Confession : l’absolution des péchés est-elle systématique ?

La confession est souvent un moment d’appréhension pour le fidèle venu présenter à Dieu ses fautes. Le prêtre qui le reçoit peut-il lui refuser le pardon de Dieu ? Explications.

Valdemar de Vaux – publié le 14/06/22

Aller voir un prêtre pour raconter ses forfaitures, voilà qui n’est déjà pas facile. Mais si, en plus, il pouvait éconduire ? Venu chercher le pardon de Dieu pour ses péchés, le pénitent le reçoit après l’aveu de ses fautes : le prêtre lui donne alors l’absolution. C’est-à-dire qu’il prononce les mots qui délivrent, par les mérites de la mort et de la résurrection du Christ, celui qui était venu bénéficier de la miséricorde du Père. 

Puisque cette miséricorde est infinie, l’absolution n’est en règle générale pas refusée. Encore faut-il que le pénitent fasse preuve de résipiscence. Au fond, Dieu est toujours prêt à pardonner mais sommes-nous toujours prêts à accepter son pardon ? L’Église demande donc à ceux qui s’approchent du sacrement de réconciliation de faire preuve de contrition et de vouloir fermement se détourner du péché. 

Discerner le regret du péché

Le confesseur, dans son dialogue avec le pénitent qui vient d’avouer ses fautes a donc pour mission de discerner si son interlocuteur regrette son péché et veut s’en écarter. Si la contrition n’est pas parfaite, au moins doit-il juger de la situation et provoquer un début de regret ou une prise de conscience de la faute. Le prêtre est aussi invité à ouvrir le pénitent à un chemin de conversion. Le pape François tout particulièrement, depuis le début de son pontificat, a remis au centre du sacrement de réconciliation la question du discernement. Toute personne doit pouvoir trouver une voie d’accès à la miséricorde de Dieu, aidée par le prêtre. 

Si, en revanche, aucune ouverture à la grâce du pardon n’est perceptible, par exemple si le pénitent affirme qu’il ne compte pas ou ne peut pas renoncer à une situation qui le met en état de péché, alors le confesseur peut refuser l’absolution. Non pas comme si Dieu ne voulait pas pardonner, mais parce que le pénitent lui-même ne veut pas que la grâce transforme sa vie. 

Une absolution qui peut être différée

Enfin, plus rarement, l’absolution est différée par le prêtre qui reçoit la confession. C’est le cas quand le fidèle est sous le coup d’une peine canonique, par exemple une excommunication. Qu’elle soit publique ou secrète, pour une apostasie, une offense au Saint-Sacrement ou d’autres fautes graves, la peine doit être levée avant que le pénitent ne puisse recevoir l’absolution. Dans ces cas-là, le prêtre demande au fidèle de revenir et demande aux autorités compétentes de lever la sanction s’il a discerné la conversion du pécheur. Une fois la peine levée, ce dernier peut recevoir l’absolution. 

Jusqu’en 2016, c’était notamment le cas pour les personnes impliquées dans un avortement, mais le pape, au moment du jubilé de la miséricorde, a décidé de permettre à tous les prêtres d’absoudre ce péché. Et, par souci de permettre à tous de rencontrer le juste Juge sans péché mortel sur la conscience, en cas de danger ou d’urgence, tout prêtre peut absoudre tout péché.