3 QUESTIONS AU… PÈRE OLIVIER BLÉNEAU

3 questions au P Bléneau

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curé des paroisses de Saint Jacques du Val Graon (Moutiers-les-Mauxfaits) et de Notre-Dame de Lumière (la Tranche-sur-Mer)

Pourquoi avoir choisi de participer à cette démarche « Église verte » ?

, Cela fait plusieurs années déjà que je suis , sensible à la question écologique. Cette sensibilité influe sur ma manière de vivre au quo       tidien et de prendre des décisions au nom de la communauté dont je suis le pasteur. Cette préoccupation écologique fut renforcée par ma participation aux Semaines sociales de France de 2007 à Paris dont 1e thème était : « Vivre autrement pour un développement durable et solidaire ». L’encyclique du Pape François « Laudato Si1 » fut sans doute, pour moi, le déclic qui m’a permis de passer d’une préoccupation écologique personnelle à une certitude de devoir en gager l’Église sur un chemin de changement. Je n’ai pas tout de suite adhéré à la démarche « Église Verte » en tant que telle, puisque, les deux paroisses n’ont reçu le label que le 7 novembre dernier. En revanche, j’ai utilisé les outils proposés par le site « Église verte » pratiquement dès sa création. Il semblait naturel d’entrer complète ment dans cette démarche pour donner une visibilité à ce que nous vivions déjà.

Comment concrètement le vivez-vous en communauté ?

L’éco-diagnostic proposé par le label permet de guider la démarche de la communauté. L’intérêt est de mettre en oeuvre tous les aspects de la conversion écologique, tant dans les domaines de la spiritualité que dans des aspects très concrets de la vie de la paroisse. Sans citer toutes les actions, voici quelques démarches importantes que nous avons vécues sur le doyenné de Talmont (puisque nous avançons avec les 4 paroisses du doyenné). Une démarche du type « retraite dans la ville » fut proposée sur les 4 paroisses et tous les établissements catholiques d’enseignement. Un livret a aidé chacun à vivre une démarche spirituelle quotidienne, invitant à la conversion intérieure. Nous avons réservé une page du bulletin de doyenné à l’écologie, et nous avons doucement mais sûrement éliminé les produits chimiques d’entretien, diminué notre consommation de papier
par 2, le budget énergie de la paroisse a baissé de 30%… Ce ne sont pas de grands gestes, mais quand il y a possibilité de faire un pas de plus, nous le faisons.

“Eglise Verte” est un réseau de communautés chrétiennes qui comprend actuellement plus de 300 engagées en France. Pour en savoir plus sur le label , voir le site : www.egliseverte.org

Quelle est la place de l’écologie humaine, de l’écologie intégrale dans cette démarche ?

Nous partons du principe que la Création est le lieu de la présence de Dieu. Cela fait partie de la mission du chrétien d’en prendre soin et de la contempler. Pour moi, et petit à petit, pour bon nombre de paroissiens la question de l’écologie intégrale est liée au projet même de Dieu. Nous l’oublions trop souvent, Dieu sauve toute sa création, pas seulement les êtres humains. Nous sommes associés au projet de Salut de Dieu, en veillant à retrouver l’harmonie entre Dieu et nous, entre nous et tous les Hommes, enfin entre nous et la Création tout entière. Chaque fois que nous faisons un geste visant à sauver et protéger la création, et tous ceux qui l’habitent nous accomplissons notre vocation de baptisé. Quel meilleur moyen de rendre grâce à Dieu que de protéger et prendre soin de son cadeau pour l’humanité ?

Cet article est tiré de Catholiques en Vendée n°182 décembre 2019