En vacances, rapprochez-vous de Dieu

Au seuil de l’été, l’abbé Gaëtan de Bodard commente les lectures liturgiques du 14e dimanche du temps ordinaire (Is 66, 10-14c ; Ga 6, 14-18 ; Lc 10, 1-12.17-20). Voici le temps de goûter la proximité de Dieu, dans la joie et les peines, il est toujours là : faites-le savoir !

Gaëtan de Bodard – publié le 02/07/22

Je me trompe ou ce dimanche est le premier dimanche des vacances d’été ? Au moins pour les plus jeunes et les juillettistes ! Les derniers examens scolaires se terminent, cahiers et trousses sont relégués pour deux mois au placard et les sacs de vacances remplis de tongs et de vêtements d’été sont prêts à être calés dans le coffre de la voiture ou portés à bout de bras jusqu’à la gare. Ouf ! d’autant plus que nous en avons tous bien besoin, n’est-ce pas ? Allons donc jeter un coup d’œil sur les textes liturgiques de ce dimanche : peut-être auront-ils quelque chose à nous apporter ? peut-être même que nous pourrions glisser dans notre sac de voyage une ou deux bonnes idées ou résolutions. Qui sait ?

Se reconnecter avec le Bon Dieu

Les verbes à l’impératif de la première lecture résonnent de façon joyeuse : « Réjouissez-vous ! Soyez pleins d’allégresse ! » (Is 66, 10). J’imagine que c’est l’état d’esprit de beaucoup de ceux qui viennent de commencer leurs congés d’été ou qui les voient se profiler à l’horizon : « Vivent les vacances ! » Mais tâchons toutefois de dépasser cette approche un peu simpliste. La prophétie d’Isaïe évoque la « paix », la « consolation » promises par Dieu aux habitants de Jérusalem qui ont été chassés de la ville. La promesse est évidente : « Dieu est avec vous, Il est présent à vos côtés : Le remettre au centre de vos vies, c’est la garantie de la paix intérieure, de la consolation de vos tristesses. » Posons-nous la question, mes frères : peut-être que certains ont délaissé Dieu ces derniers mois, Lui ont laissé moins de place dans leurs vies. Si c’est le cas pour nous, pourrions-nous profiter de ces quinze jours, de ces trois semaines de vacances pour renouer avec Lui ? On se déconnecte un peu des réseaux, de la télé et des écrans — cela ne fera pas de mal ! En revanche, on reconnecte avec le Bon Dieu ! Alors, oui, la « joie », l’ « allégresse », la « consolation » mais avec le Seigneur, source de toute joie ! Que ce temps de vacances soit un temps avec Dieu !

Les petites croix des vacances

Ensuite, avec ce court passage de la lettre aux Galates entendu en deuxième lecture, nous sommes quand même ramenés à l’Essentiel : « Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté » (Ga 6, 14). Évidemment, une telle phrase, cela refroidit tout le monde ! Demain, sur les plages de France, certains rivaliseront d’élégance entre maillots de bain, serviette, fouta ou paréo, tee-shirt ou polo griffés. Que l’été soit un moment de détente, un moment pour se faire plaisir, très bien. C’est nécessaire ! Mais saint Paul se fait insistant : « Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. » Le message est clair : pendant les vacances, on ne met pas Jésus de côté. Je suis catholique pendant l’année ? Je suis aussi catholique l’été, que ce soit à la plage, à la montagne ou à la campagne.

Si je suis disciple du Christ, je ne peux pas faire autrement que de témoigner de Son amour pour les hommes. Et cela, c’est possible aussi en tenue de plage ou de randonnée !

Je me permets d’aller un peu plus loin : l’été, ce sont de belles occasions de partir, de souffler, de retrouver familles et amis, mais, disons-le aussi, les vacances peuvent être source d’agacements, d’oppositions, voire de conflits ouverts. Pas toujours simple de supporter une semaine d’affilée le cousin sans gêne, la belle-sœur toujours en retard, le vieil oncle maniaque… et je ne vous parle même pas de Belle-Maman ! Oui, la croix est — ou sera — bien présente pendant ces vacances : petits bobos de rien du tout et gros soucis bien lourds, retards et imprévus, incompréhensions et engueulades… Ces croix, petites ou grandes, acceptons-les : elles nous donnent la possibilité, si nous les recevons avec courage, de rester unis à Jésus qui a offert Ses souffrances pour nous sauver. Vous vous en souviendrez quand il y aura un petit couac ?

Annoncer son nom

Trois mots sur l’Évangile où, désolé ! nous sommes loin, très loin de l’esprit vacances : « La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux ! » (Lc 10, 2). Nous, nous voyons les blés blonds qui ondulent sous la brise. Mais le blé, l’orge et l’épeautre, il faut du monde pour le récolter, des hommes pour manier la faux et la faucille à l’époque de Notre Seigneur ou pour diriger les lourdes moissonneuses-batteuses de notre époque. Mais cette moisson, nous le comprenons bien, c’est aussi et surtout l’annonce de l’Évangile, l’engagement dans la vie du monde. Pour faire simple, Jésus nous dit « J’embauche : J’ai besoin de vous ! Engagez-vous ! » Et là, peut-être que vous avez envie de protester : « Seigneur, c’est un temps pour souffler, là, c’est l’été, ce sont les vacances… Relâchez la pression, s’il Vous plaît ! » Vraiment ? Parce que si c’est le cas, cela veut dire trois semaines, un mois, deux mois sans Jésus ! Et cela, c’est juste impossible quand on est catholique. Si je suis disciple du Christ, je ne peux pas faire autrement que d’annoncer Son Nom, de témoigner de Son amour pour les hommes. Et cela, c’est possible aussi en tenue de plage ou de randonnée !

En fait, vacances ou pas vacances, cotte de travail ou polo-bermuda, du boulot par-dessus la tête ou en mode plus light, je suis chrétien, je suis disciple de Jésus-Christ et cela imprègne toute ma vie : cette proximité qui me donne cette joie profonde inaliénable (c’est la première lecture), cette proximité qui me rend familier de la croix qui sauve, de la croix certes parfois lourde et rude mais qui est source de tant de grâce dans nos vies (c’est la lettre aux Galates), cette proximité qui fait que je ne peux pas faire autrement que de vivre du Christ et d’en témoigner !