Juge-moi, Seigneur, sur ma justice

Dix-neuvième jour de Carême

Livre du prophète Jérémie (11, 18-20)

« Seigneur, tu m’as fait savoir, et maintenant je sais, tu m’as fait voir leurs manœuvres. Moi, j’étais comme un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir, et je ne savais pas qu’ils montaient un complot contre moi. Ils disaient : “Coupons l’arbre à la racine, retranchons-le de la terre des vivants, afin qu’on oublie jusqu’à son nom.” Seigneur de l’univers, toi qui juges avec justice, qui scrutes les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause. »

Psaume

Refrain: Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge.

Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge !
On me poursuit : sauve-moi, délivre-moi !
Sinon ils vont m’égorger, tous ces fauves,
me déchirer, sans que personne me délivre. R

Juge-moi, Seigneur, sur ma justice :
mon innocence parle pour moi.
Mets fin à la rage des impies, affermis le juste,
toi qui scrutes les cœurs et les reins, Dieu, le juste. R

J’aurai mon bouclier auprès de Dieu,
le sauveur des cœurs droits.
Dieu juge avec justice ;
je chanterai le nom du Seigneur, le Très-Haut. R

Évangile de Jean (7, 40-53)

En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »
Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

Méditons

La vérité vient des plus petits et des gens simples. La foule et les gardes par rapport aux chefs du peuple et aux pharisiens sont des gens moins considérés. Mais ils reconnaissent le Christ comme l’Envoyé de Dieu par opposition aux grands et aux savants. Ici on peut se souvenir des paroles de Jésus dans son exultation : « Père, je proclame ta louange car ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » . Les chefs du peuple et les pharisiens sont fermés et gonflés par leur savoir. Ils se sont barricadés dans leur connaissance de la Loi si bien qu’ils se détournent de Dieu.

Tout personne qui vit selon la lettre s’éloigne de Dieu qui dépasse infiniment ce que nous pouvons imaginer. La lettre tue mais l’Esprit vivifie. Pour recevoir de Dieu il ne faut jamais se fermer. Jésus dit si bien que le royaume appartient aux plus petits et que si nous ne devenons pas comme eux nous ne pouvons pas y entrer.


Seigneur, enseigne-nous l’humilité la plus profonde et donne-la nous pour que nous nous ouvrions à ta présence et disponibles à t’écouter.