L’engagement politique des chrétiens et la laïcité

Mercredi dernier, j’ai eu la grâce de célébrer la Messe avec plus de deux cents élus des Hauts de Seine, pour confier leurs missions et leurs discernements à l’amour du Seigneur. L’Eglise Saint-Rémy de Vanves constituait un cadre propice à cette célébration : saint Rémy a en effet été un des interlocuteurs emblématiques du roi Clovis, au Vème siècle. Aujourd’hui comme hier, hommes d’Eglise et responsables de la cité ont à dialoguer pour contribuer ensemble à la justice et à la paix.

Dans la France ultra-laïque d’aujourd’hui, certains pourraient s’insurger, crier à la confusion des genres, au communautarisme. Il n’en est rien : dans le cadre d’une distinction claire et assumée entre les réalités spirituelles et les réalités temporelles – qui fait partie de l’évangile –, il est non seulement possible mais indispensable que les politiques croyants aient des occasions de ressourcement et que tous les politiques, croyants ou non, puissent profiter des trésors de sagesse contenues dans les traditions religieuses. Le respect effectif de la personne humaine dans toute sa richesse est à ce prix.

Mgr Matthieu Rougé, , évêque de Nanterre depuis le 5 juin 20181. Il est consacré évêque le dimanche 16 septembre 2018 en la cathédrale Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice de Nanterre2.

Voilà pourquoi aussi il est décisif que les jeunes chrétiens ne se détournent pas de l’engagement politique. Ce dernier constitue une des dimensions importantes de l’esprit d’amour et de service constitutif de la vie de tout baptisé. Encore faut-il se former à un tel engagement, pour être en mesure de le vivre avec la justesse et la droiture légitiment attendues de la part des chrétiens. C’est pour cela que le diocèse de Nanterre proposera une journée de formation à l’engagement politique, le 14 décembre prochain à Sainte-Marie de Neuilly, dans la perspective en particulier des élections municipales.

La juste laïcité n’instaure pas, ou ne devrait pas instaurer, une logique de séparation rigide mais plutôt une dynamique de dialogue et de respect au service de la dignité de chacun et de la paix entre tous.

Marie Laforêt, derrière ses « yeux d’or », une foi chevillée au corps

Décédée le 2 novembre 2019, Marie Laforêt a séduit plusieurs générations tant par ses interprétations artistiques que par son originalité et sa grande liberté de ton. Ses obsèques ont été célébrées le 7 novembre 2019. Dans une émission diffusée par la télévision suisse, elle se confiait sur sa foi.

« Je n’aime pas le bruit. […] Mon idée première était d’être carmélite, comme quoi une chose peut en entraîner une autre ». Ces mots inattendus ont été prononcés par Marie Laforêt, décédée le 2 novembre 2019 à l’âge de 80 ans. Ses obsèques ont eu lieu ce jeudi 7 novembre à l’église Saint-Eustache (Paris), suivies d’une inhumation dans l’intimité. Au cours d’un entretien avec le journaliste suisse Jacques Huwiler, dans une émission du 21 octobre 1990, on découvre, au-delà de la brillante interprète de « Il a neigé sur yesterday » et des « Vendanges de l’amour », et au-delà de l’actrice qui joua Marge au côté d’Alain Delon et de Maurice Ronet dans Plein soleil, une personnalité sensible où se mêlent une douce ironie et une forte spiritualité.

Une image de la religion « gentille et spirituelle »

Curieux personnage en effet que celui de Marie Laforêt, joliment surnommée « la fille aux yeux d’or » depuis son apparition dans le film La Fille aux yeux d’or (1961), inspiré d’un roman de Balzac. Et il faut dire que ses grands yeux verts aux reflets mordorés ne laissaient pas indifférents. Cette icône des années 1960 confie avoir été à l’âge de 14 ans « très impressionnée » par le style de Thérèse d’Avila et celui de saint Jean de la Croix. Elle s’était d’ailleurs à l’époque escrimée à traduire Le château intérieur de Thérèse d’Avila.

Catalane d’origine, « très flamenco de cœur », selon ses propres mots, celle qui affirmait son « côté castagnettes et tango » résidait en Suisse, une région qu’elle décrit comme son « couvent intérieur ». Évoquant son enfance, elle dépeint la présence de la religion au sein de sa famille comme « forte et en même temps non pesante ». « Elle était légère, elle était drolatique ». L’humour de son père lui donne alors « une idée de la religion gentille et spirituelle ». Le rire frais et aérien qui accompagne ses paroles semble illustrer ce souvenir avec à-propos. Au journaliste qui lui lance, « Vous qui êtes si j’ai bien compris catholique convaincue ? », elle répond sans ambages : « Oui… Mais je n’ai pas honte, je n’ai pas honte du tout ». Et livre une anecdote amusante : l’unique fois où elle a sablé le champagne toute seule, c’est quand elle a appris l’élection de Karol Wojtyla sur le trône de saint Pierre. « Croire me fait rire, me rend gaie, me rend libre », a-t-elle affirmé un jour. Une formule qui illustre son appétit pour la vie et son goût de l’essentiel.

«Pas de peine humaine sans horizon»

Ce vendredi 8 novembre, le Saint-Père a reçu en audience les participants à la rencontre internationale des responsables régionaux et nationaux de la pastorale des prisons. Il a exprimé sa préoccupation vis-à-vis de ce qui favorise une mise à l’écart des détenus au détriment du développement intégral des personnes et de la réinsertion. Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Au début de son discours, le Pape François a fait référence à la «culture du déchet», dont bien des prisons sont actuellement un triste reflet. Par des «décisions légalistes et inhumaines, justifiées par une prétendue recherche du bien et de la sécurité», la société «cherche dans l’isolement et dans la détention de celui qui agit contre les normes sociales la solution ultime aux problèmes de la vie de communauté», a regretté le Souverain Pontife. Beaucoup de ressources publiques sont destinées à la répression, a-t-il aussi pointé, plutôt qu’à la «promotion d’un développement intégral des personnes» réduisant ce qui favorise les actions illicites.

Accueillir dignement et non rejeter

«Il est plus facile de réprimer que d’éduquer» a poursuivi François, de créer des espaces où les transgresseurs sont «enfermés dans l’oubli» plutôt que d’offrir «des opportunités de développements semblables à tous les citoyens».

Le Pape a ensuite évoqué l’échec des processus de réinsertion, surtout dû au manque de ressources et à la surpopulation des prisons, transformées en «véritables lieux de dépersonnalisation». La personne qui sort de prison est souvent confrontée «avec un monde qui lui est étranger et qui par ailleurs ne la reconnaît pas comme digne de confiance, allant même jusqu’à l’exclure de la possibilité de travailler pour obtenir un gagne-pain digne». En ôtant à ces personnes leur dignité, on les expose à nouveau «aux dangers qui accompagnent le manque d’opportunités de développement, au milieu de la violence et de l’insécurité».

Les cinquante participants présents en salle Clémentine ont ensuite été interpellés par François: «Si ces frères et sœurs ont déjà purgé leur peine pour le mal commis, pourquoi met-on sur leurs épaules un nouveau châtiment social, avec le rejet et l’indifférence ?». Cette «aversion sociale» risque de les faire «retomber dans les mêmes erreurs», a insisté le Saint-Père.

Celui-ci a ensuite encouragé les aumôniers de prison à «rendre présente la miséricorde du Père» auprès des détenus et à continuer leur «ministère d’espérance», soutenus par l’amour de Dieu. Le Pape a assuré de sa prière tous ceux qui «par un silence généreux, servent ces frères, en reconnaissant en eux le Seigneur». Il a aussi félicité ceux qui accompagnent les familles des prisonniers.

La fenêtre et les mères

François a terminé en proposant deux «images» à ses hôtes. D’abord celle de prisons avec des «fenêtres», ouvertes sur l’horizon. «Il n’y a pas de peine humaine sans horizon. Personne ne peut changer de vie s’il ne voit pas un horizon», a-t-il expliqué, évoquant aussi la prison à perpétuité qui selon lui est «discutable» et «devrait avoir un horizon».

La seconde image est celle qui a marqué Jorge Mario Bergoglio, alors séminariste, lorsqu’il passait devant la prison de Devoto à Buenos Aires: les mères de détenus faisant la queue, en attendant de pouvoir entrer dans la prison pour rendre visite à leur enfant. Elles devaient se soumettre à d’humiliants contrôles de sécurité.  «Ces femmes n’avaient pas honte que tout le monde les voie», a souligné le Pape, souhaitant que l’Église se laisse enseigner par l’esprit et les gestes maternels de ces femmes envers les prisonniers.

Les mots de Christ, rapportés par saint Matthieu, sont venus clore le discours du Souverain Pontife: «Amen, je vous le dis: chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 40).

Des étrangers de plus en plus précarisés selon le Secours catholique

Le Secours catholique sort son rapport annuel sur l’état de la pauvreté en France et alerte sur la “misère noire” qui touche de plus en plus d’étrangers.

GRANDE PAUVRETÉ – “Il parait que traverser la Méditerranée pour chercher refuge en Europe est un choix de facilité. Que les pauvres coûtent un pognon de dingue…” L’édito qui introduit le rapport 2019 sur l’état de la pauvreté en France du Secours catholique donne le ton de statistiques qui tordent le cou aux préjugés. Après avoir brossé l’état général de la précarité qui sévit dans le pays, l’association a tenu à publier une étude complémentaire sur les populations étrangères qu’elle accueille. Et elle constate avec inquiétude qu’elles s’appauvrissent de jour en jour, sous le coup des politiques publiques de plus en plus restrictives, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo ci-dessus.

43,6% des personnes accueillies au Secours catholique sont de nationalité étrangère. Toutes ne sont pas des personnes migrantes ou en situation irrégulière. Mais d’après le rapport 2019 du Secours catholique, ces étrangers sont exposés à une protection qui diminue drastiquement, en plus de ne pas réussir à sortir de “la grande pauvreté” dont ils font pour beaucoup partie. 

Des étrangers “de plus en plus pauvres”

Ainsi, les étrangers hors UE durablement installés sur le territoire et disposant d’un statut légal stable sont plus nombreuses à sombrer dans la pauvreté. Leur part augmente de 16% en 2010 à 22% en 2018. La situation médiane des ménages de ce groupe s’est dégradée, le revenu médian étant de 454€ en 2018, soit 20€ de moins qu’en 2010.

Quant aux plus pauvres, la principale raison de leur vulnérabilité réside dans leur statut qui empêche l’accès au logement, aux soins et au travail. Parmi ces ultra-précaires, la part des familles augmente considérablement, de quoi alerter sur la fragilité des plus précaires. La part des ménages est passée de 39% en 2000 à 61% en 2018. La part des femmes seules -environ 10%- marque une progression nette.

Le Secours catholique s’inquiète également qu’un discours de stigmatisation visant ces populations n’amène à une réduction de leur dignité. “Les politiques publiques se durcissent avec ce discours”, explique au HuffPost Jean Merckaert, le directeur Actions et plaidoyer au Secours catholique France. “Je me souviens qu’à Calais, et ça a commencé il y a trois ans, on s’est retrouvé interdit par la préfecture d’offrir un accès à la douche aux étrangers.”

Des politiques publiques qui précarisent

Avec les évacuations régulières des camps, comme la dernière prévue par Castaner avant la fin de l’année, l’instauration d’un délai de carence de trois mois pour les demandeurs d’asile avant d’accéder à la protection universelle maladie annoncé par Édouard Philippe et la nouvelle impossibilité, depuis le 5 novembre, pour les demandeurs d’asile de retirer le montant de leur allocation en cash, les inquiétudes de l’association deviennent réalité. 

Pourtant, souligne le rapport, les faits sont bien loin d’illustrer les peurs que certains politiques agitent. Contrairement à certaines idées reçues, les migrations ne s’intensifient pas : la part des migrants dans la population mondiale et les principaux pays d’immigration reste relativement stable au cours du temps. Comme le rappelle le démographe François Héran, “les immigrés représentent aujourd’hui 3,4% de la population mondiale. Cela veut dire que plus de 95% de la population mondiale n’a pas bougé. On est loin du raz de marée décrit par certains”, décrypte le rapport. 

Étrangers, pauvres et pourtant bénévoles

Des cristallisations et des stigmatisations qui inquiètent et surprennent d’autant Jean Merckaert que beaucoup des étrangers, particulièrement de confession musulmane, ont un rôle actif et primordial au Secours catholique. “Beaucoup de ceux qui bénéficient de notre accueil sont bénévoles!”, alerte le directeur Actions de l’association. “Certains même qui s’en sont sortis nous filent toujours des coups de main.” 

C’est l’histoire de Khadija, nous raconte le Secours catholique. Accueillie par l’association et originaire d’Algérie, la jeune femme est maintenant l’entraîneuse de l’équipe de football masculine du Secours. “Elle jouait en pro dans son pays, maintenant elle nous entraîne. Et notre équipe joue super bien”. “Ils sont trop forts”, ajoute Sandrine Verdelhan, responsable de communication externe.

Derrière ces cartes de séjour qui n’arrivent pas, ces lits de fortune évacués, le Secours catholique pointe les talents humains et la dignité des personnes. Ce film récent diffusé par l’association dresse le portrait de Junior, que les bénévoles soutiennent comme ils le peuvent.

″Derrière les 10% de femmes seules étrangères en situation d’extrême précarité pointées par ces statistiques 2019, combien de Khalija que les peurs et les crispations appauvrissent davantage?”, alerte le Secours catholique. Ce dernier rapport sur l’état de la pauvreté en France avertit fermement: “Nul n’a intérêt au maintien par la contrainte de dizaines de milliers de personnes dans une marginalité sociale et juridique destructrice.”

Article tiré du Huffinton.frpost

Rapport du Secours catholique, cliquez ici

Repas Paroissial

REPAS PAROISSIAL

Dimanche 17 novembre

La Grange du Prieuré

LE BERNARD

Comme l’an dernier, le repas est prévu par la paroisse (plats et boissons)

Les desserts seront préparés par le Secours Catholique

Chacun veillera à apporter ses couverts, nous sommes invités à privilégier de la vaisselle non jetable, par respect pour notre Maison Commune.

Vous pourrez mettre votre contribution de 12€ dans la boite à l’entrée de la salle.

Pour faciliter l’organisation merci de vous inscrire jusqu’au 12 novembre avec le bulletin, par mail ou par téléphone.

Echos de l’année 2018

Les Béatitudes ouvrent au chrétien la voie du Ciel

Le Pape François a célébré la messe de Commémoration des fidèles défunts, en ce samedi 2 novembre, dans les Catacombes de Priscille, à Rome, l’un des plus vastes lieux de sépulture des premiers chrétiens, parmi lesquels figurent plusieurs Papes.

François a souligné qu’il se rendait pour la première fois dans des catacombes, et qu’il était ému de «penser à la vie de ces gens, qui devaient se cacher, qui avaient cette culture d’enterrer les morts et de célébrer l’eucharistie ici, à l’intérieur», mais surtout que ce moment d’histoire douloureux n’avait pas été surmonté: «Aujourd’hui aussi il y en a beaucoup, de nombreuses catacombes dans d’autres pays où ils doivent faire semblant d’organiser une fête ou un anniversaire pour célébrer l’eucharistie.» Les chrétiens persécutés sont plus nombreux aujourd’hui qu’aux premiers siècles, a répété l’évêque de Rome, avant de développer une méditation sur l’identité des chrétiens, une identité qui ne doit pas se baser des critères extérieurs mais sur la cohérence avec les Béatitudes, ainsi qu’avec les exigences décrites dans le 25e chapitre de l’Évangile selon saint Matthieu.

La «carte d’identité» du chrétien se construit sur les Béatitudes, et non pas sur une appartenance à tel ou tel mouvement, à telle ou telle association. L’Évangile nous dit sur quel «protocole» nous serons jugés. Si nous ne suivons pas cette invitation à voir Jésus dans la personne malade ou le prisonnier à visiter, nous faisons semblant d’être chrétiens mais nous perdons notre identité et notre place au Ciel.

La place du chrétien est dans les mains de Dieu

Catacombe

François a relié l’histoire des premiers chrétiens de Rome dans les catacombes avec celle d’une religieuse, en Albanie, qui, dans un camp de rééducation à l’époque de la dictature communiste, en l’absence de prêtres, procédait à des baptêmes clandestins. «Les chrétiens savaient qu’elle baptisait, et les mamans se rapprochaient avec l’enfant». Cette religieuse, qui n’avait même pas de verre dans lequel mettre de l’eau, baptisait les enfants en prenant l’eau du fleuve dans ses chaussures.

Cette histoire montre que même dans les situations les plus extrêmes et inconfortables, les chrétiens doivent comprendre que leur place est là où Jésus intercède pour nous auprès du Père. «Les âmes des justes sont dans les mains de Dieu», même et surtout dans la persécution et sur la croix. Il ne faut pas chercher d’autres endroits, de fausses sécurités qui finiront par tomber, mais au contraire se comporter en «hommes et femmes d’espérance».

Bien s’agripper à la corde

C’est sur cette notion d’espérance que le Pape a conclu son homélie, en évoquant l’extrait de la Lettre de saint Paul aux Corinthiens, avec «cette vision finale où tout est refait, où tout est recréé, cette Patrie où nous irons tous. Pour y entrer, il n’y pas besoin de choses étranges ou d’attitudes sophistiquées: seulement de faire voir la carte d’identité. “Tout est en place, avance…” Notre espérance est dans le Ciel (…) et nous, avec la corde en main, nous nous soutenons en regardant cette rive du fleuve que nous devons traverser.»

Nous devons toujours rester «bien agrippés à la corde», a insisté le Pape, avant de conclure avec cette métaphore : «Souvent nous verrons seulement la corde et pas encore l’autre rive. Mais toi, agrippe-toi à la corde, et tu arriveras en sécurité».

Tombeau de Jean Paul II

Après cette visite, de retour au Vatican, le Pape François s’est rendu à la crypte vaticane pour prier, en privé, sur les tombes de ses prédécesseurs, comme c’est la tradition chaque 2 novembre. Toujours dans le cadre de ce temps liturgique de commémoration des fidèles défunts, il présidera ce lundi 4 novembre à 11h30 à la basilique Saint-Pierre la messe de suffrage pour les cardinaux et évêques décédés au cours de l’année écoulée.

Pourquoi ne va-t-on plus à la messe ?

« Ils étaient près de 25 % jusque dans les années 1960. Aujourd’hui, les catholiques pratiquants – celles et ceux qui vont à la messe du dimanche – sont à peine 5 %, voire moins. Comment expliquer pareille chute ?

On allègue de multiples causes : une société consumériste et hédoniste de plus en plus déchristianisée ; la liberté (et le rejet) face aux injonctions de l’Église en matière de vie sexuelle et conjugale, ou de procréation ; les activités de détente et de sport, qui occupent hommes et femmes de 7 à 77 ans tous les samedis et dimanches que Dieu fait…

Rien de tout cela n’est faux. Mais avec ces raisons extérieures, on a toujours l’air de dire que c’est la faute aux autres. N’y aurait-il rien à redire à la messe dominicale elle-même, à la façon de la célébrer et de la vivre ? En revenant intentionnellement sur le sujet, ces derniers mois, avec des amis d’âge divers, j’ai presque invariablement entendu la réponse : « Ah non, merci ! Je n’en peux plus, c’est l’ennui absolu, j’ai arrêté d’y aller. » Pourtant, la plupart n’y ont pas renoncé de gaîté de cœur, ils « culpabilisent » même d’être devenu des intermittents ou des absents. Qu’est-ce qui cloche au fond ? D’où vient le malaise actuel ?

C’est que nombre de célébrations (avant tout les messes dominicales) sont aujourd’hui traversées par une contradiction flagrante. Pour le dire d’un mot : on assiste à la messe (on parle couramment de l’« assistance » présente), et on n’y participe guère ou très peu.

Pourtant, s’il a été décidé que la messe dite « de Paul VI », instaurée en 1969, serait célébrée dans la langue de chaque pays et non plus en latin, ce n’était pas pour continuer d’« assister » passivement à un spectacle qui se joue dans le chœur de l’église avec un seul ou quelques acteurs, si essentiels soient-ils : le ou les prêtres célébrants. C’était bien pour que les fidèles participent, aussi activement et aussi nombreux que possible, selon des formes à inventer, à la célébration de l’eucharistie, c’est-à-dire à cette rencontre où la communauté se souvient de Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts, vivant aujourd’hui, dont le retour glorieux est espéré et désiré, selon les paroles de l’« anamnèse » chantée ou dite après la consécration. Mieux : c’était pour que chacun des participants fasse et refasse l’expérience concrète, intérieure, de ce qui s’est passé « la veille de sa mort, au cours d’un repas… ».

Ennui

La question est : n’est-on pas allé, depuis trente ou quarante ans, à rebours de cet objectif ? Tout se passe dans le chœur, où le prêtre évolue seul et célèbre à la place de tous. Il « préside », comme on dit, mais au mauvais sens du mot : la part de l’assemblée est très faible, quasi inexistante durant une grande partie de la messe.

Comment ne pas comprendre que beaucoup « s’ennuient », surtout durant une prière eucharistique plus ou moins longue ? D’autant plus qu’un rituel de nouveau figé, où gestes, paroles et déplacements sont appliqués exactement et dans les détails, a pris le pas sur une célébration plus ouverte, plus collective et plus invitante. Certains prêtres en rajoutent sur le « sacré » dans l’espace séparé du chœur, alors qu’ils devraient avant tout célébrer pour et avec l’assemblée l’événement de la rencontre avec le Christ Jésus – qui n’a rien de « sacré ».

Je ne méconnais pas la difficulté, surtout dans des églises dont l’espace est inapte à une participation vivante. Mais pour donner envie de continuer, au moins devrait-on chercher à faire mieux, en évitant de remettre dans de vieilles outres le vin nouveau de la messe de Paul VI.

Une version plus développée de ce point de vue est parue dans le numéro d’octobre de la revue Études. Auteur : Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions,

Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions,

« Réjouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent » (Romains 12, 15).

Parole de vie (Focolari)

Ayant rappelé aux chrétiens de Rome ce que Dieu a fait pour l’humanité par Jésus et le don de l’Esprit Saint, l’apôtre Paul indique comment répondre à la grâce reçue, surtout dans les relations entre eux et avec tous.
Paul les invite à passer de l’amour qu’ils ont envers ceux qui partagent leur foi à un amour évangélique envers tous les hommes, car pour les croyants l’amour ne connaît pas de frontières.
Remarquons que Paul met à la première place le partage de la joie avec les frères. En effet, selon un des plus grands Pères de l’Église, Jean Chrysostome, l’envie rend beaucoup plus difficile de partager la joie des autres que leurs peines.
Vivre ainsi pourrait sembler un sommet inaccessible. Pourtant cela devient possible, les croyants étant soutenus par l’amour du Christ dont rien ni personne ne pourra jamais les séparer (cf. Romains 8, 35).


« Réjouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent »


Commentant cette phrase de Paul, Chiara Lubich écrivait : « Pour aimer chrétiennement il faut « se faire un » avec chaque frère […] : entrer aussi profondément que possible dans son âme, comprendre ses soucis, ses exigences, partager ses souffrances, ses joies, se pencher vers lui, se faire lui, d’une certaine façon, se faire l’autre. Voilà le christianisme ! Jésus s’est fait homme, il s’est fait l’un de nous pour nous faire Dieu. De cette manière, le prochain se sent compris, soulagé”

C’est une invitation à se mettre, si l’on peut dire, dans la peau de l’autre, exprimant ainsi une véritable charité. Sans doute l’amour d’une mère est-il le meilleur exemple de la mise en pratique de cette Parole : une maman sait partager la joie de son enfant quand il est heureux et les larmes de celui qui souffre.


« Réjouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent »


Il existe un secret pour vivre l’amour avec cette dimension, sans se focaliser sur ses propres préoccupations ni se fermer aux autres : renforcer l’union à Dieu, la relation avec Celui qui est la source de l’Amour. On dit en effet que l’étendue des branches d’un arbre correspond à celle de ses racines. C’est ce qui nous arrivera, si nous approfondissons, jour après jour, notre relation à Dieu. Alors grandira en nous le désir de partager la joie et de porter les fardeaux de ceux qui nous entourent. Notre cœur s’ouvrira et deviendra toujours plus apte à accueillir ce que vit notre frère dans le moment présent. Puis l’amour pour ce frère nous fera pénétrer encore davantage dans l’intimité avec Dieu.
En vivant ainsi, nous verrons les choses changer là où nous sommes, en commençant par les relations dans nos familles, nos écoles, nos lieux de travail, notre communauté. Avec gratitude, nous constaterons que, tôt ou tard, l’amour sincère et gratuit nous est rendu et devient réciproque.
C’est l’expérience forte de deux familles, l’une musulmane et l’autre chrétienne, qui ont partagé difficultés et moments d’espérance. Lorsque Ben tombe gravement malade, Tatiana et Paul rejoignent, à l’hôpital, Basma, la femme de Ben, et leurs deux enfants, et restent avec eux jusqu’au bout. Puis, malgré la douleur de la perte de son mari, Basma vient prier avec ses amis chrétiens pour une autre personne souffrante et elle confie : « Ma joie la plus grande est de sentir que je fais partie d’un seul corps où chacun a dans le cœur le bien de l’autre. »

Commentaire de la Parole de Vie :

Toussaint et jour des morts, quelle est la différence ?

Qu’est-ce-que la Toussaint ?

Comme son nom l’indique, la Toussaint est la fête de tous les saints, qu’ils figurent ou non dans le calendrier. Il s’agit d’une fête chrétienne, et non catholique, créée par le pape Boniface IV, en 610 de notre ère. Les protestants ne célèbrent pas la Toussaint.

Chaque 1er novembre, les croyants fêtent tous les martyrs et saints de la chrétienté, connus et inconnus. Les saints sont des personnes remarquables, données en exemple pour leurs actions.

La Toussaint fait partie des principales fêtes du calendrier liturgique chrétien (avec Noël, Pâques, l’Ascension, la Pentecôte et l’Assomption). 

Et le jour des morts ?

Le lendemain de la Toussaint, le 2 novembre, l’Église catholique met tous les défunts au cœur de sa prière liturgique. La tradition est apparue dans les communautés de bénédictins, notamment à Cluny, peu avant l’an mille.

C’est à cette occasion que les catholiques rendent hommages à leurs disparus. C’est à la fois une journée de commémoration et une journée d’intercession ; on fait mémoire des défunts et on prie pour eux, afin d’assurer le salut de leur âme.

Dans la tradition catholique, c’est l’occasion de faire un tour au cimetière, pour fleurir les tombes. Ce que l’on fait souvent, mais à tort, dès le 1er novembre, parce que c’est un jour chômé dans de nombreux pays d’Europe

Peur de la MORT ?

Les êtres autour de nous meurent et disparaissent.
C’est dans l’ordre de choses et intellectuellement nous le comprenons. En même temps, chaque fois que nous sommes confrontés à la disparition de l’un de nos proches, d’un être cher et à la pensée de notre propre mort, nous voyons cette mort comme une grande injustice comme si condamnés à mourir nous n’étions pas fait pour la mort…


frère dominicain Pavel Syssoev

« Rencontrer l’autre : c’est le chemin de l’Évangile »

Rencontre de Damiette

A CRETEIL,La famille franciscaine fête le 800ème anniversaire de la rencontre de saint François d’Assise avec le sultan d’Égypte à Damiette. En 1219, au cœur même de la guerre entre chrétiens et sarrasins, il ose la rencontre et porte la paix du Christ. Plusieurs temps forts sont prévus autour de “François d’Assise, précurseur de la rencontre islamo-chrétienne”, dont une journée de célébration le 27 octobre à Créteil. Florence de Maistre s’est entretenue avec Mgr Michel Santier, évêque du diocèse de Créteil.

Qu’est-ce qui caractérise les relations avec les musulmans et le dialogue interreligieux à Créteil ?
Mgr Santier

Avant de dialoguer, il est important de se rencontrer, de se connaître, de créer au fur et à mesure des relations d’amitié et de fraternité. Sans ces premiers liens, on risque de prendre la parole de l’autre pour de l’agression. Voici un témoignage. À la suite du rassemblement Diaconia 2013, un diacre permanent de notre diocèse a suggéré de lancer, comme à Paris, l’opération “Août secours alimentaire”. Il s’agit d’offrir des repas à ceux qui en ont besoin, au mois d’août pendant les congés de ceux qui œuvrent toute l’année. À notre grande surprise, il y a cinq ans à Créteil, 30 000 repas ont été distribués ! Parmi les bénéficiaires, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait de nombreuses familles musulmanes venant d’Afrique. Il a semblé bon de s’adresser à la mosquée. Je connaissais déjà l’Imam, il a tout de suite reconnu que notre action n’était pas prosélyte et j’ai apprécié son ouverture. Après consultations, il a décidé de participer aux dons qui soutiennent la structure. Des musulmanes et musulmans ont aussi rejoint l’équipe de bénévoles. Depuis quatre ans, aujourd’hui à Créteil et à Villejuif, des musulmans et des chrétiens distribuent ensemble 100 000 repas aux personnes qui n’ont rien. Être bénévole créé des liens. Les préjugés sur les uns et les autres sont tombés. Certains ont demandé des explications sur le fonctionnement de l’Église et des catholiques ont visité la mosquée. Cela se joue directement entre eux.

Y a-t-il d’autres temps interreligieux marquants dans votre diocèse ?

Oui, nous participons à la démarche “Ensemble avec Marie”, une initiative qui vient du Liban. Là-bas, chrétiens et musulmans fêtent ensemble la Vierge Marie, et le 25 mars, fête de l’Annonciation pour les chrétiens, est chômé. En 2016, des chants à Marie en arabe puis de tradition catholique ont retenti dans la cathédrale de Créteil. L’année suivante, j’ai été invité à parler du oui de Marie à la mosquée ! La démarche se poursuit avec des témoignages et des rencontres. Je pense en particulier à ce jeune Sénégalais hospitalisé à Villejuif qui a repris confiance grâce aux visites de l’aumônerie de la santé. Et encore au groupe des Focolaris qui s’engage pour l’unité et la fraternité. Le grand Rabbin, l’Imam et moi allons régulièrement dans les établissements scolaires pour répondre aux questions des jeunes. Des enseignants nous ont confié que l’ambiance de classe était changée après notre visite et notre témoignage de bonne entente. Une prochaine rencontre est prévue à la médiathèque de Créteil. Ils étaient plus de 2000 jeunes le 13 octobre dernier au “Youth festival” où une table ronde sur la paix et l’interreligieux a été proposée. Le grand Rabbin, l’Imam et moi sommes en confiance. Nous parlons en vérité. Le premier dit que pour lui Jésus n’est pas le messie. Le deuxième explique que le Coran le considère comme un prophète. Et moi je peux dire que Jésus a offert sa vie pour tous les hommes. Contrairement à certaines craintes, dialoguer permet d’affirmer sa foi et me conduis à dire que Jésus Christ mène vers Dieu le Père dans l’Esprit saint, et rappeler ma foi en Dieu trinité. À force de se rencontrer, il est possible de dépasser la politesse et la convivialité pour aborder des questions de fond. À Créteil, la cathédrale et la mosquée sont proches. Deux à trois fois par an, nous dialoguons sur un thème commun : autour de la figure d’Abraham, de la place des femmes, de l’hospitalité, de la formation de la Bible et de la conception du Coran.

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