ans pour le polystyrène.

Disparaître est un bien grand mot,

Disparaître est un bien grand mot, car en réalité, ces plastiques finissent par se fragmenter en micro-débris puis en nano-particules indécelables à l’œil nu, qui causent par étouffement ou intoxication la mort des poissons, des cétacés et des oiseaux. On estime que 100 000 mammifères marins et 1 million d’oiseaux en sont victimes chaque année, et que, sur le même laps de temps, les amateurs de fruits de mer avaleraient plus de 10 000 de ces particules. Il devient peu à peu préférable d’opter pour des poissons élevés dans des fermes piscicoles biologiques où la qualité de l’eau et de l’alimentation est contrôlée, plutôt que pour des spécimens sauvages pêchés en pleine mer. La Tanzanie vient d’adopter une mesure exemplaire : interdire totalement l’usage des emballages et bouteilles plastiques sur son territoire.

Sans attendre que nos gouvernants lui emboîtent le pas, nous pouvons dès à présent opter pour des sacs réutilisables en papier ou en fibres naturelles, des bouteilles et des pots en verre (à condition de les recycler), de l’eau du robinet plutôt que conditionnée, des gourdes, et des achats alimentaires en vrac quand cela est proposé.

Radio Notre Dame