Communier pendant l’épidémie

Depuis l’épidémie, les consignes sanitaires nous ont obligés à certains changements dans nos habitudes, y compris à la messe : masques, distances de plus d’1 m, désinfection des mains. Pour plusieurs d’entre nous, il a fallu changer de manière de communier en recevant l’hostie dans la main. Il n’est pas forcément facile de changer ses habitudes, surtout quand celles-ci touchent des choses profondément ancrées en nous.

“Le communiant joint ses mains en forme de croix, et ainsi il reçoit le corps de notre Seigneur sur une croix.”

Communier dans la main se pratique de manière assez générale depuis la réforme liturgique après le concile Vatican IL Mais cette pratique est très ancienne. Voici quelques expressions de Pères de l’Eglise dans les 6 premiers siècles de l’Eglise qui peuvent aider à accueillir cette manière de communier comme une belle manière, et la vivre avec toujours autant de respect :

Saint Jean Chrysostome (vers 407) : « Combien y en a-t-il qui disent aujourd’hui : « Comme j’aimerais voir le corps du Seigneur, son visage, ses habits, ses chaussures ! Le voici lui-même qui se laisse non seulement voir, mais encore toucher, manger et recevoir au -dedans de vous. »

C’est tout à fait dans l’esprit de St Jean : « Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de Vie, nous vous l’annonçons. » 1 Jn 1,1

Un texte assez connu de St Cyrille de Jérusalem (vers 387) explique comment communier : « Quand donc tu t’approches, ne t’avance pas les paumes des mains étendues, ni les doigts disjoints ; mais fais de ta main gauche un trône pour ta main droite, puisque celle-ci doit recevoir le Roi et, dans le creux de ta main, reçois le Corps du Christ, disant : « Amen! ».

Un regard symbolique sur ce geste par St Narsaï (vers 502) : Le communiant joint ses mains en forme de croix, et ainsi il reçoit le corps de notre Seigneur sur une croix. »
Le plus important dans la communion au corps du Christ est de le faire avec tout son cœur. Encore St Jean Chrysostome : « Avec soin, sanctifie tes yeux par le contact du Saint Corps, Lui, prends-le et veille à n’en rien perdre.

Une manière de vivre ce temps comme une prière (plus peut-être après avoir communié).

Philoxène de Mabbourg (vers 523) invite à parler à Jésus qui repose dans nos mains : Tu adores le Corps vivant que tu portes dans tes mains. Ensuite parle-lui à voix basse : « Je te porte, Ô Dieu vivant, je te tiens dans le creux de mes mains, Dieu des mondes, que les mondes ne sauraient contenir… et vois comme mes mains t’enserrent avec confiance, rends-moi digne, Seigneur, de Te manger de façon sainte et de goûter à la nourriture de ton Corps comme à la Saveur de ta vie. »

Plus proche de nous, Sainte Faustine exprimait ses expériences mystiques fortes, où elle voyait littéralement Jésus qui prenait un doux plaisir à « sauter » dans ses mains. Elle l’entendait lui dire : « Je désirai reposer sur tes mains et pas seulement dans ton cœur ». Et Faustine partage son expérience : « Pendant tout le temps où j’ai eu l’hostie dans la main, je ressentais une telle puissance d’amour que de toute la journée je ne pus ni manger ni reprendre connaissance.

Père Daniel Archambaud, (inspiré d’un article de Famille Chrétienne de juin 2020)