LE PRINCE DE LA PAIX

ÉDITO DE MGR JACOLIN; EVÊQUE DU DIOCÈSE DE LUÇON

Le Prince de la Paix Pour œuvrer à la paix en Ukraine et dans le monde, suivons l’exemple du Christ Lui-même Après plus de 75 ans de relative paix en Europe, nous pensions que le fléau de la guerre ne nous concernait plus directement. Et voilà qu’il ressurgit à notre porte avec l’invasion brutale de l’Ukraine et l’écrasement de ses villes sous un déluge de bombes.

 Notre pensée se tourne tout d’abord vers les victimes de cette agression et vers tous les réfugiés qui fuient leur pays en guerre.

 Les liens d’échanges économiques et culturels sont nombreux entre notre département et l’Ukraine. L’élan de solidarité des Vendéens est remarquable, que ce soit dans l’aide d’urgence envoyée là-bas que dans l’hébergement de familles réfugiées et la scolarisation d’enfants et de jeunes.

 Cela nous oblige aussi à nous demander comment a été possible un tel déchainement de violence. Certes, avant tout, il y a la brutalité d’un chef d’Etat, aveuglé par sa soif du pouvoir et son désir de revanche. Mais comment se fait-il qu’une très grande partie de son pays se laisse entrainer dans cette spirale d’agression violente ?

L’Occident a à faire son examen de conscience. On a certainement trop pensé que la promotion de la paix était seulement une question de progrès technique et économique, imposant dans une globalisation sauvage notre mode de consommation matérialiste au reste du monde, manifestant un mépris, souvent inconscient mais bien réel, pour les peuples qu’on asservissait et qu’on humiliait.

Avec hypocrisie et cynisme, on est intervenu militairement dans certains pays au nom des droits de l’homme, alors qu’on avait des motivations politiques bien moins avouables. Je pense en particulier à l’Irak, au Kosovo, à la Libye…

 Et la responsabilité personnelle de chacun d’entre nous  ? Bien sûr, nous ne sommes pas directement impliqués dans la violence guerrière que subit le peuple ukrainien. Mais tout germe de méfiance, de mépris, de jalousie en notre cœur, envers des frères et des sœurs, des voisins, des concitoyens, en Eglise et dans la société, vient grossir la puissance de la violence qui menace la paix.

Dans un des Evangiles de Carême, le Christ nous rappelle que toute colère entretenue, tout mépris et toute injure contre un autre est assimilable à un meurtre et contrevient au commandement  : «  Tu ne tueras pas ». (Cf. Mat 5, 21-22) Pour œuvrer à la paix en Ukraine et dans le monde, suivons l’exemple du Christ lui-même, car, comme le dit saint Paul :

 «C’est lui, le Christ, qui est notre paix : … par sa chair crucifiée, il a détruit… le mur de la haine… il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine.» (Cf. Eph 2, 14-16)

C’EST DANS CETTE RELATION AVEC DIEU, SOURCE ET FIN DE TOUTE VIE, QUE NOUS POURRONS DEVENIR VRAIMENT NOUS-MÊMES.

François JACOLIN, + Evêque de Luçon

Publié par Anne DETTER-LEVEUGLE | 22/03/2022