Jésus est-il beau ?

La réponse de Daniel Facérias,  diaconie de la Beauté 

Daniel Facérias

La question de l’apparence physique du Christ nous interpelle. Était-il grand, brun, comme le représentent la plupart des œuvres d’art ? A quoi ressemble le Christ ? Ces questions interrogent sur le sens du mot beauté, et nous invite à un chemin de contemplation.

La Beauté de la Création est comme récapitulée dans la Beauté de Jésus. Pleinement homme et pleinement Dieu son visage est notre visage. Il est la Beauté dont notre âme est le reflet, dont notre visage est l’ombre comme le dit le psaume 33. La beauté de Jésus se lit et se contemple sur le visage de chaque homme et de chaque femme, sur le visage des plus pauvres, des malades…

Aimer, c’est contempler la beauté qui se lit sur le visage du prochain

Thérèse d’Avila dans son invitation à l’oraison invite les carmélites à aimer la Beauté du visage de Jésus. Elle précise que cette Beauté va au-delà de l’apparence humaine telle que les apôtres l’ont vue, elle est la Beauté de l’Etre même de Dieu. Jésus est Beau car il est la ressemblance de Dieu et comme le dit Saint Bernard, c’est vers cette ressemblance que tout chrétien aspire à aller. Ce Visage de Jésus, le Visage de la Beauté se rencontre en tous comme le dit l’Évangile, on le retrouve dans le pauvre que l’on sert, dans le malade que l’on soigne, dans le fou, l’humilié, l’exclus et tous les « sans visage ». Derrière le masque de la souffrance humaine, derrière ses torsions se cache la Beauté du Visage du Christ. C’est cette Beauté que Mère Teresa demandait à ses sœurs de contempler dans le regard des lépreux et des mourants du Kali Ghat.

Jésus est le chemin, la Beauté, la Vérité et la vie

Ainsi à Noël derrière les ors de la misère d’une étable, de la pauvreté des moyens humains de l’insuffisance économique, le Christ a fait resplendir sa Beauté, et cette Beauté est révélée aux plus pauvres aux bergers à ceux qui en apparence n’ont pas de dignité mais qui dans leur cœur ont été saisi par la Beauté de Jésus. Il s’est fait pauvre parmi les pauvres pour montrer le chemin de cette beauté qui est le chemin du cœur. Il s’est fait petit enfant sans défense pour être à la merci de la vie ordinaire, à la merci de tous.
Ce chemin de la Beauté n’est pas derrière le scintillement du luxe et du pouvoir, il est dans la simplicité, dans l’épure de Bethléem où seul l’essentiel demeure. Ce chemin n’est pas dans les strass et les paillettes, il est dans la pureté de la lumière qu’il dessine humblement sur quelques brins de paille.

L’insaisissable Beauté de Jésus

Ce chemin ne répond à aucun canon académique et il échappe même aux peintres, comme il échappa au peintre du roi d’Edesse contemporain du Christ. Le Roi l’envoya pour peindre le Visage du Christ mais parvenu à proximité, il fut incapable d’en saisir le trait et le Christ se rendant compte lui donne son Image sur un linge. Cela en dit long car cette Beauté du Christ ne peut être saisie que par le cœur, elle n’est pas saisissable par l’œil électronique d’un appareil photo numérique mais par l’œil du cœur de chair, par le sens intérieur qui rend toutes choses nouvelles.
Elle nous invite à changer notre regard à ne plus le rendre consommateur d’émotion et de sentiments mais à le rendre contemplatif et amoureux.
Le monde a besoin de cette Beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance disait Paul VI, et c’est en se nourrissant par la Foi de l’insaisissable Beauté de Jésus que nous resterons ferme dans l’Espérance et la Charité.

La Foi prise au mot

Un temps pour le rosé, un temps pour prier

“L’oraison, c’est bien joli, mais ce n’est pas pour moi”. Chaque année, beaucoup prennent de bonnes résolutions pour les vacances : prévoir un temps pour la prière, la méditation ou des lectures spirituelles. Malheureusement, les bonnes intentions sont souvent moins attirantes qu’un bon rosé au bord de l’eau… Et si l’apéritif était aussi un lieu pour commencer à prier ?

Seigneur, comme je te le disais l’autre fois, j’ai beau essayer, je n’arrive pas à prier. L’oraison, c’est bien joli, mais c’est pas pour moi. Comment ? Qui a dit : « Oh si, c’est aussi pour toi » ? Aïe, je n’aurais pas dû sortir sans mon chapeau de paille, ça y est j’entends des voix. C’est toi, Seigneur ? Eh bien, montre-moi comment ! Toute seule, je ne peux pas, je n’ai pas la force. Tu le vois bien, chaque année, c’est l’échec total. Je prends plein de bonnes résolutions et puis tout ça disparaît, plus vite qu’un bon rosé au bord de la Méditerranée. Ah ? Tu appelles ça une prière ? Attends, là, ce que je viens de te dire ? Oh, tu n’es pas difficile, c’est une bonne nouvelle. Ça serait donc aussi simple que cela, la prière ? Te parler de mes difficultés, de mes joies, de mes préoccupations ? Euh, très bien, moi, perso, je ne trouve pas ça passionnant, mais comment ? Que j’arrête de me juger, de juger ce que je te dis ? Que je te laisse juger ? Très bien, très bien, j’arrête…(silence).

Euh, allô, il y a quelqu’un  ? Ah, tu es là Seigneur. Bon, il faut que je te dise quelque chose. Je n’aime pas le silence. Ça m’angoisse. Là, en deux secondes, je me suis sentie perdue. Faut que tu te dises que je vis dans le bruit. J’habite dans une grande ville, tu sais. Alors, le silence, je connais pas, j’ai l’impression que tu n’es plus là. Pardon ? Tu étais là, dans le silence ? Et tu veux que j’arrête de parler ? Faut savoir ! Un coup tu veux que je te parle, un coup non.

Pardon, Seigneur, je fais ma mauvaise tête. Je le sais, il y a un temps pour tout. Un temps pour te parler, un temps pour t’écouter dans le silence. Pour t’écouter me parler à travers la beauté de ta Création : l’infini de cette mer, le grain fin du sable, la perfection de ce coquillage, le rire de cet enfant. Et à travers ta parole : un passage d’Évangile, un psaume. Oui, mon Dieu, tu es grand, tu es beeeeeeaaaau ! Aïe, il pleut Ouille ! Pas la grêle, Seigneur, je ne chante pas si faux ! D’accord, je me tais !

Les piscines de Lourdes, « mort et résurrection » !

Dans le cadre du pèlerinage national à Lourdes, découvrez une composante de ce pèlerinage. Les piscinières ont accepté de laisser entrer Camille Meyer de Radio Notre Dame dans cet endroit, interdit aux photos, aux vidéos.

On part à la découverte de cet endroit si particulier à Lourdes, les piscines. Pour beaucoup de pèlerins, il s’agit d’un des points culminants de ce pèlerinage. Il faut déjà imaginer des fils d’attente, au nombre de cinq. L’attente parfois longue et cette tension presque constante. Vous sentez la crainte, la peur parfois,ou cette joie profonde à l’idée d’être baigné. On est allé à la rencontre de Justine Keller, responsable des piscinières, étant une femme je ne pouvais qu’aller du côté des femmes. Justine décrit cet accueil si important dans ces piscines et les conditions pour devenir piscinière.

Justine accepte d’être notre guide. Direction le service liturgie juste avant l’accès au couloir qui mène aux piscines.

Une fois rentrée, vous passez du brouhaha et des chants au silence quasi absolu. Elles sont presque 200 à attendre de pouvoir se déshabiller pour revêtir le pagne dans ces cabines permettant un peu d’intimité. Intimité qui implique aussi de couper son micro au moment d’y pénétrer. Justine vous livre les coulisses de ce moment particulier.

Prier avec et pour les malades dans une relation de confiance qui se tisse en quelques secondes, c’est le rôle de ces piscinieres, encore fort nombreuses cette année. Et quand on croise ceux qui sortent, beaucoup ont cette phrase à la bouche : la joie de revivre son baptême

Assomption 2019 : près de 27 000 pèlerins se sont massés à Lourdes

Comment la famille peut-elle évoluer ?

Que reste-t-il de la famille classique?

Sujet souvent passionnel, la famille est aussi un enjeu passionnant pour l’avenir de notre société. En effet, la famille est à la fois privée et publique. Elle se situe donc au croisement du bien des personnes et du bien commun. Elle invite chacun comme individu à vivre heureux mais aussi ensemble.

L a famille reste la cellule de base de la vie en société. Aucune société ne pourra jamais se passer de la famille. Pourtant, l’augmentation du concubinage, du divorce ou des naissances hors mariage fragilise la famille comme institution.

Les familles monoparentales ou recomposées, les nouvelles manières de vivre en couple ou de devenir parents ont peu à peu bousculé la structure de la famille traditionnelle. On dissocie de plus en plus l’alliance de la procréation, et parfois même la procréation de la filiation

Mais tout est loin d’être négatif dans cette évolution.

Dans son exhortation apostolique, Familiaris Consortio (1981), le pape Jean-Paul II relevait les aspects positifs d’une telle évolution: “On constate, écrit-il, une conscience plus vive de la liberté personnelle et une attention plus grande à la qualité des relations personnelles dans le mariage, à la promotion de la dignité de la femme, à la procréation responsable, à l’éducation des enfants”(3)

Autrement dit, nos familles se portent à la fois “mieux” et “moins bien” que par le passé. “Mieux” parce que les attentes la concernant n’ont jamais été aussi fortes. Mais elles se portent aussi “moins bien”, car les défis pesant sur elles sont plus lourds qu’autrefois. En effet, nos parents ou nos grands-parents n’en demandaient pas autant à la famille !

La famille, une richesse à partager

Il revient à la famille chrétienne de déployer un nouveau dynamisme missionnaire. Cette mission passe aujourd’hui par l’éducation des enfants et le soutien des familles en difficultés. A travers l’enseignement, catholique ou non, les familles chrétiennes sont davantage au contact direct avec tous types de familles.
 
Dans les bouleversements actuels, les défis de la famille appellent l’éthique familiale à se déployer sur le terrain de l’espace social et du bien commun. Ceci appelle une attention spéciale pour les plus vulnérables. Il s’agit de soutenir les couples qui ont exprimé leur liberté et leur volonté de “vivre ensemble”.

Entre mutations et institution, la famille est en difficultés

Le rôle de l’État, nos modes de vies et jusqu’à nos propres emplois du temps nous décentrent constamment de la famille. Ils nous en éloignent d’abord physiquement.

Par exemple, le travail et la famille sont aujourd’hui presque toujours dissociés. Il faut donc pouvoir mener de front une vie “familiale” et une “carrière” professionnelle, souvent et en concurrence. Il n’en était pas ainsi dans la France rurale des années 1950. La famille se regroupait habituellement autour de la ferme familiale ou tout au moins dans un même lieu.

De même, grâce à l’école et la performance du système éducatif, la famille n’est plus le premier lieu de la transmission du savoir et de la socialisation de l’enfant.

Enfin, dans une société majoritairement urbaine, la famille n’est plus autant liée au patrimoine à transmettre d’une génération à l’autre. Par l’organisation de la sécurité sociale (branche maladie, vieillesse, ou chômage), elle a cessé d’être la garantie première de la solidarité entre les générations.

Dans une famille, de nouveaux fonctionnements écartent les enfants de leurs parents, ou les conjoints l’un de l’autre.

Suivant un article du P. Vincent Leclercq, de la Faculté de Théologie et des Sciences religieuses de Paris.

Que signifie Jésus « Fils de Dieu » ?

La réponse de Mgr André Dupleix

Mgr André Dupleix

Jésus est appelé, dès les premières expressions de la foi « Fils de Dieu ». Le fait de nommer Jésus « Fils » appartient à la plus ancienne et permanente tradition sur laquelle s’appuie la foi des chrétiens. Le signe de la croix le traduit bien par la formule qui l’accompagne : Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Plus de cent vingt fois présente dans le Nouveau Testament (sous la forme « Fils » ou « Fils de Dieu ») cette appellation appartient-elle, sans plus, aux différents titres de Jésus, Messie, Seigneur, Fils de l’homme, rabbi ? Ou bien son contenu va-t-il beaucoup plus loin, au point de fonder tout ce qui sera dit par ailleurs sur Jésus le Christ ?

Dans les Évangiles
L’évangile de saint Marc encadre son témoignage de deux affirmations explicites : Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ « Fils de Dieu » (Marc 1,1)… « Vrai­ment cet homme était le Fils de Dieu » (Marc 15,39). Saint Jean fera dire au Baptiste à l’ouverture de son évangile : « J’atteste qu’il est lui, le Fils de Dieu » (Jean 1,34). Nous savons d’autre part que dans le quatrième évangile, Jésus parle de lui en utilisant l’expression « le Fils » (Jean 3,35). Dans saint Matthieu, Pierre affirme lors de la confession de Césarée : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16, 16). Chez saint Luc, dans le récit majeur de l’Annonciation, l’ange dit clairement : « celui qui va naître sera saint et sera appelé « Fils de Dieu »  » (Luc 1,35).

Dans les récits communs du Baptême de Jésus (Marc 1,9-11) ou de la Transfiguration (Marc 9,2-10) qui représentent pour les évangélistes des moments-clé, l’appellation « mon Fils bien-aimé » apparaît comme un trait de lumière éclairant la véritable personnalité du Maître de Nazareth.

« Fils de Dieu », bien plus qu’un titre
« Fils de Dieu » est bien plus qu’un titre : il exprime la réalité de toute la vie de Jésus dont la résurrection va mettre en évidence le rôle central pour l’histoire de l’humanité que Dieu veut sauver (I Tim 2, 4). Jésus sera progressivement perçu comme celui entre les mains de qui le Père a tout remis (Jean 13, 3). On utilisera donc, appuyé sur son propre témoignage faisant apparaître un lien privilégié et unique entre Dieu et lui, l’appellation de « Fils » déjà diversement employée dans l’Ancien Testament pour les rois, le peuple choisi et même les fidèles. « Fils » étant aussi l’expression susceptible d’indiquer au mieux le rapport d’amour et de confiance, l’origine et l’avenir, l’union la plus profonde en même temps que la différence.

Ce terme analogique -malgré son insuffisance pour indiquer le fond de la relation entre Dieu et Jésus- lui sera cependant réservé désormais. Il s’imposera comme le seul capable de traduire l’identité profonde de Jésus en qui habite la plénitude de la divinité (Colossiens 2,9).

« Fils de Dieu » est bien plus qu’un titre. Il manifeste également toutes les conséquences de la filiation divine dans l’existence et dans la lutte pour la justice et la recherche de la paix.

Participer à cette filiation à notre mesure c’est devenir, comme le Christ, acteurs de libération et témoins de l’amour et de la lumière, signes du Dieu de l’alliance éternelle et porteurs d’espérance.

Assomption : que fêtons-nous?

Nous affirmons, Nous déclarons et Nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la vie céleste.”C’est par ces mots que, le 1er novembre 1950, Pie XII proclamait le dogme de l’Assomption par la constitution apostolique Munificentissimus Deus. Un événement qui prend sa source dans la tradition de l’Église, longuement mûrie par un siècle de théologie mariale.

On ne sait pourtant rien de la fin de la vie terrestre de Marie. Seul un écrit apocryphe du Ve siècle, La Dormition de Marie, évoque ses derniers instants. Entourée par les apôtres en prière, elle est emmenée au paradis par le Christ.

Très tôt, en effet, les chrétiens ont eu le pressentiment que la Mère de Dieu, préservée de tout péché, ne pouvait pas avoir connu la corruption de la mort. Une intuition qui sera ensuite approfondie par les Pères de l’Église, en particulier saint Jean Damascène. Au VIe siècle, la fête de la Dormition est déjà célébrée en Orient, vers la mi-janvier. Plus tard, l’empereur Maurice (582-602) la fixera définitivement au 15 août.

Une fête dont la tradition est héritée de l’Église d’Orient

La fête arrive à Rome grâce au Pape Théodore (642-649), originaire de Constantinople. Elle se diffuse petit à petit en Occident : en 813, le Concile de Mayence l’impose à l’ensemble de l’Empire franc. Peu à peu, la fête va prendre le nom d’Assomption, même si la différence entre Assomption et Dormition reste ténue et l’Église ne ressent pas le besoin d’ériger en dogme cette croyance.

C’est après la proclamation par Pie IX du dogme de l’Immaculée Conception, dans le grand courant de dévotion mariale du XIXe siècle, que des pétitions commencent à affluer à Rome pour que soit officiellement défini le dogme de l’Assomption. De 1854 à 1945, huit millions de fidèles écriront à Rome en ce sens ! Chiffre auquel il faut ajouter les pétitions de 1 332 évêques (représentant 80 % des sièges épiscopaux) et 83 000 prêtres, religieux et religieuses. Face à ces demandes répétées, Pie XII, par l’encyclique Deiparae Virginis, publiée en mai 1946, demande à tous les évêques du monde de se prononcer. La réponse est quasi unanime : 90 % des évêques y sont favorables. La plupart des 10 % restant s’interrogent sur l’opportunité d’une telle déclaration, seulement six évêques émettant des doutes sur le caractère “révélé” de l’Assomption de Marie. 

Des célébrations grandioses accompagneront la proclamation du dogme de l’Assomption. Celui-ci reste à ce jour le seul cas où l’infaillibilité pontificale, telle que définie à Vatican I, a été mise en œuvre. Parmi ces célébrations, on notera le couronnement par Pie XII d’une statue de la Vierge, dans la crypte de Saint-Pierre de Rome, avec une couronne offerte par les lecteurs du Pèlerin et de La Croix !

L’ Assomption met en valeur une dimension essentielle de la foi chrétienne : à l’école de Marie, accueillir le don de Dieu dans sa vie, célébrer cette grâce qui élève les humbles et rabaisse les puissants

Pourquoi faire l’éloge de la pauvreté ?

Pourquoi donc l’Eglise est-elle si attachée à la pauvreté ? Le frère Nicolas Morin, franciscain, nous explique ce qu’est la vertu de pauvreté. Et propose de découvrir les richesses cachées d’une vie à la suite du Christ pauvre.

Sophie de Villeneuve : « Nul ne peut servir Dieu et l’argent » : cette phrase de Jésus rapportée dans l’évangile de Luc fait écho à beaucoup d’autres avertissements : « Méfions-nous de la richesse », laisse souvent entendre Jésus. Les premiers chrétiens ont adopté un style de vie conforme à ces paroles, les plus grands saints ont vécu dans la pauvreté, et tout religieux doit en faire le vœu. Pourquoi l’Eglise fait-elle si grand cas de la pauvreté, alors que par ailleurs elle lutte contre la misère, et que souvent dans son histoire elle fut loin de respecter les conseils évangéliques de pauvreté ? Saint François disait que la pauvreté est une vertu royale. Qu’a-t-elle à nous dire ?

Nicolas Morin : La pauvreté nous dit Dieu. On ne choisit pas d’être pauvre par injonction morale, ni même par choix de solidarité avec les pauvres. On choisit d’abord d’être pauvre pour suivre le Christ pauvre. François a découvert que le Christ s’est fait pauvre pour nous. Dieu est pauvre parce qu’il est un être de relation. Le Père ne garde rien pour lui, mais il donne tout ce qu’il est, et c’est dans ce don total de sa vie qu’il engendre le Fils. Et le Fils, Jésus, se reçoit tout entier du Père.

Ça veut dire que Dieu s’est appauvri en nous donnant son Fils ?

N. M. : Il ne s’appauvrit pas, il s’enrichit. Il est riche de sa pauvreté : plus on donne, plus on s’enrichit. C’est le monde à l’envers ! Il me semble très important de lier pauvreté et relation. En 1994, je venais de faire ma profession solennelle, mon engagement définitif chez les Franciscains, et j’ai été nommé à Bordeaux. Chacun est arrivé avec sa valise, dans le quartier très populaire où l’évêque nous avait demandé de vivre. Pendant un mois nous avons été hébergés chez des sœurs, puis nous avons trouvé un appartement. Nous n’avions rien, alors nous avons dû emprunter à nos voisins le matériel ou l’électro-ménager dont nous avions besoin. Le fait d’être pauvres nous a ouverts, et nous avons rencontré des gens extraordinaires. Je crois que c’est la raison d’être de la pauvreté.

Saint François demandait toujours à Dieu : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? La pauvreté commence par cette disponibilité intérieure qui consiste à lâcher notre désir de maîtriser notre vie, et à laisser faire le Seigneur, à lui faire confiance.

Tout de même, dans la crise qui est la nôtre, pouvons-nous dire aux gens : « Bienheureuse pauvreté » ?

N. M. : La pauvreté évangélique n’est pas la misère. La misère de celui qui ne sait pas comment il va finir le mois et nourrir ses enfants, c’est une misère qui n’est pas digne. Il faut évidemment lutter contre cette misère-là. La pauvreté évangélique, c’est autre chose. C’est renoncer à se suffire à soi-même. Celui qui amasse dans ses greniers, qui a tout ce qu’il lui faut, qui construit de grands murs autour de sa maison et pense que là est le bonheur, découvre un jour qu’il est affreusement seul. Etre autosuffisants nous isole. La pauvreté, c’est se donner les moyens de rester ouverts, à la providence, à la bonté de Dieu, à ce qu’il veut pour moi, et ouverts aux autres.

Le pape remercie les prêtres

La Lettre du Pape François adressée à ses frères prêtres le 04 août 2019, à l’occasion des 160 ans de la mort de Saint Jean Marie Vianney, le curé d’Ars, nommé patron de tous les curés de l’Univers par le pape Pie XI en 1929, en faisant un modèle pour le ministère sacerdotal.

Extrait

A mes frères prêtres.
Chers frères
,

Saint Curé d’Ars

Nous fêtons les 160 ans de la mort du Saint Curé d’Ars que Pie XI a présenté comme patron de tous les curés du monde. Je veux vous écrire cette lettre en sa fête, non seulement aux curés, mais aussi à vous tous, frères prêtres qui, sans faire de bruit, “quittez” tout pour vous engager dans la vie quotidienne de vos communautés. A vous qui, comme le Curé d’Ars, travaillez dans la “tranchée”, portez sur vos épaules le poids du jour et de la chaleur (cf. Mt 20, 12) et, exposés à d’innombrables situations, “y prenez des risques” quotidiennement et sans vous donner trop d’importance, afin de prendre soin du Peuple de Dieu et de l’accompagner. Je m’adresse à chacun de vous qui, si souvent, de manière inaperçue et sacrifiée, dans la lassitude ou la fatigue, la maladie ou la solitude, assumez la mission au service de Dieu et de son peuple et, même avec toutes les difficultés du chemin, écrivez les pages les plus belles de la vie sacerdotale.

« Je ne cesse pas de rendre grâce, quand je fais mémoire de vous » (Ep 1, 16)

La reconnaissance est toujours une ‘‘arme puissante’’. 

« Je combats pour que leurs cœurs soient remplis de courage » (Col 2,2)

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Frères, une fois de plus, « je ne cesse pas de rendre grâce, quand je fais mémoire de vous » (Ep 1, 16) pour votre dévouement et votre mission avec la confiance que « Dieu enlève les pierres les plus dures contre lesquelles viennent s’écraser les espérances et les attentes : la mort, le péché, la peur, la mondanité. L’histoire humaine ne finit pas devant une pierre tombale, car elle découvre aujourd’hui la “Pierre vivante” (cf. 1P 2, 4) : Jésus ressuscité. Nous, comme Eglise, nous sommes fondés sur lui et, même lorsque nous perdons courage, lorsque nous sommes tentés de tout juger sur la base de nos échecs, il vient faire toutes choses nouvelles ».

Laissons la gratitude susciter la louange et nous encourager une fois encore dans la mission de consacrer nos frères dans l’espérance. Être des hommes qui témoignent par leur vie de la compassion et de la miséricorde que Jésus seul peut nous offrir.

Que le Seigneur Jésus vous bénisse et que la Sainte Vierge vous protège. Et, s’il vous plaît, je vous demande de ne pas oublier de prier pour moi.

Fraternellement,

François

Donné à Rome, près de Saint Jean de Latran, le 4 août 2019,
Mémoire liturgique du saint Curé d’Ars

Les Scouts et François

C’était le point d’orgue de leur pèlerinage : plus de 5 000 scouts d’Europe, guides-aînées et routiers, ont été reçus en audience par le Pape François en salle Paul VI ce samedi matin. Se basant sur ces paroles de Jésus, «donnez et l’on vous donnera» (Luc 6, 28), le Saint-Père a insisté sur l’importance et la centralité du don, qui libère et fait aller vers l’autre.

Aujourd’hui, tout nous invite à avoir plutôt qu’à donner, note le Pape. «Nombreux sont ceux qui vivent dans le seul but de posséder ce qui leur plait, mais ils ne sont jamais satisfaits», car leur cœur n’est pas comblé. Et pour cause : le cœur se fortifie avec le don, à l’inverse de la possession qui l’appesantit, le rend mondain. C’est pour cela que Jésus nous enjoint, comme point de départ, non pas à avoir mais à «donner» : c’est-à-dire à risquer, «à se lever du fauteuil», «à arrêter de subir la vie», et à aller sur le terrain, à se mettre en chemin. «Ne vous contentez pas de regarder passer la vie à la télévision, ne croyez pas que ce sera la prochaine app qui vous rendra heureux», a lancé le Pape aux scouts, avant de les mettre en garde : la soif de possession «te fait perdre ton identité, ton originalité» et te transforme en «photocopie» des autres.

Chacun est unique, précieux aux yeux de Dieu

Or, Dieu a créé chaque personne de façon unique ; Il ne te laisse jamais les mains vides mais Il te «libère des fausses promesses» des biens de consommation, pour habiter ton cœur, «te rendre beau, belle de l’intérieur, sans maquillage», et faire comprendre que la vraie joie consiste «à aimer et à être aimé». Chacun est unique et donc précieux aux yeux de Dieu. Aussi, poursuit François, «personne ne peut donner ce que, moi, je peux donner. Personne au monde ne peut donner ce que, toi, tu es appelé à donner», même si cela semble être une petite goutte d’eau dans un vaste océan. Et le Pape d’insister auprès des jeunes : «n’oubliez pas que vous êtes précieux aux yeux de Dieu, précieux pour l’Église, précieux pour moi». Et le secret de la vie, dit-il, c’est qu’elle se possède en se donnant.

Le don et le service sont particulièrement importants pour le scoutisme, observe le Pape, se référant aux concepts de «départ» et de «fraternité scout», qui invitent à l’ouverture aux autres. «Si vous construisez des ponts vers les autres, vous verrez les autres parcourir ces ponts pour venir vers vous ». «Regardez vos mains, faites pour construire, servir, donner et dites-vous :‘cela m’importe, l’autre me regarde’».

La création n’a pas de frontières

«Donnez et l’on vous donnera» concerne aussi la création, affirme le Saint-Père. « Si nous continuons à l’exploiter, elle nous donnera une leçon terrible». La création n’a pas de frontières, elle est un espace ouvert, et en cela, elle nous prodigue un «enseignement précieux» : «nous sommes au monde pour rencontrer les autres, pour créer de la communion. (…) La création est faite pour nous connecter à Dieu et entre nous, c’est le ‘réseau social’ de Dieu». Si l’on part de ses préjugés sur les autres, de ses idées bien établies, «nous ne verrons que des limites et des barrières». Seule la rencontre avec l’autre, la découverte de son histoire, de sa réalité, nous fera le considérer comme un frère avec qui habiter la «maison commune».

Le Pape encourage encore les scouts à «préparer le chemin du Seigneur», en choisissant la voie du don, non celle de la possession

Le Pape encourage encore les scouts à «préparer le chemin du Seigneur», en choisissant la voie du don, non celle de la possession. A être des constructeurs actifs de «sociétés réconciliées et intégrées qui donnent vie à une Europe renouvelée : non pas protectrice d’espaces, mais génératrice de rencontres». 

Pèlerinage pour (re)découvrir les racines spirituelles de l’Europe

Depuis le 27 juillet et jusqu’à vendredi, dans le cadre de l’Euromoot, -rassemblement international des guides et scouts d’Europe de plus de 17 ans-, des milliers de guides aînées et routiers ont cheminé vers Rome, à partir d’une région italienne de leur choix (Ombrie, Abruzzes, Toscane ou Latium). Chaque itinéraire leur a permis de (re)découvrir leurs racines culturelles et chrétiennes communes, notamment grâce à la figure d’un saint: l’apôtre Paul, Cyrille et Méthode, Benoît de Nursie, Catherine de Sienne, ou François d’Assise.Sujets

on the road again

Voir l’article dans Vatican News

Manifestation culturelle dans un lieu de culte

Les églises sont des lieux où se rassemblent les chrétiens pour célébrer et prier.

Cependant ces édifices même s’ils sont d’abord affectés au culte peuvent aussi être des lieux où on se rassemble pour des manifestations culturelles. Tout ce qui élève l’âme a sa place dans une église.

Si on souhaite organiser une manifestation culturelle dans l’une des 15 églises de la paroisse nous vous invitons à prendre contact avec nous.

Vous trouverez -en bas de la page d’accueil- les règles qui régissent l’utilisation d’un lieu de culte pour une manifestation culturelle, ainsi que la convention à remplir et nous retourner.