Les Églises sur le chemin de « l’unité parfaite »

Depuis le 31 août et jusqu’au 8 septembre, le Conseil œcuménique des Églises (COE) tient sa 11e assemblée à Karlsruhe, en Allemagne. Quatre mille participants venus du monde entier sont attendus pour ce moment particulier, au cours duquel les Églises membres et des partenaires œcuméniques peuvent approfondir leur engagement en faveur de l’unité visible et du témoignage commun. Les assemblées, où se succèdent moments de travail, de rencontres, de prière et de célébration, sont en effet des temps où les Églises engagées dans le mouvement œcuménique s’interpellent mutuellement pour parvenir à l’unité parfaite que porte le Christ dans sa prière (Jean 17, 23). 

« L’amour du Christ mène le monde à la réconciliation et à l’unité » : le thème choisi pour cette assemblée – directement inspiré de 2 Corinthiens 5, 14 – rappelle d’abord que l’amour est au cœur de la foi chrétienne et qu’il porte des fruits. Cet amour est celui du Christ lui-même qui a donné sa vie pour le monde qu’il a tant aimé. Et c’est cet amour qui anime l’Église, corps du Christ. À charge pour tous ceux qui confessent le Christ comme Seigneur d’être des témoins de sa sollicitude, en devenant eux-mêmes des ferments de réconciliation et des artisans d’unité dans un monde marqué par les guerres, les divisions, les injustices, l’exploitation des ressources de la Création : autant de situations qui résultent d’un manque d’amour. L’amour a toujours une portée sociale, diplomatique, économique, écologique… C’est donc bien plus qu’une émotion, ou un sentiment qui risque d’être fugace : l’amour qui nous vient du Christ engage non seulement notre sensibilité, mais aussi notre volonté et notre intelligence. 

Mère Teresa, une vie hors normes

Face aux défis de notre temps, nous pouvons nous sentir démunis. Seuls, nous ne pouvons pas grand-chose. Mais précisément, affirmer que « l’amour du Christ mène le monde à la réconciliation et à l’unité », c’est exprimer une confiance entière en Dieu qui ne nous laisse jamais seuls et qui continue son œuvre dans le monde et dans son peuple en Église. Cette affirmation de foi constitue un aiguillon pour tout le mouvement œcuménique : elle pousse les Églises à approfondir toujours et encore leurs relations, à s’apprécier et à s’aimer davantage, et aussi à inventer de nouvelles manières d’œuvrer ensemble à la vigne du Seigneur, au service de la réconciliation et de l’unité.