Mgr Michel Aupetit : «Ça suffit, il faut arrêter de nous infantiliser !»

Réagissant à chaud à la jauge de 30 fidèles imposée par Emmanuel Macron pour les messes, l’archevêque de Paris a exprimé toute sa colère, mercredi matin, sur les ondes de Radio-Notre-Dame.

Par Jean-Marie Guénois, Le Figaro

Les colères épiscopales sont rares mais quand elles tombent, elles tombent. Ainsi de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, au micro de Marie-Ange de Montesquieu sur Radio-Notre-Dame, mercredi 25 novembre à 8h24 dans le cadre d’une courte interview quotidienne, intitulée le coup de fil à Mgr Michel Aupetit.
C’était à la minute près – 8h24 également – mais sans coordination avec la conférence des évêques qui annonçait un accord avec le gouvernement pour relever, «d’ici jeudi matin», le nombre maximal de fidèles pour les messes.

Cette fameuse jauge ne serait plus de « trente personnes » comme annoncée mardi soir par le président de la république mais elle serait d’un volume « plus réaliste » tout en restant«strict» sur le plan sanitaire

Un accord dont l’archevêque de Paris n’était donc pas encore informé au moment où il s’exprimait. Mais sa prise de position demeurera très symptomatique de l’état d’esprit de l’épiscopat français.
Interrogé sur la « stricte limite de 30 personnes » pour les messes, annoncée par Emmanuel Macron, Mgr Aupetit a commencé par lancer au micro de Radio Notre Dame : « C’est une mesure totalement stupide qui contredit le bon sens. Trente personnes dans une petite église de village, on comprend, mais à Saint-Sulpice, c’est ridicule ! Des paroissiens viennent à 2000 dans certaines paroisses de Paris. On va s’arrêter à trente et un… C’est ridicule ! »

Revenant sur les négociations préalables avec le gouvernement (l’archevêque de Paris est membre de droit du conseil permanent de l’épiscopat, l’organe de décision de l’Église en France) Mgr Aupetit a alors expliqué que « conformément à ce qu’avait dit le Conseil d’Etat », l’Église a d’abord « discuté » avec le gouvernement mais que « comme d’habitude, on a été écouté mais pas entendu ».
D’où cette première conclusion du prélat sur les méthodes de consultation des autorités publiques : « Là, encore une fois, on se moque de nous ! »

Jusqu’à présent nous avons été extrêmement loyaux avec les autorités légitimes – comme Saint-Pierre et Saint Paul nous le demandent – mais quand on va trop loin et que l’on touche à notre conscience et à notre bon sens, cela ne va pas passer du tout. »

Mgr Aupetit

L’homme d’Église a alors expliqué les mesures sanitaires proposées par les catholiques : «que certains membres du gouvernement ignorent peut-être la religion, c’est leur affaire et c’est leur droit mais qu’ils ignorent la médecine, c’est grave en pleine crise sanitaire ! Nous avons proposé d’occuper un tiers d’une capacité habituelle en laissant un espace de 4m2 autour de chaque fidèle. Ce qui correspond tout à fait à l’état sanitaire. C’est ce que l’on fait pour les commerçants. C’est quand même étonnant qu’on le permette pour les commerçants et qu’on ne le permette pas pour l’Église… »
Puis l’archevêque de Paris a laissé exploser sa colère : « Donc là, ça suffit, il faut arrêter de nous infantiliser ! Jusqu’à présent nous avons été extrêmement loyaux avec les autorités légitimes – comme Saint-Pierre et Saint Paul nous le demandent – mais quand on va trop loin et que l’on touche à notre conscience et à notre bon sens, cela ne va pas passer du tout. »

L’homme d’Église a alors expliqué les mesures sanitaires proposées par les catholiques : «que certains membres du gouvernement ignorent peut-être la religion, c’est leur affaire et c’est leur droit mais qu’ils ignorent la médecine, c’est grave en pleine crise sanitaire ! Nous avons proposé d’occuper un tiers d’une capacité habituelle en laissant un espace de 4m2 autour de chaque fidèle. Ce qui correspond tout à fait à l’état sanitaire. C’est ce que l’on fait pour les commerçants. C’est quand même étonnant qu’on le permette pour les commerçants et qu’on ne le permette pas pour l’Église… »
Puis l’archevêque de Paris a laissé exploser sa colère : « Donc là, ça suffit, il faut arrêter de nous infantiliser ! Jusqu’à présent nous avons été extrêmement loyaux avec les autorités légitimes – comme Saint-Pierre et Saint Paul nous le demandent – mais quand on va trop loin et que l’on touche à notre conscience et à notre bon sens, cela ne va pas passer du tout. »

Ne sachant pas, au moment où il parlait qu’une piste de sortie de cette crise (***) avait été trouvée entre la conférence des évêques et le gouvernement, l’archevêque de Paris a alors laissé entendre que la jauge de « trente personnes » ne serait pas respectée : « De toute façon, on entre dans nos églises pour nous assassiner, c’est le terrorisme islamique, on nous égorge, on égorge de gens pacifiques qui viennent prier. Peut-être que M. Darmanin enverra des policiers avec des matraques pendant la messe, ce serait un spectacle étonnant. On va bien voir. »

(***) Peut-être trouvée mais non-appliquée