Nicaragua : Le douloureux exode des missionnaires de la Charité

Expulsées mercredi 6 juillet du Nicaragua, les missionnaires de la Charité ont été escortées par des agents du gouvernement et des policiers à un bus qui les a emmenées au Costa Rica, un pays voisin.

Pablo Cesio – Agnès Pinard Legry – publié le 08/07/22

La douleur d’un arrachement doublée de la tristesse de la séparation, c’est ce qu’ont ressenti les missionnaires de la Charité ce mercredi 6 juillet au moment de leur expulsion du Nicaragua par le gouvernement de Daniel Ortega. La décision, approuvée en urgence par les députés sandinistes, marque la fin de présence dans le pays de l’ordre fondé par Mère Teresa en 1950. D’après El Confidencial, média nicaraguayen, 18 missionnaires ont été expulsées dont sept religieuses originaires d’Inde, deux du Mexique, une d’Espagne, deux du Guatemala, une d’Équateur une du Vietnam, deux des Philippine et deux du Nicaragua.

Surveillées et harcelées ces derniers jours par le gouvernement, les religieuses ont vécu un douloureux exode les contraignant à laisser derrière elles celles et ceux qu’elles accompagnaient, les plus pauvres des plus pauvres, dans leur maison du Cœur Immaculé de Marie située à Granada, dans le sud-ouest du pays. D’après les informations d’El Confidencial, les missionnaires de la Charité « ont été transférés de Managua et Granada à la frontière avec le Costa Rica par la Direction générale de la migration et de l’immigration (DGME) et la police. » Sur des images, on les voit partir avec leurs affaires à la main.

Les religieuses ont été accueillies au Costa Rica par Mgr Manuel Eugenio Salazar, évêque du diocèse de Tilarán. Après un repas en toute simplicité à la frontière, l’évêque a pu échanger avec elles dans une paroisse locale. « Elles ont traversé des moments difficiles et menaçant, y compris pour leur intégrité physique », raconte-t-il. « Si cela n’avait tenu qu’à elles, elles seraient restées au Nicaragua. Elles aiment ce pays, le peuple nicaraguayen, et en particulier les plus pauvres et les plus nécessiteux ».

« Missionnaires de la Charité, bienvenue au Costa Rica », a-t-il par ailleurs déclaré dans un message diffusé sur les réseaux sociaux. « Nous sommes honorés de votre présence. En vous recevant, nous avons reçu Jésus-Christ (…). Dans un monde matérialiste où l’argent est au cœur de tout, vous enseignez la Parole du Christ dans la simplicité et témoignez sans cesse que cela vaut la peine d’aimer les pauvres. Comptez sur nous, nous sommes à votre service ».

L’hostilité du régime sandiniste de Daniel Ortega et son épouse, Rosario Murillo, se traduit par des vols, des menaces, des exils, des agressions mais aussi des campagnes de diffamation et des discours de haine.