Emmanuel Macron prudent sur la date de reprise des cultes

Lors d’une visioconférence organisée ce mardi 21 avril avec les six responsables des religions en France ainsi que les responsables des grandes obédiences maçonniques, Emmanuel Macron a reconnu l’importance et le rôle du soutien spirituel dans la solidarité nationale. Le président de la République est également resté prudent quant à une réouverture plus large des lieux de culte avant début juin.

Aleteia

Comme il l’avait fait, le 23 mars dernier, le président de la République a réuni à nouveau ce mardi 21 avril les principaux responsables des religions en France ainsi que des obédiences maçonniques lors d’une visioconférence. Etaient ainsi notamment présents le président de la Conférence des évêques de France Éric de Moulins-Beaufort, le grand rabbin de France Haïm Korsia, le président de la Fédération protestante de France François Clavairoly, le président du Conseil français du culte musulman Mohammed Moussaoui, le co-président de l’Union des Bouddhistes de France Olivier Reigen Wang-Genh ainsi et le métropolite orthodoxe Emmanuel Adamakis. Cette rencontre, d’une durée de près de deux heures, s’est déroulée en trois temps : un tour de table au cours duquel chacun a pu faire part de ses expériences et autres remontées du terrain, un temps pour parler du déconfinement à venir et un dernier pour évoquer l’après-covid.

Les religions participent à la santé publique

C’est pendant le tour de table et la présentation des nombreuses actions de solidarité mises en place que le philosophe et membre du Conseil consultatif national d’éthique, Frédéric Worms, également présent, a souligné à quel point les religions participaient à la santé publique, par la solidarité sociale (les nombreuses actions concrètes) mais également par le soutien spirituel, a confié à Aleteia un participant. Le président, soutenant cette remarque, a d’ailleurs insisté sur l’importance et la nécessité du numéro vert mis en place notamment par l’Église catholique. Pour ce participant, il ressort de cette réunion que « l’Église est vue comme un organisme qui participe largement à la solidarité nationale et qui bénéficie, à ce titre, d’un regard bienveillant et d’une écoute légitime ».

Une reprise des cultes en juin ?

Un échange serein qui s’est tenu alors que les évêques viennent de remettre leurs propositions au Premier ministre concernant le déconfinement, eux qui souhaiteraient la reprise des messes dès le 17 mai prochain. Le président, soucieux de ne pas faire repartir la pandémie, aurait évoqué plutôt une reprise des cultes en juin. Une chose est certaine, il n’y aura aucun grand rassemblement autorisé cet été.

Les propositions des évêques au gouvernement

DÉFINIR UN TAUX DE REMPLISSAGE DE L’ÉGLISE

La Conférence des évêques de France (CEF) souhaite une reprise des messes publiques dès le dimanche suivant le déconfinement, soit le dimanche 17 mai. Pour cela, il est proposé que soit décidé d’un « taux de remplissage » dans les églises plutôt qu’un nombre fixe de personnes pouvant assister aux offices. « Une proposition qui nous semble judicieuse car cela permet de s’adapter à l’ensemble des églises de France qui n’ont pas la même taille », explique à Aleteia, le père Thierry Magnin, secrétaire général de la CEF. « Une église qui accueille habituellement 1.000 paroissiens pourrait ainsi en accueillir 300, si le taux décidé est d’un tiers … ». « Selon les paroisses et les possibilités, les messes pourraient aussi se succéder afin d’accueillir ceux qui n’ont pu venir au premier office ». Si cette idée de « taux » semble avoir été entendue par le gouvernement, il sera ensuite temps à chaque paroisse de s’organiser pour sa mise en place. Lors d’une visioconférence avec les différents représentants des cultes en France qui s’est tenue ce mardi 21 avril, Emmanuel Macron a d’ores et déjà affiché une certaine prudence quant à la date de reprise des cultes qui pourrait intervenir au cours du mois de juin.

COMMUNION À LA MAIN ET PAROISSIENS MASQUÉS,

Reste encore quelques questions pratiques. Concernant la communion, s’il semble à présent exclu qu’elle soit donnée à la bouche, les évêques réfléchissent encore à la façon dont pourront procéder les prêtres. « Se laver les mains avant et après ? La présenter d’une autre façon ? », s’interroge le père Magnin. Autre question : l’accueil. Faudra-t-il prévoir masques et lavage de main à l’entrée pour tous ? Ou n’accepter que les paroissiens déjà masqués ? « Si les consignes nationales de déconfinement imposent le port du masque pour tous les Français, ce sera le cas bien évidemment pour entrer dans nos églises », analyse le père Magnin.

DES MARIAGES ET DES BAPTÊMES, OUI, MAIS LOCAUX

Les mariages et baptêmes sont souvent l’occasion de grands rassemblements familiaux et amicaux. Et ils devraient l’être encore lors du déconfinement… mais localement. Les évêques de France proposent ainsi que les mariages, baptêmes et autres sacrements soient à nouveau autorisés mais uniquement en présence de la famille et des amis vivant dans la même région que celle où la célébration aura lieu. Il sera demandé aux familles habitant d’autres régions de ne pas venir. « N’allons pas transporter le virus et ses risques d’une région à l’autre ! », rappelle le père Thierry Magnin.

ET LES PÈLERINAGES ?

De cette suggestion d’autoriser la célébration des sacrements à condition que les personnes qui y assistent vivent dans la même région découle de fait une perspective peu réjouissante dans les mois à venir pour de nombreux pèlerins. « La tenue de grands pèlerinages inter-régionaux semble effectivement compromise », confirme le secrétaire général de la CEF. « Mais rien n’empêcherait les diocèses d’organiser des pèlerinages localement, dans le département ou la région. Mais ils ne seront sans doute pas possibles dans d’autres régions, je pense par exemple aux nombreux pèlerinages diocésains qui ont lieu à Lourdes ».

Les éléments de cet article sont tirés du site Aleteia.org