Violence et non-violence : une tension !

Si on te gifle sur la joue droite, tends la joue gauche !
Évangile selon saint Luc ch. 6, v. 9
Avent dans la ville

Tendre l’autre joue ? Plusieurs courants pacifistes et non-violents se réclament de cette parole du Christ pour crier : « Non à la violence ! » « Halte à la course aux armements ! » En France même, malgré un consensus national, certains contestent la force de dissuasion nucléaire. C’est vrai que du point de vue tactique, la non-violence peut être une arme efficace. Ainsi en fut-il de Gandhi en Inde et de Martin Luther King aux États-Unis. Mais cette attitude non violente est-elle toujours efficace ? 

Que se passe-t-il si je refuse de tendre l’autre joue ? En effet, qui accepte d’être maltraité ou dominé par l’autre ? Non seulement je ne veux pas être battu ou aliéné, mais j’ai le devoir de me défendre et de défendre les plus faibles. Face à des actions violentes, terroristes, destructrices, un État, par exemple, est obligé d’user de la force pour protéger ceux qui sont agressés ou pour défendre les intérêts vitaux de sa population. Même si on sait bien que la force ne résout pas tous les problèmes à long terme…

Alors, tendre ou ne pas tendre l’autre joue ? Jésus, pendant son procès, ne tend pas l’autre joue quand on le gifle, mais il demande la raison de ce geste violent et injuste : « Si j’ai dit quelque chose de mal, dis-moi quoi. Sinon, pourquoi me frappes-tu ? » C’est sa manière de résister, de réclamer justice, d’essayer de désarmer le cœur de celui qui vient de le frapper. 

C’est le message de l’Évangile : désarme ton cœur ! Laisse-toi désarmer et crois à l’Amour ! Face à toutes les forces de mal et d’oppression, tiens-toi debout, libre, sans rage ni haine, mais sans résignation, et sans renoncer à la justice !