La bioéthique du monde d’après


Filiation et dignité du corps humain, par Sylviane Agacinski

La philosophe Sylviane Agacinski évoque les risques du projet de loi bioéthique à la fois pour le statut du corps humain, la filiation et la dignité humaine et se demande comment faire valoir la position de l’Église dans le débat. Saint Paul déclare dans la première lettre aux Corinthiens : “Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes” “Les choses peuvent avoir un prix, les personnes ont une dignité”. Prenons garde au prétendu “progressisme”, le débat n’est pas entre le progressisme et les conservateurs, c’est faux ; ce qu’on appelle aujourd’hui progressisme c’est l’ultra libéralisme, la technique, la production, le marché. L’être humain n’est plus considéré comme une personne mais comme une ressource biologique soit pour la réparation (don du sang) soit pour la production. Nous devons tous, chrétien et non chrétien, continuer à dialoguer, à échanger et à réfléchir pour voir sur quelles valeurs communes nous pouvons nous entendre et sur quels principes, sur quelles valeurs, sur quelle anthropologie, sur quelle idée de l’être humain et de son corps, nous pouvons nous appuyer pour éventuellement penser ensemble mais aussi lutter ensemble selon les circonstances