«Le discernement est un exercice d’intelligence et de volonté»

Le Pape François a débuté ce mercredi 31 août un nouveau cycle de catéchèses sur le thème du discernement. Cet acte du quotidien, pour les petits comme les grands choix de la vie, exige plusieurs dispositions de notre part: accepter le défi, faire preuve de finesse et exercer sa volonté, a exhorté le Saint-Père.

Claire Riobé – Cité du Vatican

Jésus, au cours de l’Évangile, nous initie au discernement à travers des images tirées de la vie ordinaire. Nous découvrons par exemple le quotidien de ce pêcheur qui sélectionne les bons poissons et rejette les mauvais, ou encore celui du marchand qui sait identifier, parmi de nombreuses perles, celle qui a le plus de valeur. A la lumière de ces personnages, indique le Pape François en salle Paul VI, le discernement se présente comme un exercice d’intelligence, de finesse mais également de volonté. Ce sont les conditions requises pour effectuer un bon choix dans des situations inattendues, où il est important et urgent de prendre une décision, souligne-t-il, pour cette toute première catéchèse sur ce thème.

La joie, fruit du discernement 

Le Saint-Père souligne un second aspect du discernement: celui des émotions. «Celui qui a trouvé le trésor n’éprouve aucune difficulté à tout vendre, tant sa joie est grande», indique le chapitre 13 de l’Evangile selon saint Matthieu. «Le terme utilisé par l’évangéliste indique une joie très particulière, qu’aucune réalité humaine ne peut donner», remarque François. «Il revient d’ailleurs dans très peu d’autres passages de l’Évangile, qui se réfèrent tous à la rencontre avec Dieu. C’est la joie des Mages lorsque, après un long et pénible voyage, ils revoient l’étoile ; c’est la joie des femmes qui reviennent du tombeau vide après avoir entendu l’annonce de la résurrection par l’ange». Cette joie est le fruit ressenti après le discernement: celle d’avoir trouvé le Seigneur.

“De grands choix peuvent naître de circonstances qui, à première vue, semblent secondaires, mais qui s’avèrent décisives.”

Dieu lui-même effectuera un discernement à l’égard de chacun de nous lors du jugement final, rappelle par ailleurs François à la foule de pèlerins. Dieu regardera les actions ordinaires de notre vie où nous aurons eu à prendre des décisions. C’est pourquoi il est si important d’apprendre à discerner.

Un défi à accepter

Le Successeur de Pierre a ainsi médité deux dernier aspects du discernement: sa dimension de défi, et la relation filiale à Dieu qu’il exige. Poser un discernement implique toujours un effort, alerte le Pape François. Il exige un coût nécessaire, auquel nous ne pouvons pas nous soustraire. Pour exercer au mieux son métier, le personnage du pêcheur doit vivre avec la fatigue, après de longues nuits passées sur son bateau, puis accepter le rejet d’une partie de sa pêche en mer. Il en est de même pour chacun de nous: «Selon la Bible, nous ne trouvons pas devant nous, déjà emballée, la vie que nous devons vivre. Dieu nous invite à évaluer et à choisir: il nous a créés libres et veut que nous exercions notre liberté. Par conséquent, le discernement est un défi.» 

Qui n’en a pas déjà fait l’expérience: choisir une chose qui nous semblait bonme et pourtant ne l’était pas. Ou, au contraire, savoir pertinement où se situait le vrai bien, et ne pas le choisir. «L’Homme, contrairement aux animaux, peut se tromper, la Bible le montre dès ses premières pages», appelle François. «Dieu donne à l’Homme une instruction précise: si tu veux vivre (…), rappelle-toi que tu es une créature, que tu n’es pas le critère du bien et du mal, et que les choix que tu fais auront une conséquence, pour toi, pour les autres et pour le monde.»

L’indispensable relation de filiation à Dieu

Le discernement est ardu mais indispensable pour vivre, note enfin le Souverain pontife à l’issue de sa catéchèse. Il exige que nous nous connaissions en profondeur, mais «par-dessus tout, il exige une relation filiale avec Dieu». François conclut: «Dieu est Père et ne nous laisse pas seuls, il est toujours prêt à nous conseiller, à nous encourager, à nous accueillir. Mais il n’impose jamais sa volonté. Pourquoi ? Parce qu’il veut être aimé et non craint. Et l’amour ne peut être vécu que dans la liberté. Pour apprendre à vivre, il faut apprendre à aimer, et pour cela il faut discerner.»