Pas de messe publique avant le 2 juin : la vive réaction des évêques

Les réactions des évêques ont été nombreuses dans les heures qui ont suivi l’annonce faite, par Édouard Philippe, de maintenir la suspension des messes et célébrations religieuses publiques jusqu’au 2 juin.

Déception, étonnement, scepticisme, tristesse, agacement… Les évêques n’ont pas manqué de réagir à la présentation du plan de déconfinement du gouvernement devant l’Assemblée nationale ce mardi. Concernant les cultes, « je crois qu’il est légitime de demander de ne pas organiser de cérémonies avant cette barrière du 2 juin », a ainsi annoncé Édouard Philippe. Des propos auxquels la Conférence des évêques de France a réagi moins de quatre heures après en faisant part de son incompréhension : « Nous voyons mal en quoi la pratique ordinaire de la messe favorise la propagation du virus et gène le respect des gestes barrières plus que bien des activités qui reprendront bientôt », a-t-elle indiqué. Demandant à rencontrer les pouvoirs publics, nationaux ou locaux, pour préparer la reprise effective du culte, les évêques de France ont rappelé que « la liberté de culte est un élément constitutif de la vie démocratique ». « La dimension spirituelle et religieuse de l’être humain contribue, nous en sommes persuadés, à la paix des cœurs, à la force dans l’épreuve, à la fraternité entre les personnes, et à toute la vie sociale ».

« Comme toujours les catholiques doivent être fermes et paisibles », a réagi Mgr Rougé, évêque de Nanterre pour les Hauts-de-Seine. « Il ne s’agit pas d’entrer dans un esprit de révolte mais de dire, par différents moyens, combien nous sommes choqués par la manière de traiter la question des cultes dans cette crise ».  L’évêque a également souligné que l’Église a « toujours été « solidaire de l’effort collectif mais que les trois lignes sèches et lapidaires du Premier ministre à propos des cultes sont inacceptables. Il y a un défaut de respect des croyants et de la liberté religieuse qui est incompréhensible ». Évoquant les raisons qui ont pu pousser l’exécutif à agir de la sorte, il a rappelé que « les catholiques doivent comprendre que, pour certains dirigeants qui n’ont aucune expérience de la foi, l’idée que notre vie sacramentelle soit vraiment importante est en dehors de leur champs d’expérience ».

Réaction de Mgr Rougé

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