Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien

Connaissez-vous l’histoire d’Emmaüs ?

Toute une vie marquée par le don de soi.

Henri Grouès, dit l’abbé Pierre, né le 5 août 1912 à Lyon et décède le 22 janvier 2007 dans le 5ème arrondissement de Paris. Prêtre catholique français de l’Ordre des Frères mineurs capucins, il est tour à tour, résistant, puis député jusqu’en 1951. Il fonde le mouvement Emmaüs dès 1949 à Neuilly-Plaisance.

Engagé en politique, il est élu député de Meurthe-et-Moselle le 21 octobre 1945 sous l’étiquette du MRP (Mouvement Républicain Populaire), bien qu’il se définisse comme un “indépendant élu à la tête de la liste MRP”. 

Durant ses trois mandats, l’abbé Pierre est particulièrement engagé dans la défense des Résistants, la promotion des idées fédéralistes et milite pour l’objection de conscience. Il s’éloigne peu à peu du MRP dont il démissionne en 1950 pour protester contre la violence de la répression policière lors d’une grève, et crée avec quelques autres députés le groupe de la Gauche indépendante. Il se représente le 17 juin 1951 mais n’est pas réélu, sans pour autant en éprouver de véritable amertume.

L’automne 1949, l’abbé Pierre est appelé près de Georges, ancien bagnard désespéré qui a tenté de se suicider. “C’est alors qu’Emmaüs est né. Parce que, sans réflexion, sans calcul, j’ai fait pour ainsi dire le contraire de la bienfaisance”. En décembre 1949, quelques jours avant Noël, l’abbé Pierre recueille la première famille, expulsée de son logement. En octobre 1950, il inaugure avec ses compagnons leur première construction avec permis de construire ; il achète un autre terrain pour de nouvelles constructions.

A l’occasion d’un reportage, l’abbé lance à la radio l’idée de la campagne des “billets de cent francs”. Le 31 janvier, le premier “centre fraternel de dépannage” ouvre rue de la Montagne-Sainte-Geneviève à Paris, suivi d’un second à Courbevoie.

Le lundi 1er février 1954 au matin, apprenant qu’une femme, expulsée l’avant-veille de son logement, est morte de froid dans la rue, il rédige avec son ami Georges Verpraet, journaliste parlementaire, l’appel qui sera lu d’abord sur Paris-Inter, puis par les deux hommes sur Radio Luxembourg le midi même.

Estelette, Sur la tombe de l’Abbé Pierre.

Peut-on pécher contre la terre et la nature ?

Pour le pape François, il existe bien des péchés contre la nature, la terre et la création.

Recevant les enseignants et les étudiants d’un institut de formation à la théologie morale, le pape a plus largement plaidé pour « une théologie morale qui n’hésite pas à’se salir les mains’du concret des problèmes », loin de toute « idéalisation excessive ».

« Lorsque j’administre le sacrement de réconciliation – et lorsque je le faisais autrefois -, (les fidèles) se reprochent rarement d’avoir violé la nature, la terre et la création. Nous ne sommes pas encore conscients de ce péché. »

Recevant samedi 9 février les représentants de l’Institut supérieur de théologique académie Alphonsienne, le pape a invité ces enseignants et étudiants en théologie morale à aider les fidèles à « prendre conscience du besoin urgent de participer fermement à un effort commun visant à prendre soin de la maison commune ».

Mais plus largement, c’est une véritable feuille de route que le pape François a dressée aux responsables de cet institut fondés par les rédemptoristes et qui fête ses 70 ans. Avec vigueur, et citant les différents textes de son pontificat, il a plaidé pour « une théologie morale qui n’hésite pas à’se salir les mains’ du concret des problèmes, en particulier de la fragilité et de la souffrance de ceux qui voient leur avenir menacé ».

Guérir et libérer

Le pape François a alerté ces enseignants sur la manière même de concevoir. « Comme saint Alphonse, nous devons toujours éviter de nous laisser emprisonner dans des positions d’école ou dans des jugements formulés’loin de la situation concrète et des possibilités réelles’ des personnes et des familles », leur a-t-il rappelé, en les mettant en garde « contre une’idéalisation excessive’ de la vie chrétienne ».

« La réalité à écouter est avant tout les souffrances et les espoirs de ceux pour lesquels les mille formes du pouvoir du péché continuent de condamner l’insécurité, la pauvreté et la marginalisation. Saint Alphonse se rendit vite compte que le monde n’a pas besoin d’être interdit et encore moins condamné mais guéri et libéré, à l’imitation de l’action du Christ », a insisté François.

Anne-Bénédicte Hoffner

Comment expliquer que Jésus est présent dans l’hostie ?

Il est difficile de plonger dans le mystère eucharistique en oubliant qu’il est tout entier situé dans le monde spirituel, en oubliant les mots de Jésus après le discours sur le Pain de vie.

“Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie (Jean 6,63). Nos manières humaines nous portent à “matérialiser” la “Présence réelle”, à comprendre le mot réel comme équivalent de matériel. La Présence réelle est une présence spirituelle.

Sur le pain et le vin, le célébrant, au nom de toute l’assemblée, invoque l’Esprit saint : “Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus le Christ notre Seigneur”. Dans le pain et le vin, ainsi changés par l’Esprit qui les a “couverts de son ombre”, c’est la vie du Christ qui nous est donnée, son corps livré, son sang versé en sa Passion.

Il est présent au plus haut point dans le pain et le vin

Si vous demandez : “Où est la Présence réelle ?”, le concile Vatican II répond que Jésus est présent quand la Parole est proclamée ; il est présent dans l’assemblée “réunie en son nom” et dans la personne du ministre ; enfin, et “au plus haut point”, dans le pain et le vin de l’eucharistie (“La Sainte Liturgie”, 7).

Des raisons pratiques ont rendu la communion au calice trop rare. D’où le risque d’oublier le double geste de recevoir le pain et la coupe, de manger et de boire : une partie des symboles eucharistiques n’apparaît plus dans nos célébrations…

Mais toutes ces formes de présence sont indissociables. Dans la messe, les membres de l’assemblée, fidèles et ministres, écoutant les lectures de la Bible, reçoivent la Parole qui est “Pain de vie”, nourriture pour leur foi. Ils célèbrent ensuite l’action de grâces, l’eucharistie, et sont reçus dans le corps du Christ en communiant au “pain de la vie” et à la “coupe du salut”.

Père Michel Souchon, jésuite.

« Nous élevons la voix pour l’Amazonie »

L’Amazonie est en proie à de violents incendies. Le Conseil épiscopal latino-américain (Celam) a émis un communiqué jeudi 22 août 2019 rédigé par Monseigneur Miguel Cabrejos Vidarte, Archevêque de Trujillo (Pérou) ; le Cardinal Odilo Pedro Scherer, archevêque de Sao Paulo (Brésil) ; le Cardinal Leopoldo José Brenes Solorzano, Archevêque de Managua (Nicaragua) ; Monseigneur Rogelio Cabrera Lopez, Archevêquede Monterrey (Mexique) et Monseigneur Juan Carlos Cardenas Toro, évêque auxiliaire de Calli (Colombie). Ils lancent un cri d’alarme.

Face aux gigantesques incendies qui ravagent la faune et la flore en Alaska, au Groenland, en Sibérie, aux Iles Canaries et en particulier dans l’Amazonie, nous, Évêques d’Amérique Latine et des Caraïbes, voulons manifester notre préoccupation face à la gravité de cette tragédie qui a non seulement un impact local et régional mais aussi un impact planétaire.

L’espoir que donne le prochain Synode Amazonien, convoqué par le Pape François, est aujourd’hui entaché par la douleur de cette tragédie environnementale. Aux peuples frères indigènes qui vivent dans ce territoire que nous aimons tant, nous voulons leur exprimer notre proximité et unissons notre voix à leur voix pour crier au monde la solidarité et une aide urgente pour mettre fin à cette dévastation.

Le Document préparatoire du Synode met en garde de manière prophétique : « Dans la forêt amazonienne, d’une importance vitale pour la planète, une crise profonde a été déclenchée par une intervention humaine prolongée où prédomine une «culture du déchet» (LS 16) et une mentalité d’extraction. L’Amazonie est une région possédant une riche biodiversité ; elle est multiethnique, multiculturelle et multireligieuse, un miroir de toute l’humanité qui, pour défendre la vie, exige des changements structurels et personnels de tous les êtres humains, des États et de l’Église. Les réflexions du Synode Spécial vont bien au-delà du cadre strictement ecclésial amazonien, car elles s’étendent à l’Église universelle et même au futur de toute la planète. » (Instrumentum laboris pour le Synode pour l’Amazonie).

Nous demandons aux gouvernements des pays amazoniens, plus particulièrement du Brésil et de la Bolivie, aux Nations Unies et à la communauté internationale de prendre de sérieuses mesures d’urgence pour sauver le poumon du monde. Ce qui se passe en Amazonie n’a pas uniquement une dimension locale mais elle a, aussi et surtout, une dimension globale. Si l’Amazonie souffre, le monde souffre.

Nous rappelons les paroles du Pape François pour «  demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté : (que) nous sommes « gardiens » de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde » (Homélie du Pape François, 19 mars 2013).

Pourquoi aller à la messe le dimanche ? Est-ce obligatoire ?

La question revient souvent dans les conversations. La réponse n’est pas bien difficile mais avant de pouvoir répondre à cette question, il faut d’abord savoir ce que c’est que la messe.

  • Problème de vocabulaire.

Il existe trois mots pour dire à peu près la même réalité : messe, fraction du pain, eucharistie. Messe : ce mot est une déformation gallo-romaine de « missa » qui date du VIII ème siècle. C’est au départ, le participe passé du verbe latin « mittere » qui signifie « envoyer ». À la fin de la messe, le prêtre disait en latin : « ite missa est » qu’on peut traduire par « Allez, c’est l’envoi » et qui signifie : Allez vivre votre mission de chrétien dans le monde. On a donc gardé que le mot « missa » qui s’est transformé en « messe ».Fraction du pain : Dans le Nouveau Testament on ne parle pas de messe mais de « fraction du pain » et d’« eucharistie ». Cette fraction du pain fait référence au dernier repas de Jésus pour la pâque. Eucharistie : Aujourd’hui, on préfère utiliser de nouveau le mot « eucharistie » utilisé dans le Nouveau Testament (Luc 22,19). Il vient du grec « eukharistía » qui signifie « action de grâce » (dire merci).

  • Concrètement, c’est quoi l’eucharistie (ou la messe) ?

L’eucharistie c’est une célébration, c’est-à-dire une fête pour remercier Dieu pour tout ce qu’il nous donne. C’est aussi le moment où l’on se souvient du sacrifice de Jésus-Christ. Jésus a donné sa vie pour tous les hommes. Alors, dans l’eucharistie on rappelle cet événement, on dit que l’on fait « mémoire ». C’est comme une sorte d’anniversaire (sauf qu’ici on le fait chaque dimanche). Enfin, dernière chose, dans l’eucharistie nous remercions Dieu pour sa parole (la bible) qu’il nous donne.

Jésus-Christ lui-même qui a fait la première eucharistie. Les chrétiens se rassemblent chaque année le jeudi précédant pâques et font une célébration spéciale pour se rappeler que Jésus a fait un repas avec ses disciples. Le prêtre raconte l’histoire de ce dernier repas : Un soir avec ses disciples, « Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant: “Prenez, mangez, ceci est mon corps.” ». Si aujourd’hui nous refaisons le geste de la fraction du pain, si nous célébrons l’eucharistie, c’est parce que Jésus lui-même nous le demande : « vous ferez cela en mémoire de moi ».

  • L’eucharistie c’est important ?

Répondons clairement. L’eucharistie n’est pas seulement importante, elle est essentielle. Elle est nécessaire pour trois raisons :

  1. D’abord elle est le rassemblement des croyants autour de Jésus-Christ. A la messe, les chrétiens viennent des environs et quelques fois de plus loin. Rassemblés par la même foi, ils se laissent guider par Jésus-Christ. À la messe les chrétiens deviennent une seule famille : l’Église qui est le peuple de Dieu.
  2. Ensuite elle fait grandir la foi. En effet notre prière est soutenue par la prière de nos frères. Et puis, pendant la messe, nous écoutons les lectures et l’homélie qui nous éclairent sur la Parole de Dieu et notre manière de la vivre au quotidien. Sans l’eucharistie notre foi n’a plus de nourriture. Elle s’affaiblit et risque de mourir.
  3. Enfin la messe est une communion avec Dieu. C’est un véritable corps-à-corps. Pendant la messe, non seulement nous écoutons sa parole mais nous mangeons le corps du Christ. Dans cette communion c’est notre cœur qui est touché par Dieu. Sa paix peut nous habiter.
  • En conclusion

La réponse est simple. La messe n’est ni un devoir ni une obligation, c’est d’abord une nécessité. C’est comme si vous posiez la question suivante « est-ce obligatoire d’embrasser son épouse ? » Si je l’aime, je ne pose pas la question, je l’embrasse ! L’eucharistie (la messe), ce n’est donc pas simplement une réunion sympathique, c’est le lieu où Dieu nous invite à vivre avec lui et nous transforme ainsi en faisant de nous ses enfants. Maintenant à vous de voir !

Cet article a été publié par le Père TRISTAN, spiritain

Hors de l’Eglise, point de salut ?

« Si les hommes des autres religions sont sauvés, c’est toujours par l’intermédiaire du Christ, l’unique sauveur, même s’ils n’en ont pas conscience. » Mgr Bruno Lefevre Portalis

Le Concile Vatican II dit que « l’Église catholique annonce et est tenue d’annoncer sans cesse le Christ qui est le chemin, la vérité et la vie, dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toute chose ».

Mais si le saut passe nécessairement par le Christ, cela signifie-t-il que hors de l’Église, il n’y a point de salut ?

Comment croire que les hommes des autres religions ne puissent pas être sauvés ? Cela n’est-il pas le signe d’une intolérance profonde ? Les autres religions ne sont-elles pas un autre moyen de se sauver ? N’y-a-t-il pas du bien en tout homme honnête ?

L’Église catholique reconnait qu’il y a des rayons de vérité ou des semences du verbe, selon l’expression du Concile, dans les autres religions. Mais c’est toujours le Christ qui agit, soit directement, par contact, dans l’Église, soit à distance dans les autres religions.

Si les hommes des autres religions sont sauvés, c’est toujours par l’intermédiaire du Christ, l’unique sauveur, même s’ils n’en ont pas conscience.

L’Église affirme alors que, sans appartenir à la religion chrétienne, si un homme de bonne volonté suit la conscience droite qui est en lui, il est lui aussi appelé au salut, mais toujours par le Christ.

Cette affirmation ne dénature pas la mission centrale de l’Église qui demeure d’annoncer, dans le dialogue et le respect de la liberté, mais sans relâche, l’Évangile du Christ.

Avec cette conscience très forte que l’on favorise la liberté de l’homme en lui annonçant Jésus-Christ.

Finalement, on pourrait dire que l’axiome « hors de l’Église, point de salut », vise directement ceux qui, immédiatement éclairés par l’Évangile, s’obstinent à le refuser.

Il ne vise pas ceux qui, sans qu’il y ait faute de leur part, ignorent le Christ et son Église.

Si l’Église respecte les rayons de vérité des autres religions et les semences du Verbe existant en chaque conscience humaine, pour elle, seul l’Évangile est la source plénière de la vérité.

Jésus est-il beau ?

La réponse de Daniel Facérias,  diaconie de la Beauté 

Daniel Facérias

La question de l’apparence physique du Christ nous interpelle. Était-il grand, brun, comme le représentent la plupart des œuvres d’art ? A quoi ressemble le Christ ? Ces questions interrogent sur le sens du mot beauté, et nous invite à un chemin de contemplation.

La Beauté de la Création est comme récapitulée dans la Beauté de Jésus. Pleinement homme et pleinement Dieu son visage est notre visage. Il est la Beauté dont notre âme est le reflet, dont notre visage est l’ombre comme le dit le psaume 33. La beauté de Jésus se lit et se contemple sur le visage de chaque homme et de chaque femme, sur le visage des plus pauvres, des malades…

Aimer, c’est contempler la beauté qui se lit sur le visage du prochain

Thérèse d’Avila dans son invitation à l’oraison invite les carmélites à aimer la Beauté du visage de Jésus. Elle précise que cette Beauté va au-delà de l’apparence humaine telle que les apôtres l’ont vue, elle est la Beauté de l’Etre même de Dieu. Jésus est Beau car il est la ressemblance de Dieu et comme le dit Saint Bernard, c’est vers cette ressemblance que tout chrétien aspire à aller. Ce Visage de Jésus, le Visage de la Beauté se rencontre en tous comme le dit l’Évangile, on le retrouve dans le pauvre que l’on sert, dans le malade que l’on soigne, dans le fou, l’humilié, l’exclus et tous les « sans visage ». Derrière le masque de la souffrance humaine, derrière ses torsions se cache la Beauté du Visage du Christ. C’est cette Beauté que Mère Teresa demandait à ses sœurs de contempler dans le regard des lépreux et des mourants du Kali Ghat.

Jésus est le chemin, la Beauté, la Vérité et la vie

Ainsi à Noël derrière les ors de la misère d’une étable, de la pauvreté des moyens humains de l’insuffisance économique, le Christ a fait resplendir sa Beauté, et cette Beauté est révélée aux plus pauvres aux bergers à ceux qui en apparence n’ont pas de dignité mais qui dans leur cœur ont été saisi par la Beauté de Jésus. Il s’est fait pauvre parmi les pauvres pour montrer le chemin de cette beauté qui est le chemin du cœur. Il s’est fait petit enfant sans défense pour être à la merci de la vie ordinaire, à la merci de tous.
Ce chemin de la Beauté n’est pas derrière le scintillement du luxe et du pouvoir, il est dans la simplicité, dans l’épure de Bethléem où seul l’essentiel demeure. Ce chemin n’est pas dans les strass et les paillettes, il est dans la pureté de la lumière qu’il dessine humblement sur quelques brins de paille.

L’insaisissable Beauté de Jésus

Ce chemin ne répond à aucun canon académique et il échappe même aux peintres, comme il échappa au peintre du roi d’Edesse contemporain du Christ. Le Roi l’envoya pour peindre le Visage du Christ mais parvenu à proximité, il fut incapable d’en saisir le trait et le Christ se rendant compte lui donne son Image sur un linge. Cela en dit long car cette Beauté du Christ ne peut être saisie que par le cœur, elle n’est pas saisissable par l’œil électronique d’un appareil photo numérique mais par l’œil du cœur de chair, par le sens intérieur qui rend toutes choses nouvelles.
Elle nous invite à changer notre regard à ne plus le rendre consommateur d’émotion et de sentiments mais à le rendre contemplatif et amoureux.
Le monde a besoin de cette Beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance disait Paul VI, et c’est en se nourrissant par la Foi de l’insaisissable Beauté de Jésus que nous resterons ferme dans l’Espérance et la Charité.

La Foi prise au mot

Un temps pour le rosé, un temps pour prier

“L’oraison, c’est bien joli, mais ce n’est pas pour moi”. Chaque année, beaucoup prennent de bonnes résolutions pour les vacances : prévoir un temps pour la prière, la méditation ou des lectures spirituelles. Malheureusement, les bonnes intentions sont souvent moins attirantes qu’un bon rosé au bord de l’eau… Et si l’apéritif était aussi un lieu pour commencer à prier ?

Seigneur, comme je te le disais l’autre fois, j’ai beau essayer, je n’arrive pas à prier. L’oraison, c’est bien joli, mais c’est pas pour moi. Comment ? Qui a dit : « Oh si, c’est aussi pour toi » ? Aïe, je n’aurais pas dû sortir sans mon chapeau de paille, ça y est j’entends des voix. C’est toi, Seigneur ? Eh bien, montre-moi comment ! Toute seule, je ne peux pas, je n’ai pas la force. Tu le vois bien, chaque année, c’est l’échec total. Je prends plein de bonnes résolutions et puis tout ça disparaît, plus vite qu’un bon rosé au bord de la Méditerranée. Ah ? Tu appelles ça une prière ? Attends, là, ce que je viens de te dire ? Oh, tu n’es pas difficile, c’est une bonne nouvelle. Ça serait donc aussi simple que cela, la prière ? Te parler de mes difficultés, de mes joies, de mes préoccupations ? Euh, très bien, moi, perso, je ne trouve pas ça passionnant, mais comment ? Que j’arrête de me juger, de juger ce que je te dis ? Que je te laisse juger ? Très bien, très bien, j’arrête…(silence).

Euh, allô, il y a quelqu’un  ? Ah, tu es là Seigneur. Bon, il faut que je te dise quelque chose. Je n’aime pas le silence. Ça m’angoisse. Là, en deux secondes, je me suis sentie perdue. Faut que tu te dises que je vis dans le bruit. J’habite dans une grande ville, tu sais. Alors, le silence, je connais pas, j’ai l’impression que tu n’es plus là. Pardon ? Tu étais là, dans le silence ? Et tu veux que j’arrête de parler ? Faut savoir ! Un coup tu veux que je te parle, un coup non.

Pardon, Seigneur, je fais ma mauvaise tête. Je le sais, il y a un temps pour tout. Un temps pour te parler, un temps pour t’écouter dans le silence. Pour t’écouter me parler à travers la beauté de ta Création : l’infini de cette mer, le grain fin du sable, la perfection de ce coquillage, le rire de cet enfant. Et à travers ta parole : un passage d’Évangile, un psaume. Oui, mon Dieu, tu es grand, tu es beeeeeeaaaau ! Aïe, il pleut Ouille ! Pas la grêle, Seigneur, je ne chante pas si faux ! D’accord, je me tais !

Les piscines de Lourdes, « mort et résurrection » !

Dans le cadre du pèlerinage national à Lourdes, découvrez une composante de ce pèlerinage. Les piscinières ont accepté de laisser entrer Camille Meyer de Radio Notre Dame dans cet endroit, interdit aux photos, aux vidéos.

On part à la découverte de cet endroit si particulier à Lourdes, les piscines. Pour beaucoup de pèlerins, il s’agit d’un des points culminants de ce pèlerinage. Il faut déjà imaginer des fils d’attente, au nombre de cinq. L’attente parfois longue et cette tension presque constante. Vous sentez la crainte, la peur parfois,ou cette joie profonde à l’idée d’être baigné. On est allé à la rencontre de Justine Keller, responsable des piscinières, étant une femme je ne pouvais qu’aller du côté des femmes. Justine décrit cet accueil si important dans ces piscines et les conditions pour devenir piscinière.

Justine accepte d’être notre guide. Direction le service liturgie juste avant l’accès au couloir qui mène aux piscines.

Une fois rentrée, vous passez du brouhaha et des chants au silence quasi absolu. Elles sont presque 200 à attendre de pouvoir se déshabiller pour revêtir le pagne dans ces cabines permettant un peu d’intimité. Intimité qui implique aussi de couper son micro au moment d’y pénétrer. Justine vous livre les coulisses de ce moment particulier.

Prier avec et pour les malades dans une relation de confiance qui se tisse en quelques secondes, c’est le rôle de ces piscinieres, encore fort nombreuses cette année. Et quand on croise ceux qui sortent, beaucoup ont cette phrase à la bouche : la joie de revivre son baptême

Assomption 2019 : près de 27 000 pèlerins se sont massés à Lourdes

Comment la famille peut-elle évoluer ?

Que reste-t-il de la famille classique?

Sujet souvent passionnel, la famille est aussi un enjeu passionnant pour l’avenir de notre société. En effet, la famille est à la fois privée et publique. Elle se situe donc au croisement du bien des personnes et du bien commun. Elle invite chacun comme individu à vivre heureux mais aussi ensemble.

L a famille reste la cellule de base de la vie en société. Aucune société ne pourra jamais se passer de la famille. Pourtant, l’augmentation du concubinage, du divorce ou des naissances hors mariage fragilise la famille comme institution.

Les familles monoparentales ou recomposées, les nouvelles manières de vivre en couple ou de devenir parents ont peu à peu bousculé la structure de la famille traditionnelle. On dissocie de plus en plus l’alliance de la procréation, et parfois même la procréation de la filiation

Mais tout est loin d’être négatif dans cette évolution.

Dans son exhortation apostolique, Familiaris Consortio (1981), le pape Jean-Paul II relevait les aspects positifs d’une telle évolution: “On constate, écrit-il, une conscience plus vive de la liberté personnelle et une attention plus grande à la qualité des relations personnelles dans le mariage, à la promotion de la dignité de la femme, à la procréation responsable, à l’éducation des enfants”(3)

Autrement dit, nos familles se portent à la fois “mieux” et “moins bien” que par le passé. “Mieux” parce que les attentes la concernant n’ont jamais été aussi fortes. Mais elles se portent aussi “moins bien”, car les défis pesant sur elles sont plus lourds qu’autrefois. En effet, nos parents ou nos grands-parents n’en demandaient pas autant à la famille !

La famille, une richesse à partager

Il revient à la famille chrétienne de déployer un nouveau dynamisme missionnaire. Cette mission passe aujourd’hui par l’éducation des enfants et le soutien des familles en difficultés. A travers l’enseignement, catholique ou non, les familles chrétiennes sont davantage au contact direct avec tous types de familles.
 
Dans les bouleversements actuels, les défis de la famille appellent l’éthique familiale à se déployer sur le terrain de l’espace social et du bien commun. Ceci appelle une attention spéciale pour les plus vulnérables. Il s’agit de soutenir les couples qui ont exprimé leur liberté et leur volonté de “vivre ensemble”.

Entre mutations et institution, la famille est en difficultés

Le rôle de l’État, nos modes de vies et jusqu’à nos propres emplois du temps nous décentrent constamment de la famille. Ils nous en éloignent d’abord physiquement.

Par exemple, le travail et la famille sont aujourd’hui presque toujours dissociés. Il faut donc pouvoir mener de front une vie “familiale” et une “carrière” professionnelle, souvent et en concurrence. Il n’en était pas ainsi dans la France rurale des années 1950. La famille se regroupait habituellement autour de la ferme familiale ou tout au moins dans un même lieu.

De même, grâce à l’école et la performance du système éducatif, la famille n’est plus le premier lieu de la transmission du savoir et de la socialisation de l’enfant.

Enfin, dans une société majoritairement urbaine, la famille n’est plus autant liée au patrimoine à transmettre d’une génération à l’autre. Par l’organisation de la sécurité sociale (branche maladie, vieillesse, ou chômage), elle a cessé d’être la garantie première de la solidarité entre les générations.

Dans une famille, de nouveaux fonctionnements écartent les enfants de leurs parents, ou les conjoints l’un de l’autre.

Suivant un article du P. Vincent Leclercq, de la Faculté de Théologie et des Sciences religieuses de Paris.