USA: les évêques saluent la décision de la Cour suprême sur l’avortement

Les juges américains ont aboli l’arrêt Roe v. Wade dans lequel la même Cour avait légalisé l’interruption de grossesse dans tout le pays en 1973. Les différents États seront désormais libres d’appliquer leurs propres lois en la matière. L’épiscopat applaudit la décision : « Pendant près de cinquante ans, l’Amérique a appliqué une loi injuste qui lui a permis de décider qui peut vivre ou mourir ».

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Au milieu d’une opinion publique fragmentée, au milieu d’opinions politiques divergentes, et alors que les évêques parlent d’un « jour historique« , la Cour suprême des États-Unis a aboli l’arrêt Roe v. Wade par lequel cette même Cour avait légalisé l’avortement aux États-Unis en 1973. Les différents États seront désormais libres d’appliquer leurs propres lois en la matière. « La Constitution ne confère pas un droit à l’avortement« , peut-on lire dans l’arrêt, rendu par une Cour divisée avec 6 voix pour et 3 contre. « L’avortement pose une profonde question morale. La Constitution n’interdit pas aux citoyens de chaque État de réglementer ou d’interdire l’avortement. » Cette décision a été prise dans l’affaire « Dobbs v. Jackson Women’s Health Organisation », dans laquelle les juges ont confirmé la loi du Mississippi interdisant l’interruption de grossesse après 15 semaines. L’appelant avait été la seule clinique de l’État à proposer des avortements.

Déclarations des représentants politiques

Cette décision a suscité des réactions mitigées, entre la présidente de la Chambre des représentants aux États-Unis, la démocrate Nancy Pelosi, d’une part, qui a parlé d’une décision « cruelle et scandaleuse » mettant en jeu les droits des femmes, et Mike Pence, vice-président du président Donald Trump, d’autre part, qui a déclaré : « La vie a gagné », et a exhorté tout le monde à travailler ensemble pour « la défense des enfants à naître et le soutien aux femmes enceintes en crise ».

La note des évêques catholiques

Pour sa part, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) – qui s’était divisée l’année dernière sur le débat de l’accès aux sacrements pour les politiciens catholiques qui promeuvent des politiques pro-choix – a parlé d' »un jour historique dans la vie de notre pays« . Dans une déclaration longue et articulée, l’archevêque José H. Gomez de Los Angeles et l’archevêque William E. Lori de Baltimore, président de la commission des activités pro-vie de l’USCCB, soutiennent: «Pendant près de cinquante ans, l’Amérique a appliqué une loi injuste qui a permis à certains de décider si d’autres peuvent vivre ou mourir ; cette politique a conduit à la mort de dizaines de millions d’enfants à naître, des générations privées du droit de naître».

« L’Amérique a été fondée sur la vérité que tous les hommes et les femmes sont créés égaux, avec le droit donné par Dieu à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur », souligne la note des évêques. « Nous prions pour que nos élus adoptent des lois et des politiques qui favorisent et protègent les plus vulnérables d’entre nous. »

Pensées pour les femmes et les enfants

La « première pensée », écrivent Gomez et Lori, est pour « les petits dont la vie a été enlevée depuis 1973« , mais aussi pour « toutes les femmes et tous les hommes qui ont souffert à cause de l’avortement« : « En tant qu’Église, nous devons servir ceux qui sont confrontés à des grossesses difficiles et les entourer d’amour« .

« Leur travail pour la cause de la vie reflète tout ce qui est bon dans notre démocratie, et le mouvement pro-vie mérite d’être compté parmi les grands mouvements pour le changement social et les droits civils dans l’histoire de notre nation« , écrivent-ils encore dans la note. Ils ajoutent: « Il est temps de commencer à construire une Amérique post-Roe. L’heure est venue de panser les blessures et de réparer les divisions sociales ; l’heure est à la réflexion réfléchie et au dialogue civil, et de se rassembler pour construire une société et une économie qui soutiennent les mariages et les familles, et où chaque femme dispose du soutien et des ressources dont elle a besoin pour mettre au monde son enfant avec amour. »