« Rencontrer l’autre : c’est le chemin de l’Évangile »

Rencontre de Damiette

A CRETEIL,La famille franciscaine fête le 800ème anniversaire de la rencontre de saint François d’Assise avec le sultan d’Égypte à Damiette. En 1219, au cœur même de la guerre entre chrétiens et sarrasins, il ose la rencontre et porte la paix du Christ. Plusieurs temps forts sont prévus autour de “François d’Assise, précurseur de la rencontre islamo-chrétienne”, dont une journée de célébration le 27 octobre à Créteil. Florence de Maistre s’est entretenue avec Mgr Michel Santier, évêque du diocèse de Créteil.

Qu’est-ce qui caractérise les relations avec les musulmans et le dialogue interreligieux à Créteil ?
Mgr Santier

Avant de dialoguer, il est important de se rencontrer, de se connaître, de créer au fur et à mesure des relations d’amitié et de fraternité. Sans ces premiers liens, on risque de prendre la parole de l’autre pour de l’agression. Voici un témoignage. À la suite du rassemblement Diaconia 2013, un diacre permanent de notre diocèse a suggéré de lancer, comme à Paris, l’opération “Août secours alimentaire”. Il s’agit d’offrir des repas à ceux qui en ont besoin, au mois d’août pendant les congés de ceux qui œuvrent toute l’année. À notre grande surprise, il y a cinq ans à Créteil, 30 000 repas ont été distribués ! Parmi les bénéficiaires, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait de nombreuses familles musulmanes venant d’Afrique. Il a semblé bon de s’adresser à la mosquée. Je connaissais déjà l’Imam, il a tout de suite reconnu que notre action n’était pas prosélyte et j’ai apprécié son ouverture. Après consultations, il a décidé de participer aux dons qui soutiennent la structure. Des musulmanes et musulmans ont aussi rejoint l’équipe de bénévoles. Depuis quatre ans, aujourd’hui à Créteil et à Villejuif, des musulmans et des chrétiens distribuent ensemble 100 000 repas aux personnes qui n’ont rien. Être bénévole créé des liens. Les préjugés sur les uns et les autres sont tombés. Certains ont demandé des explications sur le fonctionnement de l’Église et des catholiques ont visité la mosquée. Cela se joue directement entre eux.

Y a-t-il d’autres temps interreligieux marquants dans votre diocèse ?

Oui, nous participons à la démarche “Ensemble avec Marie”, une initiative qui vient du Liban. Là-bas, chrétiens et musulmans fêtent ensemble la Vierge Marie, et le 25 mars, fête de l’Annonciation pour les chrétiens, est chômé. En 2016, des chants à Marie en arabe puis de tradition catholique ont retenti dans la cathédrale de Créteil. L’année suivante, j’ai été invité à parler du oui de Marie à la mosquée ! La démarche se poursuit avec des témoignages et des rencontres. Je pense en particulier à ce jeune Sénégalais hospitalisé à Villejuif qui a repris confiance grâce aux visites de l’aumônerie de la santé. Et encore au groupe des Focolaris qui s’engage pour l’unité et la fraternité. Le grand Rabbin, l’Imam et moi allons régulièrement dans les établissements scolaires pour répondre aux questions des jeunes. Des enseignants nous ont confié que l’ambiance de classe était changée après notre visite et notre témoignage de bonne entente. Une prochaine rencontre est prévue à la médiathèque de Créteil. Ils étaient plus de 2000 jeunes le 13 octobre dernier au “Youth festival” où une table ronde sur la paix et l’interreligieux a été proposée. Le grand Rabbin, l’Imam et moi sommes en confiance. Nous parlons en vérité. Le premier dit que pour lui Jésus n’est pas le messie. Le deuxième explique que le Coran le considère comme un prophète. Et moi je peux dire que Jésus a offert sa vie pour tous les hommes. Contrairement à certaines craintes, dialoguer permet d’affirmer sa foi et me conduis à dire que Jésus Christ mène vers Dieu le Père dans l’Esprit saint, et rappeler ma foi en Dieu trinité. À force de se rencontrer, il est possible de dépasser la politesse et la convivialité pour aborder des questions de fond. À Créteil, la cathédrale et la mosquée sont proches. Deux à trois fois par an, nous dialoguons sur un thème commun : autour de la figure d’Abraham, de la place des femmes, de l’hospitalité, de la formation de la Bible et de la conception du Coran.

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Fin de vie : le christianisme, judaïsme et l’islam signent une déclaration commune

De hauts représentants des trois religions monothéistes (christianisme, judaïsme et islam) ont signé et remis au pape François lundi 28 octobre une déclaration commune dans laquelle elles se prononcent fermement contre l’euthanasie et le suicide assisté « qui sont intrinsèquement et moralement répréhensibles ».

La mort de Vincent Lambert, en juillet 2019, avait remis la délicate question de la fin de vie sur le devant de la scène médiatique. Progressivement laissée de côté depuis, elle revient aujourd’hui avec la signature par des représentants juifs, chrétiens et musulmans d’une déclaration commune qui vient d’être remise au pape François. Dans le texte, les trois religions monothéistes condamnent fermement l’euthanasie et le suicide assisté ainsi que « toute pression ou action sur des patients pour les inciter à mettre fin à leur propre vie ».

Signé par Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, un représentant du métropolite (orthodoxe) de Kiev, Hilarion, le docteur Samsul Anwar, président du comité central de la Muhammadiyah indonésienne (deuxième organisation musulmane d’Indonésie avec quelque 30 millions de membres), et le rabbin David Rosen, directeur des affaires religieuses de l’American Jewish Committee, une des plus vieilles organisation de défense des Juifs des États-Unis, le document défend aussi fermement le droit à l’objection de conscience du personnel médical. « Aucun opérateur sanitaire ne doit être contraint ou soumis à des pressions pour assister directement ou indirectement à la mort délibérée et intentionnelle d’un patient à travers le suicide assisté ou toute forme d’euthanasie », rappellent ainsi les signataires.

S’ils s’opposent à l’euthanasie, les trois monothéismes ne défendent pas pour autant l’acharnement thérapeutique. « Lorsque la mort est imminente malgré les moyens utilisés, il est justifié de prendre la décision de refuser des traitements médicaux qui, autrement, ne feraient que prolonger une vie précaire, pesante et souffrante », peut-on lire dans le document. Réaffirmant que « la vie mérite d’être soutenue jusqu’à sa fin naturelle », les représentants insistent sur le fait qu’ils sont « moralement et religieusement engagés à fournir un réconfort, un soulagement à la douleur, une proximité et une assistance spirituelle à la personne mourante et à sa famille ».

Ce texte prend une dimension toute particulière dans la mesure où la Cour constitutionnelle italienne a rendu, mercredi 25 septembre, un jugement autorisant l’aide au suicide de malades dans certaines conditions. Une décision qualifiée « d’historique » en Italie, alors que l’assistance au suicide était jusqu’ici punie par des peines de prison. En France, l’euthanasie, assimilée à un homicide, est illégale. La loi Léonetti-Claeys autorise néanmoins, depuis 2016, la sédation profonde et continue. Un patient conscient de ses actes peut, s’il en fait une demande répétée, refuser les traitements qui lui sont proposés. Sa volonté sera alors inscrite au dossier médical.

Article tiré de Aleteia.org

Faire nôtre le cri des pauvres

Messe de clôture du synode spécial sur l’Amazonie

Après 21 jours de travaux synodaux, le Souverain pontife a présidé la messe de clôture du synode spécial sur l’Amazonie, (27/10/2019) délivrant une homélie centrée sur l’importance de la pauvreté de vie pour plaire à Dieu.

La prière du pharisien centrée sur le moi

Le Pape François s’est appuyé sur l’Évangile du jour et trois personnages: le pharisien, le publicain et le pauvre. «La prière du pharisien est centrée sur lui-même, sans amour.  A la fin, au lieu de prier, il se loue donc lui-même. Il est dans le temple de Dieu, mais il pratique la religion du moi», a décrié François.

De plus, outre le fait d’oublier Dieu, le pharisien oublie le prochain, et le méprise: pour lui, le prochain n’a pas de valeur, car lui se considère meilleur que les autres qu’il appelle, littéralement, «les restants, les restes», a détaillé le Pape, avant de dénoncer les comportements pharisiens que tout un chacun peut adopter. 

«Que de fois ne voyons-nous pas cette dynamique en acte dans la vie et dans l’histoire ! Que de fois celui qui est devant, comme le pharisien par rapport au publicain, n’élève-t-il pas des murs pour accroitre les distances, en rendant les autres encore plus des déchets».

Ainsi le pharisien méprise leurs traditions, il efface leurs histoires, il occupe leurs territoires, usurpe leurs biens. «Que de prétendues supériorités qui se transforment en oppressions et en exploitations, même aujourd’hui!»

Selon le Pape, survient alors le piège de tomber dans la «religion du moi».  

Les erreurs du passé n’ont pas suffi pour qu’on arrête de détruire les autres et d’infliger des blessures à nos frères et à notre sœur terre: nous l’avons vu dans le visage défiguré de l’Amazonie. La religion du moi continue, hypocrite avec ses rites et ses “prières”; elle oublie le vrai culte à Dieu qui passe toujours par l’amour du prochain», a poursuivi le Saint-Père.  

L’oubli du prochain

«Les erreurs du passé n’ont pas suffi pour qu’on arrête de détruire les autres et d’infliger des blessures à nos frères et à notre sœur terre: nous l’avons vu dans le visage défiguré de l’Amazonie. La religion du moi continue, hypocrite avec ses rites et ses “prières”; elle oublie le vrai culte à Dieu qui passe toujours par l’amour du prochain», a poursuivi le Saint-Père.  

Et le Pape François d’appeler chacun à faire son examen de conscience: «Considérons-nous quelqu’un comme inférieur, jetable, même seulement en paroles, à nous? Ce mépris, cette médisance, ce cynisme et cette moquerie déplaisent à Dieu», a-t-il insisté.  

L’humilité du publicain

À l’inverse, la prière du publicain aide, elle, au contraire, à comprendre ce qui plaît à Dieu.

En effet, le publicain ne commence pas par ses mérites, mais par ses lacunes; «non pas par sa richesse, mais par sa pauvreté, non économique, mais une pauvreté de vie, parce qu’on ne vit jamais bien dans le péché», a développé le Pape.  

Ainsi pendant que le pharisien est devant et debout, le publicain se tient à distance et «n’ose même pas lever les yeux vers le ciel», parce qu’il croit que le Ciel existe et est grand, tandis que lui se sent petit.

«Il se frappe la poitrine, parce que dans la poitrine se trouve le cœur». De là naît sa prière, transparente, a affirmé François.

Prier en vérité

Le publicain met son cœur devant Dieu, et non pas les apparences… «Prier, c’est se laisser regarder de l’intérieur par Dieu, sans excuses, sans justifications». Du diable viennent l’opacité et la fausseté, de Dieu la lumière et la vérité, a complété le Pape avant de remercier tous les pères synodaux pour ce «beau» dialogue conduit «avec sincérité et franchise»  pendant 21 jours.

Aujourd’hui, en regardant le publicain, nous redécouvrons donc d’où repartir: «de la conviction d’avoir tous besoin du salut», a relevé le Saint-Père, ajoutant: «celui qui est bon mais présomptueux échoue, et celui qui est mauvais mais humble, est exalté par Dieu».

Alors, si nous nous examinons intérieurement avec sincérité, nous voyons en nous tous les deux, le publicain et le pharisien, estime le Pape.  

Les pauvres, icônes de la prophétie chrétienne

Enfin vient la prière du pauvre. Cette prière, dit Ben Sira le Sage, «traverse les nuées» (35, 21).

Pour le Pape, les pauvres, ces «portiers du Ciel», nous ouvriront toutes grandes ou non les portes de la vie éternelle, eux qui se ne sont pas vus comme des patrons en cette vie, qui ne se sont pas mis eux-mêmes avant les autres, qui ont eu seulement en Dieu leur richesse. «Ils sont des icônes vivantes de la prophétie chrétienne», en conclut-il.

Les pauvres, dont les voix ont été écoutées durant ce Synode, espère François. Or, bien des fois, même dans l’Eglise, les voix des pauvres ne sont pas écoutées, voire sont bafouées ou sont réduites au silence parce qu’elles sont gênantes, a-t-il déploré, priant «pour demander la grâce de savoir écouter le cri des pauvres, car il est le cri d’espérance de l’Eglise». «En faisant nôtre leur cri, notre prière aussi traversera les nuées».

La grâce du purgatoire

Le purgatoire a quasiment disparu de la pastorale courante. Il a pourtant une longue histoire. Dans La naissance du purgatoire, l’historien Jacques Le Goff remonte à la prière pour les morts pratiquée dès les premiers temps du christianisme. Le médiéviste cite longuement un passage des Confessions dans lequel saint Augustin évoque la mort de sa mère Monique, survenue une décennie auparavant. Puis l’évêque d’Hippone adresse à Dieu une prière dans laquelle il intercède en faveur de celle qui lui a donné le jour : “Je sais qu’elle a pratiqué la miséricorde, et de tout cœur remis leurs dettes à ses débiteurs. Remets-lui aussi ses dettes, si elle-même en a contracté durant tant d’années après l’ablution du salut ! Remets, Seigneur, remets-les, je t’en supplie ! N’entre pas en justice avec elle ! Que la miséricorde passe par-dessus la justice !” En priant pour sa défunte mère, Augustin a l’intuition qu’entre l’événement de la mort et l’accueil parmi les élus, il se passe quelque chose. Un quelque chose qui est de l’ordre d’une purgation, d’une libération de l’homme de ses derniers liens avec le péchéPrier pour les morts, c’est croire que notre salut n’est pas joué d’avance. Et que le passage par le purgatoire est une grâce que Dieu accorde aux pécheurs que nous sommes.

Le purgatoire, c’est comme…

Institut des Auxiliatrices des âmes du Purgatoire
Le ravin dans lequel la brebis s’est perdue et où le Seigneur la retrouve.
La caverne de nos ombres, où nous sommes enfermés, prisonniers, en attente du rayon de lumière de celui qui va nous sauver.
Le lit et la fièvre de la belle-mère de Simon en attente du salut.
Le samedi saint où Jésus passe par la mort et nous rejoint dans nos zones de mort pour nous donner la vie.
Le passage délicat de nos peurs, de nos souffrances de nos péchés et découragements, ce passage où Jésus nous accompagne de sa présence de tendresse et de compassion pour nous mener au Père.
Le lieu de dépouillement où nous nous tenons comme de petits pauvres, devant la croix, les mains vides, lieu de l’espérance et de la confiance radicale en Dieu, lieu de l’abandon à la Providence de Dieu.
Le lieu de la communion avec toute l’humanité en quête de sens, en attente de Dieu, éprouvée, blessée, souffrante.
Il n’y a pas de frontière à l’amour de Dieu. Rien de ce qui fait notre humanité ne lui est étranger et ne peut échapper à sa lumière. Inlassablement, il nous cherche et désire notre vie et notre bonheur.
Le purgatoire, c’est finalement le lieu de la joie d’être aimés entièrement, tels que nous sommes ; joie d’être relevés, guéris, sauvés…

Qu’est-ce-que la Toussaint ?

Comme son nom l’indique, la Toussaint est la fête de tous les saints. Chaque 1er novembre, l’Église honore ainsi la foule innombrable de ceux et celles qui ont été de vivants et lumineux témoins du Christ.

Si un certain nombre d’entre eux ont été officiellement reconnus, à l’issue d’une procédure dite de « canonisation », et nous sont donnés en modèles, l’Eglise sait bien que beaucoup d’autres ont également vécu dans la fidélité à l’Evangile et au service de tous. C’est bien pourquoi, en ce jour de la Toussaint, les chrétiens célèbrent tous les saints, connus ou inconnus.
Cette fête est donc aussi l’occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants ou inattendus, mais tous accessibles.

La sainteté n’est pas une voie réservée à une élite

La sainteté n’est pas une voie réservée à une élite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ. Le pape Jean-Paul II nous l’a fait comprendre en béatifiant et canonisant un grand nombre de personnes, parmi lesquelles des figures aussi différentes que le Père Maximilien Kolbe, Edith Stein, Padre Pio ou Mère Térésa…

La vie de ces saints constitue une véritable catéchèse, vivante et proche de nous. Elle nous montre l’actualité de la Bonne nouvelle et la présence agissante de l’Esprit Saint parmi les hommes. Témoins de l’amour de Dieu, ces hommes et ces femmes nous sont proches aussi par leur cheminement – ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain -, par leurs doutes, leurs questionnements… en un mot : leur humanité.
La Toussaint a été longtemps célébrée à proximité des fêtes de Pâques et de la Pentecôte. Ce lien avec ces deux grandes fêtes donne le sens originel de la fête de la Toussaint : goûter déjà à la joie de ceux qui ont mis le Christ au centre de leur vie et vivre dans l’espérance de la Résurrection.

La Toussaint catholique est donc une occasion de témoigner sa foi et son amour à Dieu par l’intermédiaire des saints, avant de se recueillir sur la tombe de ses défunts. Au lendemain de la fête des saints, la commémoration des morts permet de prier en évoquant les âmes du purgatoire et d’améliorer la condition des morts s’ils sont encore au stade de purification. Un prolongement naturel de la communion des saints, qui invite aux rituels de purification pour trouver le chemin de la sainteté.

Le Pape invite à la sobriété

Dans un message adressé au directeur général de la FAO, le Souverain Pontife rappelle l’importance de changer nos habitudes alimentaires en privilégiant la sobriété et regrette le décalage entre des sociétés d’opulence et d’autres où l’on ne mange pas encore à sa faim. Il invite aussi à toujours mettre la personne humaine au coeur des politiques de développement. Olivier Bonnel-Cité du Vatican

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, célébrée le 16 octobre, le Pape François a envoyé une lettre à Qu Dongyu, le directeur général de la FAO, L’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Une lettre dans laquelle il souligne que, chaque année, cette journée «fait fait écho tous les ans au cri de nos frères si nombreux qui continuent à souffrir des tragédies de la faim et de la malnutrition». Le Saint-Père rappelle que la FAO a choisi cette année le thème «Agir pour l’avenir. Une alimentation saine pour un monde #FaimZéro» pour sensibiliseraux défis de l’alimentation sur la planète. 

Le thème choisi pour cette année met en évidence la distorsion du binôme “nourriture-nutrition”, rappelle le Pape qui expose clairement ces déséquilibres. «Nous voyons comment la nourriture cesse d’être un moyen de subsistance pour devenir un moyen de destruction personnelle.» écrit-il au début de cette lettre. Dans le monde, poursuit-il, reprenant les chiffres des Nations-Unies, 820 millions de personnes sont affamées tandis que 700 millions d’autres sont en surpoids, «victimes de mauvaises habitudes alimentaires».

Une conversion nécessaire

Face à ces criantes disparités, «une conversion de notre manière d’agir est donc nécessaire, plaide le Pape, et la nutrition est un important point de départ». «Nous vivons grâce aux fruits de la création, poursuit-il, et ceux-ci ne peuvent pas être considérés simplement comme un objet d’usage et de domination».  Pour combattre ces tendances néfastes,François invite ainsi à développer des styles de vie par «une vision reconnaissante pour ce qui nous est donné», en cultivant la tempérance, la modération, l’abstinence, la maîtrise de soi et la solidarité : des vertus, rappelle t-il, qui ont accompagné l’histoire de l’homme.

Cette sobriété que le Pape François appelle de ses voeux pourra permettre ainsi de préserver le bien commun et lutter contre l’individualisme et l’égocentrisme, «qui ne provoquent, note-t-il, que la faim et l’inégalité sociale».

Le rôle-clé de la famille

Dans sa lettre, le Souverain Pontife souligne aussi le rôle fondamental joué par la famille lorsqu’il s’agit d’alimentation. Pour cela, écrit-il, «la FAO a dédié une particulière attention à la protection de la famille rurale et à la promotion de l’agriculture familiale». Alors dans nombre de sociétés rurales, la femme est un acteur-clé du développement, François rappelle que «grâce à la sensibilité féminine et maternelle, on apprend à jouir des fruits de la terre sans en abuser et on découvre les meilleurs instruments pour diffuser des styles de vie respectueux du bien personnel et collectif.»

«Il est cruel, injuste et paradoxal que, de nos jours, il y ait de la nourriture pour tous et que tout le monde ne puisse pas y accéder» écrit encore le Pape au directeur général de la FAO, déplorant le gaspillage ou la consommation à l’excès encore trop présents dans certaines régions du monde. 

La nourriture n’est pas un produit financier

Dans la lignée de ce qu’il a à de multiples reprises écrit, comme dans son encylique Laudato Si, François rappelle avec fermeté que «la lutte contre la faim et la malnutrition ne cessera pas tant que prévaudra exclusivement la logique du marché et que l’on cherchera seulement le profit à tout prix, en réduisant la nourriture à un simple produit de commerce, sujet à la spéculation financière». Sur un thème aussi essentiel que la nourriture, la première préoccupation doit toujours être la personne humaine. Quand cette personne humaine «sera mise à la place qui lui revient, conclu le Saint-Père, alors les opérations d’aide humanitaire et les programmes de développement auront un plus grand impact et donneront les résultats escomptés

Comment parler du diable à ses enfants ?

En regardant les dessins animés, les enfants pensent souvent que Satan est un personnage imaginaire. Mais, le diable n’est pas un mythe. Il existe vraiment et cherche constamment à nous éloigner de Dieu. Il est important que les jeunes enfants le comprennent et sachent que pour faire face au Tentateur, il faut avant tout garder la Foi et prier Dieu.

Faut-il parler aux enfants de Satan, des démons ? Et si oui, comment ? Voilà des questions qui reviennent souvent. Essayons d’y répondre. Demandons-nous d’abord s’il est utile et s’il est important, dans le cadre de l’éveil de la Foi, de parler du diable. 

Pourquoi parler du diable aux enfants ?

Le diable existe. Non seulement il existe, mais il n’est pas un détail, un élément accessoire de notre vie spirituelle. Il est l’Ennemi qui cherche à nous perdre et à nous détourner de Dieu. Il est celui qui met tout en œuvre pour nous éloigner de Dieu. En expliquant la parabole du semeur, Jésus nous dit : « Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux » (Mc 4, 15). Ensuite, parce qu’un très grand nombre de dessins animés (entre autres) mettent en scène Satan et des créatures diaboliques.

Non seulement ces dessins animés ne donnent pas l’éclairage de la Foi sur Satan, mais encore ils poussent les enfants à croire que Satan est un personnage imaginaire comme les héros qui le combattent, comme les fées des contes, qu’il est sans rapport direct avec leur vie de tous les jours, leur vie d’enfants de Dieu. En grandissant, ils rangeront Satan dans la même oubliette que Batman ou Dora l’exploratrice. La plus fine ruse de Satan est de nous faire croire qu’il n’existe pas, qu’il n’est qu’un personnage imaginaire ou une métaphore.

Satan n’est pas un dieu

Comment parler du diable aux enfants ? Soyons vrais et sobres. Tenons-nous en à la Vérité révélée. On ne doit rien apprendre dans l’enfance qu’on soit obligé d’oublier plus tard. C’est pourquoi nous devons nous en tenir à ce que révèle l’Évangile ni plus ni moins, sans bêtifier. Il ne s’agit pas de critiquer ce qui s’est fait, mais de s’appuyer, dans la transmission de la Foi, sur les vérités qui ont un fondement dans la Sainte Écriture.

Pour parler du diable aux enfants, il n’est pas nécessaire, bien au contraire, de recourir à une imagerie de créatures fourchues et cornues ni à des descriptions plus ou moins fantaisistes. Il faut expliquer que Satan est très fort et très puissant, mais qu’il l’est infiniment moins que Dieu. La puissance de Satan n’a rien à voir avec celle de Dieu. Seul Dieu est tout-puissant. Satan n’est pas un dieu. Veillons à ce que ce soit très clair dans l’esprit des enfants : la différence entre Dieu et Satan est une différence de nature. Bien entendu, nous n’allons pas dire cela aux enfants, car le mot « nature » n’a pas de sens pour eux, mais ils doivent comprendre que Satan est une créature, il dépend de Dieu. Il ne peut pas détruire Dieu, Dieu pourrait l’anéantir.

« Si c’est Dieu qui l’a créé, pourquoi est-il mauvais ? », se demandent les enfants. Quand nous parlons du mal, de Satan, de l’Enfer, insistons toujours sur la notion de liberté. Dieu nous crée bons, mais libres. Si nous n’étions pas libres, nous ne pourrions pas aimer. Si je ne peux pas dire « non », mon « oui » n’a aucune valeur. Satan a choisi de dire « non » à Dieu, l’archange saint Michel (par exemple) a choisi de dire « oui ».

Donner des exemples concrets aux enfants

Méfions-nous des présentations (ou représentations) du diable qui le montrent comme un personnage hideux, effrayant, repoussant. Certes, il est effrayant et repoussant en réalité. Mais rarement en apparence. C’est ainsi qu’il nous trompe. Satan, c’est le Séducteur, le Malin. Il se présente à nous sous des dehors pleins de charme et de séduction. Illustrons notre propos d’exemples tirés de la vie des enfants : « pour t’inciter à ne pas faire tes devoirs, il te suggère la plaisir que tu aurais à jouer ; quand tu fais quelque chose de mal, il essaie de te persuader que ce n’est pas grave, que cela n’a pas d’importance, que tu as bien raison de chercher avant tout ton propre plaisir… ».

Là encore, veillons à ce qu’il n’y ait pas de confusion dans l’esprit de l’enfant. Il faut lui expliquer que quand il commet le mal, le diable et Dieu, chacun à sa manière, l’une fausse, l’autre vraie, lui disent : « Ce n’est pas si grave que cela ». Mais ce que le diable veut faire croire, c’est : « Ce n’est pas grave, parce que ce n’est pas mal. » Tandis que Dieu dit : « C’est mal, mais si tu le veux, si tu me le demandes en reconnaissant la malice de ton acte, je te pardonne. Quoi que tu aies fait. Mon amour est toujours le plus fort. »

Quand nous parlons du diable aux enfants, quand nous répondons à leurs questions sur ce sujet, n’oublions pas d’évoquer toujours en même temps Celle que Dieu a choisie pour écraser la tête de Satan : la Vierge Marie. Montrons aux enfants, par exemple, une médaille miraculeuse : Marie y est représentée un serpent sous les pieds. Ce serpent, c’est la représentation de Satan. En Marie, Satan est vaincu, écrasé, parce que jamais Marie ne l’a écouté, jamais Marie ne lui a obéi. Toujours, depuis le premier instant de son existence, Marie est demeurée sans péché. Demandons-lui de nous garder des embûches du Malin.

Propos recueillis par Christine Ponsard dans Aleteia

Focolari :” Garde le bon dépôt par l’Esprit Saint qui habite en nous “

L’apôtre Paul écrit à Timothée (2 Timothée 1, 14) avec lequel il a partagé son activité évangélisatrice et auquel il a confié la communauté d’Éphèse.

Se sentant proche de la mort, Paul l’encourage dans cette charge importante de guide . Timothée ayant reçu un « bon dépôt », c’est-à-dire la foi chrétienne transmise par les apôtres, il lui incombe de la communiquer fidèlement à son tour, aux générations à venir.

Cela signifie pour Paul protéger et faire resplendir le don reçu, prêt à donner sa vie pour répandre la joyeuse nouvelle qu’est l’Évangile.

« Garde le bon dépôt par l’Esprit Saint qui habite en nous »

Paul et Timothée ont reçu l’Esprit Saint comme lumière et garantie pour leur tâche de pasteurs et évangélisateurs. À travers leur témoignage et celui de leurs successeurs, l’annonce de l’Évangile est arrivée jusqu’à nous.

De la même manière, chaque chrétien a sa propre « mission » dans sa communauté sociale et religieuse : construire une famille unie, éduquer les jeunes, s’engager en politique et dans le travail, s’occuper des personnes fragiles, illuminer l’art et la culture de la sagesse de l’Évangile vécu, consacrer sa vie à Dieu au service des frères.

Et même, selon les paroles du pape François aux jeunes, « chaque homme, chaque femme est une mission 1 ». Le mois d’octobre 2019 a été proclamé par l’Église catholique « mois missionnaire extraordinaire ». Cela peut être pour nous aussi l’occasion de renouveler consciemment notre engagement à témoigner de notre foi, le cœur ouvert et dilaté par l’amour évangélique, qui engendre accueil, rencontre et dialogue.

« Garde le bon dépôt par l’Esprit Saint qui habite en nous »

Chaque chrétien est « temple » de l’Esprit Saint, qui lui permet de découvrir et de garder les biens précieux reçus, afin de les faire grandir et parvenir à tous. Le premier de ces « trésors » est la foi dans le Seigneur Jésus. Nous, chrétiens, devons la réveiller et la nourrir par la prière, pour ensuite la communiquer à travers le témoignage de notre charité.

J. J., jeune prêtre ordonné depuis peu, raconte : « On m’a confié les fidèles d’une grande église catholique dans une métropole brésilienne, où l’atmosphère sociale est très difficile. Souvent les personnes que je rencontre n’ont pas une identité religieuse bien définie et participent tantôt à la messe tantôt à d’autres cérémonies traditionnelles antiques. Si je me sens responsable de transmettre la foi chrétienne dans la fidélité à l’Évangile, je tiens aussi à ce que chacun se sente accueilli dans la paroisse. J’ai pensé valoriser les racines culturelles de ces personnes en célébrant la messe de manière plus festive, soutenue par les instruments musicaux de leurs cultures. Ce défi important nous rend tous heureux car il nous unit dans notre foi en Dieu qui nous donne la joie. »

« Garde le bon dépôt par l’Esprit Saint qui habite en nous »

Un autre trésor inestimable reçu de Jésus même est sa Parole, Parole de Dieu. Elle « nous donne une grande responsabilité, nous dit Chiara Lubich, car ce don de Dieu est à faire fructifier. Il désire que notre vie et nos actes soient profondément transformés grâce à elle […]. Comment vivrons-nous alors la Parole de vie de ce mois ? En aimant la parole de Dieu, en nous efforçant de mieux la connaître, mais surtout en la vivant avec toujours plus de générosité, afin qu’elle devienne réellement nourriture de notre vie spirituelle, notre maître intérieur, la référence de tous nos choix et actions. […]. C’est d’autant plus important que l’actualité fait apparaître bien des erreurs et beaucoup de confusion dans les esprits. Or vivre la Parole de Dieu nous protège contre ces dangers mais surtout, selon l’expression de Jésus (cf. Matthieu 5, 15-16), nous deviendrons des lampes qui brilleront et aideront les autres aussi à s’orienter et retrouver leur chemin . »

Letizia Magri

“Là où se trouve le pauvre, se trouve le Christ”

Saint Vincent de Paul aura passé sa vie au service des plus pauvres. Fêté par l’Église catholique le 27 septembre, saint Vincent de Paul était un homme engagé dont l’œuvre ne cesse d’inspirer les nouvelles générations, comme les jeunes bénévoles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul.

Apôtre de la charité, saint Vincent de Paul a profondément marqué son époque, la France du XVIIe siècle, mais aussi celle d’aujourd’hui. Sa vie donnée au service des plus pauvres a été source d’inspiration pour de nombreuses associations et congrégations, dont la Société de Saint-Vincent-de-Paul qui compte aujourd’hui quelque 17.000 bénévoles dont Yoen Qian-Laurent, 27 ans, membre de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul jeunes de Saint-Étienne-du-Mont (Paris). « Les maraudes que nous organisons avec l’association nous permettent de venir en aide aux personnes de la rue en apportant du thé, du café, des sandwichs… Mais nous ne sommes pas dans une relation verticale d’aidant vers l’aidé », confie le jeune homme à Aleteia. « Nous sommes là pour se faire frères et sœurs des personnes de la rue. Avec cet horizon hérité de saint Vincent de Paul, nous sortons de cette asymétrie de la relation ». Rencontre.

Plus vous donnerez, plus vous recevrez (St Vincent de Paul)

Aleteia : En quoi la figure de saint Vincent de Paul est-elle inspirante pour des jeunes aujourd’hui ?
Yoen Qian-Laurent : À titre personnel je vois deux éléments particulièrement frappant dans la vie de saint Vincent de Paul. La première est la place centrale, essentielle qu’il a accordé aux pauvres. Il faut bien avoir à l’esprit qu’au début du XVIIe, la pratique religieuse était plus rigide qu’aujourd’hui. Et pourtant saint Vincent écrit : « S’il faut quitter l’oraison [prière] pour aller à ce malade, faites-le et ainsi vous quitterez Dieu à l’oraison et vous le trouverez chez ce malade. C’est quitter Dieu pour Dieu ». En d’autres termes, si le dimanche un pauvre a besoin d’aide, il explique qu’il faut aller à sa rencontre. C’est une profonde vérité dans le rapport à la foi. Cela ne consiste pas à dire qu’aller à la messe est moins important mais il raccroche les actes liturgiques à la finalité de notre foi à savoir l’amour, la charité, qui est au cœur de l’Évangile. La prière et la messe ne sont pas des excuses pour se défausser de son devoir de charité envers le plus pauvre. Pour saint Vincent de Paul là où se trouve le pauvre, se trouve le Christ. Le second élément, que reprendra d’ailleurs Frédéric Ozanam, est la dimension politique de son action : saint Vincent n’a pas hésité à parler aux grands de son temps pour mobiliser au-delà de sa paroisse. Je trouve cela particulièrement intéressant pour des catholiques français qui ont tendance à séparer vie de charité et vie politique. Mais comment être charitable sans se soucier de justice sociale ?

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Le bon Dieu fait toujours nos affaires quand nous faisons les siennes (St Vincent de Paul)

Saint Vincent de Paul est souvent qualifié d’« apôtre de la charité ». Quelle place accordez-vous à cette vertu ?
Une chose est certaine pour moi : il n’y a rien de mieux que l’exemple, l’incarnation pour témoigner de ce en quoi on croit. On peut aligner tous les arguments théologiques possibles pour démontrer la nécessité de tel ou tel article de foi, rien ne remplace la charité. La foi s’allume, on commence à croire en vivant d’amour, en étant aimé, en se laissant rencontrer et en montrant cette misère qui est en nous aux autres. C’est par la charité qu’on entre dans l’Église.

« Nous, jeunes chrétiens, devons trouver notre carburant dans l’Évangile. »

Vie du diocèse : Mgr Jacolin s’exprime…

Mgr François Jacolin a été nommé en mai 2018 évêque de Luçon, en Vendée. Dans La Vie des Diocèses, il revient sur le service diocésain de la Diaconie qu’il a mis en place pour fédérer les initiatives de solidarité.

Notre reporter est allé à la maison de la Diaconie à la Roche-sur-Yon, lors de la rentrée de la Société Saint-Vincent-de-Paul pour interviewer bénéficiaires et bénévoles. Mgr Jacolin désire que « les pauvres aient la première place » dans l’Eglise, car la charité est au cœur de la vie chrétienne. Nous abordons également avec l’évêque de Luçon la question des vocations en Vendée : ce diocèse dynamique s’illustre en effet par un nombre important de séminaristes. Diaconie

Pour illustrer cela nous écoutons les témoignages du père Parrat, responsable des « cycles de discernement vocationnel » et de Gonzague, séminariste rattaché à la paroisse des Sables d’Olonne. Vocations

Comme d’habitude, quelques questions de fidèles sont proposées à l’évêque en fin d’émission. Questions de terrain