Un père et sa fille noyés dans le Rio Grande: la douleur du Pape François

Le Souverain Pontife a réagi après la mort tragique d’un père et sa petite fille dans le fleuve Rio Grande alors qu’ils tentaient de se rendre aux Etats-Unis.

La photo fait déjà le tour du monde: on y voit les corps d’un homme et sa fillette, noyés après avoir tenté la traversée du fleuve Rio Grande, qui sépare le Mexique des Etats-Unis. Il s’agit d’un migrant salvadorien et de sa petite fille de deux ans. Selon un rapport judiciaire, la famille a décidé d’essayer de gagner à la nage la rive américaine du Rio Bravo, accompagnée d’un ami. Le père a pris l’enfant sur son dos en la calant à l’intérieur de son t-shirt pour traverser le fleuve. Mais, emportés par des courants violents, tous deux se sont noyés sous les yeux de la mère, âgée de 21 ans.

Ce drame est remonté jusqu’au Pape François. En réponse aux questions des journalistes, le directeur par intérim du Bureau de Presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, a déclaré :

«C’est avec une immense tristesse que le Saint-Père a pris connaissance de la photo montrant un père et sa petite fille noyés dans le Rio Grande alors qu’ils tentaient de franchir la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Le Pape est profondément peiné par leur mort, il prie pour eux et pour tous les migrants qui ont perdu la vie en essayant de fuir la guerre et la misère». 

L’Église aux côtés des migrants

Le Pape et l’ensemble de l’Église catholique se sont à maintes reprises exprimés pour rappeler la dignité des migrants, en particulier ceux qui se pressent à la frontière mexicaine. En avril dernier, face à la situation que vivent des milliers de migrants originaires d’Amérique centrale bloqués à la frontière américaine, François, via le Denier de Saint-Pierre, avait fait un don de 500 000 dollars pour les aider. Il permettra de soulager les diocèses et les congrégations religieuses fortement impliquées auprès de ces personnes dans le besoin.

La Caritas Mexique mais aussi de nombreuses congrégations catholiques locales font un travail important de plaidoyer auprès de la société mexicaine et des autorités, pour accompagner en particulier les caravanes de migrants fuyant la violence et la pauvreté des pays d’Amérique centrale et faire en sorte qu’ils soient accueillis dignement. 

126 prêtres ordonnés en 2019

Le 29 juin, l’Église fête Saint Pierre et Saint Paul. Différents et complémentaires, l’un et l’autre nous rappellent que l’Église est fondée sur les apôtres.  C’est aux alentours de cette date que la majorité des ordinations de nouveaux prêtres sont célébrées. Événement important pour la vie de l’Église locale, la célébration d’une ordination presbytérale a lieu de préférence le dimanche et à la cathédrale, en présence du plus grand nombre.

L’ordination presbytérale est la célébration au cours de laquelle le prêtre reçoit de l’évêque le « 2ème degré du sacrement de l’ordre » (après le diaconat). Par l’ordination, le nouveau prêtre reçoit le caractère sacerdotal « qui le configure au Christ Prêtre pour le rendre capable d’agir en la personne du Christ Tête » (Presbyterorum ordinis, n.2) ; il s’agit d’une marque ineffaçable, au même titre que le baptême. Appelés à servir le peuple de Dieu, les prêtres constituent un seul « presbyterium » : la communauté des prêtres d’un diocèse unis à leur évêque.

126 prêtres ordonnés en 2019

Ces chiffres sont communiqués à date des retours reçus. Il a été choisi un mode de présentation permettant une identification directe des parcours de ces prêtres.  Par ailleurs, est fait état ici des ordinations presbytérales en vue d’un ministère pastoral en diocèse la plupart du temps.

Pour l’année 2019, 96 prêtres seront ordonnés (78 diocésains et 18 issus d’une communauté non religieuse) auxquels s’ajoutent 30 prêtres religieux.

Dossiers de presse de la Conférence des Évêques de France

La foi n’exclut pas le doute

Dans son dernier livre, le théologien Robert Cheaib explore la question de la quête de sens dans un monde post-chrétien, dans un langage théologique incarné

La Croix, 15-16 juin

Dans quel contexte est né ce livre sur la question du doute dans la foi ?

Robert Cheaib : En tant que Libanais, je viens d’un contexte plurireligieux. Aussi, dès mon plus jeune âge, j’ai fait face à la richesse des questionnements liés à l’existence de Dieu. Pour moi, la question du doute a été très tôt une nécessité intellectuelle, mais aussi existentielle. Dans mon
pays d’origine, la foi est quelque chose d’évident, mais en Italie, où je vis, la situation est différente. Ici, certains considèrentue la foi n’est pas pour eux, car ils ont des doutes. L’autre question qui se pose, au-delà de celle de l’existence de Dieu, est celle de ma propre existence aux yeux de Dieu. C’est l’entrelacement de ces deux questions qui incarne le
rapport entre la foi et la pratique.

Dès lors, ce livre veut contribuer à montrer que la foi n’exclut pas le doute et que l’incroyance ne peut pas être une certitude absolue. Ainsi, le croyant connaît l’incertitude et, dans le même temps, un athée honnête reconnaît que sa position n’est pas une certitude absolue, mais une prise de position, une option existentielle, et donc il fait, d’une certaine manière, un acte de foi. En montrant cela, le livre invite à reconnaître ce que j’appelle une
« simultanéité existentielle » entre athée et croyant pour marcher ensemble sur la voie d’un possible sens pour l’existence humaine.

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Le Pape François appelle à une «transition énergétique radicale»

Pour la deuxième année, des responsables d’entreprises de l’industrie pétrolière se sont réunis cette semaine au Vatican pour un “Dialogue sur la transition énergétique et la protection de la maison commune”. Le Pape François les a rencontrés ce vendredi midi.

Cyprien Viet – Cité du Vatican

Quatre ans après la publication de l’encyclique Laudato Si’, le Pape François cherche à encourager tous les acteurs du monde associatif, économique et politique à «travailler ensemble dans un esprit de solidarité afin de promouvoir des pas concrets pour la protection de notre planète». Tout en se réjouissant de cette participation des entreprises pétrolières à ce dialogue, le Pape a souligné la gravité de la situation actuelle et l’urgence de réagir à la crise écologique qui menace «le futur même de la famille humaine».

Le Pape l’a dit sans détour : «Pendant trop longtemps nous avons collectivement ignoré les fruits des analyses scientifiques», mais «désormais, les prévisions catastrophiques ne peuvent plus être regardées avec mépris et ironie». Le Pape a notamment évoqué le rapport du GIEC, qui met en évidence les dangers d’un réchauffement global supérieur à 1,5 degrés, seuil maximal envisagé par l’Accord de Paris. L’échéance est proche, puisque ce seuil pourrait déjà être atteint dans 10 ans. Ne rien faire serait commettre «une grave injustice vis-à-vis des pauvres et des générations futures», a-t-il souligné. En effet, les pauvres sont ceux qui souffrent le plus de cette crise climatique, car ils sont «les plus vulnérables aux ouragans, à la sécheresse, aux inondations et aux autres événements climatiques extrêmes».

«La civilisation demande de l’énergie, mais l’usage de l’énergie ne doit pas détruire la civilisation».

S’engager dans une transition énergétique radicale

Le Pape est ensuite revenu sur les trois points concrets au centre de cette réunion : tout d’abord, la transition énergétique, qui «peut générer de nouvelles opportunités d’emploi, réduire les inégalités et augmenter la qualité de la vie pour ceux qui sont frappés par le changement climatique». Ensuite, la définition d’un «prix du carbone» qui intègrerait «ses coûts sociaux et économiques» sans en reporter la charge sur les générations futures. Et enfin, une communication transparente sur les investissements financiers, qui doivent s’ orienter vers la protection de l’environnement et la création d’emplois.

Le Pape a rappelé que le temps n’est plus seulement à la réflexion mais à l’action. «La civilisation demande de l’énergie, mais l’usage de l’énergie ne doit pas détruire la civilisation». Une «transition énergétique radicale» est aujourd’hui nécessaire pour sauver notre maison commune. Tout n’est pas perdu : l’humanité peut choisir le bien et se régénérer. Le Pape a conclu en assurant de ses prières pour ces responsables de l’industrie pétrolière afin qu’ils puissent prendre de bonnes décisions.

C’est l’été : messes dans le doyenné.

Célébrer la messe, c’est d’abord et avant tout dire merci.C’est une action de grâce ! « Vraiment il est juste et bon de te rendre grâce… ». En partant à l’église le dimanche, il est bon de se demander : de quoi puis-je rendre grâce à Dieu ? Comment vais-je unir ma prière à la grande prière du Christ qui s’écrie « Père, je te rends grâce ? » (cf Jn 11,41) . 

C’est certainement le motif le plus profond que nous avons de venir à la messe. Comme le lépreux de l’évangile (cf Luc 17) nous venons remercier le Seigneur. Déjà Origène au 3ème siècle s’exprimait ainsi : « nous célébrons l’eucharistie car nous ne sommes pas des ingrats ».

Eglise de La Tranche/mer

Sur le document joint vous pourrez lire tous les horaires de Juillet & août

Fête du Saint-Sacrement

Fête du Saint-Sacrement ou Fête-Dieu, nous célébrons dimanche le Corps et le Sang du Christ. Une fête qui affirme et honore la présence réelle de Jésus-Christ dans le pain et le vin consacrés pendant la messe.

La fête du Saint-Sacrement, que nos grands-mères appelaient la Fête-Dieu, est une fête catholique et anglicane, célébrée en principe le jeudi qui suit la fête de la Trinité (en référence au jeudi saint), c’est-à-dire soixante jours après Pâques. Mais, en vertu d’une dérogation prévue par les livres liturgiques, elle est reportée au dimanche qui suit la Sainte-Trinité dans les pays où elle n’est pas inscrite au nombre des jours chômés (France, Italie, etc.) Actuellement, le nom officiel de la fête, dans l’Église catholique, est « Solennité du corps et du sang du Christ ». Elle commémore la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l’Eucharistie, sous les espèces du pain et du vin consacrés au cours de la messe.

La fête du Saint-Sacrement, que nos grands-mères appelaient la Fête-Dieu.

Les origines de la fête remontent au XIIIe siècle. L’élévation de l’hostie, lors de la messe, manifestait déjà le désir de contempler le Saint-Sacrement. Mais l’impulsion décisive en vue d’une fête spéciale fut donnée par sainte Julienne de Cornillon et la bienheureuse Ève de Liège. La fête fut instituée officiellement le 8 septembre 1264 par le pape Urbain IV.

C’est un jour férié dans certains pays catholiques. Pendant la procession de la Fête-Dieu, le prêtre porte l’Eucharistie dans un ostensoir au milieu des rues et des places qui étaient autrefois richement pavoisées de draperies et de guirlandes. On abrite le Saint-Sacrement sous un dais porté par quatre notables. On marche habituellement sur un tapis de pétales de roses que des enfants jettent sur le chemin de la procession.

Journée mondiale des réfugiés

Des déplacements de populations sans précédent

Selon le rapport annuel de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, les guerres, les violences et la persécution ont propulsé les déplacements forcés dans le monde vers un nouveau record, avec 68,5 millions de personnes déracinées en 2017, soit une toutes les deux secondes – soit environ la population de la Thaïlande.

70,8 millions de personnes dans le monde ont été forcées de fuir leur foyer, soit un chiffre sans précédent. On compte parmi elles presque 25,9 millions de réfugiés dont plus de la moitié a moins de 18 ans

Un appel à la solidarité

Dans un monde où chaque jour la violence force des milliers de familles à fuir leur foyer pour survivre, il est crucial pour la communauté internationale de se montrer solidaire avec les réfugiés.

« Avançons Avec les réfugiés »

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés avait appelé en 2016 la communauté internationale à soutenir son travail et à se montrer plus solidaire avec les réfugiés. Dans le même esprit, elle appelle cette année les communautés et les entreprises partout dans le monde à « avancer avec les réfugiés », en parcourant une distance d’1 km à l’exemple des familles qui sont contraintes de prendre la route de l’exil. Participez dès aujourd’hui au défi mondial ou découvrez les autres initiatives que vous pouvez mettre en œuvre en solidarité #Aveclesréfugiés !

En cette Journée mondiale des réfugiés, nous rendons hommage à la force, au courage et à la persévérance de millions de réfugiés. C’est aussi l’occasion pour le grand public de montrer son soutien aux familles déracinées

Le message du Pape pour la Journée Missionnaire Mondiale

Le thème de ce texte, dévoilé en ce dimanche de Pentecôte pour préparer cette année: «Baptisés et envoyés : l’Église du Christ en mission dans le monde». Il s’inscrit dans la préparation du mois missionnaire organisé en octobre 2019, à l’occasion du centenaire de la Lettre apostolique de Benoît XV, “Maximum illud”.

«Célébrer ce mois nous aidera en premier lieu à retrouver le sens missionnaire de notre adhésion de foi à Jésus Christ, foi gratuitement reçue comme don dans le Baptême», explique le Pape dans ce message. «Notre appartenance filiale à Dieu n’est jamais un acte individuel mais un acte toujours ecclésial : de la communion avec Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, naît une vie nouvelle avec beaucoup d’autres frères et sœurs. Et cette vie divine n’est pas un produit à vendre – nous ne faisons pas de prosélytisme – mais il s’agit d’une richesse à donner, à communiquer, à annoncer : voilà le sens de la mission», souligne François.

«Une Église en sortie jusqu’aux lointains confins demande une conversion missionnaire constante et permanente », reprend le Pape, en développant une réflexion régulièrement exprimée depuis le début de son pontificat. «Que de saints, que de femmes et d’hommes de foi nous donnent le témoignage, nous montrent comme possible et praticable cette ouverture illimitée, cette sortie miséricordieuse comme une incitation urgente de l’amour et de sa logique intrinsèque de don, de sacrifice et de gratuité», souligne l’évêque de Rome dans ce message. «Personne n’est inutile et insignifiant pour l’amour de Dieu. Chacun d’entre nous est une mission dans le monde parce qu’il est fruit de l’amour de Dieu.»

La mission se fonde sur le baptême, qui fait de nous des enfants de Dieu

Le Pape explique que le baptême «nous donne la foi en Jésus Christ vainqueur du péché et de la mort, nous régénère à l’image et à la ressemblance de Dieu et nous insère dans le corps du Christ qu’est l’Église. En ce sens, le baptême est donc vraiment nécessaire pour le salut parce qu’il nous garantit que nous sommes fils et filles, toujours et partout, jamais orphelins, étrangers ou esclaves, dans la maison du Père».

Cette reconnaissance de la condition d’enfant de Dieu est la base d’une reconnaissance aussi des autres comme frères et sœurs : «La sécularisation déferlante, quand elle devient un refus patent et culturel de la paternité active de Dieu dans notre histoire, empêche toute fraternité universelle authentique qui s’exprime dans le respect réciproque de la vie de chacun, avertit François. Sans le Dieu de Jésus Christ, toute différence se réduit à une menace infernale en rendant impossibles tout accueil fraternel et toute unité féconde du genre humain.»

La mission n’est donc pas un phénomène du passé, lié au contexte colonial, au contraire, elle est encore plus urgente et nécessaire dans le contexte de globalisation. «Aujourd’hui également, l’Église continue d’avoir besoin d’hommes et de femmes qui, en vertu de leur Baptême, répondent généreusement à l’appel à sortir de chez eux, de leur famille, de leur patrie, de leur langue, de leur Église locale. Ils sont envoyés aux peuples, dans le monde qui n’est pas encore transfiguré par les sacrements de Jésus Christ et de son Église sainte»

La mission n’est pas une colonisation 

Revenant sur le contexte particulier qui régnait au début du XXe siècle, le Pape argentin explique que la dynamique missionnaire ne peut être reliée à une logique de domination ou d’imposition d’un certain mode de vie. «La destination universelle du salut offerte par Dieu en Jésus Christ a conduit Benoît XV à exiger que soit surmontées toute fermeture nationaliste et ethnocentrique, toute compromission de l’annonce de l’Evangile avec les puissances coloniales, avec leurs intérêts économiques et militaires. Dans sa lettre apostolique “Maximum illud”, le Pape rappelait que l’universalité divine de la mission de l’Église exige la sortie d’une appartenance exclusiviste à sa propre patrie et à sa propre ethnie».

La mission n’est donc pas un phénomène du passé, lié au contexte colonial, au contraire, elle est encore plus urgente et nécessaire dans le contexte de globalisation. «Aujourd’hui également, l’Église continue d’avoir besoin d’hommes et de femmes qui, en vertu de leur Baptême, répondent généreusement à l’appel à sortir de chez eux, de leur famille, de leur patrie, de leur langue, de leur Église locale. Ils sont envoyés aux peuples, dans le monde qui n’est pas encore transfiguré par les sacrements de Jésus Christ et de son Église sainte».

Le Pape François relève aussi la «coïncidence providentielle» de ce Mois missionnaire mondial avec le Synode sur l’Amazonie, en soulignant que «la mission qui nous a été confiée par Jésus avec le don de son Esprit est encore actuelle et nécessaire également pour ces terres et pour leurs habitants. Une Pentecôte renouvelée ouvre grand les portes de l’Église afin qu’aucune culture ne reste repliée sur elle-même et qu’aucun peuple ne soit isolé mais s’ouvre à la communion universelle de la foi», souligne le Pape, qui conclut ce message en exprimant son soutien pour les Œuvres Pontificales Missionnaires, qui «accomplissent leur service en faveur de l’universalité ecclésiale comme un réseau mondial qui soutient le Pape dans son engagement missionnaire par la prière, âme de la mission, et la charité des chrétiens répandus dans le monde entier»

Première messe à Notre-Dame depuis l’incendie : déclarations de Monseigneur Aupetit

Homélie pour la dédicace de la cathédrale Notre-Dame

Dédicace vient de dédicatio qui signifie consécration. La dédicace est la consécration d’une église au culte divin. Ce que nous célébrons par la dédicace chaque année, c’est la raison profonde pour laquelle la cathédrale Notre-Dame a été édifiée : manifester l’élan de l’homme vers Dieu.

La cathédrale est née de la foi de nos aïeux. Elle manifeste la confiance en la bonté du Christ, son amour plus fort que la haine, de sa vie plus forte que la mort ainsi que la tendresse de nos parents pour la Vierge Marie, sa mère, qu’il nous a confiée comme son bien le plus précieux juste avant de mourir sur la croix.

Cette cathédrale est née de l’espérance chrétienne qui perçoit bien au-delà d’une petite vie personnelle centrée sur soi pour entrer dans un projet magnifique au service de tous, en se projetant bien au-delà d’une seule génération.

Elle est née aussi de la charité, puisque ouverte à tous, elle est le refuge des pauvres et des exclus qui trouvaient là leur protection. D’ailleurs, l’Hôtel-Dieu, qui fût toujours associé à la cathédrale, était le signe de cet accueil inconditionnel des pauvres et des malades.

Avons-nous honte de la foi de nos ancêtres ? Avons-nous honte du Christ ?

Oui, cette cathédrale est un lieu de culte, c’est sa finalité propre et unique. Il n’y a pas de touristes à Notre-Dame, car ce terme est souvent péjoratif et ne fait pas droit à ce mystère qui pousse l’humanité à venir chercher un au-delà de soi. Ce bien cultuel, cette richesse spirituelle, ne peuvent être réduits à un bien patrimonial. Cette cathédrale, œuvre commune au service de tous, n’est que le reflet des pierres vivantes que sont tous ceux qui y pénètrent.

Peut-on vraiment par ignorance ou par idéologie séparer la culture et le culte ? L’étymologie elle-même montre le lien fort qui existe entre les deux. Je le dis avec force : une culture sans culte devient une incultureIl n’est qu’à voir l’ignorance religieuse abyssale de nos contemporains en raison de l’exclusion de la notion divine et du Nom même de Dieu dans la sphère publique en invoquant une laïcité qui exclut toute dimension spirituelle visible.

Comme tout édifice, la cathédrale comprend une pierre angulaire qui porte l’ensemble du bâtiment. Cette pierre angulaire, c’est le Christ. Si nous retirions cette pierre, cette cathédrale s’effondrerait. Elle serait une coquille vide, un écrin sans bijou, un squelette sans vie, un corps sans âme.

La cathédrale est le fruit du génie humain, c’est le chef-d’œuvre de l’homme.

La personne humaine est le fruit du génie divin. C’est le chef-d’œuvre de Dieu.

Quand les deux se rejoignent en la personne de Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, s’accomplit alors véritablement l’Alliance entre le transcendant et l’immanent (Ciel et terre).C’est ici et maintenant dans cette cathédrale, à chacune de nos eucharisties célébrées, que se réalise cette Alliance, quand la chair du Christ partagée par tous, nous ouvre à la vie éternelle.

C’est peu de dire que nous sommes heureux de célébrer cette messe pour rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à l’homme sa vocation sublime.

Propos recueillis par Vladimir Razimowsky